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Match de football et reponse des cellules immunitaires et de la proteine c-reactive chez les etudiants actifs rehydrates en milieu chaud et humide


par Estime Farèse NGOMA SOLO
Université Marien Ngouabi - Master 2024
Dans la categorie: Sport
   
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INTRODUCTION

Contexte et justification

L'exercice pratiqué dans un environnement chaud peut augmenter considérablement la production de sueur pour faciliter le refroidissement par évaporation et aider à maintenir la température corporelle. L'apport hydrique pendant l'exercice ne suit pas le rythme de la perte de liquide par la transpiration (Cheuvront et Haymes, 2001 ; Rollo et al., 2021). Le football est un sport intermittent caractérisé par des mouvements soutenus incorporant de fréquentes périodes d'activité de haute intensité entrecoupées de périodes de récupération régulières (Omar et al., 2013).

Lors de ce jeu, plusieurs modifications peuvent subvenir chez le joueur afin que son organisme supporte et s'adapte à cette charge externe. Ces modifications dépendent grandement du type, de la durée et l'intensité de l'activité ainsi que les conditions environnementales (chaudes et humides) (Stachenfeld, 2014 ; Hammouda et al., 2018). Pour ces auteurs un match de football pratiqué dans un environnement chaud ou humide peut entrainer des modifications physiologiques importantes et affecter la performance sportive. Les travaux de Jentjen et Timpmann (2014) suggèrent que les altérations dues à l'environnement sont plus accentuées sur le système immunitaire. La majorité de ces exercices sont effectués à des intensités qui sollicitent le fonctionnement des cellules immunitaires pendant les périodes intenses du jeu. La réaction coordonnée de ces cellules et molécules porte le nom de réponse immunitaire. Sur le plan physiologie, le système immunitaire joue un rôle important pour parvenir les infections éradiquer les infections déclarées et empêcher la prolifération tumorale (François et al., 2018).

Le système immunitaire protège notre corps contre les agents pathogènes externes et les envahisseurs. Le système immunitaire s'attaque aux agents pathogènes par des barrières physiques et biochimiques, des cellules immunitaires et des anticorps formés par les cellules immunitaires (Noor et al., 2021). Il est très réactif à l'exercice, l'étendue et la durée reflétant le degré de stress physiologique imposé par la charge de travail (David et Laurel, 2018). L'augmentation ou diminution des paramètres telle que le lymphocyte et le monocyte ont été liés à la fois à l'intensité et à la durée de l'exercice (Omar et al., 2013).

D'une part, les exercices d'endurance à haute intensité ont été associés à une modification du nombre de globules blancs des athlètes, telle qu'une augmentation des granulocytes et des monocytes, une diminution des lymphocytes et une augmentation des neutrophiles et des éosinophiles (Olga et al., 2021). L'inflammation impliquant les systèmes immunitaires innés et adaptatifs est connue pour être la réponse immunitaire protectrice pour maintenir l'homéostasie tissulaire en éliminant les stimuli nocifs, y compris les cellules endommagées, les irritants, les agents pathogènes et les lésions stériles (Huakan et al., 2021).

Bien qu'une multitude de protéines soient impliquées dans l'inflammation, la plupart d'entre elles ne participent pas activement à l'élimination des pathogènes ou des cellules humaines. L'un des médiateurs de la phase aiguë directement impliqué dans ces processus pro-inflammatoires est la protéine C-réactive (CRP) qui a été découverte pour la première fois en 1930 par Tillett et Francis. La CRP est bien établie comme l'un des marqueurs les plus fiables de l'inflammation, augmentant considérablement pendant tout type d'inflammation (Ahmed et al., 2021). Elle est un réactif de phase aiguë largement utilisé dans la pratique clinique comme marqueur d'infection et/ou d'inflammation en raison du fait que sa synthèse augmente rapidement et considérablement (jusqu'à 10 000 fois) après une lésion tissulaire ou une infection (Caroline et al., 2022). 

De plus, la CRP peut se dissocier physiologiquement en monomères, bien qu'il soit encore question de savoir si elle exerce ainsi des fonctions moléculaires différentes de celles de la forme pentamérique (Magdalena et al., 2019). La transition de la CRP pentamérique à la CRP monomère a été décrite dans des microenvironnements inflammatoires spécifiques (Braig et al., 2017 et McFadyen et al., 2018). La CRP peut également activer le système du complément et se localise avec le complexe d'attaque membranaire (MAC) dans les plaques athéroscléreuses (Karin et al., 2022). La CRP régule l'expression des molécules d'adhésion dans l'endothélium, ce qui suggère que la CRP favorise l'inflammation dans la lésion athéroscléreuse (Karin et al., 2022). En considérant ce qui précède, nous nous sommes proposés de mener l'étude suivante : « Match de football et réponses des cellules immunitaires et de la protéine C- réactive chez les étudiants actifs réhydratés en milieu chaud et humide ».

Problématique

Au cours d'exercices aérobies d'intensité modérée et vigoureuse d'une durée supérieure à 60 minutes, l'activité antipathogène des macrophages tissulaires se produit parallèlement à une recirculation accrue des immunoglobulines, des cytokines anti-inflammatoires, des neutrophiles, des cellules Natural Killer (NK), des cellules T cytotoxiques et des cellules B immatures. Cellules, qui jouent toutes un rôle essentiel dans l'activité de défense immunitaire et la santé métabolique (David et Laurel, 2018).

En effet, il a été démontré que l'exercice de longue durée à haute intensité supprime la production de cytokines immunomodulatrices (Katsuhiko et Harumi, 2021). En revanche, les exercices d'endurance prolongés et de haute intensité produisent des changements importants dans le nombre de globules blancs, ce qui se traduit par des augmentations transitoires du nombre de granulocytes circulants (principalement des neutrophiles) et de monocytes, ainsi que des diminutions des populations de lymphocytes (Nieman, 2000), l'exercice d'endurance provoque une augmentation et une activation des neutrophiles sanguins ; cependant, cela pourrait être considéré comme une réaction biologique excessive qui conduit à des lésions musculaires et organiques et à une inflammation systémique plutôt qu'à l'activation de l'immunocompétence (Katsuhiko et Harumi, 2021).

Une analyse plus détaillée indique que les sous-ensembles de globules blancs, tels que les lymphocytes (16 à 45 %), les granulocytes (45 à 75 %) et les monocytes (4 à 10 %), répondent différemment, en particulier dans les heures qui suivent l'arrêt de l'exercice. Le nombre et les proportions des lymphocytes circulants, et en particulier le sous-ensemble des cellules tueuses naturelles, montrent un schéma diphasique. Les lymphocytes augmentent immédiatement après l'arrêt de l'exercice avant de diminuer fortement jusqu'à 36 heures après l'exercice, tandis que les diminutions des lymphocytes T et B sont moins prononcées et reviennent généralement au niveau de base dans les 6 heures. Bien que moins prononcés, les monocytes augmentent également après différents types d'exercice et reviennent aux niveaux de base dans les 2 heures suivant l'exercice (Simpson, 2015 ; Galun et al., 1987 ; Comassi et al., 2015).

D'autre part, l'hyperactivité du système immunitaire entraîne une « tempête de cytokines », caractérisée par la libération de niveaux élevés de cytokines, en particulier l'interleukine-6 (IL-6) et le facteur de nécrose tumorale-á (TNF-á), dans la circulation sanguine et induit une inflammation locale et systémique (Maryam et al., 2023). Il est vrai que les monocytes/macrophages agissent comme un médiateur central de l'athérosclérose inflammatoire. Après accumulation de lipoprotéines dans la paroi vasculaire, les monocytes circulants migrent à travers les cellules endothéliales vasculaires activées puis se différencient en macrophages qui absorbent ensuite des lipoprotéines modifiées telles que les lipoprotéines de basse densité oxydées (Chao et al., 2020).

Par ailleurs, La CRP est la principale médiatrice en aval de la réponse de phase aiguë suite à un événement inflammatoire et est principalement synthétisée par la biosynthèse hépatique dépendante de l'IL-6 (Nicola et Jason, 2018). La CRP est une protéine synthétisée par les hépatocytes, dont les niveaux circulants sont fortement influencés par les stimuli inflammatoires aigus (Black et al., 2004). Le niveau de CRP augmente pendant l'état d'inflammation, c'est-à-dire après un exercice intense (Margeli et al., 2005 et Martín-Sánchez et al., 2011).

À cet effet, l'exercice intense entraîne une augmentation transitoire de l'activité de la CRP produite par une réponse inflammatoire en phase aiguë médiée par l'IL-6 et l'IL-1â (Zhang et al., 1995 et Kasapis et Thompson, 2005). Les perturbations physiologiques produites lors des matchs de football semblent déclencher une réponse inflammatoire en phase aiguë dénotée par une augmentation des niveaux de CRP (Duarte et al., 2022). La réponse post-match des cytokines telles que l'IL-6 semble refléter des changements adaptatifs et la tentative du muscle de rétablir l'homéostasie après un exercice intensif, tandis que des augmentations des niveaux de CRP peuvent caractériser le processus inflammatoire secondaire comme une conséquence des dommages musculaires induits par le match (Íñigo et al., 2023).

L'augmentation de la CRP après un exercice intensif pourrait être le résultat de mécanismes, tels que la réponse inflammatoire à des blessures ou à des agents (l'interleukine-6, c'est-à-dire le principal stimulateur de la sécrétion de CRP) qui pourraient être associés à une inflammation élevée chez les athlètes (Souglis et Antonios, 2015). Des études antérieures ont démontré que la concentration de CRP diminuait en raison de l'effet anti-inflammatoire de l'exercice après un exercice intense prolongé (Kostrzewa-Nowak et al., 2015 et Kasapis et Thompson, 2005). L'études récente mené par Becker et al., (2020) ont révélé qu'un entraînement intense aigu provoquait des augmentations provisoires du niveau de CRP, et ces augmentations étaient dues aux cytokines, telles que l'interleukine-6 ??en grande partie.

Une augmentation de la CRP indique la présence d'une affection inflammatoire. Il n'existe pas de faux positif car il n'y a pas de déficience congénitale ou acquise de la CRP. Elle s'élève dans les affections inflammatoires, quelle que soit leur étiologie (Coulibaly, 2019). Bien que la CRP puisse initier les voies de la phase fluide de la défense de l'hôte en activant la voie du complément, elle peut également initier des voies à médiation cellulaire en activant le complément ainsi qu'en se liant aux récepteurs Fragment cristallisables (Fc) des immunoglobulines G (IgG) (Pradhan et al., 2001). La CRP se lie aux récepteurs Fc avec l'interaction résultante conduisant à la libération de cytokines pro-inflammatoires (Du Clos, 2000). Elle a également la capacité de reconnaître les molécules du soi et étrangères sur la base de la reconnaissance de formes, ce que d'autres activateurs du complément tels que les IgG ne peuvent pas réaliser, car ces molécules ne reconnaissent que des épitopes antigéniques distincts (Nicola et Jason, 2018).

Question principale :

Le match de football, peut-il influencerla réponse des cellules immunitaires et de la protéine C-réactive chez les étudiants actifs ?

Questions secondaires :

Ø Le match de football influence-t-il la réponse des cellules immunitaires chez les étudiants actifs réhydratés ?

Ø Le match de football en milieu chaud et humide induit-il des variations de la protéine C-réactive chez les étudiants actifs ?

Hypothèse principale

Le match de football induit les variations des cellules immunitaires et de la protéine C-réactive chez les étudiants actifs réhydraté en milieu chaud et humide.

Hypothèses secondaires

Ø Le match de football influence la réponse des cellules immunitaires chez les étudiants actifs réhydratés.

Ø Le match de football en milieu chaud et humide induit des variations de la protéine C-réactive chez les étudiants actifs.

Objectif général

Montrer les variations induites par le match de football sur les cellules immunitaires et la protéine C-réactive chez les étudiants actifs.

Objectifs spécifiques

Ø Évaluer les variations des cellules immunitaires induites par le match de football chez les étudiants actifs réhydratés en milieu chaud et humide.

Ø Évaluer les variations de la protéine C-réactive induites par le match de football chez les étudiants actifs.

Intérêt de l'étude

C'est de mettre en évidence la mobilisation des cellules immunitaireset la réponse de la CRP induite par le match de football chez les étudiants actifs réhydraté en milieu chaud et humide.

Structuration du Travail

La réalisation de ce travail nécessite la clarification des concepts dans la revue de la littérature.

La deuxième partie intitulée méthodologie adoptée consistera à présenter la démarche d'investigation. La troisième partie sera consacrée à la présentation et l'analyse des résultats d'une part et la discussion basée sur la nature. La quatrième partie constituant la conclusion. Ce travail sera bouclé par la bibliographie et des annexes.

Chapitre I : Revue de la Littérature

I.1. Système Immunitaire

Le système immunitaire contribue au maintien de l'intégrité de l'organisme par l'exclusion des constituants étrangers (microorganismes, greffes) et de constituants du « soi » modifiés. Il assure cette fonction en étroite relation avec les autres systèmes nerveux et endocriniens, avec lesquels il communique par l'intermédiaire de médiateurs solubles (neurotransmetteurs, hormones, cytokines) et de récepteurs spécifiques communs à ces systèmes (Kouassi et al., 2003). L'activation du système immunitaire entraîne la libération de cytokines qui peuvent être classées en anti-inflammatoires. L'exercice physique chronique peut guider la réponse du système immunitaire en favorisant un statut anti-inflammatoire, qui semble être le facteur clé de l'amélioration de la santé, principalement dans les maladies chroniques.L'activation du système immunitaire est une réponse à un facteur de stress, visant à rétablir l'homéostasie cellulaire. Le processus inflammatoire joue un rôle crucial dans l'homéostasie, principalement par la défense active contre divers stimuli nocifs tels que les infections virales neurotropes et/ou les dommages traumatiques, favorisant le rétablissement de la fonction cellulaire et tissulaire (Débora et al., 2020).

L'inflammation implique plusieurs types de cellules immunitaires, y compris les macrophages et les neutrophiles, et est un médiateur important du stress oxydatif. Les espèces réactives de l'oxygène (ROS) ou les espèces réactives de l'azote (RNS) sont des molécules à double tranchant. Les ROS/RNS peuvent jouer le rôle d'effecteurs inflammatoires importants en soutenant l'élimination des agents pathogènes par le système immunitaire et la réparation des tissus musculaires endommagés, ou ils peuvent amplifier l'inflammation chronique (par exemple, pendant l'obésité) et induire des lésions tissulaires (David et al., 2018).

Figure 1 : vue générale des cellules du système immunitaire (www.monsystemeimmunitaire.fr).

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