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Etat de lieu de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes, Mali


par Diarra ABDOUL KADER
2IE - Master II en Management des Entreprises des Organisations MEO 2023
  

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Chapitre IV : Résultats et discussions

I. Présentation des résultats des questionnaires :

La collecte a été menée comme prévu et les données recherchées ont été tant bien que difficilement, recueillies dans les conditions prévues pour la cause. Les données sont présentées ci-dessous sous formes de tableaux, d'histogrammes et de figures.

1) Les données relatives à la population :

Présentation des enquêtés :

Tableau I : Répartition des répondants en fonction du sexe et de la fonction

Effectif

Profession du répondant

Total

Ménagère

Commerçant/commerçante

Salarié

Travailleur indépendant

Genre du répondant

Homme

0

3

8

6

17

Femme

35

5

2

1

43

Total

35

8

10

7

60

Sur les 60 enquêtées de la population 71% sont des femmes. Et parmi ces femmes qui ont répondu à nos questions, 81% sont des ménagères. C'est dire autrement que nos répondants dans l'échantillon conviennent bien pour fournir des réponses idoines sur la gestion des ordures ménagères. Les hommes, bien que minoritaires dans notre échantillon font partie de nos répondants.

Connaissances des déchets par la population :

Tableau II: Définition des déchets

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Balayures

39

65,0

65,0

65,0

Saleté

8

13,3

13,3

78,3

Objet inutile et sans valeur

9

15,0

15,0

93,3

Objet jetable

4

6,7

6,7

100,0

Total

60

100,0

100,0

 

Toute la population rencontrée a une notion sur le terme `'déchet''. Ce qui est d'ailleurs concevable est l'appréciation des 65% de la population qui prônent que toute balayure est ordure. Au même moment, 15% pensent qu'il s'agit de tout objet inutile et sans valeur. Ce qui peut constituer une erreur dans la mesure où les déchets ne sont pas forcément sans valeur. L'ordure, c'est la saleté ou c'est tout ce qui est jetable sont entre autres, des réponses retrouvées chez certains répondants.

Tableau III: implication dans la production des déchets

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Oui

51

85,0

85,0

85,0

Non

9

15,0

15,0

100,0

Total

60

100,0

100,0

 

La quasi-totalité de la population sont d'avis qu'ils figurent bel et bien parmi les producteurs de déchets. Ils arguent qu'ils mangent et qu'ils utilisent des déchets et que ces détriments constituent les déchets. Une minorité réticente affirment que ce sont les autres qui produisent les déchets.

Connaissance de l'impact des ordures

Figure 1: Connaissance de l'impact des ordures

La quasi-totalité des enquêtés soit 95% affirme que les déchets présentent un grand danger. Le quart de l'échantillon pense qu'un profit peut être soutiré des déchets. Une petite minorité s'est réservée de se prononcer.

Ceux qui pensent que les déchets ne produisent que des effets négatifs ont leur part de raison dans la mesure où les initiatives de récupération et de revalorisation des déchets sont rares dans la société Kaysienne. Ils vont ainsi se contenter de souligner, ce qu'ils en subissent comme conséquence.

Tableau IV: Conséquences des déchets

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Faune

13

21,7

21,7

21,7

Flore

4

6,7

6,7

28,3

Esthétique

9

15,0

15,0

43,3

Sol

34

56,7

56,7

100,0

Total

60

100,0

100,0

 

Les conséquences des déchets portent sur le sol avec 56,7% des répondants. En tout, ils sont conscients qu'en plus d'être polluants pour le sol, les ordures peuvent affecter la faune, la flore et ternir l'esthétique de l'environnement. Quel que soit le répondant, chacun est d'accord avec le fait qu'une mauvaise gestion des DSM produit sur la faune, la flore, le sol des conséquences nocives et destructives.

Problème des déchets

Figure 2: problèmes des déchets

Des problèmes dramatiques sur la santé peuvent en découler comme le prouvent 41% des répondants. Ces maladies peuvent être directement liées aux DSM ou indirectement. 20% pensent que les déchets ne peuvent atteindre la santé que par le biais de la pollution du sol. Une partie pense que les déchets engendrent des problèmes sans pour autant être capables de se prononcer sur le mécanisme.

Connaissance du processus de gestion

Tableau V: déchets croisement ''Poubelle et tri''

 

Le tri à la source

Total

Oui

Non

Déchets mis dans poubelle

Oui

4

36

40

Non

2

18

20

Total

6

54

60

Exceptés les 10%, l'ensemble des 90% des répondants pensent que le tri à la source n'est pas respecté et parmi eux, 66% pensent qu'ils ne prennent pas toujours le soin de mettre les DSM dans les poubelles. Ce qui sous-tend qu'un nombre important de la population ne font pas transporter leur DSM.

Fréquence d'enlèvement des ordures :

Figure 3 : Fréquence d'enlèvement des ordures

Plus du tiers de la population n'adhère pas au système de paiement pour l'enlèvement des DSM, ils s'en chargent personnellement. Ils se contentent de les déposer dans la rue. Heureusement qu'ils ne constituent qu'une petite minorité. Les autres optent pour les GIE et les particuliers. Cette attitude est vraiment prometteuse.

