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Les enjeux de l'Union Africaine (U.A.)

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par Adingra Prince-Florent MENZAN
ENA COTE D'IVOIRE (Abidjan) - Brevet section Diplomatie 2001
  

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GRANDES PANDÉMIES

1. La question de la dette africaine

« L'africain vient au monde avec des factures à honorer, alors que l'européen naît ayant à la main des chèques à encaisser »10(*). Cette assertion évoque éloquemment que le continent africain est endetté. Pendant que l'occident conforte ses acquis en matière de développement, l'Afrique est condamnée à supporter le poids de ses dettes. Donc à demeurer prisonnière d'un cercle vicieux qui consiste à utiliser perpétuellement ses ressources internes pour le remboursement de la dette extérieure.

En effet, depuis longtemps, la viabilité de la dette africaine est l'un des problèmes de développement les plus aigus auxquels la communauté internationale doit faire face. La plupart des pays africains ont été confrontés en permanence à des problèmes d'endettement extérieur insolubles. Le stock de la dette africaine était en l'an 2000, de 334,3 milliards de dollars, selon le rapport de la BAD sur le développement en Afrique 2001. Sur ce total, ce même rapport indique que, les obligations à court terme se montent à 38,9 milliards de dollars et celles à long terme à 295,3 milliards de dollars. Cette répartition s'explique par la prépondérance des prêts publics.

Soixante dix pour cent (70%) de la dette africaine sont dus à des créanciers publics. Douze pour cent (12%) seulement de la dette africaine étaient dus à des banques et des institutions financières et les dix huit pour cent (18%) restant à des créanciers privés.

Dans de nombreux pays, la valeur actuelle de la dette en proportions des exportations de biens et services dépasse deux cent pour cent (200%).

L'endettement extérieur demeure élevé. Il représente en moyenne soixante pour cent (60%) du PIB de l'Afrique, soit plus de deux fois le niveau des exportations. Près du quart des recettes des exportations a été consacré au service de la dette extérieure.

Par ses effets pervers, la dette paralyse le développement car elle accentue l'insuffisance des ressources, aggrave le chômage, détériore les conditions de la femme et de l'enfant, crée une pénurie de médicaments dans les hôpitaux, fait augmenter la mortalité infantile, fait croître le nombre de malade du SIDA et affaiblit le système éducatif.

Certains pays à faibles revenus risquent de voir leur endettement s'aggraver sous l'effet de la détérioration des termes de l'échange et de la perte éventuelle des parts des marchés pour les produits primaires, du fait de la chute de leurs cours. Aussi la lourde dépendance des Etats africains vis-à-vis des sources de financement extérieures, en particulier les prêts bilatéraux et multilatéraux a plus contribué au gonflement de la dette extérieure du continent. Notamment dans les années soixante dix et quatre-vingt.

Pour de nombreux pays de l'Afrique, le fardeau de l'endettement n'est plus viable. Compte tenu de son ampleur et du niveau élevé des taux d'intérêt combinés à des termes de l'échange défavorables, nombre de pays ne peuvent tout simplement plus honorer le service de leurs dettes sans recourir à un rééchelonnement.

Notons que pour le cas général, cet endettement excessif de nombreux pays africains est soit le fait de la structure de leur économie, soit le fait du mode d'emprunt et d'utilisation des fonds empruntés.

La production et les échanges, sont organisés de telle façon que les pays pauvres très endettés ne cessent d'importer davantage qu'ils n'exportent. Donc d'investir davantage qu'ils n'épargnent. Ce qui les amènent à emprunter à l'étranger pour tenter de combler cet écart. Ainsi, la persistance de cette tendance a conduit à une accumulation de dettes et à des problèmes de remboursement. Les capitaux empruntés pour compenser le manque de moyens financiers ayant été soit détournés à des fins personnelles, soit utilisés pour financer la consommation, ou encore investis dans des activités qui n'ont pas pu modifier la configuration des échanges et générer suffisamment des recettes en devises pour permettre le remboursement de la dette.

Comme ont le voit pour beaucoup de pays, l'encours de la dette compromet gravement le redressement économique. Et si aucune action de gestion active n'est menée à terme pour orienter et organiser le système de gestion globale de la dette africaine, le continent ne connaîtra jamais le développement. Car toute accumulation excessive de la dette risque d'entraver à long terme le développement du continent par une combinaison complexe d'incidences sur les données macroéconomiques.

Dans le but de soulager donc l'Afrique du fardeau que représente son endettement, l'Union Africaine doit encourager et même susciter, ou encore négocier des initiatives en faveur de l'annulation de la dette de l'Afrique. Des initiatives de remise de la dette dans le cadre des pays pauvres très endettés sont en cours depuis 1996. Mais elles doivent être motivées et soutenues par une coalition de tous les Etats africains qui vivent presque tous la même situation d'endettement.

Dans un tel contexte, il apparaît nécessaire que les gouvernements africains oeuvrent de concert pour que soit garanti aux pays africains un accès plus rapide aux initiatives de réduction et d'annulation de la dette.

Pareille initiative, bien que possible individuellement, porterait plus si elle se préparait dans une approche globale par laquelle les Etats africains exprimeraient à l'unanimité leurs préoccupations en matière de dette.

La dette dont les efforts d'allègement sont encore trop lents et trop maigres doit constituer pour les Etats africains un combat prioritaire. Son annulation permettrait, comme l'a signifié le représentant démocrate noir américain de l'Etat de l'Illinois, JESSE JACKSON Junior dans son projet de loi « Hope for Africa»11(*), à l'Afrique de rétablir l'équilibre et d'avoir avec les autres continents un échange plus équitable. Mais surtout d'éviter la marginalisation dont elle est actuellement l'objet dans les échanges au plan international. Car comme ont peut s'en rendre compte, le fardeau de la dette fait de l'Afrique un continent otage de ses créanciers qui peuvent lui dicter la conduite à tenir selon leur gré du moment.

D'ailleurs plusieurs arguments exhumés de l'histoire militent en faveur d'une telle action. Ce sont la traite négrière, l'exploitation des ressources de tous ordres du continent par les occidentaux et le soutien apporté par l'Afrique à ses colonisateurs pendant les deux guerres mondiales.

Pour l'Union Africaine, il s'agira de savoir faire jouer tous ces arguments afin de plaider en faveur de l'annulation de la dette du continent.

Au total, on constate que l'endettement représente un lourd fardeau pour le continent africain. Par conséquent cette question doit être réglée pour permettre à l'Afrique de repartir à zéro, mais surtout de souffler.

L'Union Africaine qui vise l'instauration d'un mieux être chez les populations et le développement du continent tout entier doit trouver les moyens de bien gérer l'endettement et veiller à ce que l'Afrique en sorte définitivement.

2 - La lutte contre les grandes pandémies12(*)

Malade des guerres, l'Afrique l'est aussi du SIDA, du paludisme et de bien d'autres maladies qui dévastent ses populations et entravent son développement. L'Afrique est de loin le continent le plus en retard en matière de santé. Malgré les progrès enregistrés dans la lutte contre les grandes pandémies pour faire reculer la mortalité et la morbidité, l'Afrique est toujours l'otage du VIH/SIDA et de beaucoup d'autres pandémies.

Les répercussions socioéconomiques de l'épidémie du VIH/SIDA sont de plus en plus inquiétantes. Selon le rapport sur l'épidémie mondiale de VIH/SIDA, publié par l'ONU/SIDA en 2000, il y avait dans le monde à la fin de l'année 2000 environs 36,1 millions de personnes atteintes du VIH/SIDA. 70%, soit 25,3 millions des personnes atteintes vivaient en Afrique subsaharienne.

Cette région abrite à elle seule 80% des enfants atteints par la maladie. Les ¾ des personnes qui en sont mortes depuis le début de l'épidémie, soit 20 millions au total, vivaient en Afrique.

Dans la seule année 2000, 3,8 millions de personnes ont été contaminées par le virus HIV en Afrique subsaharienne et 2,4 millions de personnes arrivées à un stade plus avancé de la maladie sont mortes d'affections liées au HIV.

Les régions les plus touchées sont l'Afrique australe et l'Afrique de l'Est. Le taux de contamination va de 8% de la population adulte en Tanzanie à 20% en Afrique du sud et en Zambie, 25% au Swaziland et au Zimbabwé, et 36% au Botswana.

Dans les régions centrale et occidentale à deux exceptions près (la République Centrafricaine et la Côte d'Ivoire, avec des taux respectifs de 13,8% et 10,7%) les taux de prévalence sont beaucoup plus faibles; puisqu'ils s'échelonnent entre 1,3% au Niger et 6,4% au Burkina Faso.

En Afrique du Nord les taux de prévalence du VIH sont très faibles, variant entre 0,2% en Egypte et 0,9% au Soudan.

Ces chiffres ont de terribles implications pour les pays africains. En touchant les individus à l'âge où ils sont le plus industrieux et productifs, l'épidémie annihile les progrès accomplis en matière de formation du capital humain. Elle entrave l'éducation et limite les possibilités d'accroître le réservoir de compétences au moment où elles s'avèrent nécessaires pour la construction de l'Afrique.

Du fait de l'incidence du SIDA sur l'offre de travailleurs formés, le rapport 2001 de la BAD sur le développement en Afrique, indique que le Botswana est d'ores et déjà contraint d'importer de la main d'oeuvre qualifiée.

Par ailleurs, l'indice de développement humain de ce pays a diminué de 9% au cours des années 90, et ce malgré l'augmentation de 15% du revenu par habitant.

Le VIH a également exacerbé le problème des enfants des rues et les conséquences sociales que sont la mendicité, le vol, la délinquance, la violence, l'alcoolisme, la toxicomanie, la prostitution et les viols. Toutes choses qui créent un surplus de charges pour les économies nationales.

Les gains obtenus de haute lutte en matière d'espérance de vie disparaissent progressivement dans les pays les plus touchés par la maladie. D'ici l'an 2010, note ce même rapport, l'espérance de vie dans ces pays ne dépassera pas 30 ans, contre 60 au milieu des années 80.

En somme, le coût total de l'épidémie du VIH/SIDA est extrêmement lourd pour les Etats africains pris individuellement. Si l'Afrique ne parvient pas à maîtriser la propagation de l'épidémie, le continent perdra des travailleurs qualifiés déjà en faible nombre. Avec pour corollaire un fléchissement de la croissance économique et de la productivité. D 'après les estimations de la BAD, le PIB par habitant dans les zones les plus touchées sera inférieur de 5% en 2010 à ce qui aurait été sans le SIDA.

L'incidence du SIDA sur les activités économiques risque d'être particulièrement dramatique. C'est cette alerte qui doit en faire une question essentielle à régler par les Etats africains à travers la confection et la mise en oeuvre de programmes efficaces issus des différentes expériences nationales au plan continental.

Selon toujours ces mêmes estimations, 1,5 milliards de dollars par an au moins sont nécessaires pour que des programmes de prévention efficaces et complets puissent être mis en oeuvre à une échelle beaucoup plus importante sur la seule région de l'Afrique subsaharienne. Fort de cette exigence, les Etats africains sont appelés à oeuvrer ensemble pour le financement d'actions d'envergure continentale en vue d'une lutte efficace contre le VIH/SIDA.

L'Afrique doit également, outre le SIDA, faire front à plusieurs autres pandémies qui déciment sa population et minent ses actions de développement.

Le paludisme, loin d'être maîtrisé, continue de faire des ravages dans les zones tropicales. Selon l'O.M.S, le paludisme tue plus d'un million de personnes par an. Cette maladie est restée l'une des causes de mortalité et de morbidité les plus importantes sur le continent. Les nombreuses tentatives de mise sur pieds d'un vaccin efficace et les programmes nationaux de lutte contre la maladie ont besoin d'être coordonnés et suivis simultanément sur l'ensemble du continent.

La situation précaire des populations africaines les expose aux épidémies fréquentes de choléra, de fièvre jaune, etc, qui déciment massivement les populations. Les franges les plus touchées sont les femmes et les enfants.

L'insuffisance des centres de santé dans les zones urbaines et leur quasi-absence dans bon nombre de campagnes rendent difficile l'accès de ces populations aux soins de santé. Toute chose qui aggrave l'exposition des populations les plus démunies qui ne peuvent pas avoir accès aux médicaments.

L'Afrique doit aussi faire face au poids des maladies émergentes et des pathologies réémergentes. La cinquante troisième assemblée mondiale de la santé, qui s'est tenue à Genève, du 15 au 20 mai 2000, a même fait état de la réémergence de foyers de la trypanosomiase humaine africaine, une maladie spécifique au continent qui nécessite que des actions énergiques soient menées afin qu'elle ne redevienne un autre grave problème de santé en Afrique.

En somme, pour le continent, il s'agit d'une exigence absolue que de rétablir son système de santé afin d'éviter des déséquilibres.

Dans la recherche des solutions, l'Unité Africaine devra constituer une plate forme commune qui permettra de saisir toutes les occasions pour offrir des soins essentiels, accessibles et acceptables pour les populations africaines, avec leur pleine participation.

* 10 « la dette de l'Europe envers l'Afrique : le temps d'honorer les arriérés » in EZZAHF AL AKHDAR, édition spéciale (journal libyen)

* 11 Le projet de loi n'a pas été adopté par les instances habilités à le faire. Il n'est donc q'une conception de son auteur. Il y a étalé sa vision de l'aide à apporter à l'Afrique.

* 12 Les chiffres utilisés proviennent de données recueillies dans le rapport de la BAD sur le développement en Afrique 2001

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams