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Plaidoyer pour combattre la corruption dans le système judiciaire haà¯tien

( Télécharger le fichier original )
par Patrick Mackintosh Jean
Université d'état d'Haà¯ti école de droit et des sciences économiques des Cayes  - Licence en droit 2004
  

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CHAPITRE IV

Tenant compte des dégeits que peuvent causer la corruption, s?évertuer pour mettre

en place un système judiciaire fiable et digne de son nom, inspirant confiance tant aux justiciables qu?à ceux placés pour les faire appliquer doit passer sans conteste par une réforme en profondeur de l'appareil judiciaire.

Remanier les lois, élargir le cadre pour bannir le fonctionnement en vase clos, appliquer de nouvelles stratégies, revitaliser l?ensemble des institutions connexes chargées de surveiller et faire respecter les lois relatives à la corruption en sont les points sur lesquels on va s?appuyer dans ce dernier chapitre afin de faire surface avec des solutions jugées nécessaires.

 

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Section I

SITUATION ACTUELLE

De nos jours, les défis à relever en matière de justice/sécurité en Haïti, représentent un risque non négligeable pour la construction du processus démocratique qui est toujours en stade embryonnaire. Ce long processus d'apprentissage qui se base sur la prise de décisions des magistrats haïtiens dans les différentes juridictions du pays fait le frais de la prolifération précaire du système.

En outre, les multiples controverses du système comme: manque d'expériences et/ou formations des magistrats, carences des tribunaux, absences des agents de l'ordre en tant que forces répressives pour exécuter les décisions judiciaires, la rigidité des lois nous font perdre les pédales avec la réalité actuelle.

De nos jours, le débat s'agite au moment ou nous venons tout juste de commémorer les deux décennies de la Constitution du 29 mars 1987. Pour savoir si elle mérite qu'on l'amende, l'applique ou de continuer à la mettre en veilleuse1.

Personne n'est censé ignorer que ce livret aux 298 articles détient le record de longévité. Et c'est de lui qu'en découlent les autres lois soit pour la renforcer ou l'adoucir. Elle est pour ainsi dire, la première des boussoles des magistrats en vue de la bonne marche du système.

Lequel système qui est vilipendé par les utilisateurs de la Constitution et de différents Codes de Lois. Un système qui n'inspire presque pas la confiance des justiciables et fait tergiverser la communauté internationale. Pour beaucoup se serait une occasion favorable pour faire d'une pierre deux coups: la Constitution et la nécessiteuse réforme??.

 

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BIEN FONDE DE CETTE REFORME

Le Ministère de la Justice est l'un des ministères le plus important du pays en
raison de son rôle qui est de créer le climat de confiance chez tous justiciables

tout en fortifiant les balises préventives devant garantir légalement l'accessibilitéaux droits des principes fondamentaux de la déclaration universelle des droits de l'homme.2

Pour réussir la réforme du système judiciaire haïtien, nous allons répondre la question de départ puis vérifier l'hypothèse du travail comme pistes de solutions et finalement créer un espace évolutif à chacun de citoyen.

La Réforme du Droit

Soutient Rigaud Denoix de Saint Marc par Loïc Cadet et Laurent Richer. A l'origine d'une réforme, il y a nécessairement une chiquenaude initiale. C'est le plus souvent la constatation de l'inadaptation du droit existant à évolution des moeurs ou plus exactement l'idée que l'on se fait du décalage entre le droit et le comportement qu'on voudrait voir adopter par le corps social107.

Depuis la chute de la dictature en 1986 à aujourd'hui les principales revendications du peuple haïtien c'est l'établissement d'un Etat de Droit, l'application des lois, la lutte contre la corruption et la complaisance et les meilleures conditions de travail. Après plus de 20 ans après, le pays est encore sombré dans l'instabilité politique, économique et judiciaire etc.

Cette situation résulte du comportement délibéré vers la corruption. Cette détonation va enrayer le système judiciaire. A cet effet, d'énormes efforts ont été consentis par la communauté internationale depuis 1994, pour réformer la justice haïtienne et instaurer un Etat de Droit.

1.- Mirlande Manigat, Constitution de 1987, amendement ou application ?, Conférence-débat.

2.- Jean-Claude Bajeux / (CEDH) Centre OEcuménique pour les Droits humains ; Dépliant relatif à la Corruption

A l'étonnement de plus d'un toutes les instances impliquées dans cette tentative ont conclu à l'échec. Des accusations et des dénonciations à la corruption se multiplient quotidiennement au point qu'un diplomate, près des Nations Unies, Edmond Muler a annoncé ouvertement l'insertion des juges étrangers dans le système, vu le degré de la corruption et celui de son dysfonctionnement.

Ne prend pas en compte cette laborieuse responsabilité, le contrôle véritable du système semble vraisemblablement filé entre ses doigts. De la rigidité des lois, jusqu'à leur application qui cause préjudices aux justiciables, pour aboutir aux carences des cours et tribunaux qui font les frais pour les autres et maintenant c'est la nomination précaire des magistrats médiocres et novices qui fragilisent le système judiciaire haïtien.

UNE REFORME S'IMPOSE

Une réforme dans le système s'impose pour bien des raisons. Les lois haïtiennes sont aujourd'hui jugées dépassées.

Plusieurs personnes et organisations concernées par la justice réclament une réforme profonde qui touchera aussi l'ensemble du système judiciaire.

Phénomène de kidnapping, corruption de magistrats et l'inaccessibilité à l'appareil judiciaire plaident tous en faveur de cette réforme.

La population justiciable et le fonctionnement des cours et tribunaux font les frais de l'application de ses lois qui datent de près de deux siècles.

Quel dommage concrètement l'application de lois obsolètes en Haïti, causentelles aux justiciables ? A en croire les juristes, l'appareil judiciaire haïtien se trouve-t-il confronté devant un problème de fonctionnement. Qu'est-ce qui engendre la corruption dans le système judiciaire ? Pourquoi la justice ne peut

sévir contre les corrompus et corrupteurs de l'Administration Publique ? D'oüviennent les obstacles ?

 

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Ces interrogations nous amènent à confirmer notre hypothèse de départ et nous donne plein droit de renforcer l'idée que la corruption est névralgique. Un droit de dire pour pouvoir donner la réponse souhaitée remet en question.

En guise de réponse, sommes-nous invités de manière univoque à vérifier notre hypothèse pour rechercher l'obstacle majeur de la question de départ en coïncidant bien sûr la réforme tant souhaitée.

 

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ACCESSIBILITE A LA JUSTICE

Des lois dépassées, corruption de juges à ces deux mots qui accablent le système judiciaire s'ajoutent encore le problème d'accès aux tribunaux. Le manque de tribunaux dans plusieurs communes traduit une volonté politique drainée au profit de l'impunité. Il existe cinq cours d'Appel pour tous les dix départements géographiques du pays, un seul pour enfant.

Il est un principe en absence de justice, le citoyen victime à tendance de se faire justice lui-même.

De façon générale, la justice coûte chère et les rares tribunaux de paix comme pour presque tous les bureaux d'Etat qui fonctionnent dans ce pays n'ont pas de local ils sont dans la location.

La minorité existante n'a pas de moyens, pas de structure, pas de logistique, se trouve en position de privation même du minimum. Porte ouverte à la débauche effrénée.

PRATIQUE A ESQUIVER

En dépit de la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen du 10 décembre 1948, qui préconise que tous les hommes naissent et demeurent égaux en droit, confirmée par l'article 18 de la constitution haïtienne du 29 mars 1987, il n'est pas pour autant éliminé la tendance selon laquelle, certains magistrats tendent à privilégier une catégorie de secteurs de la société au préjudice d'un autre3.

Ces pratiques sont dues à la prééminence de l'argent, des pots-de-vin ou autres
avantages sociaux ou honorifiques. Ces stimulants de convoitises qui pivotent la

 

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conscience de ces derniers (magistrats), n'est-on pas raison de les qualifier de convoitise.

