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Stratégies de financement des activités agricoles développées par les producteurs ruraux dans la commune de Gogounou (Nord Bénin)


par Hermann ALINGO
Université de Parakou - Diplôme d'ingénieur agronome: option économie et sociologie rurale 2009
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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2-4- Investissement et augmentation des revenus agricoles

Un investissement est un emploi de capitaux visant à accroître la production d'une entreprise ou à améliorer son rendement. Les investissements, les politiques et les institutions publics ont été et demeurent une condition essentielle pour favoriser un développement vigoureux dans le secteur rural. Les choix opérés par les gouvernements à propos de leurs politiques et de leurs investissements déterminent l'orientation et le rythme du développement de l'entreprise agricole privée et, en particulier, de son caractère favorable (ou défavorable) aux pauvres. La politique et les investissements des pouvoirs publics jouent un rôle moteur particulièrement important dans les pays et les régions à prédominance agraire, caractérisés par de fréquentes défaillances du marché et par des risques et des coûts de transaction élevés. Ces pays et régions sont ceux où vivent la majorité des ruraux pauvres. La transformation rurale exige une combinaison, spécifique à un lieu, d'investissements et de soutien aux politiques (FIDA, 2005).

Selon Jastrabsky E. (2003), les politiques d'augmentations des revenus agricoles doivent
prendre en compte les deux priorités suivantes : la première consiste à réduire les coûts de

production par le biais de subventions directes accordées aux producteurs et l'encouragement de l'intégration des technologies nouvelles afin d'accroître les rendements, la deuxième consiste à encourager la diversification et le développement d'industrie rurale. Il serait intéressant que ces politiques soient également mises en oeuvre au Bénin afin qu'un grand pas soit fait dans la réduction de la pauvreté rurale.

Plus d'investissement induit une augmentation des revenus et une augmentation du revenu entraînera une augmentation des investissements qui induira à nouveau une augmentation de revenu. Ce cercle vertueux conduira à briser la pauvreté. Pour le FIDA (2005), l'atteinte de l'objectif I des Objectifs du Millénaire pour le Développement passe aussi par une augmentation des investissements dans l'agriculture.

Les politiques de développement agricole doivent donc encourager les producteurs ruraux à investir davantage dans les activités de productions agricoles afin d'accroître leurs profits. Il y aura donc une possibilité supplémentaire d'accumulation du capital et les capacités d'investissement des producteurs augmenteront également. L'augmentation des investissements dans l'agriculture ne concerne pas uniquement les producteurs ruraux mais aussi l'état central et les partenaires au développement. Car un examen des évolutions antérieures montrerait que les pays qui parviennent aujourd'hui à réduire la pauvreté sont, pour la plupart, des pays ayant consacré par le passé d'importants investissements aux zones et aux populations rurales. D'autre part, les pays ayant du retard sont principalement ceux qui ont négligé les zones rurales et le monde paysan, ou qui n'ont pas assuré une répartition équitable des terres. En fait, peu d'économies ont atteint une croissance économique reposant sur une large base sans que celle-ci ait été précédée, ou à tout le moins accompagnée, par une croissance agricole et rurale (FIDA, 2005).

Les résultats de l'étude vont contribuer à éclairer les décideurs politiques en apportant des informant stratégiques sur les choix a opérer au niveau des politiques à mettre en oeuvre aux niveaux microéconomique et macroéconomique pour impulser le développement agricole et promouvoir la réduction de la pauvreté. Les effets de la croissance agricole sur la réduction de la pauvreté sont spécifiques au contexte local, et sont particulièrement sensibles lorsque: i) l'agriculture occupe une place importante dans les revenus des ruraux pauvres; ii) la répartition des terres est relativement équitable; et iii) les pauvres consomment des aliments de base non commercialisables (FIDA, 2005). Les relations sont particulièrement fortes entre la croissance agricole, le développement des petites exploitations et la réduction de la pauvreté rurale. Les activités et les marchés agricoles dont dépendent les moyens d'existence des ruraux pauvres sont considérablement influencés par leur répartition territoriale, leur forte

dimension sociale et culturelle, leur dépendance à l'égard de facteurs naturels et la faible élasticité des marchés des produits alimentaires. Du fait de ces caractéristiques particulières, les investissements publics en matière de biens publics ont été et demeurent une condition essentielle pour favoriser un développement de grande ampleur dans le secteur rural. On observe, pour les vingt dernières années, une nette corrélation entre l'augmentation du niveau des dépenses consacrées par les pouvoirs publics à l'agriculture dans les pays en développement et les progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (voir figure 2.1a et figure 2.1b)

Figure 2.1a : Montant des dépenses publiques Figure 2.1b : Evolution de la proportion de

Consacrées à l'agriculture par habitants la population disposant de moins d'un

des zones rurales en Dollar U$ de 1995 dollar par jour

Source : FAO et Rao, 2003 Source : Banque mondiale, 2004

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