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Le rôle des sociétés multinationales dans les guerres en Afrique: RDC


par MUSHABISA MUSHAGALUSA
Université Officielle de Bukavu - Lincence 2014
  

sommaire suivant

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU

CONGO

Université Officielle de Bukavu

U.O.B.

B.P. : 570 BUKAVU

FACULTE DES SCIENCES SOCIALES,

POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES

DEPARTEMENT DES RELATIONS

INTERNATIONALES

LE ROLE DES SOCIETES

MULTINATIONALES DANS LES

GUERRES EN AFRIQUE.

Cas de la RDC

Par : MUSHAGALUSA MUSHABISA Olivier

Mémoire présenté et défendu publiquement en vue de l'obtention du titre de licence en Relations Internationales.

Sous la direction du professeur Paulin NDABAREYE NZITA

Et l'encadrement de l'Assistant MATABISHI WABULAKOMBE Josué

Première session

Année académique : 2013 - 2014

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DEDICACE

A toutes les victimes des guerres en Afrique,
A la famille MUSHABISA,

A Mademoiselle Jeanne-Marie MAPENDANO ,

.

A Monsieur Moïse RAMAZANI

MUSHAGALUSA MUSHABISA Olivier

Travail réalisé par Olivier MUSHAGALUSA licencié en Relations Internationales. Mail : olimushagam@yahoo.fr, Ns Tel : +243994309872.

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Remerciements

Nous ne pouvons pas prétendre avoir réalisé ce travail sur nos propres efforts car, sa réalisation a fait l'objet d'un concours des personnes. En premier lieu nous devons remercier le Dieu d'Abraham qui nous a fourni la grâce et la force de réaliser ce travail. En deuxième lieu nous remercions le professeur Paulin NDABAREYE qui malgré ces énormes occupations a dirigé ce travail dans toute objectivité, nous ne pouvons pas passer sous silence la bravoure de notre encadreur, Josué WABULAKOMBE qui par ses mérites intellectuels, sa gentillesse et ses efforts, a rendu aisé la réalisation de ce travail. Nous ne pourrions pas bénéficier l'aide de ces hommes scientifiques sans l'accord de l'Université Officielle de Bukavu que nous remercions en passant surtout la Faculté de Sciences Sociales, Politiques et administratives dans son département de Relations Internationales.

MUGARUKA, SAFARI CHIKALA et

Nous disons énormément merci à la famille MUSHABISA car sans elle nous ne pourrions pas avoir cette opportunité d'être compté parmi les scientifiques. Il s'agit notamment de nos parents MUSHABISA Olivier et sa femme CIRAGANE Esther, nos beaux frères : RAMAZANI Moise, KULIMUSHI Pius et Espoir MUKE sans oublier leurs épouses. Nous ne pouvons pas oublier nos frères et soeurs : Jacob MURHABAZI, Eric BIRINGANINE, MUKENGERE Victoire, MUZIRE Julienne, MUKWA Espoir, BUSIME Gilberte et IRAGI chance. Sans oublier la famille de VIANNEY. A tous nos chers amis et camarades qui n'ont pas cessé d'exprimer leur sympathie et leur soutien envers nous : Jeanne-Marie MAPENDANO, Alain

MUNGANGA MUSODA.

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Epigraphe

? « Celui qui se prétend être fort alors qu'il

s'attaque toujours au faible doit savoir qu'il est aussi faible »

? « Ne vous attaquez pas à la personne qui
vous méprise mais plutôt à celle qui l'a permise de vous mépriser »

? « l'occident n'est pas un atout pour l'ordre
dans le monde mais plutôt l'un des vrais germes du désordre à travers à travers celui-ci".

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Sigles et abréviations

· AAC: Anglo American Corporation

· ADB: American Diamant Buyers

· AFDL : Alliance des Forces Démocratiques De Libération

· AIC : Association Internationale du Congo

· AMFI: American Minerals Fields International

· AMI: Accord Multilatéral sur l'Investissement

· BAD : Banque Africaine de Développement

· BANRO : Baril American Naturel Ressource

· BBC: British Broadcasting C orporation

· BGC: Barrick Gold Corporation

· CNDP : Congrès National Pour la Défense du Peuple

· CTCPM : Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière

· ex- FAR

: Forces Armées Rwandaises

 

· FMI: Fond M

onétaire International

 

· FNPI: Front National Pour l'Intégration

· FPR: Front Patriotic Rwandais

· FQM: First Quantum Minerals

· GNPOC : Greater Nue Petroleum Operating Company

· HRW: Human Rights Watch

· IDAS: International Defense and Security

· IRC: International Rescue Commity.

· le RCD : Rassemblement Congolais Pour la Démocratie

· MLC : Mouvement de Libération du Congo

· MPC: Mouvement des Patriotes Congolais

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· MRLK : Mouvement Révolutionnaire pour la Libération du Katanga

· NPFL: National Patriotic Front of Liberia

· OCC : Office Congolais de Contrôle

· OIT: Organisation Internationale du Travail

· OMC: Organisation Mondiale du Commerce

· ONG: Organisation Non Gouvernementale

· ONU: Organisation des Nations Unies

· PIB: Produit Intérieur Brut

· PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

· RAID : Rights & Accountability in Development

· RCD : Rassemblement Congolais pour la Démocratie

· RUF: Revolutionary United Front

· $US: Dollar Américain

· SM : Société Multinationale

· SODIMICO : Société Minière et Industrielle du Congo

·

State Petroleum Corporation

SOMINKI : Société Minière et Industrielle du Kivu

· SPC:

· SPC: State Petroleum Corporation

· TFM: Tenge Fungurume Mining

· TPIY : Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie

· UNEP: United N ations Environment Programme

· UPDF : Forces de Défense du Peuple Ougandais

· USA : United State of America

· VAC: Virunga Air Cargo

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INTRODUCTION

1. Etat de la question

Il est impératif pour un travail scientifique de s'inscrive dans la suite des travaux précédents afin de prouver sa spécialité à l'égard d'autres. Ainsi nous avons adhéré à la même logique en faisant recours à certains documents qui ont un rapport avec notre sujet de recherche. C'est pourquoi nous avons consulté les auteurs ci-après :

Dénis Martin, dans son article « Sociétés Multinationales et

l'Afrique », considère que la dépendance économique apparaît de plus en plus comme un thème central et qu'à cet égard les analystes accordent un rôle important aux flux de capitaux qui parcourent le réseau tissé par de grandes firmes multinationales entre l'Afrique et le monde développé. Il ajoute qu'en même temps, se développe une sorte de mystique de la multinationale qui en fait une entité abstraite, mal définie, apte à servir de bouc émissaire dans toute dénonciation du « sous-développement ». Il finit par faire référence à un séminaire sur les firmes multinationales en Afrique en septembre-octobre 1974 organisé par l'Institut africain pour le développement économique et la planification de Dakar conjointement avec l'Institut scandinave d'études africaines d'Uppsala (Suède).

Les communications qui y furent présentées s'attachent à décrire l'impact de ces firmes sur les procès d'accumulation interne, le développement industriel et agricole, et sur le marché de l'emploi dans certains pays. Ces communications ont abouti toutes à la conclusion selon laquelle les multinationales transforment et souvent profondément la réalité sociale et économique des pays africains dans lesquels elles interviennent, mais contestent leur rôle positif du point de vue des intérêts des pays concernés1.

Dire que les sociétés multinationales ne jouent pas un rôle positif dans les intérêts des pays où elles sont installées ne suffit pas, c'est pourquoi

1D. MARTIN, Sociétés Multinationales et l'Afrique, in Monde diplomatique, N° d'octobre, 1977, p.9

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nous avons jugé bon de chercher à répondre à une problématique qui nous oblige à analyser le pourquoi de cette anomalie. Ainsi nous nous sommes proposé une tâche de comprendre le mobile qui pousse les sociétés

multinationales à afficher une réticence pour ouvrir la porte au
développement des pays d'accueil.

Paul MATHIEU et Jean Claude WILLAM, dans leur ouvrage « Guerres au Kivu et dans la région des grands lacs entre tensions locales et escalade régionale », considèrent que les nouvelles compagnies de mercenaires expliquent qu'une des principales caractéristiques du mercenariat moderne consiste à une imbrication des intérêts de certaines de ces sociétés avec ceux des compagnies minières. Ils poursuivent en disant que ces sociétés des mercenaires ne se contentent pas de louer leurs conseils et leur frappe militaire mais elles ont de plus en plus comme politique le monnayage de leur service en échange de concessions minières. Selon eux, le chef de ces mercenaires avait obtenu lors de la première guerre du Kivu en échange de leurs services le droit d'exploiter les concessions de l'office des mines d'or de Kilo moto2.

Nous estimons que le fait de faire une étude en rapport avec la guerre en RDC ne peut se limiter non seulement à l'appréciation des sociétés multinationales qui interviennent dans le mercenariat mais également celles qui interviennent pour financer la guerre en apportant un soutien direct ou indirect aux belligérants.

Patrick MBEKO, dans son ouvrage intitulé « Le Canada dans les guerres en Afrique Centrale: Génocides et pillages des ressources minières du Congo par le Rwanda interposé », signale que les multinationales canadiennes déploieront leurs moyens considérables pour se livrer à la propagande, pour se draper dans la conscience écologiste ou, à défaut d'obtenir des résultats autrement, pour employer la force brute comme elles le font bien davantage au Congo qu'au Canada, où elles sont loin de jouir de

2 P. MATHIEU et J.C. WILLAN, Guerres au Kivu et dans la région des grands lacs entre tensions locales et escalade régionale, Paris, Harmattan, 1999, p.152.

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la même impunité. Selon lui, Comble de l'insulte, les exterminations qu'elles offrent en cadeau aux populations autochtones seront mises sur le compte de ces dernières, c'est-à-dire les brutes du Nord (les premières nations) ou les brutes de là-bas (les Congolais). Mettre la faute sur la victime, Selon cet auteur c'est la ruse la plus ancienne de l'homme blanc, et le Canadien moyen, qui a été bien dressé, est susceptible de gober parfaitement l'idée que le tueur (le Canadien) est une victime et que la victime (le Congolais) est un tueur3.

Nous remarquons que le constat de monsieur Patrick parait intéressant avec son caractère pertinent pour notre thématique, néanmoins nous ne pouvons pas passer sous silence son caractère limitatif. Il a tiré plus d'attention aux sociétés multinationales canadiennes et pourtant nous savons que la RDC est devenue un terrain très fertile qui intéresse non seulement les multinationales canadiennes mais également d'autres (d'origine occidentales) voire même celles tiers-mondistes. C'est pourquoi notre travail aura comme spécialité d'analyser les différentes interventions des sociétés multinationales qui font parler d'elles dans le conflit armé en Afrique en générale et particulièrement en RDC.

Ernest HARSCH, dans son article « conflits et ressources naturelles », considère que dans le centre de la République Démocratique du Congo, Mbuji-Mayi est parfois surnommée la « capitale mondiale du diamant ». Et que la ville elle-même n'est guère qu'un bidonville et que la province à laquelle elle appartient, le Kasaï oriental, a des taux élevés d'analphabétisme et de mortalité infantile et pas d'électricité ; 60 % des enfants de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition. Mais un petit nombre de diamantaires congolais et étrangers affichent des richesses inimaginables.

Ces inégalités contribuent beaucoup selon Ernest, aux tensions sociales et politiques qui existent en Afrique et aident les groupes armés à se constituer un appui parmi la population pour combattre la pauvreté et l'inégalité. Le groupe d'experts du Caire a fermement enjoint aux gouvernements africains et les sociétés minières et pétrolières de veiller à ce

3 P. MBEKO, Le Canada dans les Guerres en Afrique Centrale: Génocides et pillages des ressources minières du Congo par le Rwanda interposé, éd. Le Nègre Editeur, Montréal, 2012.

