CHAPITRE II : REVUE DE LA LITTERATURE
II-1.
RAPPELS FONDAMENTAUX
II.1.1. Historique
L'histoire montre que les hommes ont toujours cherché
des moyens pour riposter contre la mortalité maternelle. On note par
exemple que dans la Grèce antique l'invocation des déesses
était courante pour faciliter l'accouchement et limiter les
complications liées à l'accouchement ''(14). La médecine
s'est ensuite détachée de la religion pour aboutir à la
médicine Hippocratique dite expérimentale. Hippocrate, 460 ans
avant Jésus-Christ (JC),proposait la « succussion »
pour les accouchement de siège (15).
Par la suite, l'histoire de l'obstétrique a
été marqué par Soranos d'Ephèse
considéré comme un spécialiste de la
Gynécologie-Obstétrique qui a contribué à la
formation des sage-femmes (16). Chamberlain Peter (1560-1631) de son
côté avait inventé le forceps « tête
de fer » mais son utilisation concrète a été
adoptée en France en 1771 ''(17).
Au XIX -ème siècle, la pratique des techniques
chirurgicales et d'asepsies avait contribué considérablement
à la réduction de la mortalité maternelle '(18).
Finalement, la découverte des antibiotiques avait marqué le
tournant essentiel de la modernisation médicale de l'accouchement., en
renforçant non seulement les avantages des évolutions
antérieures, mais aussi en mettant fin à la mortalité
effrayante due à la fièvre puerpérale (19).
Grace à l'évolution des connaissances
obstétricales et les découvertes innovantes, la mortalité
maternelle va connaitre une décroissance rapide et continue dans
beaucoup des pays occidentaux tels que la Suède, le Danemark, la
Norvège ou le Pays-Bas atteignant 220 à 290 pour 100.000
naissance vivante ''(20).
De 1937 à 1970, la mortalité maternelle avait
connu une baisse très nette dans l'ensemble des pays
industrialisés. C'était le cas du Sri Lanka, de la Malaisie et de
la Thaïlande qui ont vu décroitre leurs ratios de mortalité
maternelle grâce à la professionnalisation des soins à
l'accouchement et l'amélioration des techniques de prise en charge
(antibiotiques, césariennes, transfusion) (21).
II-1-3. EPIDEMIOLOGIE
II.1.3.1. Fréquence
Entre 2015 et 2019, on estimait que 121 millions de
grossesses indésirées avaient lieu chaque année et 61% de
ces grossesses s'étaient terminés par des avortements
pratiqués dans des mauvaises conditions -(22). Selon l'Organisation
mondiale de la santé, près de 800 femmes par jour sont
décédées en 2020, de causes évitables liées
à la grossesse et à l'accouchement. Le ratio de mortalité
maternelle mondiale était de 223 pour 100.000 naissances vivantes la
même année '(4). La plus grande majorité de
décès, soit 70% était survenue en Afrique Sub-Saharienne
'(4). Le Soudan du Sud, le Tchad et le Nigeria étaient les pays
Africains Sub-Sahariens ayant des ratios de mortalité maternelle
élevés avec respectivement 1223, 1063 et 1047 décès
maternels pour 100.000 naissance vivante '(23).

Figure 1. Répartition de de ratio de
mortalité maternel par pays.
Source: maternal mortality in 2020. Estimates
developed by WHO, UNICEF, UNFPA and the World Bank. World Health Organization,
2023.
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