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La maà®trise de la qualité en restauration

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par Diene FAYE
Ecole nationale de formation hôtelière et touristique Cheikh Amaly Sy de Dakar - Brevet de technicien supérieur 2006
  

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2 COMPOSANTE NUTRITIONNELLE

« De tes aliments tu feras une médecine » HIPPOCRATE

L'acte alimentaire a pour vocation première de calmer la sensation désagréable de faim ou de soif : Il est instinctif et vital pour la survie de l'individu et la pérennité de l'espèce. L'histoire de l'humanité est une succession de périodes d'abondance et de disette, voire de famines. L'approvisionnement en nourriture étant une préoccupation constante, l'angoisse de manquer a profondément marqué l'inconscient collectif des générations successives au point d'engendrer encore de nos jours des réactions paradoxales de panique à la simple annonce d'un risque de pénurie passagère sur un produit de base, tel le sucre par exemple.... Mais au delà de ces comportements caricaturaux, aujourd'hui encore, pour une partie de la planète, manger demeure une angoisse quotidienne ; peu importe la teneur de la nourriture dès lors qu'il s'agit de survie. Lorsque celle-ci est assurée, ce qui est en principe la règle dans les pays dits développés (à l'exception d'épisodes conjoncturels dramatiques ou de la recrudescence constatée des cas de grande précarité), la question de la salubrité de l'alimentation peut alors se poser ; en Occident, l'obsession du sain a ainsi progressivement remplacé l'angoisse du manque. Mais pour qui meurt de faim, le sain est dérisoire... Dans nos contrées, au fil des ans, l'amélioration spectaculaire de l'hygiène des aliments a permis de déplacer progressivement cette inquiétude vers un autre domaine, moins vital quoique tout aussi fondamental vis à vis de la santé à long terme : la nutrition. L'économie de survie ayant caractérisé l'immédiat après guerre a été remplacé par une économie de surabondance permettant au consommateur d'afficher des exigences en termes de diététique, de santé, de bien-être et d'environnement.

La perception d'un lien direct entre l'alimentation et la santé est un fait acquis pour une grande majorité de nos concitoyens, qui considèrent la santé comme l'attente de base à l'égard de l'alimentation ; il s'agit cependant plus d'une exigence de non maladie, d'innocuité des produits, que d'une attente positive porteuse de bénéfices réels : bien être et forme sont toutefois des valeurs auxquelles restent attachés bon nombre de consommateurs, notamment les populations âgées. Par définition, l'alimentation doit essentiellement répondre aux besoins réels de l'organisme : c'est « l'aptitude à bien nourrir ». Sans que les règles en soient absolues et définitives, la nutrition a toutefois suffisamment progressé sur le plan théorique en l'espace de quelques dizaines d'années pour que l'on puisse aujourd'hui avancer un certain nombre de concepts susceptibles de permettre une couverture satisfaisante de ces besoins, variables en fonction de l'âge, du sexe, de l'individu ou encore de l'activité. L'univers médical classique (médecins et diététiciens), émetteur traditionnel des messages santé-nutrition, garde encore la suprématie du discours sur la santé en termes de nutrition, mais 50 p. cent de la population ne fait confiance qu'à elle-même ou à une seule personne en matière de conseils alimentaires liés à la santé, les media et les relations occupant une place importante. Globalement, face au discours nutritionnel, il s'agit d'une vigilance diffuse, d'un intérêt latent, d'une posture de réceptivité

qui est révélatrice de la non focalisation des Français sur cette problématique. La composante nutritionnelle de la qualité comprend deux aspects distincts :

- Un aspect quantitatif, correspondant à la quantité énergétique globalement nécessaire à l'organisme, quantifiable et normalisable dans la limite des spécificités propres à chaque individu ;

- Un aspect qualitatif concernant la variété et le fractionnement des apports nutritionnels par rapport aux besoins journaliers. Cette notion d'équilibre est fondamentale et largement intégrée par les consommateurs, qui tendent toutefois à la privilégier plus à travers des ajustements ponctuels, des régulations d'ordre biologique et intuitif, que par une modification radicale des moeurs décidée de façon rationnelle. L'attrait systématique pour les nouveaux produits diététiques est relativement faible (22 p. cent).

Dans le domaine de la restauration, la recherche de l'équilibre nutritionnel est souvent maladroite et mal comprise par le consommateur dont la préoccupation diététique est très forte mais peu rigoureuse car modelée, si ce n'est manipulé, par des impératifs commerciaux générateurs de mythes. Mais que le moteur en soit la santé ou l'image, les caractéristiques nutritionnelles sont devenues des facteurs majeurs de choix et influencent l'offre en restauration collective. Cet aspect ne peut que se renforcer dans l'avenir : compte tenu des comportements alimentaires constatés dans la population, la RHF devient peu à peu le seul garant de l'équilibre nutritionnel de la journée. Paradoxalement, ceci peut permettre au consommateur de succomber par ailleurs aux sollicitations constantes de l'univers d'abondance alimentaire qui l'entoure. Combien de parents se disculpent ainsi de ne pas surveiller sérieusement l'alimentation de leurs enfants à la maison, sous prétexte « qu'au moins, à la cantine, il mange équilibré ! « 

Aujourd'hui cette affirmation reste encore hasardeuse dans beaucoup de communes et les règles classiques (équilibre de l'aliment, du plat, du repas, de la journée, de la semaine) sont loin d'être universellement respectées : faute d'une démarche diététique rigoureuse, les mêmes erreurs qui caractérisent le comportement alimentaire des Français en général, peuvent se retrouver en restauration collective. Dans ce domaine comme dans d'autres, l'incompétence ignorée est redoutable et la seule bonne volonté ne peut y remédier.

S'agissant d'équilibre, la qualité nutritionnelle d'une prestation alimentaire ne peut s'apprécier que dans sa globalité et dépend donc en grande partie du comportement du consommateur : il n'existe pas de qualité nutritionnelle sans information et éducation du convive. L'un des objectifs est de supprimer, chez les adultes, le sentiment de mauvaise conscience alimentaire, de transgression d'impuissance et d'anxiété, généré par la sensation d'enfreindre les règles de la morale alimentaire, afin de réconcilier plaisir et nutrition. L'étude menée en 1993 sous l'égide de l'Observatoire de l'Harmonie Alimentaire a clairement montré que les mangeurs ont aujourd'hui l'impression de vivre dans une « cacophonie diététique », confusion de prescriptions et de mises en garde souvent contradictoires. Pour une forte majorité des consommateurs, les changements fréquents du discours alimentaire renvoient à des phénomènes de mode éloignés des préoccupations de santé : discours décalé, inadapté dans ses recommandations par rapport au mode de vie et à ses contraintes, donc d'une efficacité douteuse et d'un impact relativement faible en terme de comportements. L'opposition dichotomique traditionnellement entretenue entre gastronomie et diététique, entre goût et besoins, complique les choix d'une politique alimentaire individuelle vécue comme une problématique. Implicitement ou non, chacun cherche à résoudre l'antagonisme supposé entre le bon et le sain.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway