II.1.3.2. Facteurs de risques
L'étude des facteurs de risque est primordiale et
constitue un bon moyen pour l'élaboration des programmes de
préventions maternelle et infantile.
a. Risques liés à l'âge et à
la parité :
La parité accroit le risque de mortalité
maternelle, tout comme la combinaison âge-parité. La
primiparité et la grande multiparité sont associées
à un risque de mortalité maternelle élevé comme
l'approuve une étude menée au Niger par Ibrahim et al. (24).
Le jeune âge présente un risque de
décès maternel élevé à travers le monde. Au
Cameroun, une étude menée à l'Hôpital
Régional de Maroua avait trouvé que les adolescentes
étaient les plus vulnérables comparées aux autres groupes
d'âges (11).
Au Mali l'étude de Djilla et al. ''(25) avait
montré que le risque de mortalité maternelle était
élevé chez les grandes multipares âgées dans 26,98%
des cas (30 ans et plus, parité supérieure à 5). Les
primipares jeunes (moins de 20 ans et Parité égale à 1)
représentaient 20,53 % de décès.
Une étude Camerounaise, avait trouvé que la
mortalité maternelle était élevée aux tranches
d'âges de moins de 20 ans (1.392/100.000 naissances vivantes) et
au-delà de 40 ans (4.000/100.000 naissances vivantes) (5).
En France, on note une augmentation de risque
décès maternels avec l'âge. Par rapport aux femmes
âgées de 25-29 ans, le risque est multiplié par
2,4 pour les femmes âgées de 35-39 ans, et par
3 au-delà de 40 ans -(26).
a. Risques liés aux statuts
socio-économiques
L'OMS estime que les femmes vivant dans les pays à
faible revenu sont plus susceptibles de mourir des complications liées
à la grossesse ou à l'accouchement comparé aux pays
développés. La mortalité maternelle élevée
en Afrique Sub-Saharienne à 70% serait dues au bas niveau
socio-économique '(4). Les femmes sont ainsi exposées au risque
de décès maternels en raison de la négligence à
leur égard, parce qu'elles sont parfois mariées pendant leur plus
jeune âge, sans éducation et parfois dans des conditions de
pauvreté extrême et de sous-alimentation. Les données
suggèrent que les femmes des pays en développement ou à
faibles revenus ont une autonomie limitée sur leurs décisions en
matière de santé '-(27). Cette absence d'autonomie est fortement
corrélée à l'issue de la grossesse et la survie maternelle
-(28).
Dans un contexte où les femmes sont confinées
à domicile, jugées selon leur capacité à
procréer, n'ayant pas des décisions à prendre même
en matière de leur santé, il y a une augmentation du risque de
décès maternels (10).
b. Risques liés au statut matrimonial
:
Les célibataires et les veuves ont un risque de
décès maternel très élevé. En effet les
femmes à statut matrimonial instable sont exposées aux
avortements pratiqués dans des mauvaises conditions dont les
conséquences vont d'un choc hémorragique à une
stérilité secondaire ou définitive ''(29).
Mais cependant , les femmes mariées et les
ménagères sont à risque de mourir des complications
liées à la grossesse ou à l'accouchement -(30). Ceci
parfois en raison des grossesses très rapprochées qu'exigent
souvent les partenaires.
c. Facteurs liés à la
reproduction :
Les quatre "trop" qui contribuent à accroître le
taux de mortalité maternelle sont : "trop d'enfants, trop tôt,
trop tard et trop rapprochés"''(31). Ceci peut trouver son explication
dans le fait que dans beaucoup des foyers africains, la polygamie est
fréquente. Ce qui pousse les coépouses à se disputer pour
avoir le plus grand nombre d'enfants, en raison de l'héritage du mari.
Dans d'autres cultures, la préférence des garçons aux
détriments des filles poussent les femmes à faires des
grossesses rapprochées -(32). Cette attitude est encouragée et
renforcée par les structures sociales qui restreignent le droit des
filles à hériter (6). Dans la
société traditionnelle, il arrive que le nombre
élevé d'enfants soit la preuve de fécondité d'une
femme et constitue une source de main-d'oeuvre pour le couple à la
vieillesse(6).
Il a été établie qu'une bonne
méthode contraceptive est associée à une réduction
significative du risque de mortalité maternelle, mais au Cameroun le
taux de pratique des méthodes contraceptives est resté faible
(10,33). Ce qui favorise les grossesses rapprochées et accroit le risque
de mortalité maternelle.
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