I.1.2.1.1. Les acteurs de l'immunité innée
Parmi les cellules de l'immunité innée, les
granulocytes neutrophiles, monocytes/macrophages et cellules dendritiques
phagocytent et détruisent des éléments étrangers
sur lesquels elles reconnaissent des molécules représentatives
des grandes familles d'agents microbiens, les PAMPs (Pathogen Associated
Recognition Pattern), mais aussi des molécules associées au
stress cellulaire, les DAMPs (Danger Associated Molecular Pattern), grâce
à leurs immunorécepteurs appelés PRRs (Pattern Recognition
Receptors). Les lymphocytes NK font également partie de
l'immunité innée et détruisent les cellules
infectées par des virus ou les cellules tumorales (Jonathan et al.,
2018).
Ø Les granulocytes
Les granulocytes se divisent en trois lignées
distinctes : neutrophiles, éosinophiles et basophiles.
Les granulocytes neutrophilessont les plus
nombreux dans la circulation sanguine et sont reconnaissables par leur noyau
polylobé. Ils jouent un rôle majeur dans la défense
antimicrobienne et dans l'inflammation aiguë par leur fonction de cellules
phagocytaires et le contenu de leurs granules cytoplasmiques (plus de 100
enzymes différentes). Sous l'effet de facteurs chimiotactiques, les
granulocytes neutrophiles sont les premières cellules de
l'immunité innée à être recrutées dans les
tissus en cas d'infection bactérienne, où elles y auront une
durée de vie très brève (Jonathan et al., 2018).

Figure 4 :granulocyte neutrophile
(www.docteurclic.com)
Les granulocytes éosinophiles ont un
noyau bilobé et des granulations colorées spécifiquement
en rouge orangé par les techniques habituellement utilisées. Ceci
est dû au caractère basique des composants cytotoxiques et
pro-inflammatoires qu'elles contiennent. Ces cellules sont retrouvées
principalement dans les tissus et possèdent un rôle capital dans
les défenses antiparasitaires et certaines réactions
d'hypersensibilité (Guislaine et al., 2018).

Figure 5 :granulocyte éosinophile
(www.docteurclic.com)
Les granulocytes basophiles ont un noyau
bilobé peu visible du fait de l'abondance de leurs granulations
métachromatiques contenant de l'histamine ainsi que des
éléments très acides, cytotoxiques et pro-inflammatoires.
Leur équivalent tissulaire est le mastocytes, présent en
abondance dans les muqueuses, et ils ont un rôle anti-infectieux. Les
basophiles et les mastocytes ont aussi un rôle important dans les
hypersensibilités immédiates (Michelle et al., 2018).

Figure 6 :granulocytes basophile
(www.docteurclic.com)
Ø Les monocytes / macrophages
Les monocytes ont également un cytoplasme granuleux
contenant de nombreuses enzymes. Moins nombreux que les granulocytes, ils
circulent dans le sang et adhèrent aux parois vasculaires avant de
migrer dans les tissus en réponse à certains facteurs
chimiotactiques, où ils s'y différencieront en macrophages.
Historiquement, les macrophages tissulaires ont été
désignés sous de nombreux noms en fonction des organes où
ils étaient observés : cellules de Küpffer dans le foie,
microglie dans le cerveau, cellules mésangiales dans le rein,
ostéoclastes dans l'os. Ce sont des cellules essentiellement
phagocytaires, capables de capter des éléments de tailles
diverses (antigènes particulaires, macromolécules, agents
microbiens, cellules ou débris cellulaires) avant de les détruire
puis de les présenter aux cellules de l'immunité adaptative. Ils
produisent également de nombreuses cytokines importantes à toutes
les étapes de la réponse immunitaire, y compris dans la phase de
réparation tissulaire (Jonathan et al., 2018).


Figure 7 : monocyte
(www.shutterstock.com)
Figure 8 :macrophage
(www.britannica.com)
Ø Les cellules dendritiques
Les cellules dendritiques sont localisées dans de
nombreux tissus et organes dans un état immature ayant une importante
capacité de capture d'antigènes. À l'inverse, lorsqu'elles
quittent les tissus et migrent vers les tissus lymphoïdes, elles subissent
un processus de maturation qui leur fait perdre cette capacité au profit
de l'acquisition d'une propriété de présentation des
antigènes aux lymphocytes T. Ce sont les Cellules présentatrices
d'antigènes (CPA) les plus importantes car elles sont capables d'activer
des lymphocytes T naïfs, et jouent ainsi un rôle majeur dans
l'initiation de la réponse immunitaire adaptative. Il existe plusieurs
types de cellules dendritiques qui possèdent des
propriétés différentes (Michelle et al., 2018).

Figure 9 : cellule dendritique
(www.biologie-maroc.com)
Ø Les cellules NK
Les lymphocytes NK ou cellules Natural Killer sont des
cellules cytotoxiques localisées dans le sang et les organes
lymphoïdes périphériques. Ils reconnaissent et
détruisent les cellules infectées, endommagées ou
ciblées par des anticorps de type IgG. Ils ont également une
grande capacité de sécrétion de cytokines comme
l'IFN-ã (Guislaine et al., 2018).

Figure 10 : cellule Natural Killer
(www.mdpi.com)
Ø Les cellules lymphoïdes non
conventionnelles
Ces cellules appartiennent à l'immunité
innée ou sont à l'interface entre immunité innée et
adaptative. Les lymphocytes T ã/ä sont très proches des
cellules NK, mais possèdent la particularité d'exprimer un TCR
reconnaissant des ligands variés différents du CMH. Les cellules
NK- T présentes dans les épithéliums et les tissus
lymphoïdes reconnaissent des lipides microbiens associés à
la molécule CD1 via leur TCR semi-invariant. Les MAIT (Mucosal
Associated Invariant T cells) sont une sous-population de lymphocytes T
à TCR semi-invariant localisés dans les muqueuses et
possédant des propriétés antimicrobiennes. Les cellules
lymphoïdes innées (ILC) sont des effecteurs tissulaires jouant un
rôle important dans la défense contre les micro-organismes ainsi
que dans l'homéostasie tissulaire et les phénomènes
inflammatoires (Jonathan et al., 2018).
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