Chapitre IV : Résultats et discussions
I. Présentation
des résultats des questionnaires :
La collecte a été menée comme
prévu et les données recherchées ont été
tant bien que difficilement, recueillies dans les conditions prévues
pour la cause. Les données sont présentées ci-dessous sous
formes de tableaux, d'histogrammes et de figures.
1) Les données relatives à la
population :
Présentation des
enquêtés :
Tableau I :
Répartition des répondants en fonction du sexe et de la
fonction
|
Effectif
|
Profession du répondant
|
Total
|
|
Ménagère
|
Commerçant/commerçante
|
Salarié
|
Travailleur indépendant
|
|
Genre du répondant
|
Homme
|
0
|
3
|
8
|
6
|
17
|
|
Femme
|
35
|
5
|
2
|
1
|
43
|
|
Total
|
35
|
8
|
10
|
7
|
60
|
Sur les 60 enquêtées de la population 71% sont
des femmes. Et parmi ces femmes qui ont répondu à nos questions,
81% sont des ménagères. C'est dire autrement que nos
répondants dans l'échantillon conviennent bien pour fournir des
réponses idoines sur la gestion des ordures ménagères. Les
hommes, bien que minoritaires dans notre échantillon font partie de nos
répondants.
Connaissances des déchets par la
population :
Tableau II:
Définition des déchets
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Balayures
|
39
|
65,0
|
65,0
|
65,0
|
|
Saleté
|
8
|
13,3
|
13,3
|
78,3
|
|
Objet inutile et sans valeur
|
9
|
15,0
|
15,0
|
93,3
|
|
Objet jetable
|
4
|
6,7
|
6,7
|
100,0
|
|
Total
|
60
|
100,0
|
100,0
|
|
Toute la population rencontrée a une notion sur le
terme `'déchet''. Ce qui est d'ailleurs concevable est
l'appréciation des 65% de la population qui prônent que toute
balayure est ordure. Au même moment, 15% pensent qu'il s'agit de tout
objet inutile et sans valeur. Ce qui peut constituer une erreur dans la mesure
où les déchets ne sont pas forcément sans valeur.
L'ordure, c'est la saleté ou c'est tout ce qui est jetable sont entre
autres, des réponses retrouvées chez certains
répondants.
Tableau III: implication
dans la production des déchets
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Oui
|
51
|
85,0
|
85,0
|
85,0
|
|
Non
|
9
|
15,0
|
15,0
|
100,0
|
|
Total
|
60
|
100,0
|
100,0
|
|
La quasi-totalité de la population sont d'avis qu'ils
figurent bel et bien parmi les producteurs de déchets. Ils arguent
qu'ils mangent et qu'ils utilisent des déchets et que ces
détriments constituent les déchets. Une minorité
réticente affirment que ce sont les autres qui produisent les
déchets.
Connaissance de l'impact des ordures

Figure 1: Connaissance de
l'impact des ordures
La quasi-totalité des enquêtés soit 95%
affirme que les déchets présentent un grand danger. Le quart de
l'échantillon pense qu'un profit peut être soutiré des
déchets. Une petite minorité s'est réservée de se
prononcer.
Ceux qui pensent que les déchets ne produisent que des
effets négatifs ont leur part de raison dans la mesure où les
initiatives de récupération et de revalorisation des
déchets sont rares dans la société Kaysienne. Ils vont
ainsi se contenter de souligner, ce qu'ils en subissent comme
conséquence.
Tableau IV:
Conséquences des déchets
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Faune
|
13
|
21,7
|
21,7
|
21,7
|
|
Flore
|
4
|
6,7
|
6,7
|
28,3
|
|
Esthétique
|
9
|
15,0
|
15,0
|
43,3
|
|
Sol
|
34
|
56,7
|
56,7
|
100,0
|
|
Total
|
60
|
100,0
|
100,0
|
|
Les conséquences des déchets portent sur le sol
avec 56,7% des répondants. En tout, ils sont conscients qu'en plus
d'être polluants pour le sol, les ordures peuvent affecter la faune, la
flore et ternir l'esthétique de l'environnement. Quel que soit le
répondant, chacun est d'accord avec le fait qu'une mauvaise gestion des
DSM produit sur la faune, la flore, le sol des conséquences nocives et
destructives.
Problème des déchets

