INTRODUCTION
Contexte et justification
L'exercice pratiqué dans un environnement chaud peut
augmenter considérablement la production de sueur pour faciliter le
refroidissement par évaporation et aider à maintenir la
température corporelle. L'apport hydrique pendant l'exercice ne suit pas
le rythme de la perte de liquide par la transpiration (Cheuvront et Haymes,
2001 ; Rollo et al., 2021). Le football est un sport intermittent
caractérisé par des mouvements soutenus incorporant de
fréquentes périodes d'activité de haute intensité
entrecoupées de périodes de récupération
régulières (Omar et al., 2013).
Lors de ce jeu, plusieurs modifications peuvent subvenir chez
le joueur afin que son organisme supporte et s'adapte à cette charge
externe. Ces modifications dépendent grandement du type, de la
durée et l'intensité de l'activité ainsi que les
conditions environnementales (chaudes et humides) (Stachenfeld, 2014 ;
Hammouda et al., 2018). Pour ces auteurs un match de football pratiqué
dans un environnement chaud ou humide peut entrainer des modifications
physiologiques importantes et affecter la performance sportive. Les travaux de
Jentjen et Timpmann (2014) suggèrent que les altérations dues
à l'environnement sont plus accentuées sur le système
immunitaire. La majorité de ces exercices sont effectués à
des intensités qui sollicitent le fonctionnement des cellules
immunitaires pendant les périodes intenses du jeu. La réaction
coordonnée de ces cellules et molécules porte le nom de
réponse immunitaire. Sur le plan physiologie, le système
immunitaire joue un rôle important pour parvenir les infections
éradiquer les infections déclarées et empêcher la
prolifération tumorale (François et al., 2018).
Le système immunitaire protège notre corps
contre les agents pathogènes externes et les envahisseurs. Le
système immunitaire s'attaque aux agents pathogènes par des
barrières physiques et biochimiques, des cellules immunitaires et des
anticorps formés par les cellules immunitaires (Noor et al., 2021). Il
est très réactif à l'exercice, l'étendue et la
durée reflétant le degré de stress physiologique
imposé par la charge de travail (David et Laurel, 2018).
L'augmentation ou diminution des paramètres telle que le lymphocyte et
le monocyte ont été liés à la fois à
l'intensité et à la durée de l'exercice (Omar et al.,
2013).
D'une part, les exercices d'endurance à haute
intensité ont été associés à une
modification du nombre de globules blancs des athlètes, telle qu'une
augmentation des granulocytes et des monocytes, une diminution des lymphocytes
et une augmentation des neutrophiles et des éosinophiles (Olga et al.,
2021). L'inflammation impliquant les systèmes immunitaires innés
et adaptatifs est connue pour être la réponse immunitaire
protectrice pour maintenir l'homéostasie tissulaire en éliminant
les stimuli nocifs, y compris les cellules endommagées, les irritants,
les agents pathogènes et les lésions stériles (Huakan et
al., 2021).
Bien qu'une multitude de protéines soient
impliquées dans l'inflammation, la plupart d'entre elles ne participent
pas activement à l'élimination des pathogènes ou des
cellules humaines. L'un des médiateurs de la phase aiguë
directement impliqué dans ces processus pro-inflammatoires est la
protéine C-réactive (CRP) qui a été
découverte pour la première fois en 1930 par Tillett et
Francis. La CRP est bien établie comme l'un des marqueurs les plus
fiables de l'inflammation, augmentant considérablement pendant tout type
d'inflammation (Ahmed et al., 2021). Elle est un réactif de phase
aiguë largement utilisé dans la pratique clinique comme marqueur
d'infection et/ou d'inflammation en raison du fait que sa synthèse
augmente rapidement et considérablement (jusqu'à 10 000 fois)
après une lésion tissulaire ou une infection (Caroline et al.,
2022).
De plus, la CRP peut se dissocier physiologiquement en
monomères, bien qu'il soit encore question de savoir si elle exerce
ainsi des fonctions moléculaires différentes de celles de la
forme pentamérique (Magdalena et al., 2019). La transition de la CRP
pentamérique à la CRP monomère a été
décrite dans des microenvironnements inflammatoires spécifiques
(Braig et al., 2017 et McFadyen et al., 2018). La CRP peut également
activer le système du complément et se localise avec le complexe d'attaque membranaire (MAC) dans les plaques
athéroscléreuses (Karin et al., 2022). La CRP régule
l'expression des molécules d'adhésion dans l'endothélium,
ce qui suggère que la CRP favorise l'inflammation dans la lésion
athéroscléreuse (Karin et al., 2022). En considérant ce
qui précède, nous nous sommes proposés de mener
l'étude suivante : « Match de football et
réponses des cellules immunitaires et de la protéine C-
réactive chez les étudiants actifs réhydratés en
milieu chaud et humide ».
Problématique
Au cours d'exercices aérobies d'intensité
modérée et vigoureuse d'une durée supérieure
à 60 minutes, l'activité antipathogène des macrophages
tissulaires se produit parallèlement à une recirculation accrue
des immunoglobulines, des cytokines anti-inflammatoires, des neutrophiles, des
cellules Natural Killer (NK), des cellules T cytotoxiques et des cellules B
immatures. Cellules, qui jouent toutes un rôle essentiel dans
l'activité de défense immunitaire et la santé
métabolique (David et Laurel, 2018).
En effet, il a été démontré que
l'exercice de longue durée à haute intensité supprime la
production de cytokines immunomodulatrices (Katsuhiko et Harumi,
2021). En revanche, les exercices d'endurance prolongés et de haute
intensité produisent des changements importants dans le nombre de
globules blancs, ce qui se traduit par des augmentations transitoires du nombre
de granulocytes circulants (principalement des neutrophiles) et de monocytes,
ainsi que des diminutions des populations de lymphocytes (Nieman, 2000),
l'exercice d'endurance provoque une augmentation et une activation des
neutrophiles sanguins ; cependant, cela pourrait être
considéré comme une réaction biologique excessive qui
conduit à des lésions musculaires et organiques et à une
inflammation systémique plutôt qu'à l'activation de
l'immunocompétence (Katsuhiko et Harumi, 2021).
Une analyse plus détaillée indique que les
sous-ensembles de globules blancs, tels que les lymphocytes (16 à 45 %),
les granulocytes (45 à 75 %) et les monocytes (4 à 10 %),
répondent différemment, en particulier dans les heures qui
suivent l'arrêt de l'exercice. Le nombre et les proportions des
lymphocytes circulants, et en particulier le sous-ensemble des cellules tueuses
naturelles, montrent un schéma diphasique. Les lymphocytes augmentent
immédiatement après l'arrêt de l'exercice avant de diminuer
fortement jusqu'à 36 heures après l'exercice, tandis que les
diminutions des lymphocytes T et B sont moins prononcées et reviennent
généralement au niveau de base dans les 6 heures. Bien que moins
prononcés, les monocytes augmentent également après
différents types d'exercice et reviennent aux niveaux de base dans les 2
heures suivant l'exercice (Simpson, 2015 ; Galun et al., 1987 ;
Comassi et al., 2015).
D'autre part, l'hyperactivité du système
immunitaire entraîne une « tempête de
cytokines », caractérisée par la libération de
niveaux élevés de cytokines, en particulier l'interleukine-6
(IL-6) et le facteur de nécrose tumorale-á (TNF-á), dans
la circulation sanguine et induit une inflammation locale et systémique
(Maryam et al., 2023). Il est vrai que les monocytes/macrophages agissent comme
un médiateur central de l'athérosclérose
inflammatoire. Après accumulation de lipoprotéines dans la
paroi vasculaire, les monocytes circulants migrent à travers les
cellules endothéliales vasculaires activées puis se
différencient en macrophages qui absorbent ensuite des
lipoprotéines modifiées telles que les lipoprotéines de
basse densité oxydées (Chao et al., 2020).
Par ailleurs, La CRP est la principale médiatrice en
aval de la réponse de phase aiguë suite à un
événement inflammatoire et est principalement
synthétisée par la biosynthèse hépatique
dépendante de l'IL-6 (Nicola et Jason, 2018). La CRP est une
protéine synthétisée par les hépatocytes, dont les
niveaux circulants sont fortement influencés par les stimuli
inflammatoires aigus (Black et al., 2004). Le niveau de CRP augmente pendant
l'état d'inflammation, c'est-à-dire après un exercice
intense (Margeli et al., 2005 et Martín-Sánchez et al.,
2011).
À cet effet, l'exercice intense entraîne une
augmentation transitoire de l'activité de la CRP produite par une
réponse inflammatoire en phase aiguë médiée par
l'IL-6 et l'IL-1â (Zhang et al.,
1995 et Kasapis et Thompson, 2005). Les perturbations physiologiques
produites lors des matchs de football semblent déclencher une
réponse inflammatoire en phase aiguë dénotée par une
augmentation des niveaux de CRP (Duarte et al., 2022). La réponse
post-match des cytokines telles que l'IL-6 semble refléter des
changements adaptatifs et la tentative du muscle de rétablir
l'homéostasie après un exercice intensif, tandis que des
augmentations des niveaux de CRP peuvent caractériser le processus
inflammatoire secondaire comme une conséquence des dommages musculaires
induits par le match (Íñigo et al., 2023).
L'augmentation de la CRP après un exercice intensif
pourrait être le résultat de mécanismes, tels que la
réponse inflammatoire à des blessures ou à des agents
(l'interleukine-6, c'est-à-dire le principal stimulateur de la
sécrétion de CRP) qui pourraient être associés
à une inflammation élevée chez les athlètes
(Souglis et Antonios, 2015). Des études antérieures ont
démontré que la concentration de CRP diminuait en raison de
l'effet anti-inflammatoire de l'exercice après un exercice intense
prolongé (Kostrzewa-Nowak et al., 2015 et Kasapis et Thompson,
2005). L'études récente mené par Becker et al., (2020) ont
révélé qu'un entraînement intense aigu provoquait
des augmentations provisoires du niveau de CRP, et ces augmentations
étaient dues aux cytokines, telles que l'interleukine-6 ??en grande
partie.
Une augmentation de la CRP indique la présence d'une
affection inflammatoire. Il n'existe pas de faux positif car il n'y a pas de
déficience congénitale ou acquise de la CRP. Elle
s'élève dans les affections inflammatoires, quelle que soit leur
étiologie (Coulibaly, 2019). Bien que la CRP puisse initier les voies de
la phase fluide de la défense de l'hôte en activant la voie du
complément, elle peut également initier des voies à
médiation cellulaire en activant le complément ainsi qu'en se
liant aux récepteurs Fragment cristallisables (Fc) des immunoglobulines
G (IgG) (Pradhan et al., 2001). La CRP se lie aux récepteurs Fc
avec l'interaction résultante conduisant à la libération
de cytokines pro-inflammatoires (Du Clos, 2000). Elle a également
la capacité de reconnaître les molécules du soi et
étrangères sur la base de la reconnaissance de formes, ce que
d'autres activateurs du complément tels que les IgG ne peuvent pas
réaliser, car ces molécules ne reconnaissent que des
épitopes antigéniques distincts (Nicola et Jason, 2018).
Question principale :
Le match de football, peut-il influencerla réponse des
cellules immunitaires et de la protéine C-réactive chez les
étudiants actifs ?
Questions secondaires :
Ø Le match de football influence-t-il la réponse
des cellules immunitaires chez les étudiants actifs
réhydratés ?
Ø Le match de football en milieu chaud et humide
induit-il des variations de la protéine C-réactive chez les
étudiants actifs ?
Hypothèse principale
Le match de football induit les variations des cellules
immunitaires et de la protéine C-réactive chez les
étudiants actifs réhydraté en milieu chaud et humide.
Hypothèses secondaires
Ø Le match de football influence la réponse des
cellules immunitaires chez les étudiants actifs
réhydratés.
Ø Le match de football en milieu chaud et humide induit
des variations de la protéine C-réactive chez les
étudiants actifs.
Objectif général
Montrer les variations induites par le match de football sur
les cellules immunitaires et la protéine C-réactive chez les
étudiants actifs.
Objectifs spécifiques
Ø Évaluer les variations des cellules
immunitaires induites par le match de football chez les étudiants actifs
réhydratés en milieu chaud et humide.
Ø Évaluer les variations de la protéine
C-réactive induites par le match de football chez les étudiants
actifs.
Intérêt de l'étude
C'est de mettre en évidence la mobilisation des
cellules immunitaireset la réponse de la CRP induite par le match de
football chez les étudiants actifs réhydraté en milieu
chaud et humide.
Structuration du Travail
La réalisation de ce travail nécessite la
clarification des concepts dans la revue de la littérature.
La deuxième partie intitulée méthodologie
adoptée consistera à présenter la démarche
d'investigation. La troisième partie sera consacrée à la
présentation et l'analyse des résultats d'une part et la
discussion basée sur la nature. La quatrième partie constituant
la conclusion. Ce travail sera bouclé par la bibliographie et des
annexes.
Chapitre I : Revue de la Littérature
I.1. Système Immunitaire
Le système immunitaire contribue au maintien de
l'intégrité de l'organisme par l'exclusion des constituants
étrangers (microorganismes, greffes) et de constituants du
« soi » modifiés. Il assure cette fonction en
étroite relation avec les autres systèmes nerveux et
endocriniens, avec lesquels il communique par l'intermédiaire de
médiateurs solubles (neurotransmetteurs, hormones, cytokines) et de
récepteurs spécifiques communs à ces systèmes
(Kouassi et al., 2003). L'activation du système immunitaire
entraîne la libération de cytokines qui peuvent être
classées en anti-inflammatoires. L'exercice physique chronique peut
guider la réponse du système immunitaire en favorisant un statut
anti-inflammatoire, qui semble être le facteur clé de
l'amélioration de la santé, principalement dans les maladies
chroniques.L'activation du système immunitaire est une réponse
à un facteur de stress, visant à rétablir
l'homéostasie cellulaire. Le processus inflammatoire joue un
rôle crucial dans l'homéostasie, principalement par la
défense active contre divers stimuli nocifs tels que les infections
virales neurotropes et/ou les dommages traumatiques, favorisant le
rétablissement de la fonction cellulaire et tissulaire (Débora et
al., 2020).
L'inflammation implique plusieurs types de cellules
immunitaires, y compris les macrophages et les neutrophiles, et est un
médiateur important du stress oxydatif. Les espèces réactives de l'oxygène
(ROS) ou les espèces réactives de
l'azote (RNS) sont des molécules à double tranchant. Les
ROS/RNS peuvent jouer le rôle d'effecteurs inflammatoires importants en
soutenant l'élimination des agents pathogènes par le
système immunitaire et la réparation des tissus musculaires
endommagés, ou ils peuvent amplifier l'inflammation chronique (par
exemple, pendant l'obésité) et induire des lésions
tissulaires (David et al., 2018).

Figure 1 : vue générale des cellules
du système immunitaire (www.monsystemeimmunitaire.fr).
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