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GRH et performance : Revue de la littérature

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par Dorra Jamoussi
IHEC Carthage - 1ére année Mastére management & stratégie 2008
  

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Institut des hautes études commerciales de Carthage

Revue de la littérature :

gestion des ressources humaines et performance organisationnelle

Travail élaboré par : Jamoussi DORRA

Encadré par : Mme Dammak Salma

Mastére : Management et stratégie

2007/2008Plan

I- Introduction

II- Les définitions 

II-1 Gestion des ressources humaines

II-2 La notion de performance

III- Liens entre GRH et performance

III-1- Etat de l'art

III-1-1 Approche universaliste

III-1-2 Approche contingente

III-1-3 Approche configurationnelle

III-2-Les mesures de l'évaluation et les outils d'évaluation

IV- Cadre empirique

V- Limites

VI- Conclusion et propositions de recherche

I- INTRODUCTION

G.Raad, stipule qu'à la fin des années 1970, « Américains et Européens s'interrogeaient sur les performances exceptionnelles des entreprises japonaises. L'observation montrait que ces entreprises ne disposaient pas de ressources naturelles et de facteurs de production nettement meilleur marché, n'avaient pas une organisation fondamentalement différente et n'avaient pas choisi des stratégies géniales. Une seule chose les différenciait : la qualité de leurs ressources humaines (Donnadieu, 1999). Depuis plusieurs années, les ressources humaines sont au coeur du débat sur les sources de la performance organisationnelle. » (G.Raad, date)

De même avec l'accroissement de la concurrence entre les entreprises, la pression s'est faite plus forte sur les professionnels de la gestion des ressources humaines (GRH). Les fusions, restructurations et autres transformations qu'ont connues les entreprises ont à l'évidence provoqué une profonde remise en cause de la GRH. Après une période d'inquiétude, un espoir s'est manifesté : « Apprendre à mieux compter aidera peut-être les DRH à encore plus compter dans leur entreprise ! » (Le Louarn et Wills, 2001). (P.Gilber, M.Charpentier, date)

En outre les recherches sur l'immatériel montrent toutes une impressionnante croissance de son investissement. D'après P. CASPAR et C. AFRIAT (1988), la part estimée de l'investissement immatériel représente depuis plus de dix ans, près de la moitié de l'effort d'investissement matériel, et cette part dans la valeur ajoutée des entreprises progresse plus rapidement que celle de l'investissement physique. Pour A. MARION (1988), cette évolution est appelée à s'accentuer avec un taux de croissance des investissements immatériels quatre fois supérieur à celui des investissements matériels.( N.Samier, date)

Et pour H. TEZENAS du MONTCEL (1994), il est désormais urgent de « s'interroger sur l'usage du capital immatériel des entreprises ; comment on le repère, comment on l'organise, comment on l'exploite. (...) Le problème de la gestion de l'immatériel dans l'entreprise représente un enjeu majeur. il s'agit là de quelque chose d'essentiel pour le développement des entreprises ».

Notre question centrale est de savoir ; Quel est le lien entre la performance organisationnelle et la gestion des ressources humaines ?

Pour répondre à cette question nous allons faire un panorama sur les études théoriques et empiriques sur ce thème et pour ce faire notre travail se divise en deux parties, dans une première partie nous allons présenter le cadre théorique et dans la deuxième partie nous allons présenter les principaux résultats empiriques sur l'étude du lien performance-GRH.

II- DEFINITIONS :

Avant de commencer à étudier le lien entre la GRH et la performance commençons par définir et présenter ces deux concepts.

II-1 La gestion des ressources humaines :

II-1-1.La fonction ressources humaines :

La fonction Ressources Humaines recouvre « l'ensemble des responsabilités et des activités de planification, d'organisation, de direction et de contrôle des ressources humaines au service des organisations de travail » (Bélanger, Petit et Bergeron, 1983)

Elle assure « l'ensemble des activités d'acquisition, de développement et de rétention (conservation) des ressources humaines, visant à fournir aux organisations de travail une main d'oeuvre productive, stable et satisfaite » (Bélanger et al., 1993). Ce faisant, cette fonction permettrait à l'entreprise de réaliser le niveau et la qualité de production souhaités, ce pour un coût le plus réduit possible (Citeau, 2002 ; Martory et Crozet, 1998 ; Péretti, 1994).

II-2 La performance organisationnelle :

G.Raad, définit brièvement la performance organisationnelle comme « un concept multidimensionnel et complexe, ne se limitant pas aux seuls résultats financiers et dont l'évaluation ne peut se faire que par la mesure de plusieurs résultats organisationnels, externes et internes. » (G.Raad, date)

D'un autre côté Gilbert et Charpentier s'inspirent de la définition du Petit Robert, pour définir le concept de performance comme étant « le résultat chiffré dans une compétition, la performance se rapproche de la métaphore sportive, mais en tant que résultat optimal qu'une machine peut obtenir, elle renvoie à la métaphore mécaniste. Cette approche de sens commun trouve son application en gestion. Mais il n'est pas inutile d'approfondir le sens de la notion. D'ailleurs n'est-il pas limitatif de parler de performance uniquement au singulier ? ( Gilbert, Charpentier, date)

De même Gilbert et Charpentier évoquent l'usage du pluriel de performance organisationnelle pour dire (« les performances de l'entreprise ») en effet « les performances de l'entreprise » n'est pas anecdotique, car, comme le souligne Galambaud (2003), l'entreprise n'a pas une mais des performances. ( Gilbert, Charpentier, date)

L'étude d'Allouche, Charpentier et Guillot (2003) fait apparaître, par ailleurs, la très grande diversité des indicateurs de performance utilisés dans la littérature : cours boursier, rentabilité du capital, taux de profit, croissance des ventes, chiffres d'affaires, satisfaction client, productivité du travail, qualité, performance perçue, turnover... Une telle pluralité d'indicateurs peut laisser perplexe. Mot éponge ou mot-valise, le terme de performance recouvre des notions dont le sens est très largement contextuel et autorise des interprétations nombreuses.

En reprenant l'article de Bourguignon (1996), la performance peut revêtir plusieurs signifiés qui s'articulent autour de trois sens primaires :

- Un succès. De ce point de vue, chaque entreprise se concentrera sur sa propre représentation de la réussite. La performance n'existe pas en soi et elle sera distincte d'une organisation à une autre, mais également d'un groupe d'acteurs à un autre au sein d'une même entreprise.

- Le résultat d'une action. Dans cette acception, la performance ne recouvre pas de jugement de valeur. Traditionnellement, « la mesure des performances est (...) entendue comme l'évaluation ex-post des résultats obtenus » (Bouquin, 1986, p. 114).

- Une action. Dans ce sens, plus rare en français qu'en anglais, la performance est un processus et non un résultat (Baird, 1986).

Dans le sens d'un succès, selon ( Gilbert, Charpentier, date) la performance peut être appréhendée comme « une construction sociale. Si le type de performance recherchée peut différer d'une entreprise à une autre, il peut également varier selon le type d'acteurs. Il est en effet possible, en prolongeant la théorie des stakeholders (Freeman, 1984), d'interpréter la performance selon les enjeux des différents acteurs qui composent l'organisation ou qui y détiennent un intérêt ». Pour les uns, la dimension financière ou comptable sera prédominante tandis que pour d'autres, la dimension consommateur-produit, socio-politique ou encore celle de emploi sera prégnante (Le Louarn et Wils, 2001)

Nous retiendrons donc une définition suffisamment large de la performance pour s'adapter à la pluralité des réalités vécues par les entreprises : « La performance désigne la réalisation des objectifs organisationnels, quelles que soient la nature et la variété de ces objectifs La performance est multidimensionnelle, à l'image des buts organisationnels ; elle est subjective et dépend des référents choisis. » Cette définition générique de la performance facilite son opérationalisation dans un processus d'évaluation ( Gilbert, Charpentier, date)

On cite aussi G.Raad qui présente une approche positiviste de la performance. Celle ci est définie comme le résultat positif d'une action. (G.Raad, date)

De même deux approches sont couramment évoquées dans la littérature, apportant des explications sur les sources de la performance organisationnelle :

L'approche économique selon laquelle les facteurs relatifs à une bonne gestion des ressources internes ont une contribution très marginale à la performance de l'entreprise, celle-ci étant surtout due à des facteurs externes à l'entreprise.

L'approche organisationnelle selon laquelle la performance organisationnelle est fonction d'un ensemble de facteurs internes : individuels, collectifs et organisationnels. Cette deuxième approche est confortée, au début des années 1980, par la théorie des ressources internes (Resource-Based theory) (Barney, 1986, 1991, 1995) selon laquelle les écarts de performance entre les entreprises d'un même secteur d'activité proviennent d'une exploitation des ressources internes plutôt que d'une adaptation de l'organisation au marché et à l'environnement. (G.Raad, date)

***********************************************

Après avoir présenter les différentes définitions de la fonction RH et de la performance organisationnelle il sera nécessaire de s'interroger sur la relation qui peut exister entre ces deux concepts, à la suite de cette partie nous allons présenter le cadre théorique du rapprochement GRH-performance.

III- LIEN ENTRE GRH ET PERFORMANCE :

L'adjonction du terme performance à celui de ressources humaines selon Gilber et Charpentier peut paraître surprenante. Alors que le premier renvoie à des idées de mesure, de quantification et d'évaluation, le second est généralement associé à l'Homme et à sa complexité (Louart, 1996). Admettons cependant que le rapprochement de ces deux termes n'est plus si surprenant. Depuis les travaux de l'école des relations humaines, et plus récemment le développement d'une approche stratégique des ressources humaines avec la RBV (resource based view of the firm), la contribution des ressources humaines à la performance des entreprises est généralement admise. (P.Gilber, M.Charpentier, date)

Les évolutions des modes de production, ainsi que celles de l'environnement concurrentiel ont également contribué à renforcer cette idée. D'un côté, les transformations des configurations productives ont rendu centrale la place des hommes sur la chaîne de valeur ; elles ont fait passer l'individu du statut de simple exécutant dans le modèle taylorien à celui de « coordinateur » et de « développeur » dans les systèmes hommes-machines-clients (Rousseau et Labbé, 2002). (P.Gilber, M.Charpentier, date)

De l'autre, l'agressivité et l'instabilité de l'environnement concurrentiel renforcent l'impératif de performance. Face à l'imprévisibilité des changements et des discontinuités de l'activité, la fonction RH, au même titre que les autres fonctions de l'entreprise, se trouve confrontée à une exigence de plus en plus forte : celle de contribuer davantage -- et de montrer cette contribution -- à la performance de l'entreprise. (P.Gilber, M.Charpentier, date)

Par ailleurs, s'il existe un consensus sur l'objectif ultime de pérennité de l'entreprise (Le Louarn et Wils, 2001), les moyens d'y parvenir peuvent être, quant à eux, très différents. Comme nous l'indique Louart (1996), les repérages de la performance bougent avec les représentations managériales dans un contexte donné, et l'idée d'un lien entre ressources humaines et performance est elle-même soumise à ces représentations. On peut penser que les bonnes performances d'une entreprise permettent « d'investir dans le social » et dans la mise en place de pratiques de GRH élaborées. Mais on peut également émettre l'hypothèse d'une causalité inverse, à savoir celle d'une contribution des ressources humaines à la performance économique, financière, et à la pérennité de l'entreprise.

(P.Gilber, M.Charpentier, date)

III-1 L'état de l'art :

L'état de l'art révèle l'existence de plusieurs courants théoriques qui semblent montrer l'existence d'un effet plausible de la mise en oeuvre des pratiques GRH (le recrutement, la formation, la gestion des compétences, des emplois et des carrières, la mise en oeuvre d'une politique globale et individuelle d'évaluation, l'aménagement des temps de travail, l'amélioration des conditions de travail, la communication, la négociation...) sur l'accroissement de la performance ainsi que sur la capacité des entreprises à développer de nouveaux procédés ou produits et à réussir leurs changements organisationnels (Allani-Soltan, 2003). A partir de ces courants théoriques se dessinent trois approches empiriques reliant les pratiques GRH et la performance à savoir l'approche universaliste, contingente et configurationnelle.

A la suite de cette partie et afin de donner un aperçu sur ces approches, je vais me baser sur trois articles celui de L.Chrétien G.Arcand, G.Tellier et M.Arcand pour l'approche universaliste,D.Chenvert et M.Tremblay pour l'approche contingente enfin

N.Allani, M.Bayad et M.Arcand pour l'approche configurationnelle

III-1-1-L'approche universaliste :

Soltan, Bayad et Arcand reprennent l'idée des tenants de l'approche universaliste pour considérer, indéniablement le recours au paradigme universaliste comme déterminant dans la recherche des pratiques qui maximisent l'efficacité de la firme (Pfeffer, 1994 ; Huselid, 1995 ; Martell, Gupta et caroll, 1996 ; etc.). (N.Soltan, M.Bayad, M.Arcand, date)

Soltan, Bayad et Arcand affirment que dans la conception universaliste, dominante en littérature nord-américaine, la recherche, de nature hypothético-déductive, consiste à partir d'évidences et de constats et procède par la suite à leur généralisation ou « universalisation ». En effet, comme dans le cas de la plupart des sciences sociales, le contexte importe peu par rapport aux caractéristiques intrinsèques de l'organisation (Hickson et al., 1974 , Pugh et Hickson et al., 1976 ; Hickson et Macmillan, 1981). (N.Soltan, M.Bayad, M.Arcand, date)

Ainsi, l'approche universaliste suppose que, indépendamment du contexte d'affaires, certaines pratiques de GRH permettent d'améliorer la manière dont les ressources humaines sont stratégiquement gérées au sein des organisations et, par voie de conséquence, d'accroître la performance de la firme (Pfeffer, 1994, 1998a, 1998b ; Pfeffer et Viega, 1999).

De même M.Arcand, G.Arcand, et E.Morceau, stipulent que la perspective universaliste représente le raisonnement le plus simple en gestion stratégique des ressources humaines (GSRH). Selon cette approche, il existerait des pratiques de GRH qui, indépendamment du contexte d'affaires, pourraient aider les firmes à accroître de manière significative leur niveau de performance organisationnelle. Bien que ces dernières varient d'un auteur à l'autre, le rôle clé de certaines pratiques RH est tout de même reconnu dans l'accroissement de la performance de la firme. (M.Arcand, G.Arcand, E.Morceau, date)

Parmi les principales pratiques RH qualifiées de «performantes» par la littérature scientifique, les auteurs citent celles liées aux activités de rémunération incitative, à la participation des employés, à la formation et au développement de la main d'oeuvre, ainsi qu'à l'aspect sécurité d'emploi (Becker et Gerhart, 1996; Delery et Doty, 1996; Osterman, 1994; Pfeffer, 1998; Pfeffer et Veiga, 1999). S'il peut encore exister une certaine divergence en ce qui concerne l'identification des pratiques «performantes» de GRH, il semble, tout de même, se dégager un consensus lorsque vient le moment de justifier les assises théoriques sur lesquelles repose l'hypothèse universaliste des RH (Becker et Gerhart, 1996; Boxall et Steeneveld, 1999; McMahan, Virick et Wright, 1999). En fait, deux arguments théoriques servent de pierre d'assise aux tenants de l'approche universaliste des RH.

(M.Arcand, G.Arcand, E.Morceau, date)

Plusieurs théories, issues autant de la stratégie, de la finance, de l'économie que de la

psychologie, (Becker et Huselid, 1998), ont contribué à développer un intérêt grandissant

à l'égard de la gestion des ressources humaines en démontrant la contribution de certaines pratiques à l'atteinte de l'efficacité organisationnelle. En effet, chacune de ces disciplines a fourni des arguments au développement d'une perspective universaliste voulant qu'à chaque fois qu'une pratique de gestion des ressources humaines est mise en place, elle exerce un impact positif sur la performance de l'entreprise (Pfeffer, 1994; Delery et Doty,

1996). (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

III-1-1-1-Approche stratégique de la gestion des ressources humaines :

La théorie des ressources et compétences :

La théorie de ressource et compétence a été développée principalement dans le but de mieux comprendre l'avantage concurrentiel. L'exploitation des ressources propres de l'entreprise et sa capacité à développer des actifs stratégiques (Barney, 1991), des compétences uniques (Hamel et Prahalad, 1990) apparaissent ainsi primordiales.

Au-delà d'une meilleure compréhension de l'avantage concurrentiel, l'approche par les ressources et compétences constitue une nouvelle voie pour l'étude de la performance des organisations.

Les ressources originales procurent à l'entreprise un positionnement concurrentiel unique source de performance.

La théorie des ressources et compétence comme cadre conceptuel pour l'évaluation de la GRH :

Chrétien,G.Arcand, G.Tellier et M.Arcand affirment que dans une approche stratégique de la gestion des ressources humaines on peut considérer la théorie des ressources stratégiques qui offre bien évidement un support important à l'approche universaliste de la gestion des ressources humaines. Les bouleversements qui ont caractérisé l'économie des dernières décennies ont accru la difficulté pour les entreprises de mettre en oeuvre des stratégies d'affaires reposant sur des variables externes. Les entreprises n'ont eu d'autres choix que de se tourner vers les variables sur lesquelles elles peuvent exercer un contrôle comme les capitaux financiers, le matériel (équipements, matières premières et technologies) et les individus. L'intérêt grandissant pour ces variables internes a contribué au développement de la théorie des ressources (Wernerfelt, 1984). Selon cette approche, les ressources de l'entreprise, pour constituer un avantage concurrentiel durable, doivent être génératrices de valeur, rares, difficilement imitables ou substituables (Barney, 1991; Pfeffer, 1994). Des travaux ultérieurs de Barney et Wright (1998) permettront de préciser que si ces critères sont essentiels pour qu'une ressource représente un avantage concurrentiel, il faut également lui ajouter un facteur de support organisationnel, c'est-à-dire que l'entreprise doit avoir la capacité d'organiser les ressources (y compris les individus) et les compétences de façon à générer un avantage sur ses concurrents. Toutefois, selon Pfeffer (1994) et Ulrich (1991), la technologie et le capital ne pouvant plus assurer un avantage d'affaires durable, le raisonnement basé sur ces ressources constitue une logique de court terme (Becker et Gerhart, 1996; Lawler, 1995). Seule la structure sociale, c'est-à-dire les ressources humaines, peuvent

dorénavant procurer l'avantage compétitif recherché (McMahan, Virick et Wright, 1999;

Becker et Gerhart, 1996). (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

III-1-1-2-Approche financière de la gestion des ressources humaines :

La gestion des ressources humaines étant davantage reconnue comme une dimension stratégique de l'entreprise, le monde de la finance considère de plus en plus le facteur de risque sur la performance financière de l'entreprise, (comme étant) associé à une mauvaise gestion des individus. Dans les PME, ce risque correspond maintenant à une composante du risque d'affaires (St-Pierre, 1999). Dans une perspective financière, les pratiques de gestion des ressources humaines peuvent être analysées comme de multiples stratégies assurant une coordination optimale des individus et permettant à l'entreprise de contrôler son risque d'affaires et d'obtenir le rendement attendu de ses actifs (D'Arcimoles, 1995; Lepak et Snell, 1999) (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

III-1-1-3-Approche économique de la gestion des ressources humaines

D'un point de vue économique, la perspective universaliste de la gestion des ressources humaines peut s'appuyer sur des arguments provenant de la théorie du capital humain, de

la théorie des coûts de transaction et de la théorie de l'agence. (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

Selon la théorie du capital humain, les connaissances, les habiletés et les compétences détenues par les individus représentent, au même titre que les autres actifs corporatifs, une source de valeur économique pour la firme, souvent supérieure aux actifs traditionnels tels les machines, les immeubles, etc., (Jackson et Schuler, 1995; Ducharme, 1998). En se fondant sur ce principe, les tenants de la perspective universaliste soutiennent que la mise en oeuvre de pratiques de gestion des ressources humaines, telle le développement des compétences (Ashenfelter et Lalonde, 1997), constitue un moyen privilégié d'accroître la valeur du capital humain et par conséquent d'augmenter l'efficacité organisationnelle (Youndt, Snell, Dean et Lepak, 1996; McMahan, Virick et Wright, 1999). Plusieurs travaux théoriques justifient la capacité d'activités de gestion des ressources humaines à augmenter la valeur du capital humain dans tout genre d'entreprise (Hashimoto, 1990; Pfeffer, 1998; Baron et Kreps, 1999).

La perspective universaliste s'appuie également sur :

La théorie des coûts de transaction

(Coase 1937; Williamson, 1979, 1981). Selon Williamson (1981), mettre en place un système administratif pour encadrer les transactions à l'interne ne garantit pas l'efficience de ces transactions. Il est aussi essentiel d'examiner les caractéristiques du capital humain nécessaire à la réalisation des transactions et veiller à façonner la relation d'emploi en conséquence. « Les principes s'appliquant à l'organisation efficiente des transactions en général s'appliquent de la même manière à la gestion du capital humain », explique Williamson (1981 : 562), précisant qu'il faut s'assurer de mettre en place une structure de gouvernance (de très simple à très complexe) qui corresponde bien à la nature des transactions effectuées au sein de l'organisation. (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

La théorie de l'agence développée par Jensen et Meckling (1976) et plus tard (par) Jones et Wright (1992) montre que le comportement de l'entreprise se compare à celui d'un marché, en ce sens qu'il est la résultante d'un processus d'équilibrage complexe. Cette théorie permet d'expliquer la mise en place de certaines pratiques de gestion des ressources humaines, celles-ci constituant une forme de contrat visant à assurer l'arrimage entre les intérêts du principal (le propriétaire de la PME) et ceux de ses agents (le personnel). En d'autres termes, on recourra à différentes pratiques de gestion des ressources humaines en vue de réduire les risques induits par la relation d'agence.

Les changements structuraux qui se sont produits au cours des dernières décennies dans l'économie de la plupart des pays industrialisés ont modifié considérablement la nature

des facteurs procurant un avantage concurrentiel aux entreprises et ont accentué l'importance de bien gérer les savoirs détenus par une entreprise (Snell, Youndt et Wright, 1996). (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

Schumann (1998) explique par exemple que le travailleur est de plus en plus « détaché » du processus de production. En effet, il manipule de moins en moins de matériaux et s'occupe plutôt à assurer le fonctionnement de la technologie mise en place pour soutenir la production. Le rôle du travailleur en devient un de « régulateur de système » car il est appelé à programmer des machines, à contrôler des processus et à solutionner des problèmes. Des modifications aussi fondamentales au rôle du travailleur ont eu pour effet d'accroître considérablement l'importance de ses compétences et plus encore, de sa capacité d'apprentissage. Ces changements supposent aussi une organisation du travail différente permettant d'obtenir un plus grand engagement des individus, une plus forte responsabilisation et une plus grande initiative de leur part (Gittleman, Horrigan et Joyce 1998; Mandal, Howell et Sohal 1998). Drucker (1999) soutient même que le plus grand défi des pays industrialisés ne consistera plus à améliorer la productivité du travail manuel, mais plutôt à augmenter la productivité des travailleurs du savoir (knowledge workers), qu'il faudra aussi être en mesure d'attirer et de conserver au sein de l'entreprise. (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

III-1-1-4- Approche psychologique de la gestion des ressources humaines

Certains chercheurs, qui ont privilégié une approche psychologique de la gestion des ressources humaines, ont établi que la motivation et la satisfaction des travailleurs sont des facteurs pouvant influencer leur comportement et par conséquent, avoir un impact sur la productivité et la rentabilité des entreprises (Huselid, Jackson et Schuler 1997, Schuster et al. 1997). (L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

Outre les pratiques associées à la rémunération, des pratiques favorisant les interactions entre les individus et la création de liens à long terme pourront contribuer à stimuler leurs efforts (Kidwell et Bennet 1993). En ce sens, Fabi, Martin et Valois (1999) rappellent le rôle facilitateur que jouent auprès du personnel les pratiques de communication, de développement des compétences, de participation et de reconnaissance, dans la mise en oeuvre de changements organisationnels nécessitant souvent l'adoption de nouvelles attitudes.

Plusieurs arguments militent donc en faveur de la perspective universaliste qui voudrait que les pratiques les plus reconnues de gestion des ressources humaines aient un effet positif dans toutes les entreprises où elles sont appliquées. Pfeffer et Veiga (1999) ont soutenu ce point de vue en affirmant que les pratiques de gestion des ressources humaines, peu importe le contexte d'affaires, pourraient aider les entreprises à accroître leur niveau de performance.

(L.Chrétien,G.Arcand,G.Tellier,M.Arcand, 2005)

III-1-2- L'approche contingente :

La théorie de la contingence appliquée à la GRH a permis de mettre en exergue principalement deux formes d'alignement : l'alignement vertical et l'alignement horizontal (Delery et Doty 1996). L'alignement vertical, par l'entremise de la perspective comportementale, suggère que chaque stratégie externe (stratégie d'affaires) requiert des comportements spécifiques et que le rôle de la GRH est justement de stimuler ces comportements (Schuler et Jackson 1987). De l'autre côté, l'alignement horizontal appuie l'idée que se sont les stratégies internes à l'entreprise qui sont la source d'un avantage concurrentiel et que la cohérence entre les politiques de rémunération et les systèmes de ressources humaines (organisation du travail, gestion de la qualité, culture organisationnelle) serait plus déterminante que la cohérence entre les pratiques de rémunération et les stratégies d'affaires (Baird et Meshoulam 1988). (D.Chenvert, M.Tremblay, date)

Alignement vertical

La perspective comportementale, qui est au coeur du concept d'alignement vertical, suggère que les caractéristiques organisationnelles, comme la stratégie d'affaires, requièrent des attitudes et des comportements uniques afin d'assurer le succès de ladite stratégie (Delery et Doty 1996 ; Youndt et al. 1996). Une stratégie d'affaires exige des comportements spécifiques pour réussir, et l'utilisation de pratiques de rémunération vise pour l'essentiel à stimuler, récompenser et contrôler ces comportements. Les organisations doivent implanter les pratiques de rémunération qui vont susciter les comportements les plus compatibles avec les stratégies d'affaires. Deux typologies en matière de stratégie ont particulièrement retenu l'attention des chercheurs en GRH : les stratégies concurrentielles de Porter (1980) et le degré de diversification de Rumelt (1974). (D.Chenvert, M.Tremblay, date)

L'alignement horizontal

Les approches stratégiques traditionnelles assument que les firmes d'une même industrie sont identiques à l'égard des ressources stratégiques qu'elles contrôlent (Wright et McMahan 1992). Cependant, les organisations disposent d'une certaine latitude leur permettant de développer des

stratégies internes qui leur sont propres. Des études ont montré que les pratiques de rémunération avaient une plus grande valeur ajoutée lorsqu'elles étaient utilisées pour appuyer des stratégies de développement organisationnel telles que les nouvelles formes d'organisation du travail, la gestion de la qualité et la culture d'entreprise (Cooke 1994 ; Kochan et Osterman 1994). (D.Chenvert, M.Tremblay, date)

Organisation du travail

Les nouvelles formes d'organisation du travail, telles que les équipes autonomes, ont pour effet de modifier les structures de pouvoir et de communication au sein des entreprises (Cohen et Bailey 1997). Cette réforme du travail a pour incidence d'accroître généralement le degré d'autonomie

des membres et l'interdépendance des tâches, accentuant ainsi l'importance de l'esprit d'équipe et de la collaboration (Wageman 1995). Cette collaboration à l'intérieur des équipes de travail ne pourra conduire à la solution coopérative que dans la mesure où elle est accompagnée d'un

programme de rémunération approprié (Levine et Tyson 1990). La nature complexe des compétences que suscitent ces équipes invite les organisations à promouvoir une politique salariale de leader assortie d'incitatifs

collectifs afin de ne pas nuire à la dynamique de groupe (Dunphy et Bryant 1996). La gestion de la rémunération y est décentralisée et transparente, de manière à laisser aux membres le soin d'identifier les plus méritants (Flannery, Hofrichter et Platten 1996). Cependant, la difficulté d'évaluer les performances individuelles au sein des équipes, en raison de l'interdépendance

des tâches, milite en faveur de bonis basés sur le rendement de l'équipe plutôt que sur la performance de chacun des membres (Wageman et Baker 1997). (D.Chenvert, M.Tremblay, date)

Gestion de la qualité

Selon Allen et Kilmann (2001), certaines politiques de rémunération seraient plus appropriées que d'autres dans un contexte de gestion de la qualité. L'investissement en gestion de la qualité inciterait les organisations à faire évoluer les critères d'évaluation de la performance de façon à

récompenser le groupe plutôt que l'individu (Olian et Rynes 1991). L'élargissement des responsabilités (ex. : résolution de problèmes, amélioration continue), qu'exige cet environnement de travail, amène les entreprises à verser des salaires de base un peu plus élevés de manière à attirer et retenir les personnes possédant ces compétences (Snell et Dean 1992, 1994).

En matière de gestion du système de rémunération, l'étude de Fosam, Grimsley et Wisher (1998) suggère que la transparence, la justice procédurale et la qualité des communications sont des conditions importantes de succès d'une démarche de gestion de la qualité. De plus, dans un

souci d'une plus grande cohérence, la valorisation de l'autonomie et de

la Culture d'entreprise

La culture d'entreprise est considérée comme le reflet des valeurs, des symboles, du langage, de l'idéologie, des rituels et des mythes perceptibles dans les organisations (Pettigrew 1979 ; Deal et Kennedy 1983). À l'image de la culture, les politiques salariales sont imprégnées de symbolisme

de telle sorte que chaque forme de rémunération a le potentiel de transmette un message différent (Kerr et Slocum 1987). Dans le but d'assurer une plus grande cohérence avec la culture participative, les pratiques de rémunération doivent signaler une plus grande démocratisation dans les milieux de travail. Une plus forte transparence et décentralisation dans la gestion de ces pratiques s'avère nécessaire pour assurer cette cohérence.

En outre, la participation des employés aurait plus de chance de succès dans un environnement où les récompenses financières viennent appuyer l'implication des employés dans la prise de décisions (Smith et Brannik 1990). (D.Chenvert, M.Tremblay, date)

III-1-3-Approche configurationnelle :

Parmi ces principales approches de la gestion stratégique des ressources humaines (GSRH), l'approche configurationelle des ressources humaines (RH) retient l'intérêt d'une grande partie de la communauté scientifique la GRH n'a de réel effet sur l'efficacité de l'organisation que dans la mesure où elle parvient à constituer un regroupement cohérent de pratiques capables de s'harmoniser avec les principales caractéristiques de l'organisation (Baird et Meshoulam, 1988 ; Barney, 1995 ; Baron et Kreps, 1999 ; Dyer et Holder, 1988 ; Dyer et Reeves, 1995 ; Dyer et

Kochan, 1995 ; Huselid, 1995 ; Lado et Wilson, 1994 ; MacDuffie, 1995 ; Whitfield et Poole, 1997 ; Wright et Snell, 1991, 1998 ; Wright et McMahan, 1992 ; Wright et al., 1996).

l'approche configurationnelle implique l'idée d'un processus de décision holistique et incrémental. Les configurations, qui ne sont que des idéaux-types, peuvent être vues comme une architecture de liens multiples (non linéaires) et interactifs entre les éléments de la stratégie et les grappes de pratiques de GRH; une architecture susceptible d'évoluer au cours du temps (Miller, 1989) pour atteindre un niveau maximal d'efficacité. La perspective configurationnelle

dépasse ainsi le cadre de l'ajustement vertical introduit par l'approche de contingence, qui fait référence à la cohérence externe pouvant exister entre un groupe de pratiques de GRH et une caractéristique organisationnelle (la stratégie d'affaires par exemple), et intègre parallèlement à celui-ci un principe d'ajustement horizontal portant sur la cohérence interne entre les pratiques de GRH. (N.Allani, M.Bayad, M.Arcand, date)

Les configurations issues des idéaux-sont obtenues soit par construction théorique soit par observation empirique. Toutefois et comme le soulignent Doty et Glick (1994), la plupart des chercheurs en GRH préfèrent les configurations basées sur des construits théoriques.

La complexité théorique de l'approche configurationnelle par rapport à celle de l'approche de contingence réside également dans le fait que les configurations résultent d'effets de synergies et d'interactions non linéaires ne pouvant être obtenus par des analyses bivariées comme dans le cas de l'approche contingente Contrairement au principe de supériorité de l'approche universaliste, l'approche configurationnelle postule, à travers le principe d'équifinalité, que plusieurs configurations peuvent conduire à un niveau de performance maximal. Ces

configurations ne doivent pas être vues comme étant des catégories immuables dans lesquelles doivent venir s'inscrire les organisations, mais comme des profils idéaux dont les organisations se rapprochent plus ou moins. (N.Allani, M.Bayad, M.Arcand, date)

Le fait de regrouper des pratiques de GRH en un système cohérent remonte aux années 1960 et plus précisément aux travaux de Woodward (1965) et de Burns et Stalker (1961) qui ont montré l'importance, pour une organisation, de l'alignement de la technologie ou de la structure organisationnelle sur des éléments de la GRH. Les écrits de Lawrence et Lorsch (1967) ont de leur coté montré l'importance de créer une certaine forme d'arrimage interne entre la structure organisationnelle, les tâches, les processus administratifs et les individus, et ont servi de base à des validations empiriques intéressantes (Lorsch et Allen, 1973 ; Lorsch et Morse, 1974). (N.Allani, M.Bayad, M.Arcand, date)

III-2-La mesure et les outils d'évaluation de l'apport de la GRH à la performance organisationnelle :

L'idée de mesurer le capital humain fait l'objet de nombreux travaux depuis les années 1960. Plus récemment, Edvinsson et Malone (1997), se basant sur l'idée que le décalage entre la provient du capital intellectuel, tentent de mesurer ce capital. Leur apport principal est donc d'associer les RH d'une entreprise à sa valeur économique, en affirmant que le capital humain joue un rôle important dans la création de valeur au sein de l'entreprise. D'Arcimoles et Trébucq (2002) ont modélisé la relation entre les RH et la création de valeur, en décomposant les différentes étapes de cette relation et en montrant les facteurs intermédiaires qui la médiatisent. Selon ces auteurs, la qualité des RH, la cohérence interne des pratiques de GRH, la cohérence externe entre ces pratiques et la stratégie de l'entreprise et l'adaptation de ces pratiques à l'environnement font des RH un avantage concurrentiel pour l'entreprise. Celui-ci contribue à la création de valeur par l'amélioration du rendement et la réduction du risque provenant d'une gestion sociale inadaptée. (G.Raad, date)

De leur côté, Le Louarn et Wils (2001) pensent que si les RH produisent de la valeur « naturelle » grâce aux qualités intrinsèques que possède chaque individu quand il arrive au travail, elles produisent également de la valeur « indirecte » grâce à la mise en place d'une politique de GRH qui aide l'entreprise à obtenir un avantage compétitif RH et lui permet de distancer les concurrents et de réaliser une performance organisationnelle supérieure.

La dernière décennie a vu naître des slogans sur la mesure de la performance et des pratiques de la GRH tels: You can't manage what you can't measure ou encore Nothing improves until it is measured. Mesurer l'apport de la GRH à la performance de l'entreprise permet de mieux contrôler et mieux gérer les RH et donc d'optimiser la contribution de cette fonction à la performance organisationnelle. Mais celle-ci étant un concept multidimensionnel résultant des

effets des pratiques de toutes les fonctions de l'entreprise, un résultat organisationnel peut provenir simultanément des résultats de fonctions différentes. Il est donc extrêmement difficile de démêler les effets de chaque fonction et de délimiter l'apport propre à chaque fonction de gestion dans la performance organisationnelle. (G.Raad, date)

En l'état actuel des connaissances, ce que l'on sait sur la contribution de la GRH à l'augmentation de la performance organisationnelle se résume à une constatation:

la fonction GRH, par des pratiques « convenables », permet de tirer le meilleur parti des RH de l'entreprise. Les résultats de ces pratiques contribuent à l'amélioration de la performance d'une entreprise. Mais il ne s'agit pas de la seule source d'amélioration de la performance organisationnelle. Les résultats des différentes fonctions de gestion s'entremêlent pour aboutir à des résultats organisationnels, d'où la difficulté d'isoler et d'évaluer la contribution propre de chaque fonction, notamment celle de la fonction GRH, à la performance. (G.Raad, date)

III-2-1-Des outils d'évaluation qui cherchent leur finalité :

Dans son sens le plus habituel, l'évaluation consiste en l'ensemble des dispositifs dont la finalité première est de porter un jugement sur la « valeur d'un objet ». Eston davantage sur le « comment » ou sur le « quoi » ? Évaluer suppose des situations permettant de recueillir des informations qui, après traitement, seront susceptibles de révéler quelque chose de fiable et de substantiel sur la « valeur d'un objet ». Si les praticiens sont intéressés par les recherches académiques, ils restent toutefois dubitatifs quant à la capacité de ces recherches à fournir un cadre d'application dans leur propre organisation. (P.Gilber, M.Charpentier, date)

C'est sans doute parce que les questions du terrain empruntent des voies différentes de celles de la recherche.

Dans la pratique, les entreprises utilisent une grande variété d'outils dont il est parfois difficile de faire émerger les finalités. Il faut bien reconnaître que la manière dont la littérature spécialisée aborde la performance RH ne permet guère l'action. La recherche produit, certes, des connaissances sur le lien entre les politiques et pratiques de GRH et les différentes performances de l'entreprise, mais ces connaissances ne sont pas actionnables. À l'inverse, la littérature managériale promeut des « outils » qui, lorsqu'ils trouvent leur marché rencontrent des difficultés d'application multiples et - sans doute pour cette raison - sont soumis à un renouvellement continu, obéissant à la logique de la « mode managériale » (Midler, 1986). (P.Gilber, M.Charpentier, date)

La notion de performance se dérobe à l'entendement de ceux-là mêmes qui tentent de la cerner par une approche scientifique. Il y a sans doute de bonnes et de mauvaises performances RH, mais il n'y a pas une « vraie » mesure de la performance. Encore faut-il qu'elle ait un sens, et que la mise en oeuvre d'outils d'évaluation ne soit pas assimilable à un simple rituel. Pour répondre aux exigences d'une action raisonnée et sortir des solutions toutes faites, un cadre d'analyse est indispensable.

(P.Gilber, M.Charpentier, date)

IV- Les travaux empiriques :

Bon nombre de recherches empiriques tentent de valider le lien entre l'introduction de certaines pratiques « performantes » de GRH et l'efficacité de la firme.

Les résultats retrouvés dans la littérature empirique semblent d'ailleurs démontrer la pertinence des deux conceptions théoriques à savoir la GRH et la performance organisationnelle. À preuve, certaines études ont pu démontrer les effets positifs engendrés par l'introduction de certaines pratiques « performantes » de GRH sur l'efficacité financière de la firme.

Par exemple, l'étude menée par Delery et Doty (1996) a permis de conclure que les pratiques de partage des profits, de protection de l'emploi et d'évaluation du rendement des employés constituent d'importants déterminants de l'efficacité financière des banques américaines. Dans le même sens, l'étude de Stephen et Verma (1995) réalisée auprès de grandes entreprises syndiquées canadiennes démontre également une importante relation entre les pratiques visant la protection de l'emploi, les programmes de qualité de vie au travail et le niveau de profitabilité de ces dernières.

D'autres études ont également obtenu des résultats similaires.

L'étude menée par Huselid et Becker (1997) auprès d'entreprises américaines, présente une relation significative entre d'une part, l'investissement réalisé dans certaines pratiques RH dont notamment les pratiques d'évaluation du rendement, de rémunération et de gestion des carrières et d'autre part, l'accroissement de l'avoir des actionnaires.

Par ailleurs, Barette et Simeus (1997), dans une étude comprenant 80 entreprises du secteur de la haute technologie, prouvent l'existence d'une relation entre l'accroissement de l'efficacité financière de ces firmes et la présence de certaines activités RH dont les activités de rémunération et d'évaluation du rendement.

L'impact des pratiques de RH fut aussi validé avec succès sur d'autres paramètres organisationnels. À cet effet, la recherche menée par Welbourne et Andrews (1996) démontre également une relation hautement significative entre le taux de survie d'entreprises nouvellement inscrites en bourse et l'introduction de pratiques RH, essentiellement celles ayant trait aux politiques de rémunération incitative.

De plus, Guérin, Wils et Lemire (1997) conclurent aussi que l'introduction de pratiques axées sur la participation et la communication avait pour effet de réduire substantiellement le niveau d'insatisfaction au travail d'employés professionnels syndiqués. Dans la même voie, Berg (1999) démontre que le niveau de satisfaction des employés américains du secteur de l'acier est aussi fortement relié à la présence de pratiques RH telles que les groupes autonomes de travail, la formation et la multiplication des canaux de communication.