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qu'une plus grande part des richesses provenant des ressources naturelles soit affectée aux services sociaux et aux programmes de développement à l'échelle nationale et bénéficie directement aux communautés locales4.

C'est bien de faire un constat lié aux inégalités exagérées qui sont enregistrées en Afrique. Mais nous pensons que la préoccupation majeure qui doit intéresser le chercheur ici est celle de chercher à comprendre l'issu de ces prétendus programmes pour combattre la pauvreté et les inégalités sociales, car ils sont définis théoriquement sans être matérialisés pour atteindre un résultat positif. Ce constat est vécu en RDC où les autochtones sont déplacés de terres qu'ils exploitent artisanalement pour l'installation des sociétés multinationales qui les engagent partiellement avec un salaire qui ne répond même pas à leurs besoins fondamentaux. Ce que nous ne parvenons pas à comprendre c'est le fait pour la population autochtone de demeurer dans une misère malgré la présence de ces sociétés sur son sol.

Selon René Gendarme, le développement sans cesse des sociétés multinationales ou mieux l'internationalisation du capital et plus récemment l'internationalisation de la production, son corollaire, a suscité la curiosité des chercheurs, hommes politiques et organisations internationales. Cette curiosité est caractérisée selon lui, d'une part par le soupir de satisfaction de détenteurs des capitaux et d'inquiétude des peuples démunis d'autre part5.

C'est sûr que les sociétés multinationales intéressent pas mal de chercheurs, néanmoins ces études peuvent parfois dépendre d'un intérêt personnel qui peut motiver le chercheur à ne pas traiter l'information d'une manière objective : un politicien parrain des sociétés multinationales ne peut pas traiter l'information comme un simple chercheur que nous sommes, car la seule chose qui nous motive ici est l'esprit scientifique. C'est pourquoi nous essayerons de faire une étude sur la contribution des sociétés multinationales dans la sécurité ou dans l'insécurité en Afrique d'une manière objective.

4 E. HARSCH, conflit et ressources, in Africa renouveau, Janvier 2007, p.17.

5 R. GENDARME, cité par KADONNY NG., Notes du cours de sociétés multinationales et mouvements des capitaux, inédit, FSSPA, L1 R.I, UOB, 2011-2012.

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Pierre BARACYETSE dans son ouvrage intitulé l'enjeu géopolitique des sociétés minières internationales en République Démocratique du Congo, constate qu'à la chute du régime Mobutu des accords signés entre son gouvernement et certains cartels ont été reconduits par le nouveau pouvoir, d'autres ont été annulés et offerts à de nouvelles sociétés. Pour lui, le pays est astreint à une guerre financée par les puissances occidentales en quête de l'or, du diamant, du cobalt, du manganèse, de l'uranium et des autres minerais qui accompagnent toujours le cuivre, tels le zinc, le germanium, l'argent, le plomb, le fer, ...6

Quant à nous, Nous saluons la pertinence de ces différentes analyses avec leur caractère pertinent, néanmoins nous ne pouvons pas passer sous silence la distinction qui existe entre ces analyses et ce travail où nous allons essayer de mettre un accent sur le rôle que jouent les sociétés multinationales dans le cadre des conflits armés en Afrique en générale et en RDC en particulier.

C'est curieux pour nous de constater que l'Afrique est l'un de consommateur actif des armes qu'elle ne fabrique pas et qu'en occident où elles sont fabriquées pour la plupart, les guerres disparaissent. Donc cette Afrique est le terrain d'expérimentation pour les autres ? Si c'est le cas, nous allons donc chercher à comprendre le pourquoi de cette déshumanisation dont les tireurs de ficelle sont même ceux qui se considèrent comme les civilisés en matière du respect du droit de l'homme.

Au cours de cette étude nous chercherons à dégager le rôle des sociétés multinationales dans ces conflits, celui des Etats d'accueil dont certains affichent une impuissance devant les multinationales et celui des habitants de ces derniers dont certains sont taxés d'être complice et marionnettes des ennemis étrangers. C'est le cas de certains rebelles internes qui, une fois financés par les occidentaux perturbent la sécurité nationale en versant le sang de leurs frères.

6 P. BARACYETSE, l'enjeu géopolitique des sociétés minières internationales en République Démocratique du Congo, Buzet, Décembre 1999, p.12.

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2. Problématique

Madeleine Grawitz considère la problématique comme un ensemble d'hypothèses, d'orientations, des problèmes envisagés dans une théorie de recherche.7 A notre niveau, pas mal d'événements ont suscité en nous des questionnements qui nous ont motivés à accomplir cette étude.

Pour Pierre (ingénieur civil des mines), c'est Depuis 1996, alors que la rébellion annonce la prise des principales localités de la RDC, les médias n'ont pas hésité de préciser leur importance économique en dévoilant par la même occasion les acteurs principaux jusque là inconnus: des grands financiers intéressés par l'exploitation des ressources minières du Congo. C'est le cas de la Consolidated Eurocan Ventures du Lundin Group, Barrick Gold Corporation (BGC) en deuxième position pour la production mondiale de l'or (en 1999), l'Anglo American Corporation (AAC) d'Afrique du Sud, la plus importante compagnie minière du monde(...). Il y en a aussi des "petites", moins connues mais qui ont osées affronter les grandes sur un terrain en pleine crise, c'est le cas d'American Minerals Fields International (AMFI) et de son associé l'American Diamond Buyers, et d'autres encore: des Etats-Unis, du Canada, d'Afrique du Sud, d'Ouganda, de Belgique, d'Israël. L'AMFI, créée en 1995, a été forgée comme un instrument destiné à exécuter en Afrique la volonté de domination économique des financiers occidentaux et particulièrement d'assouvir en RDC les desseins des sociétés américaines dont les dirigeants participent aux grands enjeux stratégiques mondiaux qui relèvent de la science, de la technologie, des finances, des industries ou de la politique (...)8.

Avec l'étude de cet ingénieur, il est facile de croire que la période de crise est celle qui est favorable pour le business de certaines multinationales en Afrique où elles accèdent aux matières premières à vile prix auprès des belligérants. Le développement peut-il être possible dans ces conditions ?

7 M. GRAWITZ, Lexique des sciences sociales, Paris, Ed. Dalloz, 2004, p.326.

8 P. BARACYETSE, op. cit., p.20.

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Un panel indépendant d'experts avait indiqué au Conseil de sécurité des Nations unies que 85 entreprises multinationales basées en Europe, aux États-Unis et en Afrique du Sud avaient violé des principes éthiques dans le traitement des réseaux criminels qui ont pillés les ressources naturelles des pays déchirés par la guerre d'Afrique centrale9.

La guerre pour des matières premières dont regorge le Congo ravage depuis 1998 la région du KIVU, dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre). Une commission d'enquête mandatée par les Nations Unies avait dénoncé tout de même les liens entre le commerce de ce minerai et les importations illégales d'armes dans la région. Cette guerre dont se livrent un grand nombre de multinationales, qui bénéficient la complicité de leurs pays d'origine est motivée par les minerais dont la plus visée est le fameux Coltan, un minerai indispensable à la production des téléphones mobiles, de certains ordinateurs et des consoles de jeux. C'est une guerre dont les chefs locaux sont interposés, dont les conséquences sont vécues dramatiquement par la population (cortège d'atrocités, personnes déplacées, violences), dans un Etat qui fonctionne mal, dont on comprend pourquoi son dysfonctionnement peut profiter aux groupes prédateurs qui mettent en pièces les richesses de ce pays, qui a tous les atouts pour être un des pays les plus riches d'Afrique, mais dont certains groupes ont intérêt à prolonger la déshérence10.

Il s'avère donc que des entreprises occidentales sont responsables de la guerre en RDC. En 2007, une Organisation Non Gouvernementale (ONG) anglaise, Global Witness, avait déposé une plainte contre la société britannique Afrimex. Elle l'avait accusé d'avoir contribué au conflit dans l'est de la République Démocratique du Congo en se livrant au commerce des minerais. En effet, si Afrimex avait réussi à se fournir en Coltan et en étain depuis le début des deux premières guerres du Congo (1996-2003), c'est parce qu'elle versait des « impôts » au Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma (RCD-GOMA). Le gouvernement anglais après avait

9 R. CAROLL, history, in the guardian, 22 Octobre 2002.

10RCD : Terrain de chasse pour les multinationales, article posté sur le www.agoravox.fr/actualités/économie/ Article/rdc-terrain de chasse pour les multinationales?, posté en Novembre 2008 et consulté Le 20 mars 2014.

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confirmé les allégations de l'ONG, jugeant qu'Afrimex avait « enfreint des directives internationales en s'approvisionnant en minerais provenant d'une zone congolaise en guerre.11»

C'est un constat amer pour l'Afrique (en générale) et la RDC (en particulier) de participer à des atrocités qui sont motivées par les richesses de leur sous sol. Ici la question saillante est celle de comprendre comment les structures (multinationales) qui se considèrent comme étant d'obédience plus économique que politique, peuvent enfreindre la sécurité parce que seulement, elles veulent accéder aux ressources à vil prix et parce qu'elles sont parrainées par leurs pays d'origine qui les permettent de piétiner les vies humaines ? Devant les minerais, certaines multinationales font du n'importe quoi car elles se trouvent dans un terrain affaibli par le « leadership » ainsi le bas peuple se trouve abandonner à son triste sort.

Une chaine française « Arte France » n'a pas gardé le silence, par le biais de sa journaliste Annie-Claude Elkaim a signalé dans une introduction d'un débat politique que sept millions d'armes (dont 14 milliard de balles produites pour chaque année dont deux pour chaque être humain) c'est le nombre d'armes actuellement en circulation dans le monde, un chiffre selon elle qui donne la mesure ou la démesure du marché des armées légères qui tuent prêt d'un millier des personnes chaque jours. Une partie de la communauté internationale à l'instar de l'Union Européenne pourtant l'un des fournisseurs de ces armées se met dans ce commerce de la mort et tente de mettre sur pied une convention pour l'endiguer, convention à la quelle les Etats Unies se sont opposés. Cette convention pourrait répondre selon cette journaliste, à la question qui consiste à savoir les genres des stratégies qui doivent être mises en place pour maitriser les dictatures les plus sanguinaires et les milices les plus incontrôlées12.

Nous constatons avec amertume que les structures qui devraient veiller au contrôle de la circulation illicite des armes sont elles-mêmes les acteurs qui participent à ce macabre commerce. Ces structures représentées

11 Ibidem

12 B. WAFFENHANDEL, Des armes à abattre, trafic et raison d'Etat, Documentaire audio-visuel, 2008.

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par la « Communauté Internationale » font croire aux gents qu'elles veillent bel et bien à la circulation des armes par le contrôle des sociétés multinationales qui les fabriquent et les vendent à n'importe qui ayant son argent. Et pourtant, ce sont ces structures qui sont même les figures de proue dans la production et la vente des armes où elles se taillent la part du lion dans l'exportation de celles-ci dans les pays surtout du tiers monde sans penser aux effets négatifs qu'elles peuvent générer. C'est le cas des Etats Unis, Royaume Uni, France, Chine... ces derniers ne font que se moquent des victimes de leur « commerce du sang ». Il n'est pas normal qu'on enregistre toujours des guerres en répétition en Afrique et dont les outils fondamentaux sont des armes qui n'ont jamais été fabriquées dans ce continent. Cela devrait faire réfléchir les dirigeants africains dont certains sont malheureusement les copains de ses acteurs qui font massacrer leurs populations.

L'Afrique est riche en pétrole et en minerais, qui sont des éléments vitaux pour l'économie des pays développés. Cependant, l'exploitation est menée normalement par des sociétés multinationales étrangères, qui par l'impact de leurs actions, ont démontré n'avoir aucun respect pour les gens en Afrique. L'exploitation détruit l'environnement et la subsistance des populations locales et provoque une pollution étendue et même de guerre. Le désir de contrôler des ressources économiquement profitables est la raison sous-jacente à de graves conflits en Afrique, spécialement en RD Congo. Les multinationales n'ont rien fait pour empêcher leurs filiales de payer des groupes rebelles durant la guerre, contribuant ainsi activement à la prolongation des conflits13.

Ce constat amer montre que l'Afrique est victime de ces propres richesses qui sont convoitées par les prédateurs utilisant un esprit machiavélique pour les atteindre sans beaucoup de gymnastique. Néanmoins par malheur, les gourmands de ces richesses s'enfutent des vies humaines une fois qu'ils se trouvent dans la quête de celles-ci, surtout en

13 Les pillages des ressources naturelles de l'Afrique, article posté sur le htp:// www.aefn.org/index.php/ responsabilité-entreprises.html consulté le 23 Mars 2014.

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Afrique où la Communauté Internationale assiste impuissamment aux massacres inutiles qui ne font qu'exterminer le peuple africain innocent au profit des sociétés multinationales.

Les « diamants du sang » sont probablement le symbole le plus connu du lien qui existe entre ressources et conflits en Afrique. Du fait de leur petite taille, les diamants sont faciles à transporter et à importer illégalement. Leur prix élevé sur les marchés mondiaux peut servir à acheter de nombreuses armes, à rémunérer des combattants ou à financer par d'autres moyens des activités militaires. Pendant la guerre civile qu'a connue la Sierra Leone une dizaine d'années durant, ce sont les mines de diamants de ce pays qui ont suscité les combats les plus violents. Les diamants exportés illégalement de la Sierra Leone ont également contribué à financer des belligérants dans la guerre au Libéria voisin, tout comme l'exploitation illégale du bois et du fer libérien.

Lors de la guerre en Angola, chaque camp disposait d'une source de revenus : le gouvernement contrôlait les gisements de pétrole au large des côtes, tandis que le mouvement rebelle de l'UNITA a subvenu à ses propres besoins des années en exploitant illégalement les mines de diamants. Grâce à des campagnes menées par des organisations non gouvernementales (ONG) internationales et à la couverture médiatique importante du phénomène, le Processus de Kimberley a été lancé en 2000. Ce programme bénéficiant de l'appui de l'ONU qui vise à mettre fin au commerce illégal des diamants et autres pierres précieuses provenant des zones de conflit. Dans le cadre de ce programme, tous les diamants provenant des pays participants au conflit doivent être accompagnés d'un certificat d'authenticité indiquant leur origine14.

Ces éléments de cet auteur nous font comprendre que la meilleure préoccupation qui devrait intéresser ceux qui se prétendent qu'ils réglementent le commerce illégal des matières premières n'est pas jusque là à la une. Cela par le fait qu'ils veulent s'attaquer aux causes qu'aux effets : on ne devrait pas se limiter à apprécier l'origine de la matière première, car à

14 E. HARSCH, op. cit, p.19.

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part cela, existent aussi les acteurs avec leurs moyens qui les récupèrent de leur sous sol tout en sachant à qui ils les iront vendre. Les concernés ici sont non seulement les vendeurs mais également les explorateurs (artisans ou milices) et les acheteurs qui peuvent être soit les sociétés multinationales qui les mettent en valeur avec leurs machines.

Le rapport des experts de l'ONU ne cessent de prouver l'existence des réseaux internationaux qui sont étroitement liés à l'exploitation de l'or, de la cassitérite, du diamant, du Coltan. Ces minerais illégalement exploités de la RDC, transitent par le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda, la Tanzanie, le Kenya pour être vendus en Belgique, aux Emirats Arabes, en Chine, Dubaï, Bombay, Entebbe, Anvers, Hong Kong... Ce sont des noms des villes qui reviennent le plus souvent dans ce rapport des experts de l'ONU.15

Ces éléments ont suscité à nous une curiosité avec un bon nombre des questionnements pour comprendre le vrai rapport qui existe entre les sociétés multinationales et les guerres sanguinaires en Afrique en générale et particulièrement en RDC. Ainsi les questions suivantes ont attiré notre attention :

1) Quel est le rapport entre les sociétés multinationales et le conflit armé en Afrique ?

2) Quel est le rôle des sociétés multinationales dans les guerres en RDC?

3) Quel mécanisme la RDC mettra en place pour endiguer l'esprit machiavélique des sociétés multinationales et pour mettre fin aux guerres sanguinaires liées à ces richesses dont elle est victime ?

15 R. CAROLL, op. cit., p.20.

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3. Hypothèses

Une hypothèse est une réponse provisoire à une question de recherche et susceptible d'être affirmée, infirmée ou nuancée dans la suite de la recherche. Madeleine Grawitz pense que l'hypothèse est une explication provisoire de la nature de la relation entre deux ou plusieurs phénomènes.16

Les transferts internationaux d'armes de guerre conventionnelles telles que les armes légères, les chars d'assaut, les avions de combat et les technologies connexes sont des phénomènes qui ne peuvent pas être réalisés qu'avec la contribution des sociétés multinationales qui sont les tireurs de ficelle sous la supervision de leurs Etats. Ainsi pour répondre provisoirement aux questions précédentes nous pouvons avancer les considérations suivantes :

1) Le rapport entre les sociétés multinationales et le conflit armé en Afrique résiderait dans les guerres qui sont soutenues par ces sociétés en quête d'intérêts ayant de multiples conséquences fâcheuses à l'égard des africains : Perte des vies humaines, pillage de ressources, création de milices, violation des droits de l'homme, etc.

2) Le rôle des sociétés multinationales dans les guerres en RDC pourrait être compris sur trois plans : sur le plan politique, les sociétés multinationales soutiennent les groupes armés, sur le plan économique, elles profitent la situation de guerre pour accéder aux matières premières à vil prix par les contrats léonins et par l'exploitation de sol et du sous sol (matières premières dites du sang) près des belligérants et sur le plan social elles mettent les populations autochtones dans une situation de précarité sociale et économique en les rendant vulnérables.

