WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Impact des subventions agricoles sur les exportations de coton du Burkina Faso

( Télécharger le fichier original )
par Mama Talla FAYE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Diplôme d'études approfondies (DEA) 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Section 2) Les politiques de soutien à la filière coton aux Etats Unis et en Union Européenne

Les subventions au coton ont pour vocation de réduire les coûts de production des producteurs des pays aisés. De ce fait, chaque un des deux pays (USA, UE) a mis en place un système d'aide différent.

1) Les politiques de soutien aux Etats Unis

Les Etats Unis sont le premier exportateur mondial de coton, le deuxième pays producteur et le premier pays par le volume des aides qu'ils accordent à ses producteurs de coton. Dans notre travail on considère les aides définies par le Farm Security and Rural Investment Act (FSRI) de 2002 qui couvre la période 2002-2007. En effet le Congrès américain a adopté en 2008, une nouvelle loi, la Food, Conservation and Energy Act qui est censée couvrir la période 2008-2012. Cependant pour apprécier les effets d'une telle loi il faudrait bien sur disposer de données d'au moins deux campagnes. Le FSRI Act comprend sept principaux programmes d'aides à la production et à la consommation que l'Etat fédéral accorde aux cotonculteurs.

Les mesures de soutiens reposant sur la loi de 2002 sont exposées dans un premier temps. La loi de 2008 est en second et dernier lieu présentée en montrant les principales différences par rapport à celle de 2002.

1.1 Le FSRI Act de 2002

La loi de 2002 vient en soutien à la filière coton à travers les mécanismes suivants : les aides directes, les aides contracycliques, les programmes de prêts à la commercialisation10, les subventions à l'exportation et à la consommation (Step-2), le programme d'assurance récolte, le programme spécial de compétitivité pour le coton ELS, et le quota spécial d'importation.

10Marketing loans

20

1.1.1 Les aides directes (Direct payments)

Les aides directes remplacent les Contrats de Flexibilité de la Production (Production Flexibility Contracts) du FAIR Act de 1997.

Ces aides sont basées sur les surfaces et les rendements passés et non sur la production courante. Elles sont indépendantes aux prix donc découplées.

Le taux de l'aide directe est fixé à 0.0667 dollar par livre de coton upland.

Ainsi pour une surface éligible Srad et un rendement de référence Rrad, le montant d'aide direct (AD) perçu par un exploitant qui produisait du coton pendant la période de référence est donné par :

AD = 0.0667 * 0.8511 * Srad * Rrad

Pour la définition des surfaces de références, les producteurs avaient à choisir entre l'une des deux options suivantes :

· Retenir la moyenne des surfaces plantées en coton sur la période 1998-2001;

· Conserver la surface de référence du contrat de flexibilité de la production en l'augmentant des surfaces en oléagineux.

Pour les rendements de référence, ils restent identiques à ceux en vigueur dans les anciens contrats de flexibilité de la production.

Du fait de l'efficacité économique, le montant maximal d'aide directe qu'un producteur peut obtenir a été plafonné à 40 000 dollars par campagne.

Les aides directes sont donc indépendantes des surfaces et des rendements courants, et en conséquence, de la production courante.

En effet on constate une réactualisation des surfaces au passage à la loi de 2002 qui fait intervenir les superficies plantées dans la période 1998 - 2002.

Cependant cette réactualisation risque de pousser les producteurs qui anticipent le même scénario dans les lois à venir à augmenter leurs surfaces plantés en coton dans le but d'accroitre le volume de l'aide directe future.

1.1.2. Les aides contracycliques (Counter-Cyclical Payments)

Les aides contracycliques se substituent aux aides d'urgence (emergency market loss payments) de la loi de 1997.

11 Qui représente en fait le pourcentage de surfaces couvert par le dispositif

Tout comme les aides directes, les aides contracycliques sont aussi basées sur des surfaces et des rendements passés. Mais elles sont destinées à soutenir le prix au producteur en cas de baisse conjoncturelle des prix.

Elles sont de ce fait liées aux prix courants. Le mécanisme est déclenché si le prix d'objectif du coton est supérieur au prix effectif.

Le prix effectif est égal au taux d'aide directe (0.0667 $ /livre) augmenté du maximum entre la moyenne du prix du marché national (Average Market Price) et du loan rate (0.52$/livre). Pour le prix d'objectif, il est fixé pour toute la durée de la loi à 0.7240 $/livre de coton.

Le taux d'aide contracyclique (TACC) est égale à la différence entre le prix d'objectif et le prix effectif du coton, soit :

TACC = prix objectif - prix effectif = 0.7240 - [0.0667 + max (0.52, AMP)]

L'aide contracyclique (ACC) par exploitation est égale aux produits entre le taux d'aide contracyclique (TACC), les 85%12 de la surface de référence et le rendement de référence. Elle est plafonnée à 65 000 dollars par exploitation et par campagne.

ACC = TACC * 0.85 * Srcc* Rrcc

Les surfaces de référence sont les mémes que celles de l'aide directe.

Pour l'actualisation du rendement les producteurs ont à prendre une des options suivantes :

· Retenir 93,5% du rendement moyen de l'exploitation sur la période 1998-2001;

· Garder le rendement de référence des contrats de flexibilités de production augmenté de 70% de la différence entre le rendement moyen de 1998-2001 et le rendement de référence de l'aide directe.

Si aucune des deux options ci-dessus n'est choisie alors, le rendement de référence pour l'exploitant est fixé au niveau de celui qui prévalait dans le cadre des anciens contrats de flexibilité de production.

Au total les aides contracycliques sont différentes des aides directes car elles sont par définition, liées aux prix courants.

