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Plaidoyer pour combattre la corruption dans le système judiciaire haà¯tien

( Télécharger le fichier original )
par Patrick Mackintosh Jean
Université d'état d'Haà¯ti école de droit et des sciences économiques des Cayes  - Licence en droit 2004
  

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DEUXIEME PARTIE

De la corruption dans le système judiciaire haïtien

 

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Chapitre III

« Il y a de cela plus d?une décennie depuis que l?ensemble des Etats du monde se

sont convaincus que la corruption peut tromper leur vigilance en se camouflant derrière différentes appellation (magouille, malversation, pots-de-vin, l'extension, le népotisme, la fraude, le vol, le détournement de fonds, le trafic d'influence, le blanchiment d'argent et des avoirs et enrichissement illicite, contrebande et détournement de fonds) ainsi, ils se résolurent de signer des conventions internationales afin d?enrayer ce mal endémique. »1

1.- Convention de l'ONU

 

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Section I

L'Etat haïtien face à la corruption dans le système judiciaire

L'Etat haïtien dans le souci de combattre la corruption dans le système judiciaire a jugé bon de ratifier au mois de juillet 2002 la convention interaméricaine sur la corruption. Cet instrument constitue un nouvel élément légal pour les magistrats de trancher en toute quiétude sur les cas de corruption.

Les législateurs haïtiens en sont conscients que ce mal sape et détruit tout le système et mérite à tout prix qu'on lui trouve une solution. C'est en ce sens que le député Guy Gérard Georges2, questeur à la chambre basse eu à déclarer à la suite du discours du président René Préval, prononcé le 18 mai 2007 que : « Nous avons en effet compris qu'il faut une levée de bouclier pour faire échec au fléau de la corruption qui gangrène nos Institutions Publiques et Privées, car elle est dans toutes les structures du gouvernement d'Haïti ».

Dans cette optique, plusieurs institutions se montrent leur visibilité comme : La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA); Unité de Lutte Contre la Corruption3 (ULCC), Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP), Fondation Héritage pour Haïti (LFHH), section haïtienne de Transparency International (TI) et la justice sont autant d'instances existants en Haïti dans cette lutte.

2.- Guy Gérard Georges, député de la circonscription Torbeck / Chantal

3.- Décret portant création de l'ULCC, 13 septembre 2004

 

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LES INSTITUTIONS

CSC/CA et sa mission

Le rôle de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif CSC/CA consiste à fournir des rapports de vérifications au Gouvernement et au Parlement afin de promouvoir l'obligation de rendre compte de l'économie, l'efficience et l'efficacité dans la perception, les dépenses et l'utilisation de fonds et d'autres ressources au bénéfice de la société.

La CSC/CA joue ce rôle en favorisant une gestion honnête et efficiente et une reddition de comptes entières à tous les niveaux du Gouvernement et des autres institutions qui reçoivent des subventions du Gouvernement. En conséquence, la Cour Supérieure des Comptes sert de l'intérêt public en présentant au Parlement des rapports pour mettre en lumière les secteurs que la direction doit surveiller et renforcer.

Ces lois n'habilitent pas spécifiquement la Cour à enquêter directement sur les questions de pratiques de corruption. Cependant, le recours aux procédés de vérifications et aux contrôles est essentiels pour indiquer les secteurs à risque ou la direction de ULCC, qui détient le pouvoir de lutter contre les pratiques des entités vérifiées, est tenue de prendre des mesures correctives.

COMMISSION D'ENQUETE ADMINISTRATIVES

Crée par arrêté présidentiel en date du 6 octobre 2004, la Commission d'Enquêtes Administratives (CEA) officiellement constituée avec un mandat et une mission qui exprimaient avant tout une aspiration nationale profonde : que fin soit mise à l'impunité dont jouissent, vague après vague, les prédateurs de l'Etat.

Ce que l'indignation publique dénonçait dans les rues et les médias, il devenait impératif d'en examiner le bien-fondé, d'en découvrir les responsables, passibles des sanctions prévues par la Loi.

 

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La CEA dans son Rapport Intérimaire de juillet 2005 devrait examiner et vérifier les opérations financières du Gouvernement de février 2001 à février 2004 et de tous les actes quels qu'ils soient se rapportant à ces opérations.

Elle est chargée de relever toutes les preuves, tous les indices graves de concussion, de malversation, de prévarication, de corruption de fonctionnaires, de détournement de fonds et de tous autres délits qui pourraient être commis au préjudice du Trésor Public.

Cette commission d'enquête présidée par Paul Denis, actuel ministre de la justice, dit relever des cas flagrances graves de concussions, d'escroqueries, d'extorsions, de malversations, de prévarications, factures fictives, surfacturations, népotismes, fraude fiscale, passation illégale de marchés publics, abus de biens sociaux, sociétés fictives, financement occulte de parti politique de corruption de fonctionnaires, blanchiment d'argent, de détournements de fonds à tous les niveaux de l'administration publique.

Cependant, l'impact final de cette longue recherche reste à l'appréciation de la volonté, de l'engagement, des mesures, des expertises qui seront mobilisées de la part des décideurs afin que le suivi de chaque dossier soit traité avec la rigueur et la persistance nécessaires, au-delà des fluctuations politiques, des influences extérieures, à l'abri de l'amnésie qui engendre l'impunité et permet que tout recommence.

4.- Arrêté présidentiel en date du 6 octobre 2004 portant la création de la Commission d'Enquetes Administratives

UNITE DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

L'Etat haïtien a, de son coté, en date du 8 septembre 2004 par décret présidentiel crée l'Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC). Cette institution est l'expression de la volonté gouvernementale de combattre la corruption sans exclusivité.

Cette structure placée sous la tutelle du Ministre de l'Economie et des Finances (MEF) a pour fonction de freiner, voire éradiquer le cycle de la malversation et de la corruption qui mine l'administration publique haïtienne depuis toujours.

L'ULCC a déjà effectué plus d'une cinquantaine d'enquêtes dont une quinzaine est déjà transmise au Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Civil de Port-au-Prince pour les suites légales de poursuite.

Pour s'assurer que les autorités de l'appareil judiciaire accordent une attention

soutenue aux dossiers de poursuite, l'ULCC travaille en amont avec ce secteur.

Pour parvenir aux résultats souhaités, des ateliers de sensibilisation devraient être organisés à l'intention des magistrats du Parquet et des juges d'instruction et il faudrait mettre à la disposition des auxiliaires de justice des instruments légaux comme des textes de lois internationaux réprimant la corruption.

Un projet de loi portant sur la déclaration du patrimoine des grands commis de l'Etat, des ordonnateurs et des comptables des deniers publics, des élus et des juges, a été élaboré. Ce projet de loi qui, voté par le parlement et promulgué, est en cours d'application par l'ULCC.

4.- Décret portant création de l'ULCC, 13 septembre 2004

 

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"Ceux qui rĂªvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rĂªvent de nuit"   Edgar Allan Poe