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La maà®trise de la qualité en restauration

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par Diene FAYE
Ecole nationale de formation hôtelière et touristique Cheikh Amaly Sy de Dakar - Brevet de technicien supérieur 2006
  

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5 COMPOSANTE RELATIONNELLE

« Petite chère et grand accueil peuvent faire un joyeux festin » Shakespeare

Manger répond à un double besoin : se maintenir en vie, en bonne santé, mais aussi prendre un plaisir et le partager dans la convivialité. L'alimentation relève du don, de l'échange, le partage de la nourriture étant depuis les origines de l'humanité un des éléments centraux de l'organisation sociale. Quelle que soit la prestation alimentaire, la convivialité reste une dimension particulièrement importante : le repas est communion ; communion avec Dieu, communion entre les convives, mais aussi, à travers la nourriture, communion avec ceux qui l'ont préparée. Moment de partage, référence à la cène, cadre dans lequel la famille célèbre son entente et prend les décisions capitales, le repas ne peut se concevoir seul. Le rôle social du restaurant est particulièrement important en collectivité. Or la restauration collective souffre du handicap de la dépendance entre l'institution et les bénéficiaires d'une prestation « octroyée », consommateurs obligés encore appelés « rationnaires » selon l'expression consacrée héritée du vocabulaire militaire. A l'école comme en entreprise, le restaurant ou la cantine vont traduire et exacerber les tensions préexistantes : les griefs à l'encontre de l'institution vont se cristalliser autour de la nourriture, à la faveur de déficits vécus, de stress, de critiques justifiées ou non qu'il sera facile d'exprimer, plutôt que de verbaliser les véritables problèmes. La qualité relationnelle concerne en premier lieu l'accueil et ce qu'il est convenu de nommer « le service », élément central de la « qualité perçue » et de la « qualité vécue » de la prestation alimentaire. Le convive d'un restaurant, qu'il soit commercial ou collectif, remet sa confiance entre les mains du prestataire et attend en retour une prise en charge matérielle mais également psychologique ; la réponse à cette attente est un élément fondamental du jugement qualitatif de la prestation : le client entend être considéré, écouté, servi sans flatterie ostentatoire ; en retour et dans certaines limites, il se montre alors capable de passer outre quelques imperfections techniques, tant est prédominante la composante psychologique et relationnelle de son appréciation. Le service exemplaire est un service personnalisé, adapté, où les dimensions humaines et techniques sont équilibrées : il s'agit d'un problème d'organisation et de personnel. Dans les civilisations occidentales, la connotation du service est volontiers péjorative, faisant référence en cela à l'origine latine du mot (servitium, esclavage). Les tâches de service ne sont pas considérées comme valorisantes et restent très souvent l'apanage d'une main d'oeuvre sous qualifiée dont la formation professionnelle est négligée.

La problématique de la qualité des services diffère sensiblement de celle de la qualité des produits : à la différence des produits tangibles, fabrication et consommation du service sont en général simultanées, ce qui exclut tout mécanisme de filtrage en termes de contrôle. La qualité de service n'est qu'une qualité « de résultat » : l'évaluation a posteriori constitue le seul contrôle. La qualité de service est globale et relative, donc particulièrement délicate à analyser finement et de façon totalement objective ; elle devra, autant que faire se peut, se mesurer par des indicateurs quantitatifs permettant de recueillir des éléments significatifs et reproductibles afin de comparer le résultat obtenu au niveau de qualité défini au préalable : enquêtes systématiques, check-lists et tests sont des méthodes largement utilisées dans ce but.

La qualité relationnelle s'exerce également à travers l'encadrement du temps du repas : la restauration hors foyer est un endroit privilégié pour développer concrètement un « message nutritionnel ». Elle occupe une place déterminante dans l'approche pédagogique de l'équilibre alimentaire, facteur de prévention des maladies dites d'abondance, par les possibilités multiples de mise en pratique des recommandations nutritionnelles qu'elle offre. Bien que les comportements alimentaires ne correspondent pas toujours aux niveaux des connaissances des convives concernant les relations entre leur santé et leur alimentation, l'information nutritionnelle doit cependant être encouragée et développée systématiquement dans les lieux où ces comportements se manifestent concrètement. Cette information est particulièrement pertinente à l'école, d'autant plus qu'en matière d'alimentation, les enfants développent très tôt une personnalité propre sur laquelle il est ensuite difficile d'influer. Les recherches actuelles tendraient à prouver qu'il existe une communauté de goûts entre enfants du même âge, un véritable « goût enfantin spécifique », plus petit dénominateur commun entre les groupes sociaux et culturels d'une population. Ces préférences ne sont pas fixées et évoluent ensuite vers une plus grande différenciation sociale au seuil de l'âge adulte. En restauration scolaire, le temps du repas doit être le relais du temps éducatif en complétant les bases théoriques de l'éducation nutritionnelle, et un modèle en jouant autant que faire se peut sur la loi du groupe (« j'en mange parce que les autres en mangent ») la suggestion, la curiosité, les facteurs ludiques et le plaisir. Cet aspect pédagogique prend toute son importance si l'on considère que l'acquisition de la culture alimentaire s'effectue aujourd'hui sur le mode horizontal, le classique schéma « mère-fille» n'étant plus aussi pertinent que par le passé.

Au-delà de l'aspect éducatif, l'animation du temps du repas a également un véritable rôle de réconfort familial. A l'école maternelle, les enfants sont encore en période de familiarisation selon la trilogie de FISCHLER, et restent susceptibles de se familiariser avec un grand nombre de saveurs appartenant à des registres inconnus, de faire l'expérience d'un nouveau répertoire ; dans ces conditions la différence entre consommation et refus dépend beaucoup plus de l'encadrement rassurant et l'aide de l'animateur (couper la viande par exemple) que du contenu de l'assiette. Du reste, il est courant d'entendre qu' « à la maternelle, les enfants ne sont pas difficiles et mangent de tout... mais après ! «  Après intervient la période dite néo-phobique pendant laquelle les jeunes structurent leurs propres choix alimentaires et affirment leur autonomie en exprimant des rejets qui peuvent apparaître comme autant de caprices ou de lubies par des adultes désemparés devant ces revirements soudains. Il s'agit en fait de refuser ce qui ne fait pas directement partie du répertoire familier élaboré durant la période précédente. La troisième période correspond ensuite à la transmission sociale des goûts : elle se manifeste surtout à travers l'observation des pairs. Grâce à la sociabilité enfantine puis juvénile, à travers des conduites d'imitation et de distinction, la néophobie est progressivement contournée. Mais la «qualité éducative» de la prestation alimentaire est encore trop souvent négligée : à travers l'éveil au goût et à la nutrition, les enfants comprennent mieux leur corps, recherchent l'origine géographique des produits et trouvent les mots pour exprimer ce qu'ils ressentent, enrichissant de ce fait leur vocabulaire. Sachant qu'en France, un enfant sur deux environ déjeune à l'école (jusqu'à plus de 90 p. cent dans certains secteurs, notamment parisiens), l'environnement familial sera à terme fortement imprégné des comportements alimentaires engendrés en milieu scolaire, ce qui constitue une voie d'approche intéressante qui a été largement utilisée dans des opérations de type humanitaire à vocation pédagogique à travers l'éducation sanitaire des enfants, moteurs du changement de comportement des adultes dans les villages. Les objectifs d'éducation nutritionnelle, au-delà de leur importance immédiate pour le bien-être de l'enfant, auront à moyen terme des conséquences notables sur les dépenses de santé du pays

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand