WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Analyse du système de commercialisation des graines de "voacanga africana" au Bénin et les implications pour la conservation de l'espèce

( Télécharger le fichier original )
par K. Edem Aubin Fafeh
 - agroéconomiste 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

3.IDENTIFICATION ET CARACTERISTIQUES DES ACTEURS

3.1.Identification des acteurs

Cinq catégories d'acteurs ont été identifiées dans le système de commercialisation des fruits/graines de Voacanga africana mais nous avons pu enquêtés quatre catégories d'acteurs. Il s'agit :

· des récolteurs : ils constituent le premier maillon de la chaîne de commercialisation du fruits/graines de Voacanga africana ; ils récoltent les fruits dans les jachères et les friches, et les vendent aux autres acteurs ;

· des courtiers : ils assurent l'assemblage des fruits au niveau d'un village ou d'un groupe de récolteurs situés dans la même zone de récolte. Ils se situent généralement à une distance moyenne de 0,5 (#177; 0,52) kilomètre des récolteurs ; Ils sont des représentants des autres acteurs résidant loin de la zone de récolte et ils agissent le plus souvent au nom de ces derniers ;

· des collecteurs secondaires : ils assurent le transit des fruits/graines de V. africana des zones de récolte vers la grossiste ; ils ne résident pas souvent dans les zones de récolte. Leur lieu de résidence est situé à distance moyenne de 8,39 (#177; 3,68) kilomètres des récolteurs ;

· d'une grossiste : elle collecte les fruits récoltés par les récolteurs et/ou achetés par les courtiers et les collecteurs secondaires ; toute la récolte de la zone d'étude converge vers elle, et c'est elle qui se charge de la livrer aux exportateurs qui, eux, viennent du Togo, du Nigéria ou du Ghana ; le lieu de résidence de la grossiste est situé à une distance moyenne de 7,02 (#177; 3,06) kilomètres des récolteurs.

3.2.Caractéristiques socioéconomiques des acteurs

Les principales caractéristiques socio-économiques retenues dans cette étude sont : le sexe, l'âge et le niveau d'éducation formel.

Le sexe

Le sexe des enquêtés nous a permis de connaitre le groupe d'acteurs qui comporte plus d'hommes ou de femmes et aussi de savoir quel est le sexe qui prédomine dans l'activité. Ces résultats sont regroupés dans le tableau 3.

Tableau 3: Répartition des acteurs par sexe

Sexe

Acteurs

Récolteurs

Courtiers

Collecteurs secondaires

Grossistes

Total

Eff.

%

Eff.

%

Eff.

%

Eff.

%

Eff.

%

Homme

32

36

0

0

4

67

0

0

36

34

Femme

58

64

8

100

2

33

1

100

69

66

Total

90

100

8

100

6

100

1

100

105

100

Source : nos enquêtes, août 2011

Les résultats du tableau 3 montrent que les femmes sont les plus actives dans la collecte et la commercialisation de fruits/graines de V. africana dans la zone d'étude avec une proportion de 66 %, toutes catégories d'acteurs confondues. Elles représentent 64% des récolteurs, 100% des courtiers, 33% des collecteurs secondaires et 100% des grossistes. Nous observons que les femmes, bien qu'elles ne possèdent pas la terre, encore moins les arbres qui s'y trouvent, s'intéressent particulièrement à cette activité. Elles participent plus que les hommes (64%) à la récolte de fruits. Cet état de choses trouve son explication dans le fait que la collecte tout comme la vente des fruits/graines de V. africana requiert beaucoup de temps que les hommes ne sont pas prêts à consacrer. Ce résultat est conforme à celui trouvé par Nakuna Tsala (2009) dans la filière Njansang (Ricinodendron heudelotii), un produit forestier non lignneux (PFNL) au Cameroun où 85% des récolteurs sont des femmes.

Cependant, signalons que les femmes sont faiblement représentées au niveau des collecteurs secondaires où les hommes représentent 67% de l'effectif total. Ceci s'explique par le fait que les hommes disposent généralement de moyens de déplacement propres qui leur permettent de transporter eux-mêmes les fruits des zones de récolte vers la grossiste.

Il est à noter aussi que les hommes sont totalement absents au niveau des courtiers et des grossistes.

L'âge

Pour mieux apprécier l'effet de l'âge des acteurs sur leur implication dans l'activité, nous avons présenté sur les figures 3 et 4 la répartition des acteurs par classe d'âge respectivement pour les récolteurs et les commerçants.

Figure 3: Répartition des récolteurs par classe d'âge

Il se dégage de la figure 3 que la majorité des récolteurs (59%) ont un âge compris entre 8 et 25 ans. De plus, l'effectif des récolteurs diminue au fur et à mesure que l'âge augmente. Cette forte prépondérance des personnes de jeune âge dans la catégorie des récolteurs peut nous amener à penser que cette activité nécessite beaucoup d'effort physique et d'agilité, chose qui sont plus présentes chez les jeunes que les personnes plus âgées. Aussi, peut-on lier ce constat au fait que la récolte nécessite beaucoup de temps que les personnes plus âgées ne sont pas toujours prêtes à y consacrer et préfèrent donc vaquer à d'autres occupations qui vont leur rapporter plus de revenus, surtout que la période de récolte coïncide presque avec la petite saison de production agricole dans la zone d'étude. En définitive, les enfants et les personnes de jeunes âges (moins de 25 ans) sont les plus impliqués dans la récolte de fruits de Voacanga africana. L'âge moyen des récolteurs est de 27 ans (#177; 17,67).