Figure 2: problèmes
des déchets
Des problèmes dramatiques sur la santé peuvent
en découler comme le prouvent 41% des répondants. Ces maladies
peuvent être directement liées aux DSM ou indirectement. 20%
pensent que les déchets ne peuvent atteindre la santé que par le
biais de la pollution du sol. Une partie pense que les déchets
engendrent des problèmes sans pour autant être capables de se
prononcer sur le mécanisme.
Connaissance du processus de gestion
Tableau V: déchets
croisement ''Poubelle et tri''
|
Le tri à la source
|
Total
|
|
Oui
|
Non
|
|
Déchets mis dans poubelle
|
Oui
|
4
|
36
|
40
|
|
Non
|
2
|
18
|
20
|
|
Total
|
6
|
54
|
60
|
Exceptés les 10%, l'ensemble des 90% des
répondants pensent que le tri à la source n'est pas
respecté et parmi eux, 66% pensent qu'ils ne prennent pas toujours le
soin de mettre les DSM dans les poubelles. Ce qui sous-tend qu'un nombre
important de la population ne font pas transporter leur DSM.
Fréquence d'enlèvement des
ordures :


Figure 3 :
Fréquence d'enlèvement des ordures
Plus du tiers de la population n'adhère pas au
système de paiement pour l'enlèvement des DSM, ils s'en chargent
personnellement. Ils se contentent de les déposer dans la rue.
Heureusement qu'ils ne constituent qu'une petite minorité. Les autres
optent pour les GIE et les particuliers. Cette attitude est vraiment
prometteuse.
Le chargé de la
pré-collecte :

Figure 4 : Le
chargé de la pré-collecte
Les 60% dont les déchets sont transportés sont
reparties entre les GIE (41%), la mairie (5%) et la plupart accordé aux
particuliers qui sont les charretiers du quartier. Ces derniers se classent
à la première place en termes de nombre d'abonnés avec la
majorité écrasante de 54% face à la coalition des clients
de la mairie et des GIE.
Cela montre à quel point la population adhère
à l'informel au grand dam de ce qui est structuré.
La cherté du cout de la
pré-collecte
Tableau VI :
Croisement `'Coût aux GIE'' et `'Jugement du prix''
|
Jugement du prix
|
Total
|
|
Très cher
|
Abordable
|
Pas cher
|
|
Cout aux GIE
|
Inf 1000F
|
1
|
3
|
0
|
4
|
|
Entre 1000F et 1500F
|
8
|
11
|
3
|
22
|
|
Sup 1500
|
8
|
2
|
1
|
11
|
|
Total
|
17
|
16
|
4
|
37
|
Environ 60% des familles qui adhèrent au système
de pré-collecte payent une cotisation mensuelle comprise entre 1000F et
1500F et parmi elles, la moitié pense que ce prix est vraiment
abordable.
Le tiers de la population verse aux GIE une somme
supérieure à 1500F par mensualité pour l'enlèvement
de leur DSM et la quasi-totalité d'entre-elles (73%), qu'elles soient
nanties ou non, affirment sans ambages que ce prix est assez exorbitant. Tant
bien que mal, sur la population totale, plus de la moitié ne se plaint
point de ce qu'elle défraie pour la gestion des DSM.
NB : ce croisement ne concerne que 37/60 familles qui
adhèrent
La fine minorité qui pense que le prix est très
cher est repartie entre ceux qui payent au maxi 1000F/mois, ceux qui
déboursent entre 1000F et 1500F et même ceux qui payent plus.
C'est de déduire alors que l'appréciation du cout alloué
à la pré-collecte est aléatoire.