Le chargé de la pré-collecte :

Figure 4 : Le chargé de la pré-collecte 

Les 60% dont les déchets sont transportés sont reparties entre les GIE (41%), la mairie (5%) et la plupart accordé aux particuliers qui sont les charretiers du quartier. Ces derniers se classent à la première place en termes de nombre d'abonnés avec la majorité écrasante de 54% face à la coalition des clients de la mairie et des GIE.

Cela montre à quel point la population adhère à l'informel au grand dam de ce qui est structuré.

La cherté du cout de la pré-collecte

Tableau VI : Croisement `'Coût aux GIE'' et `'Jugement du prix''

 

Jugement du prix

Total

Très cher

Abordable

Pas cher

Cout aux GIE

Inf 1000F

1

3

0

4

Entre 1000F et 1500F

8

11

3

22

Sup 1500

8

2

1

11

Total

17

16

4

37

Environ 60% des familles qui adhèrent au système de pré-collecte payent une cotisation mensuelle comprise entre 1000F et 1500F et parmi elles, la moitié pense que ce prix est vraiment abordable.

Le tiers de la population verse aux GIE une somme supérieure à 1500F par mensualité pour l'enlèvement de leur DSM et la quasi-totalité d'entre-elles (73%), qu'elles soient nanties ou non, affirment sans ambages que ce prix est assez exorbitant. Tant bien que mal, sur la population totale, plus de la moitié ne se plaint point de ce qu'elle défraie pour la gestion des DSM.

NB : ce croisement ne concerne que 37/60 familles qui adhèrent

La fine minorité qui pense que le prix est très cher est repartie entre ceux qui payent au maxi 1000F/mois, ceux qui déboursent entre 1000F et 1500F et même ceux qui payent plus. C'est de déduire alors que l'appréciation du cout alloué à la pré-collecte est aléatoire.

Figure 5 : Prix proposé pour la pré-collecte

Les 68% des familles qui prônent que le prix n'est pas du tout abordable rechignent en réalité, tout défraiement pour la pré-collecte et optent pour sa gratuité. Quasiment difficile que la pré-collecte soit gratuite et que le service rendu soit satisfaisant sauf avec l'implication d'un bailleur qui se chargerait de la couverture financière de l'activité.

Tableau VII : Croisement Dépotoir des déchets et méthode d'élimination des déchets

 

Méthode d'élimination des déchets

Total

Compostage

Incinération

Humus au champ

Ne sait pas

Dépotoir des déchets

Caisson

0

1

0

1

2

Décharge publique

1

6

1

0

8

Rue

4

14

1

1

20

Caniveaux

1

1

0

0

2

Fleuve

0

0

1

0

1

Bord de la route

0

1

0

0

1

Ne sait pas

0

0

0

26

26

Total

6

23

3

28

60

Environ la moitié de la population d'enquête ne sait pas le lieu où l'on dépose leur DSM et encore moins, ce qu'on en fait. Cela démontre à quel point, la population ne maitrise pas le sujet de déchets, sa gestion et son élimination.

Plus du tiers de l'échantillon affirment que les déchets qu'ils produisent sont sans doute destinés à l'incinération. Plus de 58% de ceux qui connaissent la destination de leurs ordures disent qu'ils se contentent de les déverser tout bonnement dans la rue.

Difficultés rencontrées dans la gestion des DSM

Figure 6 : Difficulté rencontrée

La non-implication de la mairie serait la difficulté majeure que nos enquêtés rencontrent dans la gestion des ordures ménagères. Il s'agit de ces hommes et femmes figurant dans les 28% des enquêtés. Les 13% pensent que les GIE ne se faufilent pas dans leur quartier. Un nombre égal pensent plutôt que c'est la négligence généralisée des DSM qui leur fatigue dans leur bonne foi de s'impliquer dans la gestion efficace des DSM dans la ville.

Tableau VIII : Possibilité de résolution des problèmes

 

Méthode de résolution des problèmes

Compostage

Incinération

Éloigner la décharge

Fertilisation des sols

Autres

Effectif

Effectif

Effectif

Effectif

Effectif

Résolution possible ?

Oui

8

28

8

14

0

Non

0

0

0

0

0

A la question, selon vous, est-il possible de pallier aux nuisances liées aux déchets ménagers ou de les atténuer ? Tous les enquêtés, sans exception aucune ont affirmé `'oui, bien sûr'' mais en quoi faisant ? Les avis ont légèrement divergé. Un peu moins de la moitié pense que l'incinération est la méthode idoine d'élimination des DSM. Plus de 13% pensent qu'il faut procéder au compostage et un nombre égal adhèrent à la même idée mais en amenant directement les déchets au champ. C'est dire autrement que ces 28% sont d'avis que les DSM peuvent être utiles au champ.

2) Les données relatives aux ramasseurs des DSM :

Tableau IX: Durée des ramasseurs dans l'activité

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Moins d'un an

9

90,0

90,0

90,0

Entre 1an et 5ans

1

10,0

10,0

100,0

Total

10

100,0

100,0

 

Pratiquement tous les ramasseurs rencontrés ont moins d'un an dans l'activité car ils sont en majorité ceux qui viennent exercer pendant la saison sèche en ville et ils retournent pendant l'hivernage en famille.

Tableau X: Formation reçue par les ramasseurs

 

Formation reçue par le répondant

Total

Oui

Non

Employeur du répondant

Moi-même

0

5

5

GIE

4

1

5

Total

4

6

10

Tous les ramasseurs qui ont reçu une formation, ne serait-ce qu'une seule fois, travaillent au compte d'un GIE, c'est-à-dire que les ramasseurs qui évoluent pour eux-mêmes n'ont jamais reçu un coaching en matière de pré-collecte des DSM. Les ramasseurs particuliers, comme on l'a signalé plus haut, sont ceux-là qui viennent pour juste un bout de temps et rebroussent chemin pendant la période hivernale afin d'être plus utile ailleurs.

Figure 7 : tri à la source

Tandis que la moitié des ebouers trouvent les déchets dans les poubelles, seulement 30% affirment qu'elles trouvent les DSM bien conditionnés. Les ramasseurs ou du moins, 33% d'entre eux conservent les tris faits à la source. C'est-à-dire qu'une fois que ceux-ci trouvent les déchets tranchants et coupants separés des autres, ils ne les melangent plus dans le meme recipient.

Il ne suffit pas que les virreries (et les autres déchets tranchants et coupants) et les balayures ne soient pas melangés à la source mais qu'ils restent separés jusqu'à l'elimination finale.

Car l'un des objectifs recherchés est l'adaptation du mode de traitement final au type de déchets. C'est ce que les ramasseurs n'ont toujours pas cerné.

Port des EPI

Designation

Oui

Non

Port_Gants

40%

60%

Port_Cache-Nez

70%

30%

Port_Tenue de travail

50%

50%

Port_Lunettes

10%

90%

Port_Bottes

10%

90%

Port_Aucun

30%

70%

Figure 8 : Port des EPI

Les 70% sont conscients des dangers et des risques dans la manipulation des déchets et tachent à porter les cache-nez lors de la pre-collecte. Cependant les pieds et les yeux ne font pas partie de leur protection individuelle.

Puisque les ramasseurs privés n'ont jamais reçu d'accompagnement, il va de soi que la plupart ne soit pas conscient du grand risque lié aux DSM.

Tableau XI : Tableau croisé `'Moyen de transport et Site de Transit''

 

Site de Transit

Caisson

Moyen de transport

Charette

1

0

Chariot

4

0

Benne

5

0

Total

10

0

Tous les transporteurs de déchets (10/10) se dirigent d'une façon ou d'une autre vers un site de transit officiel ou sauvage. En effet, dans plus d'un quartier, on retrouve des dépotoirs sauvages, au plein coeur de la ville et qui sont très sollicités par les particuliers.

Seules les familles qui transportent eux-mêmes leurs DSM utilisent les caissons, les bords de fleuve, les rues etc. comme dépotoir car elles ne veulent pas défrayer pour la cause.

 

Décharge de transit

Elimination

Finale des

DSM

Remblayage des ravins

6

Incinération

4

Compostage

0

Autre

0

Tableau XII : Dépotoir final

Comme dépotoir final ou de transit, 60% des transporteurs préfèrent le remblayage des ravins dans les quartiers périphériques comme Bencounda, Khasso et Lafiabougou.

Les déchets acheminés dans les caissons et celles déposés directement à la décharge publique sont tous destinés à l'incinération, la revalorisation n'ayant pas de poids dans la gestion quotidienne des DSM.

Les caniveaux, le fleuve, les abords des routes ou même le dépotoir sauvage ne sont pas usités, le plus souvent par les GIE et les transporteurs particuliers.

Tableau XIII: Les transporteurs particuliers et les GIE

 
 

Transporteurs particuliers

Transporteurs GIE

Existence de difficultés liés à la population

Oui

3/5

5/5

Non

2/5

0/5

Existence de difficultés liés aux GIE

Oui

2/5

5/5

Non

3/5

0/5

Existence de difficultés liés à la mairie

Oui

2/5

4/5

Non

3/5

1/5

Au sujet des difficultés liées à la population, 100% des ramasseurs des GIE se plaignent de leur collaboration avec la population alors qu'au même moment 60% des ramasseurs particuliers n'ont rien à redire sur la collaboration. Un constat similaire est observable pour les difficultés liées à la collaboration des deux types de transporteurs avec les responsables de GIE et la mairie. Ce sont les transporteurs de GIE qui se plaignent le plus. Ils se plaignent de la négligence et de l'incivisme de la population, de l'étranglement que leur font subir leurs chefs dans les GIE (la charge du travail dépassant la rémunération) et l'absence totale et pure de la mairie dans sa qualité de gouvernance, de gestion et de coordination des chevauchements entre les GIE et surtout, de la gestion des ramasseurs particuliers.

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