Ces pratiques là font la souillure de l'amas des bavures et permettent que bon nombres d'innocents tiennent la place des bandits de toute acabit derrière les Barreaux pourvu ces derniers ont de quoi de s'acheter leur liberté.

Et, ce, au mépris et en dérision du fameux principe de Trajan «Mieux vaut libérer un coupable que de condamner un innocent».

AVOCAILLON

Et qu'en est-il des avocats, qui devraient être des infatigables défenseurs de la veuve, de l'orphelin qui vivent le tourment des autres comme les leurs, en lui résonne l'écho de la misère humaine ; heureux dans la victoire, déçu dans la défaite4. Cependant, on ne peut nier qu'en lieu et place de la toge virile, qu'ils doivent valablement porter, certains ont choisi délibérément de porter la toge puérile et se laissent mêler dans des exactions honteuses qui sont loin de friser les normes de l'avocature jusqu'à se faire classer par des hommes de l'art dans la catégorie des avocaillons.

A bien regarder les choses en face, on dirait que l'enseignement juridique reçu à l'école de Droit et/ou de Magistrature est loin d'être le même de ce qui se pratique dans les salles d'audiences ou de cabinets.

Les agissements douteux des hommes de lois au vu et au su de tous, poussent les profanes à sortir de leur mutisme pour dire que le Droit n?est pas droit ou du moins que la balance de Saint Yves est disloquée en branle-bas.

3.- Me René Laregue, Mémoire de sortie EDSEC, L?application de la loi: un tissu de contradictions aux mains des juristes Haïtiens et étrangers, p61

4.- Code déontologique de la profession d'avocats du 21 aout 2002

RESOUDRE LE PROBLEME DE LA JUSTICE

L'Etat est confronté à de véritables organisations mafieuses et occulte liées à des élus, des responsables politiques, des magistrats et des éléments du secteur privé... regroupés en associations de malfaiteurs. Justice ne sera vraiment rendue si le juge est lui-même trempé dans des combines5.

Il y a une carence dans les enquêtes sur la corruption et cela a un rapport de cause à effet sur l'état de déliquescence des institutions haïtiennes. C'est pourquoi nous plaidons toujours pour la spécialisation des magistrats.

Il faut des juges « anti-corruption» dans le système judiciaire qui s'occuperaient de détournements de fonds publics, de blanchiment d'argent, et autres crimes organisés... et non des commissions montées de toutes pièces, créées un bon matin et constituées de proches du pouvoir. Il faudrait mettre en place dans chaque département une brigade spéciale ''anti-corruption'' pour nettoyer les institutions de l'Etat6.

Malgré la création de l'UCREF (Unité centrale de renseignements financiers) et de l'ULCC (unité de lutte contre la corruption), les réseaux continuent leurs extorsions tranquillement, sans être inquiétés.

On assiste à une destruction systématique de notre société. Une grande majorité de l'élite se livre à la corruption de fonctionnaires et ne respecte pas les lois, et certains les violent allègrement à des fins d'enrichissement personnel ou de copinage.

Des jugements de complaisance sont rendus en faveur d'escrocs, voleurs et assassins. Les magistrats complices ne sont ni sanctionnés ni mis hors circuit. Il n'y a jamais de renvoi même quand les résultats des enquêtes sont accablants. Ce qui revient à dire qu'un truand a intérêt à devenir magistrat, car il ne pourra jamais être véritablement inquiété et poursuivi, ou encore les sanctions seront faibles, voire symboliques, pour dissuader tout autre acte de filouterie.

En outre, le succès de poursuites judiciaires intentées à de hauts fonctionnaires accusés de corruption contribuera grandement à changer la perception du public selon laquelle les cadres ou gros bonnets ne sont pas inquiétés et seulement les pauvres types sont cuits. Par-dessus tout, la prétention plutôt que la détection est le moyen le plus efficace pour combattre la corruption.

Education Civique

Par l'expression Education Civique il y est l'obligation pour l'Etat de contribuer à la formation de son peuple. D'où l'on comprend que la réforme du système judiciaire haïtien ne peut porter fruit sans la promotion de la loi qui est diamétralement inconcevable sans la sensibilisation de tout un chacun sur son devoir et son droit en tant que citoyen.

Par ailleurs, la politique de l'Education dans le cadre de la protection du système judiciaire contre les incidences de la corruption suscitera chez chaque citoyen la volonté d'exercer avec le maximum de clairvoyance, son rôle de citoyen responsable ; conscient de la tâche à accomplir et du civisme au progrès social.

En effet, au nom de l'Education Civique, les citoyens et citoyennes comprendront qu'il ne s'agit pas seulement d'un droit mais aussi du devoir, de faire ce que la loi permet.

Vertu et Institution : la Justice

La Justice avant d'être une Institution est une vertu : la Justice est d'abord la qualité de l'homme juste. Il s'agit comme le souligne, Aristote d'une vertu politique c'est-à-dire qui concerne d'emblée le commerce (au sens large de relations mutuelles), entre les habitants de la cité.

Certaines vertus comme la tempérance ou l'intelligence peuvent concerner l'individu pris isolément c'est lui qui est intéressé au premier chef pour le développement de l'excellence.

La justice dit encore Aristote, c'est un milieu entre les termes qui s'opposent et non la suppression de l'un au bénéfice de l'autre ou personnel.

Il nous est donc donné de devenir juste en modérant notre désir par notre raison, en tenant compte dans la construction de notre désir, de celui d'autrui en engageant avec autrui des discussions en vue d'évaluer nos intérêts respectifs et de trouver soit une harmonie soit des compromis.

Les hommes pris individuellement ne possédant pas tous une vertu parfaite et rencontrant au niveau collectif, des situations complexes. L'institution doit apporter la neutralité aux malversations, et aux magouilles.

La neutralité est pour rendre un arbitrage équilibre, chacun renonçant à être juge de sa propre cause. Il est des cas cependant où la première tâche de la justice est stricte « arithmétique », entre les hommes, c'est pourquoi l'allégorie de la justice a les yeux bandés s'énonce, qu'elle ne doit pas se laisser influencer par l'apparence extérieure, par la réputation de la fonction sociale du prévenu, peu importe le niveau d'implication de ce dernier dans l'infraction.

En effet, l'homme a besoin pour se bien conduire d'une double science. Il lui faut avoir des principes généraux et savoir en faire leurs applications. Si l'une des autres paramètres vient à manquer c'est assez pour empêcher la rectitude de la volonté et celle de l'action. Pourquoi a-t-il dit le grand orateur, Cicéron que les lois ne sont rien sans les hommes qui les font respecter.

5.- Me Inel Torchon, la corruption ses conséquences sur notre système judiciaire entre 1986 et 2008, p 93

6.- Me Fritz Paul-Artur, Conférence débat sur la réforme Judiciaire en Haïti

COMBATTRE LE PHENOMENE DE L'IMPUNITE

Ainsi nous proposons et recommandons si l'on veut développer chez le citoyen haïtien, le culte du droit, le sens de responsabilité efficiente, le respect des biens d'autrui, le respect des libertés individuelles et l'amour de la patrie, un espace évolutif à chacun pour la pérennité familiale.

Le phénomène de l'impunité est défini par l'absence d'investigation, de jugement et de réparation des violations flagrantes7.

La tergiversation interne de la situation Socio-Politico Administrative qui se développe en Haïti montre sans ambages que l'impunité ne révèle pas seulement de l'impunité de droit ou des obstacles légaux qui se sont opposés à la connaissance de la vérité, à la distribution de la justice et à l'octroi de la réparation due aux victimes de tout genres.

Cependant, l'impunité répond à des causes normatives, constituées bien évidemment par des obstacles légaux. Elle est aussi et surtout le résultat de causes factuelles et structurelles; causes qui sont d'ordres politique et fonctionnel d'une part, historique et social d'autre part. L'ensemble de ces éléments contribuent à faire de l'impunité un phénomène complexe.

La question de lutte contre l'impunité touche à des domaines aussi divers que le fonctionnement du système judiciaire, la volonté du législateur et des gouvernants à dessiner une stratégie politique claire et à la mettre en oeuvre ou encore la capacité des organisations de la société civile à stimuler les actions de l'Etat.

Par ailleurs, la pratique d'homosexualité, de lesbienne, de pédéraste et d'échange sexuel fait rage dans les institutions publiques mais comment stopper ce malheur puisque la récession bat son plein.

Tout le monde est unanime à reconnaître que la Magistrature est asservie. Elle est sous la tutelle de l'Exécutif, des riches, des organisations de la société civile et sans compter la présence de la communauté internationale.

Le juge n'apparaisse pas donc dans la société comme un personnage puissant d'une autorité réelle et d'un prestige aux yeux de ses concitoyens. Certains le terrorisent à loisir et impunément. Il ne jouit d'une véritable protection de la Police et vice versa. Il peut être révoqué ou transféré à tout moment par l'autorité politique.

SANCTION ET REPARATION POUR UN ACTE DE CORRUPTION

Il va sans dire que la complexité des missions de l'Etat requiert des agents de plus en plus qualifiés pour exécuter avec efficacité et efficience les politiques définies par le pouvoir central. D'ou la nécessité de recourir aux principes du mérite comme critère de sélection et d'avancement dans l'administration publique.

Comme réplique aux personnes coupables de corruption dans l'administration publique ou dans l'administration privée reste très souvent la révocation purement et simplement. Cependant, l'institution souillée et minée par la forfaiture l'endosse au son de la cloche du bois. Des fois sans se rendre même pas compte que, toute violation fait naitre un droit en réparation en faveur de la victime ou de ses ayants droits.

Ce droit qui vient à juste titre où Haïti est décrié en corruption et fait obligation à l'Etat, après avoir reconnu sa responsabilité, que celui-ci doit adopter d'office et le plus rapidement possible des mesures appropriées pour enrayer la corruption.

Dans le souci de tenir à l'oeil les fonctionnaires qui tendent à la dérive des lois
visant à stopper ce fléau qu'est la corruption, le législateur haïtien porte cette
balise en son article 219 de la loi mère qui ainsi stipule: «Il ne peut être établi de

privilège en matière d'impôt. Aucune exception, aucune augmentation, aucune diminution ou suppression d'impôt ne peut être établi que par la loi.»

En dépit de tout, en Haïti certaines personnes (en majeure partie les autorités sans exception aucune) ont tendance à dissimuler en toute quiétude que cela requiert la valeur vénale de leurs biens pour emberlificoter la taxation qui est pourtant vitale pour l'Etat.

Face à ce fait générateur de corruption, l'Administration Fiscale qui, dans le sourcil de lutter contre l'existence des fraudes et évasions fiscale va contrôler avec toute rigueur que cela demande, la déclaration du contribuable, demander des éclaircissements, des précisions et même justifications pour voir si la déclaration est conforme à la leur. Ces déclarations frauduleuses faites avec veuleries entrainent de strictes mesures et conséquences juridiques à l'encontre du corrupteur en question qui sont:

7.- Commission Nouvelle pour la Réforme Administrative : l?Administration haïtienne malade du changement, Port-au-Prince, juillet 1997

Une réparation civile ou la justice en disant son mot peut exiger purement et simplement à la personne en question à quelques niveaux que ce soit (social, économique, politique, religieux...) de payer intégralement le montant prêtant soustraire indignement à l'Etat.9

Une réparation pénale. Dans de pareil cas, aucune porte ne vous est aussi facilement accessible que celles des prisons. Des peines correctionnelles prévues et déterminées par la loi sont réservées aux acteurs y afférents10.

Une réparation fiscale. La partie dissimilée, doit être soumise au droit d'enregistrement majoré d'une amende.

