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Déterminants communautaires de la fréquence élevée des abandons de la vaccination entre le BCG et le VAR chez les enfants de 0 a 11 mois dans la ville de Pouytenga (Burkina Faso )


par Mamadou SERME
Ecole nationale de santé publique (Burkina Faso) - Attaché de santé en épidémiologie 2011
Dans la categorie: Biologie et Médecine
   
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2.1.3 Résumé des études antérieures

Plusieurs auteurs ont abordé la problématique des abandons de la vaccination. Notre revue de la littérature a permis de retenir quelques écrits à ce sujet.

SAWADOGO S., [21] dans une étude portant sur les causes des abandons de la vaccination des enfants de 0 à 11 mois au Burkina Faso et qui a porté sur un échantillon de 11080 enfants de 12 à 23 mois et 11293 mères d'enfants de 0 à 11 mois avait obtenu les résultats suivants :

- Un taux d'abandon entre BCG et VAR de 20.71% au niveau national et 15,96% dans la région du centre -Est

- L'utilité de la vaccination était connue à 94.4% par les populations en ville.

- Aucune maladie cible n'a pu être citée par 14% des mères

- Les raisons de non vaccination étaient essentiellement liées à la méconnaissance de l'importance de la vaccination et du calendrier vaccinal ainsi que les contraintes familiales.

- les résultats des focus groupes qu'il a réalisés montraient que les mères étaient satisfaites des services de vaccination (bon accueil, convenance des horaires de vaccination).

BOLANDA D., TALANI P., NAZABA P. et coll. [22], dans une enquête de couverture vaccinale sur la rougeole à Brazzaville portant sur un échantillon de 468 enfants de 9 à 23 mois dans deux types de quartiers (urbaines et périurbaines), avaient trouvé que le manque d'informations et la méconnaissance du calendrier vaccinal constituaient les raisons

majeures de non vaccination chez 80% des mères interrogées. La même étude a montré une couverture vaccinale plus élevée en zone urbaine.

OUEDRAOGO E., [23] dans une étude ayant porté sur 212 mères d'enfants de 12 à 23 mois dont 154 en zone urbaine a trouvé que cellesci étaient satisfaites de l'accueil par les agents vaccinateurs (88,5%) ; la plupart d'entre elles (84.5%) savaient qu'il faut réaliser cinq contacts vaccinaux pour immuniser l'enfant. Seulement 7,4% des mères connaissaient toutes les maladies cibles du PEV. Elles étaient polygames dans 66.7% des cas et exerçaient des activités au foyer dans 65.9% des cas.

MAGATTE M. et coll., [24] au Sénégal, dans une enquête exhaustive de type transversale sur les abandons de la vaccination auprès de 562 mères d'enfants de 10 à 23 mois, ont trouvé que la proportion des enfants complètement vaccinés avait un lien statistique avec les connaissances des mères sur le calendrier vaccinal, le sexe de l'enfant.

OUEDRAOGO L. T. et coll., [25] au Burkina Faso, dans une étude transversale sur les déterminants du non respect du calendrier vaccinal ayant concerné 384 mères d'enfants de 0 à 11 mois et 54 prestataires de santé, ont trouvé que les mères d'enfants étaient satisfaites de l'accueil ( 93,1%), du temps d'attente ( 63,2%), des horaires et programmes des séances de vaccination (98,2%). Les avantages de la vaccination étaient également bien connus (75,5%). Les connaissances des mères sur le calendrier vaccinal et les maladies cibles étaient insuffisantes (17,7 %).

Dans la revue approfondie du PEV au Burkina Faso [20], les auteurs ont procédé par une enquête transversale par sondage en grappes à plusieurs degrés pour l'évaluation de la couverture vaccinale.

Un échantillon de 13230 mères d'enfants de 12 à 23 mois a été enquêté. Les auteurs ont obtenu les principaux résultats suivants :

- la majorité des mères était analphabète (89,9%)

- La proportion des enfants de 12 à 23 mois ayant reçu une série complète de vaccination était de 85,5% selon les informations du carnet,

- Le taux d'abandon global était en moyenne de 5,1% pour le pays et de 3,4 pour la région du Centre-Est,

- Les parents connaissant les cinq contacts requis par enfant étaient de 34.2% ; leurs principales sources d'information sont les agents de santé, les ASC, la radio.

- La non disponibilité des vaccins, l'inadaptation des horaires de vaccination, la non disponibilité de l'agent vaccinateur, le long temps d'attente, le mauvais accueil ainsi que le coût de la vaccination ont été évoqués par les mères comme raison de non vaccination des enfants.

Selon le guide pratique des fondements de l'immunisation [17], certaines personnes reçoivent un ou des vaccins mais ne souhaiteraient pas se représenter car elles n'ont pas apprécié les services reçus pour les raisons suivantes : une longue file d'attente, mauvais accueil par le personnel de santé (impolitesse et l'indifférence du personnel), les frais non autorisés facturés et indument perçus par les prestataires, le manque de vaccins ou autres fournitures.

JENNIFER N. et coll. [26], dans une enquête démographique aux philippines ayant concerné 1324 mères d'enfants de 12 à 23 mois ont étudié la relation entre les caractéristiques individuelles et les variables communautaires avec le statut vaccinal des enfants. Le niveau d'instruction des mères, le rang de naissance de l'enfant, le lieu de

résidence (milieu rural) étaient associés à la vaccination complète de l'enfant. Par contre, le sexe de l'enfant, le nombre des enfants de moins de 5 ans dans la famille, la religion, le nombre de coépouses n'étaient pas significativement associés à la vaccination complète des enfants. La même étude a trouvé que les mères étaient âgées en moyen de 29 ans et 20% d'entre elles avaient au moins 2 enfants de moins de 5 ans en charge.

SIA D., KOBIANE J.F., SONDO B.K., FOURNIER P. [1], dans une étude ayant comporté un échantillon de 805 enfants de 12 à 23 mois ont trouvé que les facteurs individuels suivants étaient associés à la vaccination complète des enfants :l'éducation des parents, la multiparité, le rang de naissance de l'enfant, l'utilisation d'une source d'information, l'accessibilité financière, l'occupation des mères et leurs conjoints, le niveau de vie, et enfin la continuité des soins prénataux et l'accouchement assisté.

SAVADOGO M. [27], dans une étude sur les déterminants des abandons de la vaccination chez les enfants de 0 à 11 mois dans le district sanitaire de Tenkodogo, a procédé par un tirage aléatoire d'un village par FS et interviewé 232 mères d'enfants de 12 à 23 mois sur leurs connaissances . Les résultats auxquels il est parvenu montraient que 88.1% d'entre elles ne connaissaient pas l'âge d'administration du vaccin anti-rougeoleux ; les maladies cibles du PEV étaient insuffisamment connues. Dans la même étude, il est également ressorti que 39,22% des mères ont cité la rougeole comme maladie cible du PEV et que 25% ne connaissent pas l'âge auquel l'enfant doit terminer sa vaccination.

FAYE A., SECK I., DIA AT. [9], ont étudié en milieu rural Sénégalais les
facteurs d'abandon de la vaccination sur un échantillon de 562 mères et
pères d'enfant de 10 à 23 mois. Ils ont trouvé que le temps d'attente

ainsi que l'accueil étaient jugés satisfaisants. La maladie la plus connue était la rougeole (58,5%) et seulement 38,1% des parents connaissaient le calendrier vaccinal.

MAKOUTODE M. et coll. [28], ont exploré en 2006 l'influence de certaines caractéristiques parentales sur la couverture vaccinale des nourrissons au Bénin. Ils avaient constitué un échantillon des 438 parents d'enfants de 12 à 23 mois choisis aléatoirement par la technique de grappes dans cinq communes. Les principaux résultats auxquels ils étaient parvenus se présentent comme suit :

· Aucun parent ne connaissait toutes les maladies évitables par le PEV

· Seulement 3% des parents connaissaient cinq (5) des neuf (9) maladies

· les parents qui connaissaient le calendrier des cinq contacts vaccinaux représentaient 24,7%

· Le niveau de connaissances des parents a été jugé faible dans 70%

· La qualité des services de vaccination a été décriée dans 11,1% KABORE J. [29] dans une étude sur les déterminants du taux d'abandon élevé entre les vaccinations du BCG et du VAR dans le DS de OUAHIGOUYA en 2006 a procédé par un tirage au sort des enfants de 12 à 23 mois sur la base des cahiers de vaccination par village pour constituer son échantillon. Les parents des enfants étaient ensuite interrogés. Il avait trouvé un taux d'abandon de 21.14%. Les mères, elles étaient en majorité des femmes au foyer (90.78%) et âgées de 15 à 38 ans avec une moyenne de 27.5 ans. Les avantages de la vaccination étaient connus dans 95.74% des cas. Seulement 17.73% d'entre elles connaissaient les cinq contacts

25

vaccinaux requis par enfant. L'accueil a été jugé mauvais (65%) et le temps d'attente long (59.93%).

BOA A. [30] dans une étude anthropologique en Côte d'Ivoire avait trouvé que les populations ne connaissaient pas les noms des maladies cibles du programme de vaccination. La vaccination y était comprise comme un acte curatif. Dans la même étude il a montré que les réticences des populations face à la vaccination étaient en partie liées aux incompatibilités entre le calendrier vaccination et les occupations des populations. Selon la même étude la plupart des agents de santé vaccinent sans indiquer aux populations contre quelle maladie ils leur administrent les vaccins.

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