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Impact des subventions agricoles sur les exportations de coton du Burkina Faso

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par Mama Talla FAYE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Diplôme d'études approfondies (DEA) 2011
  

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Chapitre1 : LA PROBLEMATIQUE DU COTON AU BURKINA FASO

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Introduction

Le Burkina Faso est l'un des gros exportateurs de coton des pays de la zone CFA. En effet le Burkina est le premier pays africain exportateur de coton avec 212 000 tonnes exporté en 2004/20053. Ainsi dans ce pays, deux des onze millions d'habitants vivent directement de la culture du coton pour leur subsistance, tandis que cinq millions en dépendent indirectement. De plus continuer à cultiver le coton dans ce pays, équivaut ainsi à augmenter les productions céréalières. Le coton a beaucoup contribué à l'amélioration des conditions de vie de ces populations.

Cependant le Burkina tout comme les autres pays de l'AOC producteur de coton, fait face à d'importantes subventions accordées par les pays industrialisés à leurs producteurs de coton. En effet, les pays riches à savoir les Etats-Unis et l'Union Européenne, deux superpuissances subventionnent le coton qui fait l'objet de transactions internationales et qui constitue une culture d'exportation, sinon la principale culture d'exportation du Burkina Faso.

Ce dernier a un avantage comparatif dans la production de coton, avec des coûts, qui environnent 30 cents par livre contre le double aux Etats-Unis.

Par contre, les subventions ont pour vocation de réduire les coûts de production des producteurs des pays aisés et par ricochet de fausser les calculs de l'avantage commercial dont profitaient les producteurs burkinabais. De ce fait, les USA et l'UE ont chacun mis en place un système d'aide différent.

Ainsi nous nous intéresserons dans un premier lieu aux impacts socioéconomiques du coton au Burkina et nous essayerons d'analyser l'évolution des exportations de coton du Burkina Faso.

Dans un second et dernier lieu, nous mettrons en oeuvre les politiques de soutien à la filière coton aux Etats Unis et en Union Européenne.

3 Source NCC

Section1 : Contribution socio-économique du coton au Burkina Faso

La filière coton représente un enjeu économique et financier considérable pour le Burkina Faso. Elle entraine des effets positifs au plan socioéconomique qui sont indispensables pour un pays en développement comme le Burkina. Cependant avec une production destinée à plus 97 % aux exportations, il en résulte une dépendance assez forte de la filière aux évolutions du prix mondial.

Ainsi nous présenterons dans un premier temps les contributions socioéconomiques du coton au Burkina et en second et dernier lieu nous nous intéresserons aux évolutions des exportations de coton du pays.

1) Contributions socioéconomiques du coton au Burkina

Nous montrerons d'abord la contribution sociale du coton au Burkina avant d'analyser la place du coton dans l'économie burkinabé.

1.1 Contributions sociales du coton au Burkina

Le Burkina Faso comme la plupart des pays africains, est confronté à un niveau élevé de pauvreté qui handicape son développement socioéconomique. La pauvreté est multidimensionnelle et très complexe et poussé la population particulièrement celle du monde rural à émigrer vers d'autre pays. Cependant la production du coton a permit de freiner l'exode rural et de faire baisser l'incidence de pauvreté chez les cotonculteurs.

1.1.1 Un frein contre l'exode rural

Ainsi, avant la grande vulgarisation de la culture du coton au Burkina Faso, les jeunes avaient surtout une tendance à émigrer vers certains pays africains comme le Sénégal ou allaient en Europe, mais pour ceux qui restaient en Afrique la destination privilégiée était la Côte d'Ivoire. Dans ce pays, ceux qui avaient une qualification professionnelle étaient employés comme ouvriers tandis que la grande masse devait servir dans les plantations ou s'adonner au commerce ambulant. La culture du coton les a fait rester dans leur village respectif, car elle leur permet désormais de gagner leur vie, chez eux.

Cette culture du coton est donc un moyen très approprié pour freiner l'exode, et dès lors il n'est point étonnant qu'au méme moment où le Burkina Faso atteint des productions record sur le coton, les productions céréalières plafonnent. Cela veut dire que les bras valides sont restés pour cultiver et il n'y a plus de problèmes de maind'oeuvre.

1.1.2 Un vecteur de la lutte contre la pauvreté

En 1994, 44,5% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté estimé à 41.099 F C.F.A. En 1998, ce seuil passait à 72.690 F C.F.A et la population en deçà s'élevait à 45,3% soit une légère hausse de deux points. La pauvreté connaît une progression à tous les niveaux sociaux. Mais elle est beaucoup plus accentuée dans les zones rurales. En effet, les ruraux contribuent pour 93 % à 96 % à l'incidence de la pauvreté au Burkina Faso. Ce qui fait des campagnes (villages), les points focaux de lutte contre la pauvreté. Et ce, à travers l'augmentation des revenus des paysans.

Ainsi, une étude statistique du centre d'analyse des politiques économiques et sociales (C.A.P.E.S) a montré que l'incidence de la pauvreté chez les cotonculteurs a décru entre 1994 et 1998, passant ainsi de 50,1% à 42,4%, soit une baisse de près de huit (8) points. En outre, dans les zones non cotonnières l'incidence a augmenté de 2% pendant la même période (1994-1998).

Continuer à cultiver le coton dans ce pays équivaut ainsi à augmenter les productions céréalières. Le coton a beaucoup contribué à l'amélioration des conditions de vie de ces populations. Dans la plupart des villages producteurs, ce sont des maisons en dur au toit hérissé d'antennes et de paraboles que l'étranger remarque d'abord, des écoles et dispensaires, des enfants bien nourris allant à l'école, au lieu des habituels toits de chaume sur des bâtisses en banco à proximité desquels rôdent des enfants squelettiques, parce que pauvres et mal nourris.

Le coton est créateur de richesse et les producteurs de coton sont considérés comme des paysans riches. De plus, le coton permet une diversification des sources de revenus à travers des ventes de plus en plus importantes de céréales notamment. Les modes d'utilisation des revenus du coton mettent en évidence la contribution de la filière à l'amélioration des conditions de vie des producteurs.

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C'est ainsi que 31% sont affectés aux dépenses agricoles, 41% à la construction de maison et à l'acquisition de biens (moteurs, vélo, radio, meubles), 15% aux dépenses sociales (mariages, funérailles, etc.), 9% à l'alimentation et aux soins (médicaments, nourriture etc.), et 4% à d'autres dépenses.

Par ailleurs, le coton est un élément dans l'assolement4 des cultures qui permet, venant généralement en tête de rotation et accompagné d'un package phytotechnique (engrais, insecticides, herbicides, préparation du sol, ...), d'avoir un arrière effet positif sur le rendement des cultures vivrières qui suivent, en particulier les céréales. Enfin, la pratique de la culture du coton se traduit non seulement par un effet rendement positif sur les céréales mais également par un accroissement des superficies consacrées aux céréales et autres cultures vivrières.

Cependant, si la situation mondiale actuelle sur le coton perdure, tous ces effets positifs seront rayés. Selon un paysan burkinabé, le paradoxe vient du fait que ce sont les mêmes personnes représentant les mêmes institutions qui conseillent à nos gouvernements d'élaborer des programmes de réduction de la pauvreté qui sont les premières responsables de nos maux, car dans le même temps, des mesures sont prises pour nous appauvrir5.

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984