INTRODUCTION
La mortalité maternelle est définie selon
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), comme étant le
décès d'une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un
délai de 42 jours après l'accouchement, quelle qu'en soit la
durée ou la localisation, pour une cause quelconque
déterminée ou aggravée par la grossesse ou les soins
qu'elle a motivé, mais ni accidentelle, ni fortuite
(1).
Le ratio de mortalité maternelle est un indicateur de
la performance du système de santé d'un pays, son augmentation
relève d'un dysfonctionnement d'autant plus que le décès
maternel s'agit le plus souvent d'un événement évitable
(2). Malgré sa baisse à l'échelle mondiale de 34,2 % entre
2000 et 2020, le taux de mortalité maternelle demeure
élevé Afrique (3). Sur un total estimé de 287 000 morts
maternels dans le monde en 2020, 87% (253 000 décès) avaient eu
lieu en Afrique Sub-Saharienne et l'Asie du Sud '(4). Le risque de
décès d'une femme durant la grossesse en Afrique est de 1/20
alors qu'il est de 1/2000 dans la plupart des pays développés
(5). Cependant des différences significatives existent entre les
continents, les pays, et à l'intérieur d'un même pays
entres les populations à faibles revenus et à revenus
élevés et entre les populations rurales et urbaines (6). Au
Cameroun, Le ratio de mortalité maternelle est passé de 669
à 782 décès pour 100 000 naissances vivantes entre 2004 et
2011. En 2018, il est estimé à 406 décès pour
100 000 naissances vivantes (NV) selon l'Enquête
Démographique de Santé (EDSC-V) (7), alors que le Cameroun s'est
fixé l'objectif de réduire la mortalité maternelle
à 70 pour 100 000 naissances vivantes d'ici 2030 en accord avec les
Objectifs de développement pour le millénaire (ODM) (8).
Malgré les multiples stratégies proposées
par le gouvernement pour la réduction de la mortalité maternelle,
elle reste et demeure une situation préoccupante dans nos hôpitaux
et en particulier dans le grand Nord du Cameroun (9). Parmi les
dysfonctionnements associés aux décès maternels au
Cameroun figurent : les soins prénataux inadéquats ou
l'absence des soins prénataux, les recours tardifs aux soins, les
accouchements à domicile, les retards pour atteindre les
établissements de soins, les retards de référence, les
retards de prise en charge et les prises en charge inadéquates (10).
Une étude menée par Tebeu et al. à l'Hôpital de
Maroua en 2007 avait retrouvé un ratio de mortalité maternelle
élevé à 1266 décès maternels pour 100.000
naissances vivantes (11). Mais peu de données existent sur les
dysfonctionnements impliqués dans les décès maternels dans
cette ville. C'est pourquoi nous sommes proposés d'étudier ce
sujet, ceci afin de contribuer à la réduction du
décès maternels et améliorer la qualité des soins
de la mère et de l'enfant dans cette ville.
|