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MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
UNIVERSITAIRE
INSTITUT SUPERIEUR PEDAGOGIQUE DE KAZIBA
ISP KAZIBA

ISP KAZIBA
Email :
ispkza.com
SECTION DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
DEPARTEMENT DE FRANÇAIS-LANGUES AFRICAINES
ANALYSE SOCIOLINGUISTIQUE DE LA MESSAGERIE DES
ETUDIANTS DE L'ISP/KAZIBA DANS LES RESEAUX SOCIAUX. VERS CRYPTAGE INEDIT :
APPROCHE SOCIOLINGUITIQUE
Par: ELIA LIKANGE Sterling
Mémoire présenté et défendu en vue de
l'obtention du diplôme de licence en pédagogie
appliquée.
Option : Français-langues africaines
Directeur : BARHALIKUGAIRWA BUHENDWA
Damase
(Professeur)
ANNEE UNIVERSITAIRE: 2022 -2023
EPIGRAPHE
«L'histoire d'un milieu comme celle de tous les peuples
s'enrichit au fur et à mesure qu'on lui prête attention et qu'on
l'étudie ».
Léon de saint MOULIN
Sterling ELIA LIKANGE
IN MEMORIAM
En souvenir de ma mère MapendoNshobole M'murhega qui
aurait pu déguster la fraicheur de ce travail si le destin jaloux ne
l'avait vite réduite en cendres pour nourrir les racines de la vie.
DEDICACE
C'est avec profonde gratitude et sincères mots, que je
dédie ce modeste travail de fin d'étude à mon très
cher parent Nestor NTASUMBWA LIKANGE, qui a sacrifié sa vie pour ma
réussite, qui a éclairé mon chemin par les conseils
judicieux, sans lui, je n'aurais certainement pas fait d'études
supérieures. Son affection me couvre, Sa bienveillance me guide et Sa
présence à mes côtés a toujours été ma
source de force pour affronter les différents obstacles.
Puisse Dieu lui donner santé, bonheur, courage, et
surtout réussite.
Sterling ELIA LIKANGE
REMERCIEMENTS
Lorsque vient le temps de remercier ceux et celles qui ont
contribué de près ou de loin à l'aboutissement d'un
projet, les mots manquent et leur expression peine à recenser les
apports des uns et des autres.
Durant notre parcours, nous avons eu à rencontrer
plusieurs difficultés que, n'eussent été les efforts de
plusieurs personnes, nous n'aurions probablement pas poursuivi notre croisade
et ne serions pas ici en train d'écrire cette bienveillante parole et
vous ne seriez non plus ici en train de la lire.
Nous tenons, par conséquent, à remercier
tous nos enseignants de l'école primaire, ceux du secondaire, ainsi que
tous nos formateurs spirituels, révérends pasteurs de
l'église protestante, tous les enseignants des études
supérieures et universitaires, qui ont accepté de nous faire
traverser avec confiance dans leurs navires scientifiques, les abords d'une
mer parfois agitée. Que Dieu le leur rende au centuple.
Nous pensons, ainsi, au professeur Damase
BARHALIKUBAGIRWA BUHENDWA qui, en dépit de ses multiples charges, a
accepté de diriger ce travail. Son goût du travail bien fait nous
a été vraiment bénéfique à travers des
remarques et orientations pertinentes qu'il ne cessait de nous fournir. Au
travers de lui, nous disons merci à tous les enseignants du
Département de Français-Langues africaines qui, en plus de leurs
savoirs qu'ils mettaient à notre disposition, ont su nous être
utiles pendant des moments les plus caillouteux de notre cursus. Nous pensons
particulièrement aux professeur Emmanuel CIRIMWAMI Cisco, professeur
Didace KANINGINI KYOTO, au professeur MUZALIYA ZAMUSONGI, au Chef de travaux
Jean-Pie NTUNDA MWEMBO, à l'assistant Gratien MACECE et à
l'assistant EMILE BAKENGA.
Quelle aurait été la valeur des
remerciements sans s'adresser à ses parents? C'est pourquoi nous
adressons toute notre gratitude à Nestor NTASUMBWA LIKANGE, qui, en vrai
père de famille, nous a toujours été matériellement
et normalement utile. De même, nous exprimons notre reconnaissance
à tous nos frères, soeurs et beaux-frères ainsi
qu'à tous les membres de la famille qui ont accepté de porter sur
leurs épaules le poids de nos études, CHIKONDO BAGULA, IGO
MULINDA, MUDEKEREZA LIKANGE, BIRINGANINE LIKANGE, ERICK BAFULWA, ALBERT
LIKANGE,... pour leur soutien et encouragement.
Nous exprimons sincèrement toute notre
gratitude au préfet MWONGANE KIREMBE et au Proviseur BENGEHYA Bright
pour leurs conseils et implication dans l'aboutissement heureux de cette
recherche et le couronnement de ce travail. Nous saluons également
l'accompagnement du directeur de la Radio Umoja, ALEXIS MWAKA dont les
conseils et encouragements auront boosté notre aventure incertaine au
début.
Nous exprimons toute notre gratitude à monsieur CHOMBO
NAMIKERE Deograce, vieil ami et compagnon de route, souvent à la base de
notre inspiration.
Nos sentiments de gratitude s'adressent aussi à notre
chère amie ORNELLA OLAME Viviane, qui n'a cessé de nous
encourager à aller de l'avant: ses conseils nous ont permis de surmonter
tant des difficultés. A travers elle, nous disons merci aux amis et
collègue : BARAKA CHIDEDU, ISHARA TOTO, JULIENNE NSHOKANO, PRUDEL
CHIBISHI, MURHUZE MUHARANGANYI, CHRISTINE NSHOBOLE, et aux assistants: BANTU
NABONGWE, NDEKO MUBEMBE DIOP, et à TONY NTWALI MUKOME.
Que tous ceux qui ne se trouvent pas nommément
cités, et qui, de loin ou de près, nous ont été
utiles tout au long de notre cursus, ne nous tiennent pas de rigueur: qu'ils
trouvent dans ces lignes l'expression de notre profonde gratitude.
Sterling ELIA LIKANGE
INTRODUCTION
1. CHOIX ET INTERET DU SUJET
Le travail que nous nous proposons d'accomplir porte sur
l' « Analyse sociolinguistique de la messagerie
des étudiants de l'ISP KAZIBA dans les réseaux sociaux. Vers un
cryptage inédit ». Les nouvelles
technologies de l'information et de la communication se sont diffusées
avec une rapidité dans le monde entier. Ce qui s'est traduit par une
propagation du téléphone mobile. L'adoption du
téléphone mobile en particulier est l'un des
phénomènes les plus saillants de ce que certains médias
exposent comme une révolution, beaucoup de jeunes et vieux, de femmes et
d'hommes, de riches et pauvres ont fait des réseaux sociaux un outil de
communication au travers du langage « SMS »
Notre intention en menant cette recherche qui s'inscrit
dans le cadre sociolinguistique, est de voir comment le « langage
SMS » s'est transformé d'un mode sismple à un
véritable phénomène langagier. Et aussi vu sa richesse et
son importance dans la conception de la diversité linguistique et la
place qu'il occupe réellement dans notre société tout en
mettant l'accent sur la communication pratiquée et transcrite dans les
messages des étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique
de Kaziba.
Ainsi, nous nous proposons d'étudier et
d'analyser les caractéristiques de ce nouveau comportement langagier
juvénile par lequel les jeunes universitaires visent une communication
rapide et instantanée en abandonnant quelques normes orthographiques,
syntaxiques, morphologiques, lexicales etc.
Pour cela ils recourent aux abréviations en composant un
maximum de mots dans un minimum de temps et de caractères. Nous avons
trouvé que ce mode de communication, toujours en mouvement, à
grand usage auprès de la population jeune, mérite d'être
exploité pour découvrir pourquoi les jeunes font cela.
2.PROBLEMATIQUE
Dans la présente étude, nous allons essayer
d'analyser le degré d'utilisation du langage SMS à Kaziba
où nous allons prendre comme échantillon quelques SMS propres aux
étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba.
Cette perspective sur l'utilisation de ce langage suscite en nous les
interrogations suivantes :
Ø Pourquoi les jeunes étudiants
s'intéressent-ils au langage SMS?
Ø Quelles sont les compétences nécessaires
pour savoir rédiger les messages "SMS"?
Ø Quelle est l'influence du langage SMS sur la langue
standard ?
Voici-là autant de questions auxquelles nous allons
devoir répondre tout au long de notre étude parce que la
présente étude vise surtout à répondre à une
problématique qui relève de la créativité
langagière des étudiants sur divers plans et à
étudier la graphie de la langue française telle qu'elle est
actualisés dans ce genre de communication.
3. HYPOTHESES
Pour répondre à ces questions et atteindre nos
objectifs, nous appuierons notre étude sur des hypothèses, selon
lesquelles l'utilisation du langage SMS serait le résultat propre des
caractéristiques de la situation linguistique et sociolinguistique
à Kaziba.
§ Après examen de toutes ces questions de la
problématique, il semblerait que les jeunes étudiants
s'intéressent à ce langage pour leurs besoins linguistiques et
communicationnels.
§ L'appartenance à un groupe social ou à
une culture donnée influerait sur la production langagière des
étudiants et sur leur façon de rédiger les messages.
§ Il semble que les SMS présentent un espace de
créativité, d'innovation langagière et une pratique
d'écriture propre aux universitaires.
4. OBJECTIFS DU TRAVAIL
Au travers de ce travail d'« Analyse
sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP KAZIBA dans
les réseaux sociaux. Vers un cryptage
inédit », nous essayerons d'analyser
le lexique utilisé dans le « langage SMS », et
à décrire toute sorte d'abréviations et de néo
graphiques qu'on rencontre dans les messages des étudiants pratiquant
la lexique, syntaxe, orthographe... sur les mobiles, Spécifiquement nous
voulons :
v Relever et analyser les différentes formes de
créativité lexicale employées par les étudiants de
L'ISP/KAZIBA
v Dresser une liste des créations lexicales ainsi que
toutes les abréviations des mots qui apparaissent dans ce type de
communication électronique
v Comprendre les différentes techniques et les
différents codes conventionnels que suivent les jeunes universitaires
afin de créer indépendamment leur langage spécifique.
5. METHODOLOGIE DU TRAVAIL
En fonction des objectifs que nous nous sommes fixés,
deux approches s'avèrent très indispensables pour l'analyse
sociolinguistique que nous voulons mener : la méthode du corpus et
celle d'enquête.
L'approche Sociolinguistique étudie les relations entre
les phénomènes sociaux et les phénomènes
linguistiques, pour une meilleure appréhension de l'acte langagier. Elle
nous permettra de comprendre les différents codes et techniques
conventionnels utilisés par les jeunes universitaires pour créer
indépendamment leur langage.
D'après William LABOV, la sociolinguistique doit
expliquer et décrire les variations dans l'usage de la langue, tant
à l'échelle microsociale (au niveau de l'individu et des
microsociales interdividuelles) qu'à l'échelle macrosociale (au
niveau d'une communauté entière). IL s`agit d'une description et
d'une explication des variations tant chez des individus pris
séparément que dans un groupe plus large. On remarque que le
langage est le reflet des relations sociales, et qu'il joue un rôle de
marqueur identitaire, ce dont la sociologie doit être à mesure de
rendre compte.
Ainsi la technique d'enquête nous a permis de recueillir
les données primaires de manière systématique à
partir d'un questionnaire administré à un échantillon issu
de la population cible.
6. ETAT DE LA QUESTION
Le choix de ce sujet est intervenu après que nous avons
parcouru la bibliothèque centrale de l'ISP/BUKAVU et celle de son
département de Français-Langues africaines, consulté les
sites internet concernant les travaux déjà réalisés
sur le langage des étudiants et sur la sociolinguistique.
Par cet exercice, nous nous sommes rendu compte que ce travail
n'est pas le premier à être orienté dans ce domaine. Ce qui
nous amène à dire qu'il y a déjà d'autres
recherches qui ont touché ce domaine, telles que :
- ALUMA KABIKAJean-Yves, Etude éco-linguistique des
vocables des pouvoirs politiques traditionnels : indices d'une
identité culturelle et de glottodiversité de la région des
Grands Lacs (Burundi, Est-Rd. Congo, Rwanda et sud-ouest Ouganda),
U.P.N,-Kinshasa, Thèse de doctorat, 2015(inédit).
Ce chercheur s'est beaucoup intéressé aux
vocables des pouvoirs politiques traditionnels, il a utilisé
l'éco-sociolinguistique comme approche.
- BARHISHI LUHIRIRI Dénis, Le plurilinguisme (du
secteur éducatif)et l'avenir dufrançais à
Bukavu, U.O.B/Bukavu, thèse de doctorat, 2011 (inédit).
Il s'est focalisé sur la situation du français
dans la ville de Bukavu.
- NGOIE KYUNGU KIBOKO I., Le français de
Lubumbashi :usages et représentations, thèse
publiée à l'Université Nice Sophia Antipolis, 2015.
Cette chercheuse qui s'est aussi intéressée
à la situation du français dans la ville de Lubumbashi a
prédit l'avenir du français dans cette ville.
- MELLE BENABID Faïza, « Etude
sociolinguistique du parler des jeunes : cas du langage SMS des
étudiants du département de
français » ; mémoire de magistère
publié à l'Université Mohammed Khider Biskra, 2014.
Cette autre chercheuse qui a analysé le parler des
jeunes, ne s'est limitée qu'au langage SMS des étudiants du
département de français de l'Université Mohammed K.,
- AKSANTI BARHEBWA Projet, Le Néologisme dans le
langage des étudiants de la ville de Bukavu : mémoire
de licence, publié à l'ISP/Bukavu, 2017
Ce dernier chercheur a analysé la manière dont
les étudiants de la Ville de Bukavu s'expriment au moyen du
néologisme, les mots actualisés qu'ils insèrent dans leur
discours.
Comparativement à toutes ces recherches
déjà menées et qui ont un certain rapport avec notre
sujet, notre rôle est d'analyser les caractéristiques de ce
nouveau comportement langagier juvénile par lequel les jeunes
étudiantsvisent une communication rapide et instantanée en
abandonnant quelques normes grammaticales. L'originalité de notre
recherche est liée au fait que l'analyse de la messagerie des
étudiants de l'ISP/KAZIBA n'est nullement traitée
dansl'état de la question que nous avons explorée. C'est pourquoi
nous voulons mener cette étude afin de nous rendre compte de la
manière dont les étudiants pratique la lexique, la syntaxe,
l'orthographe et bien d'autres aspects dans leur messagerie , quand ils
communiquent entre eux.
7. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Hormis l'introduction et la conclusion générale,
ce travail est battu sur trois chapitres qui constituent son ossature. Le
premier concerne « l'architecture théorique et
méthodologique», il saisit les théories
sociolinguistiques avant d'expliciter la situation d'énonciation, le
processus de communication, le schéma de communication proposé
par R. Jackobson. Apres ces aspects théoriques, nous y aborderons la
sociolinguistique, la technique du corpus et celle d'enquête, trois
approches linguistiques qui nous serviront d'outils d'analyse. Nous
clôturerons ce chapitre par les fonctions du langage.
Le deuxième chapitre porte sur
« Le Parler de jeunes
isparques »ici nous allons étudier
l'aspect du langage des jeunes, les pratiques et les représentations
langagières utilisées par ceux-ci dans la communication.
Le dernier chapitre prend en
compte« l'Influence de l'écriture `'SMS'' sur la
languestandard »Et procèdera à analyse du
corpus collecté. Il abordera deux petits points essentiels :le
premier traite de la nouvelle forme de communication électronique,
thème de discussion ainsi que du dépouillement du corpus ;
le deuxième abordera une étude profonde de la formation graphique
du langage `'SMS`' qui fait la base de cette écriture, où nous
présenterons les structures utilisées par les étudiants de
l'ISP/KAZIBA pour raccourcir mots et un style individuel à leurs
messages.
8. DIFFICULTES RENCONTREES
La nature n'offre rien à l'homme sans peine dit-on. Ainsi,
la réalisation d'une oeuvre scientifique n'est une chose facile qu'on le
croit. Elle nécessite la mobilisation de beaucoup d'énergies. Si
l'on ne s'arme pas du courage, de la patience, de la tolérance et de la
persévérance l'on peut toutefois se mettre à
côté et se débarrasser de son thème de recherche et
des démarches entreprises pour ce faire et s'orienter vers d'autres
domaines. La réalité d'un travail s'accompagne des
difficultés des diverses natures, dans le milieu où nous nous
trouvons il n'est pas facile de commencer une étude et la terminer sans
embûches, fautes des bibliothèques publiques car même les
établissements d'enseignement supérieurs et universitaires sont
démunis des ouvrages professionnels spécialisés. Lors de
notre recherche nous étions confrontés à des
difficultés suivantes:
· Le manque d'autres travaux en rapport avec ce
thème
· L'insuffisance financière qui a été
d'ailleurs la contrainte principale pour cette investigation pour le
déplacement en vue de récolter les données
· Le manque de la bibliothèque sur le milieu pour des
références sur notre sujet de recherche
· Le refus catégorique de certains
enquêtés à répondre aux questions pour des raisons
inavouées
· Accès difficile à la messagerie des
étudiants pour raison de confidentialité.
· Manque du courant électrique qui rédiger,
mais aussi la non remise du questionnaire d'enquête avant.
Malgré toutes ces contraintes, toute cette carence
d'ouvrages et la non accession à certaines données pratiques,
nous avons tant soit peu surmonté certains obstacles et nous sommes
parvenu à produire ce travail.
La pauvreté que pourra présenter ce travail ne doit
pas être un objet de critique mais plutôt des recherches
ultérieures.
CHAPITRE PREMIER :
ARCHITECTURE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE
Ce chapitre est un regard sur les notions théoriques
et méthodologiques utiles pour la construction de nos analyses. Nous
tenons à apporter un éclaircissement en expliquant les concepts
indispensables à la compréhension de notre étude et au
choix d'une approche méthodologique capable de répondre aux
objectifs du présent travail. Il s'agit de définir les contours
du concept « langage SMS » avant d'éclairer
d'autres notions de base.
Nous préciserons en outre les principes de notre
démarche des concepts théoriques et méthodologiques qui
cadrent avec l'analyse du parler des jeunes.
Nous nous efforcerons par la suite, de présenter nos
approches notamment la sociolinguistique, la méthode quantitative et
qualitative, la méthode d'enquête et celle du corpus mais aussi
d'expliquer l'alternance codique, le contact des langues, le bilinguisme,
l'emprunt et l'énoncé.
I.1. Cadre théorique
Le premier point de ce chapitre concerne les notions de base
du travail de langage comme théorie de base de nos analyses. Cette
notion principale évoque d'autres comme celle de la situation
d'énonciation.
I.2. La Sociolinguistique
La sociolinguistique est l'une des sciences
du langage, William Labov, l'un des pères fondateurs de la discipline
considère « qu'il s'agit là tout simplement de
linguistique » (LABOV, 1976, P.258). Avec cette affirmation, il prend
position contre les linguistes qui suivent la tradition saussurienne et les
enseignements du Cours de linguistique générale de F. de
Saussure. Pour lui, ces derniers « s'obstinentà rendre compte
des faits linguistiques par d'autres faits linguistiques, et refusent toute
explicationfondée sur des données extérieures
tirées du comportement social » (LABOV, 1976, P.259). «
La sociolinguistique prend en compte tous les phénomènes
liés à l'homme parlant au sein d'une société
» (BOYER H. 1996). On peut considérer que l'émergence
du territoire de recherche de cette discipline s'est produite d'abord sur la
base d'une critique des orientations théoriques et
méthodologiques de la linguistique
structurale.
2. Bref aperçu
historique de la sociolinguistique
La sociolinguistique comme discipline constituée s'est
élaborée dans les années 1960 aux USA autour d'un groupe
de chercheurs (Dell Hymes, Fishman, Gumperz, Labov, Ferguson, etc.). Leur
approche peut se résumer comme suit « Etudier qui parle quoi,
comment où et à qui » (FISHMAN, 1971 : 43-49). Les
rapports sociaux entre les individus deviennent centraux, la sociolinguistique
s'est constituée en opposition plus ou moins marquée avec le
structuralisme.
A partir de la fin des années soixante, la
sociolinguistique devient un champ important, actif qui a beaucoup
apporté au renouvellement de nos catégories en particulier
grâce au domaine de la linguistique de contact. Les langues qui
étaient perçues comme des systèmes autonomes vont de plus
en plus être perçues comme des systèmes fluides, variables,
etc. Mais comme toute discipline, la sociolinguistique a eu également
tendance à se fragmenter en de multiples sous domaines. Parmi les
grandes tendances actuelles:
· Tous les travaux relevant de la sociologie du langage
où l'accent est surtout mis sur les groupes sociaux, les politiques
linguistiques etc. et où la description des faits linguistiques est
relativement marginale.
· la linguistique variationiste, tendance LABOV, qui reste
dans une conception systémique dulangage même si considère
que la variation est le moteur de l'évolution linguistique. Cette
branche s'attache principalement à l'étude des variantes sociales
à l'intérieur de ces systèmes.
· Le domaine de la pragmatique, sociolinguistique
interactionnelle, les actes du discours etc. où l'on va montrer dans des
études plutôt micro comment les locuteurs jouent, se positionnent
sur les différents registres/variétés de langue
· plus récemment et principalement en France, une
sociolinguistique urbaine (Bulot, Calvet) qui ne prend pas simplement la ville
comme cadre, mais qui s'interroge sur l'interaction entre ville et pratiques
langagières, sur l'urbanité des faits linguistiques.
· Tout le domaine du contact de langue qui a connu un essor
très important depuis des années et qui regroupe des approches
très différentes. La sociolinguistique a affaire à des
phénomènes très variés : les fonctions et les
usages du langage dans la société, la maîtrise de la
langue, l'analyse du discours, les jugements que les communautés
linguistiques portent sur leur(s) langue(s), la planification et la
standardisation linguistiques. Elle s'est donnée pour tâche de
décrire les différentes variétés qui coexistent au
sein d'une communauté linguistique en les mettant en rapport avec les
structures sociales. Aujourd'hui, elle englobe pratiquement tout ce qui est
étude du langage dans son contexte socioculturel.
3. Crise de la linguistique
structurale
Elle s'est développée en isolant dans
la totalité du langage un objet censé être homogène,
la langue en l'étudiant indépendamment de ses réalisations
à l'ensemble de la réalité extralinguistique et elle a mis
en place un ensemble de concepts méthodologiques et descriptifs. Cet
ensemble de concepts a permis le développement d'une linguistique
descriptive structurale synchronique centrée sur la phonologie, la
syntaxe, la fonction des éléments et leur distribution. En effet,
de nombreux reproches ont été faits contre la linguistique
structurale, certains linguistes parlent de crise de la linguistique, en
affirmant qu'elle est incapable d'intégrer de manière
satisfaisante la variation et de répondre aux questions de la place et
du rôle des phénomènes langagiers dans la
société , d'où la remise en cause de certains
concepts (la langue, le signe linguistique, la communication.)
3.1. La langue chez
Saussure
Selon Saussure « La langue n'est pas une fonction du
sujet parlant, elle est le produit que l'individu enregistre passivement
» (p.30), « elle est la partie sociale du langage,
extérieure à l'individu par son pouvoir coercitif : elle est le
produit que l'individu enregistre passivement (p. 30), « et il ne
peut à lui seul ni la créer ni la modifier » (p.31)
La langue a donc une double caractéristique :
Ø Une existence extérieure à l'individu,
elle existe dans les cerveaux d'un ensemble d'individus, car lalangue n'est
complète dans aucun, elle n'existe parfaitement que dans la masse.
Ø Une intériorisation pour chaque individu : «
quelque chose qui est dans chacun d'eux tout en étant commun
à tous et placé en dehors de la volonté des
dépositaires » (p.38)
On peut dire qu'à ce niveau d'analyse, Saussure arrache la
langue à l'étude des faits de nature en la rattachant à la
sociologie : « la langue est classable parmi les faits humains ».
La langue n'est pas seulement une représentation collective, elle
est une véritable institution sociale, système de signes
exprimant des idées. Or la sociolinguistique considère que
l'objet de son étude ne doit pas être simplement la langue,
système de signes, ou la compétence, système de
règles. L'opposition langue/parole ou compétence/performance
implique que dans le champ d'investigation du linguiste, seule la langue (ou la
compétence) constitue un système fermé. Il faut donc
dépasser cette opposition car elle fournit un cadre trop étroit
pour l'étude de problèmes linguistiques importants comme
l'utilisation du langage dans son contexte socioculturel. (Hymes, dès
1972, développe le concept de compétence de communication : pour
communiquer, il ne suffit pas de connaître la langue, le système
linguistique ; il faut également savoir comment s'en servir en fonction
du contexte social).
3.2.Le signe linguistique
Les théories linguistiques définissent toutes un
objet réduit par rapport à l'usage qui est fait d'une langue.
Elles rejettent hors du champ les aspects para-verbaux (liés à la
voix) et non verbaux (présence physique et gestuelle) qui accompagnent
la parole, la variation des usages en fonction des facteurs individuels
socio-situationnels. La linguistique moderne va prendre en charge ces facteurs
externes car l'analyse et la description des situations linguistiques diverses
ont montré qu'un grand nombre de ces facteurs externes pouvaient
intervenir dans la communication dans une langue donnée. On peut retenir
les facteurs géographiques (régionaux, typographiques), des
facteurs sociaux (appartenance à un groupe social, professionnel,
religieux, à une classe d'âge, sexe...
3.3. Définition de
quelques concepts clés de la sociolinguistique
La communication entre les hommes par la parole, donne lieu
à deux formes d'expérience :
· L'expérience de la diversité des langues,
lorsqu'on voyage dans le monde on se rend compte que les hommes communiquent
entre eux grâce à de nombreux parlers.
· L'expérience de diversité à
l'intérieur de ce qu'on considère comme une même langue
parexemple en RDC dans la province du Sud-Kivu, le Mashi dialectal est
différent selon les régions : Kaziba, Luhwindja, Ngweshe etc.
1. Le dialecte
Le mot grec dialektos était un substantif abstrait qui
signifiait « conversation », puis langage dans lequel on converse.
C'est un parler qui a son propre système lexical, syntaxique, et
phonétique mais qui n'a pas atteint le statut politique de langue ;
c'est un système de signes et de règles combinatoires de
même origine qu'un autre système considéré comme
langue mais n'ayant pas acquis le statut culturel et social de cette langue
indépendamment de laquelle il s'est développé.
2. Le patois
On appelle patois ou parler patois un dialecte social
réduit à certain signes (faits phonétiques ou
règles de combinaison) utilisé seulement sur une aire
réduite et dans une communauté déterminée, rurale
généralement. Les patois dérivent d'un dialecte
régional ou de changements subis par la langue officielle. Ils sont
contaminés par les langues officielles au point de ne conserver que des
systèmes partiels qu'on emploie dans un contexte socioculturel
déterminé (paysans parlant à des paysans de la vie
rurale). En France, le terme « patois » est dévalorisant : le
terme résulte d'une lente aliénation culturelle par laquelle les
autorités voulurent faire croire aux Français parlant une langue
autre que le français que leur langue n'en était pas une, qu'elle
n'était qu'une déformation locale de la langue française.
Walter
Henriette a écrit « Il faut donc bien comprendre
que non seulement les patois ne sont pas du français
déformé, mais que le français n'est qu'un patois qui a
réussi. ».
3. Les sabirs
Les sabirs sont des systèmes linguistiques réduits
à quelques règles de combinaison et au
vocabulaire d'un champ lexical déterminé, ce sont
des langues composites (formées d'éléments très
différents) nées de contact de deux ou plusieurs
communautés linguistiques différentes qui n'ont aucun autre moyen
de se comprendre dans les transactions commerciales. Les sabirs sont des
langues ayant une structure grammaticale mal caractérisée et un
lexique pauvre limité aux besoins qui les ont fait naître et qui
assure leur survie.
3. Les langues
créoles
On appelle traditionnellement "créoles" des
langues nées au cours des XVIIe-XVIIIe siècles des colonisations
européennes, lors des contacts entre maîtres et esclaves,
amenés à communiquer alors qu'au départ ils n'avaient
aucune langue commune. Dans les pays où l'on pratique des langues
créoles, elles sont surtout utilisées à l'oral, et
fonctionnent en alternance, parfois même selon une distribution à
peu près complémentaire avec des variétés
contemporaines des langues européennes qui se sont maintenues, voire qui
ont été survalorisées aux dépends des
créoles, langues quotidiennes, langues des relations personnelles,
langues de l'affectivité, alors que les langues européennes en
usage sont plus souvent langues de l'administration, langues de l'école,
langues de la littérature écrite. On parle de langues
créoles historiques, à base française, portugaise,
anglaise, néerlandaise, etc.
4.La variété
Selon Fishman, la sociolinguistique recourt au terme de
variété au lieu de langue sans en donner une définition
concise. Le mot langue possède une signification supérieure et
surtout parce que ce mot comporte de nombreux jugements de valeur, il manifeste
une opinion, il suscite une émotion (langue maternelle) et
révèle une prise de position, il a un aspect officiel et un
statut politique. Alors que la variation est plus ou moins neutre. Cependant
quand, comment et par qui, une variété est-elle
considérée comme une autre langue. Exemple, le berbère qui
devient langue nationale. Le terme de variété contrairement au
dialecte ne désigne pas seulement une position linguistique
particulière mais désigne aussi des différences par
rapport à d'autres variétés. (Sociolinguistique, Dr
BenazouzNadjida, 2009 ; P6-7)
II. Les méthodes
comparées
A. La méthode
quantitative à partir de questionnaires
1 - Les objectifs
L'enquête quantitative permet de mesurer des
opinions ou des comportements. Elle permet également de
décrire les caractéristiques d'une
populationayant une opinion ou un comportement particulier.
L'enquête quantitative se rattache à une vision
strictement positive et empiriste, inspirée des sciences de la nature.
Au-delà du simple décompte d'individus émettant une
opinion ou faisant état d'un comportement, elle vise à tester des
hypothèses et à illustrer des théories par la mise en
évidence de corrélations entre des variables. Elle mesure, sur
les variables du questionnaire, des inégalités de distribution et
les corrélés avec d'autres distributions. Trois séries de
variables doivent, par ailleurs, servir d'indicateurs des déterminants
sociaux. « Les variables dont les indicateurs renvoient directement
à une désignation biologique (le sexe, l'âge) ; les
variables servant à approcher le montant des capitaux, sociaux,
culturels et économiques des individus interrogés ; les variables
indiquant le mode d'organisation de la vie privée dans laquelle les
personnes sont insérées. »
2 - Le recueil
Le recueil de données peut être
réalisé soit par téléphone, soit en face à
face, soit par voie postale. Un même questionnaire est utilisé
afin de disposer d'une grille identique pour chaque enquêté. Le
recueil repose sur l'élaboration de données chiffrées,
portant sur une population bien définie (champ de l'enquête).
Cette population n'est pas enquêtée en totalité, mais
seulement sur un sous-ensemble représentatif (échantillon). La
théorie des sondages assure la représentativité
statistique des résultats, l'échantillon ayant une relation au
champ étudié.
La méthode la plus couramment utilisée est
celle des quotas. L'hypothèse sous-jacente est la suivante : si un
échantillon est représentatif sur quelques grandes variables
sociodémographiques, alors il sera représentatif sur les
variables que l'on veut étudier. Les variables retenues sont celles dont
la distribution dans la population est connue, parce qu'elles sont faciles
à obtenir et parce qu'elles sont effectivement corrélées,
soit avec les comportements que l'on veut étudier, soit avec d'autres
facteurs qui interviennent dans les hypothèses. Les variables
sociodémographiques couramment choisies pour construire
l'échantillon sont : la région, le type d'unité urbaine,
l'âge, le sexe, la profession et la catégorie sociale. Un
débat existe aujourd'hui sur leur pertinence au regard d'autres
critères (modes de vie, étapes de vie...). Les « quotas
» sont imposés aux enquêteurs qui peuvent, à part
cette contrainte et éventuellement quelques autres portant sur les lieux
et les moments des enquêtes, librement choisir les personnes à
interroger. La théorie des sondages permet le calcul d'intervalles de
confiance indiquant la précision de la mesure. Celle-ci dépend de
la taille de l'échantillon. On ne s'intéresse pas uniquement
à l'estimation de paramètres sur l'ensemble de
l'échantillon. On cherche souvent à estimer la valeur de ces
paramètres sur des sous-échantillons plus ou moins restreints. Il
faut donc déterminer la taille de l'échantillon total de
façon telle que les estimations effectuées à partir de ces
sous-échantillons soient acceptables. Comme on ne connaît pas
à l'avance l'importance des relations dont on veut vérifier
l'existence, opter pour un échantillon plus important permet d'obtenir
un meilleur intervalle de confiance.
Les données sont recueillies en sollicitant des
réponses à des questions au moyen de questionnaires
standardisés. C'est la rationalité du chercheur associée
à la connaissance qu'il a du sujet d'enquête qui guide la
réalisation des questionnaires, tant en ce qui concerne les indicateurs
et les thèmes choisis que la formulation et l'ordre des questions
posées ou la liste des items proposés.
Le fait que les questionnaires soient standardisés permet
d'en déléguer la réalisation à des enquêteurs
autres que le responsable du projet. La standardisation permet également
de contrôler, sinon de diminuer l'effet qu'a sur les réponses de
l'enquêté la perception que celui- ci a de l'enquêteur. Les
questionnaires font l'objet de tests préalables. Il s'agit de
questionnaires pilotes permettant de vérifier la bonne
compréhension des questions pour les enquêtés. Il ne peut y
avoir d'évolution du questionnement au cours de l'enquête ni dans
sa structure, ni dans le libellé précis des questions ou des
items proposés en réponses.
Les mêmes questions sont ainsi posées à
toutes les personnes interrogées. Il est cependant possible d'orienter
les personnes sur des parties différentes en fonction de leurs
caractéristiques grâce à des questions filtres.
Les questions sont le plus souvent fermées. Dans ce cas,
l'enquêteur lit l'intitulé de la question et propose une liste de
réponses possibles. Celle-ci peut consister en la possibilité de
répondre par « oui » ou par « non ». Les questions
fermées de ce type sont adaptées à l'observation
d'indicateurs simples, bien définis, concrets tels que les questions
formelles et les questions factuelles. Elles sont d'un emploi plus
délicat lorsqu'il s'agit de questions subjectives.
Les questions fermées peuvent également proposer un
éventail de propositions types ou d'items en réponse à la
question. Celles-ci sont particulièrement adaptées à
l'étude des opinions et des motivations. L'éventail d'items
permet en effet de proposer des formulations plus nuancées et de
présenter à l'enquêté un ensemble de propositions
variées. La liste des items doit être complète, c'est
à dire qu'elle doit couvrir l'ensemble des propositions faisant partie
de l'univers logique. Elle doit être appropriée, c'est à
dire semblable au registre de réponses présent dans la population
parente. Une telle liste permet à chaque personne interrogée de
trouver un item qui exprime son point de vue. Si tel n'est pas le cas, les
enquêtés ne se retrouvant pas dans les items proposés
risquent de ne pas répondre ou de se retourner vers la proposition la
moins éloignée de leur opinion ou de leur comportement.
Les questions posées dans un questionnaire peuvent
également être semi-ouvertes. L'enquêteur ne doit pas
suggérer de réponses, il écoute la réponse de
l'enquêté et code celle-ci dans une liste.
Enfin, le questionnaire peut inclure des questions ouvertes,
mieux adaptées à l'étude de variables complexes. Elles
permettent également, en l'absence de données nécessaires
à l'élaboration d'une question en éventail, d'obtenir une
grande diversité de réponses. Dans ce cas, l'enquêteur
recueille alors une réponse libre qui sera soumise à une
méthode d'analyse de contenu thématique. Le recours à des
questions ouvertes se heurte néanmoins à plusieurs
écueils. Alors que l'un des intérêts du questionnaire est
de standardiser et de neutraliser l'effet enquêteur, celui-ci
apparaît dans le cas de questions ouvertes. En effet, l'enquêteur,
malgré les consignes, reste libre de noter tout ou partie du discours de
l'enquêté. Il risque, également, de
réinterpréter la réponse de l'enquêté avec
ses propres mots. D'autre part, les questions ouvertes font l'objet d'une
post-codification très souvent réductrice et sujette à
l'interprétation subjective des codificateurs. (Agathe COUVREUR et Frank
LEHUEDE, Essai de comparaison de méthodes quantitatives et
qualitatives, 2002 : p1-10)
3 - L'analyse
Une fois l'enquête achevée sur le terrain, les
questionnaires font l'objet d'un codage des questions ouvertes et d'une saisie
informatique. Des traitements statistiques sont alors envisageables qu'il
s'agisse de tris à plat, de tableaux croisés ou d'analyse des
données.
La statistique permet d'établir, avec méthode et de
façon rigoureuse, l'importance réelle des
phénomènes sociaux. Elle permet également de saisir des
évolutions grâce à des séries temporelles donnant
une vision dynamique et évolutive des phénomènes sociaux.
Elle permet aussi de préciser les catégories de personnes ayant
plutôt tel ou tel type d'opinion ou de comportement. Les traitements
statistiques constituent un instrument explicatif essentiel puisqu'ils
permettent de croiser des variables et de rechercher d'éventuelles
corrélations entre elles. L'analyse des données offre même
la possibilité d'évaluer les liaisons entre les variables et de
les hiérarchiser.
4 - Les limites des
méthodes quantitatives
· La principale limite des approches quantitatives porte
sur le manque d'importance donné au point de vue de
l'enquêté. En effet, l'enquête quantitative implique de
créer des variables dont on cherchera entre elles à
établir des relations statistiques. Or les processus sociaux ne se
prêtent pas forcément à cette mise en forme
préalable. L'enquête par questionnaire peine à analyser le
sens que les acteurs donnent à leurs pratiques, aux
événements dont ils ont pu être les témoins. Elle
retranscrit assez mal les systèmes de valeur et les repères
normatifs à partir desquels les individus s'orientent et se
déterminent.
· Une autre limite tient au fait que les réponses
recueillies par questionnaire ne sont pas spontanées mais
suscitées. De ce fait, elles ne peuvent être tenues pour des
indicateurs fiables des comportements qui se produisent effectivement en
situation. Il existe, en effet, un écart entre ce que les individus
disent et ce qu'ils font, entre le discours et le comportement. Une personne
interrogée peut ne pas avoir de point de vue personne! Sur la question
posée. Le fait de lui suggérer des réponses le force
à se positionner.
· L'enquête par questionnaire maximise le risque
de « violence symbolique » en ne permettant pas d'instaurer une
relation d'écoute et d'adaptation à l'histoire, au langage, aux
pensées et sentiments de l'enquêté. Celui-ci peut
également être enclin à donner une bonne image de
lui-même et à fournir la « bonne » réponse
estimée.
· Les questionnaires sont posés par plusieurs
personnes ce qui peut induire un biais dans le recueil d'information. Le
questionnaire fermé limite en grande partie ce biais. Certains auteurs
privilégient même le recours à un grand nombre
d'enquêteurs postulant que plus ce nombre est grand, plus on neutralise
l'effet d'interprétation subjective des enquêteurs est
neutralisé.
· L'enquête par questionnaire n'est pas pertinente
lorsque les hypothèses de départ d'une recherche sont
incomplètement formulées. « La classique enquête par
questionnaire dépend de l'efficacité et de la pertinence des
questions choisies une fois pour toutes en fonction de l'hypothèse
posée au début de la recherche. Elle est donc paralysée
par toute découverte qui remettrait en question ses propres termes.
»
B - Les méthodes
qualitatives
Il existe deux grands types de méthodes qualitatives par
entretiens :
- La méthode qualitative basée sur des entretiens
semi-directifs
- La méthode qualitative basée sur des entretiens
non directifs
1 - La méthode
qualitative basée sur des entretiens individuels semi-directifs
Les objectifs
L'entretien semi-directif permet de vérifier des
hypothèses et d'illustrer des théories en apportant un
réservoir d'opinions et d'anecdotes. Il ne s'agit pas de connaître
les caractéristiques de la population, de mesurer les opinions
majoritaires ou d'étudier les déterminants
sociodémographiques des pratiques et des représentations mais de
recueillir des témoignages détaillés et
individualisés afin de comprendre les logiques qui sous-tendent les
pratiques, en provoquant chez les enquêtés la production de
réponses à des questions précises. L'entretien
semi-directif permet d'entrer dans le champ des représentations et des
pratiques individuelles. Il permet de formaliser et de systématiser la
collecte des données et permet de constituer un corpus de données
homogènes rendant possible une étude comparative des
entretiens.
Le recueil
Les données sont recueillies auprès d'un
échantillon « d'unités types » représentant
chacune une catégorie de population. Cette méthode repose sur le
principe selon lequel les différentes variables attachées
à une unité n'étant pas indépendantes entre elles,
une unité qui se situe dans la moyenne d'une population pour un certain
nombre de variables importantes est également peu différente de
la moyenne de cette population en ce qui concerne les autres variables.
Dès lors, un échantillon d'unités types permet
d'élaborer des résultats qui apportent des éléments
sur l'ensemble de la population parente, bien que l'échantillon ne soit
pas représentatif au sens statistique du terme.
L'objectif est de s'assurer de la variété
despersonnes interrogées de telle sorte qu'aucune situation importante
ne soit omise lors du choix des interviewés. L'entretien semi-directif
suppose la définition d'un thème général (la
consigne), la constitution d'un guide thématique formalisé (des
consignes portant sur des aspects particuliers du thème) et la
planification de stratégies d'écoute et d'intervention (les
relances ou les reformulations). Les relances servent à solliciter
l'interviewé sur des aspects du thème qu'il a traité d'une
manière trop rapide ou superficielle. Les reformulations montrent
à l'interviewé qu'il est écouté et l'aident
à s'exprimer en lui apportant une sorte de reflet de ce qu'il pense et
de ce qu'il ressent. Contrairement au questionnaire, le guide d'entretien
structure l'interrogation mais ne dirige pas le discours. Il s'agit d'un
système organisé de thèmes, que l'interviewer doit
connaître sans avoir à le consulter ni à le formuler sous
la forme d'un questionnaire. En effet, les questions ne sont pas
nécessairement posées, ni dans l'ordre, ni suivant la formulation
prévue. Le guide d'entretien a pour but d'aider l'enquêteur
à recentrer l'entretien sur l'objectif de l'étude et à
relancer l'interlocuteur, au moment le plus approprié et de
manière aussi naturelle que possible, sur les thèmes qu'il
n'évoque pas spontanément. Cette technique doit permettre
d'obtenir à la fois un discours librement formé par les
interviewés et répondant aux questions de la recherche. Les
entretiens peuvent être enregistrés ou filmés. Ces deux
méthodes permettent de restituer fidèlement
l'intégralité de l'entretien, avec ses hésitations, ses
répétitions, ses fautes de syntaxe...
Le chercheur structure le guide d'entretien en fonction des
hypothèses qu'il cherche à tester. Ces dernières agissent
comme autant de filtres dans le déroulement des conversations.
Il s'agit de mettre en oeuvre une démarche de type causal
consistant à tester des hypothèses sur les relations objectives
entre un objet sociologique et des variables indépendantes
considérées comme des indicateurs de causes sociales.
C'est ici qu'apparaît la différence avec l'entretien
non directif. A partir de la grille d'analyse, l'enquêteur formule, dans
le fil de la conversation, des questions que l'expérience de
l'enquêté ne lui suggère pas nécessairement. Il peut
très bien refuser de tenir compte de cette expérience. Le guide
d'entretien peut être plus ou moins directif. L'enquêteur peut
décider de favoriser l'expression des enquêtés afin de
laisser émerger des thèmes qui pourraient lui sembler
extérieurs ou incongrus par rapport à ses propres
définitions et représentations.
Même très directif, un entretien reste
fondamentalement différent d'un questionnaire. En effet, les
réponses n'y sont jamais proposées. Elles sont libres tant par
leur contenu que par leur forme, notamment dans la longueur du
développement elles peuvent donner lieu. L'entretien semi-directif reste
donc non directif dans la manière d'écouter et de recueillir les
réponses, laissant à l'enquêté la possibilité
de nuancer ses réponses, de les justifier et de les commenter.
L'analyse
Cinq types d'analyses des discours peuvent être
proposés :
· L'analyse thématique ou transversale
: Elle permet de dégager la structure, les processus et les
thématiques propres à chacun des sous-groupes qui composent la
population. On ne tient compte que du contenu des messages afin de pouvoir les
comparer avec d'autres entretiens. Le découpage du discours en fragments
correspondant à des thèmes permet d'en repérer les
modalités et les fréquences d'apparition à l'aide d'une
grille d'analyse construite sur la base d'une première lecture de
quelques entretiens ainsi que sur les hypothèses initialement
posées. Les discours singuliers sont ainsi détruits et
structurés. Les extraits d'entretiens se rapportant au même
thème sont regroupés et traités transversalement.
L'intérêt est de confirmer ou d'infirmer des hypothèses.
L'entretien semi-directif se rapproche alors de la logique de l'exploitation de
questionnaires. On peut d'ailleurs, si la grille d'analyse est très
précise, envisager des traitements statistiques descriptifs,
basés sur le calcul d'indices, à l'aide de logiciels d'analyse de
contenu. Les deux indices les plus fréquemment utilisés sont :
- L'indice de fréquence d'apparition (d'un mot, d'une
phrase ou d'un thème) : chaque catégorie est rapportée
à l'ensemble des évocations enregistrées afin d'en estimer
le poids.
- L'indice de fréquence d'association ou de concomitance
qui consiste à relier les catégories qui se succèdent dans
le discours d'un individu, puis à comptabiliser leur fréquence
d'association.
· L'analyse structurale : Une analyse
comparative peut être menée pour dégager les
éléments de structure communs au discours des interviewés
ou, à l'inverse, les éléments de différenciation,
afin de déterminer des groupes distincts au sein de la population
étudiée.
· L'analyse par entretien : Celle-ci
repose sur l'hypothèse que chaque entretien est porteur du processus
psychologique ou sociologique que l'on veut analyser. L'analyse par entretien
se justifie notamment lorsque l'on étudie des processus, des modes
d'organisation individuels, des récits de vie. Ce type d'analyse
étudie les entretiens de manière longitudinale, traitant chacun
d'entre eux comme un cas spécifique avec sa dynamique propre. Cela
permet de repérer les énoncés singuliers, les formulations
extrêmes ou atypiques, les lapsus, les éléments apparemment
incompréhensibles au regard des hypothèses. Il s'agit de rendre
compte de la logique du monde référentiel décrit par
rapport aux hypothèses. Réalisée en complément de
l'analyse thématique, cette démarche peut modifier le sens qui se
dégage de l'analyse transversale. Il existe également des
analyses qui ne procèdent pas par découpage thématique
mais par un mode de découpage et de codage s'étayant sur la
structure syntaxique et sémantique du discours.
· L'analyse propositionnelle du discours
: Elle postule que tout discours construit un monde
référentiel imposant une structure aux différents objets
du monde, c'est à dire, en reliant ces objets entre eux. L'analyse
propositionnelle du discours vise à reconstituer l'image de ce monde en
privilégiant les relations que le discours établit entre les
objets.
· L'analyse des relations par opposition
: Elle repose sur une double hypothèse : l'existence d'une
correspondance entre les éléments d'un système pratique et
les éléments d'un système symbolique ; la structuration de
cette correspondance en opposition, comme étant constitutive de la
fonction symbolique. Cette méthode ne cherche pas à identifier le
déplacement de l'individu dans son univers de référence
mais à saisir le cliché, l'instantané et le fragment d'un
univers commun.
L'analyse des entretiens semi-directifs, surtout si elle est
principalement transversale, laisse une part importante à
l'interprétation de la personne qui retranscrit les entretiens.
Hypothèses de recherche, questions de la grille et
interprétations du retranscripteur constituent lesprincipes de
catégorisation qui impriment une grille d'interprétation
arbitraire. Les extraits d'entretien donnent un fondement empirique aux propos
du chercheur.
2 - La méthode
qualitative basée sur des entretiens individuels non directifs
Les objectifs
Les méthodes qualitatives par entretiens non directifs
accordent beaucoup d'importance au sens donné à leurs actions par
les acteurs eux-mêmes. En cela, elles se réfèrent à
la sociologie compréhensive de Max Weber, à la
phénoménologie ou à l'interactionnisme symbolique.
Elles cherchent à révéler des processus
sociaux ou des relations qui seront généralisés à
l'ensemble de la population. Si les entretiens non directifs cherchent
également à valider des hypothèses de travail,
contrairement aux enquêtes par questionnaires ou par entretiens
Semi-directifs, ce n'est pas par les réponses aux
questions que l'on cherche à vérifier la validité des
hypothèses, c'est par la structure du plan d'entretien,
élaboré de telle manière que les données produites
puissent être confrontées aux hypothèses. L'entretien non
directif permet de recueillir un discours in situ sur les points de
vue, les représentations, les expériences vécues ou les
pratiques sociales permettant de produire du sens. Il ouvre la voie à
une compréhension en profondeur de la logique de l'individu, de sa
rationalité. Les propres questions de l'enquêté sont le
véritable objet de recherche. Restituées dans un contexte
indispensable à leur interprétation, elles donnent accès
aux conceptions personnelles des interviewés.
L'entretien non directif est la méthode
privilégiée pour l'étude de variables complexes qu'on ne
peut saisir qu'à travers l'élaboration d'un discours. C'est le
cas notamment des valeurs, des croyances ou des représentations
sociales.
Le recueil
Comme dans le cas d'entretiens semi-directifs, on utilise le plus
souvent un échantillon d'unités types. L'entretien non directif
consiste à proposer un thème général à
l'enquêté (la consigne) et à déterminer des axes
thématiques, à partir desquels l'interviewé
développe librement son discours, sans cadre préétabli. La
personne est considérée comme un sujet exprimant, dans un climat
de confiance, son expérience, ses convictions, ses points de vue et sa
perception des situations vécues.
Exemples de relances
|
La reformulation-clarification
|
« Vous voulez dire que... »
|
|
L'interprétation
|
« ce que vous dites ne s'explique-t-il pas
par... »
|
|
Le recentrage
|
Reprendre la question de départ
|
|
Les marques d'écoute
|
« Je vois... »
|
|
Les demandes d'éclaircissement
|
« Je ne comprends pas bien... »
|
|
Les silences significatifs
|
« ... »
|
L'enquêteur dispose de plusieurs types d'incitations
destinées à manifester l'intérêt qu'il porte
à ce qui est dit et à obtenir que l'enquêté
développe sa propre approche du problème. Il appartient aussi
à l'enquêteur de clore l'entretien lorsque les propos deviennent
redondants. Les entretiens peuvent être enregistrés ou
filmés. Ces deux méthodes permettent de restituer
fidèlement l'intégralité de l'entretien, avec ses
hésitations, ses répétitions, ses fautes de syntaxes...
L'intérêt des entretiens non directifs ne
réside pas tant dans les faits décrits que dans les mots
employés par le sujet pour livrer à sa manière, son
expérience, sa représentation du monde, en même temps qu'il
l'apprécie et qu'il tente de convaincre son interlocuteur de sa
validité. L'entretien permet aux enquêtés de s'exprimer
dans leurs termes, d'utiliser leurs concepts propres et de suivre leur propre
logique. L'observation est ainsi réalisée sans que
l'enquêté ne soit forcé de s'insérer dans un cadre
qui lui est étranger. Moins normalisant, l'entretien non directif doit
être plus riche.
La qualité de la relation établie entre
l'enquêteur et l'enquêté est primordiale. Elle doit
permettre de soutenir la motivation de l'enquêté, de stimuler des
réactions face au thème abordé, afin d'obtenir des
informations riches et nuancées.
L'analyse
« L'analyse s'effectue sur le corpus, c'est à dire
l'ensemble des discours produits par les interviewers et les
interviewés, retranscrit de manière littérale. »
A partir du contenu des entretiens, on peut réaliser une
analyse de contenu. Il s'agit alors d'étudier et de comparer les sens
des discours pour mettre à jour les systèmes de
représentations qu'ils véhiculent. Le chercheur tente alors de
traduire les expériences personnelles en enjeux collectifs et de donner
ainsi à voir les mondes vécus des enquêtés. Les
logiques argumentatives que ces derniers développent dans l'entretien
constituent les principes de l'analyse. Cependant, restituer les entretiens
retranscrits ne suffit pas pour reconstruire les univers de croyance. Une
analyse du discours est nécessaire pour analyser les significations du
discours, les mécanismes de production du sens et révéler
les éléments sémantiques les plus structurants. Cette
analyse porte autant sur le contenu que sur les structures formelles du
langage.
3 - Les limites des approches
qualitatives
· La principale limite des approches qualitatives tient
à la généralisation à une société
entière des observations portant sur un nombre limité
d'individus. Toute généralisation de type statistique est, bien
sûr, impossible, les échantillons étant trop restreints et
n'étant pas représentatifs. Seul le travail sociologique
légitime une généralisation des processus ou des relations
objectives à partir de propos conjoncturels voire singuliers. Il s'agit
d'aboutir à une « compréhension générique et
génétique de ce qu'est l'enquêté, fondée sur
la maîtrise des conditions sociales dont il est le produit, la
maîtrise des conditions et des mécanismes sociaux dont les effets
s'exercent sur l'ensemble de la catégorie dont il fait partie et la
maîtrise des conditions inséparablement psychiques et sociales
associées à sa position et à sa trajectoire
particulière dans l'espace social ».
· Le biais induit par le fait que tous les entretiens ne
soient pas conduits par le même interviewer est important dans le cas
d'une démarche qualitative. La formation des interviewers est donc
essentielle.
· Les entretiens qualitatifs génèrent un
risque de violence symbolique. Adopter une attitude non directive est
très complexe. Se centrer sur l'interviewé exige une attention
soutenue et la maîtrise de ses propres réactions. Il s'agit de
suivre l'autre dans les méandres de sa pensée et de ne rien
laisser paraître de ses propres associations d'idée et, d'une
manière générale, de ses propres pensées et
sentiments.(Agathe COUVREUR et Frank LEHUEDE, Essai de comparaison de
méthodes quantitatives et qualitatives 2002:
p10-19)
I.4. Langage SMS
Selon Wikipédia, Le langage SMS est un sociolecte
écrit qui modifie les caractéristiques orthographiques, voire
grammaticales, d'une langue afin de réduire sa longueur, dans le but
dene pas dépasser le nombre de caractères autorisés par
les messages SMS (Short Message Service) ou dans le but
d'accélérer la saisie de l'énoncé sur le clavier
numérique d'un téléphone.
La réduction de la longueur des messages
électroniques est apparue avec la banalisation des technologies de
l'information et de la communication au cours des années 1990, et ce
n'est qu'avec l'arrivée des SMS, qu'une appellation lui a
été associée. L'appellation « langage
SMS » désigne ainsi, par extension, l'usage de ce type de
langage lors d'échanges sur Internet par messages instantanée ou
courrier électronique, sur le forum internet et les blogs, ou encore
dans les jeux en réseau.
L'abréviation remonte au développement de
l'écriture (voir les codes scribes, les pièces de monnaie, etc.),
mais à l'ère des communications modernes, rapides et populaires
elle est ébauchée dans les télégrammes (le
« style télégraphique ») ou encore les
petites annonces facturées à la lettre. Le même
système d'abréviation est utilisé dans les salons de
discussion de Minitel. Les premiers SMS n'autorisaient que 160
caractères et chaque message envoyé était facturé
par l'opérateur téléphonique.(ANIS J., Parlez-vous
texto ? 2008: p62)
I.4.1. L'alternance codique
Le mot anglais « code switching» ou
l'équivalent français alternance codique, telle qu'il est
présenté dans différentes définitions, l'alternance
codique consiste à passer d'une langue a une autre ou d'un
système ou sous-système à un autre système ou
encore un système grammaticalement différent. Il apparaît
comme un phénomène englobant tous les autres
phénomènes qui découlent du plurilinguisme.
Pour J.GUMPERZ« l'alternance codique dans la
conversation peut se définir comme lajuxtaposition à
l'intérieur d'un même échange verbal de passage où
le discours appartient à deuxsystèmes ou sous- systèmes
grammaticaux
différents»(GUMBERZ,Sociolinguistiqueinteractionnelle,1989 ;
P57).Il correspond au passage d'une langue à une autre dans un
même énoncé ou au sein d'un échange verbal, c'est
une stratégie communicative utilisée par le locuteur bilingue et
peut contribuer à communiquer d'une manière
économique.(Michel H. A Blanc et Josiane Hamers (1988)
Bilingualité et bilinguisme, p1950)
I.4.2. Le contact de
langues
Le contact des individus a conduit à utiliser deux ou
plusieurs langues dans une situation de communication, les locuteurs sont
amenés à employer et à circuler soit leur langue
maternelle, soit la langue acquise. C'est le cas de la langue française
et ses contacts avec les différentes variétés de l'arabe
ainsi qu'avec les variétés du berbère. La forme
concrète du contact des langues est, entre autres, le bilinguisme. Ce
phénomène linguistique résulte de l'influence d'une langue
à l'autre soit directement soit non directement qui provoque le
changement du système de la langue.
I.4.3 Le bilinguisme
Difficile de définir le bilinguisme en raison de la
situation de communication et les raisons qui conduisent les sujets parlants
d'utiliser deux langues ou plusieurs langues différentes dans un
même énoncé, mais cela n'empêche pas de citer les
définitions proposées par les linguistes:
Pour A.MARTINET « ...il est nécessaire
de redéfinir le terme de bilinguisme (emploi concurrent de deux idiomes
par un même individu ou à l'intérieur d'une même
communauté) ne serait-ce que pour exclure l'implication très
répondue qu'il n'y a bilinguisme que dans le cas d'une maitrise parfaite
et identique de deux langues en cause». (Martinet, Approche
sociolinguistique, 1997 :p50)
La définition traditionnelle, reprise par L. BLOOMFIELD
est souvent retenue par le grandpublic, est la suivante : « un
individu sera considéré comme bilingue s'il fait preuve, dans
deux systèmes linguistiques, d'une compétence égale
à celle d'un locuteur natif (Dabène, 1994 :83)
Le bilinguisme n'est plus limité, il peut concerner soit
un individu, soit un groupe d'individus
(Famille, communauté ou un peuple), soit une zone
géographique (une région ou un pays).
Ainsi, dans les pays où vivent ensemble des
communautés de langues différentes, le bilinguisme est l'ensemble
des problèmes linguistiques, psychologiques et sociaux qui se posent aux
locuteurs conduits à utiliser, dans une partie de leurs communications,
une langue ou un parler qui n'est pas accepté ailleurs, et dans une
autre partie, la langue officielle ou la langue communément
acceptée.
Dans le cas de déplacement massif de populations ou de
« contact de langues » à des frontières
politiques ou linguistiques, le bilinguisme est la situation dans laquelle
chacune des communautés (parfois l'une seulement), tout en donnant
à sa propre langue un caractère officiel, est conduite à
pratiquer assez couramment la langue de l'autre communauté.
Dans certains Etats, le bilinguisme est l'ensemble des
dispositions officielles qui assurent ou tendent à assurer à
chacune des langues parlées dans un pays un statut officiel. C'est le
cas de la Belgique, par exemple. (Wallon et flamand).
Le bilinguisme est aussi un mouvement par lequel on essaie de
généraliser, par des mesures officielles et par l'enseignement,
l'usage courant d'une langue étrangère en plus de la langue
maternelle.
Le bilinguisme est dans ce sens un mouvement politique
fondé sur une idéologie selon laquelle l'apprentissage d'une
langue étrangère dans des conditions définies doit
permettre de donner aux individus des comportements et des manières de
penser nouveaux et faire ainsi disparaître les oppositions nationales et
les guerres.
Et sur le plan individuel, le bilinguisme est l'aptitude
à s'exprimer facilement et correctement dans une langue
étrangère apprise spécialement, renseigne
Dubois.(1970 :p100-117)
Ainsi, empruntons-nous cette citation de James:
« Bilingualism, by definition, is not the study of individual single
languages, or of language in general, but of possession of two languages. If it
is the possession of two languages by a single community, we speak of societal
bilingualism; if we study the person who has competence in two languages we are
dealing with individual bilingualism: CAs concern is with this second category.
Bilingualism refers to the possession of two languages by an individual or
society, whereas CA is concerned with how a monolingual becomes
bilingual», citation que nous traduisons par «Le bilinguismen'est pas
étude de deuxlangues, mais de la possession de deuxlangues. Si c'est la
possession de deux langues par une communauté, on parle du bilinguisme
sociétal. Si on étudie une personne qui a des compétences
dans deux langues, on parle du bilinguisme individuel. Et c'est celui-ci qui
concerne l'analyse contrastive parce que le bilinguisme se réfère
à la possession de deux langues par un individu ou une
société tandis que l'étude contrastive étudie
comment un monolingue devient bilingue ». (Cours de
Sociolinguistique, L1 FLA/ISP-K1ZIBA : p10)
I.4.4. L'emprunt
Plusieurs définitions ont été
proposées pour expliquer le phénomène sociolinguistique le
plus important dans tous les contacts de " l'emprunt ".
Pour J.DUBOIS : « Il y a emprunt linguistique quand
un parler A utilise et finit par intégrer une unité ou un trait
linguistique qui existait précédemment dans un parler B et que A
ne possédait pas ».(Dubois. J, 1973 :188).
L'emprunt linguistique est le produit d'une situation
où plusieurs langues sont utilisées dans une même aire
géographique. L'emprunt c'est savoir et pouvoir puiser dans d'autres
langues, il favorise le développement et l'évolution d'une langue
et il est classé parmi les phénomènes linguistiques et
interculturels fort courants au cours du ×× siècle. Le
locuteur congolais, utilise les mots de sa langue maternelle (Lingala, Mashi,
Kikongo etc.) dans l'énoncé français et les applique pour
les circonstances de la communication. Il fait référence à
son univers, tels que la civilisation congolaise, la culture des bashi, la
politique etc.
I.5.Définition de
l'énoncé et de l'énonciation
Toute production d'un énoncé écrit ou oral
constitue un acte d'énonciation et s'inscrit dans une situation de
communication en tant que processus d'échange entre les individus.
Ces deux processus à la fois communicatives et
linguistiques, semblent à priori en opposition. En effet l'opposition
entre l'énoncé, le texte réalisé et
l'énonciation, acte de production du texte, apparaît avec les
analyses de la linguistique européenne. L'énoncé est
défini par H.ZELLIG comme : « une suite de mots produits par
une personneet comprise entre deux silences, ou entre une prise de parole et un
silence long, entre deux prisesde parole».
En science du langage, l'énoncé se manifeste comme
une suite de mots ayant des usages polysémiques.
P.CHARAUDEAU et D. MAINGUENEAU affirment qu'il : «ne
prend véritablement sens qu'à l'intérieur des oppositions
dans lesquelles on le fait entrer» (2002 :p228-229).
E. BENVENISTE le considèrecomme le résultat d'un
acte d'énonciation qui est « la mise en fonctionnement de la
langue par un acte individuel d'utilisation».(1974 :p129). Il
constitue le résultat linguistique (que ce soit la parole
prononcéeou écrite).L'énoncé contrairement à
l'énonciation peut se matérialiser .En conséquence, il
estsaisissable par l'un de nos cinq sens (le plus souvent, l'ouïe, dans le
cas de l'oral, et la vue, danscelui de l'écrit), il est reproductible,
oralement et par l'écrit.
Quant à l'énonciation, considérée
comme l'acte de production d'un énoncé, elle est difficile
à cerner et à saisir, pour la seule raison qu'elle est beaucoup
moins matérielle. Nombreuses sont les définitions
proposées par les linguistes et les analyses. En linguistique : «
l'énonciation est l'acte linguistique par lequel des
éléments du langagesont orientés et rendus
spécifiquement signifiants par l'énonciateur (et son
co-énonciateur, quin'est pas un simple destinataire)».
Pour E.BENVENISTE (1974 : 80): « L'énonciation
est cette mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel
d'utilisation ».L'opposition entre l'énoncé et
l'énonciation resteincontestable et insiste sur le fait qu' : «
il faut prendre garde à la condition spécifique de
l'énonciation c'est l'acte même de produire un
énoncé et non le texte de l'énoncé qui est notre
objet ». Pour J.DUBOIS « l'énonciation est
présentée soit comme le surgissement du sujet dans
l'énoncé, soit comme la relation que le locuteur entretient par
le texte avec l'interlocuteur, ou comme l'attitude du sujet parlant à
l'égard de son énoncé ».(1969 : 100-110)
Dans toute communication, aussi bien orale qu'écrite, on
trouve à la fois un énoncé et une énonciation.
L'énoncé est le résultat linguistique,
c'est-à-dire, la parole prononcée ou le texte écrit,
tandis que l'énonciation est l'acte linguistique par lequel des
éléments de langage sont orientés et rendus
spécifiquement signifiants par l'énonciateur (et son
co-énonciateur, qui n'est pas un simple destinataire) en vue de produire
ledit énoncé : on dit généralement que
l'énoncé est le « dit », tandis que
l'énonciation est le « dire ». Pour résumer, «
c'est l'énonciation qui fait l'énoncé ».
L'énoncé est de nature matérielle. En
conséquence, il est saisissable par l'un de nos cinq sens (le plus
souvent, l'ouïe, dans le cas de l'oral, et la vue, dans celui de
l'écrit ou d'une langue des signes), et par ailleurs, reproductible,
tout d'abord, oralement, ensuite, par l'écrit, enfin, par les moyens
techniques modernes, tels que l'enregistrement, analogique ou
numérique.
L'énonciation en revanche, est beaucoup moins
matérielle, et partant, beaucoup plus difficile à cerner et
à transcrire. N'étant pas toujours directement perceptible, elle
peut faire l'objet d'une enquête ou d'une déduction, mais elle
nous échappe toujours, au moins partiellement : consistant en un acte
individuel et unique, « l'énonciation, par nature, ne peut
être reproduite ».
D'un point de vue strictement grammatical, on pourrait croire a
priori que seuls les énoncés concernent cette discipline, et que
par conséquent, l'énonciation est hors sujet. Ce n'est pas exact.
En effet, d'abord, l'énonciation sert précisément à
circonscrire les limites du champ de la morphosyntaxe, ensuite, son
repérage est indispensable à l'étude de certaines
catégories, telles que les noms, les pronoms, les adverbes etc.
La linguistique structurale définit l'énonciation :
« comme l'engendrement d'un texte par un sujet parlant qui se voit
imposer les règles de la structure successive. Le sujet est
dominé par la structure d'un texte qu'il ne peut pas ne pas
émettre ainsi ». Ainsi, en 1980, KERBRAT-ORECCHIONI
définissait l'énonciation « comme l'ensemble des
phénomènes observables qui se réalisent lors d'un acte
communicationnel particulier ».(1980 : 28)
I.5.1. La situation
d'énonciation
La situation d'énonciation correspond à la
situation dans laquelle a été produit un énoncé
(Oralement ou par écrit), en déterminant l'instance
d'émission et celle de réception. Elle peut être
définie comme : « un système de coordonnées
abstraites associées à toute production verbale ». La
situation d'énonciation met en scène « les embrayeurs »
qui rassemblant l'acte d'énonciation c'est à dire « le
locuteur et l'interlocuteur également » les «
circonstances
d'énonciation » qui renvoient aux circonstances
« temporel et spatial ». Pour certains linguistes la présence
des embrayeurs dans un énoncé est appelée «
énoncé ancré dans la situationd'énonciation
» ; cependant l'absence de ces derniers, montrent que
l'énoncé est « coupé de la situation
d'énonciation ». En effet « La présence ou
l'absence d'embrayeurs permet d'opposer les énoncés quiorganisent
leurs repérages par rapport à la situation d'énonciation
(plan embrayé) et ceux quisont en rupture avec elle, qui construisent
leurs repérages par un jeu de renvois internes auxtextes (plan
non-embraye) ».
Dans cette citation, un plan non-embrayé s'explique par
l'absence d'indice c'est à dire des embrayeurs qui permettent de
repérer la situation d'énonciation. Il s'agit dans ce cas : des
textes de lois, des modes d'emploi, des proverbes, des descriptifs techniques,
des démonstrations scientifiques etc. cela concerne l'écrit
généralement.
Tandis qu'un plan embrayé comprend au moins un indice
(embrayeur) qui renvoie à la situation d'énonciation. Cela peut
s'agir particulièrement du discours oral.La situation
d'énonciation est la situation dans laquelle a été
émise une parole, ou dans laquelle a été produit un texte.
Celle-ci permet, grosso modo, de déterminer qui parle à qui (ou :
qui écrit à qui), et dans quelles circonstances.L'acte
d'énonciation met en scène des actants et des circonstants (on
peut les résumer ainsi : « je », « tu », « ici
» et « maintenant »). Or, selon que les actants et les
circonstants de la situation d'énonciation sont ou non présents
dans un énoncé donné, celui-ci sera dit ancré ou
bien coupé de la situation d'énonciation. Un énoncé
coupé de la situation d'énonciation (on dit aussi : un plan non
embrayé) ne comporte aucun indice (ou embrayeur) permettant de
repérer celle-ci. Il s'agit souvent du récit, mais
également des énoncés sentencieux, des textes de lois, des
proverbes, des modes d'emploi, des descriptifs techniques, des
démonstrations scientifiques, etc. (et généralement, cela
concerne l'écrit) : Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel,
Solange Martin a dit à Charles Dupuis : « Les Parisiens se sont
emparés de la Bastille le 14 juillet 1789. »L'énoncé
« Les Parisiens se sont emparés de la Bastille le 14 juillet 1789.
» est produit par la situation d'énonciation suivante.
L'énonciateur est « Solange Martin ».
Le destinataire est « Charles Dupuis ».
Le lieu de l'énonciation est « au pied de la tour
Eiffel ».
Le temps de l'énonciation est le « lundi 10
janvier 2005 ».
Cet énoncé ne comportant aucun embrayeur permettant
de mettre celui-ci en relation avec sa propre situation d'énonciation,
cet énoncé doit donc être analysé comme «
coupé » de celle-ci. Cet énoncé est un
récit.
Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin
a dit à Charles Dupuis : « Le silence est d'or, la parole est
d'argent. »
L'énoncé « Le silence est d'or, la parole est
d'argent. » est produit par la même situation d'énonciation
que celle de l'énoncé précédent. On constate
qu'à l'instar du premier, ce deuxième énoncé ne
comporte aucun embrayeur permettant de mettre celui-ci en relation avec sa
propre situation d'énonciation : ce nouvel énoncé est
donc, lui aussi, « coupé » de celle-ci. Cet
énoncé est un proverbe.
v Énoncé ancré dans la situation
d'énonciation
Un énoncé ancré dans la situation
d'énonciation (on dit aussi un « plan embrayé »)
comporte au moins un indice (ou embrayeur) permettant de repérer
celle-ci. Il s'agit souvent du discours oral :
Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin
a dit à Charles Dupuis : « Demain, je t'attendrai ici. »
L'énoncé « Demain, je t'attendrai ici »
est produit par la même situation d'énonciation que celle des deux
énoncés ci-dessus, mais contrairement à ce qui se passe
pour les deux premiers, ce troisième énoncé contient un
certain nombre d'embrayeurs permettant de mettre celui-ci enrelation avec sa
propre situation d'énonciation. L'adverbe « demain » est un
embrayeur temporel, signifiant précisément le « mardi 11
janvier 2005 ».
Le pronom personnel « je » est un embrayeur de la
première personne désignant l'énonciateur, soit «
Solange Martin ».
Le verbe « attendrai » -- plus
précisément, sa terminaison (« ai » : futur de
l'indicatif, première personne du singulier) -- est également un
embrayeur de la première personne désignant l'énonciateur,
soit « Solange Martin ». Le pronom personnel « t' » est un
embrayeur de la deuxième personne renvoyant au destinataire, soit «
Charles Dupuis ». Enfin, l'adverbe « ici » est un embrayeur
spatial, signifiant précisément « au pied de la tour Eiffel
».Ce troisième énoncé est donc « ancré
dans la situation d'énonciation ». Cet énoncé est un
discours.
I.5.2. Actants et circonstants
de l'énonciation
Dans l'énonciation, les actants désignent les
partenaires discursifs. Le locuteur est l'énonciateur qui parle ou
écrit et le destinataire correspond à celui qui reçoit
l'énoncé. Ces actants font partie du dispositif énonciatif
extra-verbal. Ils s'opposent aux actants de l'énoncé, qui
constituent le dispositif intra- verbal et dont quelques-uns peuvent
représenter des actants de l'énonciation. En fait, les
interlocuteurs et les circonstances de lieu et de temps qui
caractérisenttoute situation de communication sont appelées
embrayeurs.( DUBOIS J, énoncé et énonciation
1969 :p210)
5.2.1. L'énonciateur
L'énonciateur est l'actant qui prend la faculté de
dire (je), c'est un émetteur qui déclenche indubitablement le
sujet de l'énonciation. L'énonciateur est celui qui produit
l'énoncé. Autrement dit, il est le responsable de la production
de l'énoncé. Toutes les traces auxquelles réfère
l'énoncé sont issues par rapport à cette source
énonciative qui est l'énonciateur. L'énonciateur est un
locuteur et l'être physique qui appartient indissociablement à un
acte de communication produite avec un interlocuteur. De même, l'acte de
communication impute la responsabilité du locuteur à son
énoncé. Le producteur de l'énoncé peut être
distinct, tantôt il est sujet parlant, tantôt il est être du
monde. L'énonciateur est un être linguistique qui porte un point
de vue représenté dans l'énoncé par la mise en
scène énonciative.
Remarquons en passant qu'il ne faut pas confondre le sujet de
l'énonciation avec le sujet de l'énoncé, ce dernier
correspondant plus ou moins au sujet grammatical : Bernard est parti. Le sujet
de l'énoncé est le nom « Bernard » (c'est aussi le
sujet grammatical) ; le sujet de l'énonciation, en revanche est la
personne qui prononce cet énoncé. L'énonciateur est plus
précisément appelé locuteur, à l'oral ; et auteur,
ou scripteur, à l'écrit. L'énonciateur est toujours
singulier : « nous » par exemple, ne contient qu'un seul « je
».L'acte de communication part incontestablement de la volonté de
l'énonciateur : celui-ci en est le centre et en assume la
responsabilité. En conséquence, il est toujours utile de
s'interroger à propos de ses intentions (convaincre, émouvoir,
distraire, faire rêver, etc.), que celles-ci soient manifestes ou
latentes. C'est ainsi que tous les avatars qui viendront perturber
l'énonciation (débit, ton, hésitations, lapsus...) feront
partie de celle-ci, et nous renseigneront sur l'énonciateur, et par
là, sur l'énonciation..( DUBOIS J, énoncé et
énonciation 1969 :p226)
5.2.2. Le destinataire
Le destinataire est un interlocuteur auquel l'énonciation
est censée s'adresser, sa présence est marquée par le
pronom « tu », il s'appelle également auditeur,
« Coénonciateur »,
« allocutaire » si la communication est orale et il est
désigné par « lecteur » si la communication
est écrite. Le destinataire est plus précisément
appelé « interlocuteur », ou
« allocutaire », ou « auditeur »,
à l'oral ; et « lecteur »s, à l'écrit.
C'est évidemment le numéro deux de l'acte de communication. Le
discours s'adresse à lui, mais il peut être plus ou moins
impliqué dans celui-ci : les linguistes disent que son degré de
présence peut varier.
Par ailleurs, et contrairement à
l'énonciateur, le destinataire peut être multiple (quand on
s'adresse à plusieurs personnes à la fois). Il est à
distinguer du receveur ou récepteur : on peut recevoir un
énoncé sans être la personne à qui il est
destiné.
I.5.3. Les circonstants
Les circonstants renvoient au lieu et au temps dans lequel se
déroule l'acte d'énonciation. C'est l'ensemble des circonstances
qui s'apprécient à un contexte énonciatif. Un circonstant
de lieu est déterminé par rapport au lieu de l'énonciation
« ici », c'est-à-dire, l'endroit où le « je »
parle ou écrit; Un circonstant de temps est déterminé par
rapport au temps de l'énonciation « maintenant »,
c'est-à-dire, le moment où le « je » parle ou
« écrit ». Mais les circonstants désignent
également, dans une acception plus large, l'ensemble des circonstances
déterminant un acte d'énonciation. Certains linguistes parlent de
contexte énonciatif. Tu te souviens de ces vacances au Brésil ?
L'énonciateur rappelle au destinataire leurs communes vacances au
Brésil, sans doute relativement éloignées dans le temps
(« Tu te souviens ?... »). Le démonstratif « ces »
ne doit pas induire en erreur : les vacances au Brésil sont apparemment
terminées depuis longtemps, mais ce démonstratif est là
pour témoigner que par la pensée, elles sont toujours
présentes dans la situation d'énonciation, et font partie de
l'environnement socioculturel et des souvenirs communs des deux actants en
présence.
5.3.1. Les circonstants de
lieu
Ils désignent le lieu où se passe
l'énonciation; c'est l'endroit qui entoure le «je»
Écrit ou oral.
5.3.2. Les circonstants de
temps
Dans le discours universitaire, on repère aussi des
marques temporelles dont l'énonciateur se sert pour situer
historiquement son discours. Les circonstants de temps obéissent au
moment de l'énonciation.
5.3.3. Cohérence et
cohésion du texte scientifique
La linguistique textuelle est une discipline qui a comme objet
l'étude de deux phénomènes qui caractérisent le
texte scientifique; ce sont la cohérence et la cohésion. La
cohérence est une propriété de ce qui est cohérent
et interne dans un discours ou un acte.
La cohérence et la cohésion sont deux
réalités indissociables néanmoins, pour la linguistique
textuelle, ces deux concepts se distinguent par leur spécificité.
Ils ont pour but de favoriser la compréhension et
l'interprétation d'un texte.
5.4. La cohérence
La cohérence se manifeste à travers la
structuration du texte.Pour analyser la cohérence ; il convient
d'étudier la structure du texte, son organisation non linéaire et
vérifier ses composantes en fonction de la signification qu'ils
apportent à propos du thème traité. De même,
L'étude de la cohérence se fonde sur l'analyse de l'implicite
apprêté dans le texte. L'exemple suivant cité par Martin,
explique que l'analyse de la cohérence nous amène
d'étudier la situation extralinguistique, ainsi que les perspectives des
connaissances du monde qui interviennent dans l'enchaînement textuel :
Pourquoi le professeur Tournesol vient-il à la Sorbonne en patins
à roulette ?
Trois réponses sont proposées :
1. Parce qu'il a cours.
2. Parce que le métro est en grève.
3. Parce qu'il est fou.
La réponse 3 paraît la meilleure, elle est plus
conforme aux connaissances, connues par tout le monde que le professeur
Tournesol est un savant fou. Donc, c'est la raison pour laquelle nous
considérons la cohérence comme une propriété qui se
situe sur l'axe paradigmatique. Selon Manerot Charolles, la cohérence se
repose sur quatre principes; «la répétition de
l'information, la progression des idées, la non contradiction
del'information et la relation des fait entre eux.»..( DUBOIS J,
énoncé et énonciation 1969 :p240)
5.5. La cohésion
Dans l'étude de la cohésion du texte, nous nous
intéressons aux mécanismes linguistiques qui gèrent les
relations entre les syntagmes dans la phrase ou entre les phrases dans le
texte. Parmi ces mécanismes, nous citons la reprise de quelques
syntagmes par des pronoms ou des noms, les anaphores,
l'homogénéité du temps des verbes et par les connecteurs
utilisés pour rattacher les phrases et les paragraphes. Par ailleurs, le
texte doit former une unité sémantique (chaque
élément doit se rattacher à ce qui le
précède) d'un ensemble d'idées, celles-ci se progressent
vers une fin (chaque élément doit apporter suffisamment
d'information nouvelle). Un texte cohérent est celui qui prend
dignité de ressortir les données linguistiques et
sémantiques citées.
5.6. Cas particulier du
récit et du discours rapporté
Dans un dialogue (au théâtre, dans un roman...),
à chaque nouvelle réplique, la situation d'énonciation
change, puisque l'énonciateur et le destinataire changent aussi. Dans le
récit, c'est un peu plus compliqué. Dans la dimension du
récit (ou narration), l'énonciateur (plus
précisément, l'auteur, puisque le plus souvent, un récit
est écrit) devient le narrateur, c'est-à-dire celui qui raconte.
Il peut participer à l'histoire qu'il raconte. Quelquefois, il se
confond avec l'auteur, dans le cas d'un récit autobiographique par
exemple. D'autres fois, au contraire, l'auteur fait son récit sous le
nom d'un personnage, réel ou fictif : dans ce cas, il convient de
distinguer l'auteur du narrateur.
Par exemple, le roman policier Le Meurtre de Roger Ackroyd a pour
auteur Agatha Christie, mais c'est le docteur Sheppard, personnage fictif, qui
en est le narrateur.
Habituellement, le narrateur fait parler les personnages de son
récit en rapportant leurs paroles. Ce procédé,
appelé précisément discours rapporté, permet de
faire entendre une pluralité de voix (certains linguistes à ce
propos, parlent même de polyphonie).
Le discours rapporté peut revêtir la forme directe
ou indirecte. Le discours direct est la citation exacte
(généralement entre guillemets) du discours prononcé par
un tiers, tandis que le discours indirect est l'incorporation (avec
transposition et sans guillemets) du discours d'un tiers dans la syntaxe du
discours principal, celui du narrateur :
(1) Jacques m'informa : « Demain, je pars en vacances.
» [Discours direct]
(2) Jacques m'informa que le lendemain, il partait en vacances.
[Discours indirect]
On fera donc les remarques suivantes :
Dans le discours direct, il y a non seulement deux unités
syntaxiques indépendantes, mais également, deux situations
d'énonciation distinctes, et par conséquent, deux
énonciateurs successifs (dans le premier exemple ci-dessus : le
narrateur, puis, Jacques). Le narrateur reste cependant narrateur même si
la situation d'énonciation change entre la partie narrative et la partie
discursive.
Dans le discours indirect au contraire, il y a une seule
unité syntaxique, une seule situation d'énonciation, et par
conséquent, un seul énonciateur, c'est-à-dire, le
narrateur. Le texte ne conserve que sa dimension narrative (deuxième
exemple ci-dessus), et par conséquent, le discours cité perd
toute autonomie syntaxique et énonciative.
Personnage réel ou fictif, l'énonciateur est
toujours celui qui énonce (celui qui parle ou qui écrit, bref,
celui qui adresse une parole, un discours), celui qui dit « je, nous, mon,
mes, notre... ». Donc, dans le récit et dans le discours
rapporté direct, à chaque plan de discours correspond une
situation d'énonciation distincte avec un énonciateur
distinct.
Prenons à titre d'exemple la fable de La Fontaine
« Le Corbeau et le Renard » Du début à la fin
de celle-ci, La Fontaine est à la fois auteur et narrateur. Au tout
début du texte, La Fontaine est également énonciateur
(« Maître Corbeau, sur un arbre, perché... »). Mais
lorsque le renard dit : « Hé bonjour, Monsieur du Corbeau...
», il s'agit d'une parole rapportée (au discours direct), et dans
ce cas, l'énonciateur est bel et bien le personnage du renard et non
plus l'auteur narrateur.
I.6. Le processus de
communication
La communication, n'est que cette activité qu'on exerce
quotidiennement, n'est qu'une union de moyens qui peuvent être : les
mots, les sons, les signaux, les expressions faciales, les gestes,... En effet,
communiquer revient à établir une relation avec quelqu'un ou
quelque chose ; c'est le processus d'échange et de transmission
d'information à quelqu'un par l'emploi du langage. C'est un besoin
obligatoire de l'être humain pour établir des relations avec les
membres de sa communauté. L'acte de communication n'est certainement pas
facile à réaliser. Par contre il est assez compliqué
à analyser. Le concept de communication s'est dégagée dans
la lignée des travaux de l'Ecole de Prague, ainsi l'affirme C.BACHMANN,
J. LINDENFELD et J. SIMONIN dans Langue et Communication Sociales.
(1980 :p24)
« La communication permettrait aux hommes
d'établir entre eux des relations qui leur font prendre la mesure de ce
qui les différencie et les rassemble, créant ainsi des liens
psychologiques et sociaux .Leurs relations ne seraient pas seulement de
conflit, lutte et destruction, mais aussi de compréhension,
d'enrichissement mutuel, de co-construction de savoir et de valeur Cet ensemble
d'interactions symboliques les conduit à se rassembler en
communautés selon une certaine méditation sociale et, ce faisant,
ils se construisent une conscience de soi à la fois individuelle et
collective» .Dans toute communication il y'a une relation entre un
émetteur et un récepteur, pour êtrecompris, un message est
émis et reçu à un code commun qui est la langue qui
représente lafonction générale de toute communication et
contribue à informer , influencer, et transformerl'avis de l'autre.La
compréhension du message par le récepteur dépend de
l'émetteur lui-même. C'est cequ'on désigne par le feed-back
(un processus de régulation de la communication qui permet à
l'émetteur originel de savoir si le récepteur a bien compris le
message et de l'adapter en conséquence) positif ou négatif.
J.GUMPERZ souligne que « Ce n'est que lorsqu'un mouvement a
provoqué une réponse, qu'on peut dire qu'il y a communication
».
I.6.1. Schéma de
communication proposé par R. JAKOBSON
R.JACKOBSON, est un linguiste et un théoricien de la
communication qui a conçu un modèle qui permet de
réfléchir sur la communication et qui permet de comprendre les
nombreux facteurs intervenant dans chaque situation de communication.
Le schéma de Jakobson est un modèle
décrivant les différentes fonctions du langage. Il a
été développé à la suite des études
de Karl Bühler, dont le modèle se limitait aux fonctions
émotive (expressive), conative (relative au récepteur) et
référentielle (le monde extérieur) (Schéma de la
communication verbale, d'après Jakobson). À chacun des six
facteurs inaliénables de la communication correspond une des six
fonctions du langage.
D'après Roman Jakobson, « le langage doit être
étudié dans toutes ses fonctions ». C'est-à-dire que
le linguiste doit s'attacher à comprendre à quoi sert le langage,
et s'il sert à plusieurs choses. « Pour donner une idée de
ses fonctions, un aperçu sommaire portant sur les facteurs constitutifs
de tout procès linguistique, de tout acte de communication verbale, est
nécessaire ». Les voici : Le message lui-même ; « Le
destinateur envoie un message au destinataire » ; Le destinataire est
censé recevoir le message ; « Pour être opérant, le
message requiert d'abord un contexte auquel il renvoie (c'est ce qu'on appelle
aussi, dans une terminologie quelque peu ambiguë, le «
référent »), contexte saisissable par le destinataire, et
qui est soit verbal, soit susceptible d'être verbalisé » ;
« le message requiert un code, commun, en tout ou au moins en partie, au
destinateur et au destinataire (ou, en d'autres termes, à l'encodeur et
au décodeur du message) » ; « le message requiert un contact,
un canal physique et une connexion psychologique entre le destinateur et le
destinataire, contact qui leur permet d'établir et de maintenir la
communication ».(BACHMANN C., LINDENFELD et J. SIMON, Langage et
communication sociales 1980 :p210)
Message
Emetteur
Récepteur
Schéma à trois termes de
Karl Bühle (1934)
Suite au modèle proposé par K.
BÜHLER, R. JAKOBSON, a développé un point de vue
centré sur le message lui-même et non plus sur la transmission, il
propose un schéma de communication verbale dans lequel il
énumère six différents éléments, donnant
naissance à six facteurs, chacun correspond à une fonction du
langage. Pour lui, un processus de communication se compose de deux phases :
une phase de transmission, et une phase de réception. Il l'a
schématisé ainsi :
Contexte
Message
Destinataire
Destinateur
Contexte
Code
Modèle de la communication de R.
JAKOBSON
6.2. Les éléments
constituants la communication :
Selon R. JAKOBSON : « Un destinateur qui encode un
message selon un code commun, partagé avec le destinataire auquel il
l'adresse, lequel le décode. La circulation du message
nécessitant un contact dans un contexte donné ».
6.2.1. Le destinateur
(l'émetteur)
Le destinateur, est source du message, c'est à lui que
revient la production et la transmission du message ainsi que l'intention de
communiquer. Il produit en contribution d'un acte de codage, un message
destiné à une ou nombreuses personnes. Pour se faire comprendre,
le destinateur tente d'utiliser une forme langagière qui s'adapte aux
réactions du récepteur.
6.2.2. Le destinataire
(récepteur)
Le destinataire reçoit et décode le message
communiqué par le destinateur, il l'interprète à son tour
pour le comprendre. Le récepteur varie selon la situation de
communication, il peut être : conversation entre plusieurs participants,
un public du théâtre ...etc. L.J. PRIETO note à ce propos :
« L'émetteur sélectionne d'entre tous les membres d'un
signifiant le signal qu'il produit ;le récepteur sélectionne
d'entre tous les membres d'un signifie le message qu'il attribue ausignal
».
6.2.3. Le contexte
(référent)
La notion du contexte saisissable par le destinataire et qui est
soit verbal, soit susceptible d'être verbalisée par le
destinataire. C'est sur quoi porte le message, ce dont on parle. Autrement dit,
le contexte d'énonciation nous aide à savoir sur quoi porte la
communication entre le destinataire et le destinateur.
6.2.4. Le message
C'est ce qu'il « faut faire passer », un enchainement
de signes émis qu'un émetteur transmet à un
récepteur par l'intermédiaire d'un canal pour un
référent précis. Le destinataire qui reçoit le
message doit l'interpréter, à son tour il formule des
hypothèses visant à établir avec le destinateur une
intention à la fois communicative et informative. La réussite de
la mission de communication s'explique par la réussite du contexte saisi
par le destinataire. Tout dépend de la situation de communication. Ceci
nous permettra de citer certaines notions de base dans la transmission des
messages, utiles dans notre projet de recherche :
v Temporalité du message :
Un message peut varier, exister ou non, suivant le temps. Quand
il existe éphémèrement on dit qu'il est « intemporel
», c'est le cas de la communication sur forum. Alors que le message
éphémère est considéré « temporel
» le cas de la discussion orale.
v Localisation du message :
C'est une communication placée dans l'espace et peut
être :
1- Localisée (réservée à un endroit
bien précis).
2- Alocalisée (disponible à n'importe quel
endroit).
3- Délocalisée (le lieu d'émission demeure
loin du lieu de réception).
On doit signaler que la communication par les "SMS "est
classée « délocalisée » parce que ledestinateur
et le destinataire se trouvent les deux dans des endroits totalement
séparés.
6.2.5. Le contact
C'est la liaison physique et psychologique entre le destinateur
et le destinataire.
6.2.6. Le code
Le code est le moyen utilisé pour communiquer, c'est un
système de transformation de la forme d'un message en une autre forme
qui permet la transmission du message, le destinataire et le destinateur
doivent tous les deux avoir en commun le même code pour certifier une
communication clair en contrepartie tout un chacun doit avoir son propre emploi
de son code.
3. Les fonctions du langage
D'après R.JAKOBSON : « Le langage doit être
étudié dans toutes ses fonctions».C'est-à dire
toute fonction est indispensable dans l'acte de communication, et que ces
fonctions «nes'excluent pas les unes des autres, mais se superposent
».Le schéma de R.JAKOBSON intervient, certes, après
celui de C.SHANNON et W.WIEVER, il a le mérite d'essayer de classer les
divers composantes de la communication qui seraient : le destinataire, le
destinateur, le contexte, le message, le contact et le code, autour de six
fonctions à savoir : la fonction émotive, la fonction
référentielle, la fonction conative, la fonction poétique,
la fonction phatique et la fonction métalinguistique.
Le contexte
Fonction référentielle
Le destinataire
Le message le destinateur fonction
expressive
Fonction poétiquefonction
conative
Le contact
Fonction phatique
Le code
Fonction métalinguistique
Le schéma général de la
communication humaine
(JACKOBSON, 1963)
(JACKOBSON R, Essai de linguistique générale
1963 :p211-214)
3.1. La fonction expressive
Cette fonction marque la trace du destinateur dans le message,
elle consiste à informer le destinataire sur sa propre
personnalité, ou pour lui transmettre une certaine émotion :
selon R.
JAKOBSON« elle vise à une expression directe de
l'attitude du sujet à l'égard de ce dont il parle .Elle tende
à donner l'impression d'une certaine émotion [...] ».
C'est à dire qu'elle reflète lesdésirs, les
caractéristiques, les besoins du destinateur.Ce schéma
général de la communication humaine a été
proposé par le linguiste Jakobson Roman
3.2. La fonction conative
Cette fonction se focalise sur le destinateur pour agir,
influencer ou inciter le destinataire à faire ou à éviter
certaines choses.
3.3. La fonction
poétique
Cette fonction met l'accent sur le message lui-même et le
prend comme objet. Elle s'intéresse à tout ce qui fait de la
parole un plaisir et concerne la communication quotidienne etplus
précisément l'organisation implicite de la langue.
3.4. La fonction phatique
Elle recouvre tout ce qui peut être fait pour
établir, provoquer ou de maintenir le contact entre destinateur et
destinataire. Elle reflète les conditions de la communication.
3.5. La fonction
référentielle
Cette fonction est liée au contexte ou
référent, elle permet de repérer le monde qui nous
entoure, le référent, autrement « de quoi s'agit-il »,
chaque mot est porteur d'information, pas de raison esthétique pour
cela, elle tient à exposer une réalité objective et «
oriente la communicationvers ce dont l'émetteur parler, vers le
sujet, vers des faits objectifs, à savoir les
référents(personnes, les objets, etc. ...) sans lesquels il n'y
aurait pas de communication possible ».
3.6. La fonction
métalinguistique
Elle se réalise quand l'échange porte sur le code
lui-même, elle consiste à utiliser un langage dans le but
d'expliquer le langage utilisé pour transmettre un message. C'est le
reflet de la conscience que le locuteur a de son code.
Dans notre cas d'étude« le langage SMS », la
fonction la plus importante est la fonction phatique. Cette dernière est
de grande importance pour la communication SMS, car dans la culture des jeunes,
envoyer des SMS n'est pas juste un moyen efficace pour faire circuler de
l'information de façon rapide et pratique. Il s'agit plutôt d'une
performance verbale grâce à laquelle ils construisent et
maintiennent leurs liens sociaux à travers la conversation orale. C'est
pourquoi les jeunes essaient de transférer les traits de la langue
parlée au langage SMS.
CONCLUSION PARTIELLE
Le présent chapitre nous a servi de cadre pour
présenter nos assises théoriques et méthodologiques. Il a
été l'objet d'un parcours définitionnel des concepts de
base indispensables à la compréhension de la suite de notre
travail. Le concept théorique a alimenté nos analyses, en ce sens
qu'il a donné un éclaircissement sur les différents
concepts ayant constitué l'essentiel de tout le travail.
Nous y avons traité les notions portant sur la
sociolinguistique, la méthode quantitative et qualitative, la
méthode du corpus et d'enquête, le langage SMS,
l'énoncé et l'énonciation, l'alternance codique, le
bilinguisme etc. C'est seulement après que nous avons
présenté le cadre théorique du fait linguistique
dicté par la théorie en question. C'est par leur entremise que
nous avons analysé et interprété notre corpus. Une
brève présentation du schéma de communication de Jackobson
a clôturé cette partie du travail.
CHAPITRE DEUXIEME :
PARLER DES JEUNES ETUDIANTS
I.INTRODUCTION
Cette variété langagière que les jeunes ont
adoptée porte diverses appellations dans le monde entier, connue sous le
nom de : parler des jeunes, le parler populaire, le parler
branché,...etc. Elle s'est développée par l'influence de
la mondialisation et aussi avec la propagation des médias,
particulièrement les nouveaux moyens de communication : les SMS,
l'internet. Ainsi, Plusieurs termes et expressions finissent par entrer dans le
français standard pas seulement par les chansons, les bandes
dessinées ou le cinéma mais aussi bien par les dictionnaires
usuels : On lit dans le Petit Robert, Édition 1996, des termes qui
appartiennent aux jeunes tels que : « meuf », « keuf »,
« flipper », etc.
Les jeunes développent parmi-eux un parler particulier,
certains mots de ce parler sont éphémères, d'autres
restent dans le milieu jeune, opaques, flous et incompréhensibles pour
les adultes et d'autres franchissent les barrières
générationnelles pour exprimer leur identité : il vise
à se distinguer. Au même titre que la façon de s'habiller,
la façon de parler est une marque de distinction. De ce fait, lorsque
certaines expressions se diffusent largement et deviennent courantes, elles
sont remplacées par d'autres. Ils veulent une identité
séparée de celle de la génération
précédente. Selon T. BULOT il ne s'agit qu' « un
dialecte socio-générationnel » qui peut devenir une
langue ? (2004 :p7-15)
Pour le sociologue français A. DEGENNE (2004 :p298),
sa recherche porte essentiellement sur - les réseaux sociaux- c'est :
« un ensemble d'individus entre lesquels fonctionnent certains
codes,certaines règles, des symboles, des représentations, plus
généralement un système d'interreconnaissance ; les
membres de ce cercle social se reconnaissent à travers des
comportements, des pratiques qui manifestent leur appartenance à ce
cercle ».
En effet, « le parler est une forme de la langue
utilisée dans un groupe social déterminé ou comme signe de
l'appartenance ou de la volonté d'appartenir à ce groupe social :
le parler patois est rural et s'utilise pour des activités campagnardes
; le parler courant est neutre et peut s'employer en toutes circonstances ; le
parler cultivé est le signe d'un certain niveau d'instruction ou de
culture, contrairement au parler populaire. Chacun de ces parlers (pour ne
signaler que les principaux) a des vocables et des règles syntaxiques
qui lui sont particuliers et beaucoup d'autres qui sont communs à
plusieurs parlers de la langue ou même à tous
»(.A.DEGENNE et MICHEL FORSE , Les réseaux
sociaux : une analyse structurale en sociologie, 1994 P622-624 )
Manifesté comme un phénomène linguistique et
social , le parler des jeunes peut être défini aussi, comme
étant toute pratique langagière, orale ou écrite
spécifique aux jeunes issus de différents milieux sociaux ;
utilisé pour communiquer de manière codée basée sur
des concepts parfois qu'un non initié n'arrive pas à
décrypter. C'est la langue de communication de tous les jeunes qui
cherchent une légitimité linguistique par le biais d'une
création d'un mode d'expression particulier caractérisé
par des particularités dans l'articulation de certaines voyelles et
consonnes, un changement tonique des phrases, l'utilisation massive de
l'emprunt, la créativité lexicale et enfin par l'usage de
techniques anciennes. Le parler des jeunes amuse et fascine par son
inventivité, c'est un espace dans lequel la créativité et
les identités multiples sont estimés. Les jeunes prennent des
mots, les verbalisent, ou bien leur donnent de nouvelles déterminations,
empruntent des mots d'autres langues, reconstruisent ce qui est une phrase
normale ou grammaticalement correcte.
2. Le parler des jeunes «
Isparques »
La grande partie de la sociolinguistique urbaine
s'intéresse plus particulièrement à ce « parler jeune
» qui va aussi nous intéresser dans cette analyse que nous allons
faire sur les étudiants de l'Institut Supérieur
Pédagogique de Kaziba. à savoir les pratiques langagières
et les représentations linguistiques des jeunes, habitant le milieu
rural comme la chefferie de KAZIBA. Ces jeunes développent entre eux une
langue particulière, considérée comme moyen utilisé
pour exprimer leur identité spécifique car ils ont conscience de
parler différemment. Ils veulent une identité
séparée de celle de la génération
précédente.
· La question du « Langage(s) des jeunes »
:
Le langage qu'utilisent aujourd'hui les jeunes surprend souvent
les adultes, qui ont du mal à le comprendre. Ils s'emploient un langage
vraiment spécial et complètement codé pour les exclure de
leur univers. Le plus grand nombre de spécialistes se demandent s'il
existe un ou plusieurs types de langage(s) des jeunes. La majorité
plaiderait pour le pluriel. Marc SOURDOT, dans son article intitulé :
« La dynamique du langage des jeunes » (1997 ; P56), a
abordé la description de ce phénomène langagier et son
existence réelle, tout en complétant sa réflexion sur le
pluriel du concept « langage ». Il a écrit : « Ce qui
semble se dessiner depuis une douzaine d'années dansles usages
linguistiques des jeunes générations étudiantes, c'est un
mouvement quiva du centre vers la périphérie, un mouvement qui
fait la part belle aux marges de langue. »
À la fin de son article, Marc SOURDOT propose aux
pédagogues à intégrer ce parler jeune dans la classe en
disant que « Le moment de la jeunesse qui succèdeà
l'enfance, et au temps de l'apprentissage proprement dit, est aussi un moment
degrande instabilité pour la langue. Une vision dynamique de la
descriptionlinguistique se doit d'en rendre compte.»
Les linguistes ont commencé de décrire les
pratiques langagières des jeunes en se rendant mieux compte de la
diversité en fonction de groupes, et ça demande beaucoup de
temps. La plupart des recherches menées ont mis en évidence un
phénomène très connu : c'est celui d'emprunts lexicaux
surtout à l'arabe pour la langue française. Elle ajoute : «
[...] des observations semblables ont été faites surl'anglais
qui, lui, utilise des mots, en pendrai par exemple. C'est en fait le
mêmeprincipe puisque le français comme l'anglais empruntent aux
langues de lamigration.»
· Le langage des jeunes à l'écrit
:
Le développement rapide de l'informatique et le
téléphone portable a fait du monde un petit village : Il fait
naître des moyens de communications divers qui mettent en contact tout le
peuple du monde entier en ignorant souvent les frontières et les
distances qui les séparent. Cette magie de la technologie et de la
modernité est considérée comme un outil polyvalent et
omniprésent : un réseau à tout faire, capable de
régler tous les problèmes du quotidien ; ce qui a poussé
les jeunes à utiliser une nouvelle forme abrégée de la
communication écrite beaucoup plus brève et informelle. Cette
langue utilisée n'a pas la correcte structure grammaticale, elle
répond à un double souci d'économie linguistique et
financière. Les jeunes veulent renouveler, simplifier et
réécrire le français qui est né des mises en
situation pour s'amuser, badiner et « tuer le temps » en absence
totale de l'autorité parentale. Ce nouveau média a une influence
gigantesque sur la langue : il a pu provoquer des phénomènes
remarquables d'évolution linguistique. (TOUNSI L., Aspect des
parlers des jeunes, 1997, p109)
2. Aspects formels du parler
des jeunes Isparques
Les mots et expressions utilisées dans le
répertoire des jeunes de la chefferie de Kaziba, particulièrement
les étudiants de l'ISP KAZIBA, sont intégrés manifestement
dans la morphologie lexicale du système de la langue, ils ne sont plus
ressentis comme des mots étrangers, mais font partie du parler de tous
les jours. Sachant que le parler des jeunes étudiants fait partie des
parlers les plus ouverts à la création langagière sur les
plans : phonique, lexical et sémantique.
2.1. Le plan phonique
Sur le plan phonique, il existe quelques particularités
dans : la structure syllabique, l'intonation, le rythme, la prononciation de
consonnes et des voyelles. L'observation de quelques mots pris dans le discours
des étudiants isparques nous permet de repérer que ces mots sont
empruntés à la langue française, ces transformations
peuvent toucher la phonétique dans la structure syllabique, les voyelles
et les consonnes. Ce contact a laissé des traces dont les plus
apparentes sont les emprunts. Nous pouvons rencontrer dans l'usage quotidien
des mots qui viennent de différentes origines, ces mots empruntés
s'assimilent au système de la langue d'accueil sur différentes
niveaux.
2.2. Le plan lexical
Pour L. TOUNSI :(1997 :p68) « C'est essentiellement
sur le plan lexical qu'on observe le plus de créativité car les
jeunes locuteurs n'hésitent pas à puiser dans les
différentes langues dont ils disposent ».En effet, la
création lexicale se remarque dans l'usage des néologismes de
forme qui sont d'ailleurs nombreuses et se font essentiellement par: l'apocope,
l'aphérèse, la siglaison, création par affixation et
suffixation. Ces différentes stratégies expliquent ces usages
particuliers : l'expressivité, les échanges, l'économie
des mots et de temps.
v Création par suffixation
Dans la création par suffixation nous avons trouvé
que les jeunes étudiants de l'ISP/KAZIBA créent des mots dont le
radical est du Mashi ou d'une autre langue locale qui existe à Kaziba
et le suffixe en français comme -iste, -isme, -âge etc.
Dans certains exemples que nous avions répertoriés,
certains jeunes étudiants de l'Institut Supérieur
pédagogique de Kaziba parlent de :
-Vagager, qui est un néologisme
créé par les étudiants du Département de
Français et langues africaines de l'ISP/KAIBA. Avec comme sens
« faire l'amour, vagagisme, le fait de se livrer à la
sexualitéet vagageur, pour celui qui se livre à la
sexualité.
v Le suffixe « iste »
L'usage par suffixation aboutit à la création de
mots composites. Nous citons quelques exemples : /mutiste/ : le mot
est obtenu du kiswahili /mti /qui veut dire /arbre/ avec le rajout du
suffixe /iste /.l'usage de ce mot s'explique par le fait que ces
étudiants considèrent toute personne qui se livre à la
débauche comme un mutiste.Celui qui ne partage pas le
même langage avec ces étudiants ne saura pas le sens de ce mot.
Depuis, le mot a trouvé une résonance auprès des jeunes et
est devenu une lexie favorite pour nommer les personnes qui se livrent à
la débauche ou généralement ceux qui font la
prostitution.
Néologisme : Unitiste
Sens : la base « unité » veut dire en
télécommunication « valeur attribué à une
certaine durée lors d'une communication téléphonique»
avec le rajout du suffixe -iste, le sens du néologisme devient «
personne qui vend d'unités » Procédé :
néologisme par suffixation : Base + suffixe -iste néologisme unit
+ - iste - unitiste ?Substantif + suffixe -iste adjectivation du substantif
v Le suffixe /age/ :
La création par le suffixe / age / désigne l'action
ou le résultat de l'action tel : /Reachetage/
(Rachat)- /Trainage/ (entrainement) -/Dégoutage/
(dégout) -/ Routinage/ (routine)- /Fréquentage/
(fréquentation).Les dérivés en [age] peuvent
désigner l'état, ils ont alors une base nominale. Cette
stratégie de simplification est adoptée par les jeunes pour
marquer leur situation sociale.
v Le préfixe /In/ et /Im/ :
/Impatikanable/ néologisme utilisé pour
décrire quelque chose qui est rare ou qu'on ne peut pas trouver
facilement sans qu'on ait fourni beaucoup d'efforts, composé du
préfixe / Im /, le verbe du Kiswahili / kupatikana / appartenant au
kiswahili et qui signifie /trouver / /, le suffixe français de
probabilité / able /.
Le phénomène de création de mots composites
par suffixation est très répandu dans le parler des jeunes
étudiants de l'ISP KAZIBA, que l'on peut aller jusqu'à poser que
ces suffixes sont intégrés et complètement
naturalisés dans le système de la langue d'accueil.Cette
diversité des procédés cherche à faire face
à des besoins nouveaux, à une nouvelle manière de penser,
d'agir et de vivre.
v L'apocope :
On appelle apocope la troncation de la partie finale, la chute
à la finale d'un mot ou de plusieurs phonèmes. Ex : «
Bonjour, je viens à la fac », « Bonjour, je vais
venir à la faculté », « lafac » est
l'apocope de « faculté ».( Cfr cours de lexicologie
L1 FLA)
Présentation du
corpus
Dans cette partie, nous étudierons le langage SMS, en nous
basant sur des messages rédigés par les étudiants de
l'Institut Supérieur pédagogique de Kaziba en chefferie de
Kaziba, et principalement l'aspect communicatif de la rédaction, la
forme, la structure. Le corpus de notre recherche est constitué d'un
échantillon de 20 captures d'écrans de messages
rédigés par ces derniers dans différentes discussions et
par différentes personnes dans les réseaux sociaux et sur des
« messages normaux » comme dit-on. Ces
éléments seront placés en annexe de notre corpus en
étude. L'objectif de notre travail, c'est de faire une analyse des
techniques employées par les étudiants dans leurs messages,
enplus, nous allons élaborer une sorte d'analyse de l'utilisation de ce
type de langage qui varie entre les deux sexes : filles et garçons et
l'âge de ces étudiants participants varie entre 23-27 ans. Dans ce
travail ,nous avons demandé à nos enquêtés de
capturer leurs discussions messageries qu'ils ont partagées,
envoyéesou reçues et écrites dans des situations
ordinaires tels que : informations ,félicitations ,rendez-vous , humours
,demandes , car , si nous demandions aux étudiants de rédiger les
SMS uniquement pour la recherche sur notre thème, ils n'allaient pas
être fidèles et sincères dans leurs rédactions ce
qui va créerait une situation ambiguë .Ce chapitre va
s'intéresser principalement sur trois aspects : En premier, il s'agit de
l'exposé des procédés et des caractéristiques
graphiques des SMS. En deuxième, l'analyse linguistique, des
règles d'orthographe (grammaticales, lexicales), l'alternance codique
etc. En troisième, nous allons étudier : le taux d'influence du
langage SMS sur l'orthographe, le taux d'erreurs que les étudiants
utilisent et les procédés les plus utilisés.
2. Choix et recueil du corpus
:
Le corpus étudié est constitué de 20
discussions SMS recueillies des téléphones portables appartenant
aux étudiants des départements confondus à l'ISP KAZIBA.
Ces étudiants possèdent des pratiques langagières,
socioculturelles propres à eux,car ils acquièrent, grâce
à leurs spécialités, un certain langage et attitude
linguistique qui leur permettent une communication médiatique
efficace.
3. Thématique :
Nos discussions SMS « texto. » Contiennent des
thèmes différents suivant les circonstances et les besoins
communicatifs des usages. Les SMS sont produits dans des situations ordinaires
en précisant : informations, félicitations, rendez - vous,
humours, demandes et salutations des étudiants de l'Institut
Supérieur Pédagogique de Kaziba.
L'arrivée massive du langage SMS dans notre
société suscite bien des questions et fait naitre de nombreuses
inquiétudes quant à l'appauvrissement du langage des
étudiants et quant à la survie ou l'évolution de
l'orthographe normée. En effet, le langage SMS se caractérise
principalement par l'utilisation de nombreux procédés comme
l'abréviation et les écritures phonétiques.
Nous avons choisi de réaliser notre propre étude en
ciblant une population précise, les étudiants de l'Institut
Supérieur Pédagogique de Kaziba,car ce langage SMS est
utilisé massivement par eux. De plus, nous avons choisi d'étudier
des paramètres du langage écrit plus nombreux : en plus de
l'orthographe, nous avons aussi étudié les performances en
grammaire et en lexique de la population cible.
4. Les problèmes de
constitution du corpus
Nous tenons à préciser qu'aucune information sur
notre recherche n'a été divulguée aux usagers des SMS,
nous avons simplement dit que c'était pour une recherche scientifique
dans le but de faire un mémoire de licence au Département de
Français-Langues africaines. Aussi, nous n'avons imposé aucune
directive, même pas celle de nous donner des SMS personnels. Notre seule
exigence était que les participants choisissent dans l'historique de
leur propre discussion Messenger ou WhatsApp (« Messages envoyés et
reçus »).
Nous avons eu recours à la collecte manuelle et ce travail
de recueil de corpus a été effectué par nous-même
ainsi que par des amis à qui nous avons demandé de l'aide en leur
donnant des directives précises afin d'utiliser la même
procédure que nous.
1. Les caractéristiques
graphiques des SMS
Le langage SMS vise à raccourcir et à simplifier la
rédaction, ce qui influe sur l'orthographe. Pour cela, nous allons faire
une analyse détaillée des formes linguistiques, que les
étudiants suivent pour produire un SMS en nousréférant
aux travaux de Jacques Anis (2001) et Fabien Liénard (2005), afin de
préciser une empreinte de nouveauté pour ce néo
langage.
1.1 Les procédés
scripturaux selon Jacques ANIS
Jacques Anis,chercheur linguiste et professeur
à l'université de Nanterre, a mis en étude une liste des
transformations graphiques que l'on peut rencontrer dans le langage SMS. Pour
cela il s'est appuyé sur des corpus d'échange SMS. A partir de
cette analyse nous allons présenter quelques logarithmes dans le
tableau ci-dessous.
1.1.1 Les logogrammes (les
idiogrammes)
L'utilisation des logogrammes permet de réduire la taille
du message. Nombre entre eux sont communément employés dans
l'écriture courante :
|
Les logogrammes
|
Exemples
|
Significations
|
|
Les chiffres
|
1
2023
5
|
Un
Deux mille vingt-trois
Cinq
|
|
les opérateurs
arithmétiques
|
-
+
|
Moins
Plus
|
|
Les symboles
|
@
%
|
Arobase
Pourcentage
|
· Après avoir dégagé les exemples
ci-dessus, nous avons remarqué que dans la communication SMS, les
étudiants de l'ISP/KAZIBA emploient les logogrammes etles idiogrammes
pour insérer plus d'informations lorsqu'ils disposent d'unespace
limité pour écrire un message, ainsi de faire réduire la
longueur dumessage comme l'exemple ci-dessous, au lieu d'écrire deux
mille vingt-troisen lettres, comptant plus d'espace, ils
préfèrent écrire ainsi 2023 enchiffres qui occupe moins
d'espace et plus rapide à saisir.
1.1.2 Les
abréviations
Ils consistent en la suppression de quelques lettres seulement,
généralement les voyelles, dans les mots usuels. Ce sont les
consonnes qui sontconservées dans les abréviations, car elles ont
une valeur informative plus forteque les voyelles. Cette technique est beaucoup
utilisée dans les prises de notesmais se retrouve aussi dans les SMS
avec comme exemples :
|
Exemples
|
Langage courant
|
|
Slt
|
Salut
|
|
Mnt
|
Maintenant
|
|
Bcp
|
Beaucoup
|
|
Cnx
|
Connexion
|
|
Pr
|
Père
|
|
Ns
|
Nous
|
|
Frr
|
Frère
|
|
Coe
|
Comme
|
|
Dja
|
Déjà
|
|
K
|
Que
|
|
Ma2
|
Maman
|
|
drwa
|
droit
|
|
bjr
|
Bonjour
|
|
chr
|
Chéri(e)
|
|
N8t
|
nuit
|
|
esk
|
Est-ce que
|
|
Aujourd8
|
Aujourd'hui
|
|
bb
|
Bébé
|
|
msg
|
Message
|
|
Kce
|
Connaissance
|
|
C,rage
|
Courage
|
|
E
|
Eleve
|
|
Pers.
|
Personne
|
|
pt
|
Pote
|
|
exm
|
Examen
|
|
pr
|
pour
|
· Dans notre analyse, nous remarquons que dans le «
langage sms », lesétudiants utilisent massivement ce
procédé. Les abréviations sont un bonmoyen de rendre le
style d'écriture plus concis et de faire économiser dutemps.
Cependant, il est important de les utiliser correctement afin defaire
transmettre le message au récepteur. Parfois ces étudiants
utilisent même des abréviations qui ne sont pas autorisées
dans la langue française, comme nous pouvons le voir dans le tableau
ci-dessus.
1.1.3 Les sigles
D'après le dictionnaire Usito, Le sigle
est une série de lettres initiales deplusieurs mots
représentant une expression ou désignant une
société ou unorganisme et formant un mot unique. Dans le langage
SMS, la majorité de siglessont empruntés à l'anglais.En
général, le sigle se prononce alphabétiquement. Quelques
exemples denotre corpus :
§ Exemples : - LOL (Laughing out loud) qui
peut se traduire par Je risbien fort
|
Les sigles Signification
|
Signification
|
|
tfk
|
Tu fais quoi
|
|
Mdr
|
mort de rire
|
|
Stp
|
S'il te plait
|
|
lol
|
Laughing Out Loud (Anglais)
|
· Après l'analyse de notre corpus, nous nous sommes
rendu compte que la siglaison est souvent utilisée dans les SMS des
étudiants. La valeur de ce procédé et derendre le message
plus court et souple. Les étudiants écrivent de
cettemanière pour accélérer la discussion et gagner de
temps. Parfois, les siglesutilisés sont des emprunts d'autres langues ;
cela pour enrichir ladiscussion avec un modèle langagier
varié.
1.1.4 Les rébus
Le rébus se définit comme une écriture
syllabique plus concise qu'uneécriture alphabétique. Il est donc
question de l'utilisation « de séquences mêlant chiffres,
lettres et signes divers, qui doivent être interprétés
à l'aide de leurvaleur dénominative » (C. FAIRON, J. R.
KLEIN et S. PAUMIER, 2006 : 32)
o En anglais, on trouvera :
- 2 pour two
(deux),
- to (à) et too (aussi)
qui se prononcent de la même manière.
o En français, en trouvera :
- C pour C'est
- j pour j'ai ou
encoreg
- TT à la place de
t'étais ou tout
· Suivant nos recherches, nous remarquons ici que les verbes
(est, ai, étais)ont été supprimés afin
d'économiser lesefforts et le temps.
1.1.5 Les squelettes consonantiques
Ils correspondent àl'abréviation d'un mot commun
charpenté quasi exclusivement autour de ses consonnes. Depuis longtemps,
dans les prises de notes, on utilise la suppression des voyelles de notre
écriture pour abréger les mots usuels. (DELIC, Etude de
quelques problèmes de phonétisation dans un système de
synthèse de la parole à partir de SMS, 2005, p2)
v Certaines abréviations ne gardent qu'une partie des
consonnes du signe.
o C'est le cas de : pqpour
pourquoi
oCc pour coucou
· Nous remarquons ici que le mot pourquoi et
coucou ont été réduits par lasuppression totale
de voyelles, dans les SMS, ce mode ou procédé estutilisé
par les étudiants de Kaziba dans l'objectif d'accélérer la
discussion etd'économiser le temps.
1.1.6 Les graphies
phonologiques
Les graphies phonologiques relèvent du registre courant ou
familier. Elles engendrent un effet d'oralité. Voici quelques-uns de ces
procédés :
o Le remplacement des « e » caducs par des apostrophes
: j'peux pour je
peux
o Les variations phonétiques diverses :
franchement va être transcrit
fronchement
o Les écrasements phonétiques : je ne sais
pas devient chépa.
· Dans notre analyse, nous constatons que les graphies
phonologiques ontété présentes dans quelques messages,
nous remarquons aussi que dans lamajorité des discussions, le pronom
personnel « je » devient « j » et dansle premier exemple,
l'étudiant a écrasé la voyelle « e » du
pronompersonnel et l'a remplacée par l'apostrophe, dans ce cas,
l'étudiant réduit lemaximum de voyelles afin de faire vite dans
son écrit.Dans le deuxième exemple, nous remarquons qu'il y'a une
variationphonique entre « an » et « on », dans cela nous
constatons que la rapiditéde manipulation du clavier empêche
l'étudiant de se concentrer à ce typed'erreurs.
Dans l'exemple suivant, nous témoignons que le mot «
chépa » estsouvent utilisé dans la vie quotidienne, l'emploi
de cet écrasement est dans le but de créer un modèle
langagier spécifique et compréhensible.
1.1.7 Parler court
La communication se fait rapidement avec le langage SMS, c'est
que le temps presse et qu'il faut faire court !
oExemple de corpus :
- Tfkpour tu fais
quoi
- Bnsrpour bonsoir
- Klk1 pour quelqu'un
- Svp pour s'il vous plait
· Nous constatons, que dans le langage SMS, le parler court
est nécessairepour la majorité des étudiants puisque, ce
phénomène graphique réduitl'expression en quelques
lettres, en supprimant les syllabes. L'objectif deparler court dans les
discussions SMS est l'économie de temps ainsi que lasouplesse de
manipulation du clavier.
1.1.8 Les
procédés de simplification
La simplification se situe au niveau du système
linguistique alors que la facilitation constitue l'ensemble des
procédés (verbaux, para-verbaux et non verbaux) que
l'énonciateur utilise pour atteindre l'intercompréhension et pour
aboutir à la Co-construction du sens.
Quatre procédés de simplification ont pour but de
rendre les énoncés plus courts et plus simples dans leur
formulation. Ils permettent aux messages d'être informatifs et concis en
omettant tout ce qui est « inutile ». Ces transformations sont les
plus nombreuses dans les textos des étudiants. Parmi ces
procédés, il y a :
1.1.8.1 La troncation
Elles se traduisent par la suppression d'une partie d'un signe.
La partie dusigne supprimée dépend de la charge sémantique
assumée par les préfixes etsuffixes du signe «
procédé d'abrègement des mots polysyllabiques qui consiste
à supprimer une ou plusieurs syllabes à l'initiale ou, plus
souvent, à la finale .» Il existe trois types de troncation :
A. - la troncation par apocope
Ce phénomène touche essentiellement des mots longs
et courants, dans les SMS aussi bien que dans le langage courant. Elle se
définit comme « La suppression d'un phonème ou d'une syllabe
à la fin d'un mot »
B. - la troncation par
aphérèse,
Qui se définit par la suppression d'un phonème ou
d'une syllabe au début d'un mot. Dans les SMS aussi bien que dans le
langage courant.
C. - la troncation par aphérèse
interne
Elle concerne les signes linguistiques ayant des doubles
consonnes ou des lettres muettes.
|
Type de troncation
|
Exemples du corpus
|
Langage courant
|
|
La troncation par apocope
|
Mess
Melly
|
Message
Méllissa
|
|
La troncation par aphérèse
|
Prof
Info
Tel
|
Professeur
Information
Téléphone
|
|
La troncation par aphérèse
interne
|
Sincèrment
Certainment
|
Sincèrement
Certainement
|
· Nous constatons dans notre analyse que ce
procédé revient souvent dans lapratique des SMS par les
étudiants dans l'objectif de réduire la longueur du mot. À
partir de trois syllabes, les mots sont considérés comme longs,
et pourcette raison, différents modes de raccourcissement (comme la
troncation)sont mis en place.
8.2 L'élision
d'éléments sémiologiques ou de signes graphiques
Est un phénomène graphique qui se
caractérise par l'oubli des signes coûteux du point de vue de la
saisie sur le clavier du téléphone portable. Ce sont :
o Les signes de ponctuation ;
o Les signes diacritiques (les accents) ;
o Les formes allo graphiques (les majuscules) ;
o Les éléments sémiologiques (les
guillemets, les pointsd'exclamation...) ;
o Certains signes comme les articles ou les conjonctions.
|
Types d'élision ou de
signes
|
Exemples
|
Correction
|
|
Les signes de
ponctuation
|
Cv et toi
A bon
|
Ça va et toi ?
Ah bon !
|
|
Les signes diacritiques
(les accents)
|
A
biensur
Ta
ca
|
À
Bien sûr
T'a
ça
|
|
Certains signes comme
les articles ou les
conjonctions
|
J'ai plusieurs messages,
j'arrive pas à les ouvrir
|
J'ai plusieurs messages
mais je n'arrive à
les
ouvrir
|
· Dans le tableau ci-dessus nous constatons que dans les
discussions SMS, l'élision estsouvent apparue en différents
signes. Dans les SMS recueillis,nous remarquons que la ponctuation est souvent
oubliée ainsi lesapostrophes à l'exemple de certains mots, des
voyelles ou des consonnespeuvent disparaitre, et uniquement à l'oral
dans une situation familière.
1.2.2 Les
procédés de spécialisation
Trois procédés de spécialisation permettent
aux scripteurs de jouer avec la langue en la transformant. Parmi eux, on trouve
:
1.2.2.1 La notation
sémio-phonologique
Selon Fabien LIÉNARD, l'écrit se rapproche alors
des idéogrammes. Ce procédé se retrouve aussi
fréquemment auprès des étudiants universitaires dans le
langage SMS. Elle consiste à utiliser le nom des lettres ou les chiffres
pour remplacer une syllabe d'un mot. Cette lettre ou ce chiffre est alors
souvent mis en majuscule et correspond à une syllabe.
1.2.2.2 L'écrasement de
signes
Il consiste en la réalisation d'un énoncé ou
d'une expression courante en un seul et même signe linguistique qui porte
la charge sémantique entière de l'énoncé.
1.2.2.3 Les anglicismes (les
emprunts aux langues étrangères, notamment à
l'anglais)
D'après J. Anis (2001 :52)« L'anglais a un
statut de langue technologique et aide à se comprendre dans un contexte
plurilingue.» Ils sont fréquemment employésdans les SMS,
auprès les étudiants de l'ISP KAZIBA. La plupart des anglicismes
choisis ont l'avantage d'être plus courts que leurs correspondants
français.
oExemple de corpus :
- Give me pour donner
moi
- See you laterpour à plus
tard
|
Les procédés de
spécialisation
|
Exemples
|
La signification
|
|
La notation sémiophonologique
|
Dr1
2m1
|
De rien
Demain
|
|
L'écrasement de
signes
|
Ouesketé ?
Askesava ?
|
Où est-ce que tu es ?
Est-ce que ça va ?
|
|
Les anglicismes
|
Now
Hello
cool
|
Maintenant
Salut
Décontracté
|
· Après avoir dégagé les exemples
ci-dessus, nous avons remarqué qu'ilexiste plusieurs types de
procédés de spécialisation dans la plupart desdiscussions
recueillies auprès des étudiants.
Dans la notation sémio-phonologique, nous remarquons que
les syllabes graphiques ont été remplacées par des
chiffres. Nous constatons que : Où est-ce que tu es, a
été écrasé dans l'objectif de réduire
l'expression et minimiser la discussion. En ce qui concerne les anglicismes,
des mots empruntés à la langue anglaise afin d'enrichir le
discours SMS.
1.2.3 Les
procédés expressifs ou d'extraversion
(ANIS J., Parlez-vous texto ? 2001 :52) Deux
procédés expressifs permettent de faire transparaître des
émotions dans les textos. Ils démontrent la proximité que
le langage SMS entretient avec l'oral. Ce sont :
1.2.3.1 Les
émoticônes ou smileys
Selon Wikipédia, Ils permettent de transcrire des
émotions grâce à une petite tête jaune. Au
départ, pour éviter que certains énoncés soient mal
compris par le destinateur, notamment les énoncés ironiques, les
scripteurs ajoutaient uncommentaire entre parenthèses comme (rire).
Progressivement sont apparus les
premièresémoticônes formées grâce aux signes
de ponctuation disponibles sur le clavier d'un téléphone :-).
Leur objectif est la présence de certaines dynamiques que la
conversation orale, elles présentent des intonations aux messages et
permettent d'éviter les malentendus.(ANIS J., Parlez-vous
texto ? 2001 :35)
1.2.3.2 L'introduction de
signes ou de graphèmes (l'étirement graphique)
On les rencontre souvent dans les discussions SMS. Ils visent la
transcription des émotions, «est un procédé
expressif reposant sur des lettres pourattirer l'attention et de faire le
recours à la démultiplication des voyelles.»
Exemples :
|
Les procédés expressifs
ou d'extraversion
|
Exemples
|
Signification
|
|
émoticons et smileys
|
|
Le visage aux yeux enforme de coeur qui sert àmontrer que
la personneadore ce que son ami luia fait voir.
Ces visages qui ont leslarmes aux yeux sont là
pour appuyer les propos
qui l'ont précédé (mort
de rire !)
Bisou
C'est le symbole
classique de l'amour
Pour le remerciement
« s'il te plait »
|
|
signes et graphèmes
|
Ouiii
Mdrrrrrr
Hii
|
Oui
Mort de rire
Hi
|
· Les smileys sont devenus incontournables dans les SMS. En
effet, lamajorité des SMS recueillis contient au moins un smiley. Ces
derniersfont que la personne qui rédige le message ne fournisse presque
pasd'efforts puisqu'elle n'écrit plus ce qu'elle ressent ou ce qu'elle
veut diremais se contente d'une simple clique pour choisir le smiley qui
exprimeson état à sa place. De plus, ces smileys rendent le SMS
original etagréable à rédiger et à recevoir. Nous
avons constaté que les étudiants de l'ISP KAZIBA
utilisentconsidérablement les émoticons et les signes et
graphèmes dans leursconversations, afin d'exprimer leurs sentiments,
leurs émotions, leurshumours et leurs réactions entre
émetteur et récepteur.
1.3 La typologie de PANCKURT
(2009 :182)Voici une classification des procédés
scripturaux du langage SMS. Elle a été adaptée par
C. COMBES,O. VOLCKAERT-LEGRIER et P. LARGY à partir
d'une typologie mise en place par PANCKURT en 2009.
|
I. SUBSTITUTIONS,
SIMPLIFICATIONS ET
SUPPRESSIONS
|
Exemples
|
|
Entiers
|
C « C'est », J
« j'ai »
|
|
Partiels
|
Ossi« Aussi »
|
|
Signes diacritiques
|
A « à »
|
|
Icônes, symboles mathématiques,
caractères spéciaux...
|
A + « à plus » ;
vasy « vas-y »
|
|
Elisions
|
J ai« j'ai »
|
|
II. RÉDUCTIONS
|
Exemples
|
|
Abrégements morpho-lexicaux
(troncations, sigles, acronymes)
|
Mess « message »
|
|
Réduction du graphème /qu/
|
Prk« pourquoi »
Trankil« tranquille
»
|
|
Suppression des fins de mot muettes
|
Bis « bisou »
|
|
Squelettes consonantiques
|
Tv « télévision
»
|
|
Agglutinations
|
Jvois« je vois »
|
|
III. ORTHOGRAPHE LEXICALE
ET GRAMMATICALE
|
Exemples
|
|
Terminaison verbale
|
Tu avance« tu avances
»,
je part« je pars
»
|
|
Terminaison nominale
|
Tes dessin « tes dessins
»
|
|
Erreur orthographique
|
Expériense«
expérience »,
sectin« section »
|
|
AUTRES MODIFICATIONS
|
Exemples
|
|
Erreurs machinales (erreurs de frappe)
|
Ayitude« attitude
»
|
|
Ajout de caractères : expressions,
smileys...
|
Okeyyyy« ok »
|
|
Remplacement par une autre formule
|
A+ « à toute
»
|
· Après avoir dégagé les exemples
ci-dessus, nous remarquons que lesétudiants utilisent plusieurs
typologies d'erreurs d'orthographe dans laplupart des discussions recueillies.
Selon la typologie PANCKURT, nous avons classé les
fautes trouvées dans les messagesrecueillis, et avons constaté
que les étudiants font ces erreursinvolontairement et sans faire
attention pour les erreurs lexicales etgrammaticales. Nous avons
remarquéaussi que la majorité d'étudiant
utilisentdifférentes techniques néo-graphiques pour rendre la
communication plus facileet plus rapide. Certes le nombre de SMS
affectés par ce phénomène n'est pastrès alarmant
mais ceci dit, la présence de plusieurs procédés
scripturaux dulangage SMS dans les écrits des étudiants de l'ISP
KAZIBA est une première preuve que lelangage SMS influe
négativement sur l'orthographe. Dans l'analyse de notre corpus, nous
nous sommes rendu compte de l'influence duplurilinguisme sur les utilisateurs
des SMS collectés à Kaziba. En fait, nousconstatons un
mélange de langues très fréquent chez les étudiants
de Kaziba, quin'échappent pas à cette règle d'alternance
codique caractérisée par lecontact de langues.
CONCLUSION PARTEILLE
L'objectif de ce chapitre était de faire une analyse des
techniques employées par les étudiants dans leurs messages, de
plus, nous avons élaboré une sorte d'analyse de l'utilisation de
ce type de langage. Notre focalisation tournait principalement sur trois
aspects : En premier, il s'agit de l'exposé des procédés
et des caractéristiques graphiques des SMS. En deuxième,
l'analyse sur le plan linguistique, des règles d'orthographe
(grammaticales, lexicales), l'alternance codique etc. En troisième, nous
avons essayé d'étudier : le taux d'influence du langage SMS sur
l'orthographe, le taux d'erreurs que les étudiants commettent et les
procédés les plus utilisés.
CHAPITRE TROISIEME :
L'INFLUENCE DE L'ECRITURE `'SMS'' SUR LA LANGUE STANDARD
I. INTRODUCTION
Ce chapitre a pour objectif de monter comment
l'écriture SMS peut exercer une influence sur la langue française
et arriver même à apporter certaines modifications sur la langue
standard. A part cela, nous passerons à une analyse du corpus qui
éclaircit les techniques dont se servent les jeunes étudiants de
l'ISP KAZIBA afin de créer indépendamment leurs codes
particuliers.
Nous aborderons ce chapitre selon les points suivants ;
les principaux caractères graphiques du langage SMS, le langage
entre-t-il en contact avec l'orthographe officielle, mise en place de la partie
analytique et la présentation du corpus.
Langage SMS : nouvelle forme de communication
électronique
Actuellement, les nouvelles technologies de l'information et de
la communication(TIC) revêtent une importance primordiale au sein de la
société. Ce développement technologique forme la base de
nouveau genre et de nouvelle forme de communication, y compris la communication
par SMS. Cette dernière a créé une nouvelle application de
la langue qui se distingue de celle utilisée dans les genres
écrits traditionnels. Bien que récents dans les usages, les SMS
ont eu un succès fulgurant. Ce genre de textes a engendré de
nouvelles pratiques et modalités écrites codifiées
atypiques. Destinés à des proches ou à des pairs,
rédigés dans l'instant, ces textes se caractérisent par un
net relâchement vis-à-vis de la norme orthographique, aussi par de
multiples détournements de l'utilisation conventionnel des
caractères alphabétiques et une très forte variation
graphique des formes lexicales.
« Un véritable langage s'est créé
qui évolue au gré de l'imagination et des situations
rencontrées »déclare M. SCHONWASSER. Les SMS sont
à la mode et ce sont les jeunes qui les ont rapidement adoptés,
car ils sont le plus productifs quant à l'enrichissement de la langue.
Ces derniers, usent de leur imagination pour produire un nouveau vocabulaire
dérivé de la langue française qui unit abréviation
des mots ou des chiffres, traduisent ainsi des termes et des expressions
à dire. Le SMS est pratique, ludique, spontané et
distancié à la fois, discret et confidentiel, rapide,
momentané et surtout peu coûteux par rapport à un appel
téléphonique, il peut délivrer le maximum d'informations,
d'idées, de sensations, en utilisant le moins de caractères
possibles d'où une1(*)économie linguistique.(SCHONWASSER M., De la
jactance à la tchatche 2004, p44)
2. Qu'est-ce qu'un
`'SMS'' ?
Un service du téléphone mobile qui a connu depuis
sa création un développement exponentiel, imposé par
l'engouement des utilisateurs, devenu brusquement un incontournable vecteur de
communication à travers lequel le langage écrit semble
renouvelé au niveau lexical, morphologique, syntaxique et
sémantique. C'est le « SMS », l'acronyme anglais de «
Short Message Service »qu'on peut traduire en français par «
Service de Messages Succincts », un « moyen de communication qui
permet d'échanger des messages courts (à donner un
rendez-vous,à donner une adresse, à prévenir qu'on sera en
retard, par exemple) à partir d'un téléphonemobile »
(J. ANIS, 1999 :74).Un message écrit de 160 caractères
maximum envoyé d'un téléphone mobile à un autre.
Ces SMS sont la plupart du temps envoyés à une personne proche
pour communiquer une information à la fois courte et pratique, pour
poser une question ou partager en quelques mots ou signes une émotion,
un sentiment ou un point de vue. Le but du scripteur, c'est d'écrire un
message compréhensible et court pour diminuer le coût de
codification du message (nombre de pressions digitales) également le
coût de sa transmission (prix de la communication).Les SMS sont devenus
le moyen privilégié de communication par les jeunes et même
préférés au téléphone par la
majorité. Il permet de créer des relations interpersonnelles
nouvelles et de maintenir les relations déjà existantes et
familières. Écrire un SMS, c'est un signe d'appartenance à
un groupe générationnel, à ses codes, un moyen de
transgresser la norme sociale et un outil de socialisation, maintenant
l'échange entre pairs. C'est sans doute pour ces multiples raisons
qu'envoyer et recevoir un SMS rencontre un tel succès. Les jeunes
veulent renouveler, simplifier et réécrire le français qui
est né des mises en situation pour s'amuser, badiner et « tuer le
temps ». Pour écrire des messages, ils n'ont plus besoin de faire
recours à un français recherché, avec tout ce que cela
comporte comme rigueur. Ils usent de leur imagination pour créer un
nouveau vocabulaire dérivé de leur langue mère.
La communication par SMS est plus populaire que jamais. Des
millions de SMS sont envoyés chaque jour. La grammaire et l'orthographe
y sont bien souvent modifiées. Les jeunes envoient des SMS pour exprimer
leurs émotions avec des émoticônes comme « ?» ou
des acronymes comme « LoL », abrègent les mots, en inventent
de nouveaux et utilisent les onomatopées glanées dans les bandes
dessinées. Le langage des jeunes n'est plus uniquement oral : une forme
écrite s'est développée parallèlement aux nouveaux
modes de communication. Les jeunes jonglent relativement facilement avec les
différents styles d'écriture. Les médias numériques
n'auraient donc pas d'influence sur leurs compétences
rédactionnelles. Les SMS, n'ont pas d'impact sur leurs connaissances en
orthographe ni sur leur manière de s'exprimer. Nous assistons à
une évolution empreinte d'innovation et de créativité dans
la langue car le changement des normes langagières peut même aider
les jeunes à se forger une identité qui sont constamment à
la recherche de nouveau vocabulaire en donnant aux mots un sens, une
signification ou même une intonation différente.(ROSSANA C.,
« Le bal masqué des mots : le langage des jeunes
français entre verlan et
texto ».2008. p.65)
3. L'histoire du langage SMS
:
Dans la société, le téléphone
portable est devenu un outil de communication indispensable.
Au début il a été créé pour
parler n'importe où avec n'importe qui, permettant plus de
libertés et de dépendance que le téléphone. Le
service d'envoyer des messages n'était d'abord qu'une
fonctionnalité secondaire dont les inventeurs n'espéraient pas un
grand succès. Mais actuellement,le portable est devenu avant tout une
machine à écrire.Le premier SMS a été envoyé
probablement en décembre 1992 par un employé de Sema Group dans
la Grande Bretagne par Neil Papworth à partir de son ordinateur vers un
portable. Une année plus tard, le premier texto a été
écrit depuis un téléphone mobile par un jeune
ingénieur finlandais. C'est à partir de ce là, que les
portables ont commencé à se répandre dans le monde entier
et ainsi devenus un véritable phénomène de
société, surtout chez les jeunes. Le SMS n'est pourtant pas la
manière de communiquer qui fonctionne ainsi. Si nous regardons quelques
décennies en arrière, nous pouvons constater que les messages se
rapprochent du télégramme qui a été inventé
à la fin du 19eme siècle. Les deux sont qualifiés par leur
brièveté, souvent employés pour donner un rendez-vous ou
pour des messages urgents. Le scripteur à intérêt de
réduire le nombre des signes puisque le prix dépend du nombre des
mots utilisés ² .Finalement ce n'est pas vraiment étrange
qu'on trouve dans ces télégrammes déjà une sorte du
langage texto, une langue réduite à son minimum pour
économiser de la place et du temps. Les principaux responsables pour la
modification rapide de la langue dans ces dernières décennies
sont les NTIC, les nouvelles Technologies de l'Information et de la
Communication .Avec la diffusion des outils de communication
électronique : l'e-mail, chat, blogs, SMS, sites web, forums de
discussion etc. l'humanité assistait à une véritable
originalité dans le monde de
l'écriture .Cette nouvelle forme de communication a
rafraichie l'écrit chez les jeunes, elle est surtout sophistiquée
et simplement fascinante ; caractérisé par la déviance,
plus audacieuse par rapport à l'écrit standard traditionnelle
conventionnel,1(*) ce qui
laisse la place à l'intimité, la liberté voire même
la confidentialité pour une seule raison : économie de temps et
d'espace. C'est bien : « le langage SMS » dont le monde entier est
attiré est en passe de gagner ses lettres de noblesse : des livres lui
sont consacrés, des articles en parlent dans la grande presse, des
émissions de radio s'intéressent à lui, des dictionnaires
d'un nouveau genre sont édités, des compétitions ont
été organisés. Cette nouvelle écriture semble
être véritablement ancrée dans les moeurs de
l'écriture du troisième
millénaire.(ROSSANA :2008 :64-68)
Depuis la diffusion des outils de
communication électronique : l'e-mail, chat, blogs, SMS, sites web,
forums de discussion,... etc. l'humanité assistait à une
véritable innovation dans le monde de l'écriture .Cette nouvelle
forme de communication a rafraichie l'écrit chez les jeunes , elle est
surtout sophistiquée et simplement fascinante ;
caractérisé par la déviance, plus audacieuse par rapport
à l'écrit standard traditionnelle conventionnel, ce qui laisse la
place à l'intimité, la liberté voire même la
confidentialité pour une seule raison : économie de temps et
d'espace affirment-ils . C'est bien : « le langage SMS » dont le
monde entier est attiré est en passe de gagner ses lettres de noblesse :
des livres lui sont consacrés, des articles en parlent dans la grande
presse, des émissions de radio s'intéressent à lui, des
dictionnaires d'un nouveau genre sont édités, des
compétitions ont été organisés .Cette nouvelle
écriture semble être véritablement ancrée dans les
moeurs de l'écriture du troisième millénaire. Le langage
SMS fait l'objet d'un certain engouement médiatique avec par exemple
l'apparition de nombreux lexiques ou dictionnaires du langage SMS, voire de
romans entièrement écrits dans ce langage. Pratiqué par
tous les âges est dans différents milieux sociaux, il a
réussi en si peu de temps à conquérir le monde entier :
enfants, jeunes et vieux. Ce langage vient bousculer les interdits et stimule
la créativité, c'est ce qui a provoqué le plaisir chez ses
usagers qui affirment, qu'ils n'avaient jamais autant écrit que depuis
l'apparition de « texto ». Pour ces usagers maitriser le langage SMS
c'est savoir jouer avec les mots et le langage et éprouver du plaisir en
badinant avec les mots et « pour jouer avec les messages, pour que ce
jeu quelque saveur, ces jeunes doivent se démarquer de l'esprit
canonique, être en rupture : ilsdéveloppent alors des
compétences métalinguistiques ou grammairiennes. » Ils
utilisent un code partagé par d'autres utilisateurs qui veulent
évoluer l'écriture1(*) de la langue en fonction des contraintes techniques.
(ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages de
réseau, 2002,p.62.)
4. Principaux caractères graphiques du langage "SMS" :
Dans ce qui suit nous allons aborder la formation du langage SMS,
c'est-à-dire les différentes caractéristiques qui font la
base de ce « néolangage» , nous allons citer les
structures utilisées par les usagers pour raccourcir les mots afin
d'économiser de la place et donner un style individuel à leur
message, car le langage « texto » comme chaque langue possède
ses propres particularités et caractéristiques ; on parle de la :
néographie, les particularités morpho-lexicales cités par
J. ANIS tel qu'ils sont utilisés par la cyber langue. Ces
procédés linguistiques les plus répandus dans le langage
« SMS » sont :
I. Sur le plan phonique
1. Les néographies
Les néographies sont les mots dont la graphie
s'écarte de la norme orthographique, ces derniers se composent de cinq
catégories : les graphies phonétistes, les squelettes
consonantiques, les syllabogrammes et rebus à transfert, les logogrammes
et les para logogrammes ainsi que les étirements graphiques.
1.1. Les graphies
phonétistes
Elle consiste à remplacer des graphèmes complexe
par leur version phonétique uni lettre, elles se subdivisent en deux
sous catégories : réductions graphiques et réductions avec
variantes phonétique.
· La réduction graphique : c'est
l'une des caractéristiques la plus répandue dans le langage
« texto », elle correspond à un « abrègement
en caractère, soit [à une] sélection de
graphiessupposées plus proche du phonétisme.» (J. ANIS
2002) c'est-à-dire sélectionner un graphème qui soit plus
proche phonétiquement à la graphie concernée. La
réduction la plus courante se trouve dans tous les pronoms
relatifs-interrogatifs et exclamatifs : « qui, que, quoi, quel(le), quand,
... » réduction du phonogramme « qu » qui peuvent
être systématiquement remplacés par le diagramme « K
» et deviennent : « ki, ke, koi, kel, kan ». Une autre
substitution, celle de la lettre « S » par « Z » qui
provoque un effet de phonétisme comme dans le mot : « bisous
»? « bizou ».La réduction graphique peut parfois
provoquer la chute des mutogrammes finaux c'est-à-dire l'omission d'une
lettre muette à la fin d'un mot, c'est le cas de : «e- t- s »
dans : « pa, vitess, salu, cour, etc, (pas, vitesse, salut, cours).
»
Ce procédé use aussi des réductions des
digrammes et des trigrammes(des sons écrits à l'aide de deux ou
trois lettres) comme « aussi?ossi », « beau?bo », «
aller?allé », « eau?o ».
La combinaison de ces deux procédés produit des
mots de type : « forfé, jamé », « forfait, jamais
».Le dernier procédé de réduction graphique selon J.
ANIS est une réduction avec compactage, ce processus qui consiste
à dissoudre les segments de mots et évoque le mot phonique, comme
c'est le cas de : « qu'est-ce que, c'est, je suis, etc », «
keske, cé, jswi, etc », l'autre type de graphie phonétiste
est là :
· Réduction avec une variante
phonétique :cette technique reprend les procédés
déjà cités mais en y ajoutant des variations dues à
la langue parlée, elles correspondent à des déformations
de la langue standard, dans sa forme écrite mais aussi orale. Ainsi dans
l'exemple « je suis » peut être écrit « chui
», « je sais », « chai » cela correspond à un
écrasement phonétique dû à la fusion des
phonèmes [?e] et [S].
1 .2. Les squelettes
consonantiques
On entend par squelettes consonantiques les mots dont les
voyelles ont été supprimées, réduisant ainsi la
forme à une succession de consonnes principales du mot. Pour A. JACQUES
c'est simplement des abréviations. Cette technique est assez simple,
pour créer un squelette consonantique, il suffit de prendre la
première et la dernière consonne du mot, comme dans l'exemple
dans : « tt », « ds », « pr », « lgtps
», « tjrs » .Cette technique et utilisée dans les classes
lors des prises de notes ainsi les mots les plus courants sont
abrégés de la même manière que la langue
standard.
1.3. Les syllabogrammes et
rebus à transfert
· Les syllabogrammes :consistent à
« obtenir des effets sonores à partir du nom des lettres
» (MARTY : 2001) c'est à dire remplacer un graphème par
une lettre de l'alphabet. Leprincipe consiste en une représentation
sonore des mots uni-syllabiques par un graphème ayant lemême effet
phonétique tel le cas de : « C, K, N, R, V », ils sont le plus
souvent des consonnes. Lessyllabogrammes les plus fréquents sont le
« C » pour « c'est, s'est, ces, ses et sais » « G
» pour« j'ai », « V » pour « vais ».
· Les rebus à transfert :elle consiste à
remplacer un certain nombre de lettres par un arrangement de chiffres, de
lettres, ou d'autres symboles. Considéré comme l'utilisation
« deséquences mêlant chiffres, lettres et signes divers,
qui doivent être interprétés à l'aide de leurvaleur
dénominative. » (FAIRON. C, KLEIN. J.R et PAUMIER. S, 2006
:32). « La technique du rébus révèle, outre la
correspondance entre les lettres, les chiffres et lessons, une transgression de
l'orthographe et un plaisir évident à jouer avec la langue.
» (J .ANIS 2004). Comme pour « nuit ?n8 », « demain ?2m1
», « main?m1 ». Parfois on trouve que l'orthographe d'un seul
mot peut varier, qu'il y a des différentes possibilités pour
l'écriture d'un seul terme tel que « demain ? 2m1, 2main, 2mn,
demn, dmn ».
1.4. Les logogrammes et
paralogrammes (ou sigles)
· Les logogrammes : elle consiste en la
présentation graphique d'un mot, c'est-à-dire des signes
graphiques qui garantissent une représentation sonore fidèles
à des éléments supralinguistiques ; à savoir les
chiffres et les symboles, qui servent à noter des morphèmes
particuliers. Les logogrammes sont appelés par J. ANIS par les
signes-mots et se présentent comme symboles uniques, souvent
empruntés aux écritures scientifiques, et peuvent être
engendrés à partir des séquences alphabétiques :
« 1= un », « 2=deux », « 7= cet, cette », «
+ =plus », « - = moins », « et= & », «
arobase= @ ».
· Les paralogrammes: ce terme est propre
à J. ANIS, il évoque les sigles et les acronymes, qui sont
différentes l'une de l'autre. Le sigle se prononce comme s'il s'agissait
d'un mot normal à l'aide de majuscules, c'est une abréviation
dont les éléments sont prononcés lettre par lettre comme
dans « HEC = École des Études Commerciales », «
CNRS = Centre National de Recherche Scientifique ».Quant aux acronymes,
ils sont prononcés sur un même ton comme un seul mot, le cas de
« CEDEX = Courrier d'Entreprise à Distribution Exceptionnelle
», le1(*) mot SMS est
aussi un acronyme de « essemesse».
1.3. Les étirements
graphiques
Selon J. ANIS l'étirement graphique est « un
procédé expressif reposant sur la répétition des
lettres pour attirer l'attention .Il est conçue pour qu'une
transcription orale ne soit possible » .L'étirement graphique
c'est le recours à la démultiplication des voyelles comme dans
« Jet'aiiiiiiiiiiiiiime », « Ouiiiiiiiiiiiiiiiii » et bien
d'autres procédés, ils sont très répandus dans le
chatpar le biais d'un clavier de l'ordinateur car les espaces d'écriture
électronique ne subissent pas unelimitation de caractères
contrairement à l'SMS.Cependant, cela n'a pas empêché les
SMSistes à l'utiliser, avec un esprit créatif et
plusd'imagination, leur objectif c'est de faire passer leur émotions
dans la langue écrite autrement dittranscrire l'oralité da la
langue, attirer l'attention, exprimer un sentiment, une joie ou unetristesse
pour refléter les états d'âme, des sons ou des bruits.
1.5. Caractéristiques
des néographies
Comment peut-on caractériser le fonctionnement global des
graphies ? Avant de clôturer ce chapitre, nous allons ajouter quelques
caractéristiques des néographies :
· L'hétérogénéité
: certains mots peuvent -être transcrits par la combinaison de
plusieurs procédés, c'est-à-dire ils sont formés
d'éléments de nature différente, ainsi « kelk1 »
« quelqu'un » est formé à partir de la graphie
phonétiste « kelk » et du logogramme « 1 », dans
« j'tapel D ke j rentr » « je t'appelle dès que je rentre
» composé d'une : réduction graphique + logographie
+agglutination + phonétisme.
· Polyvalence et polysémie :
signifie qu'un même signe graphique peut être lu de
différentes façons, notamment les lettres
isolées qui peuvent transcrire deux ou trois mots ayant des sens
beaucoup différents, seul le contexte puisse les distinguer : « T
» peut être « t'es, tes, ta, ton, tu, te ».On doit
mentionner que ce procédé entraine une difficulté de
lecture car les initiés uniquement qui peuvent déchiffrer les
signes d'un SMS.
· Variation : dans ce procédé
le scripteur écrit un mot de plusieurs façons différentes,
il n'emploie pas constamment les mêmes graphies, ainsi « même
»se présente sous la formede « mem » et « mm »,
un SMSiste est très créative alors il ne se contente pas d'une
seule graphie d'un mot, « ojd, ojrd8, aujd, ojdui, aujoudwi, aujourd8,
ojourdwi, etc » pour « aujourd'hui ».
II. Sur le morpho-lexicale
Précédemment dans la partie consacrée aux
« néographies » nous avons tenté d'exploiter les
différentes techniques qu'utilisent les cyberlangues pour écrire
d'une nouvelle façon de mots déjà existants, nous
constatons que le lexique SMS est très riche. Dans cette partie
destinée aux particularités morpho-lexicales, nous essayons de
distinguer les divers procédés que la
cyberlangue dispose afin de créer un nouveau lexique
à partir de mots déjà existants, ils sont : la troncation
ou abrègement, les sigles et acronymes, les anglicismes,
l'onomatopée.
1. La troncation ou
abrègement
La troncation c'est la réduction, ce procédé
consiste à supprimer une ou plusieurs syllabes d'un mot long comme
« ling, fac, tech, math, ordi ». Cette technique était
utilisée il y'a un siècle avec de mots tels que « ados,
intello, parano ». De nos jours elle est très utilisée dans
les petites annonces, les télégrammes, en dactylo (graphie) ou en
prise de notes afin d'économiser de l'espace et surtout de l'argent. La
troncation se subdivise en deux formes : L'aphérèse et
l'apocopeL'aphérèse consiste en « la chute de segments
initiaux d'un mot » (C. FAIRON. J.R. KLEIN et S.PAUMIER.2006 :41).
C'est-à-dire la suppression de lettres ou de syllabe au début du
mot comme dans : « (pro) blème, (ra) caille, (fa) cil(e), (san)
dwich, (sa) lut, etc. »A l'opposé la troncation par apocope
consiste en la chute de segment final, c'est-à-dire supprimer une ou
plus d'une syllabe à la fin d'un mot l'exemple de : « ciné
(ma), auto (mobile),métro (politain), appart (tement), stylo (graphe),
etc. »
2. L'anglicisme
« L'anglais a un statut de langue technologique et aide
à se comprendre dans un contexte plurilingue. » . Elle
représente une puissance mondiale dans tous les domaines, surtout
latechnologie y compris l'internet dont la langue commune représente un
grand avantage pourcommuniquer. Dans les SMS l'anglicisme est très
fréquent, comme c'est le cas de : « Kiss ?bisou», « F2F
?Face to face », « Hiiiiiii? Bonjour », « Cool ?chouette
». « Ok, yo, bye », « Sorry? je regrette, Thanks ? merci,
Sweet? mignon » ses expressions sont partagés par les SMSisteset
sont entrés dans leur langage habituel.
3. Onomatopées
L'onomatopée est une création de mot par imitation
phonétique de l'être ou de la chose désignés. Les
onomatopées ou les interjections, sont habituellement usitées
dans l'univers de la BD et se basait sur l'écriture, le dessin et le
bruitage, ce dernier est énormément important étant
décrit par les interjections, il reflète l'effet sonore existant
réellement. Ils sont employés pour refléter les
états d'âme, des sons ou des bruits : « des rires ?HAHAHAHAH
ou pour symboliser un rire sadique Mouhaha -Arfffffff, des cris? Aïe-
AAAAHH, des cris d'animaux ?Miaou - Coucou- Toc Toc ». Quant aux
interjections ils sont habituels comme pfffff, grrrrr, ooooh, hmmm, chut,
hé, etc.
III /- Autres
procédés
Nous avons essayé de décrire les principaux
procédés orthographiques proposés par J.
ANIS. Cependant nous allons ajouter quelques
procédés que les SMSistes ont développés, ils
comprennent : la ponctuation, l'utilisation des majuscules, ainsi les
émoticônes (smileys).
1. La ponctuation
Dans les messages les signes de ponctuations
révèlent une grande importance, ils permettent de donner une
valeur expressive, émotive ou affective, quant à sa fonction
orthographique elle 1(*)n'est qu'accessoire. Ainsi l'emploi dse plusieurs
points d'exclamation oud'interrogation traduit de fortes émotions, comme
l'étonnement, et compose l'absence de l'intonation, de la
gestualité et de la mimique c'est le cas de : « Quoi ? Ou koi ?????
», « Bon fête ! Ou bon fête !!!!!! ».Ces signes de
ponctuation peuvent être utilisés en grand nombre, tous seuls et
en démultiplication du type :!!!!!!!!!!!!! Ou ?????????? voire
même !?!?!?!?!?!?.
2. Les majuscules
Une majuscule est utilisée pour communiquer le
début d'une phrase après un point, un point d'interrogation, un
point d'exclamation ou les points de suspension. On se sert des lettres
majuscules pour remplacer des syllabes ou même plusieurs mots (ex.
mère? mR, intéressante?
inTrSante, j'ai? G). Parfois, l'emploi des majuscules
représente, comme les étirements graphiques,
l'expression des sentiments et une illustration de l'humeur de
l'émetteur du message comme dans : « Je t'attends depuis 15 minutes
? J TATAN 2PUI 15 MIN !!! ». L'emploi de la majuscule par les scripteurs
s'explique par un désir d'écrire vite et donc de ne pas s'en
encombrer.
3. Les
émoticônes
Les émoticônes appelés aussi «
souriards, smileys en anglais, binettes ou pictogrammes » sont de
petits visages expressifs qui se composent à l'aide des signes du
téléphone mobile pour décrire les émotions
ressentis par le scripteur. Les smileys permettent de lever certaines
ambigüités du message en présentant la façon dont il
doit être expliqué .Ces petits symboles transmettent la mimique et
les émotions divers de l'émetteur comme dans :
Je suis content ?:-)
Je suis triste ?:-(, clin d'oeil ?;-)
Je suis étonné ?:-0
Je fais un bisou ?:-* Eclat de rire ? :-))))))))))
Les smileys peuvent rattacher à la ponctuation expressive,
leurs origines peuvent être liées à des romans ou des
bandes dessinées. Dans le téléphone mobile, les
émoticônes les plus courants sont certainement
réalisés sous forme de pictogrammes.
5. Le langage SMS entre-t-il
en concurrence avec l'orthographe officielle ?
L'usage du langage SMS a mené à un gros
débat sur internet, dans les médias et les journaux, etc. Les
sceptiques ont peur que ce nouveau langage avec ses nouvelles règles
d'orthographe et de grammaire vont détourner les jeunes de leur propre
langue, également, ils craignent que le « texto »
altère les compétences linguistiques des jeunes, et aura par
conséquent un abaissement du niveau de l'orthographe des jeunes. Ils
considèrent que l'écriture SMS n'est qu'une décadence
linguistique, et que ce langage dérivé de la communication
verbale n'est qu'une forme d'expression incorrecte, ils ont même
créé un comité de lutte contre le langage SMS et les
fautes volontaires en 2004.
Néanmoins, les optimistes et les
défenseurs comme J. ANIS, ne craint pas que ce nouveau langage peut
représenter un danger pour le français standard, puisqu'il
indique que le recodage, caractéristique constante du langage SMS,
suppose d'avoir au moins une notion préalable du codage d'origine, donc
de l'orthographe de base. Ainsi pour être capable d'utiliser ce langage
codé, il faut d'abord avoir une connaissance intime et approfondie du
français. D'autres linguistes voient le langage « texto »
comme une évolution positive, et jugent que c'est la meilleure
façon de jouer avec la langue française car il reflète la
créativité des usagers. L'étude menée par CONNIE
VERNHAGEN au Canada sur l'influence des SMS sur l'orthographe a montré
que l'écriture en langage SMS serait un bon moyen de faire «
fonctionnerles neurones » des adolescents puisqu'ils vont
réfléchir à ce qu'ils veulent dire au destinataire du
1(*)message et comment le
dire avec le moins de caractère possibles.
6. Recueil des données
et analyse du corpus
Notre travail s'inscrit dans le cadre de la recherche
fondamentale ensociolinguistique, il s'agit d'un travail mettant l'accent sur
les pratiques des SMS. Pour ce faire, nous avons choisi une population des
étudiants de l'InstitutSupérieurPédagogique de Kaziba.Dans
le but de dégager les représentations et les attitudes envers la
langue française et son usage particulier dans la réduction des
mini messages. , tenant à la constitution du corpus, de
l'échantillon du questionnaire et de l'enquête. Nous sommes
passé à la collecte des données pour la construction du
corpus à analyser. De là, nous essayons en premier temps, de
faire une analyse par les statistiques. Aussi, nous allons faire une
comparaison entre deux variables différentes : variable sexe et variable
groupement, ces variables sont prises en considération car le sexe homme
/ femme et la résidence /groupement, sontsusceptibles d'influencer les
pratiques langagières des locuteurs. Nous essayerons de mettre en
évidence les principaux procédés utilisés dans le
langage SMS de nos enquêtés. Notre réflexion se base sur le
plan phonique, morpho lexical et le lexique.
1. Le public visé
Nous avons choisi les étudiants de différent sexe
de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba, comme notre
échantillon. Le choix de ces étudiants et cette
spécialité, sont dus au fait qu'ils sont potentiellement les plus
utilisateurs du téléphone portable et aussi parce qu'ils ont un
niveau de scolarisation en langue française qui n'est pas à
négliger.
2. Les outils à
mobiliser
Toute recherche se fait généralement à
l'aide d'une ou plusieurs méthodes, nous avons opté pour
l'utilisation d'une méthode bien précise qui est l'enquête,
cette dernière ne se limite pas par un seul type : dans la plupart du
temps, elle se fait de deux façons, l'entretien, ou bien le
questionnaire que nous avons procédé pour notre travail. .Elle
est uniquement collective, car c'est le nombre d'éléments de
l'ensemble qui assure aux questionnaires sa validité et qui permet aux
informations obtenues d'être jugées dignes de confiance, donc elle
est quantitative car elle s'applique à un ensemble d'échantillons
qui doivent permettre des références statiques.
Notre décision de choisir le questionnaire est liée
à ces avantages :
-Il permet de toucher un grand nombre de sujets en
réalisant une économie de temps.
-Outil pour infirmer ou confirmer une hypothèse.
-Il s'agit de relever des informations qui décrivent les
phénomènes objectifs et subjectifs comme les motivations et les
représentations.
-on cherche à quantifier des populations.
· Présentation du questionnaire
Vu le grand intérêt pour « le langage SMS
» et l'orthographe, nous avonsjugé utile de recourir à un
questionnaire que nous avons distribué à 70 étudiantsde
l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba, de différentes
spécialités et/ou Départements,pour les interroger au
sujet de l'utilisation de ce langage et leur relation avec l'orthographe. Le
questionnaire est composé de dix-sept questions fermées et
ouvertes (à voir les annexes).
Question 1 :Utilisez-vous
les SMS ?
|
L'utilisation des SMS
|
Nombre d'étudiants
|
Pourcentage %
|
|
Oui
|
65
|
93%
|
|
Non
|
5
|
7%
|

Dans le tableau ci-haut, nous venons de représenter
le graphique des étudiants de l'ISP KAZIBA qui utilisent le langage SMS
et ceux qui ne le font pas. Sur les 70 étudiants interrogés, 65
ont répondu qu'ils utilisent le langage SMS et 5 qui n'utilisent pas le
langage SMS. Nos résultats indiquent que la majorité des
étudiants de l'ISP/KAZIBA qui possèdele téléphone
utilise le langage SMS puisque le pourcentage des SMS s'élève
à 93 % pour ceux qui utilisent ce dernier, et la minorité
d'étudiants qui ne le possèdent pas représente 7.7%.
Ceci nous amène à dire que le langage SMS
aujourd'hui devient populaire, car étant plus utilisé dans la
communication électronique des étudiants de l'Institut
Supérieur Pédagogique de KAZIBA.
Question 2 : A
qui ?
|
Destinataires
|
Nombre d'étudiants
|
Hommes
|
femmes
|
Pourcentage
|
|
Mes amis
|
44
|
33
|
11
|
67,6%
|
|
Mes parents
|
08
|
6
|
2
|
12,3%
|
|
Autres à préciser
|
13
|
10
|
3
|
20%
|

Nous avons ensuite cherché à savoir avec qui les
étudiants de l'ISP KAZIBA parlent par messages et notre recherche
nous a poussé à un pourcentage de 67,7% pour ceux qui utilisent
souvent le langage SMS en guise de communication avec leurs amis, 20% pour
ceux qui ne communiquent sur SMS qu'avec d'autres catégories de
personnes et 12,3% sont ceux qui le font quand il s'agit d'une communication
avec leurs parents. A travers les tableaux ci-haut, nous avons trouvé
dans nos analyses que nombreux des étudiants de l'Institut
Supérieur Pédagogique de Kaziba utilisent les SMS avec leurs
amis et surtout dans des réseaux sociaux et c'est là qu'ils
s'intéressent à des termes qui ne sont pas acceptés dans
la langue française.
Question 3 : Pourquoi
des mots raccourcis ?
|
motifs des mots raccourcis
|
Nombre d'étudiants
|
Hommes
|
Femmes
|
Pourcentage
|
|
Economie d'espace
|
14
|
12
|
2
|
20%
|
|
rapidité
|
50
|
39
|
11
|
71,4%
|
|
Manque de connaissance du mot
|
6
|
4
|
2
|
8,5%
|

Selon les réponses que nous avons obtenues concernant
l'utilisation des raccourcis dans l'écriture, 71,4 % affirment qu'ils
utilisent les raccourcis dans le cadre de faire une rapidité avec le
moins de lettres possible, afin de répondre rapidement au destinataire.
20% pour ceux qui le font par économie d'espace et de temps pour faire
faciliter la communication. 8.5 % pour ceux qui ont choisi le manque de
connaissance du mot.
Question 4 : Quels
types de raccourcis utilisez-vous ?
|
Réponses
|
Nombre d'étudiants
|
Pourcentage
|
|
L'écriture phonique
|
13
|
18,5%
|
|
L'abréviation
|
51
|
72,8%
|
|
Rebus
|
6
|
8,5%
|

Selon les réponses que nous pouvons obtenir concernant
lesprocédés, le plus fréquent auprès des
étudiants de l'ISP KAZIBA, c'est celui de l'abréviation avec
72,8%, car elle est ancienne et connue, elle facilite aussi la communication
directe , sans écarter bien sûr les autres qui restent sont aussi
considérés comme à la base du langage SMS et de
l'influence de l'écriture de la langue française. Notons aussi
que cette abréviation crée des néologismes de la part des
étudiants de l'ISP KAZIBA comme nous pouvons le voir dans le
deuxième chapitre.
Question 5 : Pour
vous, le langage SMS a-t-il un impact surla langue française, si oui
lequel, si non pourquoi ?
|
Les réponses
|
Nombre d'étudiants
|
Pourcentage
|
|
Baisse du niveau en orthographe, oublie des règles de
grammaire et de conjugaison
|
48
|
68,5%
|
|
Le langage se propage dans les institutions scolaires et
administratives
|
5
|
7,1%
|
|
Le langage SMS crée de nouveaux concepts et de nouvelles
règles de grammaire et de la conjugaison
|
5
|
7,1%
|
|
Le langage SMS n'influe en rien sur l'orthographe de la langue.
Ce n'est rien qu'un jeu d'esprit
|
12
|
17,1%
|

Nos éléments d'analyse confirment que l'emploi
massif de ce langage influenégativement sur le niveau d'orthographe des
étudiants de l'ISP KAZIBA ce qui va entraîner une baisse du niveau
d'orthographe avec 68,5% et l'oubli des règles de grammaire et de
conjugaison.Cela revient avec des inconvénients :
· La baisse du niveau de l'orthographe et parfois aussi
indigence du vocabulaire.
· Fainéantise de l'auteur car il ne se donne pas
la peine d'écrire clairement.
Cela engendre un mépris envers le lecteur qui «
devrait » ainsi s'habituer à ce mode « langage » alors
qu'il en est la victime.
CONCLUSION PARTIELLE
L'utilisation fréquente des SMS chez les étudiants
permet l'apparition d'unnouveau langage correct à eux et cela met en
danger la langue française voire affaiblit les étudiants en
orthographe et en grammaire. La création d'un langage SMS personnel se
fait par l'usage de différents procédés de formation tels
que : les abréviations, l'écriture phonétique, les
rébus et un mélange de langues notamment le français et le
Mashi, ainsi que l'anglais sans oublier les smileys et émoticônes
pour faire passer un message compréhensible.
Dans le présent chapitre, il a été
question de montrer comment l'écriture SMS peut exercer une influence
sur la langue française et arriver même à apporter
certaines modifications sur la langue standard. A part cela, nous avons fait
une analyse du corpus de notre travail qui constitue la base de notre travail
du fait qu'elle éclaircit les techniques d'écriture des jeunes
étudiants de l'ISP KAZIBA afin de créer indépendamment
leurs codes particuliers.
CONCLUSION GENERALE
A travers ce mémoire, qui porte sur l'
« Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de
l'ISP KAZIBA dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage
inédit » Nous avons tenté l'expérience
en apportant un éclairage sur un langage très fréquent
chez les étudiants de l'Institut Supérieur pédagogique de
Kaziba dans les communications quotidiennes dans les réseaux sociaux, et
celui du langage SMS.
Pour atteindre notre objectif, nous nous sommes concentré
sur les questions suivantes:
Ø Pourquoi les jeunes étudiants
s'intéressent-ils au langage SMS?
Ø Quelles sont les compétences nécessaires
pour savoir rédiger les messages "SMS"?
Ø Quelle est l'influence du langage SMS sur la langue
standard ?
Concernant la partie théorique, nous avons
présenté l'orthographe du langage SMS utilisé par les
étudiants de la langue française pour l'objectif de connaitre les
règles qui régissent ce langage.
Partant de ces questions, les réponses suivantes ont
été soumises à l'épreuve de l'affirmation :
§ Après examen de toutes ces questions de la
problématique, il semblerait que les jeunes étudiants
s'intéressent à ce langage pour leurs besoins linguistiques et
communicationnels.
§ L'appartenance à un groupe social ou à
une culture influerait sur la production langagière des étudiants
et sur leur façon de rédiger les messages.
§ Il semble que les SMS présentent un espace de
créativité, d'innovation langagière et une pratique
d'écriture propre aux universitaires.
Nous avions atteint nos objectifs grâce à trois
chapitres qui constituent l'ossature de notre corpus :
Hormis l'introduction, le premier chapitre comporte
l'architecture théorique et méthodologiqued'où
nous avions défini quelques concepts sociolinguistiques liés au
contact de langues (l'alternance codique, le bilinguisme et l'emprunt).
Le deuxième chapitre est consacré au parler
des jeunes étudiants.L'objectif de ce chapitre était de
faire une analyse des techniques employées par les étudiants dans
leurs messages, de plus nous avons élaboré une sorte d'analyse de
l'utilisation de ce type de langage.
Le dernier chapitre qui est la partie pratique est
consacré àl'influence de l'écriture SMS sur la
langue standard, nous avons faitla présentation de corpus, et
l'analyse des données recueillies.
Notre but était d'analyser les techniques utilisées
dans les SMS des étudiants et d'exposer les divers
procédés orthographiques en usage par les jeunes
« SMSites ». Nous avons pris contact avec les
étudiants de l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba
pour recueillir les informations nécessaires pour notre étude et
cerner le cadre de notre travail. Nous avons remarqué que la
majorité de ces jeunes étudiants apprécient le langage
SMS. Ils voient que ce langage donne beaucoup d'avantages à leurs
communications quotidiennes comme la simplicité des expressions et la
rapidité de l'écriture de ces derniers, en justifiant par le fait
qu'en dehors de toutes les règles orthographiques imposées par
les académiciens et grammairiens, ils ont une totale liberté dans
la rédaction.
Après, nous avons découvert que l'essor de
l'abréviation, du langage phonétique, des rebus, des
émoticônes, des néologismes ainsi que l'usage de la
ponctuation, des onomatopées et le renversement des normes d'orthographe
sont généralement les caractéristiques graphiques et
syntaxiques des SMS des étudiants de l'Institut Supérieur
Pédagogique de Kaziba.Nous avons répondu aux questions
posées au début de ce travail de recherche qui ont
contribué à maintenir un fil conducteur.
Les SMSistes éprouvent un plaisir à échanger
et à se communiquer entre eux avec une certaine intimité, de
coder et décoder un message. Les technologies modernes et les
différents réseaux sociaux ont donné une certaine
liberté à un nombre considérable de personnes d'employer
la langue écrite dans leurs relations quotidiennes et interpersonnelles.
L'utilisation excessive des SMS a bouleversé les règles
classiques de la grammaire et les règles orthographiques du
français, les étudiants ont inventé un nouveau mode
d'écriture, qui unie l'hybridation des abréviations et des
expressions nouvelles empruntées au langage familier. Pour une
finalité de transmettre un message bref et simple en même
temps.
Nous avons remarqué qu'écrire un SMS oblige une
maîtrise de la lecture et de l'écriture, la possession d'un nombre
considérable de mots connus orthographiquement en vue de donner un
maximum d'indices au lecteur, car de nombreux écrits inventés
sont, difficiles à décoder.
Le langage SMS est un langage bien formé et
contrôlé, qui nécessite unecertaine maitrise de
combinatoires et des abréviations, de l'habileté d'invention pour
pouvoir rencontrer la meilleure combinaison.
Pour les utilisateurs qui ont besoin d'une
créativité, ils ne sont pas contre l'usage correct de la langue.
Cette contribution n'est qu'une tentative de démontrer les
caractéristiques graphiques du langage SMS des étudiants de
l'Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba et de mettre le point
sur ce parler de jeunes.Nous estimons avoir seulement ouvert la brèche
à tout autre chercheur désireux de s'y investir. Ce travail
étant humain, il n'est pas certainement pas exempté de quelques
imperfections liées à cette nature, c'est pourquoi les remarques
et suggestions qui vont dans ce sens seront bien accueillies.
BIBLIOGRAPHIE
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nouveaux langages du réseau, Le cherche midi,Paris, 2001.
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communication électronique en anglais et en français,Ecriture
abrégée, Bibliothèque de Faits de langue, Ophrys
,2004.
· BACHMANN, LINDENFELD & SIMONIN, Langage et
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· BENVENISTE, E., Problèmes de linguistique
générale, tome 2, Ed. Gallimard, Paris,1974.
· BOURDIEU, P., Ce que parler veut dire,
L'économie des échanges linguistiques, Fayard,1982.
· BOYER, H., « Langues en conflit : Etudes
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· BOYER, H., « Introduction à la
sociolinguistique », Dunod, 2001.
· BULOT, T., « Les parlers jeunes et la
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langagière » dans Les parlers jeunes, Pratiques urbaines
et sociales,
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Rennes, 2004.
· CAUBET, D., et al. « Parlers jeunes et jeunes
urbains : Le nécessaire inventaire » dansParlers jeunes, ici et
là-bas, Pratiques et représentations,L'Harmattan, Paris,
2004.
· CHARAUDEAU, P., Langage et discours, Ed.
Hachette, Paris, 1983.
· CHARAUDEAU, P., Grammaire du sens et de
l'expression .Ed. Hachette, Paris, 1992.
· DEJOND, A., La cyberl@ngue française, La
Renaissance du Livre, Paris, 2002.
· DUBOIS, J., Énoncé et
énonciation. In : Langage, 4e année, n°13, 1969.
· FAIRON C., KLEIN J.R et PAUMIER S., Le langage SMS.
Étude d'un corpus informatiséà partir de l'enquête
« Faites don de vos SMS à la science », UCL Presses
universitairesDe Louvain, 2006.
· JAKOBSON, R., Essai de linguistique
générale, Paris, Minuit, 1963.
· MONDADA L., (2000). Décrire la ville, la
construction des savoirs urbains dansl'interaction et dans le texte. Coll.
villes, éd Economica. 107
· PRIETO, J., Messages et signaux, Presses
Universitaires De France, Vendôme, 1966.
· 3- BOYER, H., « Et le langage des jeunes ?
»,in LE français aujourd'hui, N°124, pp.34- 42, Paris,
1998
II/- Dictionnaires :
· CHARAUDEAU P. & MAINGUENEAU D., Dictionnaire
d'analyse du discours, Ed. DuSeuil, Paris, février 2002.
· DUBOIS J., « Dictionnaire de linguistique et des
sciences du langage ». Larousse-Bordas/HER1999 pour la
présente édition.
· GOUDAILLIER J- P., Comment tu tchatches ! ,3
éd. Mars 2001.
· Le petit LAROUSSE 2006.
III/- Sitographie :
·
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Schéma_de_Jakobson&oldid=79909161.
· http://fr.wikipedia.org/wiki/langage_sms.
· GRIMM-GOBAT G., « Les SMSites réinventent la
langue française », en ligne :
· http://www.largeur.com/printArt.asp?ArtID=1045
· ZELLIG HARRIS, in: http: //aix.vap.Free.Fr/article.php 3
id_article = 35.
· RABEH R., Culture et plurilinguisme en Algérie,
· [http://www.inst.at/trans/13Nr/sebaa13.htm]
· www.sms4science.org/.../le %
20SMS%20révélateurs%20d'1compétence.pdf
· Boumediene, discours du 14 mai 1975, in http: //
www.asays.com/article.php3 ?article=304.
· BULOT, T., « Sociolinguistique urbaine :
Langue(s). Pourquoi le parler jeune ? »,
· Interview pour l'Humanité-Hebdo, Octobre 2002,
sur:http://www.sociolinguistiqueurbaine.com/jeunes3.htm
LES ANNEXES
QUESTIONNAIRE D'ENQUETE
Cher(s) enquêté(e)s
Nous sommes ELIA LIKANGE Sterling, nous avons
l'insigne honneur de vous soumettre à ce questionnaire dans le cadre de
notre recherche en sociolinguistique à l'Institut Supérieur
Pédagogique de Kaziba. Le sujet abordé
est l' « Analyse sociolinguistique de la
messagerie des étudiants de l'ISP KAZIBA dans les réseaux
sociaux. Vers un cryptage inédit ». En
voulant bien répondre à ce questionnaire, vous aurez joué
un rôle très important dans notre recherche et nous vous en
remercions.
I.IDENTITE
1.
Groupement.............................................................................................
2.
Village...................................................................................................
3. Promotion/département
...............................................................................................................
4. Quel est votre
état-civil ?.......................................................................................................
5. Age
6. Sexe
7. Utilisez-vous les SMS? Oui Non
8. A qui? Mes amis mes parents autres
à
préciser......................................................................................................
9. Pourquoi des mots raccourcis ? Économie d'espace
rapidité manque de connaissance du mot
10. Quels types de raccourcis utilisez-vous ?
l'écriture phonique l'abréviation le rebus
11. Pour vous, le langage SMS a-t-il un impact sur la langue
française ? Oui Non
Si oui, lequel ?
Baisse du niveau en orthographe, oubli des règles
de grammaire et de conjugaison
Ce langage se propage dans les institutions scolaires et
administratives
Si non, pourquoi ?
Le langage SMS crée de nouveaux concepts et de
nouvelles règles de grammaire et de conjugaison
Le langage SMS n'influence en rien l'orthographe de la
langue, ce n'est rien qu'un jeu d'esprit
12. Quels sont les abréviations et/ou signes phoniques que
vous utilisez souvent lors de votre conversation par SMS et quelle est la
signification de ces derniers
?........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
13. Utilisez-vous les principaux caractères graphiques du
langage SMS ?
lesquels ?............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
14. Quel regard portez-vous sur ce langage SMS en
général ?................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
15. selon vous, existe-il un âge ou une période pour
utiliser ce langage? Si oui, pourquoi ? Si non,
pourquoi ?...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
16.Selon vous, sle langage SMS est-t-il conforme à
l'orthographe
officielle ?..................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
17. Quels sont les termes que vous utilisez seuls dans votre
auditoire que les autres ne peuvent pas comprendre
facilement ?.................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
S                                       
Table des matières
EPIGRAPHE
2
IN MEMORIAM
3
DEDICACE
4
INTRODUCTION
7
1. CHOIX ET INTERET DU SUJET
7
2.PROBLEMATIQUE
7
3.HYPOTHESES
8
4.OBJECTIFS DU TRAVAIL
8
5.METHODOLOGIE DU TRAVAIL
8
6. ETAT DE LA
QUESTION
9
7. SUBDIVISION DU TRAVAIL
10
8.DIFFICULTES RENCONTREES
10
CHAPITRE PREMIER : ARCHITECTURE
THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE
12
I.1. Cadre théorique
12
I.2. La Sociolinguistique
12
1.Limites et chevauchement avec la
linguistique
12
2.Bref aperçu historique de la
sociolinguistique
13
3. Crise de la linguistique
structurale
14
3.1.La langue chez Saussure
14
3.2.Le signe linguistique
14
3.3. Définition de quelques concepts
clés de la sociolinguistique
15
1. Le
dialecte
15
2. Le patois
15
2.Les sabirs
15
2.Les langues créoles
16
3.La variété
16
II. Les méthodes
comparées
16
A. La méthode quantitative à
partir de questionnaires
16
4 - Les limites des méthodes
quantitatives
19
B - Les méthodes
qualitatives
19
1 - La méthode qualitative
basée sur des entretiens individuels semi-directifs
19
2 - La méthode qualitative
basée sur des entretiens individuels non directifs
22
3 - Les limites des approches
qualitatives
24
I.4. Langage SMS
24
I.4.1. L'alternance codique
25
I.4.2. Le contact de langues
25
I.4.3 Le bilinguisme
25
I.4.4. L'emprunt
26
I.5.Définition de
l'énoncé et de l'énonciation
27
I.5.1. La situation
d'énonciation
28
I.5.2. Actants et circonstants de
l'énonciation
30
5.2.1.
L'énonciateur
30
5.2.2. Le
destinataire
31
I.5.3. Les
circonstants
31
5.3.1. Les circonstants de
lieu
32
5.3.2. Les circonstants de
temps
32
5.3.3. Cohérence et
cohésion du texte scientifique
32
5.4. La
cohérence
32
5.5. La
cohésion
32
5.6. Cas particulier du récit et du
discours rapporté
33
I.6. Le processus de
communication
34
I.6.1. Schéma de communication
proposé par R. JAKOBSON
34
6.2. Les éléments
constituants la communication :
36
6.2.1. Le destinateur
(l'émetteur)
36
6.2.2. Le destinataire
(récepteur)
36
6.2.3. Le contexte
(référent)
36
6.2.4. Le message
36
6.2.5. Le contact
37
6.2.6. Le code
37
3. Les fonctions du langage
37
3.1. La fonction expressive
38
3.2. La fonction conative
38
3.3. La fonction
poétique
38
3.4. La fonction phatique
38
3.5. La fonction
référentielle
38
3.6. La fonction
métalinguistique
39
CONCLUSION PARTIELLE
41
CHAPITRE DEUXIEME : PARLER DES JEUNES
ETUDIANTS
42
I.INTRODUCTION
42
2. Le parler des jeunes « Isparques
»
43
2. Aspects formels du parler des jeunes
Isparques
44
2.1. Le plan phonique
44
Présentation du corpus
46
2. Choix et recueil du corpus
:
46
3. Thématique :
46
4. Les problèmes de constitution du
corpus
47
1. Les caractéristiques graphiques
des SMS
47
1.1 Les procédés scripturaux
selon Jacques ANIS
47
1.1.1 Les logogrammes (les
idiogrammes)
48
1.1.2 Les abréviations
48
1.1.3 Les sigles
49
1.1.4 Les rébus
50
1.1.6 Les graphies
phonologiques
51
1.1.7 Parler court
51
1.1.8 Les procédés de
simplification
52
1.1.8.1 La troncation
52
8.2 L'élision
d'éléments sémiologiques ou de signes
graphiques
53
1.2.2 Les procédés de
spécialisation
54
1.2.2.1 La notation
sémio-phonologique
54
1.2.2.2 L'écrasement de
signes
54
1.2.2.3 Les anglicismes (les emprunts aux
langues étrangères, notamment à l'anglais)
54
1.2.3 Les procédés expressifs
ou d'extraversion
55
1.2.3.1 Les émoticônes ou
smileys
56
1.2.3.2 L'introduction de signes ou de
graphèmes (l'étirement graphique)
56
CONCLUSION PARTEILLE
59
CHAPITRE TROISIEME : L'INFLUENCE DE
L'ECRITURE `'SMS'' SUR LA LANGUE STANDARD
60
I. INTRODUCTION
60
2. Qu'est-ce qu'un
`'SMS'' ?
61
3. L'histoire du langage SMS :
61
I. Sur le plan phonique
63
1. Les néographies
63
1.1. Les graphies
phonétistes
63
1 .2. Les squelettes
consonantiques
64
1.3. Les syllabogrammes et rebus à
transfert
64
1.4. Les logogrammes et paralogrammes (ou
sigles)
65
1.3. Les étirements
graphiques
65
1.5. Caractéristiques des
néographies
66
II. Sur le morpho-lexicale
66
1. La troncation ou
abrègement
66
2. L'anglicisme
67
3. Onomatopées
67
III /- Autres
procédés
67
1. La ponctuation
67
2. Les majuscules
67
3. Les émoticônes
68
5. Le langage SMS entre-t-il en concurrence
avec l'orthographe officielle ?
68
6. Recueil des données et analyse du
corpus
69
1. Le public visé
69
2.Les outils à
mobiliser
69
Question 1 :Utilisez-vous les SMS
?
70
Question 2 : A qui ?
71
Question 3 : Pourquoi des mots
raccourcis ?
72
Question 4 : Quels types de raccourcis
utilisez-vous ?
73
Question 5 : Pour vous, le langage SMS
a-t-il un impact sur la langue française, si oui lequel, si non pourquoi
?
74
CONCLUSION PARTIELLE
77
CONCLUSION GENERALE
78
BIBLIOGRAPHIE
80
LES ANNEXES
82
 
* SCHONWASSER M., De la jactance à
la tchatche. Le monde de l'éducation. n °324, Avril 2004,
p.44.
* Pour plus d'informations et l'historique
du SMS voir C. FAIRON, J.R.KLEIN et S.PAUMIER,
Le langage SMS, UCL Presses Universitaires de Louvain, 2006,
Belgique.
² PAPWORTH Neil, un ingénieur d'essai chez Sema
à l'époque, d'abord envoyé un SMS dans le
Monde à partir d'un laboratoire R&D à l'aide
d'un ordinateur personnel à Richard Jarvis de
Vodafone en utilisant un combiné 901 Orbitèle en
Décembre 1992.
ROSSANA C., « Le bal masqué des mots : le langage
des jeunes français entre verlan et
texto ». C.U.E.C.M., 2008. p.65.
²Ibidem, p.64-65.
ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages de
réseau, p.62.
4ROSSANA C, ibid., p.12.
* ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des
nouveaux langages du réseau, p.66.
* DEJOND A., La cyberlangue
française, p.22.
ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages du
réseau, p.35.
* ANIS J., Parlez-vous texto ? Guide des
nouveaux langages du réseau, p.52.
² GRIMM-GOBAT G., « Les SMSistes réinventent la
langue française », en ligne :
http://www.largeur.com/print Art.asp ?art ID=1045
* VERNHAGEN C ., psychologue de
l'Université d'Alberta, a mené des travaux dont les
résultats tendent à montrer que le langage SMS n'a pas d'impact
négatif sur les compétences
Orthographiques des jeunes. Elle rend compte de sa recherche dans
un article paru en mai 2009 dans la revue Reading and Writing : « lol
: new language and spelling in instant messaging ».
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