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Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP/Kaziba dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage inédit: approche sociolinguistique


par Sterling ELIA LIKANGE
Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba (ISP Kaziba) - Licence 2022
  

Disponible en mode multipage

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MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

INSTITUT SUPERIEUR PEDAGOGIQUE DE KAZIBA

ISP KAZIBA

ISP KAZIBA

Email : ispkza.com

SECTION DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

DEPARTEMENT DE FRANÇAIS-LANGUES AFRICAINES

ANALYSE SOCIOLINGUISTIQUE DE LA MESSAGERIE DES ETUDIANTS DE L'ISP/KAZIBA DANS LES RESEAUX SOCIAUX. VERS CRYPTAGE INEDIT : APPROCHE SOCIOLINGUITIQUE

Par: ELIA LIKANGE Sterling

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du diplôme de licence en pédagogie appliquée.

Option : Français-langues africaines

Directeur : BARHALIKUGAIRWA BUHENDWA Damase

(Professeur)

ANNEE UNIVERSITAIRE: 2022 -2023

EPIGRAPHE

«L'histoire d'un milieu comme celle de tous les peuples s'enrichit au fur et à mesure qu'on lui prête attention et qu'on l'étudie ».

Léon de saint MOULIN

Sterling ELIA LIKANGE

IN MEMORIAM

En souvenir de ma mère MapendoNshobole M'murhega qui aurait pu déguster la fraicheur de ce travail si le destin jaloux ne l'avait vite réduite en cendres pour nourrir les racines de la vie.

DEDICACE

C'est avec profonde gratitude et sincères mots, que je dédie ce modeste travail de fin d'étude à mon très cher parent Nestor NTASUMBWA LIKANGE, qui a sacrifié sa vie pour ma réussite, qui a éclairé mon chemin par les conseils judicieux, sans lui, je n'aurais certainement pas fait d'études supérieures. Son affection me couvre, Sa bienveillance me guide et Sa présence à mes côtés a toujours été ma source de force pour affronter les différents obstacles.

Puisse Dieu lui donner santé, bonheur, courage, et surtout réussite.

Sterling ELIA LIKANGE

REMERCIEMENTS

Lorsque vient le temps de remercier ceux et celles qui ont contribué de près ou de loin à l'aboutissement d'un projet, les mots manquent et leur expression peine à recenser les apports des uns et des autres.

Durant notre parcours, nous avons eu à rencontrer plusieurs difficultés que, n'eussent été les efforts de plusieurs personnes, nous n'aurions probablement pas poursuivi notre croisade et ne serions pas ici en train d'écrire cette bienveillante parole et vous ne seriez non plus ici en train de la lire.

Nous tenons, par conséquent, à remercier tous nos enseignants de l'école primaire, ceux du secondaire, ainsi que tous nos formateurs spirituels, révérends pasteurs de l'église protestante, tous les enseignants des études supérieures et universitaires, qui ont accepté de nous faire traverser avec confiance dans leurs navires scientifiques, les abords d'une mer parfois agitée. Que Dieu le leur rende au centuple.

Nous pensons, ainsi, au professeur Damase BARHALIKUBAGIRWA BUHENDWA qui, en dépit de ses multiples charges, a accepté de diriger ce travail. Son goût du travail bien fait nous a été vraiment bénéfique à travers des remarques et orientations pertinentes qu'il ne cessait de nous fournir. Au travers de lui, nous disons merci à tous les enseignants du Département de Français-Langues africaines qui, en plus de leurs savoirs qu'ils mettaient à notre disposition, ont su nous être utiles pendant des moments les plus caillouteux de notre cursus. Nous pensons particulièrement aux professeur Emmanuel CIRIMWAMI Cisco, professeur Didace KANINGINI KYOTO, au professeur MUZALIYA ZAMUSONGI, au Chef de travaux Jean-Pie NTUNDA MWEMBO, à l'assistant Gratien MACECE et à l'assistant EMILE BAKENGA.

Quelle aurait été la valeur des remerciements sans s'adresser à ses parents? C'est pourquoi nous adressons toute notre gratitude à Nestor NTASUMBWA LIKANGE, qui, en vrai père de famille, nous a toujours été matériellement et normalement utile. De même, nous exprimons notre reconnaissance à tous nos frères, soeurs et beaux-frères ainsi qu'à tous les membres de la famille qui ont accepté de porter sur leurs épaules le poids de nos études, CHIKONDO BAGULA, IGO MULINDA, MUDEKEREZA LIKANGE, BIRINGANINE LIKANGE, ERICK BAFULWA, ALBERT LIKANGE,... pour leur soutien et encouragement.

Nous exprimons sincèrement toute notre gratitude au préfet MWONGANE KIREMBE et au Proviseur BENGEHYA Bright pour leurs conseils et implication dans l'aboutissement heureux de cette recherche et le couronnement de ce travail. Nous saluons également l'accompagnement du directeur de la Radio Umoja, ALEXIS MWAKA dont les conseils et encouragements auront boosté notre aventure incertaine au début.

Nous exprimons toute notre gratitude à monsieur CHOMBO NAMIKERE Deograce, vieil ami et compagnon de route, souvent à la base de notre inspiration.

Nos sentiments de gratitude s'adressent aussi à notre chère amie ORNELLA OLAME Viviane, qui n'a cessé de nous encourager à aller de l'avant: ses conseils nous ont permis de surmonter tant des difficultés. A travers elle, nous disons merci aux amis et collègue : BARAKA CHIDEDU, ISHARA TOTO, JULIENNE NSHOKANO, PRUDEL CHIBISHI, MURHUZE MUHARANGANYI, CHRISTINE NSHOBOLE, et aux assistants: BANTU NABONGWE, NDEKO MUBEMBE DIOP, et à TONY NTWALI MUKOME.

Que tous ceux qui ne se trouvent pas nommément cités, et qui, de loin ou de près, nous ont été utiles tout au long de notre cursus, ne nous tiennent pas de rigueur: qu'ils trouvent dans ces lignes l'expression de notre profonde gratitude.

Sterling ELIA LIKANGE

INTRODUCTION

1. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Le travail que nous nous proposons d'accomplir porte sur l' « Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP KAZIBA dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage inédit  ». Les nouvelles technologies de l'information et de la communication se sont diffusées avec une rapidité dans le monde entier. Ce qui s'est traduit par une propagation du téléphone mobile. L'adoption du téléphone mobile en particulier est l'un des phénomènes les plus saillants de ce que certains médias exposent comme une révolution, beaucoup de jeunes et vieux, de femmes et d'hommes, de riches et pauvres ont fait des réseaux sociaux un outil de communication au travers du langage « SMS »

Notre intention en menant cette recherche qui s'inscrit dans le cadre sociolinguistique, est de voir comment le « langage SMS » s'est transformé d'un mode sismple à un véritable phénomène langagier. Et aussi vu sa richesse et son importance dans la conception de la diversité linguistique et la place qu'il occupe réellement dans notre société tout en mettant l'accent sur la communication pratiquée et transcrite dans les messages des étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba.

Ainsi, nous nous proposons d'étudier et d'analyser les caractéristiques de ce nouveau comportement langagier juvénile par lequel les jeunes universitaires visent une communication rapide et instantanée en abandonnant quelques normes orthographiques, syntaxiques, morphologiques, lexicales etc.

Pour cela ils recourent aux abréviations en composant un maximum de mots dans un minimum de temps et de caractères. Nous avons trouvé que ce mode de communication, toujours en mouvement, à grand usage auprès de la population jeune, mérite d'être exploité pour découvrir pourquoi les jeunes font cela.

2.PROBLEMATIQUE

Dans la présente étude, nous allons essayer d'analyser le degré d'utilisation du langage SMS à Kaziba où nous allons prendre comme échantillon quelques SMS propres aux étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba. Cette perspective sur l'utilisation de ce langage suscite en nous les interrogations suivantes :

Ø Pourquoi les jeunes étudiants s'intéressent-ils au langage SMS?

Ø Quelles sont les compétences nécessaires pour savoir rédiger les messages "SMS"?

Ø Quelle est l'influence du langage SMS sur la langue standard ?

Voici-là autant de questions auxquelles nous allons devoir répondre tout au long de notre étude parce que la présente étude vise surtout à répondre à une problématique qui relève de la créativité langagière des étudiants sur divers plans et à étudier la graphie de la langue française telle qu'elle est actualisés dans ce genre de communication.

3. HYPOTHESES

Pour répondre à ces questions et atteindre nos objectifs, nous appuierons notre étude sur des hypothèses, selon lesquelles l'utilisation du langage SMS serait le résultat propre des caractéristiques de la situation linguistique et sociolinguistique à Kaziba.

§ Après examen de toutes ces questions de la problématique, il semblerait que les jeunes étudiants s'intéressent à ce langage pour leurs besoins linguistiques et communicationnels.

§ L'appartenance à un groupe social ou à une culture donnée influerait sur la production langagière des étudiants et sur leur façon de rédiger les messages.

§ Il semble que les SMS présentent un espace de créativité, d'innovation langagière et une pratique d'écriture propre aux universitaires.

4. OBJECTIFS DU TRAVAIL

Au travers de ce travail d'« Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP KAZIBA dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage inédit  », nous essayerons d'analyser le lexique utilisé dans le « langage SMS », et à décrire toute sorte d'abréviations et de néo graphiques qu'on rencontre dans les messages des étudiants pratiquant la lexique, syntaxe, orthographe... sur les mobiles, Spécifiquement nous voulons :

v Relever et analyser les différentes formes de créativité lexicale employées par les étudiants de L'ISP/KAZIBA

v Dresser une liste des créations lexicales ainsi que toutes les abréviations des mots qui apparaissent dans ce type de communication électronique

v Comprendre les différentes techniques et les différents codes conventionnels que suivent les jeunes universitaires afin de créer indépendamment leur langage spécifique.

5. METHODOLOGIE DU TRAVAIL

En fonction des objectifs que nous nous sommes fixés, deux approches s'avèrent très indispensables pour l'analyse sociolinguistique que nous voulons mener : la méthode du corpus et celle d'enquête.

L'approche Sociolinguistique étudie les relations entre les phénomènes sociaux et les phénomènes linguistiques, pour une meilleure appréhension de l'acte langagier. Elle nous permettra de comprendre les différents codes et techniques conventionnels utilisés par les jeunes universitaires pour créer indépendamment leur langage.

D'après William LABOV, la sociolinguistique doit expliquer et décrire les variations dans l'usage de la langue, tant à l'échelle microsociale (au niveau de l'individu et des microsociales interdividuelles) qu'à l'échelle macrosociale (au niveau d'une communauté entière). IL s`agit d'une description et d'une explication des variations tant chez des individus pris séparément que dans un groupe plus large. On remarque que le langage est le reflet des relations sociales, et qu'il joue un rôle de marqueur identitaire, ce dont la sociologie doit être à mesure de rendre compte.

Ainsi la technique d'enquête nous a permis de recueillir les données primaires de manière systématique à partir d'un questionnaire administré à un échantillon issu de la population cible.

6. ETAT DE LA QUESTION

Le choix de ce sujet est intervenu après que nous avons parcouru la bibliothèque centrale de l'ISP/BUKAVU et celle de son département de Français-Langues africaines, consulté les sites internet concernant les travaux déjà réalisés sur le langage des étudiants et sur la sociolinguistique.

Par cet exercice, nous nous sommes rendu compte que ce travail n'est pas le premier à être orienté dans ce domaine. Ce qui nous amène à dire qu'il y a déjà d'autres recherches qui ont touché ce domaine, telles que :

- ALUMA KABIKAJean-Yves, Etude éco-linguistique des vocables des pouvoirs politiques traditionnels : indices d'une identité culturelle et de glottodiversité de la région des Grands Lacs (Burundi, Est-Rd. Congo, Rwanda et sud-ouest Ouganda), U.P.N,-Kinshasa, Thèse de doctorat, 2015(inédit).

Ce chercheur s'est beaucoup intéressé aux vocables des pouvoirs politiques traditionnels, il a utilisé l'éco-sociolinguistique comme approche.

- BARHISHI LUHIRIRI Dénis, Le plurilinguisme (du secteur éducatif)et l'avenir dufrançais à Bukavu, U.O.B/Bukavu, thèse de doctorat, 2011 (inédit).

Il s'est focalisé sur la situation du français dans la ville de Bukavu.

- NGOIE KYUNGU KIBOKO I., Le français de Lubumbashi :usages et représentations, thèse publiée à l'Université Nice Sophia Antipolis, 2015.

Cette chercheuse qui s'est aussi intéressée à la situation du français dans la ville de Lubumbashi a prédit l'avenir du français dans cette ville.

- MELLE BENABID Faïza, « Etude sociolinguistique du parler des jeunes : cas du langage SMS des étudiants du département de français » ; mémoire de magistère publié à l'Université Mohammed Khider Biskra, 2014.

Cette autre chercheuse qui a analysé le parler des jeunes, ne s'est limitée qu'au langage SMS des étudiants du département de français de l'Université Mohammed K.,

- AKSANTI BARHEBWA Projet, Le Néologisme dans le langage des étudiants de la ville de Bukavu : mémoire de licence, publié à l'ISP/Bukavu, 2017

Ce dernier chercheur a analysé la manière dont les étudiants de la Ville de Bukavu s'expriment au moyen du néologisme, les mots actualisés qu'ils insèrent dans leur discours.

Comparativement à toutes ces recherches déjà menées et qui ont un certain rapport avec notre sujet, notre rôle est d'analyser les caractéristiques de ce nouveau comportement langagier juvénile par lequel les jeunes étudiantsvisent une communication rapide et instantanée en abandonnant quelques normes grammaticales. L'originalité de notre recherche est liée au fait que l'analyse de la messagerie des étudiants de l'ISP/KAZIBA n'est nullement traitée dansl'état de la question que nous avons explorée. C'est pourquoi nous voulons mener cette étude afin de nous rendre compte de la manière dont les étudiants pratique la lexique, la syntaxe, l'orthographe et bien d'autres aspects dans leur messagerie , quand ils communiquent entre eux.

7. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l'introduction et la conclusion générale, ce travail est battu sur trois chapitres qui constituent son ossature. Le premier concerne « l'architecture théorique et méthodologique», il saisit les théories sociolinguistiques avant d'expliciter la situation d'énonciation, le processus de communication, le schéma de communication proposé par R. Jackobson. Apres ces aspects théoriques, nous y aborderons la sociolinguistique, la technique du corpus et celle d'enquête, trois approches linguistiques qui nous serviront d'outils d'analyse. Nous clôturerons ce chapitre par les fonctions du langage.

Le deuxième chapitre porte sur « Le Parler de jeunes isparques »ici nous allons étudier l'aspect du langage des jeunes, les pratiques et les représentations langagières utilisées par ceux-ci dans la communication.

Le dernier chapitre prend en compte« l'Influence de l'écriture `'SMS'' sur la languestandard »Et procèdera à analyse du corpus collecté. Il abordera deux petits points essentiels :le premier traite de la nouvelle forme de communication électronique, thème de discussion ainsi que du dépouillement du corpus ; le deuxième abordera une étude profonde de la formation graphique du langage `'SMS`' qui fait la base de cette écriture, où nous présenterons les structures utilisées par les étudiants de l'ISP/KAZIBA pour raccourcir mots et un style individuel à leurs messages.

8. DIFFICULTES RENCONTREES

La nature n'offre rien à l'homme sans peine dit-on. Ainsi, la réalisation d'une oeuvre scientifique n'est une chose facile qu'on le croit. Elle nécessite la mobilisation de beaucoup d'énergies. Si l'on ne s'arme pas du courage, de la patience, de la tolérance et de la persévérance l'on peut toutefois se mettre à côté et se débarrasser de son thème de recherche et des démarches entreprises pour ce faire et s'orienter vers d'autres domaines. La réalité d'un travail s'accompagne des difficultés des diverses natures, dans le milieu où nous nous trouvons il n'est pas facile de commencer une étude et la terminer sans embûches, fautes des bibliothèques publiques car même les établissements d'enseignement supérieurs et universitaires sont démunis des ouvrages professionnels spécialisés. Lors de notre recherche nous étions confrontés à des difficultés suivantes:

· Le manque d'autres travaux en rapport avec ce thème

· L'insuffisance financière qui a été d'ailleurs la contrainte principale pour cette investigation pour le déplacement en vue de récolter les données

· Le manque de la bibliothèque sur le milieu pour des références sur notre sujet de recherche

· Le refus catégorique de certains enquêtés à répondre aux questions pour des raisons inavouées

· Accès difficile à la messagerie des étudiants pour raison de confidentialité.

· Manque du courant électrique qui rédiger, mais aussi la non remise du questionnaire d'enquête avant.

Malgré toutes ces contraintes, toute cette carence d'ouvrages et la non accession à certaines données pratiques, nous avons tant soit peu surmonté certains obstacles et nous sommes parvenu à produire ce travail.

La pauvreté que pourra présenter ce travail ne doit pas être un objet de critique mais plutôt des recherches ultérieures.

CHAPITRE PREMIER : ARCHITECTURE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

Ce chapitre est un regard sur les notions théoriques et méthodologiques utiles pour la construction de nos analyses. Nous tenons à apporter un éclaircissement en expliquant les concepts indispensables à la compréhension de notre étude et au choix d'une approche méthodologique capable de répondre aux objectifs du présent travail. Il s'agit de définir les contours du concept « langage SMS » avant d'éclairer d'autres notions de base.

Nous préciserons en outre les principes de notre démarche des concepts théoriques et méthodologiques qui cadrent avec l'analyse du parler des jeunes.

Nous nous efforcerons par la suite, de présenter nos approches notamment la sociolinguistique, la méthode quantitative et qualitative, la méthode d'enquête et celle du corpus mais aussi d'expliquer l'alternance codique, le contact des langues, le bilinguisme, l'emprunt et l'énoncé.

I.1. Cadre théorique

Le premier point de ce chapitre concerne les notions de base du travail de langage comme théorie de base de nos analyses. Cette notion principale évoque d'autres comme celle de la situation d'énonciation.

I.2. La Sociolinguistique

La sociolinguistique est l'une des sciences du langage, William Labov, l'un des pères fondateurs de la discipline considère « qu'il s'agit là tout simplement de linguistique » (LABOV, 1976, P.258). Avec cette affirmation, il prend position contre les linguistes qui suivent la tradition saussurienne et les enseignements du Cours de linguistique générale de F. de Saussure. Pour lui, ces derniers « s'obstinentà rendre compte des faits linguistiques par d'autres faits linguistiques, et refusent toute explicationfondée sur des données extérieures tirées du comportement social » (LABOV, 1976, P.259). « La sociolinguistique prend en compte tous les phénomènes liés à l'homme parlant au sein d'une société » (BOYER H. 1996). On peut considérer que l'émergence du territoire de recherche de cette discipline s'est produite d'abord sur la base d'une critique des orientations théoriques et méthodologiques de la linguistique structurale.

2. Bref aperçu historique de la sociolinguistique

La sociolinguistique comme discipline constituée s'est élaborée dans les années 1960 aux USA autour d'un groupe de chercheurs (Dell Hymes, Fishman, Gumperz, Labov, Ferguson, etc.). Leur approche peut se résumer comme suit « Etudier qui parle quoi, comment où et à qui » (FISHMAN, 1971 : 43-49). Les rapports sociaux entre les individus deviennent centraux, la sociolinguistique s'est constituée en opposition plus ou moins marquée avec le structuralisme.

A partir de la fin des années soixante, la sociolinguistique devient un champ important, actif qui a beaucoup apporté au renouvellement de nos catégories en particulier grâce au domaine de la linguistique de contact. Les langues qui étaient perçues comme des systèmes autonomes vont de plus en plus être perçues comme des systèmes fluides, variables, etc. Mais comme toute discipline, la sociolinguistique a eu également tendance à se fragmenter en de multiples sous domaines. Parmi les grandes tendances actuelles:

· Tous les travaux relevant de la sociologie du langage où l'accent est surtout mis sur les groupes sociaux, les politiques linguistiques etc. et où la description des faits linguistiques est relativement marginale.

· la linguistique variationiste, tendance LABOV, qui reste dans une conception systémique dulangage même si considère que la variation est le moteur de l'évolution linguistique. Cette branche s'attache principalement à l'étude des variantes sociales à l'intérieur de ces systèmes.

· Le domaine de la pragmatique, sociolinguistique interactionnelle, les actes du discours etc. où l'on va montrer dans des études plutôt micro comment les locuteurs jouent, se positionnent sur les différents registres/variétés de langue

· plus récemment et principalement en France, une sociolinguistique urbaine (Bulot, Calvet) qui ne prend pas simplement la ville comme cadre, mais qui s'interroge sur l'interaction entre ville et pratiques langagières, sur l'urbanité des faits linguistiques.

· Tout le domaine du contact de langue qui a connu un essor très important depuis des années et qui regroupe des approches très différentes. La sociolinguistique a affaire à des phénomènes très variés : les fonctions et les usages du langage dans la société, la maîtrise de la langue, l'analyse du discours, les jugements que les communautés linguistiques portent sur leur(s) langue(s), la planification et la standardisation linguistiques. Elle s'est donnée pour tâche de décrire les différentes variétés qui coexistent au sein d'une communauté linguistique en les mettant en rapport avec les structures sociales. Aujourd'hui, elle englobe pratiquement tout ce qui est étude du langage dans son contexte socioculturel.

3. Crise de la linguistique structurale

Elle s'est développée en isolant dans la totalité du langage un objet censé être homogène, la langue en l'étudiant indépendamment de ses réalisations à l'ensemble de la réalité extralinguistique et elle a mis en place un ensemble de concepts méthodologiques et descriptifs. Cet ensemble de concepts a permis le développement d'une linguistique descriptive structurale synchronique centrée sur la phonologie, la syntaxe, la fonction des éléments et leur distribution. En effet, de nombreux reproches ont été faits contre la linguistique structurale, certains linguistes parlent de crise de la linguistique, en affirmant qu'elle est incapable d'intégrer de manière satisfaisante la variation et de répondre aux questions de la place et du rôle des phénomènes langagiers dans la société , d'où la remise en cause de certains concepts (la langue, le signe linguistique, la communication.)

3.1. La langue chez Saussure

Selon Saussure « La langue n'est pas une fonction du sujet parlant, elle est le produit que l'individu enregistre passivement » (p.30), « elle est la partie sociale du langage, extérieure à l'individu par son pouvoir coercitif : elle est le produit que l'individu enregistre passivement (p. 30), « et il ne peut à lui seul ni la créer ni la modifier » (p.31)

La langue a donc une double caractéristique :

Ø Une existence extérieure à l'individu, elle existe dans les cerveaux d'un ensemble d'individus, car lalangue n'est complète dans aucun, elle n'existe parfaitement que dans la masse.

Ø Une intériorisation pour chaque individu : « quelque chose qui est dans chacun d'eux tout en étant commun à tous et placé en dehors de la volonté des dépositaires » (p.38)

On peut dire qu'à ce niveau d'analyse, Saussure arrache la langue à l'étude des faits de nature en la rattachant à la sociologie : « la langue est classable parmi les faits humains ». La langue n'est pas seulement une représentation collective, elle est une véritable institution sociale, système de signes exprimant des idées. Or la sociolinguistique considère que l'objet de son étude ne doit pas être simplement la langue, système de signes, ou la compétence, système de règles. L'opposition langue/parole ou compétence/performance implique que dans le champ d'investigation du linguiste, seule la langue (ou la compétence) constitue un système fermé. Il faut donc dépasser cette opposition car elle fournit un cadre trop étroit pour l'étude de problèmes linguistiques importants comme l'utilisation du langage dans son contexte socioculturel. (Hymes, dès 1972, développe le concept de compétence de communication : pour communiquer, il ne suffit pas de connaître la langue, le système linguistique ; il faut également savoir comment s'en servir en fonction du contexte social).

3.2.Le signe linguistique

Les théories linguistiques définissent toutes un objet réduit par rapport à l'usage qui est fait d'une langue. Elles rejettent hors du champ les aspects para-verbaux (liés à la voix) et non verbaux (présence physique et gestuelle) qui accompagnent la parole, la variation des usages en fonction des facteurs individuels socio-situationnels. La linguistique moderne va prendre en charge ces facteurs externes car l'analyse et la description des situations linguistiques diverses ont montré qu'un grand nombre de ces facteurs externes pouvaient intervenir dans la communication dans une langue donnée. On peut retenir les facteurs géographiques (régionaux, typographiques), des facteurs sociaux (appartenance à un groupe social, professionnel, religieux, à une classe d'âge, sexe...

3.3. Définition de quelques concepts clés de la sociolinguistique

La communication entre les hommes par la parole, donne lieu à deux formes d'expérience :

· L'expérience de la diversité des langues, lorsqu'on voyage dans le monde on se rend compte que les hommes communiquent entre eux grâce à de nombreux parlers.

· L'expérience de diversité à l'intérieur de ce qu'on considère comme une même langue parexemple en RDC dans la province du Sud-Kivu, le Mashi dialectal est différent selon les régions : Kaziba, Luhwindja, Ngweshe etc.

1. Le dialecte

Le mot grec dialektos était un substantif abstrait qui signifiait « conversation », puis langage dans lequel on converse. C'est un parler qui a son propre système lexical, syntaxique, et phonétique mais qui n'a pas atteint le statut politique de langue ; c'est un système de signes et de règles combinatoires de même origine qu'un autre système considéré comme langue mais n'ayant pas acquis le statut culturel et social de cette langue indépendamment de laquelle il s'est développé.

2. Le patois

On appelle patois ou parler patois un dialecte social réduit à certain signes (faits phonétiques ou règles de combinaison) utilisé seulement sur une aire réduite et dans une communauté déterminée, rurale généralement. Les patois dérivent d'un dialecte régional ou de changements subis par la langue officielle. Ils sont contaminés par les langues officielles au point de ne conserver que des systèmes partiels qu'on emploie dans un contexte socioculturel déterminé (paysans parlant à des paysans de la vie rurale). En France, le terme « patois » est dévalorisant : le terme résulte d'une lente aliénation culturelle par laquelle les autorités voulurent faire croire aux Français parlant une langue autre que le français que leur langue n'en était pas une, qu'elle n'était qu'une déformation locale de la langue française. Walter

Henriette a écrit « Il faut donc bien comprendre que non seulement les patois ne sont pas du français déformé, mais que le français n'est qu'un patois qui a réussi. ».

3. Les sabirs

Les sabirs sont des systèmes linguistiques réduits à quelques règles de combinaison et au

vocabulaire d'un champ lexical déterminé, ce sont des langues composites (formées d'éléments très différents) nées de contact de deux ou plusieurs communautés linguistiques différentes qui n'ont aucun autre moyen de se comprendre dans les transactions commerciales. Les sabirs sont des langues ayant une structure grammaticale mal caractérisée et un lexique pauvre limité aux besoins qui les ont fait naître et qui assure leur survie.

3. Les langues créoles

On appelle traditionnellement "créoles" des langues nées au cours des XVIIe-XVIIIe siècles des colonisations européennes, lors des contacts entre maîtres et esclaves, amenés à communiquer alors qu'au départ ils n'avaient aucune langue commune. Dans les pays où l'on pratique des langues créoles, elles sont surtout utilisées à l'oral, et fonctionnent en alternance, parfois même selon une distribution à peu près complémentaire avec des variétés contemporaines des langues européennes qui se sont maintenues, voire qui ont été survalorisées aux dépends des créoles, langues quotidiennes, langues des relations personnelles, langues de l'affectivité, alors que les langues européennes en usage sont plus souvent langues de l'administration, langues de l'école, langues de la littérature écrite. On parle de langues créoles historiques, à base française, portugaise, anglaise, néerlandaise, etc.

4.La variété

Selon Fishman, la sociolinguistique recourt au terme de variété au lieu de langue sans en donner une définition concise. Le mot langue possède une signification supérieure et surtout parce que ce mot comporte de nombreux jugements de valeur, il manifeste une opinion, il suscite une émotion (langue maternelle) et révèle une prise de position, il a un aspect officiel et un statut politique. Alors que la variation est plus ou moins neutre. Cependant quand, comment et par qui, une variété est-elle considérée comme une autre langue. Exemple, le berbère qui devient langue nationale. Le terme de variété contrairement au dialecte ne désigne pas seulement une position linguistique particulière mais désigne aussi des différences par rapport à d'autres variétés. (Sociolinguistique, Dr BenazouzNadjida, 2009 ; P6-7)

II. Les méthodes comparées

A. La méthode quantitative à partir de questionnaires

1 - Les objectifs

L'enquête quantitative permet de mesurer des opinions ou des comportements. Elle permet également de décrire les caractéristiques d'une populationayant une opinion ou un comportement particulier.

L'enquête quantitative se rattache à une vision strictement positive et empiriste, inspirée des sciences de la nature. Au-delà du simple décompte d'individus émettant une opinion ou faisant état d'un comportement, elle vise à tester des hypothèses et à illustrer des théories par la mise en évidence de corrélations entre des variables. Elle mesure, sur les variables du questionnaire, des inégalités de distribution et les corrélés avec d'autres distributions. Trois séries de variables doivent, par ailleurs, servir d'indicateurs des déterminants sociaux. « Les variables dont les indicateurs renvoient directement à une désignation biologique (le sexe, l'âge) ; les variables servant à approcher le montant des capitaux, sociaux, culturels et économiques des individus interrogés ; les variables indiquant le mode d'organisation de la vie privée dans laquelle les personnes sont insérées. »

2 - Le recueil

Le recueil de données peut être réalisé soit par téléphone, soit en face à face, soit par voie postale. Un même questionnaire est utilisé afin de disposer d'une grille identique pour chaque enquêté. Le recueil repose sur l'élaboration de données chiffrées, portant sur une population bien définie (champ de l'enquête). Cette population n'est pas enquêtée en totalité, mais seulement sur un sous-ensemble représentatif (échantillon). La théorie des sondages assure la représentativité statistique des résultats, l'échantillon ayant une relation au champ étudié.

La méthode la plus couramment utilisée est celle des quotas. L'hypothèse sous-jacente est la suivante : si un échantillon est représentatif sur quelques grandes variables sociodémographiques, alors il sera représentatif sur les variables que l'on veut étudier. Les variables retenues sont celles dont la distribution dans la population est connue, parce qu'elles sont faciles à obtenir et parce qu'elles sont effectivement corrélées, soit avec les comportements que l'on veut étudier, soit avec d'autres facteurs qui interviennent dans les hypothèses. Les variables sociodémographiques couramment choisies pour construire l'échantillon sont : la région, le type d'unité urbaine, l'âge, le sexe, la profession et la catégorie sociale. Un débat existe aujourd'hui sur leur pertinence au regard d'autres critères (modes de vie, étapes de vie...). Les « quotas » sont imposés aux enquêteurs qui peuvent, à part cette contrainte et éventuellement quelques autres portant sur les lieux et les moments des enquêtes, librement choisir les personnes à interroger. La théorie des sondages permet le calcul d'intervalles de confiance indiquant la précision de la mesure. Celle-ci dépend de la taille de l'échantillon. On ne s'intéresse pas uniquement à l'estimation de paramètres sur l'ensemble de l'échantillon. On cherche souvent à estimer la valeur de ces paramètres sur des sous-échantillons plus ou moins restreints. Il faut donc déterminer la taille de l'échantillon total de façon telle que les estimations effectuées à partir de ces sous-échantillons soient acceptables. Comme on ne connaît pas à l'avance l'importance des relations dont on veut vérifier l'existence, opter pour un échantillon plus important permet d'obtenir un meilleur intervalle de confiance.

Les données sont recueillies en sollicitant des réponses à des questions au moyen de questionnaires standardisés. C'est la rationalité du chercheur associée à la connaissance qu'il a du sujet d'enquête qui guide la réalisation des questionnaires, tant en ce qui concerne les indicateurs et les thèmes choisis que la formulation et l'ordre des questions posées ou la liste des items proposés.

Le fait que les questionnaires soient standardisés permet d'en déléguer la réalisation à des enquêteurs autres que le responsable du projet. La standardisation permet également de contrôler, sinon de diminuer l'effet qu'a sur les réponses de l'enquêté la perception que celui- ci a de l'enquêteur. Les questionnaires font l'objet de tests préalables. Il s'agit de questionnaires pilotes permettant de vérifier la bonne compréhension des questions pour les enquêtés. Il ne peut y avoir d'évolution du questionnement au cours de l'enquête ni dans sa structure, ni dans le libellé précis des questions ou des items proposés en réponses.

Les mêmes questions sont ainsi posées à toutes les personnes interrogées. Il est cependant possible d'orienter les personnes sur des parties différentes en fonction de leurs caractéristiques grâce à des questions filtres.

Les questions sont le plus souvent fermées. Dans ce cas, l'enquêteur lit l'intitulé de la question et propose une liste de réponses possibles. Celle-ci peut consister en la possibilité de répondre par « oui » ou par « non ». Les questions fermées de ce type sont adaptées à l'observation d'indicateurs simples, bien définis, concrets tels que les questions formelles et les questions factuelles. Elles sont d'un emploi plus délicat lorsqu'il s'agit de questions subjectives.

Les questions fermées peuvent également proposer un éventail de propositions types ou d'items en réponse à la question. Celles-ci sont particulièrement adaptées à l'étude des opinions et des motivations. L'éventail d'items permet en effet de proposer des formulations plus nuancées et de présenter à l'enquêté un ensemble de propositions variées. La liste des items doit être complète, c'est à dire qu'elle doit couvrir l'ensemble des propositions faisant partie de l'univers logique. Elle doit être appropriée, c'est à dire semblable au registre de réponses présent dans la population parente. Une telle liste permet à chaque personne interrogée de trouver un item qui exprime son point de vue. Si tel n'est pas le cas, les enquêtés ne se retrouvant pas dans les items proposés risquent de ne pas répondre ou de se retourner vers la proposition la moins éloignée de leur opinion ou de leur comportement.

Les questions posées dans un questionnaire peuvent également être semi-ouvertes. L'enquêteur ne doit pas suggérer de réponses, il écoute la réponse de l'enquêté et code celle-ci dans une liste.

Enfin, le questionnaire peut inclure des questions ouvertes, mieux adaptées à l'étude de variables complexes. Elles permettent également, en l'absence de données nécessaires à l'élaboration d'une question en éventail, d'obtenir une grande diversité de réponses. Dans ce cas, l'enquêteur recueille alors une réponse libre qui sera soumise à une méthode d'analyse de contenu thématique. Le recours à des questions ouvertes se heurte néanmoins à plusieurs écueils. Alors que l'un des intérêts du questionnaire est de standardiser et de neutraliser l'effet enquêteur, celui-ci apparaît dans le cas de questions ouvertes. En effet, l'enquêteur, malgré les consignes, reste libre de noter tout ou partie du discours de l'enquêté. Il risque, également, de réinterpréter la réponse de l'enquêté avec ses propres mots. D'autre part, les questions ouvertes font l'objet d'une post-codification très souvent réductrice et sujette à l'interprétation subjective des codificateurs. (Agathe COUVREUR et Frank LEHUEDE, Essai de comparaison de méthodes quantitatives et qualitatives, 2002 : p1-10)

3 - L'analyse

Une fois l'enquête achevée sur le terrain, les questionnaires font l'objet d'un codage des questions ouvertes et d'une saisie informatique. Des traitements statistiques sont alors envisageables qu'il s'agisse de tris à plat, de tableaux croisés ou d'analyse des données.

La statistique permet d'établir, avec méthode et de façon rigoureuse, l'importance réelle des phénomènes sociaux. Elle permet également de saisir des évolutions grâce à des séries temporelles donnant une vision dynamique et évolutive des phénomènes sociaux. Elle permet aussi de préciser les catégories de personnes ayant plutôt tel ou tel type d'opinion ou de comportement. Les traitements statistiques constituent un instrument explicatif essentiel puisqu'ils permettent de croiser des variables et de rechercher d'éventuelles corrélations entre elles. L'analyse des données offre même la possibilité d'évaluer les liaisons entre les variables et de les hiérarchiser.

4 - Les limites des méthodes quantitatives


· La principale limite des approches quantitatives porte sur le manque d'importance donné au point de vue de l'enquêté. En effet, l'enquête quantitative implique de créer des variables dont on cherchera entre elles à établir des relations statistiques. Or les processus sociaux ne se prêtent pas forcément à cette mise en forme préalable. L'enquête par questionnaire peine à analyser le sens que les acteurs donnent à leurs pratiques, aux événements dont ils ont pu être les témoins. Elle retranscrit assez mal les systèmes de valeur et les repères normatifs à partir desquels les individus s'orientent et se déterminent.


· Une autre limite tient au fait que les réponses recueillies par questionnaire ne sont pas spontanées mais suscitées. De ce fait, elles ne peuvent être tenues pour des indicateurs fiables des comportements qui se produisent effectivement en situation. Il existe, en effet, un écart entre ce que les individus disent et ce qu'ils font, entre le discours et le comportement. Une personne interrogée peut ne pas avoir de point de vue personne! Sur la question posée. Le fait de lui suggérer des réponses le force à se positionner.


· L'enquête par questionnaire maximise le risque de « violence symbolique » en ne permettant pas d'instaurer une relation d'écoute et d'adaptation à l'histoire, au langage, aux pensées et sentiments de l'enquêté. Celui-ci peut également être enclin à donner une bonne image de lui-même et à fournir la « bonne » réponse estimée.


· Les questionnaires sont posés par plusieurs personnes ce qui peut induire un biais dans le recueil d'information. Le questionnaire fermé limite en grande partie ce biais. Certains auteurs privilégient même le recours à un grand nombre d'enquêteurs postulant que plus ce nombre est grand, plus on neutralise l'effet d'interprétation subjective des enquêteurs est neutralisé.


· L'enquête par questionnaire n'est pas pertinente lorsque les hypothèses de départ d'une recherche sont incomplètement formulées. « La classique enquête par questionnaire dépend de l'efficacité et de la pertinence des questions choisies une fois pour toutes en fonction de l'hypothèse posée au début de la recherche. Elle est donc paralysée par toute découverte qui remettrait en question ses propres termes. »

B - Les méthodes qualitatives

Il existe deux grands types de méthodes qualitatives par entretiens :

- La méthode qualitative basée sur des entretiens semi-directifs

- La méthode qualitative basée sur des entretiens non directifs

1 - La méthode qualitative basée sur des entretiens individuels semi-directifs

Les objectifs

L'entretien semi-directif permet de vérifier des hypothèses et d'illustrer des théories en apportant un réservoir d'opinions et d'anecdotes. Il ne s'agit pas de connaître les caractéristiques de la population, de mesurer les opinions majoritaires ou d'étudier les déterminants sociodémographiques des pratiques et des représentations mais de recueillir des témoignages détaillés et individualisés afin de comprendre les logiques qui sous-tendent les pratiques, en provoquant chez les enquêtés la production de réponses à des questions précises. L'entretien semi-directif permet d'entrer dans le champ des représentations et des pratiques individuelles. Il permet de formaliser et de systématiser la collecte des données et permet de constituer un corpus de données homogènes rendant possible une étude comparative des entretiens.

Le recueil

Les données sont recueillies auprès d'un échantillon « d'unités types » représentant chacune une catégorie de population. Cette méthode repose sur le principe selon lequel les différentes variables attachées à une unité n'étant pas indépendantes entre elles, une unité qui se situe dans la moyenne d'une population pour un certain nombre de variables importantes est également peu différente de la moyenne de cette population en ce qui concerne les autres variables. Dès lors, un échantillon d'unités types permet d'élaborer des résultats qui apportent des éléments sur l'ensemble de la population parente, bien que l'échantillon ne soit pas représentatif au sens statistique du terme.

L'objectif est de s'assurer de la variété despersonnes interrogées de telle sorte qu'aucune situation importante ne soit omise lors du choix des interviewés. L'entretien semi-directif suppose la définition d'un thème général (la consigne), la constitution d'un guide thématique formalisé (des consignes portant sur des aspects particuliers du thème) et la planification de stratégies d'écoute et d'intervention (les relances ou les reformulations). Les relances servent à solliciter l'interviewé sur des aspects du thème qu'il a traité d'une manière trop rapide ou superficielle. Les reformulations montrent à l'interviewé qu'il est écouté et l'aident à s'exprimer en lui apportant une sorte de reflet de ce qu'il pense et de ce qu'il ressent. Contrairement au questionnaire, le guide d'entretien structure l'interrogation mais ne dirige pas le discours. Il s'agit d'un système organisé de thèmes, que l'interviewer doit connaître sans avoir à le consulter ni à le formuler sous la forme d'un questionnaire. En effet, les questions ne sont pas nécessairement posées, ni dans l'ordre, ni suivant la formulation prévue. Le guide d'entretien a pour but d'aider l'enquêteur à recentrer l'entretien sur l'objectif de l'étude et à relancer l'interlocuteur, au moment le plus approprié et de manière aussi naturelle que possible, sur les thèmes qu'il n'évoque pas spontanément. Cette technique doit permettre d'obtenir à la fois un discours librement formé par les interviewés et répondant aux questions de la recherche. Les entretiens peuvent être enregistrés ou filmés. Ces deux méthodes permettent de restituer fidèlement l'intégralité de l'entretien, avec ses hésitations, ses répétitions, ses fautes de syntaxe...

Le chercheur structure le guide d'entretien en fonction des hypothèses qu'il cherche à tester. Ces dernières agissent comme autant de filtres dans le déroulement des conversations.

Il s'agit de mettre en oeuvre une démarche de type causal consistant à tester des hypothèses sur les relations objectives entre un objet sociologique et des variables indépendantes considérées comme des indicateurs de causes sociales.

C'est ici qu'apparaît la différence avec l'entretien non directif. A partir de la grille d'analyse, l'enquêteur formule, dans le fil de la conversation, des questions que l'expérience de l'enquêté ne lui suggère pas nécessairement. Il peut très bien refuser de tenir compte de cette expérience. Le guide d'entretien peut être plus ou moins directif. L'enquêteur peut décider de favoriser l'expression des enquêtés afin de laisser émerger des thèmes qui pourraient lui sembler extérieurs ou incongrus par rapport à ses propres définitions et représentations.

Même très directif, un entretien reste fondamentalement différent d'un questionnaire. En effet, les réponses n'y sont jamais proposées. Elles sont libres tant par leur contenu que par leur forme, notamment dans la longueur du développement elles peuvent donner lieu. L'entretien semi-directif reste donc non directif dans la manière d'écouter et de recueillir les réponses, laissant à l'enquêté la possibilité de nuancer ses réponses, de les justifier et de les commenter.

L'analyse

Cinq types d'analyses des discours peuvent être proposés :


· L'analyse thématique ou transversale
: Elle permet de dégager la structure, les processus et les thématiques propres à chacun des sous-groupes qui composent la population. On ne tient compte que du contenu des messages afin de pouvoir les comparer avec d'autres entretiens. Le découpage du discours en fragments correspondant à des thèmes permet d'en repérer les modalités et les fréquences d'apparition à l'aide d'une grille d'analyse construite sur la base d'une première lecture de quelques entretiens ainsi que sur les hypothèses initialement posées. Les discours singuliers sont ainsi détruits et structurés. Les extraits d'entretiens se rapportant au même thème sont regroupés et traités transversalement. L'intérêt est de confirmer ou d'infirmer des hypothèses. L'entretien semi-directif se rapproche alors de la logique de l'exploitation de questionnaires. On peut d'ailleurs, si la grille d'analyse est très précise, envisager des traitements statistiques descriptifs, basés sur le calcul d'indices, à l'aide de logiciels d'analyse de contenu. Les deux indices les plus fréquemment utilisés sont :

- L'indice de fréquence d'apparition (d'un mot, d'une phrase ou d'un thème) : chaque catégorie est rapportée à l'ensemble des évocations enregistrées afin d'en estimer le poids.

- L'indice de fréquence d'association ou de concomitance qui consiste à relier les catégories qui se succèdent dans le discours d'un individu, puis à comptabiliser leur fréquence d'association.


· L'analyse structurale
: Une analyse comparative peut être menée pour dégager les éléments de structure communs au discours des interviewés ou, à l'inverse, les éléments de différenciation, afin de déterminer des groupes distincts au sein de la population étudiée.


· L'analyse par entretien
: Celle-ci repose sur l'hypothèse que chaque entretien est porteur du processus psychologique ou sociologique que l'on veut analyser. L'analyse par entretien se justifie notamment lorsque l'on étudie des processus, des modes d'organisation individuels, des récits de vie. Ce type d'analyse étudie les entretiens de manière longitudinale, traitant chacun d'entre eux comme un cas spécifique avec sa dynamique propre. Cela permet de repérer les énoncés singuliers, les formulations extrêmes ou atypiques, les lapsus, les éléments apparemment incompréhensibles au regard des hypothèses. Il s'agit de rendre compte de la logique du monde référentiel décrit par rapport aux hypothèses. Réalisée en complément de l'analyse thématique, cette démarche peut modifier le sens qui se dégage de l'analyse transversale. Il existe également des analyses qui ne procèdent pas par découpage thématique mais par un mode de découpage et de codage s'étayant sur la structure syntaxique et sémantique du discours.


· L'analyse propositionnelle du discours
: Elle postule que tout discours construit un monde référentiel imposant une structure aux différents objets du monde, c'est à dire, en reliant ces objets entre eux. L'analyse propositionnelle du discours vise à reconstituer l'image de ce monde en privilégiant les relations que le discours établit entre les objets.


· L'analyse des relations par opposition
: Elle repose sur une double hypothèse : l'existence d'une correspondance entre les éléments d'un système pratique et les éléments d'un système symbolique ; la structuration de cette correspondance en opposition, comme étant constitutive de la fonction symbolique. Cette méthode ne cherche pas à identifier le déplacement de l'individu dans son univers de référence mais à saisir le cliché, l'instantané et le fragment d'un univers commun.

L'analyse des entretiens semi-directifs, surtout si elle est principalement transversale, laisse une part importante à l'interprétation de la personne qui retranscrit les entretiens.

Hypothèses de recherche, questions de la grille et interprétations du retranscripteur constituent lesprincipes de catégorisation qui impriment une grille d'interprétation arbitraire. Les extraits d'entretien donnent un fondement empirique aux propos du chercheur.

2 - La méthode qualitative basée sur des entretiens individuels non directifs

Les objectifs

Les méthodes qualitatives par entretiens non directifs accordent beaucoup d'importance au sens donné à leurs actions par les acteurs eux-mêmes. En cela, elles se réfèrent à la sociologie compréhensive de Max Weber, à la phénoménologie ou à l'interactionnisme symbolique.

Elles cherchent à révéler des processus sociaux ou des relations qui seront généralisés à l'ensemble de la population. Si les entretiens non directifs cherchent également à valider des hypothèses de travail, contrairement aux enquêtes par questionnaires ou par entretiens

Semi-directifs, ce n'est pas par les réponses aux questions que l'on cherche à vérifier la validité des hypothèses, c'est par la structure du plan d'entretien, élaboré de telle manière que les données produites puissent être confrontées aux hypothèses. L'entretien non directif permet de recueillir un discours in situ sur les points de vue, les représentations, les expériences vécues ou les pratiques sociales permettant de produire du sens. Il ouvre la voie à une compréhension en profondeur de la logique de l'individu, de sa rationalité. Les propres questions de l'enquêté sont le véritable objet de recherche. Restituées dans un contexte indispensable à leur interprétation, elles donnent accès aux conceptions personnelles des interviewés.

L'entretien non directif est la méthode privilégiée pour l'étude de variables complexes qu'on ne peut saisir qu'à travers l'élaboration d'un discours. C'est le cas notamment des valeurs, des croyances ou des représentations sociales.

Le recueil

Comme dans le cas d'entretiens semi-directifs, on utilise le plus souvent un échantillon d'unités types. L'entretien non directif consiste à proposer un thème général à l'enquêté (la consigne) et à déterminer des axes thématiques, à partir desquels l'interviewé développe librement son discours, sans cadre préétabli. La personne est considérée comme un sujet exprimant, dans un climat de confiance, son expérience, ses convictions, ses points de vue et sa perception des situations vécues.

Exemples de relances

La reformulation-clarification

« Vous voulez dire que... »

L'interprétation

« ce que vous dites ne s'explique-t-il pas par... »

Le recentrage

Reprendre la question de départ

Les marques d'écoute

« Je vois... »

Les demandes d'éclaircissement

« Je ne comprends pas bien... »

Les silences significatifs

« ... »

L'enquêteur dispose de plusieurs types d'incitations destinées à manifester l'intérêt qu'il porte à ce qui est dit et à obtenir que l'enquêté développe sa propre approche du problème. Il appartient aussi à l'enquêteur de clore l'entretien lorsque les propos deviennent redondants. Les entretiens peuvent être enregistrés ou filmés. Ces deux méthodes permettent de restituer fidèlement l'intégralité de l'entretien, avec ses hésitations, ses répétitions, ses fautes de syntaxes...

L'intérêt des entretiens non directifs ne réside pas tant dans les faits décrits que dans les mots employés par le sujet pour livrer à sa manière, son expérience, sa représentation du monde, en même temps qu'il l'apprécie et qu'il tente de convaincre son interlocuteur de sa validité. L'entretien permet aux enquêtés de s'exprimer dans leurs termes, d'utiliser leurs concepts propres et de suivre leur propre logique. L'observation est ainsi réalisée sans que l'enquêté ne soit forcé de s'insérer dans un cadre qui lui est étranger. Moins normalisant, l'entretien non directif doit être plus riche.

La qualité de la relation établie entre l'enquêteur et l'enquêté est primordiale. Elle doit permettre de soutenir la motivation de l'enquêté, de stimuler des réactions face au thème abordé, afin d'obtenir des informations riches et nuancées.

L'analyse

« L'analyse s'effectue sur le corpus, c'est à dire l'ensemble des discours produits par les interviewers et les interviewés, retranscrit de manière littérale. »

A partir du contenu des entretiens, on peut réaliser une analyse de contenu. Il s'agit alors d'étudier et de comparer les sens des discours pour mettre à jour les systèmes de représentations qu'ils véhiculent. Le chercheur tente alors de traduire les expériences personnelles en enjeux collectifs et de donner ainsi à voir les mondes vécus des enquêtés. Les logiques argumentatives que ces derniers développent dans l'entretien constituent les principes de l'analyse. Cependant, restituer les entretiens retranscrits ne suffit pas pour reconstruire les univers de croyance. Une analyse du discours est nécessaire pour analyser les significations du discours, les mécanismes de production du sens et révéler les éléments sémantiques les plus structurants. Cette analyse porte autant sur le contenu que sur les structures formelles du langage.

3 - Les limites des approches qualitatives


· La principale limite des approches qualitatives tient à la généralisation à une société entière des observations portant sur un nombre limité d'individus. Toute généralisation de type statistique est, bien sûr, impossible, les échantillons étant trop restreints et n'étant pas représentatifs. Seul le travail sociologique légitime une généralisation des processus ou des relations objectives à partir de propos conjoncturels voire singuliers. Il s'agit d'aboutir à une « compréhension générique et génétique de ce qu'est l'enquêté, fondée sur la maîtrise des conditions sociales dont il est le produit, la maîtrise des conditions et des mécanismes sociaux dont les effets s'exercent sur l'ensemble de la catégorie dont il fait partie et la maîtrise des conditions inséparablement psychiques et sociales associées à sa position et à sa trajectoire particulière dans l'espace social ».


· Le biais induit par le fait que tous les entretiens ne soient pas conduits par le même interviewer est important dans le cas d'une démarche qualitative. La formation des interviewers est donc essentielle.


· Les entretiens qualitatifs génèrent un risque de violence symbolique. Adopter une attitude non directive est très complexe. Se centrer sur l'interviewé exige une attention soutenue et la maîtrise de ses propres réactions. Il s'agit de suivre l'autre dans les méandres de sa pensée et de ne rien laisser paraître de ses propres associations d'idée et, d'une manière générale, de ses propres pensées et sentiments.(Agathe COUVREUR et Frank LEHUEDE, Essai de comparaison de méthodes quantitatives et qualitatives 2002: p10-19)

I.4. Langage SMS

Selon Wikipédia, Le langage SMS est un sociolecte écrit qui modifie les caractéristiques orthographiques, voire grammaticales, d'une langue afin de réduire sa longueur, dans le but dene pas dépasser le nombre de caractères autorisés par les messages SMS (Short Message Service) ou dans le but d'accélérer la saisie de l'énoncé sur le clavier numérique d'un téléphone.

La réduction de la longueur des messages électroniques est apparue avec la banalisation des technologies de l'information et de la communication au cours des années 1990, et ce n'est qu'avec l'arrivée des SMS, qu'une appellation lui a été associée. L'appellation « langage SMS » désigne ainsi, par extension, l'usage de ce type de langage lors d'échanges sur Internet par messages instantanée ou courrier électronique, sur le forum internet et les blogs, ou encore dans les jeux en réseau.

L'abréviation remonte au développement de l'écriture (voir les codes scribes, les pièces de monnaie, etc.), mais à l'ère des communications modernes, rapides et populaires elle est ébauchée dans les télégrammes (le « style télégraphique ») ou encore les petites annonces facturées à la lettre. Le même système d'abréviation est utilisé dans les salons de discussion de Minitel. Les premiers SMS n'autorisaient que 160 caractères et chaque message envoyé était facturé par l'opérateur téléphonique.(ANIS J., Parlez-vous texto ? 2008: p62)

I.4.1. L'alternance codique

Le mot anglais « code switching» ou l'équivalent français alternance codique, telle qu'il est présenté dans différentes définitions, l'alternance codique consiste à passer d'une langue a une autre ou d'un système ou sous-système à un autre système ou encore un système grammaticalement différent. Il apparaît comme un phénomène englobant tous les autres phénomènes qui découlent du plurilinguisme.

Pour J.GUMPERZ« l'alternance codique dans la conversation peut se définir comme lajuxtaposition à l'intérieur d'un même échange verbal de passage où le discours appartient à deuxsystèmes ou sous- systèmes grammaticaux différents»(GUMBERZ,Sociolinguistiqueinteractionnelle,1989 ; P57).Il correspond au passage d'une langue à une autre dans un même énoncé ou au sein d'un échange verbal, c'est une stratégie communicative utilisée par le locuteur bilingue et peut contribuer à communiquer d'une manière économique.(Michel H. A Blanc et Josiane Hamers (1988) Bilingualité et bilinguisme, p1950)

I.4.2. Le contact de langues

Le contact des individus a conduit à utiliser deux ou plusieurs langues dans une situation de communication, les locuteurs sont amenés à employer et à circuler soit leur langue maternelle, soit la langue acquise. C'est le cas de la langue française et ses contacts avec les différentes variétés de l'arabe ainsi qu'avec les variétés du berbère. La forme concrète du contact des langues est, entre autres, le bilinguisme. Ce phénomène linguistique résulte de l'influence d'une langue à l'autre soit directement soit non directement qui provoque le changement du système de la langue.

I.4.3 Le bilinguisme

Difficile de définir le bilinguisme en raison de la situation de communication et les raisons qui conduisent les sujets parlants d'utiliser deux langues ou plusieurs langues différentes dans un même énoncé, mais cela n'empêche pas de citer les définitions proposées par les linguistes:

Pour A.MARTINET « ...il est nécessaire de redéfinir le terme de bilinguisme (emploi concurrent de deux idiomes par un même individu ou à l'intérieur d'une même communauté) ne serait-ce que pour exclure l'implication très répondue qu'il n'y a bilinguisme que dans le cas d'une maitrise parfaite et identique de deux langues en cause». (Martinet, Approche sociolinguistique, 1997 :p50)

La définition traditionnelle, reprise par L. BLOOMFIELD est souvent retenue par le grandpublic, est la suivante : « un individu sera considéré comme bilingue s'il fait preuve, dans deux systèmes linguistiques, d'une compétence égale à celle d'un locuteur natif (Dabène, 1994 :83)

Le bilinguisme n'est plus limité, il peut concerner soit un individu, soit un groupe d'individus

(Famille, communauté ou un peuple), soit une zone géographique (une région ou un pays).

Ainsi, dans les pays où vivent ensemble des communautés de langues différentes, le bilinguisme est l'ensemble des problèmes linguistiques, psychologiques et sociaux qui se posent aux locuteurs conduits à utiliser, dans une partie de leurs communications, une langue ou un parler qui n'est pas accepté ailleurs, et dans une autre partie, la langue officielle ou la langue communément acceptée.

Dans le cas de déplacement massif de populations ou de « contact de langues » à des frontières politiques ou linguistiques, le bilinguisme est la situation dans laquelle chacune des communautés (parfois l'une seulement), tout en donnant à sa propre langue un caractère officiel, est conduite à pratiquer assez couramment la langue de l'autre communauté.

Dans certains Etats, le bilinguisme est l'ensemble des dispositions officielles qui assurent ou tendent à assurer à chacune des langues parlées dans un pays un statut officiel. C'est le cas de la Belgique, par exemple. (Wallon et flamand).

Le bilinguisme est aussi un mouvement par lequel on essaie de généraliser, par des mesures officielles et par l'enseignement, l'usage courant d'une langue étrangère en plus de la langue maternelle.

Le bilinguisme est dans ce sens un mouvement politique fondé sur une idéologie selon laquelle l'apprentissage d'une langue étrangère dans des conditions définies doit permettre de donner aux individus des comportements et des manières de penser nouveaux et faire ainsi disparaître les oppositions nationales et les guerres.

Et sur le plan individuel, le bilinguisme est l'aptitude à s'exprimer facilement et correctement dans une langue étrangère apprise spécialement, renseigne Dubois.(1970 :p100-117)

Ainsi, empruntons-nous cette citation de James: « Bilingualism, by definition, is not the study of individual single languages, or of language in general, but of possession of two languages. If it is the possession of two languages by a single community, we speak of societal bilingualism; if we study the person who has competence in two languages we are dealing with individual bilingualism: CAs concern is with this second category. Bilingualism refers to the possession of two languages by an individual or society, whereas CA is concerned with how a monolingual becomes bilingual», citation que nous traduisons par «Le bilinguismen'est pas étude de deuxlangues, mais de la possession de deuxlangues. Si c'est la possession de deux langues par une communauté, on parle du bilinguisme sociétal. Si on étudie une personne qui a des compétences dans deux langues, on parle du bilinguisme individuel. Et c'est celui-ci qui concerne l'analyse contrastive parce que le bilinguisme se réfère à la possession de deux langues par un individu ou une société tandis que l'étude contrastive étudie comment un monolingue devient bilingue ». (Cours de Sociolinguistique, L1 FLA/ISP-K1ZIBA : p10)

I.4.4. L'emprunt

Plusieurs définitions ont été proposées pour expliquer le phénomène sociolinguistique le plus important dans tous les contacts de " l'emprunt ".

Pour J.DUBOIS : « Il y a emprunt linguistique quand un parler A utilise et finit par intégrer une unité ou un trait linguistique qui existait précédemment dans un parler B et que A ne possédait pas ».(Dubois. J, 1973 :188).

L'emprunt linguistique est le produit d'une situation où plusieurs langues sont utilisées dans une même aire géographique. L'emprunt c'est savoir et pouvoir puiser dans d'autres langues, il favorise le développement et l'évolution d'une langue et il est classé parmi les phénomènes linguistiques et interculturels fort courants au cours du ×× siècle. Le locuteur congolais, utilise les mots de sa langue maternelle (Lingala, Mashi, Kikongo etc.) dans l'énoncé français et les applique pour les circonstances de la communication. Il fait référence à son univers, tels que la civilisation congolaise, la culture des bashi, la politique etc.

I.5.Définition de l'énoncé et de l'énonciation

Toute production d'un énoncé écrit ou oral constitue un acte d'énonciation et s'inscrit dans une situation de communication en tant que processus d'échange entre les individus.

Ces deux processus à la fois communicatives et linguistiques, semblent à priori en opposition. En effet l'opposition entre l'énoncé, le texte réalisé et l'énonciation, acte de production du texte, apparaît avec les analyses de la linguistique européenne. L'énoncé est défini par H.ZELLIG comme : « une suite de mots produits par une personneet comprise entre deux silences, ou entre une prise de parole et un silence long, entre deux prisesde parole».

En science du langage, l'énoncé se manifeste comme une suite de mots ayant des usages polysémiques.

P.CHARAUDEAU et D. MAINGUENEAU affirment qu'il : «ne prend véritablement sens qu'à l'intérieur des oppositions dans lesquelles on le fait entrer» (2002 :p228-229).

E. BENVENISTE le considèrecomme le résultat d'un acte d'énonciation qui est « la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation».(1974 :p129). Il constitue le résultat linguistique (que ce soit la parole prononcéeou écrite).L'énoncé contrairement à l'énonciation peut se matérialiser .En conséquence, il estsaisissable par l'un de nos cinq sens (le plus souvent, l'ouïe, dans le cas de l'oral, et la vue, danscelui de l'écrit), il est reproductible, oralement et par l'écrit.

Quant à l'énonciation, considérée comme l'acte de production d'un énoncé, elle est difficile à cerner et à saisir, pour la seule raison qu'elle est beaucoup moins matérielle. Nombreuses sont les définitions proposées par les linguistes et les analyses. En linguistique : « l'énonciation est l'acte linguistique par lequel des éléments du langagesont orientés et rendus spécifiquement signifiants par l'énonciateur (et son co-énonciateur, quin'est pas un simple destinataire)».

Pour E.BENVENISTE (1974 : 80): « L'énonciation est cette mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation ».L'opposition entre l'énoncé et l'énonciation resteincontestable et insiste sur le fait qu' : « il faut prendre garde à la condition spécifique de l'énonciation c'est l'acte même de produire un énoncé et non le texte de l'énoncé qui est notre objet ». Pour J.DUBOIS « l'énonciation est présentée soit comme le surgissement du sujet dans l'énoncé, soit comme la relation que le locuteur entretient par le texte avec l'interlocuteur, ou comme l'attitude du sujet parlant à l'égard de son énoncé ».(1969 : 100-110)

Dans toute communication, aussi bien orale qu'écrite, on trouve à la fois un énoncé et une énonciation. L'énoncé est le résultat linguistique, c'est-à-dire, la parole prononcée ou le texte écrit, tandis que l'énonciation est l'acte linguistique par lequel des éléments de langage sont orientés et rendus spécifiquement signifiants par l'énonciateur (et son co-énonciateur, qui n'est pas un simple destinataire) en vue de produire ledit énoncé : on dit généralement que l'énoncé est le « dit », tandis que l'énonciation est le « dire ». Pour résumer, « c'est l'énonciation qui fait l'énoncé ».

L'énoncé est de nature matérielle. En conséquence, il est saisissable par l'un de nos cinq sens (le plus souvent, l'ouïe, dans le cas de l'oral, et la vue, dans celui de l'écrit ou d'une langue des signes), et par ailleurs, reproductible, tout d'abord, oralement, ensuite, par l'écrit, enfin, par les moyens techniques modernes, tels que l'enregistrement, analogique ou numérique.

L'énonciation en revanche, est beaucoup moins matérielle, et partant, beaucoup plus difficile à cerner et à transcrire. N'étant pas toujours directement perceptible, elle peut faire l'objet d'une enquête ou d'une déduction, mais elle nous échappe toujours, au moins partiellement : consistant en un acte individuel et unique, « l'énonciation, par nature, ne peut être reproduite ».

D'un point de vue strictement grammatical, on pourrait croire a priori que seuls les énoncés concernent cette discipline, et que par conséquent, l'énonciation est hors sujet. Ce n'est pas exact. En effet, d'abord, l'énonciation sert précisément à circonscrire les limites du champ de la morphosyntaxe, ensuite, son repérage est indispensable à l'étude de certaines catégories, telles que les noms, les pronoms, les adverbes etc.

La linguistique structurale définit l'énonciation : « comme l'engendrement d'un texte par un sujet parlant qui se voit imposer les règles de la structure successive. Le sujet est dominé par la structure d'un texte qu'il ne peut pas ne pas émettre ainsi ». Ainsi, en 1980, KERBRAT-ORECCHIONI définissait l'énonciation « comme l'ensemble des phénomènes observables qui se réalisent lors d'un acte communicationnel particulier ».(1980 : 28)

I.5.1. La situation d'énonciation

La situation d'énonciation correspond à la situation dans laquelle a été produit un énoncé

(Oralement ou par écrit), en déterminant l'instance d'émission et celle de réception. Elle peut être définie comme : « un système de coordonnées abstraites associées à toute production verbale ». La situation d'énonciation met en scène « les embrayeurs » qui rassemblant l'acte d'énonciation c'est à dire « le locuteur et l'interlocuteur également » les « circonstances

d'énonciation » qui renvoient aux circonstances « temporel et spatial ». Pour certains linguistes la présence des embrayeurs dans un énoncé est appelée « énoncé ancré dans la situationd'énonciation » ; cependant l'absence de ces derniers, montrent que l'énoncé est « coupé de la situation d'énonciation ». En effet « La présence ou l'absence d'embrayeurs permet d'opposer les énoncés quiorganisent leurs repérages par rapport à la situation d'énonciation (plan embrayé) et ceux quisont en rupture avec elle, qui construisent leurs repérages par un jeu de renvois internes auxtextes (plan non-embraye) ».

Dans cette citation, un plan non-embrayé s'explique par l'absence d'indice c'est à dire des embrayeurs qui permettent de repérer la situation d'énonciation. Il s'agit dans ce cas : des textes de lois, des modes d'emploi, des proverbes, des descriptifs techniques, des démonstrations scientifiques etc. cela concerne l'écrit généralement.

Tandis qu'un plan embrayé comprend au moins un indice (embrayeur) qui renvoie à la situation d'énonciation. Cela peut s'agir particulièrement du discours oral.La situation d'énonciation est la situation dans laquelle a été émise une parole, ou dans laquelle a été produit un texte. Celle-ci permet, grosso modo, de déterminer qui parle à qui (ou : qui écrit à qui), et dans quelles circonstances.L'acte d'énonciation met en scène des actants et des circonstants (on peut les résumer ainsi : « je », « tu », « ici » et « maintenant »). Or, selon que les actants et les circonstants de la situation d'énonciation sont ou non présents dans un énoncé donné, celui-ci sera dit ancré ou bien coupé de la situation d'énonciation. Un énoncé coupé de la situation d'énonciation (on dit aussi : un plan non embrayé) ne comporte aucun indice (ou embrayeur) permettant de repérer celle-ci. Il s'agit souvent du récit, mais également des énoncés sentencieux, des textes de lois, des proverbes, des modes d'emploi, des descriptifs techniques, des démonstrations scientifiques, etc. (et généralement, cela concerne l'écrit) : Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin a dit à Charles Dupuis : « Les Parisiens se sont emparés de la Bastille le 14 juillet 1789. »L'énoncé « Les Parisiens se sont emparés de la Bastille le 14 juillet 1789. » est produit par la situation d'énonciation suivante.

L'énonciateur est « Solange Martin ».

Le destinataire est « Charles Dupuis ».

Le lieu de l'énonciation est « au pied de la tour Eiffel ».

Le temps de l'énonciation est le « lundi 10 janvier 2005 ».

Cet énoncé ne comportant aucun embrayeur permettant de mettre celui-ci en relation avec sa propre situation d'énonciation, cet énoncé doit donc être analysé comme « coupé » de celle-ci. Cet énoncé est un récit.

Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin a dit à Charles Dupuis : « Le silence est d'or, la parole est d'argent. »

L'énoncé « Le silence est d'or, la parole est d'argent. » est produit par la même situation d'énonciation que celle de l'énoncé précédent. On constate qu'à l'instar du premier, ce deuxième énoncé ne comporte aucun embrayeur permettant de mettre celui-ci en relation avec sa propre situation d'énonciation : ce nouvel énoncé est donc, lui aussi, « coupé » de celle-ci. Cet énoncé est un proverbe.

v Énoncé ancré dans la situation d'énonciation

Un énoncé ancré dans la situation d'énonciation (on dit aussi un « plan embrayé ») comporte au moins un indice (ou embrayeur) permettant de repérer celle-ci. Il s'agit souvent du discours oral :

Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin a dit à Charles Dupuis : « Demain, je t'attendrai ici. »

L'énoncé « Demain, je t'attendrai ici » est produit par la même situation d'énonciation que celle des deux énoncés ci-dessus, mais contrairement à ce qui se passe pour les deux premiers, ce troisième énoncé contient un certain nombre d'embrayeurs permettant de mettre celui-ci enrelation avec sa propre situation d'énonciation. L'adverbe « demain » est un embrayeur temporel, signifiant précisément le « mardi 11 janvier 2005 ».

Le pronom personnel « je » est un embrayeur de la première personne désignant l'énonciateur, soit « Solange Martin ».

Le verbe « attendrai » -- plus précisément, sa terminaison (« ai » : futur de l'indicatif, première personne du singulier) -- est également un embrayeur de la première personne désignant l'énonciateur, soit « Solange Martin ». Le pronom personnel « t' » est un embrayeur de la deuxième personne renvoyant au destinataire, soit « Charles Dupuis ». Enfin, l'adverbe « ici » est un embrayeur spatial, signifiant précisément « au pied de la tour Eiffel ».Ce troisième énoncé est donc « ancré dans la situation d'énonciation ». Cet énoncé est un discours.

I.5.2. Actants et circonstants de l'énonciation

Dans l'énonciation, les actants désignent les partenaires discursifs. Le locuteur est l'énonciateur qui parle ou écrit et le destinataire correspond à celui qui reçoit l'énoncé. Ces actants font partie du dispositif énonciatif extra-verbal. Ils s'opposent aux actants de l'énoncé, qui constituent le dispositif intra- verbal et dont quelques-uns peuvent représenter des actants de l'énonciation. En fait, les interlocuteurs et les circonstances de lieu et de temps qui caractérisenttoute situation de communication sont appelées embrayeurs.( DUBOIS J, énoncé et énonciation 1969 :p210)

5.2.1. L'énonciateur

L'énonciateur est l'actant qui prend la faculté de dire (je), c'est un émetteur qui déclenche indubitablement le sujet de l'énonciation. L'énonciateur est celui qui produit l'énoncé. Autrement dit, il est le responsable de la production de l'énoncé. Toutes les traces auxquelles réfère l'énoncé sont issues par rapport à cette source énonciative qui est l'énonciateur. L'énonciateur est un locuteur et l'être physique qui appartient indissociablement à un acte de communication produite avec un interlocuteur. De même, l'acte de communication impute la responsabilité du locuteur à son énoncé. Le producteur de l'énoncé peut être distinct, tantôt il est sujet parlant, tantôt il est être du monde. L'énonciateur est un être linguistique qui porte un point de vue représenté dans l'énoncé par la mise en scène énonciative.

Remarquons en passant qu'il ne faut pas confondre le sujet de l'énonciation avec le sujet de l'énoncé, ce dernier correspondant plus ou moins au sujet grammatical : Bernard est parti. Le sujet de l'énoncé est le nom « Bernard » (c'est aussi le sujet grammatical) ; le sujet de l'énonciation, en revanche est la personne qui prononce cet énoncé. L'énonciateur est plus précisément appelé locuteur, à l'oral ; et auteur, ou scripteur, à l'écrit. L'énonciateur est toujours singulier : « nous » par exemple, ne contient qu'un seul « je ».L'acte de communication part incontestablement de la volonté de l'énonciateur : celui-ci en est le centre et en assume la responsabilité. En conséquence, il est toujours utile de s'interroger à propos de ses intentions (convaincre, émouvoir, distraire, faire rêver, etc.), que celles-ci soient manifestes ou latentes. C'est ainsi que tous les avatars qui viendront perturber l'énonciation (débit, ton, hésitations, lapsus...) feront partie de celle-ci, et nous renseigneront sur l'énonciateur, et par là, sur l'énonciation..( DUBOIS J, énoncé et énonciation 1969 :p226)

5.2.2. Le destinataire

Le destinataire est un interlocuteur auquel l'énonciation est censée s'adresser, sa présence est marquée par le pronom « tu », il s'appelle également auditeur, « Coénonciateur », « allocutaire » si la communication est orale et il est désigné par « lecteur » si la communication est écrite. Le destinataire est plus précisément appelé « interlocuteur », ou « allocutaire », ou « auditeur », à l'oral ; et « lecteur »s, à l'écrit. C'est évidemment le numéro deux de l'acte de communication. Le discours s'adresse à lui, mais il peut être plus ou moins impliqué dans celui-ci : les linguistes disent que son degré de présence peut varier.

Par ailleurs, et contrairement à l'énonciateur, le destinataire peut être multiple (quand on s'adresse à plusieurs personnes à la fois). Il est à distinguer du receveur ou récepteur : on peut recevoir un énoncé sans être la personne à qui il est destiné.

I.5.3. Les circonstants

Les circonstants renvoient au lieu et au temps dans lequel se déroule l'acte d'énonciation. C'est l'ensemble des circonstances qui s'apprécient à un contexte énonciatif. Un circonstant de lieu est déterminé par rapport au lieu de l'énonciation « ici », c'est-à-dire, l'endroit où le « je » parle ou écrit; Un circonstant de temps est déterminé par rapport au temps de l'énonciation « maintenant », c'est-à-dire, le moment où le « je » parle ou « écrit ». Mais les circonstants désignent également, dans une acception plus large, l'ensemble des circonstances déterminant un acte d'énonciation. Certains linguistes parlent de contexte énonciatif. Tu te souviens de ces vacances au Brésil ? L'énonciateur rappelle au destinataire leurs communes vacances au Brésil, sans doute relativement éloignées dans le temps (« Tu te souviens ?... »). Le démonstratif « ces » ne doit pas induire en erreur : les vacances au Brésil sont apparemment terminées depuis longtemps, mais ce démonstratif est là pour témoigner que par la pensée, elles sont toujours présentes dans la situation d'énonciation, et font partie de l'environnement socioculturel et des souvenirs communs des deux actants en présence.

5.3.1. Les circonstants de lieu

Ils désignent le lieu où se passe l'énonciation; c'est l'endroit qui entoure le «je»

Écrit ou oral.

5.3.2. Les circonstants de temps

Dans le discours universitaire, on repère aussi des marques temporelles dont l'énonciateur se sert pour situer historiquement son discours. Les circonstants de temps obéissent au moment de l'énonciation.

5.3.3. Cohérence et cohésion du texte scientifique

La linguistique textuelle est une discipline qui a comme objet l'étude de deux phénomènes qui caractérisent le texte scientifique; ce sont la cohérence et la cohésion. La cohérence est une propriété de ce qui est cohérent et interne dans un discours ou un acte.

La cohérence et la cohésion sont deux réalités indissociables néanmoins, pour la linguistique textuelle, ces deux concepts se distinguent par leur spécificité. Ils ont pour but de favoriser la compréhension et l'interprétation d'un texte.

5.4. La cohérence

La cohérence se manifeste à travers la structuration du texte.Pour analyser la cohérence ; il convient d'étudier la structure du texte, son organisation non linéaire et vérifier ses composantes en fonction de la signification qu'ils apportent à propos du thème traité. De même, L'étude de la cohérence se fonde sur l'analyse de l'implicite apprêté dans le texte. L'exemple suivant cité par Martin, explique que l'analyse de la cohérence nous amène d'étudier la situation extralinguistique, ainsi que les perspectives des connaissances du monde qui interviennent dans l'enchaînement textuel : Pourquoi le professeur Tournesol vient-il à la Sorbonne en patins à roulette ?

Trois réponses sont proposées :

1. Parce qu'il a cours.

2. Parce que le métro est en grève.

3. Parce qu'il est fou.

La réponse 3 paraît la meilleure, elle est plus conforme aux connaissances, connues par tout le monde que le professeur Tournesol est un savant fou. Donc, c'est la raison pour laquelle nous considérons la cohérence comme une propriété qui se situe sur l'axe paradigmatique. Selon Manerot Charolles, la cohérence se repose sur quatre principes; «la répétition de l'information, la progression des idées, la non contradiction del'information et la relation des fait entre eux.»..( DUBOIS J, énoncé et énonciation 1969 :p240)

5.5. La cohésion

Dans l'étude de la cohésion du texte, nous nous intéressons aux mécanismes linguistiques qui gèrent les relations entre les syntagmes dans la phrase ou entre les phrases dans le texte. Parmi ces mécanismes, nous citons la reprise de quelques syntagmes par des pronoms ou des noms, les anaphores, l'homogénéité du temps des verbes et par les connecteurs utilisés pour rattacher les phrases et les paragraphes. Par ailleurs, le texte doit former une unité sémantique (chaque élément doit se rattacher à ce qui le précède) d'un ensemble d'idées, celles-ci se progressent vers une fin (chaque élément doit apporter suffisamment d'information nouvelle). Un texte cohérent est celui qui prend dignité de ressortir les données linguistiques et sémantiques citées.

5.6. Cas particulier du récit et du discours rapporté

Dans un dialogue (au théâtre, dans un roman...), à chaque nouvelle réplique, la situation d'énonciation change, puisque l'énonciateur et le destinataire changent aussi. Dans le récit, c'est un peu plus compliqué. Dans la dimension du récit (ou narration), l'énonciateur (plus précisément, l'auteur, puisque le plus souvent, un récit est écrit) devient le narrateur, c'est-à-dire celui qui raconte. Il peut participer à l'histoire qu'il raconte. Quelquefois, il se confond avec l'auteur, dans le cas d'un récit autobiographique par exemple. D'autres fois, au contraire, l'auteur fait son récit sous le nom d'un personnage, réel ou fictif : dans ce cas, il convient de distinguer l'auteur du narrateur.

Par exemple, le roman policier Le Meurtre de Roger Ackroyd a pour auteur Agatha Christie, mais c'est le docteur Sheppard, personnage fictif, qui en est le narrateur.

Habituellement, le narrateur fait parler les personnages de son récit en rapportant leurs paroles. Ce procédé, appelé précisément discours rapporté, permet de faire entendre une pluralité de voix (certains linguistes à ce propos, parlent même de polyphonie).

Le discours rapporté peut revêtir la forme directe ou indirecte. Le discours direct est la citation exacte (généralement entre guillemets) du discours prononcé par un tiers, tandis que le discours indirect est l'incorporation (avec transposition et sans guillemets) du discours d'un tiers dans la syntaxe du discours principal, celui du narrateur :

(1) Jacques m'informa : « Demain, je pars en vacances. » [Discours direct]

(2) Jacques m'informa que le lendemain, il partait en vacances. [Discours indirect]

On fera donc les remarques suivantes :

Dans le discours direct, il y a non seulement deux unités syntaxiques indépendantes, mais également, deux situations d'énonciation distinctes, et par conséquent, deux énonciateurs successifs (dans le premier exemple ci-dessus : le narrateur, puis, Jacques). Le narrateur reste cependant narrateur même si la situation d'énonciation change entre la partie narrative et la partie discursive.

Dans le discours indirect au contraire, il y a une seule unité syntaxique, une seule situation d'énonciation, et par conséquent, un seul énonciateur, c'est-à-dire, le narrateur. Le texte ne conserve que sa dimension narrative (deuxième exemple ci-dessus), et par conséquent, le discours cité perd toute autonomie syntaxique et énonciative.

Personnage réel ou fictif, l'énonciateur est toujours celui qui énonce (celui qui parle ou qui écrit, bref, celui qui adresse une parole, un discours), celui qui dit « je, nous, mon, mes, notre... ». Donc, dans le récit et dans le discours rapporté direct, à chaque plan de discours correspond une situation d'énonciation distincte avec un énonciateur distinct.

Prenons à titre d'exemple la fable de La Fontaine « Le Corbeau et le Renard » Du début à la fin de celle-ci, La Fontaine est à la fois auteur et narrateur. Au tout début du texte, La Fontaine est également énonciateur (« Maître Corbeau, sur un arbre, perché... »). Mais lorsque le renard dit : « Hé bonjour, Monsieur du Corbeau... », il s'agit d'une parole rapportée (au discours direct), et dans ce cas, l'énonciateur est bel et bien le personnage du renard et non plus l'auteur narrateur.

I.6. Le processus de communication

La communication, n'est que cette activité qu'on exerce quotidiennement, n'est qu'une union de moyens qui peuvent être : les mots, les sons, les signaux, les expressions faciales, les gestes,... En effet, communiquer revient à établir une relation avec quelqu'un ou quelque chose ; c'est le processus d'échange et de transmission d'information à quelqu'un par l'emploi du langage. C'est un besoin obligatoire de l'être humain pour établir des relations avec les membres de sa communauté. L'acte de communication n'est certainement pas facile à réaliser. Par contre il est assez compliqué à analyser. Le concept de communication s'est dégagée dans la lignée des travaux de l'Ecole de Prague, ainsi l'affirme C.BACHMANN, J. LINDENFELD et J. SIMONIN dans Langue et Communication Sociales. (1980 :p24)

« La communication permettrait aux hommes d'établir entre eux des relations qui leur font prendre la mesure de ce qui les différencie et les rassemble, créant ainsi des liens psychologiques et sociaux .Leurs relations ne seraient pas seulement de conflit, lutte et destruction, mais aussi de compréhension, d'enrichissement mutuel, de co-construction de savoir et de valeur Cet ensemble d'interactions symboliques les conduit à se rassembler en communautés selon une certaine méditation sociale et, ce faisant, ils se construisent une conscience de soi à la fois individuelle et collective» .Dans toute communication il y'a une relation entre un émetteur et un récepteur, pour êtrecompris, un message est émis et reçu à un code commun qui est la langue qui représente lafonction générale de toute communication et contribue à informer , influencer, et transformerl'avis de l'autre.La compréhension du message par le récepteur dépend de l'émetteur lui-même. C'est cequ'on désigne par le feed-back (un processus de régulation de la communication qui permet à l'émetteur originel de savoir si le récepteur a bien compris le message et de l'adapter en conséquence) positif ou négatif. J.GUMPERZ souligne que « Ce n'est que lorsqu'un mouvement a provoqué une réponse, qu'on peut dire qu'il y a communication ».

I.6.1. Schéma de communication proposé par R. JAKOBSON

R.JACKOBSON, est un linguiste et un théoricien de la communication qui a conçu un modèle qui permet de réfléchir sur la communication et qui permet de comprendre les nombreux facteurs intervenant dans chaque situation de communication.

Le schéma de Jakobson est un modèle décrivant les différentes fonctions du langage. Il a été développé à la suite des études de Karl Bühler, dont le modèle se limitait aux fonctions émotive (expressive), conative (relative au récepteur) et référentielle (le monde extérieur) (Schéma de la communication verbale, d'après Jakobson). À chacun des six facteurs inaliénables de la communication correspond une des six fonctions du langage.

D'après Roman Jakobson, « le langage doit être étudié dans toutes ses fonctions ». C'est-à-dire que le linguiste doit s'attacher à comprendre à quoi sert le langage, et s'il sert à plusieurs choses. « Pour donner une idée de ses fonctions, un aperçu sommaire portant sur les facteurs constitutifs de tout procès linguistique, de tout acte de communication verbale, est nécessaire ». Les voici : Le message lui-même ; « Le destinateur envoie un message au destinataire » ; Le destinataire est censé recevoir le message ; « Pour être opérant, le message requiert d'abord un contexte auquel il renvoie (c'est ce qu'on appelle aussi, dans une terminologie quelque peu ambiguë, le « référent »), contexte saisissable par le destinataire, et qui est soit verbal, soit susceptible d'être verbalisé » ; « le message requiert un code, commun, en tout ou au moins en partie, au destinateur et au destinataire (ou, en d'autres termes, à l'encodeur et au décodeur du message) » ; « le message requiert un contact, un canal physique et une connexion psychologique entre le destinateur et le destinataire, contact qui leur permet d'établir et de maintenir la communication ».(BACHMANN C., LINDENFELD et J. SIMON, Langage et communication sociales 1980 :p210)

Message

Emetteur

Récepteur

Schéma à trois termes de

Karl Bühle (1934)

Suite au modèle proposé par K. BÜHLER, R. JAKOBSON, a développé un point de vue centré sur le message lui-même et non plus sur la transmission, il propose un schéma de communication verbale dans lequel il énumère six différents éléments, donnant naissance à six facteurs, chacun correspond à une fonction du langage. Pour lui, un processus de communication se compose de deux phases : une phase de transmission, et une phase de réception. Il l'a schématisé ainsi :

Contexte

Message

Destinataire

Destinateur

Contexte

Code

Modèle de la communication de R. JAKOBSON

6.2. Les éléments constituants la communication :

Selon R. JAKOBSON : « Un destinateur qui encode un message selon un code commun, partagé avec le destinataire auquel il l'adresse, lequel le décode. La circulation du message nécessitant un contact dans un contexte donné ».

6.2.1. Le destinateur (l'émetteur)

Le destinateur, est source du message, c'est à lui que revient la production et la transmission du message ainsi que l'intention de communiquer. Il produit en contribution d'un acte de codage, un message destiné à une ou nombreuses personnes. Pour se faire comprendre, le destinateur tente d'utiliser une forme langagière qui s'adapte aux réactions du récepteur.

6.2.2. Le destinataire (récepteur)

Le destinataire reçoit et décode le message communiqué par le destinateur, il l'interprète à son tour pour le comprendre. Le récepteur varie selon la situation de communication, il peut être : conversation entre plusieurs participants, un public du théâtre ...etc. L.J. PRIETO note à ce propos : « L'émetteur sélectionne d'entre tous les membres d'un signifiant le signal qu'il produit ;le récepteur sélectionne d'entre tous les membres d'un signifie le message qu'il attribue ausignal ».

6.2.3. Le contexte (référent)

La notion du contexte saisissable par le destinataire et qui est soit verbal, soit susceptible d'être verbalisée par le destinataire. C'est sur quoi porte le message, ce dont on parle. Autrement dit, le contexte d'énonciation nous aide à savoir sur quoi porte la communication entre le destinataire et le destinateur.

6.2.4. Le message

C'est ce qu'il « faut faire passer », un enchainement de signes émis qu'un émetteur transmet à un récepteur par l'intermédiaire d'un canal pour un référent précis. Le destinataire qui reçoit le message doit l'interpréter, à son tour il formule des hypothèses visant à établir avec le destinateur une intention à la fois communicative et informative. La réussite de la mission de communication s'explique par la réussite du contexte saisi par le destinataire. Tout dépend de la situation de communication. Ceci nous permettra de citer certaines notions de base dans la transmission des messages, utiles dans notre projet de recherche :

v Temporalité du message :

Un message peut varier, exister ou non, suivant le temps. Quand il existe éphémèrement on dit qu'il est « intemporel », c'est le cas de la communication sur forum. Alors que le message éphémère est considéré « temporel » le cas de la discussion orale.

v Localisation du message :

C'est une communication placée dans l'espace et peut être :

1- Localisée (réservée à un endroit bien précis).

2- Alocalisée (disponible à n'importe quel endroit).

3- Délocalisée (le lieu d'émission demeure loin du lieu de réception).

On doit signaler que la communication par les "SMS "est classée « délocalisée » parce que ledestinateur et le destinataire se trouvent les deux dans des endroits totalement séparés.

6.2.5. Le contact

C'est la liaison physique et psychologique entre le destinateur et le destinataire.

6.2.6. Le code

Le code est le moyen utilisé pour communiquer, c'est un système de transformation de la forme d'un message en une autre forme qui permet la transmission du message, le destinataire et le destinateur doivent tous les deux avoir en commun le même code pour certifier une communication clair en contrepartie tout un chacun doit avoir son propre emploi de son code.

3. Les fonctions du langage

D'après R.JAKOBSON : « Le langage doit être étudié dans toutes ses fonctions».C'est-à dire toute fonction est indispensable dans l'acte de communication, et que ces fonctions «nes'excluent pas les unes des autres, mais se superposent ».Le schéma de R.JAKOBSON intervient, certes, après celui de C.SHANNON et W.WIEVER, il a le mérite d'essayer de classer les divers composantes de la communication qui seraient : le destinataire, le destinateur, le contexte, le message, le contact et le code, autour de six fonctions à savoir : la fonction émotive, la fonction référentielle, la fonction conative, la fonction poétique, la fonction phatique et la fonction métalinguistique.

Le contexte

Fonction référentielle

Le destinataire Le message le destinateur fonction expressive

Fonction poétiquefonction conative

Le contact

Fonction phatique

Le code

Fonction métalinguistique

Le schéma général de la communication humaine

(JACKOBSON, 1963)

(JACKOBSON R, Essai de linguistique générale 1963 :p211-214)

3.1. La fonction expressive

Cette fonction marque la trace du destinateur dans le message, elle consiste à informer le destinataire sur sa propre personnalité, ou pour lui transmettre une certaine émotion : selon R.

JAKOBSON« elle vise à une expression directe de l'attitude du sujet à l'égard de ce dont il parle .Elle tende à donner l'impression d'une certaine émotion [...] ». C'est à dire qu'elle reflète lesdésirs, les caractéristiques, les besoins du destinateur.Ce schéma général de la communication humaine a été proposé par le linguiste Jakobson Roman

3.2. La fonction conative

Cette fonction se focalise sur le destinateur pour agir, influencer ou inciter le destinataire à faire ou à éviter certaines choses.

3.3. La fonction poétique

Cette fonction met l'accent sur le message lui-même et le prend comme objet. Elle s'intéresse à tout ce qui fait de la parole un plaisir et concerne la communication quotidienne etplus précisément l'organisation implicite de la langue.

3.4. La fonction phatique

Elle recouvre tout ce qui peut être fait pour établir, provoquer ou de maintenir le contact entre destinateur et destinataire. Elle reflète les conditions de la communication.

3.5. La fonction référentielle

Cette fonction est liée au contexte ou référent, elle permet de repérer le monde qui nous entoure, le référent, autrement « de quoi s'agit-il », chaque mot est porteur d'information, pas de raison esthétique pour cela, elle tient à exposer une réalité objective et « oriente la communicationvers ce dont l'émetteur parler, vers le sujet, vers des faits objectifs, à savoir les référents(personnes, les objets, etc. ...) sans lesquels il n'y aurait pas de communication possible ».

3.6. La fonction métalinguistique

Elle se réalise quand l'échange porte sur le code lui-même, elle consiste à utiliser un langage dans le but d'expliquer le langage utilisé pour transmettre un message. C'est le reflet de la conscience que le locuteur a de son code.

Dans notre cas d'étude« le langage SMS », la fonction la plus importante est la fonction phatique. Cette dernière est de grande importance pour la communication SMS, car dans la culture des jeunes, envoyer des SMS n'est pas juste un moyen efficace pour faire circuler de l'information de façon rapide et pratique. Il s'agit plutôt d'une performance verbale grâce à laquelle ils construisent et maintiennent leurs liens sociaux à travers la conversation orale. C'est pourquoi les jeunes essaient de transférer les traits de la langue parlée au langage SMS.

CONCLUSION PARTIELLE

Le présent chapitre nous a servi de cadre pour présenter nos assises théoriques et méthodologiques. Il a été l'objet d'un parcours définitionnel des concepts de base indispensables à la compréhension de la suite de notre travail. Le concept théorique a alimenté nos analyses, en ce sens qu'il a donné un éclaircissement sur les différents concepts ayant constitué l'essentiel de tout le travail.

Nous y avons traité les notions portant sur la sociolinguistique, la méthode quantitative et qualitative, la méthode du corpus et d'enquête, le langage SMS, l'énoncé et l'énonciation, l'alternance codique, le bilinguisme etc. C'est seulement après que nous avons présenté le cadre théorique du fait linguistique dicté par la théorie en question. C'est par leur entremise que nous avons analysé et interprété notre corpus. Une brève présentation du schéma de communication de Jackobson a clôturé cette partie du travail.

CHAPITRE DEUXIEME : PARLER DES JEUNES ETUDIANTS

I.INTRODUCTION

Cette variété langagière que les jeunes ont adoptée porte diverses appellations dans le monde entier, connue sous le nom de : parler des jeunes, le parler populaire, le parler branché,...etc. Elle s'est développée par l'influence de la mondialisation et aussi avec la propagation des médias, particulièrement les nouveaux moyens de communication : les SMS, l'internet. Ainsi, Plusieurs termes et expressions finissent par entrer dans le français standard pas seulement par les chansons, les bandes dessinées ou le cinéma mais aussi bien par les dictionnaires usuels : On lit dans le Petit Robert, Édition 1996, des termes qui appartiennent aux jeunes tels que : « meuf », « keuf », « flipper », etc.

Les jeunes développent parmi-eux un parler particulier, certains mots de ce parler sont éphémères, d'autres restent dans le milieu jeune, opaques, flous et incompréhensibles pour les adultes et d'autres franchissent les barrières générationnelles pour exprimer leur identité : il vise à se distinguer. Au même titre que la façon de s'habiller, la façon de parler est une marque de distinction. De ce fait, lorsque certaines expressions se diffusent largement et deviennent courantes, elles sont remplacées par d'autres. Ils veulent une identité séparée de celle de la génération précédente. Selon T. BULOT il ne s'agit qu' « un dialecte socio-générationnel » qui peut devenir une langue ? (2004 :p7-15)

Pour le sociologue français A. DEGENNE (2004 :p298), sa recherche porte essentiellement sur - les réseaux sociaux- c'est : « un ensemble d'individus entre lesquels fonctionnent certains codes,certaines règles, des symboles, des représentations, plus généralement un système d'interreconnaissance ; les membres de ce cercle social se reconnaissent à travers des comportements, des pratiques qui manifestent leur appartenance à ce cercle ».

En effet, « le parler est une forme de la langue utilisée dans un groupe social déterminé ou comme signe de l'appartenance ou de la volonté d'appartenir à ce groupe social : le parler patois est rural et s'utilise pour des activités campagnardes ; le parler courant est neutre et peut s'employer en toutes circonstances ; le parler cultivé est le signe d'un certain niveau d'instruction ou de culture, contrairement au parler populaire. Chacun de ces parlers (pour ne signaler que les principaux) a des vocables et des règles syntaxiques qui lui sont particuliers et beaucoup d'autres qui sont communs à plusieurs parlers de la langue ou même à tous »(.A.DEGENNE et MICHEL FORSE , Les réseaux sociaux : une analyse structurale en sociologie, 1994 P622-624 )

Manifesté comme un phénomène linguistique et social , le parler des jeunes peut être défini aussi, comme étant toute pratique langagière, orale ou écrite spécifique aux jeunes issus de différents milieux sociaux ; utilisé pour communiquer de manière codée basée sur des concepts parfois qu'un non initié n'arrive pas à décrypter. C'est la langue de communication de tous les jeunes qui cherchent une légitimité linguistique par le biais d'une création d'un mode d'expression particulier caractérisé par des particularités dans l'articulation de certaines voyelles et consonnes, un changement tonique des phrases, l'utilisation massive de l'emprunt, la créativité lexicale et enfin par l'usage de techniques anciennes. Le parler des jeunes amuse et fascine par son inventivité, c'est un espace dans lequel la créativité et les identités multiples sont estimés. Les jeunes prennent des mots, les verbalisent, ou bien leur donnent de nouvelles déterminations, empruntent des mots d'autres langues, reconstruisent ce qui est une phrase normale ou grammaticalement correcte.

2. Le parler des jeunes « Isparques »

La grande partie de la sociolinguistique urbaine s'intéresse plus particulièrement à ce « parler jeune » qui va aussi nous intéresser dans cette analyse que nous allons faire sur les étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba. à savoir les pratiques langagières et les représentations linguistiques des jeunes, habitant le milieu rural comme la chefferie de KAZIBA. Ces jeunes développent entre eux une langue particulière, considérée comme moyen utilisé pour exprimer leur identité spécifique car ils ont conscience de parler différemment. Ils veulent une identité séparée de celle de la génération précédente.

· La question du « Langage(s) des jeunes » :

Le langage qu'utilisent aujourd'hui les jeunes surprend souvent les adultes, qui ont du mal à le comprendre. Ils s'emploient un langage vraiment spécial et complètement codé pour les exclure de leur univers. Le plus grand nombre de spécialistes se demandent s'il existe un ou plusieurs types de langage(s) des jeunes. La majorité plaiderait pour le pluriel. Marc SOURDOT, dans son article intitulé : « La dynamique du langage des jeunes » (1997 ; P56), a abordé la description de ce phénomène langagier et son existence réelle, tout en complétant sa réflexion sur le pluriel du concept « langage ». Il a écrit : « Ce qui semble se dessiner depuis une douzaine d'années dansles usages linguistiques des jeunes générations étudiantes, c'est un mouvement quiva du centre vers la périphérie, un mouvement qui fait la part belle aux marges de langue. »

À la fin de son article, Marc SOURDOT propose aux pédagogues à intégrer ce parler jeune dans la classe en disant que « Le moment de la jeunesse qui succèdeà l'enfance, et au temps de l'apprentissage proprement dit, est aussi un moment degrande instabilité pour la langue. Une vision dynamique de la descriptionlinguistique se doit d'en rendre compte.»

Les linguistes ont commencé de décrire les pratiques langagières des jeunes en se rendant mieux compte de la diversité en fonction de groupes, et ça demande beaucoup de temps. La plupart des recherches menées ont mis en évidence un phénomène très connu : c'est celui d'emprunts lexicaux surtout à l'arabe pour la langue française. Elle ajoute : « [...] des observations semblables ont été faites surl'anglais qui, lui, utilise des mots, en pendrai par exemple. C'est en fait le mêmeprincipe puisque le français comme l'anglais empruntent aux langues de lamigration.»

· Le langage des jeunes à l'écrit :

Le développement rapide de l'informatique et le téléphone portable a fait du monde un petit village : Il fait naître des moyens de communications divers qui mettent en contact tout le peuple du monde entier en ignorant souvent les frontières et les distances qui les séparent. Cette magie de la technologie et de la modernité est considérée comme un outil polyvalent et omniprésent : un réseau à tout faire, capable de régler tous les problèmes du quotidien ; ce qui a poussé les jeunes à utiliser une nouvelle forme abrégée de la communication écrite beaucoup plus brève et informelle. Cette langue utilisée n'a pas la correcte structure grammaticale, elle répond à un double souci d'économie linguistique et financière. Les jeunes veulent renouveler, simplifier et réécrire le français qui est né des mises en situation pour s'amuser, badiner et « tuer le temps » en absence totale de l'autorité parentale. Ce nouveau média a une influence gigantesque sur la langue : il a pu provoquer des phénomènes remarquables d'évolution linguistique. (TOUNSI L., Aspect des parlers des jeunes, 1997, p109)

2. Aspects formels du parler des jeunes Isparques

Les mots et expressions utilisées dans le répertoire des jeunes de la chefferie de Kaziba, particulièrement les étudiants de l'ISP KAZIBA, sont intégrés manifestement dans la morphologie lexicale du système de la langue, ils ne sont plus ressentis comme des mots étrangers, mais font partie du parler de tous les jours. Sachant que le parler des jeunes étudiants fait partie des parlers les plus ouverts à la création langagière sur les plans : phonique, lexical et sémantique.

2.1. Le plan phonique

Sur le plan phonique, il existe quelques particularités dans : la structure syllabique, l'intonation, le rythme, la prononciation de consonnes et des voyelles. L'observation de quelques mots pris dans le discours des étudiants isparques nous permet de repérer que ces mots sont empruntés à la langue française, ces transformations peuvent toucher la phonétique dans la structure syllabique, les voyelles et les consonnes. Ce contact a laissé des traces dont les plus apparentes sont les emprunts. Nous pouvons rencontrer dans l'usage quotidien des mots qui viennent de différentes origines, ces mots empruntés s'assimilent au système de la langue d'accueil sur différentes niveaux.

2.2. Le plan lexical

Pour L. TOUNSI :(1997 :p68) « C'est essentiellement sur le plan lexical qu'on observe le plus de créativité car les jeunes locuteurs n'hésitent pas à puiser dans les différentes langues dont ils disposent ».En effet, la création lexicale se remarque dans l'usage des néologismes de forme qui sont d'ailleurs nombreuses et se font essentiellement par: l'apocope, l'aphérèse, la siglaison, création par affixation et suffixation. Ces différentes stratégies expliquent ces usages particuliers : l'expressivité, les échanges, l'économie des mots et de temps.

v Création par suffixation

Dans la création par suffixation nous avons trouvé que les jeunes étudiants de l'ISP/KAZIBA créent des mots dont le radical est du Mashi ou d'une autre langue locale qui existe à Kaziba et le suffixe en français comme -iste, -isme, -âge etc.

Dans certains exemples que nous avions répertoriés, certains jeunes étudiants de l'Institut Supérieur pédagogique de Kaziba parlent de :

-Vagager, qui est un néologisme créé par les étudiants du Département de Français et langues africaines de l'ISP/KAIBA. Avec comme sens « faire l'amour, vagagisme, le fait de se livrer à la sexualitéet vagageur, pour celui qui se livre à la sexualité.

v Le suffixe « iste »

L'usage par suffixation aboutit à la création de mots composites. Nous citons quelques exemples : /mutiste/ : le mot est obtenu du kiswahili /mti /qui veut dire /arbre/ avec le rajout du suffixe /iste /.l'usage de ce mot s'explique par le fait que ces étudiants considèrent toute personne qui se livre à la débauche comme un mutiste.Celui qui ne partage pas le même langage avec ces étudiants ne saura pas le sens de ce mot. Depuis, le mot a trouvé une résonance auprès des jeunes et est devenu une lexie favorite pour nommer les personnes qui se livrent à la débauche ou généralement ceux qui font la prostitution.

Néologisme : Unitiste

Sens : la base « unité » veut dire en télécommunication « valeur attribué à une certaine durée lors d'une communication téléphonique» avec le rajout du suffixe -iste, le sens du néologisme devient « personne qui vend d'unités » Procédé : néologisme par suffixation : Base + suffixe -iste néologisme unit + - iste - unitiste ?Substantif + suffixe -iste adjectivation du substantif

v Le suffixe /age/ :

La création par le suffixe / age / désigne l'action ou le résultat de l'action tel : /Reachetage/

(Rachat)- /Trainage/ (entrainement) -/Dégoutage/ (dégout) -/ Routinage/ (routine)- /Fréquentage/ (fréquentation).Les dérivés en [age] peuvent désigner l'état, ils ont alors une base nominale. Cette stratégie de simplification est adoptée par les jeunes pour marquer leur situation sociale.

v Le préfixe /In/ et /Im/ :

/Impatikanable/ néologisme utilisé pour décrire quelque chose qui est rare ou qu'on ne peut pas trouver facilement sans qu'on ait fourni beaucoup d'efforts, composé du préfixe / Im /, le verbe du Kiswahili / kupatikana / appartenant au kiswahili et qui signifie /trouver / /, le suffixe français de probabilité / able /.

Le phénomène de création de mots composites par suffixation est très répandu dans le parler des jeunes étudiants de l'ISP KAZIBA, que l'on peut aller jusqu'à poser que ces suffixes sont intégrés et complètement naturalisés dans le système de la langue d'accueil.Cette diversité des procédés cherche à faire face à des besoins nouveaux, à une nouvelle manière de penser, d'agir et de vivre.

v L'apocope :

On appelle apocope la troncation de la partie finale, la chute à la finale d'un mot ou de plusieurs phonèmes. Ex : « Bonjour, je viens à la fac », « Bonjour, je vais venir à la faculté », « lafac » est l'apocope de « faculté ».( Cfr cours de lexicologie L1 FLA)

Présentation du corpus

Dans cette partie, nous étudierons le langage SMS, en nous basant sur des messages rédigés par les étudiants de l'Institut Supérieur pédagogique de Kaziba en chefferie de Kaziba, et principalement l'aspect communicatif de la rédaction, la forme, la structure. Le corpus de notre recherche est constitué d'un échantillon de 20 captures d'écrans de messages rédigés par ces derniers dans différentes discussions et par différentes personnes dans les réseaux sociaux et sur des « messages normaux » comme dit-on. Ces éléments seront placés en annexe de notre corpus en étude. L'objectif de notre travail, c'est de faire une analyse des techniques employées par les étudiants dans leurs messages, enplus, nous allons élaborer une sorte d'analyse de l'utilisation de ce type de langage qui varie entre les deux sexes : filles et garçons et l'âge de ces étudiants participants varie entre 23-27 ans. Dans ce travail ,nous avons demandé à nos enquêtés de capturer leurs discussions messageries qu'ils ont partagées, envoyéesou reçues et écrites dans des situations ordinaires tels que : informations ,félicitations ,rendez-vous , humours ,demandes , car , si nous demandions aux étudiants de rédiger les SMS uniquement pour la recherche sur notre thème, ils n'allaient pas être fidèles et sincères dans leurs rédactions ce qui va créerait une situation ambiguë .Ce chapitre va s'intéresser principalement sur trois aspects : En premier, il s'agit de l'exposé des procédés et des caractéristiques graphiques des SMS. En deuxième, l'analyse linguistique, des règles d'orthographe (grammaticales, lexicales), l'alternance codique etc. En troisième, nous allons étudier : le taux d'influence du langage SMS sur l'orthographe, le taux d'erreurs que les étudiants utilisent et les procédés les plus utilisés.

2. Choix et recueil du corpus :

Le corpus étudié est constitué de 20 discussions SMS recueillies des téléphones portables appartenant aux étudiants des départements confondus à l'ISP KAZIBA. Ces étudiants possèdent des pratiques langagières, socioculturelles propres à eux,car ils acquièrent, grâce à leurs spécialités, un certain langage et attitude linguistique qui leur permettent une communication médiatique efficace.

3. Thématique :

Nos discussions SMS « texto. » Contiennent des thèmes différents suivant les circonstances et les besoins communicatifs des usages. Les SMS sont produits dans des situations ordinaires en précisant : informations, félicitations, rendez - vous, humours, demandes et salutations des étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba.

L'arrivée massive du langage SMS dans notre société suscite bien des questions et fait naitre de nombreuses inquiétudes quant à l'appauvrissement du langage des étudiants et quant à la survie ou l'évolution de l'orthographe normée. En effet, le langage SMS se caractérise principalement par l'utilisation de nombreux procédés comme l'abréviation et les écritures phonétiques.

Nous avons choisi de réaliser notre propre étude en ciblant une population précise, les étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba,car ce langage SMS est utilisé massivement par eux. De plus, nous avons choisi d'étudier des paramètres du langage écrit plus nombreux : en plus de l'orthographe, nous avons aussi étudié les performances en grammaire et en lexique de la population cible.

4. Les problèmes de constitution du corpus

Nous tenons à préciser qu'aucune information sur notre recherche n'a été divulguée aux usagers des SMS, nous avons simplement dit que c'était pour une recherche scientifique dans le but de faire un mémoire de licence au Département de Français-Langues africaines. Aussi, nous n'avons imposé aucune directive, même pas celle de nous donner des SMS personnels. Notre seule exigence était que les participants choisissent dans l'historique de leur propre discussion Messenger ou WhatsApp (« Messages envoyés et reçus »).

Nous avons eu recours à la collecte manuelle et ce travail de recueil de corpus a été effectué par nous-même ainsi que par des amis à qui nous avons demandé de l'aide en leur donnant des directives précises afin d'utiliser la même procédure que nous.

1. Les caractéristiques graphiques des SMS

Le langage SMS vise à raccourcir et à simplifier la rédaction, ce qui influe sur l'orthographe. Pour cela, nous allons faire une analyse détaillée des formes linguistiques, que les étudiants suivent pour produire un SMS en nousréférant aux travaux de Jacques Anis (2001) et Fabien Liénard (2005), afin de préciser une empreinte de nouveauté pour ce néo langage.

1.1 Les procédés scripturaux selon Jacques ANIS

Jacques Anis,chercheur linguiste et professeur à l'université de Nanterre, a mis en étude une liste des transformations graphiques que l'on peut rencontrer dans le langage SMS. Pour cela il s'est appuyé sur des corpus d'échange SMS. A partir de cette analyse nous allons présenter quelques logarithmes dans le tableau ci-dessous.

1.1.1 Les logogrammes (les idiogrammes)

L'utilisation des logogrammes permet de réduire la taille du message. Nombre entre eux sont communément employés dans l'écriture courante :

Les logogrammes

Exemples

Significations

Les chiffres

1

2023

5

Un

Deux mille vingt-trois

Cinq

les opérateurs

arithmétiques

-

+

Moins

Plus

Les symboles

@

%

Arobase

Pourcentage

· Après avoir dégagé les exemples ci-dessus, nous avons remarqué que dans la communication SMS, les étudiants de l'ISP/KAZIBA emploient les logogrammes etles idiogrammes pour insérer plus d'informations lorsqu'ils disposent d'unespace limité pour écrire un message, ainsi de faire réduire la longueur dumessage comme l'exemple ci-dessous, au lieu d'écrire deux mille vingt-troisen lettres, comptant plus d'espace, ils préfèrent écrire ainsi 2023 enchiffres qui occupe moins d'espace et plus rapide à saisir.

1.1.2 Les abréviations

Ils consistent en la suppression de quelques lettres seulement, généralement les voyelles, dans les mots usuels. Ce sont les consonnes qui sontconservées dans les abréviations, car elles ont une valeur informative plus forteque les voyelles. Cette technique est beaucoup utilisée dans les prises de notesmais se retrouve aussi dans les SMS avec comme exemples :

Exemples

Langage courant

Slt

Salut

Mnt

Maintenant

Bcp

Beaucoup

Cnx

Connexion

Pr

Père

Ns

Nous

Frr

Frère

Coe

Comme

Dja

Déjà

K

Que

Ma2

Maman

drwa

droit

bjr

Bonjour

chr

Chéri(e)

N8t

nuit

esk

Est-ce que

Aujourd8

Aujourd'hui

bb

Bébé

msg

Message

Kce

Connaissance

C,rage

Courage

E

Eleve

Pers.

Personne

pt

Pote

exm

Examen

pr

pour

· Dans notre analyse, nous remarquons que dans le « langage sms », lesétudiants utilisent massivement ce procédé. Les abréviations sont un bonmoyen de rendre le style d'écriture plus concis et de faire économiser dutemps. Cependant, il est important de les utiliser correctement afin defaire transmettre le message au récepteur. Parfois ces étudiants utilisent même des abréviations qui ne sont pas autorisées dans la langue française, comme nous pouvons le voir dans le tableau ci-dessus.

1.1.3 Les sigles

D'après le dictionnaire Usito, Le sigle est une série de lettres initiales deplusieurs mots représentant une expression ou désignant une société ou unorganisme et formant un mot unique. Dans le langage SMS, la majorité de siglessont empruntés à l'anglais.En général, le sigle se prononce alphabétiquement. Quelques exemples denotre corpus :

§ Exemples : - LOL (Laughing out loud) qui peut se traduire par Je risbien fort

Les sigles Signification

Signification

tfk

Tu fais quoi

Mdr

mort de rire

Stp

S'il te plait

lol

Laughing Out Loud (Anglais)

· Après l'analyse de notre corpus, nous nous sommes rendu compte que la siglaison est souvent utilisée dans les SMS des étudiants. La valeur de ce procédé et derendre le message plus court et souple. Les étudiants écrivent de cettemanière pour accélérer la discussion et gagner de temps. Parfois, les siglesutilisés sont des emprunts d'autres langues ; cela pour enrichir ladiscussion avec un modèle langagier varié.

1.1.4 Les rébus

Le rébus se définit comme une écriture syllabique plus concise qu'uneécriture alphabétique. Il est donc question de l'utilisation « de séquences mêlant chiffres, lettres et signes divers, qui doivent être interprétés à l'aide de leurvaleur dénominative » (C. FAIRON, J. R. KLEIN et S. PAUMIER, 2006 : 32)

o En anglais, on trouvera :

- 2 pour two (deux),

- to (à) et too (aussi) qui se prononcent de la même manière.

o En français, en trouvera :

- C pour C'est

- j pour j'ai ou encoreg

- TT à la place de t'étais ou tout

· Suivant nos recherches, nous remarquons ici que les verbes (est, ai, étais)ont été supprimés afin d'économiser lesefforts et le temps.

1.1.5 Les squelettes consonantiques

Ils correspondent àl'abréviation d'un mot commun charpenté quasi exclusivement autour de ses consonnes. Depuis longtemps, dans les prises de notes, on utilise la suppression des voyelles de notre écriture pour abréger les mots usuels. (DELIC, Etude de quelques problèmes de phonétisation dans un système de synthèse de la parole à partir de SMS, 2005, p2)

v Certaines abréviations ne gardent qu'une partie des consonnes du signe.

o C'est le cas de : pqpour pourquoi

oCc pour coucou

· Nous remarquons ici que le mot pourquoi et coucou ont été réduits par lasuppression totale de voyelles, dans les SMS, ce mode ou procédé estutilisé par les étudiants de Kaziba dans l'objectif d'accélérer la discussion etd'économiser le temps.

1.1.6 Les graphies phonologiques

Les graphies phonologiques relèvent du registre courant ou familier. Elles engendrent un effet d'oralité. Voici quelques-uns de ces procédés :

o Le remplacement des « e » caducs par des apostrophes : j'peux pour je

peux

o Les variations phonétiques diverses : franchement va être transcrit

fronchement

o Les écrasements phonétiques : je ne sais pas devient chépa.

· Dans notre analyse, nous constatons que les graphies phonologiques ontété présentes dans quelques messages, nous remarquons aussi que dans lamajorité des discussions, le pronom personnel « je » devient « j » et dansle premier exemple, l'étudiant a écrasé la voyelle « e » du pronompersonnel et l'a remplacée par l'apostrophe, dans ce cas, l'étudiant réduit lemaximum de voyelles afin de faire vite dans son écrit.Dans le deuxième exemple, nous remarquons qu'il y'a une variationphonique entre « an » et « on », dans cela nous constatons que la rapiditéde manipulation du clavier empêche l'étudiant de se concentrer à ce typed'erreurs.

Dans l'exemple suivant, nous témoignons que le mot « chépa » estsouvent utilisé dans la vie quotidienne, l'emploi de cet écrasement est dans le but de créer un modèle langagier spécifique et compréhensible.

1.1.7 Parler court

La communication se fait rapidement avec le langage SMS, c'est que le temps presse et qu'il faut faire court !

oExemple de corpus :

- Tfkpour tu fais quoi

- Bnsrpour bonsoir

- Klk1 pour quelqu'un

- Svp pour s'il vous plait

· Nous constatons, que dans le langage SMS, le parler court est nécessairepour la majorité des étudiants puisque, ce phénomène graphique réduitl'expression en quelques lettres, en supprimant les syllabes. L'objectif deparler court dans les discussions SMS est l'économie de temps ainsi que lasouplesse de manipulation du clavier.

1.1.8 Les procédés de simplification

La simplification se situe au niveau du système linguistique alors que la facilitation constitue l'ensemble des procédés (verbaux, para-verbaux et non verbaux) que l'énonciateur utilise pour atteindre l'intercompréhension et pour aboutir à la Co-construction du sens.

Quatre procédés de simplification ont pour but de rendre les énoncés plus courts et plus simples dans leur formulation. Ils permettent aux messages d'être informatifs et concis en omettant tout ce qui est « inutile ». Ces transformations sont les plus nombreuses dans les textos des étudiants. Parmi ces procédés, il y a :

1.1.8.1 La troncation

Elles se traduisent par la suppression d'une partie d'un signe. La partie dusigne supprimée dépend de la charge sémantique assumée par les préfixes etsuffixes du signe « procédé d'abrègement des mots polysyllabiques qui consiste à supprimer une ou plusieurs syllabes à l'initiale ou, plus souvent, à la finale .» Il existe trois types de troncation :

A. - la troncation par apocope

Ce phénomène touche essentiellement des mots longs et courants, dans les SMS aussi bien que dans le langage courant. Elle se définit comme « La suppression d'un phonème ou d'une syllabe à la fin d'un mot »

B. - la troncation par aphérèse,

Qui se définit par la suppression d'un phonème ou d'une syllabe au début d'un mot. Dans les SMS aussi bien que dans le langage courant.

C. - la troncation par aphérèse interne

Elle concerne les signes linguistiques ayant des doubles consonnes ou des lettres muettes.

Type de troncation

Exemples du corpus

Langage courant

La troncation par apocope

Mess

Melly

Message

Méllissa

La troncation par aphérèse

Prof

Info

Tel

Professeur

Information

Téléphone

La troncation par aphérèse

interne

Sincèrment

Certainment

Sincèrement

Certainement

· Nous constatons dans notre analyse que ce procédé revient souvent dans lapratique des SMS par les étudiants dans l'objectif de réduire la longueur du mot. À partir de trois syllabes, les mots sont considérés comme longs, et pourcette raison, différents modes de raccourcissement (comme la troncation)sont mis en place.

8.2 L'élision d'éléments sémiologiques ou de signes graphiques

Est un phénomène graphique qui se caractérise par l'oubli des signes coûteux du point de vue de la saisie sur le clavier du téléphone portable. Ce sont :

o Les signes de ponctuation ;

o Les signes diacritiques (les accents) ;

o Les formes allo graphiques (les majuscules) ;

o Les éléments sémiologiques (les guillemets, les pointsd'exclamation...) ;

o Certains signes comme les articles ou les conjonctions.

Types d'élision ou de

signes

Exemples

Correction

Les signes de

ponctuation

Cv et toi

A bon

Ça va et toi ?

Ah bon !

Les signes diacritiques

(les accents)

A

biensur

Ta

ca

À

Bien sûr

T'a

ça

Certains signes comme

les articles ou les

conjonctions

J'ai plusieurs messages,

j'arrive pas à les ouvrir

J'ai plusieurs messages

mais je n'arrive à les

ouvrir

· Dans le tableau ci-dessus nous constatons que dans les discussions SMS, l'élision estsouvent apparue en différents signes. Dans les SMS recueillis,nous remarquons que la ponctuation est souvent oubliée ainsi lesapostrophes à l'exemple de certains mots, des voyelles ou des consonnespeuvent disparaitre, et uniquement à l'oral dans une situation familière.

1.2.2 Les procédés de spécialisation

Trois procédés de spécialisation permettent aux scripteurs de jouer avec la langue en la transformant. Parmi eux, on trouve :

1.2.2.1 La notation sémio-phonologique

Selon Fabien LIÉNARD, l'écrit se rapproche alors des idéogrammes. Ce procédé se retrouve aussi fréquemment auprès des étudiants universitaires dans le langage SMS. Elle consiste à utiliser le nom des lettres ou les chiffres pour remplacer une syllabe d'un mot. Cette lettre ou ce chiffre est alors souvent mis en majuscule et correspond à une syllabe.

1.2.2.2 L'écrasement de signes

Il consiste en la réalisation d'un énoncé ou d'une expression courante en un seul et même signe linguistique qui porte la charge sémantique entière de l'énoncé.

1.2.2.3 Les anglicismes (les emprunts aux langues étrangères, notamment à l'anglais)

D'après J. Anis (2001 :52)« L'anglais a un statut de langue technologique et aide à se comprendre dans un contexte plurilingue.» Ils sont fréquemment employésdans les SMS, auprès les étudiants de l'ISP KAZIBA. La plupart des anglicismes choisis ont l'avantage d'être plus courts que leurs correspondants français.

oExemple de corpus :

- Give me pour donner moi

- See you laterpour à plus tard

Les procédés de

spécialisation

Exemples

La signification

La notation sémiophonologique

Dr1

2m1

De rien

Demain

L'écrasement de

signes

Ouesketé ?

Askesava ?

Où est-ce que tu es ?

Est-ce que ça va ?

Les anglicismes

Now

Hello

cool

Maintenant

Salut

Décontracté

· Après avoir dégagé les exemples ci-dessus, nous avons remarqué qu'ilexiste plusieurs types de procédés de spécialisation dans la plupart desdiscussions recueillies auprès des étudiants.

Dans la notation sémio-phonologique, nous remarquons que les syllabes graphiques ont été remplacées par des chiffres. Nous constatons que : Où est-ce que tu es, a été écrasé dans l'objectif de réduire l'expression et minimiser la discussion. En ce qui concerne les anglicismes, des mots empruntés à la langue anglaise afin d'enrichir le discours SMS.

1.2.3 Les procédés expressifs ou d'extraversion

(ANIS J., Parlez-vous texto ? 2001 :52) Deux procédés expressifs permettent de faire transparaître des émotions dans les textos. Ils démontrent la proximité que le langage SMS entretient avec l'oral. Ce sont :

1.2.3.1 Les émoticônes ou smileys

Selon Wikipédia, Ils permettent de transcrire des émotions grâce à une petite tête jaune. Au départ, pour éviter que certains énoncés soient mal compris par le destinateur, notamment les énoncés ironiques, les scripteurs ajoutaient uncommentaire entre parenthèses comme (rire).

Progressivement sont apparus les premièresémoticônes formées grâce aux signes de ponctuation disponibles sur le clavier d'un téléphone :-). Leur objectif est la présence de certaines dynamiques que la conversation orale, elles présentent des intonations aux messages et permettent d'éviter les malentendus.(ANIS J., Parlez-vous texto ? 2001 :35)

1.2.3.2 L'introduction de signes ou de graphèmes (l'étirement graphique)

On les rencontre souvent dans les discussions SMS. Ils visent la transcription des émotions, «est un procédé expressif reposant sur des lettres pourattirer l'attention et de faire le recours à la démultiplication des voyelles.»

Exemples :

Les procédés expressifs

ou d'extraversion

Exemples

Signification

émoticons et smileys

 

Le visage aux yeux enforme de coeur qui sert àmontrer que la personneadore ce que son ami luia fait voir.

Ces visages qui ont leslarmes aux yeux sont là

pour appuyer les propos

qui l'ont précédé (mort

de rire !)

Bisou

C'est le symbole

classique de l'amour

Pour le remerciement

« s'il te plait »

signes et graphèmes

Ouiii

Mdrrrrrr

Hii

Oui

Mort de rire

Hi

· Les smileys sont devenus incontournables dans les SMS. En effet, lamajorité des SMS recueillis contient au moins un smiley. Ces derniersfont que la personne qui rédige le message ne fournisse presque pasd'efforts puisqu'elle n'écrit plus ce qu'elle ressent ou ce qu'elle veut diremais se contente d'une simple clique pour choisir le smiley qui exprimeson état à sa place. De plus, ces smileys rendent le SMS original etagréable à rédiger et à recevoir. Nous avons constaté que les étudiants de l'ISP KAZIBA utilisentconsidérablement les émoticons et les signes et graphèmes dans leursconversations, afin d'exprimer leurs sentiments, leurs émotions, leurshumours et leurs réactions entre émetteur et récepteur.

1.3 La typologie de PANCKURT (2009 :182)Voici une classification des procédés scripturaux du langage SMS. Elle a été adaptée par C. COMBES,O. VOLCKAERT-LEGRIER et P. LARGY à partir d'une typologie mise en place par PANCKURT en 2009.

I. SUBSTITUTIONS,

SIMPLIFICATIONS ET

SUPPRESSIONS

Exemples

Entiers

C « C'est », J « j'ai »

Partiels

Ossi« Aussi »

Signes diacritiques

A « à »

Icônes, symboles mathématiques,

caractères spéciaux...

A + « à plus » ; vasy « vas-y »

Elisions

J ai« j'ai »

II. RÉDUCTIONS

Exemples

Abrégements morpho-lexicaux

(troncations, sigles, acronymes)

Mess « message »

Réduction du graphème /qu/

Prk« pourquoi »

Trankil« tranquille »

Suppression des fins de mot muettes

Bis « bisou »

Squelettes consonantiques

Tv « télévision »

Agglutinations

Jvois« je vois »

III. ORTHOGRAPHE LEXICALE

ET GRAMMATICALE

Exemples

Terminaison verbale

Tu avance« tu avances »,

je part« je pars »

Terminaison nominale

Tes dessin « tes dessins »

Erreur orthographique

Expériense« expérience »,

sectin« section »

AUTRES MODIFICATIONS

Exemples

Erreurs machinales (erreurs de frappe)

Ayitude« attitude »

Ajout de caractères : expressions,

smileys...

Okeyyyy« ok »

Remplacement par une autre formule

A+ « à toute »

· Après avoir dégagé les exemples ci-dessus, nous remarquons que lesétudiants utilisent plusieurs typologies d'erreurs d'orthographe dans laplupart des discussions recueillies. Selon la typologie PANCKURT, nous avons classé les fautes trouvées dans les messagesrecueillis, et avons constaté que les étudiants font ces erreursinvolontairement et sans faire attention pour les erreurs lexicales etgrammaticales. Nous avons remarquéaussi que la majorité d'étudiant utilisentdifférentes techniques néo-graphiques pour rendre la communication plus facileet plus rapide. Certes le nombre de SMS affectés par ce phénomène n'est pastrès alarmant mais ceci dit, la présence de plusieurs procédés scripturaux dulangage SMS dans les écrits des étudiants de l'ISP KAZIBA est une première preuve que lelangage SMS influe négativement sur l'orthographe. Dans l'analyse de notre corpus, nous nous sommes rendu compte de l'influence duplurilinguisme sur les utilisateurs des SMS collectés à Kaziba. En fait, nousconstatons un mélange de langues très fréquent chez les étudiants de Kaziba, quin'échappent pas à cette règle d'alternance codique caractérisée par lecontact de langues.

CONCLUSION PARTEILLE

L'objectif de ce chapitre était de faire une analyse des techniques employées par les étudiants dans leurs messages, de plus, nous avons élaboré une sorte d'analyse de l'utilisation de ce type de langage. Notre focalisation tournait principalement sur trois aspects : En premier, il s'agit de l'exposé des procédés et des caractéristiques graphiques des SMS. En deuxième, l'analyse sur le plan linguistique, des règles d'orthographe (grammaticales, lexicales), l'alternance codique etc. En troisième, nous avons essayé d'étudier : le taux d'influence du langage SMS sur l'orthographe, le taux d'erreurs que les étudiants commettent et les procédés les plus utilisés.

CHAPITRE TROISIEME : L'INFLUENCE DE L'ECRITURE `'SMS'' SUR LA LANGUE STANDARD

I. INTRODUCTION

Ce chapitre a pour objectif de monter comment l'écriture SMS peut exercer une influence sur la langue française et arriver même à apporter certaines modifications sur la langue standard. A part cela, nous passerons à une analyse du corpus qui éclaircit les techniques dont se servent les jeunes étudiants de l'ISP KAZIBA afin de créer indépendamment leurs codes particuliers.

Nous aborderons ce chapitre selon les points suivants ; les principaux caractères graphiques du langage SMS, le langage entre-t-il en contact avec l'orthographe officielle, mise en place de la partie analytique et la présentation du corpus.

Langage SMS : nouvelle forme de communication électronique

Actuellement, les nouvelles technologies de l'information et de la communication(TIC) revêtent une importance primordiale au sein de la société. Ce développement technologique forme la base de nouveau genre et de nouvelle forme de communication, y compris la communication par SMS. Cette dernière a créé une nouvelle application de la langue qui se distingue de celle utilisée dans les genres écrits traditionnels. Bien que récents dans les usages, les SMS ont eu un succès fulgurant. Ce genre de textes a engendré de nouvelles pratiques et modalités écrites codifiées atypiques. Destinés à des proches ou à des pairs, rédigés dans l'instant, ces textes se caractérisent par un net relâchement vis-à-vis de la norme orthographique, aussi par de multiples détournements de l'utilisation conventionnel des caractères alphabétiques et une très forte variation graphique des formes lexicales.

« Un véritable langage s'est créé qui évolue au gré de l'imagination et des situations rencontrées »déclare M. SCHONWASSER. Les SMS sont à la mode et ce sont les jeunes qui les ont rapidement adoptés, car ils sont le plus productifs quant à l'enrichissement de la langue. Ces derniers, usent de leur imagination pour produire un nouveau vocabulaire dérivé de la langue française qui unit abréviation des mots ou des chiffres, traduisent ainsi des termes et des expressions à dire. Le SMS est pratique, ludique, spontané et distancié à la fois, discret et confidentiel, rapide, momentané et surtout peu coûteux par rapport à un appel téléphonique, il peut délivrer le maximum d'informations, d'idées, de sensations, en utilisant le moins de caractères possibles d'où une1(*)économie linguistique.(SCHONWASSER M., De la jactance à la tchatche 2004, p44)

2. Qu'est-ce qu'un `'SMS'' ?

Un service du téléphone mobile qui a connu depuis sa création un développement exponentiel, imposé par l'engouement des utilisateurs, devenu brusquement un incontournable vecteur de communication à travers lequel le langage écrit semble renouvelé au niveau lexical, morphologique, syntaxique et sémantique. C'est le « SMS », l'acronyme anglais de « Short Message Service »qu'on peut traduire en français par « Service de Messages Succincts », un « moyen de communication qui permet d'échanger des messages courts (à donner un rendez-vous,à donner une adresse, à prévenir qu'on sera en retard, par exemple) à partir d'un téléphonemobile » (J. ANIS, 1999 :74).Un message écrit de 160 caractères maximum envoyé d'un téléphone mobile à un autre. Ces SMS sont la plupart du temps envoyés à une personne proche pour communiquer une information à la fois courte et pratique, pour poser une question ou partager en quelques mots ou signes une émotion, un sentiment ou un point de vue. Le but du scripteur, c'est d'écrire un message compréhensible et court pour diminuer le coût de codification du message (nombre de pressions digitales) également le coût de sa transmission (prix de la communication).Les SMS sont devenus le moyen privilégié de communication par les jeunes et même préférés au téléphone par la majorité. Il permet de créer des relations interpersonnelles nouvelles et de maintenir les relations déjà existantes et familières. Écrire un SMS, c'est un signe d'appartenance à un groupe générationnel, à ses codes, un moyen de transgresser la norme sociale et un outil de socialisation, maintenant l'échange entre pairs. C'est sans doute pour ces multiples raisons qu'envoyer et recevoir un SMS rencontre un tel succès. Les jeunes veulent renouveler, simplifier et réécrire le français qui est né des mises en situation pour s'amuser, badiner et « tuer le temps ». Pour écrire des messages, ils n'ont plus besoin de faire recours à un français recherché, avec tout ce que cela comporte comme rigueur. Ils usent de leur imagination pour créer un nouveau vocabulaire dérivé de leur langue mère.

La communication par SMS est plus populaire que jamais. Des millions de SMS sont envoyés chaque jour. La grammaire et l'orthographe y sont bien souvent modifiées. Les jeunes envoient des SMS pour exprimer leurs émotions avec des émoticônes comme « ?» ou des acronymes comme « LoL », abrègent les mots, en inventent de nouveaux et utilisent les onomatopées glanées dans les bandes dessinées. Le langage des jeunes n'est plus uniquement oral : une forme écrite s'est développée parallèlement aux nouveaux modes de communication. Les jeunes jonglent relativement facilement avec les différents styles d'écriture. Les médias numériques n'auraient donc pas d'influence sur leurs compétences rédactionnelles. Les SMS, n'ont pas d'impact sur leurs connaissances en orthographe ni sur leur manière de s'exprimer. Nous assistons à une évolution empreinte d'innovation et de créativité dans la langue car le changement des normes langagières peut même aider les jeunes à se forger une identité qui sont constamment à la recherche de nouveau vocabulaire en donnant aux mots un sens, une signification ou même une intonation différente.(ROSSANA C., « Le bal masqué des mots : le langage des jeunes français entre verlan et

texto ».2008. p.65)

3. L'histoire du langage SMS :

Dans la société, le téléphone portable est devenu un outil de communication indispensable.

