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Etat de lieu de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes, Mali


par Diarra ABDOUL KADER
2IE - Master II en Management des Entreprises des Organisations MEO 2023
  

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II. Présentation des données de l'entretien :

Avec les GIE :

Les entretiens ont eu lieu et le guide d'entretien préétabli a servi de support. Après les prises de contact, les autorisations d'enregistrement ont toujours été demandées et la confidentialité des données était garantie. L'ampleur et la portée de certaines informations se font valoir par la connaissance de leur auteur.

Tous les directeurs et promoteurs de GIE sans exception aucune sont d'avis que leur rôle principal dans la gestion des DSM est la pré-collecte. On entend par pré-collecte le ramassage des ordures depuis les ménages et leur acheminement à un dépôt de transit. Ils mènent, outre la pré-collecte, des recherches de nouveaux adhérents.

A la question de savoir les difficultés ou les plus grandes difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion des ordures ménagères, ils n'ont point rechigné de citer et de compter de doigt les problèmes suivants dont certains constituent des écueils et d'autres des challenges :

· Insuffisance de séances de sensibilisation et de mobilisation de la population ;

· La non adhésion de la plupart des cibles ;

· Le chevauchement des GIE dans les mêmes zones d'interventions ;

· La présence massive et incontrôlée des transporteurs particuliers à chariot ou à charrette ;

· La lenteur dans l'application des textes ;

· Le problème de décharge publique adéquate ;

· La cherté des couts liés à la pré-collecte.

Entre autres, les GIE affirment souffrir de ces quelques difficultés sans pour autant se laisser succomber sous le coup. Tant bien que mal, les GIE veulent l'interdiction formelle d'exercice des charretiers et sans délais, surtout les GIE membres de la Coordination des organisations travaillant à Kayes (COTAK).

Normalement à la mairie centrale, à chaque GIE est attribuée une zone d'exercice. Mais au pis, on se retrouve souvent avec la présence d'au moins deux GIE dans la même localité d'intervention d'où le chevauchement des GIE qui découle de la non application des textes.

Parmi les textes dont on fait allusion, il y a le contrat synallagmatique qui relie chaque GIE avec la mairie. Ce document assez explicite semble pouvoir corriger plusieurs anomalies qui sévissent dans la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kati. Le statut et règlement intérieur de la COTAK semble être marginalisé sans aucune autre forme de procès.

Le laxisme de l'autorité compétente ainsi que la non implication des populations productrices des ordures sont à la base de la mauvaise gestion des ordures selon les 30% des GIE. Des groupements qui ne font pas partie du COTAK pensent que c'est le COTAK même le problème dans la mesure où les membres sont les premiers à faire fi à leur texte. Ils font ainsi allusion au fait que ces derniers sont les acteurs des dépotoirs anarchiques, du chevauchement et la nonchalance de la promotion des GIE sur le plan local et national.

Sans exclusive, tous ceux qui ont participé à l'entretien assertent que les ordures sont vraiment mal gérées à Kayes et que les conséquences néfastes de cette pratique affectent l'écosystème, le sol, la faune, la flore et même, l'eau du fleuve. Ils n'ont pas hésité de prodiguer de conseils, lesquels, selon eux, permettront de dompter la situation et faciliteront une résolution innovante des problèmes liés à la gestion des déchets solides ménagers (GDSM). Il y a entre autres :

· La solidarité autour de toute action d'assainissement

· L'adhésion de la population à la gestion des ordures par la sensibilisation et le changement de comportement

· Le respect du tri à la source tant au niveau de la production qu'au niveau du transport

· Le respect strict des sites de transit

· L'application minutieuse des contrats synallagmatiques entre les GIE et la mairie d'une part, et entre les GIE membres de la COTAK d'autre part.

· La revalorisation, la transformation et le recyclage des déchets

· La recherche active des partenaires dans la gestion des ordures

· L'accentuation des séances de sensibilisation et de promotion des GIE pour d'une adhésion massive.

· L'interdiction de toute activité informelle dans la gestion des ordures

Les présidents de GIE rencontrés sont vraiment d'avis pour ces mesures surtout l'interdiction du secteur informel dans la GDSM et le suivi de l'application des textes reliant la mairie aux GIE notamment le respect des affectations de secteur. Les charretiers ou les ramasseurs particuliers représentent un danger ou une épine dans les pieds des promoteurs de GIE car, leur prix de pré-collecte étant plus accessible, bons nombres des familles préfèrent adhérer à leur réseautage. De surcroit, sans grande procédure, leur adhésion semble facile et ils sont les plus nombreux sur le terrain. Il suffit, le plus souvent, de leur donner une somme de 100 ou 150Francs CFA par service `environ deux fois par semaine' que plutôt de défrayer une somme de 2000Fcfa à la fin du mois.

Avec les leaders techniques et administratifs :

Il était question de rencontrer les responsables impliqués d'une manière ou autre dans la gestion des ordures ménagères dans la ville. Comme expliqué dans la partie méthodologie, l'activité consistait à s'entretenir avec la mairie, la DRACPN, le CSRéf, certaines ONG et associations jeunes du quartier.

A la DRACPN, le lieu du présent stage, le répondant nous a dit que leur rôle dans la GDSM est surtout l'appui conseil auprès des collectivités. Dans cette activité, ils sont butés à des difficultés de communication, via les rapports ou les lettres de correspondance, avec la mairie et les GIE. Comme tous les autres, ils ont touché le problème de décharge publique et de site de revalorisation même si à l'horizon, un site de 20 ha dans les alentours de la ville est prévu pour la cause.

Au CSRéf, ce sont plutôt à travers les GIE que leurs déchets assimilés sont acheminés au site de transit. Ils coordonnent aussi la polarisation vers des déchets assimilés aux ordures ménagères de certains centres de santé privés comme les cabinets, les cliniques ... Le CSRéf assure aussi de façon semestrielle la supervision intégrée pendant laquelle, ils font le suivi et contrôle de la GDSM des CSCom de la ville. Pour l'occasion, ils prodiguent des conseils à leur endroit. Ils organisent aussi de temps à autres, des ateliers de formation et de renforcement de capacité des responsables de GDSM dans les centres de santé publics et privés. Ces ateliers se font avec l'appui des partenaires financiers.

Notre répondant du CSRéf a dit qu'il est très gênant qu'aujourd'hui encore, à cause de la mauvaise gestion des ordures assimilées des centres de santé, surtout la non mise en application des mesures de tri à la source, on se retrouve avec des déchets biomédicaux (DBM) dans les dépôts de transit. Ces dépôts qui sont tant sollicités par les démunis et les pauvres gens de la société.

Selon lui, c'est le fait que moins de 20% des centres de santé adhèrent à la polarisation des DBM vers le CSRéf ou les CSCom ayant un incinérateur qui est réellement à la base de ce fléau.

Il pense qu'on ne peut pallier ce problème qu'en renforçant les séances de sensibilisation et de formation des personnels de santé des structures privées et aussi, de procéder au suivi et contrôle ainsi qu'à la sanction.

Il continue pour dire que l'office malienne pour la valorisation du fleuve Sénégal (OMVS) avait initié la dotation des berges du fleuve en poubelles. Jugeant ce geste nécessaire, il pense que cela ne doit pas rester enfermé dans le registre de l'histoire et de l'oubliette et que la revivification de ce projet et sa pérennisation sont indispensables à la sauvegarde de nos ressources premières : le fleuve, le sol, la faune, la flore.... des méfaits des ordures ménagères.

A la mairie, c'est le directeur technique qui a fourni les éléments de réponse.

Avant de clore notre entretien, les derniers mots du répondant consistaient à insister sur la nécessité de l'implication des leaders de la localité, en faisant allusion aux responsables administratifs et juridiques, et surtout, de l'application des sanctions contre les auteurs des actes ignobles et inhumains dans la gestion des ordures.

Nous avons aussi eu à nous entretenir avec un représentant de la mairie, le responsable des services techniques municipaux. Pour dire d'une autre manière que celui qui est sensé connaitre le mieux a enfin parlé.

En quoi la mairie est-elle impliquée dans la GDSM ? Il se mit alors à énumérer les lois saillantes relatives aux injonctions de l'état dans l'implication de la mairie à la GDSM. Il nous affirma que la mairie est le fer de lance dans la GDSM dans sa collectivité. Ils sont impliqués dans le processus sans retenue même s'ils sont butés à des difficultés multiples, ils s'y impliquent à fond quand-même. Ils font face à une insuffisance notoire de matériels de transport des déchets et financière, cette dernière étant le nerf de la guerre. L'incivisme de la population, faisant allusion à leur réticence aux changements de comportements face à la GDSM. A se fier à ses mots, il y a une absence d'aire de transit de pré-collecte. Le site de la décharge n'est pas aménagé.

Il souligne en outre, comme l'ont fait les responsables des GIE, que la concurrence déloyale (du secteur formel et informel) est une difficulté non négligeable qui se corse du jour au lendemain.

Notre interlocuteur, bien que désireux à transcender cette situation, pense que les conséquences drastiques n'épargnent guère l'écosystème, le sol, la faune et la flore. Il a dit que la situation engendre la pollution de l'air et du sol, crée des nuisances, contribue à l'ensablement des cours d'eau, à l'extinction des espèces faunistiques, aquatiques et végétales. Il se dit alors que les solutions ci-dessous citées sont indispensables à la bonne gestion des ordures ménagères :

ÿ L'aménagement de la décharge publique

ÿ La création et aménagement des dépôts de transit

ÿ La restructuration des acteurs intervenants dans la filière déchets

ÿ L'éducation et la sensibilisation de la population en faveur du tri à la source

ÿ La valorisation de la filière déchets.

ÿ La formalisation du cadre de partenariat entre la mairie et ses partenaires techniques et financiers.

Il renchérit ses propos en trouvant que la revalorisation des déchets nécessite :

Ë la formation des acteurs et des appuis financiers

Ë la réorganisation des circuits de collecte et de pré-collecte

Ë la sensibilisation de la population au tri à la source

Les éléments de réponses obtenus lors de nos différents entretiens se déclinent comme présentés ci-dessus. Ils étaient disposés pour les entretiens et n'ont ménagé aucun effort pour que les informations complémentaires non prévues dans le guide soient fournies dans la mesure du possible.

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