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Dysfonctionnements rapportés lors des revues de décès maternels à  l'hôpital régional de Maroua de 2019 à  2023


par Nicodème NIGA
Université de Maroua - Doctorat en Médecine générale 2024
  

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II.1.3.2. Facteurs de risques

L'étude des facteurs de risque est primordiale et constitue un bon moyen pour l'élaboration des programmes de préventions maternelle et infantile.

a. Risques liés à l'âge et à la parité :

La parité accroit le risque de mortalité maternelle, tout comme la combinaison âge-parité. La primiparité et la grande multiparité sont associées à un risque de mortalité maternelle élevé comme l'approuve une étude menée au Niger par Ibrahim et al. (24).

Le jeune âge présente un risque de décès maternel élevé à travers le monde. Au Cameroun, une étude menée à l'Hôpital Régional de Maroua avait trouvé que les adolescentes étaient les plus vulnérables comparées aux autres groupes d'âges (11).

Au Mali l'étude de Djilla et al. ''(25) avait montré que le risque de mortalité maternelle était élevé chez les grandes multipares âgées dans 26,98% des cas (30 ans et plus, parité supérieure à 5). Les primipares jeunes (moins de 20 ans et Parité égale à 1) représentaient 20,53 % de décès.

Une étude Camerounaise, avait trouvé que la mortalité maternelle était élevée aux tranches d'âges de moins de 20 ans (1.392/100.000 naissances vivantes) et au-delà de 40 ans (4.000/100.000 naissances vivantes) (5).

En France, on note une augmentation de risque décès maternels avec l'âge. Par rapport aux femmes âgées de 25-29 ans, le risque est multiplié par 2,4 pour les femmes âgées de 35-39 ans, et par 3 au-delà de 40 ans -(26).

a. Risques liés aux statuts socio-économiques

L'OMS estime que les femmes vivant dans les pays à faible revenu sont plus susceptibles de mourir des complications liées à la grossesse ou à l'accouchement comparé aux pays développés. La mortalité maternelle élevée en Afrique Sub-Saharienne à 70% serait dues au bas niveau socio-économique '(4). Les femmes sont ainsi exposées au risque de décès maternels en raison de la négligence à leur égard, parce qu'elles sont parfois mariées pendant leur plus jeune âge, sans éducation et parfois dans des conditions de pauvreté extrême et de sous-alimentation. Les données suggèrent que les femmes des pays en développement ou à faibles revenus ont une autonomie limitée sur leurs décisions en matière de santé '-(27). Cette absence d'autonomie est fortement corrélée à l'issue de la grossesse et la survie maternelle -(28).

Dans un contexte où les femmes sont confinées à domicile, jugées selon leur capacité à procréer, n'ayant pas des décisions à prendre même en matière de leur santé, il y a une augmentation du risque de décès maternels (10).

b. Risques liés au statut matrimonial :

Les célibataires et les veuves ont un risque de décès maternel très élevé. En effet les femmes à statut matrimonial instable sont exposées aux avortements pratiqués dans des mauvaises conditions dont les conséquences vont d'un choc hémorragique à une stérilité secondaire ou définitive ''(29).

Mais cependant , les femmes mariées et les ménagères sont à risque de mourir des complications liées à la grossesse ou à l'accouchement -(30). Ceci parfois en raison des grossesses très rapprochées qu'exigent souvent les partenaires.

c. Facteurs liés à la reproduction :

Les quatre "trop" qui contribuent à accroître le taux de mortalité maternelle sont : "trop d'enfants, trop tôt, trop tard et trop rapprochés"''(31). Ceci peut trouver son explication dans le fait que dans beaucoup des foyers africains, la polygamie est fréquente. Ce qui pousse les coépouses à se disputer pour avoir le plus grand nombre d'enfants, en raison de l'héritage du mari. Dans d'autres cultures, la préférence des garçons aux détriments des filles poussent les femmes à faires des grossesses rapprochées -(32). Cette attitude est encouragée et renforcée par les structures sociales qui restreignent le droit des filles à hériter (6). Dans la société traditionnelle, il arrive que le nombre élevé d'enfants soit la preuve de fécondité d'une femme et constitue une source de main-d'oeuvre pour le couple à la vieillesse(6).

Il a été établie qu'une bonne méthode contraceptive est associée à une réduction significative du risque de mortalité maternelle, mais au Cameroun le taux de pratique des méthodes contraceptives est resté faible (10,33). Ce qui favorise les grossesses rapprochées et accroit le risque de mortalité maternelle.

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