16 R. VIC Cité par MADELEINE GRAWITZ, Méthodes de sciences sociales, Paris, Ed Dalloz, pp 423-425.

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3) Les mécanismes que la RDC doit mettre en place face à l'esprit machiavélique des sociétés multinationales pourraient être la réforme de son armée, la réforme de sa diplomatie et la réforme économique et politique,...

4. METHODOLOGIE DU TRAVAIL

a) Méthodes

Pour la réalisation de ce travail, nous avons jugé bon de recourir à la méthode dialectique matérialiste qui sert à étudier les faits sociaux dans ses connexions universelles, dans ces contradictions et dans ses changements autodynamiques et perpétuels17. Pour la concrétiser dans ce travail, nous avons constaté qu'une étude sur les sociétés multinationales et sur la guerre, peut à n'importe qu'elle dimension amener le chercheur d'être confronté à de différents phénomènes entre autre les connexions universelles qui peuvent être les différentes relations qui sont entretenues entre les sociétés multinationales et leurs partenaires. Cette méthode reconnait quatre principes que nous allons illustrer de manière suivante :

1) Insérer le fait social dans son contexte

Notre fait social ici est illustré par les différentes actions des sociétés multinationales et leur rôle dans les conflits armés en Afrique. Le contexte est celui de la guerre, donc nous étudierons les sociétés multinationales dans le contexte des guerres en Afrique.

2) Envisager le fait social dans son changement

Nous ferons allusion au changement qui est enregistré dans les pays africains où les sociétés multinationales sont installées. Ce changement est de différentes natures : politique (soutien aux milices, renversement d'un gouvernement...), économique (pillage des ressources), culturel (nouvelles civilisations) et environnemental (pollution de la nature). Ici nous allons focaliser notre attention sur le changement politique et celui économique.

17 H. LEFEBVRE, Le Matérialisme dialectique, Paris, Presses universitaires de France, 1948.

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3) Etudier le fait social dans ses contradictions

Les contradictions dont il est question dans cette thématique sont celles qui existent d'une part entre les actions économiques des sociétés multinationales et leurs actions politiques qui les amener à enfreindre le développement dans les pays d'accueil et d'autre part entre le nantissement de ces sociétés et l'appauvrissement des pays dits « sous développés » malgré la présence de ressources minières et de ces sociétés sur leur sol.

4) Considérer le changement du fait social comme un changement qualitatif

Ce changement est celui qui est engendré par les actions de ces sociétés sur le plan économique et sur le plan politique. Les intérêts des sociétés multinationales influencent les politiques nationales de certains pays africains et cela peut les conduire à soutenir un dirigeant qui protège leurs intérêts et vouloir par contre le départ de celui qui ne le fait pas. Ces phénomènes peuvent être à la base d'un changement considérable dans le pays concerné.

Pour illustrer ces cas nous avons jugé bon de faire recours à la théorie de la polémologie comme l'avait fait le professeur MWAILA TSHIYEMBE dans son étude sur les conflits armés en Afrique18, cette théorie est considérée comme une sociologie des conflits et qui a pour but « la connaissance objective de la guerre, de la violence et des crises, par une approche rationnelle des phénomènes, afin de dégager des critères impartiaux. Elle implique donc une pluridisciplinarité très large dans les sciences humaines. Données permanentes et contraintes incontournables, se trouvent dans la géographie et l'héritage historique19.

18 MWAYILA TSHIYEMBE est un docteur d'état en droit, docteur en sciences politiques, directeur de l'institut panafricain de géopolitique de Nancy et professeur ordinaire, universités de LUBUMBASHI et de KISANGANI, Il a fait une étude sur l'autopsie des conflits armes en Afrique selon l'approche strategico-polémologique, en 2013,p.4 .

19 Institut français de polémologie, Etudes polémologiques, FEDN, n° 25-26, 1982, pp.13-14

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b) Techniques

- La technique documentaire : Comme on peut le constater dans nos références, cette technique nous a été très bénéfique notamment par la lecture des ouvrages, des articles, des travaux de fin de cycle, des rapports annuels, des documents officiels...

Actuellement l'internet est devenu aussi une technique de recherche incontournable qui facilite parfois la recherche. Ainsi par celui-ci nous avons accédé à un bon nombre des documents en ligne dans différents sites web qui ont aussi contribué à la réalisation de ce travail.

-Entretien : cette technique nous a permis d'engager les discussions avec certains cadres scientifiques (professeurs, assistants, entrepreneurs économiques, agents des multinationales...) pour mieux comprendre le phénomène des sociétés multinationales et leur rôle dans les guerres en Afrique.

5. Choix, intérêt et objet du sujet

Comme tout chercheur doit être motivé par certains éléments objectifs pour se choisir un sujet, ainsi nous nous sommes inscrit dans la même coutume pour la conception de ce travail avec comme sujet : « Le rôle des sociétés multinationales dans les guerres en Afrique : cas de la RDC ».

Ainsi le choix de cette thématique a été motivé par le constat que nous avons fait en Afrique généralement et particulièrement en RDC où les multinationales sont devenues également des acteurs actifs dans la politique internationale. Ce qui nous a beaucoup intéressé est le fait de voire que ces sociétés au lieu de se limiter dans leur monde économique, s'insèrent aussi dans les affaires politiques d'une manière belliqueuse. Ce qui ne fait que compromettre au développement des pays concernés. Et cette thématique renferme non seulement la dimension politique mais également celle économique.