D'autres recherches ont, quant à elles, mesuré l'effet des pratiques « performantes » de GRH en utilisant, cette fois ci, plusieurs critères de performance organisationnelle. Entre autres, Betcherman, McMullen, Leckie et Caron (1994) prouvent l'existence d'une relation significative entre la participation des employés, la rémunération incitative et l'amélioration de certains indicateurs de performance tels que le climat social et la productivité organisationnelle. De la même façon, Batt et Applebaum (1995) démontrent que les organisations plus participatives et plus flexibles peuvent compter sur des employés plus satisfaits et plus engagés, mais montrent également une qualité de produit supérieure aux entreprises réputées plus traditionnelles. Enfin, Huselid (1995), tout comme Huselid, Jackson et Schuler (1997), prouvent l'existence d'une importante relation entre le niveau d'investissement atteint dans certaines innovations RH et divers critères de performance comme le taux de roulement, le niveau de productivité et la valeur économique de la firme. Toutefois, en dépit de résultats encourageants, une série de questionnements, principalement d'ordre méthodologique, continuent de miner la portée de ces études (Gerhart, 1999).

(M.Arcand, G.Arcand, E.Morceau, date)

Gibert et Charpentier ajoutent aussi que la recherche en gestion a produit une somme considérable de travaux portant sur le lien entre ressources humaines et performances.

L'étude d'Allouche, Charpentier et Guillot (2003) dresse un panorama de ces études empiriques en s'appuyant sur près de 180 résultats de recherche parus depuis la fin des années 1970. Les auteurs examinent tour à tour les études se concentrant sur une pratique de GRH particulière5 (approche unidimensionnelle) et celles s'intéressant à des systèmes de pratiques (approche pluridimensionnelle). (P.Gilber, M.Charpentier, date)

Dans la première perspective, les résultats sont parfois mitigés, voire contradictoires. À titre d'illustration, dans le domaine de la rémunération, certaines recherches montrent que l'actionnariat salarié a une influence positive sur la performance organisationnelle (Conte et Svejnar, 1990 ; Vaughan-Whitehead, 1992 ; Jones et Kato, 1995), tandis que d'autres concluent à un effet négatif (Dondi, 1992 ; Kruse, 1992 ; Fakhfakh, 1994 ; Poulain-Rehm, 2000).

Malgré ce contre-exemple, une majorité de relations positives sont mises à jour. Elles sont toutefois à resituer dans un contexte particulier prenant en compte les spécificités de l'organisation et son environnement. (P.Gilber, M.Charpentier, date)

Dans la seconde approche, les résultats, beaucoup moins nombreux, sont convergents : toutes les études adoptant une posture pluridimensionnelle concluent à une influence positive des systèmes de pratiques de GRH sur la performance économique et financière de l'entreprise (Arthur, 1994 ; MacDuffie, 1995 ; Huselid, 1995 ; Koch, Gunther et Mac Grath, 1996 ; Ichniowsky, Shaw et Prennuschi, 1997). (P.Gilber, M.Charpentier, date)

Néanmoins, sur l'ensemble des travaux, rares sont ceux ayant mis en place une méthodologie de recherche permettant de statuer sur la nature de la relation : corrélation n'a jamais signifié causalité et si le caractère répétitif de ces corrélations, comme nous le fait remarquer Le Louarn (2004), est tout de même intrigant, il ne pourra pas nous apporter davantage que de fortes présomptions. (P.Gilber, M.Charpentier, date)

V- LES LIMITES :

Ce travail avait pour but de vérifier l'impact de certaines pratiques de gestion des ressources humaines sur la performance sociale, économique et financière d'entreprises de gestion de projets. Nous avons exposé, dans notre cadre théorique, différentes approches sur lesquelles les travaux s'appuient généralement pour expliquer en quoi ces pratiques pourraient affecter la performance des entreprises.

Comme toute recherche, celle-ci comporte certaines limites et les recherches futures devraient permettre de les dépasser.

La première limite se situe au niveau de la méthodologie que nous avons utilisé pour montrer le lien entre performance et gestion des ressources humaines, nous nous sommes limités à exposer les différentes approches théoriques, à faire un état de l'art sur les recherches et les études empiriques antécédentes,et on a pas fait une étude sur le terrain pour vérifier ce lien.

VI- CONCLUSION :

Références :

& COMMENT ÉVALUER LA PERFORMANCE RH ? QUESTION UNIVERSELLE, RÉPONSES CONTINGENTES Patrick Gilbert1, Marina Charpentier, 2005

& L'EFFET DES PRATIQUES DE LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES SUR L'INNOVATION Nada Allani-Soltan Mohamed Bayad Michel Arcand, 2002

& LES PERFORMANCES DES ENTREPRISES RÉUNIONNAISES EN GESTION DES RESSOURCES HUMAINES Michel Boyer1, Christine Jaeger2, Olivier Mérignac3, Patrick Valéau, (date)

& QUELS LIENS ENTRE LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ET LA PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE ? LE CAS DE L'ACTIONNARIAT SALARIÉ Ghada Raad (date)

& Impacts des pratiques de gestion des ressources humaines sur la performance organisationnelle des entreprises de gestion de projets Revue internationale sur le travail et la société, février 2005 Lise Chrétien1, Guy Arcand2, Geneviève Tellier3 et Michel Arcand, 2005

& DECISIONS DE GRH ET PERFORMANCE BOURSIERE : existerait-il une spécificité du marché français ?. Géraldine SCHMIDT Jérôme HUBLER

& Le rôle de la gestion des ressources humaines dans le développement des Caisses populaires Desjardins du Québec : une validation de l'approche universaliste des ressources humaines

& Michel Arcand , Guy Arcand et Éliane Moreau

& De la productivité du capital humain à la performance des ressources humaines : vers une pertinence des modèles d'évaluation Nathalie SAMIER, date

& L'EFFET DES PRATIQUES DE LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES SUR L'INNOVATION Nada Allani-Soltan, Mohamed Bayad , Michel Arcand, date

& ÉTUDE DE L'EFFICACITÉ DE LA GRH DES ENTREPRISES FRANÇAISES : L'APPROCHE CONFIGURATIONNELLE Nada Allani-Soltan1, Mohamed Bayad2, Michel Arcand3

& Le rôle des stratégies externes et internes dans le choix des politiques de rémunération DENIS CHÊNEVERT, MICHEL TREMBLAY, date






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