Figure 5 : Prix
proposé pour la pré-collecte
Les 68% des familles qui prônent que le prix n'est pas
du tout abordable rechignent en réalité, tout défraiement
pour la pré-collecte et optent pour sa gratuité. Quasiment
difficile que la pré-collecte soit gratuite et que le service rendu soit
satisfaisant sauf avec l'implication d'un bailleur qui se chargerait de la
couverture financière de l'activité.
Tableau VII : Croisement
Dépotoir des déchets et méthode d'élimination des
déchets
|
Méthode d'élimination des déchets
|
Total
|
|
Compostage
|
Incinération
|
Humus au champ
|
Ne sait pas
|
|
Dépotoir des déchets
|
Caisson
|
0
|
1
|
0
|
1
|
2
|
|
Décharge publique
|
1
|
6
|
1
|
0
|
8
|
|
Rue
|
4
|
14
|
1
|
1
|
20
|
|
Caniveaux
|
1
|
1
|
0
|
0
|
2
|
|
Fleuve
|
0
|
0
|
1
|
0
|
1
|
|
Bord de la route
|
0
|
1
|
0
|
0
|
1
|
|
Ne sait pas
|
0
|
0
|
0
|
26
|
26
|
|
Total
|
6
|
23
|
3
|
28
|
60
|
Environ la moitié de la population d'enquête ne
sait pas le lieu où l'on dépose leur DSM et encore moins, ce
qu'on en fait. Cela démontre à quel point, la population ne
maitrise pas le sujet de déchets, sa gestion et son élimination.
Plus du tiers de l'échantillon affirment que les
déchets qu'ils produisent sont sans doute destinés à
l'incinération. Plus de 58% de ceux qui connaissent la destination de
leurs ordures disent qu'ils se contentent de les déverser tout bonnement
dans la rue.
Difficultés rencontrées dans la gestion
des DSM

Figure 6 :
Difficulté rencontrée
La non-implication de la mairie serait la difficulté
majeure que nos enquêtés rencontrent dans la gestion des ordures
ménagères. Il s'agit de ces hommes et femmes
figurant dans les 28% des enquêtés. Les 13% pensent que les GIE ne
se faufilent pas dans leur quartier. Un nombre égal pensent plutôt
que c'est la négligence généralisée des DSM qui
leur fatigue dans leur bonne foi de s'impliquer dans la gestion efficace des
DSM dans la ville.
Tableau VIII :
Possibilité de résolution des problèmes
|
Méthode de résolution des problèmes
|
|
Compostage
|
Incinération
|
Éloigner la décharge
|
Fertilisation des sols
|
Autres
|
|
Effectif
|
Effectif
|
Effectif
|
Effectif
|
Effectif
|
|
Résolution possible ?
|
Oui
|
8
|
28
|
8
|
14
|
0
|
|
Non
|
0
|
0
|
0
|
0
|
0
|
A la question, selon vous, est-il possible de pallier aux
nuisances liées aux déchets ménagers ou de les
atténuer ? Tous les enquêtés, sans exception aucune
ont affirmé `'oui, bien sûr'' mais en quoi
faisant ? Les avis ont légèrement divergé. Un peu
moins de la moitié pense que l'incinération est la méthode
idoine d'élimination des DSM. Plus de 13% pensent qu'il faut
procéder au compostage et un nombre égal adhèrent à
la même idée mais en amenant directement les déchets au
champ. C'est dire autrement que ces 28% sont d'avis que les DSM peuvent
être utiles au champ.
2) Les données relatives aux ramasseurs des
DSM :
Tableau IX: Durée
des ramasseurs dans l'activité
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Moins d'un an
|
9
|
90,0
|
90,0
|
90,0
|
|
Entre 1an et 5ans
|
1
|
10,0
|
10,0
|
100,0
|
|
Total
|
10
|
100,0
|
100,0
|
|
Pratiquement tous les ramasseurs rencontrés ont moins
d'un an dans l'activité car ils sont en majorité ceux qui
viennent exercer pendant la saison sèche en ville et ils retournent
pendant l'hivernage en famille.
Tableau X: Formation
reçue par les ramasseurs
|
Formation reçue par le répondant
|
Total
|
|
Oui
|
Non
|
|
Employeur du répondant
|
Moi-même
|
0
|
5
|
5
|
|
GIE
|
4
|
1
|
5
|
|
Total
|
4
|
6
|
10
|
Tous les ramasseurs qui ont reçu une formation, ne
serait-ce qu'une seule fois, travaillent au compte d'un GIE,
c'est-à-dire que les ramasseurs qui évoluent pour eux-mêmes
n'ont jamais reçu un coaching en matière de pré-collecte
des DSM. Les ramasseurs particuliers, comme on l'a signalé plus haut,
sont ceux-là qui viennent pour juste un bout de temps et rebroussent
chemin pendant la période hivernale afin d'être plus utile
ailleurs.

Figure 7 : tri
à la source
Tandis que la moitié des ebouers trouvent les
déchets dans les poubelles, seulement 30% affirment qu'elles trouvent
les DSM bien conditionnés. Les ramasseurs ou du moins, 33% d'entre eux
conservent les tris faits à la source. C'est-à-dire qu'une fois
que ceux-ci trouvent les déchets tranchants et coupants separés
des autres, ils ne les melangent plus dans le meme recipient.
Il ne suffit pas que les virreries (et les autres
déchets tranchants et coupants) et les balayures ne soient pas
melangés à la source mais qu'ils restent separés
jusqu'à l'elimination finale.
Car l'un des objectifs recherchés est l'adaptation du
mode de traitement final au type de déchets. C'est ce que les ramasseurs
n'ont toujours pas cerné.
Port des EPI
|
Designation
|
Oui
|
Non
|
|
Port_Gants
|
40%
|
60%
|
|
Port_Cache-Nez
|
70%
|
30%
|
|
Port_Tenue de travail
|
50%
|
50%
|
|
Port_Lunettes
|
10%
|
90%
|
|
Port_Bottes
|
10%
|
90%
|
|
Port_Aucun
|
30%
|
70%
|
Figure 8 : Port des
EPI
Les 70% sont conscients des dangers et des risques dans la
manipulation des déchets et tachent à porter les cache-nez lors
de la pre-collecte. Cependant les pieds et les yeux ne font pas partie de leur
protection individuelle.
Puisque les ramasseurs privés n'ont jamais reçu
d'accompagnement, il va de soi que la plupart ne soit pas conscient du grand
risque lié aux DSM.
Tableau XI :
Tableau croisé `'Moyen de transport et Site de Transit''
|
Site de Transit
|
Caisson
|
|
Moyen de transport
|
Charette
|
1
|
0
|
|
Chariot
|
4
|
0
|
|
Benne
|
5
|
0
|
|
Total
|
10
|
0
|
Tous les transporteurs de déchets (10/10) se dirigent
d'une façon ou d'une autre vers un site de transit officiel ou sauvage.
En effet, dans plus d'un quartier, on retrouve des dépotoirs sauvages,
au plein coeur de la ville et qui sont très sollicités par les
particuliers.
Seules les familles qui transportent eux-mêmes leurs DSM
utilisent les caissons, les bords de fleuve, les rues etc. comme
dépotoir car elles ne veulent pas défrayer pour la cause.
|
Décharge de transit
|
|
Elimination
Finale des
DSM
|
Remblayage des ravins
|
6
|
|
Incinération
|
4
|
|
Compostage
|
0
|
|
Autre
|
0
|
Tableau XII :
Dépotoir final
Comme dépotoir final ou de transit, 60% des
transporteurs préfèrent le remblayage des ravins dans les
quartiers périphériques comme Bencounda, Khasso et Lafiabougou.
Les déchets acheminés dans les caissons et
celles déposés directement à la décharge publique
sont tous destinés à l'incinération, la revalorisation
n'ayant pas de poids dans la gestion quotidienne des DSM.
Les caniveaux, le fleuve, les abords des routes ou même
le dépotoir sauvage ne sont pas usités, le plus souvent par les
GIE et les transporteurs particuliers.
Tableau XIII: Les
transporteurs particuliers et les GIE
|
|
Transporteurs particuliers
|
Transporteurs GIE
|
|
Existence de difficultés liés à la
population
|
Oui
|
3/5
|
5/5
|
|
Non
|
2/5
|
0/5
|
|
Existence de difficultés liés aux GIE
|
Oui
|
2/5
|
5/5
|
|
Non
|
3/5
|
0/5
|
|
Existence de difficultés liés à la
mairie
|
Oui
|
2/5
|
4/5
|
|
Non
|
3/5
|
1/5
|
Au sujet des difficultés liées à la
population, 100% des ramasseurs des GIE se plaignent de leur collaboration avec
la population alors qu'au même moment 60% des ramasseurs particuliers
n'ont rien à redire sur la collaboration. Un constat similaire est
observable pour les difficultés liées à la collaboration
des deux types de transporteurs avec les responsables de GIE et la mairie. Ce
sont les transporteurs de GIE qui se plaignent le plus. Ils se plaignent de
la négligence et de l'incivisme de la population, de
l'étranglement que leur font subir leurs chefs dans les GIE (la charge
du travail dépassant la rémunération) et l'absence totale
et pure de la mairie dans sa qualité de gouvernance, de gestion et de
coordination des chevauchements entre les GIE et surtout, de la gestion des
ramasseurs particuliers.
|