12 Comme pour le calcul de l'aide directe

22

Mais tout comme les aides directes, elles perdent une partie de leur neutralité « résiduelle » du fait des réactualisations des surfaces de référence.

1.1.3. Les programmes de prêts à la commercialisation :

Les prêts à la commercialisation comportent les Marketing Assistance Loans et les Loans deficiency payments. C'est un système qui permet aux producteurs de recevoir un prix garanti égal à 52 cts/livre de coton (taux du prêt).

En mettant leur récolte en gage, les producteurs peuvent disposer d'un financement de court terme qui leurs permettent de régler leurs dépenses. Les remboursements s'effectuent à un taux égal au minimum du loan rate augmenté des intéréts ou au prix mondial ajusté (Adjusted World Price) si ce dernier est inferieur au loan rate.

Le prix mondial donné par l'Indice A de cootlook est ajusté en incorporant la qualité du coton et de son provenance sur le territoire américain. Ce prix ajusté diffère ainsi selon L'Etat de production du coton considéré.

Si le remboursement des préts s'effectue à un taux égal au minimum du loan rate et du prix mondial ajusté, alors deux situations sont possibles au moment du remboursement :

· Les producteurs ne font pas de gain si un loan rate inferieur au prix mondial ajusté et remboursent ainsi au taux du loan rate;

· Ils remboursent le prix mondial ajusté si Le loan rate est supérieur au prix mondial ajusté, ce qui leurs donnent ainsi une subvention à la production donné par la différence entre le loan rate et le prix mondial ajusté.

Au total, l'aide unitaire à la commercialisation accordée à travers les préts à la commercialisation est donnée par :

MLG= LDP = max [0; 0,52 - AWP]

Tout comme les deux précédentes mesures, les prêts à la commercialisation sont plafonné à 75 000 dollars par campagne.

1.1.4. Le Step 2

Le Step 2 est une subvention à l'exportation et à la consommation de coton américain, autrement dit c'est une subvention à la production.

En effet, la subvention à l'exportation est couplée à une subvention à la consommation de tel sorte que les consommateurs locaux ne payent pas le prix à l'exportation augmenté de la subvention à l'exportation (cela conduit théoriquement les producteurs à être indifférents entre exporter et fournir le marché local).

L'entré en vigueur du Step-2, nécessite la coexistence des situations suivantes :

· Le prix du coton américain (CAF Europe du Nord) dépasse de plus de 1,25 cts/livre le prix du coton d'Europe du Nord pendant quatre semaines consécutives ;

· Le prix mondial ajusté (AWP13) est inférieur à 134 % du loan rate.

Le montant d'une unité d'aide au titre du Step-2 est donné par l'écart observé au cours de la quatrième semaine d'une période de quatre semaines entre le prix du coton américain CAF Europe du Nord et le prix Europe du Nord moins 1,25 cts/livre.

Le prix du coton américain Europe du Nord est la moyenne hebdomadaire des cours journalier du coton upland US-Middling (M) 1-3/32 pouce - le moins bien coté, livré CAF Europe du Nord.

Le prix du coton Europe du Nord est égale à la moyenne hebdomadaire des cours mondiaux des cinq cotons-Middling (M) 1-3/32 pouce - le moins bien coté, livré CAF Europe du Nord.

1.1.5. La subvention des primes d'assurance

La subvention des primes d'assurance (Federal Crop Insurance Program) permet aux producteurs de coton de bénéficier d'une prise en charge par le gouvernement d'une partie des primes payées. L'assurance vise à protéger les producteurs contre les risques de pertes suite aux aléas naturels. Le système est administré par l'Agence de gestion des risques (Risk Management Agency) du département de l'agriculture et peut couvrir plus de la moitié de la prime d'assurance.

Toutefois, d'après une étude de Sumner (2003), le taux moyen de subvention s'établie environ à 47 dollars par hectare ce qui équivaut à 19 dollars par acre de coton en 2002.

13 Le même que celui des marketing loans

24

1.1.6. Le programme spécial de compétitivité pour le coton ELS

Comme son nom l'indique, ce programme s'applique qu'au seul coton ELS (Extra Long Staple). Le ELS coton qui entre dans la fabrication de tissus de haute qualité, représente une part marginale de la production américaine (2,7% de la production et 2% des surfaces). A l'image du step-2, ce programme vise clairement à encourager l'utilisation- locale et internationale- du coton ELS américain en lui procurant une compétitivité « déguisée ».

1.1.7. Le quota spécial d'importation

Le dispositif appelé « Special Import Quota » à pour objectif d'accroitre de façon temporaire l'offre de coton sur le marché américain en ne soumettant pas les quantités importées de coton au tarif hors quota en vigueur dans le système de contingent tarifaire qui régit le secteur.

C'est le secrétaire de l'agriculture qui déclenche le mécanisme si durant quatre semaines consécutives la moyenne hebdomadaire du coton américain type Middling (M) 13/32" délivrable sur le marché international dépasse le prix mondial. La quantité autorisée correspond à une semaine de consommation par les industriels, consommation évaluée sur la base de la moyenne des trois mois précédents le déclenchement de la mesure. Le volume d'importation de coton pouvant entrer sous ce régime préférentiel reste toutefois limité à 10 semaines de consommation par campagne.

Un second mécanisme, similaire et spécifique au coton upland est également prévu dans la loi. Ce second quota est autorisé lorsque le prix moyen mensuel du coton upland dépasse de 130% la moyenne des prix des six mois précédents. Dans ce cas, un quota équivalent à 21 jours de consommation est autorisé, sur la base des trois mois précédents. Toutefois, si un quota spécial est déjà en vigueur, le dispositif spécifique au coton upland ne saurait être déclenché.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984