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Dysfonctionnements rapportés lors des revues de décès maternels à  l'hôpital régional de Maroua de 2019 à  2023


par Nicodème NIGA
Université de Maroua - Doctorat en Médecine générale 2024
  

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II.1.3.3. Les causes de la mortalité maternelle

L'OMS selon la dixième et la onzième révision de la Classification Internationale des Maladies (CIM-10 et 11), subdivise les morts maternelles en décès par causes obstétricales directes et indirectes.

a. Les décès maternels par causes obstétricales directes

sont ceux qui résultent de complications obstétricales(grossesse, travail et suites de couches),d'interventions , d'omissions, d'un traitement incorrect ou d'un enchainement d'évènements résultant de l'un quelconque des facteurs ci-dessus (1,34).

Parmi les principales causes directes, on peut énumérer :

· Les hémorragies obstétricales :

les hémorragies constituent les premières causes de décès maternel en Afrique Sub-Saharien (35). Les hémorragies obstétricales peuvent être réparties en : hémorragies du premier trimestre, du deuxième trimestre et du troisième trimestre.

v Les hémorragies du premier trimestre :

Les hémorragies du premier trimestre sont fréquentes. Selon Hendricks et al., une femme enceinte sur 4 éprouve le saignement du premier trimestre (36). Parmi les différentes causes on peut citer :

ü La grossesse extra-utérine :

Les grossesses extra-utérines constituent la principale cause de décès maternel au premier trimestre, représentant 5 à 10 % de tous les décès liés à la grossesse (37). Elle se caractérise par la triade : aménorrhée, douleur pelvienne et saignements. Additionnellement à la clinique, le diagnostic est posé par l'échographie et le dosage des gonadotrophines chorioniques â-humaine (â-hCG).

ü Les avortements :

L'avortement est défini comme l'expulsion spontanée (avortement spontané) ou provoquée (avortement provoqué ou thérapeutique) du foetus avant sa période de viabilité en principe avant la 22 SA à compter de la date des dernières règles. Les avortements clandestins se réfèrent à l'interruption d'une grossesse non désirée par des personnes ne possédant les compétences requises ou dans les conditions ne respectant pas les normes médicales ou les deux. Les avortements peuvent se solder par des multiples complications comme le saignement, la rétention du produit de conception, les infections des voies génitales et les perforations utérines comme le rapportent Nkwabong et al. dans une étude Camerounaise (38).

Au niveau mondial, les avortements non sécurisés sont à l'origine de 67 900 décès maternels par an (13% de la mortalité maternelle totale) et sont à l'origine d'une morbidité maternelle importante notamment dans les régions sous-ressourcées (39).

ü La môle hydatiforme

Les maladies trophoblastiques gestationnelles (DGT) englobent un spectre d'entités pré-malignes et malignes rares provenant du tissu trophoblastique et de la dégénérescence kystique des vélocités choriales. Il existe une grande variation géographique de l'incidence de la mole hydatiforme variant entre 0,57 et 2 pour 1000 grossesses (40).

Elle se complique généralement d'hémorragies qui peuvent être profuses et peut souvent s'accompagner de choc. Additionnellement à la clinique, le diagnostic est posé par l'échographie et le dosage des gonadotrophines chorioniques â-humaine (â-hCG).

v Les hémorragies du deuxième et troisième trimestre

Parmi les causes d'hémorragies du deuxième et troisième trimestre figurent

ü Le placenta prævia (PP) :

C'est l'insertion anormale du placenta en partie ou en totalité sur le segment inférieur au lieu d'être fixé sur le fond utérin. Les principaux facteurs de risques sont la multiparité et un antécédant de césarienne (41).

On distingue 4 types de placenta prævia : le placenta prævia totalement recouvrant, le placenta prævia partiellement recouvrant, le placenta prævia marginal et le placenta prævia latéral.

Dans les deux premiers cas, l'accouchement est impossible par voie basse.

Le placenta prævia se manifeste essentiellement par des hémorragies indolores faites de sang rouge apparaissant dans les trois derniers mois de la grossesse ou au cours du travail.

ü L'hématome rétro placentaire (HRP) :

C'est la collection de sang (hématome) entre le placenta et la paroi utérine due au décollement prématuré d'un placenta normalement inséré avant l'expulsion du foetus

Il survient le plus souvent dans contexte de traumatisme ou d'hypertension artérielle en grossesse. .Il survient dans environ 0,4 à 1 % des grossesses avec une fréquence variant en fonction de la population étudiée (42). Les complications maternelles les plus fréquentes de l'hématome retro placentaire sont le choc hémorragique, les troubles de l'hémostase et plus rarement le décès (43).

ü Rupture utérine (RU) :

Elle est définie comme toute solution de continuité non chirurgicale de l'utérus. La rupture utérine demeure un problème majeur dans les pays pauvres en ressources. Dans les pays industrialisés, elle le souvent lié à un antécédant de césarienne. Par contre dans les pays pauvres ou en développement, elle est le souvent associée à un travail obstructif, à un manque de soins prénataux, à une grande multiparité et à un mauvais accès aux soins obstétricaux d'urgence (44). Elle peut être provoquée (par arme blanche, par arme à feu, par contusion abdominale ou à l'occasion d'une manoeuvre obstétricale) ou spontanée (utérus cicatriciel, déchirure ancienne du col au-delà de l'insertion vaginale, obstacle prævia). La rupture utérine est sans doute l'une des complications obstétricales aiguës la plus redoutée en raison du risque significatif de morbi-mortalité maternelle et périnatale (45).

Le diagnostic de la RU est clinique au cours du travail ou après l'accouchement.

ü Les hémorragies de la délivrance :

C'est un saignement survenant au moment de l'accouchement ou dans les 24 heures (après la délivrance hémorragie du post partum immédiate) ou plus tardivement après l'accouchement (hémorragie du post partum tardif) et dont le volume dépasse 500 ml de sang. Les quatre principales causes sont : l'atonie utérine, la rétention placentaire, le traumatisme obstétrical et le trouble de la coagulation.

L'hémorragie du post-partum est la principale cause de morbidité maternelle sévère et de mortalité dans le monde et aux États-Unis (46).

· Les dystocies

Elles se définissent comme étant tout accouchement difficile quel que soit l'origine et la nature de l'obstacle. Le travail dystocique est une cause importante de décès maternel dans les communautés où la malnutrition dès l'enfance est fréquente, ce qui entraîne de petits bassins chez les femmes. Il est associé à un risque de décès maternel dans les communautés où il y a une difficulté à accéder aux établissements de soins de santé où on pourrait effectuer une césarienne (47). Les décès maternels causés par un travail obstructif et ses conséquences sont difficiles à évaluer car elles peuvent être enregistrées comme une rupture utérine, un saignement ou une septicémie (48). De façon générale les principales complications peuvent être la rupture utérine, l'infection utérine, la septicémie, la péritonite, les lésions de compression avec formation des fistules obstétricales et la mortalité maternelle et/ou foetale.

Selon la cause, les dystocies peuvent être d'origine maternelle ou foetale.

Ø Les dystocies maternelles :

On regroupe dans cette entité :

ü Les dystocies dynamiques : Regroupent toutes les anomalies de la contraction utérine, les anomalies par défaut (hypocinésie.) ou par excès (hypercinésies) de contractions utérines.

ü La dystocie osseuse : Il s'agit de l'obstacle causé par le passage de la filière pelvienne pendant la grossesse. Sa cause réside dans le fait qu'un ou plusieurs axes du bassin osseux sont insuffisants ou à la limite des dimensions nécessaires. La cause la plus importante était le rachitisme.

ü Les malformations congénitales ou acquises : On en trouve de nombreuses et elles effectuent des aplatissements, des rétrécissements et des déplacements du bassin de manière symétrique ou asymétrique.

ü Dystocie d'origine cervicale :Le col de l'utérus est responsable de l'obstacle. Cela peut être dû à une rigidité du col, généralement causée par une anomalie de la contraction. Il est possible qu'il s'agisse d'une agglutination du col, de sténoses cicatricielles après une cautérisation, d'une hypertrophie du col ou d'un fibromyome.

ü Dystocie par obstacle prævia :survient lorsqu'une tumeur dans le petit bassin est située au-devant de la présentation et empêche sa descente. Dans le cas des placenta prævia recouvrant, il y a un obstacle ne permettant pas le passage du foetus rendant ainsi l'accouchement par voie basse impossible.

Ø Dystocies foetales

La présentation du foetus est un élément essentiel lors de l'accouchement dans ce type de dystocies. elles peuvent être relatives (présentation du siège, présentation de la face avec une variété de mento-pubien, présentation du front avec une variété de bregmatique) ou absolues (présentation du front avec une variété de frontale, présentation de la face avec une variété mento-sacrée, présentation de l'épaule, présentation en position transversale) ; Il est possible que la macrosomie entraine ce type de dystocie, ce qui peut rendre l'accouchement difficile en raison d'un manque d'engagement ou d'une dystocie des épaules.

· Les infections :

Le sepsis maternel est « une condition qui menace la vie définie comme un « dysfonctionnement d'organe causé par une infection pendant la grossesse, l'accouchement, la période puerpérale ou après un avortement » (49).

ü L'infection ovulaire ou la chorioamniotite se réfère à l'infection du liquide amniotique et de l'oeuf entier par des germes pathogènes. Elle se produit après la rupture prématurée des membranes (RPM), au début du travail ou à l'accouchement.

ü Les infections du post-abortum sont généralement associées aux avortements pratiqués dans des mauvaises conditions

ü L'infection puerpérale représente un tableau infectieux qui survient dans les suites de couches. Les différentes formes d'infections puerpérales sont les septicémies, les salpingites, les endométrites, les péritonites, les paramétrites.

Les infections maternelles non détectées ou mal gérées peuvent entraîner la septicémie, la mort ou l'invalidité pour la mère, et une probabilité accrue d'infection néonatale et d'autres conséquences défavorables (50). La septicémie maternelle est la deuxième cause de décès maternel aux États-Unis et la troisième cause de mortalité maternelle en Afrique Sub-Saharienne avec 10,7% de décès après l'hémorragie et l'hypertension artérielle (48,50).

· L'HTA et ses complications

C'est la deuxième cause de décès maternels en Afrique Sub-Saharien après les hémorragies obstétricales (35). La pré-éclampsie survient après 20 semaines d'aménorrhée et se caractérise par une tension artérielle systolique supérieure ou égale à 140 mmHg et ou une tension diastolique supérieure ou égale à 90mmHg associée à une protéinurie significative supérieure ou égale 3g / 24 heures et ou des oedèmes des membres inférieurs.

Les complications de la pré-éclampsie sont d'ordre :

ü Maternelles : L'éclampsie, L'hématome rétro-placentaires (HRP), l'insuffisance rénale, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et L'oedème aigue des poumons (OAP)

ü Foetales : l'hypotrophie, le retard de croissance intra utérine, l'accouchement prématuré et la mort foetale in utero.

b. Les causes obstétricales indirectes

Il s'agit de l'aggravation par la grossesse d'un état pathologique préexistant ou apparu au cours de la grossesse. Les pathologies les plus fréquentes sont le VIH/SIDA, le paludisme, l'anémie, la drépanocytose, la tuberculose, les cardiopathies, les hépatites.

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