L'intérêt que nous pouvons retenir pour cette thématique peut être apprécié à trois niveaux :

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1) Au niveau personnel

Ce travail nous plonge dans une obligation d'acquérir des connaissances en rapport avec le lien entre la dimension politique de l'Afrique et celle des sociétés multinationales. Ce sujet présente évidement un intérêt au niveau des relations internationales, par le fait que les phénomènes analysés dans la présente étude fournissent des informations sur des aspects non seulement relevant de l'économie internationale mais également des aspects de la politique internationale. Nous devons signaler que le fait pour nous de traiter une thématique politique combinée avec celle économique est également bénéfique pour nous parce qu'elle nous plonge en économie internationale. Nous ne sommes pas limité par la politique.

2) Au niveau académique

L'intérêt ne doit pas se limiter au niveau individuel car l'université bénéficie aussi les travaux de ses chercheurs, par le fait que ceux-ci contribuent à l'enrichissement de sa bibliothèque où ses futurs chercheurs peuvent chercher certaines références voir même des documentations. Nous pensons que cette étude sera utile aux chercheurs qui viendront après nous et qui auront à traiter une telle thématique.

3) Au niveau scientifique

Une fois qu'un chercheur fait sortir les résultats de ses recherches, sans doute, il constitue un document de référence pour les personnes ayant la capacité de prendre les décisions dans le domaine concerné par la recherche. Ainsi un tel travail peut être bénéfique pour les dirigeants africains et/ou les leaders politiques africains surtout ceux de la RDC ( dans différents ministères) qui peuvent y puiser les directives de leurs politiques. C'est pourquoi ce travail sera inclus dans une banque de données où le chercheur avisé et intéressé (par cette thématique) pourra faire recours. Une fois validé par l'université, il sera posté à l'internet sur le www.memoireonline.com où le chercheur intéressé pourra l'exploiter aisément sans frontière.

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Signalons que ce travail se fixe comme objet, l'étude du rôle des sociétés multinationales dans les guerres en Afrique généralement et particulièrement en RDC. Au cours de cette étude nous nous proposons de poursuivre les objectifs suivants :

? Relever le rôle des sociétés multinationales dans les guerres en RDC ; ? Faire l'autopsie des conflits armés en Afrique en se focalisant sur les responsabilités des sociétés multinationales ;

? Dégager les mécanismes pour la RDC de mettre fin aux conflits armés liés aux sources naturelles.

6. Délimitation spatio-temporelle

Notre champ d'étude n'est rien d'autre que l'Afrique (RDC) d'une part et d'autre part les sociétés multinationales qui peuvent nous plonger même en occident. L'Afrique est ici concernée car il sera question d'analyser les guerres politiques et économiques dont elle est victime en se focalisant à la RDC où ces guerres sont signalées surtout à l'Est d'une manière sporadique. Les faits qui seront abordés dans ce travail, concernent plus l'année 1996, période où les conflits en RDC se sont éclatés par des guerres en répétition jusqu'à nos jours (2014). Malgré cette précision, nous pouvons toute fois faire référence à une autre période en cas de nécessité.

7. Subdivision du travail

Hormis l'introduction et la conclusion, ce travail portera sur trois chapitres. Le premier portera sur l'étude conceptuelle et théorique où nous ferons des explications rudimentaires liées aux termes clés dans ce travail (section I), la monographie de la guerre (section II) et la monographie des sociétés multinationales (section III). Le deuxième chapitre portera sur quelques considérations sur les conflits armés en Afrique où nous aurons à développer brièvement l'historique de ces conflits armés (Section I), leurs conséquences et leurs causes (section II) et enfin nous focaliserons la question de ces conflits sur les sociétés multinationales pour dégager leur contribution (section III). Quant au dernier chapitre qui fait l'Object du cadre

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pratique, portera sur le rôle des sociétés multinationales dans les guerres en RDC. Ce rôle sera apprécié à deux niveaux : politique et stratégique (section I), socio-économique (section II) et enfin nous ferons quelques pistes de solutions à la RDC pour qu'elle évite l'esprit machiavélique de ces sociétés en développant son économie et son système de défense. (Section III).

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CHAPITRE PREMIER : CADRE CONCEPTUEL ET MONOGRAPHIE DES
SOCIETES MULTINATIONALES

Il est difficile de traiter une thématique de cette envergure sans apporter un éclaircissement aux concepts clés qui peuvent provoquer une incompréhension dans la partie du cadre pratique s'ils ne sont pas expliqués. Ainsi nous allons essayer d'éclaircir certains concepts en focalisant notre attention sur le phénomène des sociétés multinationales et sur la guerre. Ce sont les deux qui sont à la base de cette étude.

Section I : Etude conceptuelle et définitions I.1. République Démocratique du Congo (RDC)

La RDC est aussi appelée simplement Congo ou RD Congo ou encore RDC mais aussi « Congo-Kinshasa » pour le différencier avec la République du Congo voisine, elle-même appelée « Congo-Brazzaville » pour la même raison. De 1908 à 1960, cette ancienne colonie était appelée Congo belge mais aussi « Congo-Léopoldville » jusqu'en 1966, date pendant laquelle un nouveau nom été donné à la capitale : Kinshasa. Avec la zaïrianisation, le pays s'est appelé Zaïre de 1971 à 1997. Le Congo est le deuxième pays le plus vaste après l'Algérie20. Il s'étend de l'océan Atlantique au plateau de l'Est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo. Le nord du pays est l'un des plus grands domaines de forêt équatoriale au monde, l'est du pays borde le Grand rift est-africain, domaine des montagnes, des collines, des Grands lacs mais aussi des volcans. Le sud et le centre, domaine des savanes arborées, forment un haut plateau riche en minerais. À l'extrême ouest, une quarantaine de kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve Congo s'étale une côte sur l'océan Atlantique.

Le pays partage ses frontières avec l'enclave de Cabinda (Angola) et la République du Congo à l'ouest, la République centrafricaine et le Soudan du Sud au nord, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l'est, la Zambie et l'Angola au sud. Plusieurs centaines d'ethnies forment la

20 Encyclopédie libre (wikipédia), La République Démocrtique du Congo, wikipedia fondation, 2014. Consulté en mars 2014 à partir du www.google.fr.

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population du pays ; le français est la langue officielle et quatre langues bantoues (Kikongo, Lingala, Tchiluba, Swahili) ont le statut de langues nationales. L'économie repose principalement sur le secteur primaire (agriculture et exploitation minière)21.

I.2. Afrique

Selon Michèle Fruyt, le terme Africa est apparu dans les langues européennes par l'intermédiaire des Romains qui désignait la partie nord du continent car en Campanie, africus, qualifiait le vent pluvieux provenant de la région de Carthage22. L'Afrique (l'un des 5 continents du monde) couvre seulement 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Sa superficie est de 30 415 873 km2 avec les îles. Avec plus de 1,1 milliard d'habitants, l'Afrique représente 16 % de la population mondiale. Le continent est bordé par la mer Méditerranée au nord, le canal de Suez et la mer Rouge au nord-est, l'océan Indien au sud-est et l'océan Atlantique à l'ouest.

Depuis l'accession à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, l'Afrique compte désormais 54 États souverains. L'Afrique chevauche l'équateur et englobe de nombreux climats : tempérés au nord et au sud, chauds et désertiques le long des tropiques, chauds et humides sur l'équateur. En raison du manque de précipitations régulières et d'irrigation, tout comme de glaciers ou de systèmes montagneux aquifères, il n'y existe pas de moyen de régulation naturelle du climat à l'exception des côtes. Avec une surface émergée de 30 millions de km2, l'Afrique est le troisième continent par sa superficie. Il est séparé de l'Europe par la mer Méditerranée.23

21 Ibidem

22 L. DEROY et M. MULON, Dictionnaire des noms de lieux (Le Robert), 1994.

23 DRYSDALE et alii, The Middle East and North Africa, Oxford University Press US., 1985.

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Section II : Monographie de la guerre II.1. Définitions

Selon Gaston Bouthoul : « La guerre est une forme de violence qui a pour caractéristique essentielle d'être méthodique et organisée quant aux groupes qui la font et aux manières dont ils la mènent. En outre, elle est limitée dans le temps et dans l'espace et soumise à des règles juridiques particulières, extrêmement variables suivant les lieux et les époques. Sa dernière caractéristique est d'être sanglante, selon lui, car lorsqu'elle ne comporte pas de destruction de vies humaines, elle n'est qu'un conflit ou un échange de menaces24»

Selon Karl Von Clausewitz25 qui était un général26 prussien, la guerre est un conflit armé opposant au moins deux groupes militaires organisés réguliers. Elle se traduit ainsi par des combats armés, plus ou moins dévastateurs et implique directement ou indirectement des tiers. Elle qualifie donc tous les conflits, qui ont pour principales caractéristiques, la force physique, les armes, la tactique, la stratégie ou la mort de certains de ses participants (soldats, résistants, francs-tireurs etc.) ou de tiers (civils, employés et membres des associations d'aide humanitaire, etc.). Pour cet auteur, la guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens.

24 S. CHALMIN (Collectif), Gagner une guerre aujourd'hui ?, Économica, 2013.

25 C. CLAUSEWITZ, De la guerre, Éditions Rivage poche, Paris, 2006.

26 Karl von Clausewitz (1780-1831), fut un général et théoricien militaire prussien, né à Burg, près de Magdebourg. Fils d'un lieutenant de Frédéric II, il s'engagea dans l'armée prussienne à l'âge de douze ans et prit part aux campagnes de Rhénanie durant la Révolution française, avant d'entrer en 1801 à l'École de guerre de Berlin. Combattant les armées napoléoniennes, il fut fait prisonnier à la bataille d'Iéna en 1806 et interné en France pendant deux ans. À son retour en Prusse, il se vit confier l'instruction militaire du prince héritier, le futur Frédéric-Guillaume IV, ainsi que d'importantes responsabilités au ministère de la Guerre. Il contribua ainsi à la réorganisation de l'armée prussienne. En 1812, lorsque le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, fournit un contingent à Napoléon pour participer à l'invasion de la Russie, Clausewitz compromit une carrière brillante pour s'engager comme Prussien libre dans les rangs de l'armée russe. Attaché à l'état-major du tsar, il y joua un rôle déterminant. Après l'armistice de 1814, il réintégra l'armée prussienne avec le grade de colonel et se distingua à la bataille de Waterloo.

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II.2. Les origines et formes multiples de la guerre A. L'analyse réaliste de la guerre

· Les causes de la guerre

On peut distinguer comme le fait Kenneth Waltz trois niveaux d'analyse de la guerre :

a) Celui de la nature humaine, laquelle serait intrinsèquement belliqueuse,

b) Celui de l'Etat ; c'est lui qui prépare la guerre, qui la glorifie, qui la mène ;

c) Celui du système international dont la configuration est plus ou moins propice au conflit : les systèmes multipolaires et déséquilibrés seraient moins stables que les systèmes bipolaires marqués par l'équilibre des puissances.

· Les formes de guerre

L'analyse réaliste distingue également plusieurs types de conflit, où l'Etat reste toujours la principale unité d'analyse :

a) Les conflits majeurs : c'est-à-dire qui ont eu lieu entre les protagonistes principaux et avec des moyens lourds, ceux-ci peuvent rester au stade de conflit dit conventionnels, mettant en scène des armes classiques (chars, aviations, munitions d'armes chimiques, bactériologiques ou nucléaires). Ces conflits de base intensité se limitent à des incidents, à des déstabilisations mutuelles, ou périphériques, qui n'ont pas eu lieu directement entre protagonistes étatiques principaux et leurs armées mais par procuration, c'est-à-dire par l'intermédiaire d'alliés, ou sur un théâtre périphérique, par exemple dans le tiers-monde.

b) Nous avons également les formes particulières qui sont la guérilla et le terrorisme, où un groupe armé cherche, par la violence, à renverser ou à déstabiliser un Etat, notamment par une action psychologique sur sa population. Dans l'analyse réaliste, le bras d'un autre Etat est souvent vu dernière les groupes armés concernés.

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