WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La coopération multilatérale en faveur du développement rural: l'exemple de la FAO au Burkina Faso

( Télécharger le fichier original )
par Issa BANCE
Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature/Burkina Faso - Diplôme de l'ENAM 2006
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Paragraphe II : Les insuffisances des activités de la FAO au Burkina Faso

Contrairement à ses objectifs, les actions de la FAO provoquent souvent au niveau des populations rurales une sorte de discrimination. On peut en effet, s'interroger sur l'option faite qui consiste à travailler uniquement avec les organisations légalement reconnues. Aussi, le fait de se limiter aux seuls paysans organisés et reconnus par l'Etat ne conduit-il pas à exclure ceux qui ont véritablement besoin de soutien et qui n'ont pas la capacité de s'organiser ?

Les projets de développement ramènent souvent les populations rurales au rang d' « éternels assistés », d' « enfants », et par conséquent, incapables de prendre en charge leur propre développement. Or, toute intervention de développement rural devrait être adaptée au contexte socio-culturel98(*) tout en visant l'amélioration de la qualité de la vie des populations rurales concernées. Elle devrait aussi être sous-tendue par une approche globale, c'est-à-dire une démarche qui intègre tous les aspects et secteurs de la vie rurale et collective en suscitant des initiatives à la base chez les paysans. De même, les interventions de développement qui ne reposeraient pas sur les connaissances et les intérêts des populations concernées en vue d'améliorer leurs systèmes de production et leurs conditions de vie ne pourraient aboutir99(*).

Aussi les interventions de Développement engagées sur cette base provoquent-elles une rupture souvent brutale avec les habitudes de vie sociale des populations rurales. Les praticiens du développement comme la FAO se font généralement une image erronée de ce que veulent ces populations100(*). D'où, malgré de multiples projets et programmes, l'on n'assiste toujours pas au recul de l'insécurité alimentaire. En effet, les populations usent parfois des services, opportunités et contraintes qu'apportent les institutions de développement selon les normes et critères qui ne sont pas ceux de ces institutions. Il n'est pas rare de constater qu'un projet ou programme de développement à travers lequel les populations n'obtiennent pas la garantie d'assurer la sécurité alimentaire à leurs familles ou qui ne procure pas suffisamment de revenus monétaires, soit contourné ou détourné pour parvenir à cette fin101(*).

En outre, les interventions de développement ne sont pas toujours précédées d'études anthropologiques et socio-économiques de base. Or, ces études permettraient l'appréciation des changements qualitatifs intervenus dans la distribution de la puissance politique locale, la répartition des couches sociales, le système de production, la division de travail, etc. Cette négligence des effets socio-structurels contribue à façonner les comportements des paysans102(*).

Les interventions de développement rural de la FAO comportent un volet assistance technique et entraînent nécessairement dans leur exécution, des transformations économiques. Ces transformations économiques ont à leur tour des effets socio-structurels (rapports entre les paysans et à l'intérieur des unités de production) déstabilisants pour les systèmes sociaux traditionnels notamment par l'intégration de l'économie marchande dans les communautés villageoises.

Enfin, les programmes et projets de développement rural sont élaborés et exécutés avec des présupposés (technologies neutres et universelles, conception égalitariste des sociétés rurales) qui sont loin de correspondre aux réalités socio-économiques de leurs zones d'intervention. Or, très souvent ces zones sont celles d'un milieu structuré et géré au profit de groupes sociaux dominants103(*). C'est pourquoi ils bénéficient essentiellement à ces groupes tandis que les conditions de vie de la majorité ne cessent de se dégrader.

Section II : Les limites du cadre actuel et les perspectives de la coopération entre la FAO et le Burkina Faso

L'objectif de la FAO de favoriser la sécurité alimentaire dans le monde et particulièrement au Burkina Faso connaît des obstacles dans sa réalisation (Paragraphe I). Cette section s'intéressera également à l'avenir de la coopération entre les deux partenaires Paragraphe II).

* 98 Jean-Baptiste OUEDRAOGO .-Interventions de développement et transformations socio-économiques et sanitaires au Burkina Faso, région du Centre-Nord (provinces du Bam, du Namentenga et du Sanmatenga), Thèse de Doctorat en Sociologie, Université d'Abidjan, 1995-1996, p.11.

* 99 Jean-Baptiste OUEDRAOGO, op. cit. p.12

* 100 Idem

* 101 Jean-Baptiste OUEDRAOGO, op. cit. p.20

* 102 Jean-Baptiste OUEDRAOGO, op. cit. p.25

* 103Jean-Baptiste OUEDRAOGO, op. cit. p.27

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand