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Etude de la dynamique des populations d?anopheles et de la transmission du paludisme dans le district sanitaire de nioro (Kaolack, Sénégal) après la campagne d'aspersion intra-domiciliaire d'insecticide de 2015

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par Assane Yade Ndiaye
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Master 2016
  

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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES Département de Biologie Animale

Année 2016 Numéro 295

Etude de la dynamique des populations d'Anopheles et de la transmission du paludisme dans le district sanitaire de Nioro (Kaolack, Sénégal) après la campagne d'aspersion intra-domiciliaire d'insecticide de 2015

Mémoire de Diplôme de Master II en Biologie Animale
Spécialité : ENTOMOLOGIE
Présenté et soutenu le 04 Juin 2016
Par
Mr Assane Yade Ndiaye
Né le 05 Juillet 1989 à Pikine

Membres du Jury :

Président : Pr Ousmane FAYE LEVP/FST/UCAD
Membres : Dr Mamadou Demba Sy LEVP/FST/UCAD

Dr Libasse Gadiaga PNLP/MSAS

Dr Abdoulaye Diop Abt Associates

Superviseur : Dr Lassana Konaté LEVP/FST/UCAD

I

AVANT-PROPOS

Au nom d'ALLAH, le Clément, le Miséricordieux

Paix et salut sur le maître des messagers, le bien aimé du concepteur de la créature toute entière, ainsi que sur sa famille, ses compagnons et ceux qui les ont suivis dans la perfection jusqu'au jour des comptes.

Ce travail a été réalisé au Laboratoire d'Ecologie Vectorielle et Parasitaire (LEVP) de l'UCAD, en collaboration avec l'Unité de Recherche sur les Maladies Infectieuses et Tropicales Emergentes (URMITE) de l'IRD de Dakar.

Qu'il me soit permis de remercier :

Le Professeur Ousmane Faye, pour m'avoir accueilli dans son laboratoire et proposer ce sujet très intéressant, répondant à un besoin d'informer et de guider le choix des mesures de lutte. Vous n'avez ménagé aucun effort quant à la réussite de nos activités. Vous nous avez mis dans d'excellentes conditions de travail. Votre humilité, simplicité et vos qualités

scientifiques font de vous un modèle à suivre. Recevez ici, l'expression de ma profonde gratitude.

Le Docteur Lassana Konaté, malgré votre emploi du temps chargé, vous nous avez fait profiter de votre expérience en nous orientant en vue d'améliorer le document. Soyez assuré de notre profonde reconnaissance.

Le Docteur El hadji Amadou Niang, malgré vos occupations, vous avez accepté d'encadrer ce travail. Vous vous êtes approprié le document et avez participé à sa conception et à sa finalisation. Vos nombreuses interventions et vos conseils ont été d'un grand apport. Votre simplicité et vos qualités scientifiques nous ont séduites. Je ne saurai vous remercier assez. Puisse ALLAH vous guider et fasse que vous réalisez tous vos projets.

Les membres du jury, pour avoir accepté de juger de ce travail.

A toute l'équipe du LEVP : père Alioune Gueye, père Moussa Diagne, Ndèye Diango Faye, Seynabou M. Diedhiou, Elhadji Diouf, Mbaye Diouf, Manthia Diallo, Malick Ndao Faye, Pape Thiam, Babacar Ndiouck, Cheikh Lo. Mention spéciale à Youssou Coulibaly, père Oumar Niang, Dr Massyla W. Senghor « mon Boss préféré », pour avoir initié mes premiers

II

pas sur les techniques d'échantillonnage sur le terrain ; Abdoulaye KONATE, un frère sur qui on peut toujours compter, de m'avoir initié aux techniques des tests de sensibilité ; Omar Thiaw « mon ami » et Abdoulaye Kane Dia, pour avoir contribuer aux corrections et à l'amélioration du manuscrit ; El hadji Diouf qui, malgré ses travaux de thèse et ses occupations, nous a initié aux techniques de biologie moléculaire et a contribué grandement aux corrections du document, je ne peux que prier pour vous.

A mes collègues, Oumou Kalsom Guèye, Amblat Ali Ahmed et Papa Makhary Fall, pour l'entente, la bonne humeur et l'ambiance décontractée qui a régné entre nous tout au long de ce stage.

DéDICACES

Je dédie ce travail : A mes parents :

Mon père Moussa Ndiaye, vous constituez un modèle pour nous (mes frères, soeurs et moi). Trouver ici le résultat de longues années de sacrifices et de privations pour m'aider à avancer dans la vie. Merci pour les valeurs nobles, l'éducation et le soutien permanent. Puisse Dieu vous prêter longue vie et une santé de fer pour que vous continuez à nous accompagner.

Ma mère Oumou Khaïry Diop, ma confidente, mon amie, mon essentielle. Vous avez beaucoup oeuvré pour notre réussite de par votre amour, votre soutien, vos sacrifices consentis, vos précieux conseils et toute l'assistance que vous nous portez. Recevez à travers ce travail aussi modeste soit-il, l'expression de mes sentiments et de mon éternelle gratitude.

A mes frères : Youssou « mon jumeau cactus », Babacar, Abdou et Khadim et soeurs : Thiané et Fatou, qui n'ont cessé d'être pour moi des exemples de persévérance, de courage et de générosité.

A Mawlana Cheikh al islam El hadji Ibrahim Niasse « Baye » qui a consacré toute son existence à la crainte d'ALLAH et à la vivification de la Sunna du Prophète (PSL) ainsi que la Tariqa Tidiane. Que l'agrément d'ALLAH soit sur vous, le prédicateur vers lui par son ordre.

A mon oncle et ami Moussa Diop ainsi que toute la famille Diop à St-louis, la famille Ndiaye à Khombole, pour l'affection, les prières et le soutien constant qu'ils me vouent.

III

A mon homonyme Assane Yade, ses amis père Alpha Ba, père Ndiaga Dramé ainsi qu'à toute la famille Yade de Thiaroye, pour leur soutien et leur assistance.

A la famille Marone de Dieupeul, trouver ici l'expression de mon respect et de ma reconnaissance pour le soutien que vous n'avez jamais cessé de me porter.

A ma moitié Ndeye Fatou Diallo, merci pour tout ce que tu fais pour moi et l'importance que tu accordes à ma modeste personne. Trouve dans ce travail, l'expression de ma profonde gratitude.

A Ndoumbé Mbaye, je ne saurai trouver les mots justes pour dire à quel point tu es indispensable pour moi. Tes conseils, ton soutien inlassable et ton assistance sont une source de motivation et me pousse sans cesse à donner le meilleur de moi-même. Ce travail est également le vôtre.

A mes amis : Mame Birame Fall, Ibrahima Ndao, Jean Sédar diaga Marone, Ousmane Kouta, Nicolas Mbaye, Cheikh Tidiane Dramé, Bidji Ndiaye, Moussa Ndao, Omar Diouf

A la sixième promotion du master en Biologie animale particulièrement à la famille Entomologie.

A tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé à ce modeste travail, soyez assuré de ma profonde affection.

III

LISTE DES ABRévIATIONS

ADN: Acide désoxyribonucléique

An : Anopheles

CTAB: Cétyltriméthylammonium bromure

DDT : Dichlorodiphényltrichloroéthane

ELISA: Enzyme linked-immunosorbent Assay

GPS: Global Positioning System

IgG: Immuno-globuline G

IRD: Institut de Recherche pour le Développement

MILDA : Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide à Longue durée d'Action

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

PCR: Polymerase Chain Reaction

PHN: Piqûre/homme/nuit

PID/AID: Pulvérisation/Aspersion Intra-Domiciliaire

PNLP : Programme Nationale de Lutte contre le Paludisme

RBM: Roll Back Malaria

TBE: Tris-Borate-EDTA

UCAD: Université Cheikh Anta Diop de Dakar

UV: Ultra-violets

WHO: World Health Organization

iv

Liste des tableaux

Tableau 1 : Abondance des espèces anophèliennes selon la méthode de collecte dans les

différentes zones 21
Tableau 2 : Agressivité des populations d'An. funestus et d'An. gambiae s.l. à l'intérieur et à

l'extérieur dans les zones traitées et témoins 22

Tableau 3 : Variations de la densité au repos selon le statut de la zone 23

Tableau 4 : Taux de parturité selon les zones 26

Tableau 5 : Sensibilité d'An. gambiae s.l. aux Carbamates et aux Organophosphorés dans le

district de Nioro 27

Liste des figures

Figure 1: Cycle biologique d'une femelle d'Anopheles (Source : Hervy et al, 1998) 3

Figure 2: Morphologie d'une femelle d'An. gambiae s.l. x400 (Source : Amougou zibi, 2010) 5 Figure 3 : Les principales interventions de lutte anti-vectorielle : MILDA (a) et AID (b)

(Sources: a- who.int; b- Sy, 2015) 9

Figure 4 : Carte du département de Nioro du Rip avec les différents sites d'études 10

Figure 5 : Etapes de réalisation d'une faune matinale résiduelle et traitement des échantillons

12

Figure 6 : Prospection des gîtes larvaires et collecte des larves 13

Figure 7 : Cages d'émergence des adultes 14

Figure 8 : Kit OMS 15

Figure 9 : Recherche de femelles infectantes 16

Figure 10 : Détermination de l'origine des repas de sang 17

Figure 11 : Interprétation des bandes pour l'identification du complexe Gambiae 18

Figure 12 : Taux d'endophagie (en %) en fonction du statut des villages 23

Figure 13 : Spectres d'hôtes des populations d'An. gambiae s.l. et d'An. funestus en fonction

du statut de traitement des zones d'étude 25

v

Table des matières

Introduction générale 1

Chapitre I : Synthèse bibliographique 3

I.1 : Généralités sur les moustiques vecteurs du paludisme 3

I.2 : Ecologie des vecteurs 5

I.3 : Distribution des vecteurs au Sénégal 6

I.4 : Mesures de lutte contre les vecteurs 7

Chapitre II : Matériel et méthodes 9

II.1 : Présentation du site d'étude 9

II.2 : Méthodes d'échantillonnage de la population anophélienne 11

II.3 : Etude de la sensibilité des populations d'An. gambiae s.l. aux insecticides 13

II.4 : Traitement des moustiques au laboratoire 16

II.5 : Analyses des données 18

Chapitre III : Résultats et discussions 20

III.1 : Résultats globaux 20

III.2 : Variations des densités anophèliennes 22

III.2.1 : Variations de la densité agressive et du taux d'endophagie 22

III.2.2 : Variations de la densité au repos 23

III.3 : Préférences trophiques 23

III.4 : Taux de parturité 26

III.5 : Indice Circumsporozoïtique : ICS 26

III.6 : Sensibilité des populations d'An. gambiae s.l. aux insecticides 26

III.7 : Discussion 28

Conclusions et perspectives 29

Références bibliographiques 30

ANNEXES b

Introduction générale

Le paludisme humain est une maladie infectieuse à transmission vectorielle faisant intervenir trois protagonistes : (i) l'hôte humain qui est infecté par (ii) un protozoaire parasite du genre Plasmodium transmis par (iii) un moustique vecteur du genre Anopheles (Moiroux, 2012). Malgré plus d'un siècle d'étude, il demeure l'une des maladies parasitaires les plus répandues à travers le monde. L'aire de distribution actuelle du paludisme est superposable à celle des pays pauvres. Toutefois, il faut souligner que ce n'est pas une maladie des pays pauvres mais plutôt un facteur de pauvreté des pays qui en souffrent à grande échelle. Les enfants âgés de 0 à 5 ans et les femmes enceintes constituent les couches les plus vulnérables. En 2010, environ 219 millions de cas de paludisme ont été répertoriés dans 99 pays et territoires à travers le monde. Au cours de la même année, on estimait à 660 000 le nombre de décès dus au paludisme dont 91% survenus dans la région africaine de l'OMS, et parmi lesquels 86% étaient des enfants de moins de 5 ans (WHO, 2013).

Selon les dernières estimations de l'OMS, en 2015, 214 millions de cas de paludisme ont causé 438 000 décès, soit une diminution de la mortalité de 37% à l'échelle mondiale par rapport à 2000 et de 66% dans la région africaine de l'OMS. Cette diminution est en partie liée à une augmentation des interventions de lutte anti-vectorielle. Cette dernière est basée essentiellement sur l'utilisation des moustiquaires et autres matériaux imprégnés d'insecticides et la pulvérisation/aspersion intra-domiciliaire à effet rémanent (PID/AID) (WHO, 2006). En effet, sur recommandations de l'OMS, 290 millions de moustiquaires imprégnées ont été délivrées en Afrique sub-saharienne entre 2008 et 2010, permettant de protéger 580 millions de personnes du paludisme. Et 80 millions de personnes affirment vivre sous un toit aspergé d'insecticides (IRD, 2012). Les avancées significatives notées, au cours des 15 dernières années, ont été couronnées par l'atteinte de la cible 6c des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui était de réduire de 75% l'incidence du paludisme en 2015.

Dans ce contexte, l'OMS a élaboré un nouveau Plan Stratégique Mondiale de Lutte contre le Paludisme 2016-2030, dont l'objectif est de réduire la charge palustre à l'échelle mondiale d'au moins 90% d'ici à 2030 (WHO, 2015).

1

Au Sénégal, à l'instar d'autres pays d'Afrique, une baisse notable de l'incidence du paludisme, passant de 27 cas pour 1000 habitants en 2013 à 18,9 cas pour 1000 habitants en 2014, a été observée. Ce qui s'est traduit par une diminution de la mortalité de 7,48 % à 3,59 % entre 2013 et 2014. Cette avancée majeur dans le pays a été obtenue grâce notamment

à la mise en oeuvre d'une série d'interventions à efficacité prouvée et recommandées par l'OMS tels que la prise en charge des cas, la chimio-prévention du paludisme saisonnier, le traitement préventif intermittent, la couverture universelle en MILDA et les aspersions intra-domiciliaires, et une meilleure compréhension de la maladie par les populations (PNLP, 2014). Elle réaffirme l'ambition du Sénégal à aller vers la pré-élimination et la réduction de la mortalité palustre à un niveau proche de zéro. Mais, pour ce faire, la lutte antipaludique en générale et celle anti-vectorielle en particulier, doit être plus ciblée en tenant compte des particularités éco-épidémiologiques de chaque zone. Cela suppose une meilleure caractérisation des populations vectorielles pour la mise en place de programmes de lutte intégrée adéquats et permettre la prise de décisions éclairées basées sur les données bioécologiques des vecteurs, incluant la dynamique de leur population ainsi que leur sensibilité aux insecticides d'usage en santé publique.

C'est dans ce cadre que ce travail a été réalisé afin d'étudier la dynamique des populations d'Anopheles et la transmission du paludisme dans le district de Nioro (Kaolack, Sénégal) après la campagne d'AID de 2015.

Il a pour objectifs spécifiques :

? D'estimer l'abondance des populations de vecteurs ainsi que leur agressivité

? De déterminer le comportement de repos des espèces vectrices

? D'évaluer l'anthropophilie et l'infection à Plasmodium falciparum des vecteurs

? De déterminer le statut de sensibilité des vecteurs vis-à-vis de deux familles

d'insecticides à savoir les Carbamates et les Organophosphorés

2

Chapitre I : Synthèse bibliographique

I.1 : Généralités sur les moustiques vecteurs du paludisme

Les vecteurs du paludisme humain sont des anophèles appartenant à la sous famille des Anophelinae (Diptera, Culicidae), tous regroupés dans le genre Anopheles. Ce genre est l'un des plus importants en santé publique et regroupe environ 484 espèces (Harbach, 2004), dont seulement une soixantaine assure, avec plus ou moins d'efficacité, la transmission des plasmodies humaines (Carnevale & Robert, 2009). Les autres ne participent pas à la transmission soit parce qu'ils piquent de préférence l'animal, soit parce qu'ils sont réfractaires à toutes ou une des souches de Plasmodium. Il a été rapporté des différences dans la capacité des différentes espèces vectrices ou plasmodiales à transmettre ou à être transmises suivant leur origine géographique. Selon leur capacité vectorielle et leur aire géographique, on distingue des vecteurs majeurs ayant une grande répartition géographique, des vecteurs secondaires et des vecteurs d'importance locale dont le rôle reste à préciser (Mouchet et al., 2004).

En Afrique sub-saharienne, les vecteurs majeurs du paludisme sont Anopheles gambiae s.l et Anopheles funestus. Le premier est un complexe de huit espèces jumelles : An. arabiensis, An. gambiae, An. coluzzii, An. quadriannulatus, An. amharicus, An. bwambae, An. melas et An. merus. Parmi les espèces, An. coluzzii (ancienne forme moléculaire M), An. gambiae (ancienne forme moléculaire S), An. arabiensis et An. funestus sont les vecteurs les plus répandus (Coetzee et al., 2013), les plus efficaces et les plus anthropophiles (Faye, 1994).

I.1.1 : Biologie des vecteurs

Le cycle biologique des anophèles comprend deux phases : l'une aquatique et l'autre aérienne (Figure 1).

Figure 1: Cycle biologique d'une femelle d'Anopheles

(Source : Hervy et al, 1998)

3

I.1.1.1 : Les stades pré-imaginaux

Les femelles d'anophèles pondent séparément, à la surface de l'eau, 40 à 100 oeufs non-résistants à la dessiccation, d'environ 0,5 mm de long munis de flotteurs latéraux qui éclosent 24 à 48 heures selon la température (Kouadio, 2012). Toutefois, une exception a été notée chez An. anthropophagus en Chine centrale chez qui il a été observée une diapause des oeufs qui, pondus en automne, n'éclosent qu'au printemps.

A l'éclosion, chaque oeuf donne une larve apode de stade 1, qui après 3 mues successives devient une larve de stade 4. Les larves d'anophèles au repos se distinguent facilement de celles des autres genres par leur position parallèle à la surface de l'eau. Elles ne possèdent pas de siphon respiratoire contrairement au culicinae et se nourrissent de micro-organismes de surface qu'elles attirent grâce aux vibrations de leurs brosses buccales. La durée de vie larvaire dépend de l'espèce, de la disponibilité du gîte en nourriture et de la température (Kouadio, 2012). Elle dure en moyenne 7 à 10 jours pour An. gambiae s.l. dans les conditions optimales de température, s'allonge quand la température diminue et se raccourcit quand elle augmente (Robert et Carnevale, 1984).

La mue de la larve de stade 4 ou mue nymphale donne une nymphe en forme de virgule très mobile. La nymphe ne s'alimente pas, mais respire l'air atmosphérique grâce aux trompettes respiratoires situées sur le céphalothorax. Ce stade, d'environ 48 heures de durée, correspond à la phase pendant laquelle d'importants remaniements internes s'opèrent permettant sa transformation en adulte ailé.

I.1.1.2 : Le stade adulte

A l'émergence, l'adulte reste immobile le temps que sa cuticule sèche, que ses ailes se déploient et que son appareil reproducteur soit fonctionnel. Les adultes mâles vivent en moyenne 7 à 10 jours, tandis que les femelles peuvent vivre jusqu'à 4 semaines dans les conditions naturelles (Moiroux, 2012). La femelle ne s'accouple qu'une seule fois dans sa vie, 10 à 24 heures après l'émergence à proximité des gîtes larvaires et stocke le sperme dans une spermathèque (Kouadio, 2012 ; Pagès et al, 2007).

Le mâle se nourrit exclusivement de jus sucrés, tandis que la femelle s'alimente non seulement de jus sucrés (procurant l'énergie nécessaire pour le vol), mais aussi de sang d'hôtes vertébrés nécessaire à la maturation des oeufs.

4

Après chaque repas sanguin, la femelle se réfugie dans un abri, appelé gîte de repos afin de digérer le repas pris et assurer concomitamment la maturation des oeufs. Une fois les oeufs matures, elle quitte le gîte de repos à la recherche d'une collection d'eau ou gîte larvaire pour pondre. Ensuite, elle recherche un nouvel hôte pour d'autres repas de sang : c'est le cycle gonotrophique qui rythme la vie de la femelle (Pagès et al, 2007).

Au repos, les anophèles adoptent généralement une position oblique par rapport au support, les différenciant facilement des autres Culicinae qui se positionnent parallèlement par rapport au support. Il existe une exception chez An. culicifacies qui adopte une position parallèle au support pouvant le faire confondre avec un Culex (Carnevale et Robert, 2009).

L'adulte (Figure 2) comporte trois parties bien distinctes : la tête, le thorax et l'abdomen.

Figure 2: Morphologie d'une femelle d'An. gambiae s.l. x400 (Source : Amougou zibi, 2010)

I.2 : Ecologie des vecteurs

La colonisation d'un biotope est essentiellement liée à l'écologie larvaire qui peut être plus ou moins stricte, inféodée à certains environnements, ubiquiste ou adapté à une large gamme de milieux (Robert & Carnevale, 2009). Les gîtes d'anophèles sont très diversifiés et comprennent des collections d'eau calme plus ou moins temporaires, peu profondes et ensoleillées (certaines espèces du complexe Gambiae), permanentes ou semi- permanentes avec une végétation flottante ou dressée (An. funestus, An. pharoensis), salées ou saumâtres (An. melas, An. merus), des eaux courantes (An. nili), mares résiduelles de décrue, collection d'eau des sous-bois etc. (Guèye, 2015).

5

L'évolution saisonnière de la végétation permet à certaines espèces de se succéder dans le temps. C'est ainsi que dans les rizières, par exemple, les espèces du complexe Gambiae, héliophiles, pullulent lors de la mise en eau et du repiquage et sont progressivement remplacées, avec la croissance du riz, par des espèces qui recherchent l'ombre et l'abri d'une végétation dressée telles qu'An. pharoensis en Afrique de l'Ouest et An. funestus à Madagascar par exemple (Mouchet et al, 2004).

I.3 : Distribution des vecteurs au Sénégal

Environ une vingtaine d'espèces anophèliennes a été décrite au Sénégal (Diagne et al, 1994). Parmi elles, les vecteurs du paludisme qui, en fonction de leur rôle dans la transmission, se répartissent comme suit :

? Vecteurs majeurs : An. gambiae, An. coluzzii, An. arabiensis et An. funestus ? Vecteurs secondaires : An. nili, An. melas et An. pharoensis

Généralement, An. coluzzii et An. gambiae prédominent dans la région du Sud humide alors qu'An. arabiensis prédomine dans le nord plus sec (Faye et al., 2011).

Dans la région septentrionale et dans celle des Niayes, An. funestus, abondant avant 1970, avait disparu du fait des années de sècheresse entraînant une réduction drastique du paludisme dans les zones concernées (Mouchet et al., 1996). Cependant, un retour d'An. funestus a été récemment rapporté dans le delta du fleuve Sénégal et serait favorisé par les aménagements hydro-agricoles pour l'agriculture irriguée le long du fleuve favorisant la création des conditions propices à sa réimplantation. Elle a été retrouvée en abondance dans des villages à proximité des périmètres aménagés près de Richard-Toll (Konaté et al., 2001) et dans toutes les zones biogéographiques du Sénégal notamment dans les localités à proximité de zones marécageuses ou de cours d'eau (Dia et al., 2003, 2008).

An. pharoensis est présent également dans toutes les zones biogéographiques mais est prédominant surtout dans les zones de riziculture de la vallée du fleuve Sénégal et de Casamance (Faye et al., 1995). La présence d'An. nili est signalée uniquement dans la zone du Sénégal oriental et de Casamance (Dia et al., 2003, 2005). An. melas, du fait de ses affinités avec les eaux saumâtres, est localisé principalement le long du littoral, le long des cours d'eau du Sine Saloum (Diop et al., 2002) et de la basse Casamance.

6

I.4 : Mesures de lutte contre les vecteurs

La lutte anti-vectorielle constitue une composante essentielle de la stratégie mondiale de lutte contre le paludisme de l'Organisation Mondiale de la Santé. Elle demeure le moyen le plus efficace pour prévenir la transmission du paludisme. Elle est basée sur des mesures visant à réduire le contact homme-vecteur et à réduire la densité et la longévité des moustiques au stade infectant. Si ces mesures sont mises en place correctement, la transmission du parasite est réduite, ainsi que le nombre de cas de paludisme (Williams et al, 2002).

Actuellement, la lutte contre les vecteurs repose essentiellement sur deux principales catégories d'interventions dirigées contre les larves et contre les adultes.

I.4.1 : Lutte contre les larves

La lutte anti-larvaire regroupe l'ensemble des mesures appliquées au niveau des gîtes et ayant pour but la destruction des stades pré-imaginaux. Elle fait appel à un certain nombre de méthodes physiques, chimiques et biologiques.

- Les méthodes physiques entrent dans le cadre de l'assainissement de l'environnement à grande échelle (travaux de drainage) ou à l'échelle domestique (hygiène péri-domestique).

- Les méthodes chimiques, les plus utilisées, consistent à traiter les gîtes larvaires avec des insecticides chimiques tels que le Téméphos (Abate®).

- La lutte biologique consiste en l'utilisation de prédateurs (poissons larvivores) ou de bactéries entomopathogènes. En santé publique, les seuls succès enregistrés par l'utilisation de poissons larvivores culiciphages concernent les zones de paludisme instable, où les gîtes larvaires sont souvent très limités et faciles d'accès (Alio et al., 1985 ; Louis et al., 1988). Concernant les bactéries entomopathogènes, Bacillus thuringiensis (Bti) avec ses quatre toxines est une alternative intéressante aux larvicides chimiques (Mittal, 2003).

I.4.2 : Lutte contre les adultes

Les principales méthodes de lutte contre les adultes qui restent efficaces et utilisées comme prévention primaire à grande échelle du paludisme sont les moustiquaires imprégnées d'insecticides à longue durée d'action (MILDA) et l'aspersion intra-domiciliaire d'insecticide à effet rémanent (AID). Ensemble, elles représentent près de 60% de l'investissement mondial dans la lutte contre le paludisme (RBM, 2013).

7

I.4.2.1 : Les moustiquaires imprégnées d'insecticides

Les moustiquaires (Figure 3) sont utilisées depuis longtemps pour se protéger des piqûres de moustiques (Snow et al., 1987). Leur efficacité s'est vue renforcée lorsqu'elles ont été imprégnées d'insecticides (Darriet et al., 1984), ajoutant à la barrière physique un effet répulsif et létal. En effet le contact direct avec la matière imprégnée entraîne une perturbation du système nerveux et conduit à une paralysie momentanée du moustique (Effet Knock-Down ou KD). En fonction de la durée de contact, de la quantité de matière active présente sur la moustiquaire et de la sensibilité du moustique, une exposition peut conduire à la mort de ce dernier (effet létal).

De nombreuses études menées dans des zones d'endémie palustre ont attribué une réduction significative du risque de la transmission à la réduction de la longévité des populations adultes de vecteurs suite à l'utilisation généralisée de moustiquaires imprégnées (Brunetaud, 2008). Un effet dissuasif significatif des MILDA a été démontré sur les anophèles (Dabire et al., 2006), mettant ainsi en évidence leur capacité de prévention.

I.4.2.2 : Les Aspersions Intra-Domiciliaires

L'Aspersion Intra Domiciliaire (AID) d'insecticide à effet rémanent encore appelée Pulvérisation Intra Domiciliaire (PID) a été la principale méthode de lutte dans la campagne de l'éradication du paludisme des années 50s et 60s. Elle a contribué à l'élimination du paludisme dans de nombreuses régions du monde et à sauver des milliers de vies humaines ( www.spps.sn). Elle reste encore utilisée en Afrique pour lutter contre les vecteurs endophiles et anthropophiles comme An. funestus et An. gambiae s.l. (Pagès et al, 2007).

Le principe de la méthode de lutte repose sur le comportement des vecteurs qui recherchent après chaque repas de sang, des endroits tranquilles et sombres pour le repos et la digestion ( www.spps.sn). L'AID consiste en l'aspersion sur les surfaces intérieures des murs et toits des habitations et autres structures traitables (magasins, latrines, étables, etc.,), des insecticides présentant des propriétés rémanentes et approuvés par l'OMS. Une fois appliqués, les insecticides, en séchant, laissent une fine couche de cristaux sur la surface traitée. Le vecteur, au repos sur celle-ci après un repas sanguin, s'expose alors à une dose létale de l'insecticide. Il en meurt, s'il est sensible à l'insecticide utilisé à cet effet. Certains des insecticides utilisés pour les AID peuvent également avoir un effet répulsif et réduire ainsi le nombre de vecteurs entrant dans les pièces traitées (Williams et al, 2002).

8

C'est une intervention très efficace dans la mesure où elle permet de réduire rapidement la densité et la longévité des vecteurs adultes et par conséquent réduire la transmission du paludisme.

Pour la mise en oeuvre de l'AID, certaines conditions doivent être remplies :

- les populations des vecteurs se reposent en majorité dans les habitations (endophilie), - les vecteurs sont sensibles à l'insecticide choisi/utilisé,

- les habitations et autres structures à traiter sont convenables pour l'application de l'insecticide,

- les communautés concernées acceptent la mesure de lutte,

- les ressources nécessaires pour la mise en oeuvre sont disponibles ( www.spps.sn).

a

b

Figure 3 : Les principales interventions de lutte anti-vectorielle : MILDA (a) et AID (b) (Sources: a- who.int; b- Sy, 2015)

Chapitre II : Matériel et méthodes II.1 : Présentation du site d'étude

II.1.1 : Données géographiques

La présente étude a été menée dans le district sanitaire de Nioro du Rip, situé dans la région de Kaolack. Il couvre une superficie de 2302 km2 et est limité au nord par le département de Kaolack, au sud par la république de la Gambie, à l'est par la région de Kaffrine et à l'ouest par le département de Foundiougne (région de Fatick).

Le climat est de type soudano-guinéen et l'harmattan souffle en saison sèche. II.1.2 : Données socio-économiques

9

C'est une zone à vocation essentiellement agricole. A côté des cultures de rentes basées sur l'arachide et le coton, se pratique des cultures vivrières telles que le mil, le maïs et le sorgho. Au cours des dernières années, l'installation des cultures de contre-saisons telles que les pastèques et le maraîchage a été notée.

L'élevage constitue aussi une activité économique majeure tant par l'importance et la diversité des espèces animales exploitées, que par le nombre d'individus qu'il occupe à temps plein ou partiel. La plupart des ménages ruraux du département ont des troupeaux et élève des petits ruminants, des bovins, de la volaille, des équins etc.

Par ailleurs, avec les marchés hebdomadaires « Louma », le commerce informel connaît un véritable essor le long de l'axe trans-gambien.

II.1.3 : Données démographiques et administratives

Le département comprend : deux communes (Nioro et Keur Madiabel), trois arrondissements, treize communautés rurales. Sa population est évaluée à 356 927 habitants. La densité est estimée à 155 habitants/km2. Les ethnies sont principalement constituées par les wolofs (ethnie dominante), les peulhs, les sérères et les mandingues. La population est essentiellement rurale, seulement 9 % habitent la commune.

Dans le cadre de notre étude, 3 villages dont 2 ayant été traités et 1 non traité constituant le témoin, ont été choisis (figure 4). Il s'agit de Bamba diakhatou, traité avec l'Actellic 300 CS (Pyrimiphos-méthyl), Ndramé ndimbe avec le FICAM (Bendiocarb) et Paoskoto (non traité).

Figure 4 : Carte du département de Nioro du Rip avec les différents sites d'études

10

Source : Assane yade Ndiaye

II.2 : Méthodes d'échantillonnage de la population anophélienne II.2.1 : Capture nocturne sur appât humain

Cette méthode est utilisée pour évaluer le contact homme-vecteur. Elle permet d'estimer le taux d'agressivité et aussi de déterminer le rythme de piqûre horaire.

Les captures ont été effectuées dans les trois villages, durant deux nuits successives sur des volontaires formés au préalable. Ils servent à la fois d'opérateurs de capture et d'appât. Les séances de capture se font simultanément à l'intérieur et à l'extérieur de 20h à 06h du matin.

Dans chaque village, 12 volontaires et 2 superviseurs ont été recrutés et formés puis répartis dans 3 points de capture (pièces) distants d'environ 50 à 100m selon la configuration et la taille du site d'étude. Au niveau de chaque point de capture, 2 agents ont été installés, l'un à l'intérieur et l'autre à l'extérieur, afin de capturer la fraction agressive de moustiques actifs pendant la première tranche de la nuit (20h à 01h). Ils ont été relayés par 2 autres à partir de 01h pour opérer pendant la deuxième tranche (01h - 06h). Munis, chacun de lampe torche, de tubes à hémolyse en verre, de coton cardé et de sacs portant mention du point, de l'heure et du lieu de capture, ces opérateurs ont collecté les moustiques ayant atterri sur leur jambe dénudée avant la piqûre. Pour s'assurer du bon déroulement des séances de capture, deux superviseurs ont été chargés de les assister pour le contrôle et le respect des directives données. Une permutation circulaire du lieu de capture et des tranches horaires a été établie pour chacun des opérateurs de capture entre les différents points de collecte pour réduire les potentiels biais.

Les femelles d'anophèles ainsi collectées, ont été morphologiquement identifiées et classées par genre et espèce, et disséquées pour la détermination de l'âge physiologique selon la méthode de DETINOVA (1945).

Les femelles disséquées ou non ont été individuellement placées dans des micro-tubes contenant un dessiccateur et portant un numéro unique correspondant à celui du moustique sur la base de données.

II.2.2 : Collecte matinale de la faune résiduelle dans les habitations

11

La méthode d'échantillonnage consiste à collecter au matin, après pulvérisation d'insecticide, les moustiques au repos dans les habitations sélectionnées.

Dans chaque village, les collectes des femelles au repos, à l'intérieur des habitations, ont été organisées le matin entre 7h et 9h dans 10 chambres choisies au hasard. Chaque pièce sélectionnée a été préparée en bouchant les ouvertures. Ensuite, des draps blancs de 16 m2 ont été étalés sur le plancher et les surfaces planes du mobilier lourd (Fig. 5A). Une pulvérisation spatiale de pyréthrinoïdes s'en est suivie.

Après 10 minutes, les draps ont été soigneusement retirés de la chambre afin de collecter les moustiques tués ou abattus par l'insecticide à l'aide de pinces souples (Fig. 5B), puis conservés dans des boites de pétri numérotées de 1 à 10 dont le fond est garni d'une couche de coton imbibé d'eau pour éviter la dessiccation (Fig. 5C). Les informations utiles ainsi qu'un numéro unique correspondant à la pièce sélectionnée, ont été reportées sur une fiche de terrain. Les spécimens collectés ont été morphologiquement identifiés sous loupe, dénombrés puis regroupés par espèce. Les femelles des espèces vectrices ont été classées selon leur état de réplétion en femelles à jeun, gorgées, semi-gravides et gravides. Ensuite, le sang contenu dans l'abdomen des femelles gorgées a été recueilli en écrasant celui-ci sur du papier filtre Whatman (Fig. 5D). Toutes les femelles de vecteurs traitées ou non ont été individuellement placées dans micro-tubes numérotés, contenant du silicagel pour des études de laboratoire.

A B

C D

Figure 5 : Etapes de réalisation d'une faune matinale résiduelle et traitement des échantillons

A- Etalage des draps avant pulvérisation B- Collecte des moustiques après pulvérisation

C- Echantillons avant traitement D-Prélèvement des repas de sang des femelles gorgées

12

Source : Assane yade Ndiaye

II.3 : Etude de la sensibilité des populations d'An. gambiae s.l. aux insecticides

II.3.1 : Collecte des larves et élevage des moustiques

L'échantillonnage des larves d'anophèles a été fait au niveau des gîtes naturels (Fig. 6A et B). Sur place, ceux positifs ont été géo-référencés à l'aide d'un GPS. Le matériel de collecte (Fig. 6C) est constitué de louches, de bacs en plastique, de filtres à maille et de seaux. La collecte de larves a été faite par la méthode du « dipping » (Fig. 6D) qui consiste à prélever l'eau du gîte à l'aide d'une louche ou d'un bac, puis à y rechercher des larves d'anophèles. Une fois prélevées, les larves ont été transférées dans des bacs en plastique, puis triées par stades (L1, L2, L3 et L4) à l'aide de filtres à mailles. Les larves de Culicinae et les prédateurs ont été éliminés des bacs.

Une pipette a été utilisée pour trier les nymphes, les mettre dans des cristallisoirs puis dans des cages d'émergence.

A B

C D

Figure 6 : Prospection des gîtes larvaires et collecte des larves

A et B - Gîtes larvaires ; C et D - Matériel de prospection et collecte des larves

Source : Assane yade Ndiaye

13

Les larves collectées ont été acheminées au laboratoire dans des seaux dont les couvercles ont été régulièrement soulevés pour renouveler l'air et éviter que les larves ne soient asphyxiées.

Au laboratoire, les larves collectées, nourries avec un aliment pour alevin, ont été élevées dans des bacs. L'eau a été régulièrement renouvelée pour éviter le développement de moisissure. Afin d'accélérer leur croissance, elles ont été quotidiennement exposées au soleil et les nymphes formées ont été régulièrement collectées et transférées dans les cages d'émergence (figure 7), convenablement étiquetés portant mention de la date d'émergence et du lieu de collecte.

Les adultes issus des nymphes ont été placés dans des cages d'émergence et nourris avec du tampon de jus sucré à 10%. Les femelles, âgées de 3 à 5 jours ont été sélectionnées pour les tests de sensibilité aux insecticides selon la méthode de l'OMS.

Figure 7 : Cages d'émergence des adultes

Source : Assane yade Ndiaye

II.3.2 : Test de sensibilité aux insecticides avec la méthode standard de l'OMS (2013b) Le principe consiste à exposer des moustiques adultes, dans des cylindres tapissés de papier traité avec une concentration standard d'insecticide. Le dispositif est constitué de deux cylindres tapissés : l'un, de papiers imprégnés d'insecticide à une dose discriminante et l'autre d'un papier indemne d'insecticide servant de témoin. Les cylindres sont connectés par une glissière avec un trou sur lequel se fait le transfert des moustiques entre deux cylindres.

II.3.2.1 Matériel de test

Outre le matériel biologique constitué de femelles âgées de 3 à 5 jours, la réalisation du test a nécessité le Kit OMS (Fig.8), composé de :

- cylindres à pastille verte contenant du papier neutre (observation),

- cylindres à pastille rouge servant de tubes d'exposition dont les surfaces

internes sont des papiers imprégnés d'insecticide,

- glissières ou lames de fermeture,

- des pièces de papier blanc (12 x 5cm),

- des anneaux d'acier pour les tubes d'observation et bronze pour les tubes

14

d'exposition,

- des aspirateurs à bouche,

- du ruban adhésif,

- des chronomètres

- du coton hydrophile

- d'un crayon et des serpillières.

Figure 8 : Kit OMS

II.3.2.2 Procédure du test

Dans chaque cylindre à pastille verte, 4 à 5 lots de 20 à 25 moustiques ont été utilisés. Le test a démarré avec une phase d'observation d'au moins une heure afin d'éliminer les femelles inaptes.

Source : Assane yade Ndiaye

A la fin de la période d'observation, les spécimens ont été transférés vers les tubes d'exposition à pastille rouge pour une période d'exposition d'une heure pendant laquelle le nombre de moustiques assommés (knock-down) a été relevé après 10, 15, 20, 25, 30, 40, 50 et 60 minutes.

Après exposition, les femelles ont été transférées à nouveau des tubes d'exposition vers les cylindres d'observation. Une lecture de la mortalité immédiate a été effectuée 20 minutes post-exposition. Ensuite, les spécimens ont été nourris avec un tampon de jus sucré à 10% et recouverts de serviettes humides. La mortalité différée a été évaluée 24h post-exposition puis consignée dans les fiches de lecture (Annexe 1).

II.3.2.3 Validation du test et interprétation des résultats Les critères de validation du test ont été définis comme suit :

15

- Si la mortalité dans les lots témoins est inférieure à 5%, le test est directement validé, - Si la mortalité dans les lots témoins est supérieure à 20%, le test est invalidé et repris,

- Si la mortalité dans les lots témoins est comprise entre 5% et 20%, une correction est effectuée en appliquant la formule d'Abbott :

Mortalité corrigée =

100 - mortalité contrôle

(mortalité test - mortalité controle)

Les résultats ont été interprétés en utilisant les critères définis par l'OMS (2013) :

Mortalité > 98%

Population sensible

Mortalité entre 90 - 97%

Résistance suspectée à confirmer par la recherche de mécanismes de résistance

Mortalité < 90%

Individus de la population présente résistants

II.4 : Traitement des moustiques au laboratoire II.4.1 : Recherche de femelles infectantes

La recherche de femelles infectantes s'est faite par la méthode de l'Enzyme-Linked Immuno-Sorbent Assay circumsporozoïte (ELISA CSP) décrite par Burkot et al., (1984), légèrement modifiée par Wirtz et al., (1987). Cette méthode d'ELISA indirecte ou en « sandwich » consiste à coincer l'antigène circumsporozoïte (CS), composante majoritaire de la surface des sporozoïtes du Plasmodium falciparum, entre un anticorps monoclonal de capture anti-CS fixé à la paroi de la plaque et un anticorps monoclonal anti-CS conjugué à la peroxydase (figure 9A). La présence de l'antigène est révélée par une coloration des puits positifs (figure 9B).

A B

Figure 9 : Recherche de femelles infectantes

A) Principe de la méthode ELISA CSP B) Présence de l'antigène CSP

16

Source : Assane yade Ndiaye

II.4.2 : Détermination de l'origine des repas de sang

L'origine des repas de sang a été déterminée avec la méthode de l'ELISA directe décrite par Beier et al., (1988). Elle consiste à chercher l'antigène d'hôtes potentiels dans le sang contenu dans l'abdomen des femelles gorgées, prélevé sur du papier filtre de Whatman, en le faisant agir avec des anticorps (IgG) d'hôtes spécifiques (homme, boeuf, mouton, poule et cheval) (Fig. 10A). Ces anticorps, conjugués à la peroxydase, en réagissant avec le substrat, permettent de révéler la présence de l'anticorps par une coloration bleue des puits de la plaque (Fig. 10B).

A B

Figure 10 : Détermination de l'origine des repas de sang

A) Principe de la méthode ELISA repas de sang ; B) Identification de l'hôte

Source : Assane yade Ndiaye

II.4.3 : Identification des espèces du complexe Gambiae

L'ADN génomique des spécimens collectés a été extrait selon la méthode du CTAB 2% (Annexe 2). Celle-ci a consisté à broyer les échantillons (moustiques entiers, pattes/ailes) dans du CTAB. Le broyat obtenu a été incubé au bain-marie à 56°C, pendant 2 heures. Il s'en est suivi une série de lyse de la membrane cellulaire, de précipitation et de purification de l'ADN grâce au chloroforme, à l'isopropanol et l'éthanol 70°C successivement. L'ADN ainsi purifié a été élué avec de l'eau ultra pure puis conserver à -20°C pour la caractérisation moléculaire des espèces. Cette dernière a été réalisée selon le protocole de Wilkins et al., (2006).

Le principe de la PCR (Annexe 3) consiste à l'amplification qui permet de multiplier la séquence d'intérêt de l'ADN des milliards de fois. Pour ce faire, un mixte a été préparé et distribué dans des micro-tubes dans lesquelles l'ADN extrait a été ajouté. Le mélange a été porté au thermocycleur pour amplification suivant un programme prédéfini. Les amplicons (produits d'amplification) ainsi obtenus ont été distribués dans du gel d'agarose 2% et colorés

17

avec du biothium. Le marqueur de poids moléculaire a été placé aux deux extrémités des puits du gel.

Figure 11 : Interprétation des bandes pour l'identification du complexe Gambiae

MT= Marqueur de taille (100pb) ; 1= témoin négatif ; 2= témoin positif ; 3, 4, 5, 9,10, 12- 24= An. arabiensis ; 6, 7, 8 et 11= An. gambiae

Source : Assane yade Ndiaye

La migration électrophorétique (Annexe 4) a été effectuée dans une cuve contenant du TBE 1X. Les bandes des séquences d'intérêt ont été soumises à un courant de tension 80V et d'intensité 400mA. Elles migrent à une vitesse proportionnelle à l'inverse de leur taille. Après 90 à 180 mn de migration, le gel a été retiré et les bandes ont été révélées sous rayons UV au GeldocTM. L'interprétation des bandes pour la détermination de l'espèce s'est faite en fonction du marqueur de poids moléculaire (Fig. 11).

II.5 : Analyses des données

Toutes les références des moustiques ainsi que les résultats des différentes analyses ont été saisies dans une base de données Excel.

Les densités agressives ont été calculées en faisant le rapport du nombre de femelles capturées sur homme par le nombre d'homme-nuit. Le taux d'endophagie a été estimé en faisant le rapport du nombre de femelles capturées à l'intérieur des habitations par le nombre total.

Les densités au repos ont été déterminées en prenant le nombre moyen de femelles collectées au repos dans les habitations sur le nombre total de chambres pulvérisées. Le taux d'anthropophilie a été obtenu par le rapport du nombre moyen de femelles gorgées sur homme sur le total de repas de sang identifiés. L'indice sporozoïtique a été enregistré en faisant le rapport du nombre de femelles infectées au P. falciparum à l'ELISA CSP sur le total testé.

18

Le taux de parturité a été estimé en prenant le nombre de femelles pares sur le nombre total de femelles disséquées.

19

Les tests statistiques ont été réalisés avec le logiciel R version 3.2.3.

Chapitre III : Résultats et discussions III.1 : Résultats globaux

Le tableau 1 présente la composition spécifique et l'abondance des différentes espèces anophèliennes collectées dans les 3 villages suivis (dont 2 villages AID et 1 témoin non traité) selon la méthode d'échantillonnage.

Au total, 754 spécimens de moustiques ont été colletés au cours des 3 passages effectués entre août et octobre 2015 dans les sites d'étude du district de Nioro. La proportion de femelles agressives a été de 29% (217/754) pour un total de 60 hommes-nuits dans les zones traitées et 48 hommes-nuits dans la zone non traitée. A l'intérieur des habitations, la fraction de femelles au repos a été de 71,2% (537/754). Au cours de l'étude, 5 espèces anophéliennes ont été rencontrées dans les 3 sites. Il s'agit d'An. gambiae s.l., An. funestus, An. pharoensis, An. ziemanni et An. squamosus.

An. gambiae s.l. a été l'espèce la plus abondante aussi bien en capture sur appât humain (55,3%) que dans la faune résiduelle des habitations (78,4%) dans l'ensemble des 3 villages d'étude. Il est suivi d'An. funestus avec 39,2% et 21,6% respectivement des captures sur homme et de faune résiduelle. Les autres espèces n'ont été présentes qu'en capture sur homme à des proportions relativement faibles.

En fonction du statut des zones (traité ou non), les spécimens d'An. gambiae s.l. et An. funestus ont été plus abondants dans la zone non traitée comparée aux zones traitées, et ceci quelle que soit la méthode de collecte.

Dans la suite des analyses, nous ne considérerons que ces deux espèces.

20

Tableau 1 : Abondance des espèces anophèliennes selon la méthode de collecte dans les différentes zones

 
 
 

Méthodes de collecte

 
 
 
 
 
 

Capture sur homme

 
 

Récolte de la Faune résiduelle matinale

Statut des zones

Nombre
d'hommes-
nuit

An.

funestus

An. An. An.

gambiae s.l. pharoensis ziemanni

An.

squamosus

Total

Nombre de
cases /
pièces

An.

funestus

An.

gambiae s.l.

Total

Traitées
Non traitée

60

48

41

44

47 0 8

73 1 0

3

0

99

118

50

40

30

86

52

369

82

455

Total

108

85

120 1 8

3

217

90

116

421

537

21

III.2 : Variations des densités anophèliennes

III.2.1 : Variations de la densité agressive et du taux d'endophagie

Le tableau 2 rapporte les résultats des densités agressives des espèces en fonction du statut des villages. L'agressivité des femelles d'An. gambiae s.l. et d'An. funestus a connu des variations entre les zones traitées et celle non traitée.

Avec respectivement 2,04 Piqûre par Homme et par Nuit (PHN) et 1 PHN, An. gambiae s.l. a été plus agressive aussi bien à l'intérieur des habitations qu'à l'extérieur dans le village non traité comparé à ceux traités où l'agressivité a été estimée à 0,87 et 0,70 PHN, respectivement à l'intérieur et à l'extérieur.

Pour An. funestus, la même tendance a été observée avec des densités agressives plus faibles dans les villages, comparé à An. gambiae s.l. Toutefois, il est important de noter que dans tous les villages suivis, An. funestus a été plus exophage comparé à An. gambiae s.l.

Tableau 2 : Agressivité des populations d'An. funestus et d'An. gambiae s.l. à l'intérieur et à l'extérieur dans les zones traitées et témoins

Capture sur homme

 

An. funestus

An. gambiae s.l.

Statut des zones

Extérieur

Intérieur

Extérieur

Intérieur

Zones traitées Zone non traitée

0,93

1,04

0,43

0,79

0,70

1,00

0,87

2,04

Les taux d'endophagie (figure 12) ont été significativement plus élevés (p = 0,03) pour An. gambiae s.l. dans le village témoin (41,53%) que dans ceux traités (26,26%). Par contre, pour An. funestus aucune différence significative n'a été observée (p = 0,67).

22

100,00

Pourcentage

75,00

50,00

25,00

T NT

0,00

An. funestus An. gambiae s.l

Statut

Figure 12 : Taux d'endophagie (en %) en fonction du statut des villages

III.2.2 : Variations de la densité au repos

Le tableau 3 présente les densités au repos à l'intérieur des habitations selon le statut de la zone. Les résultats montrent que les populations d'An. gambiae s.l. ont été 9 fois plus importantes dans la zone témoin comparé à la zone AID. La même tendance a été observée pour An. funestus dont les densités au repos ont toutefois été moindre comparé à An. gambiae s.l.

Tableau 3 : Variations de la densité au repos selon le statut de la zone

Faune matinale résiduelle

Statut de la zone An. funestus An. gambiae s.l.

Traitées 0,60 1,04

Non traitée 2,15 9,23

III.3 : Préférences trophiques

23

L'origine des repas sang a été déterminée sur 62 femelles gorgées (19 An. funestus et 43 An. gambiae s.l.), collectées au repos dans les habitations au niveau des 3 villages. La typologie des repas montre que, de manière globale, 38 étaient des repas mono spécifique, 23 des repas

mixtes pris sur deux hôtes différents et 1 seul repas triple pris sur homme, boeuf et cheval. Ainsi, 87 repas ont été identifiés.

Quelle que soit la zone d'étude considérée, les populations d'An. gambiae s.l., et d'An. funestus ont montré un profil plus zoophile qu'anthropophile (figure 13). En effet, dans la zone témoin An. gambiae s.l. s'est principalement gorgé sur cheval (65,96%), tandis que dans celles traitées, des proportions égales de repas pris sur cheval et boeuf (41,67%) ont été notées. Dans ces dernières, le pourcentage de repas pris sur homme a été faible (16,67%). Le scénario contraire est noté dans la zone témoin où le second hôte préférentiel était l'Homme (25,53%). Les repas sur bovins n'ont compté que pour environ 8% du total identifié (figure 13).

En ce qui concerne An. funestus, des proportions comparables sur l'anthropophilie ont été notées aussi bien dans les zones traitées que dans celle témoin. Cependant, il est important de noter que le spectre d'hôtes est élargi aux ovins (figure 13). Dans les villages traités, les femelles de cette espèce se sont gorgées dans les mêmes proportions (~33%) sur homme, boeuf et cheval. Le taux d'anthrophilie a été de 26,43% pour l'ensemble des 3 villages.

De manière spécifique, les villages traités ont présenté un taux d'anthropophilie faible de 22,2%, comparé à celui du village non traité (27,5%). Cette différence n'est cependant pas significative (p-value=0,87).

24

Figure 13 : Spectres d'hôtes des populations d'An. gambiae s.l. et d'An. funestus en fonction du statut de traitement des zones d'étude

25

An. funestus

homme boeuf mouton cheval poule

Hôtes

NT T

homme boeuf mouton cheval poule

Hôtes

100

An. gambiae s.l.

Proportion (%)

75

50

25

0

III.4 : Taux de parturité

Au total 113 femelles à jeun capturées sur appât humain ont été disséquées pour la détermination de l'âge physiologique. Les résultats sont présentés dans le tableau 4. L'analyse montre que la proportion de femelles pares pour An. gambiae s.l. et An. funestus varie entre zones traitées (55% et 66,67% respectivement) et zone témoin (52,27% et 35,71% respectivement). Cependant, les différences observées entre les zones n'ont pas été significatives. Il en est de même pour la parturité entre les populations d'An. gambiae s.l. et d'An. funestus.

Tableau 4 : Taux de parturité selon les zones

 

An. gambiae s.l.

An. funestus

 

Statut

Total disséqué

Parturité (n)

Total disséqué

Parturité (n)

P

Zones traitées

20

55,00% (11)

21

66,67% (14)

0,65

Zone non traitée

44

52,27% (23)

28

35,71% (10)

0,25

p 0,94 0,06

(n) = effectif testé ; p = Valeur de p

III.5 : Indice Circumsporozoïtique : ICS

Au total, 120 femelles dont 99 dans les deux villages traités et 21 dans celui non traité (témoin) ont été testées pour la recherche d'infection à Plasmodium falciparum par la méthode d'ELISA CSP. Aucune infection à Plasmodium falciparum n'a été détectée.

III.6 : Sensibilité des populations d'An. gambiae s.l. aux insecticides

Parallèlement à l'étude de dynamique des populations de vecteurs, celle de sensibilité des populations d'An. gambiae s.l. vis-à-vis des Carbamates (Bendiocarb) et des Organophosphorés (Pyrimiphos-méthyl, Malathion et Fénitrothion) a été également évaluée dans le district de Nioro.

Au total, 443 spécimens ont été exposés aux 4 molécules d'insecticides appartenant à deux familles susmentionnées. Les résultats, enregistrés dans le tableau 5, montrent que les populations d'An. gambiae s.l. ont été totalement sensibles aux Organophosphorés et aux Carbamates.

26

L'identification spécifique d'un sous-échantillon de la population testée, par PCR, a révélé la présence d'An. arabiensis (67,6%) et d'An. gambiae (32,84%).

Tableau 5 : Sensibilité d'An. gambiae s.l. aux Carbamates et aux Organophosphorés dans le district de Nioro

Carbamates Organophosphorés

Bendiocarb Pyrimiphos-méthyl Malathion Fénitrothion

100***

100***

100***

100***

(114)

(109)

(116)

(104)

() = effectifs testés ; *** = Susceptible

27

III.7 : Discussion

Au cours de cette étude, 5 des 20 espèces déjà décrites au Sénégal (Diagne et al., 1994) ont été collectées. Il s'agit d'An. gambiae s.l., An. funestus, An. pharoensis, An. ziemanni et An. squamosus. Parmi celles-ci, An. gambiae s.l., et An. funestus, ont été les plus abondantes quelle que soit la méthode de collecte ou la zone considérée.

Pour An. gambiae s.l, sa prédominance pourrait s'expliquer par la présence de ses gîtes préférentiels, constitués par des collections d'eau temporaires peu profondes et ensoleillées liées aux pluies (Gillies et De Meillon, 1968). Quant à An. funestus, l'abondance notée dans les différents villages suivis, principalement à Ndramé ndimbe, pourrait être liée à la présence de cours d'eau permanents à végétation dressée, favorable au développement de ses larves. Cette même observation a été rapportée par Gueye (1969) au cours de ses travaux dans le bassin du Saloum.

Le comportement exophage, moins endophile et zoophile observé au cours de cette étude chez les populations d'An. funestus dans les villages traités, pourrait trouver son explication par l'effet des aspersions intra-domiciliaires, combiné à l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticides, rendant difficile l'accès à l'homme. En effet, l'utilisation des insecticides à effet rémanent conduit à suspecter une hétérogénéité au sein des populations d'An. funestus. D'autant plus que des études réalisées au Burkina Faso mettaient en évidence l'existence de deux unités taxonomiques à capacité vectorielle et à indice d'anthropophilie différents (Boccolini et al., 1994); alors qu'à Madagascar des études simi1aires soulignaient des variations liées à l'anthropophilie (Boccolini et al., 1992). Au Mali et au Burkina Faso des observations comparables faisaient état d'un important polymorphisme (Boccolini et al., 1998). D'autre part, la cohabitation des populations humaines avec les animaux domestiques pourrait offrir une large gamme d'hôtes alternatifs, d'où la déviation trophique notée à travers les repas pris fréquemment sur cheval, boeuf et dans une moindre mesure sur mouton.

Commentaire [EN1]:

A l'image d'An. funestus, le même comportement a été également observée chez les populations d'An. gambiae s.l. Ceci pourrait laisser penser que les espèces du complexe sont en majorité représentées par An. arabiensis, dont le comportement exophage, moins endophile et zoophile est bien connu (Gillies et De Meillon, 1968 ; Niang et al., 2016). Ceci lui permet de se soustraire aux interventions de LAV et a pour conséquence un changement de la composition spécifique de la population d'An. gambiae s.l. comme suggéré dans d'autres contrées (Derua et al., 2012 ; Kitau et al., 2012).

Au cours de cette étude, aucune infection à Plasmodium falciparum n'a été détectée sur les spécimens testés dans les différents sites. Ceci pourrait être mis en relation avec les comportements de piqûre et de repos. En effet, le faible contact homme-vecteur ne permettrait pas aux espèces de s'infecter.

Commentaire [EN2]:

Nos travaux ont rapporté des taux de parturité faibles à modérés et similaires entre les deux espèces vectrices retrouvées dans les deux zones. Pour les deux taxa, ces taux pourraient être expliqués par l'AID, dont l'objectif premier est de réduire la longévité des populations vectrices (Najera et Zaim, 2002).

L'étude a également révélé une sensibilité totale des populations d'An. gambiae s.l aux Carbamates et aux Organophosphorés, à l'instar d'autres zones du pays (Faye et al., 2011). Toutefois, une étude récente dans le Sénégal Oriental a confirmé la résistance des populations d'An. gambiae s.l. au Fénitrothion (Niang et al., 2016).

Conclusions et perspectives

Cette étude menée dans le district de Nioro est d'une importance capitale dans la mesure où elle a permis de mettre à jour les données entomologiques dans la zone. Les différents paramètres entomologiques ont montré, dans l'ensemble, que les aspersions intra-domiciliaires ont eu un impact positif dans la réduction du contact homme-vecteur et du risque de transmission du paludisme. En outre, la bonne sensibilité des populations de vecteurs aux Carbamates et Organophosphorés offre une alternative durable pour le contrôle des souches résistantes aux Pyréthrinoïdes et la pérennisation des programmes d'AID.

En guise de perspectives, il serait intéressant de :

- mieux caractériser les populations d'An. funestus pour vérifier les espèces représentées dans la zone de Ndramé ndimbe ;

- faire l'identification spécifique des espèces du complexe Gambiae pour s'assurer de la présence en majorité d'An. arabiensis ;

- assurer un suivi régulier de la sensibilité des populations de vecteurs face aux Carbamates et Organophosphorés dans le cadre d'une gestion globale de la résistance aux insecticides ; et enfin

- rechercher les éventuels mécanismes de résistance aussi bien métaboliques que mutationnels en particulier l'Acétylcholinestérase (Ace1R).

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2. http://www.who.int/malaria/areas/vector_control/insecticidal_net_malaria.jpg, consulté le 26/10/2015 à 10h 49 mn

ANNEXES

Annexe 1

UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP

Faculté des Sciences et Techniques Département de Biologie Animale

Laboratoire Écologie Vectorielle et Parasitaire (LEVP)

FICHE DE LECTURE DES TESTS DE SENSIBILITE DES MOUSTIQUES ADULTES

Enquêteur.

Nom & adresse de l'Institut .

Pays . Région . District . Localité/Village .

Espèces testées. Age (jours) . Etat physiologique .

Insecticide testé : Concentration .

Date d'imprégnation . Date d'expiration .

Date de sortie du papier de l'emballage . Nombre d'utilisations antérieures .

Date du test. Temps d'exposition (minutes)
Conditions du test

 

Température

de à

Humidité Relative

de à

Période d'exposition

 
 
 
 

Période d'observation

 
 
 
 

Résultats du Test

 

Lot 1

Lot 2

Lot 3

Lot 4

Total des
moustiques
testés

Nombre de moustiques du lot témoin

Nombre de moustiques testés

 
 
 
 
 
 

Nombre de moustiques abattus (KD) après une exposition de : *:

 
 
 
 
 
 

10'

 
 
 
 
 
 

15'

 
 
 
 
 
 

20'

 
 
 
 
 
 

30'

 
 
 
 
 
 

40'

 
 
 
 
 
 

50'

 
 
 
 
 
 

60'

 
 
 
 
 
 

80'

 
 
 
 
 
 

Nombre de moustiques morts à la fin de la période d'observation

 
 
 
 
 
 

Mortalité observée (%)

 
 
 
 
 
 

b

Mortalité corrigée (%)

Espèce des survivants **

Mécanisme(s) de résistance **

C

* pour le DDT et les pyréthrinoïdes seulement **= là où c'est possible

Annexe 2

UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP

Faculté des Sciences et Techniques Département de Biologie Animale

Laboratoire Écologie Vectorielle et Parasitaire (LEVP)

Protocole d'extraction d'ADN au CTAB 2%, à partir de moustiques (sans protéinase K)

1. Objectifs

- Standardiser la méthode

- Avoir des ADN de qualité pour une bonne PCR.

2. Champ d'application UMR 198 URMITE, pôle MIE

3. Mode opératoire

- Broyer chaque échantillon (moustique entier ou pattes ou ailes, etc.) dans 200ul de CTAB à 2%,

- Mettre au Bain-Marie 56°c pour une durée d'une à 24 heures

- Ajouter 200ul de chloroforme

- Mélanger par inversion,

- Centrifuger 5 minutes à 12000trs/mn,

- Prélever la phase supérieure et la mettre dans un autre tube,

- Ajouter 200ul d'isopropanol dans le surnageant

- Bien mélanger par inversion,

- Centrifuger 15 minutes à 12000trs/mn,

- Vider l'isopropanol, bien égoutter et ajouter 200ul d'éthanol 70%,

- Centrifuger à 5 minutes à 12000trs/mn,

- Vider l'éthanol,

- Sécher le culot 5 minutes maximum au Speed-Vac,

- Reprendre le culot dans 200ul de tampon d'élution,

- Laisser sur le paillage pendant toute la nuit ou pendant une demi-journée

- stocker l'extrait d'ADN à T -20°C

d

Annexe 3

UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP

Faculté des Sciences et Techniques
Département de Biologie Animale

Laboratoire Écologie Vectorielle et Parasitaire (LEVP)

Protocole d'identification par PCR des espèces du complexe Gambiae Témoin positif : Souche insectarium (An. Coluzzii = Forme M)

Témoin négatif : eau ultra pure

MASTER MIX

Conditions

amplification

 

nombre de
tubes

50

 

réactif

conc. Solution
mère

volume (iil)
par tube

volume MIX
en iil

Eau

 

9,1

455

5X Go Taq Buffer

 

5

250

dNTP

2,5 mM

2,5

125

MgCl2

25 mM

0,5

25

IMP-UN

F, 25 pmol/iil

1

50

AR-3T

R, 25 pmol/iil

1

50

GA-3T

R, 25 pmol/iil

1

50

ME-3T

R, 25 pmol/iil

1

50

QD-3T

R, 25 pmol/iil

2

100

IMP-S1

R, 25 pmol/iil

1

50

IMP-M1

R, 25 pmol/iil

1

50

Go Taq

5,0 U/iil

0,2

10

Total Master MIX

1265

Total Master MIX par tube: 25 ul

Volume ADN par tube : 1 ul

Référence : Wilkins et al. 2006

e

Bandes attendues : An. quadriannulatus: 637 pb An. melas/merus: 529 pb

An. arabiensis: 388 pb

Forme M (An. coluzzii): 426 pb Forme S (An. gambiae): 221 pb

Annexe 4

UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP

Faculté des Sciences et Techniques
Département de Biologie Animale

Laboratoire Écologie Vectorielle et Parasitaire (LEVP)

Protocole de migration

Préparation de gel d'agarose 2%

- Peser 2g d'agarose pour 100 ml de tampon TBE

- Mélanger puis chauffer à la micro-onde jusqu'à dissolution complète environ 2 min

- Laisser refroidir un instant et ajouter 5 ìl de biotium dans le mélange et homogénéiser

Préparation de la Cuve à électrophorèse

- Placer d'abord les peignes dans le moule puis couler le gel

- Attendre que le gel soit complètement solide avant de retirer les peignes environ 40 min

- Placer le portoir de gel dans la cuve à électrophorèse, remplir avec du tampon TBE 1X

- Charger les puits avec 5 ìl d'amplicon mélangé avec du bleu de charge (sur parafilm)

- Mélanger 3 ìl de marqueur de taille et 2 ìl de dye sur le parafilm, bien homogénéiser puis

déposer le mélange dans les deux puits extrêmes du gel.

- Couvrir la cuve avec les électrodes.

- Régler le générateur de courant à 80V et 400 mA puis le démarrer

- vérifier si le courant passe (petites bulles d'air au niveau des électrodes)

- Laisser migrer l'ADN pendant 90 à 120 min.

- A la fin de la migration, éteindre le générateur, enlever le couvercle et sortir le portoir pour

la lecture sur la table à UV (GeldocTM).

Titre : Etude de la dynamique des populations d'Anopheles et de la transmission du paludisme dans le district sanitaire de Nioro (Kaolack, Sénégal) après la campagne

d'aspersion intra-domiciliaire d'insecticide de 2015

Nom du candidat : Assane Yade Ndiaye

Nature du mémoire : Master en Biologie animale spécialité : Entomologie Membres du Jury :

Président : Pr Ousmane FAYE LEVP/FST/UCAD

Membres : Dr Mamadou Demba SY LEVP/FST/UCAD

Dr Libasse Gadiaga PNLP/MSAS

Dr Abdoulaye Diop Abt Associates

Superviseur : Dr Lassana Konaté LEVP/FST/UCAD

Résumé

Un suivi entomologique a été effectué d'Août à Octobre 2015 dans le district de Nioro après la campagne d'aspersion intra-domiciliaire afin d'évaluer son impact sur la dynamique des populations anophèliennes et la transmission du paludisme. Le suivi a consisté à l'échantillonnage des adultes d'anophèles par la capture sur appât humain et la collecte au repos des populations. Les résultats sur les différents paramètres entomologiques étudiés ont montré que, dans l'ensemble, l'AID a eu un impact positif dans la réduction du contact homme-vecteur et le risque de la transmission palustre en raison de l'absence d'infection plasmodiale chez les populations de vecteurs.

Parallèlement, la bonne sensibilité des populations d'An. gambiae s.l. aux deux familles d'insecticide en cours d'utilisation dans la zone a été confirmée.

Ces travaux ont permis de mettre à jour les données entomologiques dans le district de Nioro, permettant ainsi de mieux orienter les interventions de lutte anti-vectorielle du PNLP.

Mots clés: AID, paludisme, impact, transmission, Anopheles. Abstract:

An entomological follow-up was carried out from August to October 2015 in the district of Nioro after an IRS campaign aiming at studying its impact on the dynamics of malaria vectors populations and malaria transmission. The study consisted in sampling Anopheles adult by both human landing catches and indoors resting population collections. Ours results showed an overall positive impact of the IRS campaign by reducing human-vector contact and risk of transmission as well, due to the lack of finding any P. falciparum infected female from the studied populations of both An. gambiae s.l. and An. funestus.

In addition, Anopheles gambiae's populations were found to be fully susceptible to the Carbamates and Organophosphorates molecules and confirmed the classical trend for almost Senegalese anopheline populations.

This study gives an update of entomological data within the Nioro district for evidence-based decision to implement more efficiently the Senegal NMCP vectors control interventions.

Key words: IRS, malaria, impact, transmission, Anopheles.






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