Au début il a été créé pour parler n'importe où avec n'importe qui, permettant plus de libertés et de dépendance que le téléphone. Le service d'envoyer des messages n'était d'abord qu'une fonctionnalité secondaire dont les inventeurs n'espéraient pas un grand succès. Mais actuellement,le portable est devenu avant tout une machine à écrire.Le premier SMS a été envoyé probablement en décembre 1992 par un employé de Sema Group dans la Grande Bretagne par Neil Papworth à partir de son ordinateur vers un portable. Une année plus tard, le premier texto a été écrit depuis un téléphone mobile par un jeune ingénieur finlandais. C'est à partir de ce là, que les portables ont commencé à se répandre dans le monde entier et ainsi devenus un véritable phénomène de société, surtout chez les jeunes. Le SMS n'est pourtant pas la manière de communiquer qui fonctionne ainsi. Si nous regardons quelques décennies en arrière, nous pouvons constater que les messages se rapprochent du télégramme qui a été inventé à la fin du 19eme siècle. Les deux sont qualifiés par leur brièveté, souvent employés pour donner un rendez-vous ou pour des messages urgents. Le scripteur à intérêt de réduire le nombre des signes puisque le prix dépend du nombre des mots utilisés ² .Finalement ce n'est pas vraiment étrange qu'on trouve dans ces télégrammes déjà une sorte du langage texto, une langue réduite à son minimum pour économiser de la place et du temps. Les principaux responsables pour la modification rapide de la langue dans ces dernières décennies sont les NTIC, les nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication .Avec la diffusion des outils de communication électronique : l'e-mail, chat, blogs, SMS, sites web, forums de discussion etc. l'humanité assistait à une véritable originalité dans le monde de

l'écriture .Cette nouvelle forme de communication a rafraichie l'écrit chez les jeunes, elle est surtout sophistiquée et simplement fascinante ; caractérisé par la déviance, plus audacieuse par rapport à l'écrit standard traditionnelle conventionnel,1(*) ce qui laisse la place à l'intimité, la liberté voire même la confidentialité pour une seule raison : économie de temps et d'espace. C'est bien : « le langage SMS » dont le monde entier est attiré est en passe de gagner ses lettres de noblesse : des livres lui sont consacrés, des articles en parlent dans la grande presse, des émissions de radio s'intéressent à lui, des dictionnaires d'un nouveau genre sont édités, des compétitions ont été organisés. Cette nouvelle écriture semble être véritablement ancrée dans les moeurs de l'écriture du troisième millénaire.(ROSSANA :2008 :64-68)

Depuis la diffusion des outils de communication électronique : l'e-mail, chat, blogs, SMS, sites web, forums de discussion,... etc. l'humanité assistait à une véritable innovation dans le monde de l'écriture .Cette nouvelle forme de communication a rafraichie l'écrit chez les jeunes , elle est surtout sophistiquée et simplement fascinante ; caractérisé par la déviance, plus audacieuse par rapport à l'écrit standard traditionnelle conventionnel, ce qui laisse la place à l'intimité, la liberté voire même la confidentialité pour une seule raison : économie de temps et d'espace affirment-ils . C'est bien : « le langage SMS » dont le monde entier est attiré est en passe de gagner ses lettres de noblesse : des livres lui sont consacrés, des articles en parlent dans la grande presse, des émissions de radio s'intéressent à lui, des dictionnaires d'un nouveau genre sont édités, des compétitions ont été organisés .Cette nouvelle écriture semble être véritablement ancrée dans les moeurs de l'écriture du troisième millénaire. Le langage SMS fait l'objet d'un certain engouement médiatique avec par exemple l'apparition de nombreux lexiques ou dictionnaires du langage SMS, voire de romans entièrement écrits dans ce langage. Pratiqué par tous les âges est dans différents milieux sociaux, il a réussi en si peu de temps à conquérir le monde entier : enfants, jeunes et vieux. Ce langage vient bousculer les interdits et stimule la créativité, c'est ce qui a provoqué le plaisir chez ses usagers qui affirment, qu'ils n'avaient jamais autant écrit que depuis l'apparition de « texto ». Pour ces usagers maitriser le langage SMS c'est savoir jouer avec les mots et le langage et éprouver du plaisir en badinant avec les mots et « pour jouer avec les messages, pour que ce jeu quelque saveur, ces jeunes doivent se démarquer de l'esprit canonique, être en rupture : ilsdéveloppent alors des compétences métalinguistiques ou grammairiennes. » Ils utilisent un code partagé par d'autres utilisateurs qui veulent évoluer l'écriture1(*) de la langue en fonction des contraintes techniques. (ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages de réseau, 2002,p.62.)

4. Principaux caractères graphiques du langage "SMS" :

Dans ce qui suit nous allons aborder la formation du langage SMS, c'est-à-dire les différentes caractéristiques qui font la base de ce « néolangage» , nous allons citer les structures utilisées par les usagers pour raccourcir les mots afin d'économiser de la place et donner un style individuel à leur message, car le langage « texto » comme chaque langue possède ses propres particularités et caractéristiques ; on parle de la : néographie, les particularités morpho-lexicales cités par J. ANIS tel qu'ils sont utilisés par la cyber langue. Ces procédés linguistiques les plus répandus dans le langage « SMS » sont :

I. Sur le plan phonique

1. Les néographies

Les néographies sont les mots dont la graphie s'écarte de la norme orthographique, ces derniers se composent de cinq catégories : les graphies phonétistes, les squelettes consonantiques, les syllabogrammes et rebus à transfert, les logogrammes et les para logogrammes ainsi que les étirements graphiques.

1.1. Les graphies phonétistes

Elle consiste à remplacer des graphèmes complexe par leur version phonétique uni lettre, elles se subdivisent en deux sous catégories : réductions graphiques et réductions avec variantes phonétique.

· La réduction graphique : c'est l'une des caractéristiques la plus répandue dans le langage « texto », elle correspond à un « abrègement en caractère, soit [à une] sélection de graphiessupposées plus proche du phonétisme.» (J. ANIS 2002) c'est-à-dire sélectionner un graphème qui soit plus proche phonétiquement à la graphie concernée. La réduction la plus courante se trouve dans tous les pronoms relatifs-interrogatifs et exclamatifs : « qui, que, quoi, quel(le), quand, ... » réduction du phonogramme « qu » qui peuvent être systématiquement remplacés par le diagramme « K » et deviennent : « ki, ke, koi, kel, kan ». Une autre substitution, celle de la lettre « S » par « Z » qui provoque un effet de phonétisme comme dans le mot : « bisous »? « bizou ».La réduction graphique peut parfois provoquer la chute des mutogrammes finaux c'est-à-dire l'omission d'une lettre muette à la fin d'un mot, c'est le cas de : «e- t- s » dans : « pa, vitess, salu, cour, etc, (pas, vitesse, salut, cours). »

Ce procédé use aussi des réductions des digrammes et des trigrammes(des sons écrits à l'aide de deux ou trois lettres) comme « aussi?ossi », « beau?bo », « aller?allé », « eau?o ».

La combinaison de ces deux procédés produit des mots de type : « forfé, jamé », « forfait, jamais ».Le dernier procédé de réduction graphique selon J. ANIS est une réduction avec compactage, ce processus qui consiste à dissoudre les segments de mots et évoque le mot phonique, comme c'est le cas de : « qu'est-ce que, c'est, je suis, etc », « keske, cé, jswi, etc », l'autre type de graphie phonétiste est là :

· Réduction avec une variante phonétique :cette technique reprend les procédés déjà cités mais en y ajoutant des variations dues à la langue parlée, elles correspondent à des déformations de la langue standard, dans sa forme écrite mais aussi orale. Ainsi dans l'exemple « je suis » peut être écrit « chui », « je sais », « chai » cela correspond à un écrasement phonétique dû à la fusion des phonèmes [?e] et [S].

1 .2. Les squelettes consonantiques

On entend par squelettes consonantiques les mots dont les voyelles ont été supprimées, réduisant ainsi la forme à une succession de consonnes principales du mot. Pour A. JACQUES c'est simplement des abréviations. Cette technique est assez simple, pour créer un squelette consonantique, il suffit de prendre la première et la dernière consonne du mot, comme dans l'exemple dans : « tt », « ds », « pr », « lgtps », « tjrs » .Cette technique et utilisée dans les classes lors des prises de notes ainsi les mots les plus courants sont abrégés de la même manière que la langue standard.

1.3. Les syllabogrammes et rebus à transfert

· Les syllabogrammes :consistent à « obtenir des effets sonores à partir du nom des lettres » (MARTY : 2001) c'est à dire remplacer un graphème par une lettre de l'alphabet. Leprincipe consiste en une représentation sonore des mots uni-syllabiques par un graphème ayant lemême effet phonétique tel le cas de : « C, K, N, R, V », ils sont le plus souvent des consonnes. Lessyllabogrammes les plus fréquents sont le « C » pour « c'est, s'est, ces, ses et sais » « G » pour« j'ai », « V » pour « vais ».

· Les rebus à transfert :elle consiste à remplacer un certain nombre de lettres par un arrangement de chiffres, de lettres, ou d'autres symboles. Considéré comme l'utilisation « deséquences mêlant chiffres, lettres et signes divers, qui doivent être interprétés à l'aide de leurvaleur dénominative. » (FAIRON. C, KLEIN. J.R et PAUMIER. S, 2006 :32). « La technique du rébus révèle, outre la correspondance entre les lettres, les chiffres et lessons, une transgression de l'orthographe et un plaisir évident à jouer avec la langue. » (J .ANIS 2004). Comme pour « nuit ?n8 », « demain ?2m1 », « main?m1 ». Parfois on trouve que l'orthographe d'un seul mot peut varier, qu'il y a des différentes possibilités pour l'écriture d'un seul terme tel que « demain ? 2m1, 2main, 2mn, demn, dmn ».

1.4. Les logogrammes et paralogrammes (ou sigles)

· Les logogrammes : elle consiste en la présentation graphique d'un mot, c'est-à-dire des signes graphiques qui garantissent une représentation sonore fidèles à des éléments supralinguistiques ; à savoir les chiffres et les symboles, qui servent à noter des morphèmes particuliers. Les logogrammes sont appelés par J. ANIS par les signes-mots et se présentent comme symboles uniques, souvent empruntés aux écritures scientifiques, et peuvent être engendrés à partir des séquences alphabétiques : « 1= un », « 2=deux », « 7= cet, cette », « + =plus », « - = moins », « et= & », « arobase= @ ».

· Les paralogrammes: ce terme est propre à J. ANIS, il évoque les sigles et les acronymes, qui sont différentes l'une de l'autre. Le sigle se prononce comme s'il s'agissait d'un mot normal à l'aide de majuscules, c'est une abréviation dont les éléments sont prononcés lettre par lettre comme dans « HEC = École des Études Commerciales », « CNRS = Centre National de Recherche Scientifique ».Quant aux acronymes, ils sont prononcés sur un même ton comme un seul mot, le cas de « CEDEX = Courrier d'Entreprise à Distribution Exceptionnelle », le1(*) mot SMS est aussi un acronyme de « essemesse».

1.3. Les étirements graphiques

Selon J. ANIS l'étirement graphique est « un procédé expressif reposant sur la répétition des lettres pour attirer l'attention .Il est conçue pour qu'une transcription orale ne soit possible » .L'étirement graphique c'est le recours à la démultiplication des voyelles comme dans « Jet'aiiiiiiiiiiiiiime », « Ouiiiiiiiiiiiiiiiii » et bien d'autres procédés, ils sont très répandus dans le chatpar le biais d'un clavier de l'ordinateur car les espaces d'écriture électronique ne subissent pas unelimitation de caractères contrairement à l'SMS.Cependant, cela n'a pas empêché les SMSistes à l'utiliser, avec un esprit créatif et plusd'imagination, leur objectif c'est de faire passer leur émotions dans la langue écrite autrement dittranscrire l'oralité da la langue, attirer l'attention, exprimer un sentiment, une joie ou unetristesse pour refléter les états d'âme, des sons ou des bruits.

1.5. Caractéristiques des néographies

Comment peut-on caractériser le fonctionnement global des graphies ? Avant de clôturer ce chapitre, nous allons ajouter quelques caractéristiques des néographies :

· L'hétérogénéité : certains mots peuvent -être transcrits par la combinaison de plusieurs procédés, c'est-à-dire ils sont formés d'éléments de nature différente, ainsi « kelk1 » « quelqu'un » est formé à partir de la graphie phonétiste « kelk » et du logogramme « 1 », dans « j'tapel D ke j rentr » « je t'appelle dès que je rentre » composé d'une : réduction graphique + logographie +agglutination + phonétisme.

· Polyvalence et polysémie : signifie qu'un même signe graphique peut être lu de

différentes façons, notamment les lettres isolées qui peuvent transcrire deux ou trois mots ayant des sens beaucoup différents, seul le contexte puisse les distinguer : « T » peut être « t'es, tes, ta, ton, tu, te ».On doit mentionner que ce procédé entraine une difficulté de lecture car les initiés uniquement qui peuvent déchiffrer les signes d'un SMS.

· Variation : dans ce procédé le scripteur écrit un mot de plusieurs façons différentes, il n'emploie pas constamment les mêmes graphies, ainsi « même »se présente sous la formede « mem » et « mm », un SMSiste est très créative alors il ne se contente pas d'une seule graphie d'un mot, « ojd, ojrd8, aujd, ojdui, aujoudwi, aujourd8, ojourdwi, etc » pour « aujourd'hui ».

II. Sur le morpho-lexicale

Précédemment dans la partie consacrée aux « néographies » nous avons tenté d'exploiter les différentes techniques qu'utilisent les cyberlangues pour écrire d'une nouvelle façon de mots déjà existants, nous constatons que le lexique SMS est très riche. Dans cette partie destinée aux particularités morpho-lexicales, nous essayons de distinguer les divers procédés que la

cyberlangue dispose afin de créer un nouveau lexique à partir de mots déjà existants, ils sont : la troncation ou abrègement, les sigles et acronymes, les anglicismes, l'onomatopée.

1. La troncation ou abrègement

La troncation c'est la réduction, ce procédé consiste à supprimer une ou plusieurs syllabes d'un mot long comme « ling, fac, tech, math, ordi ». Cette technique était utilisée il y'a un siècle avec de mots tels que « ados, intello, parano ». De nos jours elle est très utilisée dans les petites annonces, les télégrammes, en dactylo (graphie) ou en prise de notes afin d'économiser de l'espace et surtout de l'argent. La troncation se subdivise en deux formes : L'aphérèse et l'apocopeL'aphérèse consiste en « la chute de segments initiaux d'un mot » (C. FAIRON. J.R. KLEIN et S.PAUMIER.2006 :41). C'est-à-dire la suppression de lettres ou de syllabe au début du mot comme dans : « (pro) blème, (ra) caille, (fa) cil(e), (san) dwich, (sa) lut, etc. »A l'opposé la troncation par apocope consiste en la chute de segment final, c'est-à-dire supprimer une ou plus d'une syllabe à la fin d'un mot l'exemple de : « ciné (ma), auto (mobile),métro (politain), appart (tement), stylo (graphe), etc. »

2. L'anglicisme

« L'anglais a un statut de langue technologique et aide à se comprendre dans un contexte plurilingue. » . Elle représente une puissance mondiale dans tous les domaines, surtout latechnologie y compris l'internet dont la langue commune représente un grand avantage pourcommuniquer. Dans les SMS l'anglicisme est très fréquent, comme c'est le cas de : « Kiss ?bisou», « F2F ?Face to face », « Hiiiiiii? Bonjour », « Cool ?chouette ». « Ok, yo, bye », « Sorry? je regrette, Thanks ? merci, Sweet? mignon » ses expressions sont partagés par les SMSisteset sont entrés dans leur langage habituel.

3. Onomatopées

L'onomatopée est une création de mot par imitation phonétique de l'être ou de la chose désignés. Les onomatopées ou les interjections, sont habituellement usitées dans l'univers de la BD et se basait sur l'écriture, le dessin et le bruitage, ce dernier est énormément important étant décrit par les interjections, il reflète l'effet sonore existant réellement. Ils sont employés pour refléter les états d'âme, des sons ou des bruits : « des rires ?HAHAHAHAH ou pour symboliser un rire sadique Mouhaha -Arfffffff, des cris? Aïe- AAAAHH, des cris d'animaux ?Miaou - Coucou- Toc Toc ». Quant aux interjections ils sont habituels comme pfffff, grrrrr, ooooh, hmmm, chut, hé, etc.

III /- Autres procédés

Nous avons essayé de décrire les principaux procédés orthographiques proposés par J.

ANIS. Cependant nous allons ajouter quelques procédés que les SMSistes ont développés, ils comprennent : la ponctuation, l'utilisation des majuscules, ainsi les émoticônes (smileys).

1. La ponctuation

Dans les messages les signes de ponctuations révèlent une grande importance, ils permettent de donner une valeur expressive, émotive ou affective, quant à sa fonction orthographique elle 1(*)n'est qu'accessoire. Ainsi l'emploi dse plusieurs points d'exclamation oud'interrogation traduit de fortes émotions, comme l'étonnement, et compose l'absence de l'intonation, de la gestualité et de la mimique c'est le cas de : « Quoi ? Ou koi ????? », « Bon fête ! Ou bon fête !!!!!! ».Ces signes de ponctuation peuvent être utilisés en grand nombre, tous seuls et en démultiplication du type :!!!!!!!!!!!!! Ou ?????????? voire même !?!?!?!?!?!?.

2. Les majuscules

Une majuscule est utilisée pour communiquer le début d'une phrase après un point, un point d'interrogation, un point d'exclamation ou les points de suspension. On se sert des lettres majuscules pour remplacer des syllabes ou même plusieurs mots (ex. mère? mR, intéressante?

inTrSante, j'ai? G). Parfois, l'emploi des majuscules représente, comme les étirements graphiques,

l'expression des sentiments et une illustration de l'humeur de l'émetteur du message comme dans : « Je t'attends depuis 15 minutes ? J TATAN 2PUI 15 MIN !!! ». L'emploi de la majuscule par les scripteurs s'explique par un désir d'écrire vite et donc de ne pas s'en encombrer.

3. Les émoticônes

Les émoticônes appelés aussi « souriards, smileys en anglais, binettes ou pictogrammes » sont de petits visages expressifs qui se composent à l'aide des signes du téléphone mobile pour décrire les émotions ressentis par le scripteur. Les smileys permettent de lever certaines ambigüités du message en présentant la façon dont il doit être expliqué .Ces petits symboles transmettent la mimique et les émotions divers de l'émetteur comme dans :

Je suis content ?:-)

Je suis triste ?:-(, clin d'oeil ?;-)

Je suis étonné ?:-0

Je fais un bisou ?:-* Eclat de rire ? :-))))))))))

Les smileys peuvent rattacher à la ponctuation expressive, leurs origines peuvent être liées à des romans ou des bandes dessinées. Dans le téléphone mobile, les émoticônes les plus courants sont certainement réalisés sous forme de pictogrammes.

5. Le langage SMS entre-t-il en concurrence avec l'orthographe officielle ?

L'usage du langage SMS a mené à un gros débat sur internet, dans les médias et les journaux, etc. Les sceptiques ont peur que ce nouveau langage avec ses nouvelles règles d'orthographe et de grammaire vont détourner les jeunes de leur propre langue, également, ils craignent que le « texto » altère les compétences linguistiques des jeunes, et aura par conséquent un abaissement du niveau de l'orthographe des jeunes. Ils considèrent que l'écriture SMS n'est qu'une décadence linguistique, et que ce langage dérivé de la communication verbale n'est qu'une forme d'expression incorrecte, ils ont même créé un comité de lutte contre le langage SMS et les fautes volontaires en 2004.

Néanmoins, les optimistes et les défenseurs comme J. ANIS, ne craint pas que ce nouveau langage peut représenter un danger pour le français standard, puisqu'il indique que le recodage, caractéristique constante du langage SMS, suppose d'avoir au moins une notion préalable du codage d'origine, donc de l'orthographe de base. Ainsi pour être capable d'utiliser ce langage codé, il faut d'abord avoir une connaissance intime et approfondie du français. D'autres linguistes voient le langage « texto » comme une évolution positive, et jugent que c'est la meilleure façon de jouer avec la langue française car il reflète la créativité des usagers. L'étude menée par CONNIE VERNHAGEN au Canada sur l'influence des SMS sur l'orthographe a montré que l'écriture en langage SMS serait un bon moyen de faire « fonctionnerles neurones » des adolescents puisqu'ils vont réfléchir à ce qu'ils veulent dire au destinataire du 1(*)message et comment le dire avec le moins de caractère possibles.

6. Recueil des données et analyse du corpus

Notre travail s'inscrit dans le cadre de la recherche fondamentale ensociolinguistique, il s'agit d'un travail mettant l'accent sur les pratiques des SMS. Pour ce faire, nous avons choisi une population des étudiants de l'InstitutSupérieurPédagogique de Kaziba.Dans le but de dégager les représentations et les attitudes envers la langue française et son usage particulier dans la réduction des mini messages. , tenant à la constitution du corpus, de l'échantillon du questionnaire et de l'enquête. Nous sommes passé à la collecte des données pour la construction du corpus à analyser. De là, nous essayons en premier temps, de faire une analyse par les statistiques. Aussi, nous allons faire une comparaison entre deux variables différentes : variable sexe et variable groupement, ces variables sont prises en considération car le sexe homme / femme et la résidence /groupement, sontsusceptibles d'influencer les pratiques langagières des locuteurs. Nous essayerons de mettre en évidence les principaux procédés utilisés dans le langage SMS de nos enquêtés. Notre réflexion se base sur le plan phonique, morpho lexical et le lexique.

1. Le public visé

Nous avons choisi les étudiants de différent sexe de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba, comme notre échantillon. Le choix de ces étudiants et cette spécialité, sont dus au fait qu'ils sont potentiellement les plus utilisateurs du téléphone portable et aussi parce qu'ils ont un niveau de scolarisation en langue française qui n'est pas à négliger.

2. Les outils à mobiliser

Toute recherche se fait généralement à l'aide d'une ou plusieurs méthodes, nous avons opté pour l'utilisation d'une méthode bien précise qui est l'enquête, cette dernière ne se limite pas par un seul type : dans la plupart du temps, elle se fait de deux façons, l'entretien, ou bien le questionnaire que nous avons procédé pour notre travail. .Elle est uniquement collective, car c'est le nombre d'éléments de l'ensemble qui assure aux questionnaires sa validité et qui permet aux informations obtenues d'être jugées dignes de confiance, donc elle est quantitative car elle s'applique à un ensemble d'échantillons qui doivent permettre des références statiques.

Notre décision de choisir le questionnaire est liée à ces avantages :

-Il permet de toucher un grand nombre de sujets en réalisant une économie de temps.

-Outil pour infirmer ou confirmer une hypothèse.

-Il s'agit de relever des informations qui décrivent les phénomènes objectifs et subjectifs comme les motivations et les représentations.

-on cherche à quantifier des populations.

· Présentation du questionnaire

Vu le grand intérêt pour « le langage SMS » et l'orthographe, nous avonsjugé utile de recourir à un questionnaire que nous avons distribué à 70 étudiantsde l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba, de différentes spécialités et/ou Départements,pour les interroger au sujet de l'utilisation de ce langage et leur relation avec l'orthographe. Le questionnaire est composé de dix-sept questions fermées et ouvertes (à voir les annexes).

Question 1 :Utilisez-vous les SMS ?

L'utilisation des SMS

Nombre d'étudiants

Pourcentage %

Oui

65

93%

Non

5

7%


Dans le tableau ci-haut, nous venons de représenter le graphique des étudiants de l'ISP KAZIBA qui utilisent le langage SMS et ceux qui ne le font pas. Sur les 70 étudiants interrogés, 65 ont répondu qu'ils utilisent le langage SMS et 5 qui n'utilisent pas le langage SMS. Nos résultats indiquent que la majorité des étudiants de l'ISP/KAZIBA qui possèdele téléphone utilise le langage SMS puisque le pourcentage des SMS s'élève à 93 % pour ceux qui utilisent ce dernier, et la minorité d'étudiants qui ne le possèdent pas représente 7.7%.

Ceci nous amène à dire que le langage SMS aujourd'hui devient populaire, car étant plus utilisé dans la communication électronique des étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de KAZIBA.

Question 2 : A qui ?

Destinataires

Nombre d'étudiants

Hommes

femmes

Pourcentage

Mes amis

44

33

11

67,6%

Mes parents

08

6

2

12,3%

Autres à préciser

13

10

3

20%

Nous avons ensuite cherché à savoir avec qui les étudiants de l'ISP KAZIBA parlent par messages et notre recherche nous a poussé à un pourcentage de 67,7% pour ceux qui utilisent souvent le langage SMS en guise de communication avec leurs amis, 20% pour ceux qui ne communiquent sur SMS qu'avec d'autres catégories de personnes et 12,3% sont ceux qui le font quand il s'agit d'une communication avec leurs parents. A travers les tableaux ci-haut, nous avons trouvé dans nos analyses que nombreux des étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba utilisent les SMS avec leurs amis et surtout dans des réseaux sociaux et c'est là qu'ils s'intéressent à des termes qui ne sont pas acceptés dans la langue française.

Question 3 : Pourquoi des mots raccourcis ?

motifs des mots raccourcis

Nombre d'étudiants

Hommes

Femmes

Pourcentage

Economie d'espace

14

12

2

20%

rapidité

50

39

11

71,4%

Manque de connaissance du mot

6

4

2

8,5%

Selon les réponses que nous avons obtenues concernant l'utilisation des raccourcis dans l'écriture, 71,4 % affirment qu'ils utilisent les raccourcis dans le cadre de faire une rapidité avec le moins de lettres possible, afin de répondre rapidement au destinataire. 20% pour ceux qui le font par économie d'espace et de temps pour faire faciliter la communication. 8.5 % pour ceux qui ont choisi le manque de connaissance du mot.

Question 4 : Quels types de raccourcis utilisez-vous ?

Réponses

Nombre d'étudiants

Pourcentage

L'écriture phonique

13

18,5%

L'abréviation

51

72,8%

Rebus

6

8,5%

Selon les réponses que nous pouvons obtenir concernant lesprocédés, le plus fréquent auprès des étudiants de l'ISP KAZIBA, c'est celui de l'abréviation avec 72,8%, car elle est ancienne et connue, elle facilite aussi la communication directe , sans écarter bien sûr les autres qui restent sont aussi considérés comme à la base du langage SMS et de l'influence de l'écriture de la langue française. Notons aussi que cette abréviation crée des néologismes de la part des étudiants de l'ISP KAZIBA comme nous pouvons le voir dans le deuxième chapitre.

Question 5 : Pour vous, le langage SMS a-t-il un impact surla langue française, si oui lequel, si non pourquoi ?

Les réponses

Nombre d'étudiants

Pourcentage

Baisse du niveau en orthographe, oublie des règles de grammaire et de conjugaison

48

68,5%

Le langage se propage dans les institutions scolaires et administratives

5

7,1%

Le langage SMS crée de nouveaux concepts et de nouvelles règles de grammaire et de la conjugaison

5

7,1%

Le langage SMS n'influe en rien sur l'orthographe de la langue. Ce n'est rien qu'un jeu d'esprit

12

17,1%

Nos éléments d'analyse confirment que l'emploi massif de ce langage influenégativement sur le niveau d'orthographe des étudiants de l'ISP KAZIBA ce qui va entraîner une baisse du niveau d'orthographe avec 68,5% et l'oubli des règles de grammaire et de conjugaison.Cela revient avec des inconvénients :


· La baisse du niveau de l'orthographe et parfois aussi indigence du vocabulaire.


· Fainéantise de l'auteur car il ne se donne pas la peine d'écrire clairement.

Cela engendre un mépris envers le lecteur qui « devrait » ainsi s'habituer à ce mode « langage » alors qu'il en est la victime.

CONCLUSION PARTIELLE

L'utilisation fréquente des SMS chez les étudiants permet l'apparition d'unnouveau langage correct à eux et cela met en danger la langue française voire affaiblit les étudiants en orthographe et en grammaire. La création d'un langage SMS personnel se fait par l'usage de différents procédés de formation tels que : les abréviations, l'écriture phonétique, les rébus et un mélange de langues notamment le français et le Mashi, ainsi que l'anglais sans oublier les smileys et émoticônes pour faire passer un message compréhensible.

Dans le présent chapitre, il a été question de montrer comment l'écriture SMS peut exercer une influence sur la langue française et arriver même à apporter certaines modifications sur la langue standard. A part cela, nous avons fait une analyse du corpus de notre travail qui constitue la base de notre travail du fait qu'elle éclaircit les techniques d'écriture des jeunes étudiants de l'ISP KAZIBA afin de créer indépendamment leurs codes particuliers.

 

CONCLUSION GENERALE

A travers ce mémoire, qui porte sur l' « Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP KAZIBA dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage inédit » Nous avons tenté l'expérience en apportant un éclairage sur un langage très fréquent chez les étudiants de l'Institut Supérieur pédagogique de Kaziba dans les communications quotidiennes dans les réseaux sociaux, et celui du langage SMS.

Pour atteindre notre objectif, nous nous sommes concentré sur les questions suivantes:

Ø Pourquoi les jeunes étudiants s'intéressent-ils au langage SMS?

Ø Quelles sont les compétences nécessaires pour savoir rédiger les messages "SMS"?

Ø Quelle est l'influence du langage SMS sur la langue standard ?

Concernant la partie théorique, nous avons présenté l'orthographe du langage SMS utilisé par les étudiants de la langue française pour l'objectif de connaitre les règles qui régissent ce langage.

Partant de ces questions, les réponses suivantes ont été soumises à l'épreuve de l'affirmation :

§ Après examen de toutes ces questions de la problématique, il semblerait que les jeunes étudiants s'intéressent à ce langage pour leurs besoins linguistiques et communicationnels.

§ L'appartenance à un groupe social ou à une culture influerait sur la production langagière des étudiants et sur leur façon de rédiger les messages.

§ Il semble que les SMS présentent un espace de créativité, d'innovation langagière et une pratique d'écriture propre aux universitaires.

Nous avions atteint nos objectifs grâce à trois chapitres qui constituent l'ossature de notre corpus :

Hormis l'introduction, le premier chapitre comporte l'architecture théorique et méthodologiqued'où nous avions défini quelques concepts sociolinguistiques liés au contact de langues (l'alternance codique, le bilinguisme et l'emprunt).

Le deuxième chapitre est consacré au parler des jeunes étudiants.L'objectif de ce chapitre était de faire une analyse des techniques employées par les étudiants dans leurs messages, de plus nous avons élaboré une sorte d'analyse de l'utilisation de ce type de langage.

Le dernier chapitre qui est la partie pratique est consacré àl'influence de l'écriture SMS sur la langue standard, nous avons faitla présentation de corpus, et l'analyse des données recueillies.

Notre but était d'analyser les techniques utilisées dans les SMS des étudiants et d'exposer les divers procédés orthographiques en usage par les jeunes « SMSites ». Nous avons pris contact avec les étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba pour recueillir les informations nécessaires pour notre étude et cerner le cadre de notre travail. Nous avons remarqué que la majorité de ces jeunes étudiants apprécient le langage SMS. Ils voient que ce langage donne beaucoup d'avantages à leurs communications quotidiennes comme la simplicité des expressions et la rapidité de l'écriture de ces derniers, en justifiant par le fait qu'en dehors de toutes les règles orthographiques imposées par les académiciens et grammairiens, ils ont une totale liberté dans la rédaction.

Après, nous avons découvert que l'essor de l'abréviation, du langage phonétique, des rebus, des émoticônes, des néologismes ainsi que l'usage de la ponctuation, des onomatopées et le renversement des normes d'orthographe sont généralement les caractéristiques graphiques et syntaxiques des SMS des étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba.Nous avons répondu aux questions posées au début de ce travail de recherche qui ont contribué à maintenir un fil conducteur.

Les SMSistes éprouvent un plaisir à échanger et à se communiquer entre eux avec une certaine intimité, de coder et décoder un message. Les technologies modernes et les différents réseaux sociaux ont donné une certaine liberté à un nombre considérable de personnes d'employer la langue écrite dans leurs relations quotidiennes et interpersonnelles. L'utilisation excessive des SMS a bouleversé les règles classiques de la grammaire et les règles orthographiques du français, les étudiants ont inventé un nouveau mode d'écriture, qui unie l'hybridation des abréviations et des expressions nouvelles empruntées au langage familier. Pour une finalité de transmettre un message bref et simple en même temps.

Nous avons remarqué qu'écrire un SMS oblige une maîtrise de la lecture et de l'écriture, la possession d'un nombre considérable de mots connus orthographiquement en vue de donner un maximum d'indices au lecteur, car de nombreux écrits inventés sont, difficiles à décoder.

Le langage SMS est un langage bien formé et contrôlé, qui nécessite unecertaine maitrise de combinatoires et des abréviations, de l'habileté d'invention pour pouvoir rencontrer la meilleure combinaison.

Pour les utilisateurs qui ont besoin d'une créativité, ils ne sont pas contre l'usage correct de la langue. Cette contribution n'est qu'une tentative de démontrer les caractéristiques graphiques du langage SMS des étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba et de mettre le point sur ce parler de jeunes.Nous estimons avoir seulement ouvert la brèche à tout autre chercheur désireux de s'y investir. Ce travail étant humain, il n'est pas certainement pas exempté de quelques imperfections liées à cette nature, c'est pourquoi les remarques et suggestions qui vont dans ce sens seront bien accueillies.

BIBLIOGRAPHIE

I/-Ouvrages Généraux :

· ANIS, J., Parlez-vous texto ?, Guide des nouveaux langages du réseau, Le cherche midi,Paris, 2001.

· ANIS, J., Les abréviations dans la communication électronique en anglais et en français,Ecriture abrégée, Bibliothèque de Faits de langue, Ophrys ,2004.

· BACHMANN, LINDENFELD & SIMONIN, Langage et communication sociales,Collection A.L.A, Paris, 1980.

· BENVENISTE, E., Problèmes de linguistique générale, tome 2, Ed. Gallimard, Paris,1974.

· BOURDIEU, P., Ce que parler veut dire, L'économie des échanges linguistiques, Fayard,1982.

· BOYER, H., « Langues en conflit : Etudes sociolinguistique », Paris, Harmattan, 1991.

· BOYER, H., « Introduction à la sociolinguistique », Dunod, 2001.

· BULOT, T., « Les parlers jeunes et la mémoire sociolinguistique. Questionnement surl'urbanité langagière » dans Les parlers jeunes, Pratiques urbaines et sociales,

· Cahiers desociolinguistique n°9, PUR., Rennes, 2004.

· CAUBET, D., et al. « Parlers jeunes et jeunes urbains : Le nécessaire inventaire » dansParlers jeunes, ici et là-bas, Pratiques et représentations,L'Harmattan, Paris, 2004.

· CHARAUDEAU, P., Langage et discours, Ed. Hachette, Paris, 1983.

· CHARAUDEAU, P., Grammaire du sens et de l'expression .Ed. Hachette, Paris, 1992.

· DEJOND, A., La cyberl@ngue française, La Renaissance du Livre, Paris, 2002.

· DUBOIS, J., Énoncé et énonciation. In : Langage, 4e année, n°13, 1969.

· FAIRON C., KLEIN J.R et PAUMIER S., Le langage SMS. Étude d'un corpus informatiséà partir de l'enquête « Faites don de vos SMS à la science », UCL Presses universitairesDe Louvain, 2006.

· JAKOBSON, R., Essai de linguistique générale, Paris, Minuit, 1963.

· MONDADA L., (2000). Décrire la ville, la construction des savoirs urbains dansl'interaction et dans le texte. Coll. villes, éd Economica. 107

· PRIETO, J., Messages et signaux, Presses Universitaires De France, Vendôme, 1966.

· 3- BOYER, H., « Et le langage des jeunes ? »,in LE français aujourd'hui, N°124, pp.34- 42, Paris, 1998

II/- Dictionnaires :

· CHARAUDEAU P. & MAINGUENEAU D., Dictionnaire d'analyse du discours, Ed. DuSeuil, Paris, février 2002.

· DUBOIS J., « Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage ». Larousse-Bordas/HER1999 pour la présente édition.

· GOUDAILLIER J- P., Comment tu tchatches ! ,3 éd. Mars 2001.

· Le petit LAROUSSE 2006.

III/- Sitographie :

· http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Schéma_de_Jakobson&oldid=79909161.

· http://fr.wikipedia.org/wiki/langage_sms.

· GRIMM-GOBAT G., « Les SMSites réinventent la langue française », en ligne :

· http://www.largeur.com/printArt.asp?ArtID=1045

· ZELLIG HARRIS, in: http: //aix.vap.Free.Fr/article.php 3 id_article = 35.

· RABEH R., Culture et plurilinguisme en Algérie,

· [http://www.inst.at/trans/13Nr/sebaa13.htm]

· www.sms4science.org/.../le % 20SMS%20révélateurs%20d'1compétence.pdf

· Boumediene, discours du 14 mai 1975, in http: // www.asays.com/article.php3 ?article=304.

· BULOT, T., « Sociolinguistique urbaine : Langue(s). Pourquoi le parler jeune ? »,

· Interview pour l'Humanité-Hebdo, Octobre 2002, sur:http://www.sociolinguistiqueurbaine.com/jeunes3.htm

LES ANNEXES

QUESTIONNAIRE D'ENQUETE

Cher(s) enquêté(e)s

Nous sommes ELIA LIKANGE Sterling, nous avons l'insigne honneur de vous soumettre à ce questionnaire dans le cadre de notre recherche en sociolinguistique à l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba. Le sujet abordé est l' « Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP KAZIBA dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage inédit  ». En voulant bien répondre à ce questionnaire, vous aurez joué un rôle très important dans notre recherche et nous vous en remercions.

I.IDENTITE

1. Groupement.............................................................................................

2. Village...................................................................................................

3. Promotion/département ...............................................................................................................

4. Quel est votre état-civil ?.......................................................................................................

5. Age

6. Sexe

7. Utilisez-vous les SMS? Oui Non

8. A qui? Mes amis mes parents autres à préciser......................................................................................................

9. Pourquoi des mots raccourcis ? Économie d'espace rapidité manque de connaissance du mot

10. Quels types de raccourcis utilisez-vous ? l'écriture phonique l'abréviation le rebus

11. Pour vous, le langage SMS a-t-il un impact sur la langue française ? Oui Non

Si oui, lequel ?

Baisse du niveau en orthographe, oubli des règles de grammaire et de conjugaison

Ce langage se propage dans les institutions scolaires et administratives

Si non, pourquoi ?

Le langage SMS crée de nouveaux concepts et de nouvelles règles de grammaire et de conjugaison

Le langage SMS n'influence en rien l'orthographe de la langue, ce n'est rien qu'un jeu d'esprit

12. Quels sont les abréviations et/ou signes phoniques que vous utilisez souvent lors de votre conversation par SMS et quelle est la signification de ces derniers  ?........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

13. Utilisez-vous les principaux caractères graphiques du langage SMS ? lesquels ?............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

14. Quel regard portez-vous sur ce langage SMS en général ?................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

15. selon vous, existe-il un âge ou une période pour utiliser ce langage? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

16.Selon vous, sle langage SMS est-t-il conforme à l'orthographe officielle ?..................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

17. Quels sont les termes que vous utilisez seuls dans votre auditoire que les autres ne peuvent pas comprendre facilement ?.................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

S

Table des matières

EPIGRAPHE 2

IN MEMORIAM 3

DEDICACE 4

INTRODUCTION 7

1. CHOIX ET INTERET DU SUJET 7

2.PROBLEMATIQUE 7

3.HYPOTHESES 8

4.OBJECTIFS DU TRAVAIL 8

5.METHODOLOGIE DU TRAVAIL 8

6. ETAT DE LA QUESTION 9

7. SUBDIVISION DU TRAVAIL 10

8.DIFFICULTES RENCONTREES 10

CHAPITRE PREMIER : ARCHITECTURE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE 12

I.1. Cadre théorique 12

I.2. La Sociolinguistique 12

1.Limites et chevauchement avec la linguistique 12

2.Bref aperçu historique de la sociolinguistique 13

3. Crise de la linguistique structurale 14

3.1.La langue chez Saussure 14

3.2.Le signe linguistique 14

3.3. Définition de quelques concepts clés de la sociolinguistique 15

1. Le dialecte 15

2. Le patois 15

2.Les sabirs 15

2.Les langues créoles 16

3.La variété 16

II. Les méthodes comparées 16

A. La méthode quantitative à partir de questionnaires 16

4 - Les limites des méthodes quantitatives 19

B - Les méthodes qualitatives 19

1 - La méthode qualitative basée sur des entretiens individuels semi-directifs 19

2 - La méthode qualitative basée sur des entretiens individuels non directifs 22

3 - Les limites des approches qualitatives 24

I.4. Langage SMS 24

I.4.1. L'alternance codique 25

I.4.2. Le contact de langues 25

I.4.3 Le bilinguisme 25

I.4.4. L'emprunt 26

I.5.Définition de l'énoncé et de l'énonciation 27

I.5.1. La situation d'énonciation 28

I.5.2. Actants et circonstants de l'énonciation 30

5.2.1. L'énonciateur 30

5.2.2. Le destinataire 31

I.5.3. Les circonstants 31

5.3.1. Les circonstants de lieu 32

5.3.2. Les circonstants de temps 32

5.3.3. Cohérence et cohésion du texte scientifique 32

5.4. La cohérence 32

5.5. La cohésion 32

5.6. Cas particulier du récit et du discours rapporté 33

I.6. Le processus de communication 34

I.6.1. Schéma de communication proposé par R. JAKOBSON 34

6.2. Les éléments constituants la communication : 36

6.2.1. Le destinateur (l'émetteur) 36

6.2.2. Le destinataire (récepteur) 36

6.2.3. Le contexte (référent) 36

6.2.4. Le message 36

6.2.5. Le contact 37

6.2.6. Le code 37

3. Les fonctions du langage 37

3.1. La fonction expressive 38

3.2. La fonction conative 38

3.3. La fonction poétique 38

3.4. La fonction phatique 38

3.5. La fonction référentielle 38

3.6. La fonction métalinguistique 39

CONCLUSION PARTIELLE 41

CHAPITRE DEUXIEME : PARLER DES JEUNES ETUDIANTS 42

I.INTRODUCTION 42

2. Le parler des jeunes « Isparques » 43

2. Aspects formels du parler des jeunes Isparques 44

2.1. Le plan phonique 44

Présentation du corpus 46

2. Choix et recueil du corpus : 46

3. Thématique : 46

4. Les problèmes de constitution du corpus 47

1. Les caractéristiques graphiques des SMS 47

1.1 Les procédés scripturaux selon Jacques ANIS 47

1.1.1 Les logogrammes (les idiogrammes) 48

1.1.2 Les abréviations 48

1.1.3 Les sigles 49

1.1.4 Les rébus 50

1.1.6 Les graphies phonologiques 51

1.1.7 Parler court 51

1.1.8 Les procédés de simplification 52

1.1.8.1 La troncation 52

8.2 L'élision d'éléments sémiologiques ou de signes graphiques 53

1.2.2 Les procédés de spécialisation 54

1.2.2.1 La notation sémio-phonologique 54

1.2.2.2 L'écrasement de signes 54

1.2.2.3 Les anglicismes (les emprunts aux langues étrangères, notamment à l'anglais) 54

1.2.3 Les procédés expressifs ou d'extraversion 55

1.2.3.1 Les émoticônes ou smileys 56

1.2.3.2 L'introduction de signes ou de graphèmes (l'étirement graphique) 56

CONCLUSION PARTEILLE 59

CHAPITRE TROISIEME : L'INFLUENCE DE L'ECRITURE `'SMS'' SUR LA LANGUE STANDARD 60

I. INTRODUCTION 60

2. Qu'est-ce qu'un `'SMS'' ? 61

3. L'histoire du langage SMS : 61

I. Sur le plan phonique 63

1. Les néographies 63

1.1. Les graphies phonétistes 63

1 .2. Les squelettes consonantiques 64

1.3. Les syllabogrammes et rebus à transfert 64

1.4. Les logogrammes et paralogrammes (ou sigles) 65

1.3. Les étirements graphiques 65

1.5. Caractéristiques des néographies 66

II. Sur le morpho-lexicale 66

1. La troncation ou abrègement 66

2. L'anglicisme 67

3. Onomatopées 67

III /- Autres procédés 67

1. La ponctuation 67

2. Les majuscules 67

3. Les émoticônes 68

5. Le langage SMS entre-t-il en concurrence avec l'orthographe officielle ? 68

6. Recueil des données et analyse du corpus 69

1. Le public visé 69

2.Les outils à mobiliser 69

Question 1 :Utilisez-vous les SMS ? 70

Question 2 : A qui ? 71

Question 3 : Pourquoi des mots raccourcis ? 72

Question 4 : Quels types de raccourcis utilisez-vous ? 73

Question 5 : Pour vous, le langage SMS a-t-il un impact sur la langue française, si oui lequel, si non pourquoi ? 74

CONCLUSION PARTIELLE 77

CONCLUSION GENERALE 78

BIBLIOGRAPHIE 80

LES ANNEXES 82

* SCHONWASSER M., De la jactance à la tchatche. Le monde de l'éducation. n °324, Avril 2004,

p.44.

* Pour plus d'informations et l'historique du SMS voir C. FAIRON, J.R.KLEIN et S.PAUMIER,

Le langage SMS, UCL Presses Universitaires de Louvain, 2006, Belgique.

² PAPWORTH Neil, un ingénieur d'essai chez Sema à l'époque, d'abord envoyé un SMS dans le

Monde à partir d'un laboratoire R&D à l'aide d'un ordinateur personnel à Richard Jarvis de

Vodafone en utilisant un combiné 901 Orbitèle en Décembre 1992.

ROSSANA C., « Le bal masqué des mots : le langage des jeunes français entre verlan et

texto ». C.U.E.C.M., 2008. p.65.

²Ibidem, p.64-65.

ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages de réseau, p.62.

4ROSSANA C, ibid., p.12.

* ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages du réseau, p.66.

* DEJOND A., La cyberlangue française, p.22.

ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages du réseau, p.35.

* ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages du réseau, p.52.

² GRIMM-GOBAT G., « Les SMSistes réinventent la langue française », en ligne :

http://www.largeur.com/print Art.asp ?art ID=1045

* VERNHAGEN C ., psychologue de l'Université d'Alberta, a mené des travaux dont les résultats tendent à montrer que le langage SMS n'a pas d'impact négatif sur les compétences

Orthographiques des jeunes. Elle rend compte de sa recherche dans un article paru en mai 2009 dans la revue Reading and Writing : « lol : new language and spelling in instant messaging ».






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