II. Présentation des données de
l'entretien :
Avec les GIE :
Les entretiens ont eu lieu et le guide d'entretien
préétabli a servi de support. Après les prises de contact,
les autorisations d'enregistrement ont toujours été
demandées et la confidentialité des données était
garantie. L'ampleur et la portée de certaines informations se font
valoir par la connaissance de leur auteur.
Tous les directeurs et promoteurs de GIE sans exception aucune
sont d'avis que leur rôle principal dans la gestion des DSM est la
pré-collecte. On entend par pré-collecte le ramassage des ordures
depuis les ménages et leur acheminement à un dépôt
de transit. Ils mènent, outre la pré-collecte, des recherches de
nouveaux adhérents.
A la question de savoir les difficultés ou les plus
grandes difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion des ordures
ménagères, ils n'ont point rechigné de citer et de compter
de doigt les problèmes suivants dont certains constituent des
écueils et d'autres des challenges :
· Insuffisance de séances de sensibilisation et de
mobilisation de la population ;
· La non adhésion de la plupart des
cibles ;
· Le chevauchement des GIE dans les mêmes zones
d'interventions ;
· La présence massive et incontrôlée
des transporteurs particuliers à chariot ou à charrette ;
· La lenteur dans l'application des textes ;
· Le problème de décharge publique
adéquate ;
· La cherté des couts liés à la
pré-collecte.
Entre autres, les GIE affirment souffrir de ces quelques
difficultés sans pour autant se laisser succomber sous le coup. Tant
bien que mal, les GIE veulent l'interdiction formelle d'exercice des
charretiers et sans délais, surtout les GIE membres de la Coordination
des organisations travaillant à Kayes (COTAK).
Normalement à la mairie centrale, à chaque GIE
est attribuée une zone d'exercice. Mais au pis, on se retrouve souvent
avec la présence d'au moins deux GIE dans la même localité
d'intervention d'où le chevauchement des GIE qui découle de la
non application des textes.
Parmi les textes dont on fait allusion, il y a le contrat
synallagmatique qui relie chaque GIE avec la mairie. Ce document assez
explicite semble pouvoir corriger plusieurs anomalies qui sévissent dans
la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kati. Le statut
et règlement intérieur de la COTAK semble être
marginalisé sans aucune autre forme de procès.
Le laxisme de l'autorité compétente ainsi que la
non implication des populations productrices des ordures sont à la base
de la mauvaise gestion des ordures selon les 30% des GIE. Des groupements qui
ne font pas partie du COTAK pensent que c'est le COTAK même le
problème dans la mesure où les membres sont les premiers à
faire fi à leur texte. Ils font ainsi allusion au fait que ces derniers
sont les acteurs des dépotoirs anarchiques, du chevauchement et la
nonchalance de la promotion des GIE sur le plan local et national.
Sans exclusive, tous ceux qui ont participé à
l'entretien assertent que les ordures sont vraiment mal gérées
à Kayes et que les conséquences néfastes de cette pratique
affectent l'écosystème, le sol, la faune, la flore et même,
l'eau du fleuve. Ils n'ont pas hésité de prodiguer de conseils,
lesquels, selon eux, permettront de dompter la situation et faciliteront une
résolution innovante des problèmes liés à la
gestion des déchets solides ménagers (GDSM). Il y a entre
autres :
· La solidarité autour de toute action
d'assainissement
· L'adhésion de la population à la gestion
des ordures par la sensibilisation et le changement de comportement
· Le respect du tri à la source tant au niveau de
la production qu'au niveau du transport
· Le respect strict des sites de transit
· L'application minutieuse des contrats synallagmatiques
entre les GIE et la mairie d'une part, et entre les GIE membres de la
COTAK d'autre part.
· La revalorisation, la transformation et le recyclage
des déchets
· La recherche active des partenaires dans la gestion des
ordures
· L'accentuation des séances de sensibilisation et
de promotion des GIE pour d'une adhésion massive.
· L'interdiction de toute activité informelle dans
la gestion des ordures
Les présidents de GIE rencontrés sont vraiment
d'avis pour ces mesures surtout l'interdiction du secteur informel dans la GDSM
et le suivi de l'application des textes reliant la mairie aux GIE notamment le
respect des affectations de secteur. Les charretiers ou les ramasseurs
particuliers représentent un danger ou une épine dans les pieds
des promoteurs de GIE car, leur prix de pré-collecte étant plus
accessible, bons nombres des familles préfèrent adhérer
à leur réseautage. De surcroit, sans grande procédure,
leur adhésion semble facile et ils sont les plus nombreux sur le
terrain. Il suffit, le plus souvent, de leur donner une somme de 100 ou
150Francs CFA par service `environ deux fois par semaine' que plutôt de
défrayer une somme de 2000Fcfa à la fin du mois.
Avec les leaders techniques et
administratifs :
Il était question de rencontrer les responsables
impliqués d'une manière ou autre dans la gestion des ordures
ménagères dans la ville. Comme expliqué dans la partie
méthodologie, l'activité consistait à s'entretenir avec la
mairie, la DRACPN, le CSRéf, certaines ONG et associations jeunes du
quartier.
A la DRACPN, le lieu du présent stage, le
répondant nous a dit que leur rôle dans la GDSM est surtout
l'appui conseil auprès des collectivités. Dans cette
activité, ils sont butés à des difficultés de
communication, via les rapports ou les lettres de correspondance, avec la
mairie et les GIE. Comme tous les autres, ils ont touché le
problème de décharge publique et de site de revalorisation
même si à l'horizon, un site de 20 ha dans les alentours de la
ville est prévu pour la cause.
Au CSRéf, ce sont plutôt à travers les GIE
que leurs déchets assimilés sont acheminés au site de
transit. Ils coordonnent aussi la polarisation vers des déchets
assimilés aux ordures ménagères de certains centres de
santé privés comme les cabinets, les cliniques ... Le
CSRéf assure aussi de façon semestrielle la supervision
intégrée pendant laquelle, ils font le suivi et contrôle de
la GDSM des CSCom de la ville. Pour l'occasion, ils prodiguent des conseils
à leur endroit. Ils organisent aussi de temps à autres, des
ateliers de formation et de renforcement de capacité des responsables de
GDSM dans les centres de santé publics et privés. Ces ateliers se
font avec l'appui des partenaires financiers.
Notre répondant du CSRéf a dit qu'il est
très gênant qu'aujourd'hui encore, à cause de la mauvaise
gestion des ordures assimilées des centres de santé, surtout la
non mise en application des mesures de tri à la source, on se retrouve
avec des déchets biomédicaux (DBM) dans les dépôts
de transit. Ces dépôts qui sont tant sollicités par les
démunis et les pauvres gens de la société.
Selon lui, c'est le fait que moins de 20% des centres de
santé adhèrent à la polarisation des DBM vers le
CSRéf ou les CSCom ayant un incinérateur qui est
réellement à la base de ce fléau.
Il pense qu'on ne peut pallier ce problème qu'en
renforçant les séances de sensibilisation et de formation des
personnels de santé des structures privées et aussi, de
procéder au suivi et contrôle ainsi qu'à la sanction.
Il continue pour dire que l'office malienne pour la
valorisation du fleuve Sénégal (OMVS) avait initié la
dotation des berges du fleuve en poubelles. Jugeant ce geste nécessaire,
il pense que cela ne doit pas rester enfermé dans le registre de
l'histoire et de l'oubliette et que la revivification de ce projet et sa
pérennisation sont indispensables à la sauvegarde de nos
ressources premières : le fleuve, le sol, la faune, la flore....
des méfaits des ordures ménagères.
A la mairie, c'est le directeur technique qui a fourni les
éléments de réponse.
Avant de clore notre entretien, les derniers mots du
répondant consistaient à insister sur la nécessité
de l'implication des leaders de la localité, en faisant allusion aux
responsables administratifs et juridiques, et surtout, de l'application des
sanctions contre les auteurs des actes ignobles et inhumains dans la gestion
des ordures.
Nous avons aussi eu à nous entretenir avec un
représentant de la mairie, le responsable des services techniques
municipaux. Pour dire d'une autre manière que celui qui est sensé
connaitre le mieux a enfin parlé.
En quoi la mairie est-elle impliquée dans la
GDSM ? Il se mit alors à énumérer les lois saillantes
relatives aux injonctions de l'état dans l'implication de la mairie
à la GDSM. Il nous affirma que la mairie est le fer de lance dans la
GDSM dans sa collectivité. Ils sont impliqués dans le processus
sans retenue même s'ils sont butés à des difficultés
multiples, ils s'y impliquent à fond quand-même. Ils font face
à une insuffisance notoire de matériels de transport des
déchets et financière, cette dernière étant le nerf
de la guerre. L'incivisme de la population, faisant allusion à leur
réticence aux changements de comportements face à la GDSM. A se
fier à ses mots, il y a une absence d'aire de transit de
pré-collecte. Le site de la décharge n'est pas
aménagé.
Il souligne en outre, comme l'ont fait les responsables des
GIE, que la concurrence déloyale (du secteur formel et informel) est une
difficulté non négligeable qui se corse du jour au lendemain.
Notre interlocuteur, bien que désireux à
transcender cette situation, pense que les conséquences drastiques
n'épargnent guère l'écosystème, le sol, la faune et
la flore. Il a dit que la situation engendre la pollution de l'air et du sol,
crée des nuisances, contribue à l'ensablement des cours d'eau,
à l'extinction des espèces faunistiques, aquatiques et
végétales. Il se dit alors que les solutions ci-dessous
citées sont indispensables à la bonne gestion des ordures
ménagères :
ÿ L'aménagement de la décharge publique
ÿ La création et aménagement des
dépôts de transit
ÿ La restructuration des acteurs intervenants dans la
filière déchets
ÿ L'éducation et la sensibilisation de la
population en faveur du tri à la source
ÿ La valorisation de la filière déchets.
ÿ La formalisation du cadre de partenariat entre la
mairie et ses partenaires techniques et financiers.
Il renchérit ses propos en trouvant que la
revalorisation des déchets nécessite :
Ë la formation des acteurs et des appuis financiers
Ë la réorganisation des circuits de collecte et de
pré-collecte
Ë la sensibilisation de la population au tri à la
source
Les éléments de réponses obtenus lors de
nos différents entretiens se déclinent comme
présentés ci-dessus. Ils étaient disposés pour les
entretiens et n'ont ménagé aucun effort pour que les informations
complémentaires non prévues dans le guide soient fournies dans la
mesure du possible.
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