9.- Me Jules Gaspard, Problématique générale des peines et des prisons, p43 Ecole de Droit et des Sciences Economiques des Cayes

10.- Alex Weil : Droit Civil Introduction générale, 3ème édition Dalloz

RECOMMANDATIONS

Il est maintenant établi que la corruption engendre de grand maux au développement des Institutions haïtiennes. Le nombre négligeable des hommes honnêtes dans le pays sont incapables de changer l'ordre des choses à euxmêmes, en dépit des lois prises et des institutions créés pour remédier la situation.

Cependant beaucoup reste à faire pour que nos institutions puissent fonctionner à plein rendement. Ainsi nous proposons et recommandons si l'on veut développer chez le citoyen haïtien, le culte du droit, le sens de responsabilité efficiente, le respect des biens d'autrui, le respect des libertés individuelles et l'amour de la patrie, un espace évolutif à chacun pour la pérennité familiale.

Face au phénomène multidimensionnel que prennent la corruption et la complexité posée par sa résolution, ces recommandations sont arrivées à un moment où nous sommes dans la périlleuse nécessité de grands remèdes. Cependant, je n'ai pas l'orgueil de dire que ces recommandations représentent la solution. Par sagesse, j'aurais aimé que s'en est une dans la conquête définitive.

En général, toute réforme possible dans le système Judiciaire9 doit sans contre
dire passer par une refonte de nos anciens codes de lois et textes qui sont tous
désuets et ne cadrent pas à la réalité actuelle ; qui nécessite impérieusement de :

Réformer le décret du 22 août 1995 sur l'organisation judiciaire en l'harmonisant avec la Constitution de 1987 et en y renforçant les conditions d'accès à la magistrature. Ce qui nous amène à conseiller de réformer le Conseil Supérieur de la Magistrature de manière à ce qu'il s'occupe de toutes les questions concernant les magistrats du siège et du Parquet depuis le recrutement jusqu'à la retraite en passant par les promotions, les transferts, la discipline, l'invalidité.

9.- Décret du 17 aout 1998 sur la réforme judiciaire

De concert avec le Ministère de la Justice faire du conseil de la Magistrature l'organe d'Administratif et de gestion du pouvoir judiciaire10.

Réformer la profession d'avocat en instituant de nouvelles conditions d'accès à la profession et le concours d'admission au barreau.

Augmenter la couverture juridictionnelle par la création de nouveaux tribunaux à travers le pays, spécialement dans les communes.

Il faut qu'il y ait une commission formée d'hommes et de femmes professionnels, compétents qui s'y connaissent dans le domaine qui ont droit de censurer les cursus dans les écoles de droit et du coup sanctionné le travail de recherche des étudiants pour l'obtention du grade de licencié en droit.

Initier les poursuites et tracer des exemples sur « les gros bonnets» considérés comme des intouchables des partis en place.

Si la corruption est un problème de gouvernance dit-on et la gouvernance est le mode d'exercice du pouvoir de l'Etat, l'effort pour combattre la corruption ne saurait être fructueux et durable sans une attitude résolue des dirigeants et une internationalisation poussée de l'action menée.

Tenir compte de l'expérience des autres, tout en adoptant une approche adoptée aux réalités quotidiennes, on pense qu'il serait difficile de réduire la corruption si les décideurs (politiques, judiciaires, législatifs...) qui devraient être les promoteurs de cette dite campagne sont eux-mêmes corrompus.

Dans cette optique, il faut des mesures fortes, voire de dures sanctions qui mettront un terme à l'injustice de notre justice, aux abus d'autorités et à la condamnation sans aucune forme de procès des gens sans noms.

 

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Par ailleurs, la justice haïtienne aura sa raison d'être dans la perspective de dynamisme tant souhaité par la population c'est-à-dire un pouvoir judiciaire sain, équitable et fort.

Ce signal répercutera surtout dans le pays où les employés des institutions publiques et privées peuvent mettre pied sur terre et vivre dans la pérennisation pour construire notre cher Haïti.

10.- Rapports de la Commission préparatoire à la Réforme du Droit et de la Justice (1997)

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"Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait"   Appolinaire