Figure 4: Répartition des commerçants par classe d'âge

La figure 4 montre que presque la majorité des commerçants (93%) ont moins de 50 ans. Nous pouvons remarquer que la majorité des commerçants (40%) ont un âge compris entre 30 et 40 ans. Ce résultat pourrait s'expliquer par le fait qu'à cet âge, les commerçants, femmes et hommes, ont encore la force nécessaire pour sillonner les villages. Nous constatons également que peu de commerçants (27%) ont moins de 30 ans ; ceci peut nous amener à penser que les personnes de jeunes âges préfèrent s'adonner aux activités de récolte plutôt que celles de commercialisation. L'âge moyen des commerçant en général est de 38 ans (#177; 8,66).

Niveau d'éducation

Le tableau 4 présente la répartition des acteurs selon leur niveau d'éducation

Tableau 4: Répartition des acteurs selon leur niveau d'éducation

 

Acteurs

Récolteurs

Commerçants

Total

niveau d'éducation

effectif

%

effectif

%

effectif

%

Aucune instruction

24

27

7

47

31

30

Primaire

34

38

7

47

41

39

Secondaire

32

36

1

7

33

31

Total

90

100

15

100

105

100

Il ressort du tableau 4 que la majorité des acteurs (70%) ont une éducation formelle. Ce taux d'instruction est encore plus important chez les récolteurs que chez les commerçants (74% contre 54%). L'activité intéresse donc autant les instruits que les non instruits.

Le tableau 5 présente la répartition des récolteurs selon l'âge et le niveau d'éducation.

Tableau 5: Répartition des récolteurs selon l'âge et le niveau d'éducation

niveau d'éducation

Récolteurs

Age

8 - 14 ans

14 - 25

25 - 40

40 - 60

plus de 60 ans

Total

jamais allé

0

1

9

8

6

24

primaire

20

5

6

3

0

34

secondaire

8

19

2

3

0

32

total

28

25

17

14

6

90

Les récolteurs ayant un âge compris entre 8 et 25 ans sont ont tous une éducation formelle. En effet, ceux -ci sont encore en âge d'être à l'école. 75% des récolteurs de cette tranche d'âge que nous avons enquêtés dans la zone d'étude, fréquentent encore.

La saison de fructification de V. africana, coïncidant avec la période des vacances scolaires, les élèves et écoliers en profitent pour s'adonner à l'activité de récolte des fruits de cette espèce. Cette activité leur procure des revenus qu'ils utilisent en général pour l'achat de fournitures et d'uniformes scolaires (tenue kaki et tenues de sport, etc.) et également pour leur alimentation.

Ancienneté des acteurs et temps d'occupation de l'activité

Les récolteurs enquêtés ont une ancienneté moyenne de 3,91 ans (#177; 1,78). En ce qui concerne les commerçants, l'ancienneté moyenne est de 3,93 ans (#177; 1,44). L'activité a été introduite dans la zone d'étude en 2004 mais elle n'a commencé à susciter d'engouement qu'en 2006/2007. L'activité est très instable dans la zone compte tenu de la mauvaise circulation d'information et de la dépendance totale de l`ensemble des acteurs vis-à-vis des exportateurs qui résident à l'extérieur du pays ; ce qui fait que les récolteurs ne participent pas forcément à l'activité toute les saisons de récolte. Pour déterminer l'ancienneté des récolteurs, nous avons juste utilisé leur année de la première expérience dans l'activité.

Le temps d'occupation de l'activité, il faut noter que pour toute la saison de production qui dure en moyenne 3,48 semaines (#177; 1,16), l'activité de récolte prend en moyenne 6,1 heures (#177; 2,48) par jour pendant en moyenne 5,06 jours (#177; 1,45) par semaine. En somme, les récolteurs y consacrent en moyenne 111,24 heures (#177; 71,33) durant la période que couvre l'activité chaque année.

En ce qui concerne les commerçants, ils consacrent en moyenne à cette activité 4,93 heures (#177; 2,76) par jour pendant en moyenne 4 jours (#177; 1,41) par semaine sur une période de commercialisation de 3,48 semaines (#177; 1,16) en moyenne. Au total, la commercialisation occupe les acteurs pendant 72 heures (#177; 66,42) durant toute la période que couvre l'activité chaque année.

Pression potentielle des récolteurs sur l'espèce

Pour apprécier la pression des récolteurs sur l'espèce, nous nous sommes intéressés à la meilleure performance de récolte des récolteurs depuis qu'ils sont dans l'activité. Ainsi, chaque récolteur récolte en moyenne 4,39 petits sacs (#177; 4,05) de fruits de V. africana par semaine, soit 0,73 petits sacs (#177; 0,67) de graines ; ce qui équivaut à 27,09 kilogrammes (#177; 24, 99). Les fruits récoltés représentent en moyenne 75,6% par arbre (#177; 22). On pourrait donc être amené à dire que la durabilité de l'espèce serait relativement menacée dans la zone d'étude surtout des stratégies ne sont pas mises en place par les acteurs pour pérenniser l'activité et par ricochée l'espèce. Les acteurs affirment protéger l'espèce et envisagent de mettre en place dans le futur, des plantations de l'espèce.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo