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RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF
CAMEROON

UNIVERSITÉ DE DOUALA THE UNIVERSITY
OF DOUALA
°~-~°~-~°~-~°~-~°
°~-~°~-~°~-~°~-~°
Matricule : 05A2045
FACULTÉ DES SCIENCES FACULTY OF
SCIENCE
DÉPARTEMENT DE PHYSIQUE DEPARTMENT OF
PHYSICS
Etude des Phénomènes
Critiques
par les Méthodes de Monte
Carlo :
Cas du modèle d'Ising à 2D
pour
la transition de phase Ferro ? Para
Mémoire présenté en vue
de l'obtention du
DIPLÔME DE MAÎTRISE DE PHYSIQUE
OPTION : MATIÈRE
CONDENSÉE
par
TCHUENTE Rostand Choisy
Licencié ès Sciences
Physiques
Sous
et
LA DIRECTION DE : LA SUPERVISION DE :
Dr FOUEJIO David Dr NJEUGNA Ebenezer
CHARGÉ DE COURS MAÎTRE DE
CONFÉRENCES


Année académique
2005 ~ 2006
DEDICACES
A
toi papa ; Feu Roger Dupont TCHUENTE
vous ; mes futurs ...
qui représentez mon passé qui a attendu en vain,
mon espoir qui suivra je l'espère ces pas
REMERCIEMENTS
Alors qu'il m'est offert la possibilité de manifester
toute ma gratitude envers tous, qui ont participé à la
finalisation de ce travail, conscient de ne pouvoir être exhaustif, je
prierai les uns et les autres (ici cités ou non) de reconnaître en
ces petites paroles, la grandeur de la reconnaissance que je leurs accorde.
Au TOUT PUISSANT Seigneur de l'univers, qui sous ses ailles
m'a protégé et guidé à travers tous les
pièges de cette jungle, que ce travail puisse positivement inspirer ton
royaume.
Au staff administratif de l'Université de Douala, du
Département de Physique par le Dr OUSMANOU Motapon pour la constance des
efforts menés pour la bonne marche de notre formation.
Au Dr David FOUEJIO qui a proposé et accepté de
diriger ce travail. Malgré vos multiples charges, vous avez
présenté une disponibilité, un soutient multiforme, une
rigueur constante dans le travail, un esprit de collaboration qui ont fait
tâche d'huile. Recevez mes sincères remerciements.
A tous le corps enseignant du Département de Physique
de notre Faculté, mes enseignants et aînés ; les
Docteurs J. P. NGUENANG, E. WEMBE, C. NOUPA, S.G. NANA ENGO, G.E. NTAMACK,
et les Professeurs Oumarou BOUBA, KWATO NDJOCK, Norbert NOUTCHEGUEME, Pr.
Josué KOM MOGTO. C'est par vous que j'ai d'avantage pris goût
à la chose scientifique. Les modèles se trouvent t'ils à
l'infini ?
A ma famille ;
ma très chère maman Mme TCHUENTE Marthe Viviane
pour qui je n'aurai jamais assez de mots ...
mes grands frères Serge Jr., Christian Hervé,
Stephan Fleury, Henry Patrick TCHUENTE, André KAYO
ma petite soeur Sandrine Gaëlle TCHUENTE.
Votre soutien n'aura jamais d'égal et aucune tribune ne
sera suffisamment haute, aucun mot plus complet, pour vous dire MERCI au regard
de votre désir de me voir réussir.
A mes oncles et tantes, mon tuteur ;
M. KAYO Elie, Mme KOM MOGTO Elisabeth, M. & Mme GOUAMPE
Philippe, TCHATCHOUANG C, WONGTCHOUANG E, KOUONANG J.P. pour votre soutien des
plus remarquables.
M. & Mme KOM Samuel si seulement je savais m'exprimer,
j'aurai su vous dire MERCI...!
A mes cousins et cousines Perrault, Stéphane,
Dieudonné, Moselly, Favière, Marcelline, ... , Guy Alain
KAYO et Pélagie M. & Irène N. TCHUENTE, ...
A tous mes camarades et amis de promotion :
des baccalauréats E et F1, Hermine Jésus,
Lazare, Ghislain Martial, Honoré de Paul, Alban, J. Médard
de maîtrise de Physique, en particulier les
Maîtres Armand HYEUDIP, Nasser MBA T., Thierry NJASSAP, Roger T. MABOU,
C. FANKAM, ... nos échanges ont déterminés les tournures
de ce travail.
de Douala ; Hugues Joël, Christian, Justine
Valérie, Flore Josiane, Odilia, ...
de l'Université de Ngaoundéré ;
Valery Hervé, Ghislain Bérenger, Yves Mathurin, Jean Pierre,
Reine Grâce, Christelle, Linda, Edwige Patricia, Valérie, Emilie
Josyane. Vous avez été pour moi une 3ième
famille.
A tous qui ont été plus près de moi,
rêvés et crus en ce que je fais, encouragé et
supporté ;
Mon AMIE, ... Tave quaviero
A tous, nous avons combattus le bon combat, fraction de ce
qui reste à faire. Le meilleur est à venir
...
TABLE DES
MATIERES
SOMMAIRE
DEDICACE
.......................................................................................................
i
REMERCIEMENTS
...........................................................................................
ii
TABLES DES MATIERES
Sommaire
iii
Tables des Figures & Tableaux
v
Figures
v
Tableaux
vi
QUINTESSENCE
RESUME
vii
ABSTRACT
vii
INTRODUCTION GENERALE
.............................................................................
1
1ERE PARTIE: ETUDE THEORIQUE
Chapitre 1
Bases des simulations par les méthodes de
Monte Carlo pour les transitions de phase magnétiques
3
1.A. Introduction.
3
1.A.2. L'état d'équilibre
5
1.B. Les méthodes probabilistes de
Monte Carlo
6
1.B.1. Expressions théoriques des
grandeurs physiques
6
1.B.2. Fluctuation, Corrélations et
Réponse
7
1.B.3. Cas du modèle d'ISING.
10
1.B.4. Méthodes numériques
11
1.C. Principes de la simulation de Monte
Carlo à l'équilibre thermique
13
1.C.2. Echantillonnage important
14
1.C.2.1. Processus de Markov
14
1.C.2.2. Ergodicité
15
1.C.2.3. Balance spécifique
15
1.C.3. Rapport d'acceptation
17
Chapitre: 2
Etude des phénomènes critiques
À l'aide du modèle d'ISING à 2 D.
19
2.1. Les phénomènes
critiques
19
2.1.1. Les transitions de phase
19
2.1.2. L'exposant critique (sa mesure) et
les classes d'universalités
21
2.1.2.1. Notion d'universalité
22
2.1.2.2. Fluctuations critiques et
ralentissement critique
23
2.1.2.3. Fonction d'auto corrélation
de l'aimantation
24
2.1.2.4. Temps de corrélation et
exposant dynamique.
25
2.1.2.5. Mesure de l'exposant critique
25
2.2. Applications :
27
2.2.1. L'algorithme de construction de la
chaîne du processus de Markov.
27
2.2.2. Algorithme détaillé de
Métropolis.
27
2.2.2.1. Insuffisances de l'algorithme de
Métropolis. Le pas vers Wolff
28
2.2.3. L'algorithme de Wolff
29
2.2.3.1. Rapport d'acceptation pour les
algorithmes de cluster
29
2.2.3.2. Algorithme détaillé
de Wolff et avantages
31
2NDE PARTIE: ETUDE PRATIQUE
Chapitre 3
Les résultats des simulations
32
3.1. Introduction
32
3.2. Détermination de
l'équilibre thermique.
33
3.3. Détermination du temps de
corrélation.
38
3.4. Etude de la transition de phase.
39
3.4.1. Transition de phase Ferro?Para.
41
3.5. Résultats comparés des
algorithmes de Métropolis et de Wolff
45
3.6. Présentation du programme de
simulation : ISampling
48
CONCLUSION GENERALE
...............................................................................
49
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
...................................................................
I
ANNEXES
ANNEXE 1 :
II
Organigramme du processus de Markov.
II
ANNEXE 2 :
III
Organigramme de l'algorithme de
Métropolis.
III
ANNEXE 3 :
IV
Programme en C++ de l'algorithme de
Métropolis
IV
ANNEXE 4 :
V
Organigramme de l'algorithme de Wolff
V
ANNEXE 5 :
VI
Programme en C++ de l'algorithme de Wolff
VI
ANNEXE 6 :
VII
Algorithme de génération des nombres
aléatoires par congruence lineaire avec `shuffling'.
VII
ANNEXE 7 :
IX
Classification des transitions de phase
IX
!TABLES DES FIGURES &
TABLEAUX
Figures
Figure 2.1 :
schématisation des regroupements de spin en fonction de la
température
21
Figure 3.1 :
Aimantation du système de 100 x 100 spins du modèle d'Ising
à 2 D en fonction du temps (en MCS/Site) pour trois types de graine
simulé avec l'algorithme de Métropolis. Les nombres
aléatoires sont générés par congruence
linéaire simple et l'équilibre thermique est atteint au voisinage
de t = 600 MCS/Site à T = 2.4K
34
Figure 3.2 :
Aimantation du système de 100 x 100 spins du modèle d'Ising
à 2 D en fonction du temps (en MCS/Site simulé avec l'algorithme
de Métropolis. Les nombres aléatoires sont
générés par congruence linéaire simple ou suivie
d'un shuffling et l'équilibre thermique est atteint au voisinage de t =
800 MCS/Site à T = 2K
35
Figure 3.3 : Douze
états de 100 x 100 spins du modèle d'Ising à 2 D
amenés à l'équilibre thermique à T=2.4K au bout de
t = 400 MCS/Site avec l'algorithme de Métropolis. Les spins Up (+1) sont
représentés en noir et les spins Down (-1) sont en blanc.
36
Figure 3.4 :
Aimantation du système de 100 x 100 spins du modèle d'Ising
à 2 D en fonction du temps (en MCS/Site) simulé avec l'algorithme
de Métropolis. L'équilibre thermique est atteint au bout de t =
200 MCS/Sites à T = 2.2K. La simulation a débutée avec des
spins complètement aléatoires, puis « refroidie'
jusqu'à l'équilibre à T = 2.2K.
37
Figure 3.5 : Fonction
d'auto corrélation de l'aimantation pour le modèle d'Ising
à 2D sur un système de 100x100 spins à la
température T=2.2K par Métropolis. Le temps de corrélation
est de ô = 725 MCS/Site
38
Figure 3.6 : Temps de
corrélation pour 100x100 spins du modèle d'Ising à 2D en
fonction de la température simulé avec l'algorithme de
Métropolis.
39
Figure 3.7 :
Aimantation (carrés) et susceptibilité magnétique
(cercles) du système 5x5 spins du modèle d'Ising à 2D en
fonction de la température simulé avec l'algorithme de
Métropolis. Les points (carrés et cercles) sont les
résultats de la simulation et les traits, le calcul exacte à
l'aide de la fonction de partition.
40
Figure 3.8 :
Aimantation moyenne par spin du système 100x100 spins du modèle
d'Ising à 2D en fonction de la température, simulé avec
l'algorithme de Métropolis. Le tracé représente la
Transition Ferro ? Para. Le tracé représente la Transition Para?
Ferro
42
Figure 3.9 : Chaleur
spécifique moyenne à volume constant par spin du système
100x100 spins du modèle d'Ising à 2D en fonction de la
température, simulé avec l'algorithme de Métropolis. Le
tracé représente la Transition Ferro ? Para. Le tracé
représente la Transition Para? Ferro
43
Figure 3.10 :
Susceptibilité magnétique moyenne par spin du système
100x100 spins du modèle d'Ising à 2D en fonction de la
température, simulé avec l'algorithme de Métropolis. Le
tracé représente la Transition Ferro ? Para. Le tracé
représente la Transition Para? Ferro
44
Figure 3.11 :
Aimantation moyenne par spin du système de 100x100 spins du
modèle d'Ising à 2D en fonction de la température.
Carrés : algorithme de Métropolis ; Cercles :
algorithme de Wolff.
46
Figure 3.12 : :
Chaleur spécifique moyenne par spin du système de 100x100 spins
du modèle d'Ising à 2D en fonction de la température.
Carrés : algorithme de Métropolis ; Cercles :
algorithme de Wolff.
46
Figure 3.12 : :
Susceptibilité magnétique moyenne par spin du système de
100x100 spins du modèle d'Ising à 2D en fonction de la
température. Carrés : algorithme de Métropolis ;
Cercles : algorithme de Wolff.
47
Figure 3.14 :
Fenêtres de paramétrage de simulation (gauche) et d'options
graphiques (droite)
49
Figure 3.15 :
Fenêtre du choix de visualisation d'une grandeur
49
Figure 3.16 :
Fenêtre principale du programme ISampling
49
Figure A1 :
Organigramme du processus de Markov
II
Figure A2 :
Organigramme du processus de Métropolis
III
Figure A4 :
Organigramme du processus de Wolff
V
Tableaux
Tableau 2.1 :
Expressions de quelques grandeurs physiques en fonction de leurs exposants
critiques
22
Tableau 2.2 : Classe
d'universalité et modèles associés
23
Tableau 2.3 : Valeurs
des exposants critiques pour d = 2
26
Tableau A7 :
Classification des transitions
III
QUINTESCENCE.
RESUME
L'objectif initial de notre travail était la
comparaison de deux algorithmes de simulation des phénomènes
critiques par les méthodes de Monte Carlo, - l'algorithme de
Métropolis et l'algorithme de Wolff -. Nous devions par ailleurs
étudier les phénomènes critiques qui s'établissent
à la transition de phase. A cet effet, nous avons
déterminé, les courbes d'évolution des paramètres
du système (énergie, aimantation, susceptibilité, chaleur
spécifique) et celles des propriétés des différents
algorithmes étudiés (temps et longueur de corrélation)
toutes en fonction de la température et / ou de la taille du
système. Pour ce faire, nous avons étudié et simulé
un modèle d'Ising à 2 dimensions. Nous avons
indifféremment travaillé sur les transitions Ferro vers Para ou
Para vers Ferro (Ferro ? Para).
ABSTRACT
The aims of our work was the comparison of two algorithms of
critical phenomena simulation by methods of Monte Carlo, - the algorithm of
Métropolis and the algorithm of Wolff -. We had to study the critical
phenomena that settle to the phase transition of otherwise. Therefore, we have
determine curves of evolution of parameters of the system (energy,
magnetization, susceptibility, specific heat) and those of different studied
algorithm properties (correlation time and length) all according to the
temperature and / or of the size of the system. Thus we have studied and
simulated the two dimensional Ising model. We have worked indifferently on
transitions Ferro towards Para or Para towards Ferro (Ferro ? Para).
... de la même façon, on peut
apprécier les progrès scientifiques et y prendre plaisir,
même si l'on n'a personnellement aucune disposition pour la
créativité scientifique.
Mais demandera - t - on, à quoi
servirait-il ?
La 1ère réponse est que personne
ne peut se sentir chez soit dans le monde moderne, juger la nature de ses
problèmes et les solutions possibles, à moins d'avoir une
idée intelligente de ce que nous réserve la science. De plus
l'initiative au monde magnifique de la science apporte une intense satisfaction
esthétique, inspire la jeunesse, comble le désir de savoir et
permet d'apprécier plus profondément les merveilles
déjà réalisées par l'esprit humain, et celles dont
il est capable.
C'est pour permettre une telle initiative que j'ai
entrepris d'écrire ...
Isaac ASIMOV, L'univers de la science, InterEdition, 1986,
page 15
INTRODUCTION GENERALE
A la base de toute observation des objets de la nature, l'on
aperçoit l'aspect du système (ou objet) observé. Sous
l'influence de l'environnement dans lequel il beigne, cet aspect peut prendre
diverses configurations ou états ; on parle aussi de phase. Ce
à quoi nous nous intéressons dans notre présent travail,
c'est la description du système à l'instant précis
où il change de phase. Il s'agit d'un instant critique où se
produisent des phénomènes dits critiques, c'est à dire de
transition de phase.
Notre travail trouve ses applications sur les ordinateurs qui
permettent de simuler les systèmes physiques pour la résolution
des problèmes en physique statistique. Nous utiliserons à cet
effet comme méthodes numériques, celles de Monte Carlo qui
s'appuient sur un jeu d'échantillon d'une représentation d'un
système physique pris dans un état donné. Elles visent
ainsi à la détermination de manière efficace et rapide
des grandeurs physiques liées au système considéré,
par des procédés probabilistes.
En considérant la configuration granulaire (spin,
atome, molécule, ...) de la matière (système physique) et
sachant que ces éléments composites interagissent mutuellement,
les phénomènes critiques s'étudient avec les
théories de la physique statistique et plus particulièrement de
la mécanique statistique.
Ainsi donc, cumulés aux résultats
théoriques de la mécanique statistique, les simulations par les
méthodes numériques nous apportent des outils
complémentaires pour mieux comprendre les systèmes. Elles sont
essentielles pour des systèmes complexes, à l'approche de
l'instant critique où s'établi la transition. C'est ce qui fit
développer ces méthodes et plus particulièrement celle de
Monte Carlo, très utilisée et adaptée à cet effet.
La technique de Monte Carlo à été assez
développée à la suite de plusieurs travaux, introduisant
ainsi divers algorithmes de simulation, tous intéressants et
présentant des spécificités particulières
liées au système qu'ils étudient. La
1ère simulation de Monte Carlo remonte en 1953 suite aux
travaux de Métropolis & al. [1]. Bien d'autres suivirent, apportant
successivement des corrections remarquables, c'est le cas de [2] l'algorithme
de Wolff (proposé par Ulli Wolff en 1989) à l'encontre du
précédent qui traite sur les spins, celui-ci manipule des blocs
de spins ; l'algorithme de Swendsen - Wang (proposé par ces 2
chercheurs en 1987 et calqué sur le modèle de Wolff) ;
l'algorithme de Niedermayer (adapté à toutes sortes de
modèles, proposé individuellement par Ferenc Niedermayer en
1988), et bien d'autres ...
Le but principal de notre travail est celui de
présenter l'algorithme de Métropolis afin de dégager ses
défaillances et les corrections apportées par Wolff. Pour y
parvenir, nous introduirons :
Dans un premier temps, une partie dite
d' « étude théorique », tout d'abord par
une présentation à travers la mécanique statistique, des
expressions théoriques des grandeurs physiques qui nous
intéressent ; puis nous aborderons les méthodes
probabilistes de Monte Carlo où il s'agira pour nous de présenter
les différents éléments qui permettent d'établir
des résultats numériques proches de ceux déterminés
par les probabilités de Boltzmann. Ce qui nous permettra d'aborder en
fin, l'étude des phénomènes critiques appliqués au
modèle d'Ising à deux dimensions pour la transition de phase
Ferro ? Para, où nous comparerons l'algorithme de Métropolis
à celui de Wolff à travers leurs différentes
propriétés.
Dans un second temps, une partie dite
d' « étude pratique » nous permettra de
visualiser ces grandeurs par les simulations faites sur différents
systèmes, afin de vérifier les conclusions apportées par
la partie précédente.
1ère Partie : Etude théorique
Chapitre 1
Bases des simulations par les méthodes de Monte
Carlo pour les transitions de phase magnétiques
1.A.
Introduction.
Il nous paraît utile de présenter d'entrée
de jeu de cette partie, une vue sur la mécanique statistique qui nous
permet notamment de retrouver les expressions réelles des grandeurs
physiques - que nous déterminerons avant de retrouver l'état
optimal auquel tout système physique à tendance à
basculer (l'état d'équilibre)-, pour mieux étudier
les phénomènes critiques.
1.A.1. La mécanique statistique
La difficulté cruciale rencontrée dans les
systèmes que nous étudions est qu'ils sont composés de
plusieurs blocs (atomes ou molécules) généralement
identiques, pouvant avoir en très petit nombre des différences
mais obéissants tous néanmoins à de simples
équations du mouvement. De ce fait, tout le système peut
être mathématiquement modélisé de différentes
façons. Cependant, le nombre d'équations (obtenu par
l'étendu du problème) rend impossible la résolution
mathématique exacte. Par ailleurs, les conditions macroscopiques
observables dans lequel est plongé le système nous permettent de
prédire et simplifier d'avantage certaines de ces équations. La
mécanique statistique essaye donc de trouver les solutions de ces
équations par des procédés et propriétés
probabilistes définis sur plusieurs états.
Le vrai paradigme que nous étudierons ici, est que le
système est gouverné par un Hamiltonien H qui donne
l'énergie totale du système dans n'importe quel état
particulier. Ces énergies pouvant êtres discrètes ou
continues. L'état d'énergie stationnaire étant celui pour
lequel l'énergie reste constante au cours du temps, on observe des
échanges entre les différents états
dégénérés. Un autre obstacle que nous rencontrons
est celui de l'influence du réservoir thermique. C'est un très
grand système qui peut être pris comme une source (de
température par exemple), échangeant constamment de
l'énergie avec notre système dans la mesure où nous
impulserons toujours de la température au système comme
définie en thermodynamique. Nous pouvons incorporer l'effet de notre
réservoir dans nos calculs en donnant au système la dynamique de
la règle par laquelle il change périodiquement d'état. La
nature exacte de cette dynamique est dictée par la forme de la
perturbation de l'Hamiltonien que le réservoir produit dans le
système. A cet effet, considérons le cas suivant:
Soit la probabilité au système de passer d'un état
ì à autre état õ. est le taux de transition et doit être normalement
indépendant du temps. En supposant cette hypothèse
réalisée l'on peut définir pour tout état possible õ que le système peut
avoir. Ces transitions de phases sont généralement tout ce que
nous pouvons avoir sur la dynamique. D'où, connaissant un état u
du système, nous n'avons besoin que d'un court instant
« dt » pour que le système évolue vers
n'importe quel autre état í. Nous appliquons ce raisonnement
lorsque le traitement probabiliste entre en jeu. Définissons 1(*), la
probabilité du système d'être à l'état u
à l'instant t. La mécanique statistique propose que ces poids
nous informe entièrement sur l'état du système. Nous
pourrons donc écrire la grande équation de l'évolution de
avec les termes de tel que :
(1.1)
Le premier terme de droite représente le taux de
probabilité du système d'être à
l'état u, tandis que le second est le taux de probabilité du
système d'être juste au dessus de cet état mais avant le
suivant. Toutefois, nous devons avoir la condition
(1.2)
Tant que le système sera dans cet intervalle
d'état. La solution de l'équation (1.1) nous donne la variation
temporelle du taux qui peut nous permettre de retrouver les propriétés
macroscopiques de notre système. Mais comment donc?
Si nous désirons par exemple déterminer la
quantité Q qui prend à l'état u la valeur Qu,
nous définirons la valeur moyenne de Q à l'instant t pour tout le
système par
(1.3)
Il est claire que cette quantité contient d'importantes
informations que nous sommes sensé avoir expérimentalement. Par
ailleurs la valeur précise Q de son observable n'est peut-être pas assez claire.
En effet, imaginons que nous avons un grand nombre de
complexions (copies) de notre système qui interagissent chacun avec son
réservoir thermique passant d'un état à un autre durant
toute la durée de l'observation. L'on croirait que sera dès lors à sa meilleure estimation si nous faisions
une moyenne pondérale des valeurs de Q obtenues séparément
pour chaque système. Pourtant, il en existe bien plus que ce que l'on
considère! En réalité nous n'avons sur la main
expérimentalement qu'un seul système sur lequel nous
opérons toutes nos mesures de Q, d'où il ne s'agit pas d'une
simple mesure instantanée, mais d'une intégration de la mesure
sur une période de temps T. C'est ainsi que l'on détermine
l'espérance sur une moyenne de temps, de la quantité Q.
Le calcul de l'espérance est un des buts principaux de
la mécanique statistique, et des simulations par Monte Carlo en Physique
statistique. Cependant, pour y arriver le système doit être
préparé à nous fournir des valeurs assez
représentatives de sa configuration. [3] Boltzmann nous renseigne que
c'est à un état dit d'équilibre que nous pouvons avoir ces
grandeurs là.
1.A.2.
L'état d'équilibre
Reconsidérons la grande équation (1.1); si
jamais notre système atteint l'état où les 2 termes de
gauche deviennent équivalents au point de s'annuler ou de donner un
autre terme constant, alors la variation du taux sera nulle et le poids statistique sera constant pour tout le reste du
temps : c'est l'état d'équilibre. C'est à ces
instants que l'on observe les interactions entres les éléments du
système. Tout système gouverné par l'équation (1.1)
atteint forcement l'équilibre. Il s'agira donc pour nous de simuler ces
systèmes par la technique de Monte Carlo. Le taux de transition apparaissant dans (1.1) ne doit juste prendre que quelques valeurs. Le
point important est que nous connaissons à priori les valeurs de à l'équilibre. Elle nous permet d'avoir ce que l'on
appellera « probabilité d'occupation à
l'équilibre », notée
(1.4)
Gibbs (1902) [3] montra que pour un système à
l'équilibre thermique tel un réservoir à la
température T, on a (1.5)
Où Eu est l'énergie à
l'état u et Z la fonction de partition telle que
(1.6)
Avec l'énergie d'agitation thermique (1.6')
A présent que l'équilibre thermique est atteint
dans les conditions sus-citées, nous pouvons déterminer les
expressions des différentes grandeurs recherchées afin de pouvoir
les simuler pour obtenir les configurations du système.
1.B.
Les méthodes probabilistes de Monte Carlo
1.B.1.
Expressions théoriques des grandeurs physiques
Nous avons pu établir précédemment les
conditions de l'état d'équilibre, en considérant cet
état atteint, nous déterminerons à présent les
grandeurs physiques caractéristiques du système.
Nous remarquons que la fonction de partition Z apparaît
dans beaucoup de développement mathématique en mécanique
statistique; la connaissance de Z nous permet d'évaluer virtuellement
tout ce que nous voulons savoir sur l'environnement macroscopique du
système [3]. Nous prendrons ainsi l'expression (1.6) comme
point de départ pour nos prochains développements.
Par généralisation, partant des équations
(1.3), (1.4), (1.5), l'espérance
mathématique d'une quantité Q pour notre système Physique
sera
(1.7).
Qu'il en soit pour l'énergie (Q = E) on aura
l'espérance
= U (1.8)
De l'équation (1.6), nous aurions pu
écrire
(1.9)
La chaleur spécifique (massique) aura pour
expression :
(1.10)
Introduisant l'entropie S l'on obtient
(1.11)
En égalant (1.10) & (1.11) et en tenant compte des
conditions d'intégration, de la 3eme loi de la
thermodynamique fixant arbitrairement l'origine de l'entropie, on trouve
(1.12).
Par ailleurs, des expressions (1.9,), (1.12)
Helmholtz [3] tire l'énergie libre 2(*)
F = U - TS = kBT logZ
(1.13)
Nous avons ainsi pu définir les grandeurs
thermodynamiques U, F, C, S à partir de Z. D'autres grandeurs dites
conjuguées ont des variables conjuguées qui sont les
réponses du système à ces sollicitations ou en d'autres
termes aux perturbations correspondantes. Par exemple, la réponse
à un système de gaz dans une boite par le changement de volume V
est la pression P. la pression `P' est donc la variable conjuguée de
`V' ; de même l'aimantation M est la réponse à la
variation du champ magnétique B. M et B sont variables
conjuguées.
F étant une différentielle totale par
l'équation (1.13) c'est-à-dire [3] :
dF = dU - TdS - SdT = - PdV - SdT (négligeant le
monôme lié au nombre N de particule du système) et sachant
que dU = TdS - PdV et , l'on aura
(1.14)
(1.15)
Donc si nous pouvons avoir l'énergie libre F, nous
obtiendrons l'effet des autres paramètres variants. Tout ceci nous
ramène toujours à la fonction de partition Z. Cette fonction est
très utilisée dans les calculs évolués par la
méthode de Monte Carlo pour les propriétés du
système à l'équilibre.
1.B.2. Fluctuation3(*), Corrélations4(*) et Réponse
La mécanique statistique peut nous informer sur
d'autres propriétés du système telles l'entropie et la
pression. Une des plus importantes classes de ces propriétés est
la fluctuation des quantités observables. Il a été
décrit plus haut comment le calcul des espérances tient compte de
la moyenne temporelle sur plusieurs mesures de la même
propriété pour un système simple. En plus, pour calculer
la vraie valeur de ces différentes mesures, il serait
préférable de calculer leurs variations spécifiques qui
nous donne la mesure de la variation de la quantité que nous observons
sur le temps et nous donne aussi quantitativement (avec approximation) le
nombre d'essais effectués pour avoir la bonne valeur (valeur propre) de
l'espérance (observable).
Par exemple, considérons l'énergie interne U, la
moyenne du carré de la déviation individuelle instantanée
de la mesure de l'énergie est
(1.16)
Des formules (1.7), (1.8) et (1.9), nous
obtenons aisément et / ou par dérivation de la fonction de partition Z on a
aussi , ce qui nous donne
(1.17)
Utilisant (1.10) pour éliminer la 2nde
dérivation on écrira alors
(1.19)
D'où, l'écart type5(*) de E sera . (1.20)
Ce résultat nous est intéressant pour plusieurs
raisons :
Primo, il nous donne la magnitude (l'étalement) de la
fluctuation en terme de chaleur spécifique `C'6(*). Nous pouvons ainsi trouver
toutes les fluctuations des quantités que nous avons en thermodynamique
classique en sachant que nous devons absolument tenir compte de l'approche
microscopique que la thermodynamique n'a pas accès !
Segundo, hors de la limite de spectre d'énergie, les
fluctuations sont élevées.
Ceci nous prête à croire à nos premiers
arguments, que le traitement statistique peut nous offrir une véritable
estimation exacte de l'environnement de notre système tel que nous
l'espérions. La plus part des questions (le comportement) qui nous
intéresse en matière condensée se trouvent autour de la
limite thermodynamique, où l'on ignore la fluctuation pour de large
systèmes. Ainsi les algorithmes informatiques s'exercent à
simuler le comportement à cette limite pour d'aussi larges
systèmes que possible en un temps appréciable.
Qu'en est il donc à présent de la fluctuation
pour d'autres variables thermodynamiques? D'après les
équations (1.5) à (1.7) ainsi que la
définition de variable conjuguée vu plus haut, nous pouvons
réécrire de manière générale, pour une
grandeur quelconque X
= (1.21)
Où contiennent les termes en contenus dans l'Hamiltonien du système. La technique
utilisée pour le calcul de la température moyenne d'une
quantité est de réécrire
(1.22)
Il est évident qu'aucun champ de couplage de cette
quantité ne se trouve dans l'Hamiltonien. Dans le cas contraire, nous
utiliserons un champ fictif que nous introduirons dans l'Hamiltonien pour y
assurer le couplage, utiliser (1.22) et le réduire enfin en un
champ nul après dérivation. Méthode communément
utilisée en mécanique statistique. Une autre
dérivée de logZ qui respecte Y produit un autre facteur de dans la somme sur tous les états u. Nous chercherons alors
(1.23)
Où nous reconnaissons les résultats tels
trouvés plus haut à l'équation (1.17). Nous
pouvons ainsi avoir la variance de n'importe quelle quantité X à
partir de la dérivée seconde de l'énergie interne F sur sa
variable conjuguée respective. On défini la
susceptibilité de X sur Y par le rapport
mesurant la force de X par le changement en Y contenu dans l'équation
précédente et usuellement notée ÷ : (1.24)
D'où la valeur moyenne d'une variable X et sa variable
conjuguée Y sont proportionnelles. Ce résultat est connu depuis
le théorème de la réponse linéaire7(*), qui nous donne un moyen de
calculer (1.24) par la méthode de Monte Carlo en mesurant la taille
d'une fluctuation sur une variable.
En étendant l'idée de la susceptibilité
et par là le changement d'état de la thermodynamique classique,
nous pourrons apprécier ce qui arrive lorsque nous changeons
d'état (position sur l'espace de configuration) d'un paramètre.
Pour aborder ce type de problème, nous utiliserons un modèle
planétaire représenté par une matrice. C'est un
modèle plus réaliste où i,j représentent
coordonnées abscisses et ordonnées d'un point k. Une variable
Xk aura un champ conjugué Yk que nous retrouvons
dans l'Hamiltonien par les termes avec pour tous les N sites k. On réécrira donc (1.21)
et (1.22)
(1.25)
Où est la valeur de en un état u nous donnant donc une généralisation
de ÷ par
(1.26)
En introduisant le résultat de (1.6) on
obtient
=
Plus simplement (1.27)
Où est la fonction de corrélation8(*) de x pour 2 points i et j connectés, que
nous présenterons plus tard. L'exposant (2) représente l'ordre de
la corrélation (ou le nombre de points).
1.B.3. Cas du modèle
d'ISING.
Pour essayer de rendre toutes ces relations un peu plus
concrètes, nous introduisons à présent un concept
nouveau : le modèle d'ISING. Certainement l'un des plus
recherché ou étudié en physique statistique. C'est un
modèle d'aimant. Les principes essentiels rodant autour de l'aimantation
et des models magnétiques sont que l'aimantation d'un matériau se
compose de moments magnétiques de plusieurs dipôles
magnétiques conjugués de spin. Le modèle postule qu'une
matrice (de dimension définie en fonction de la géométrie
du problème) peut représenter tous les états possibles de
spin d'un système. L'évaluation des propriétés se
fait donc en manipulant directement la matrice à travers les
différents états du système définis par les
coefficients de la matrice. Par soucis de simplification, ces coefficients
(valeurs des spins) prennent les valeurs 9(*). Dans le
modèle magnétique réel, les spins interagissent entre eux
(entre voisins), l'on tient donc compte de cette autre contrainte en
introduisant dans l'Hamiltonien les énergies d'interaction notées
J (pour les 1ers voisins) et J1 (pour les 2nds
voisins) facteurs des termes d'interactions. On aura [11]
(au 1er ordre) (1.28)
(au 2nd ordre) (1.28')
Où i et j sont les coordonnées du spin de la
matrice ; dans la mesure où l'énergie d'interaction
dipolaire varie en on aura . En plus, le signe (-) en J est conventionnel et indique le sens de
l'interaction sur les paramètres J, lorsque J>0, tous les spins sont
Up et nous avons le modèle ferromagnétique. Dans le cas
contraire, nous obtenons un modèle dit
anti-ferromagnétique.
Autant que chaque site (coefficient) peut prendre deux
valeurs, notre matrice de dimension N (nombre de spin) peut décrire donc
2N états possibles. Ce qui nous permettra de redéfinir
la fonction de partition décrite plus haut à
l'équation (1.16) par :
(au 1er ordre) (1.29)
(au 2nd ordre) (1.29')
Comme dit précédemment, nous pourrions ainsi
avoir avec Z toutes les propriétés thermodynamiques du
système et même leurs variables conjuguées. Comme
définies plus haut ;
La susceptibilité magnétique par spin
d'après (1.23) est :
(1.30)
La chaleur spécifique par spin se
référant à (1.19) sera :
(1.31).
De l'expression de l'Hamiltonien donnée en
(1.28), si nous considérons à présent une
variation partielle du champ J1 = B, l'on fera donc intervenir
Bi dans la sommation. La moyenne de l'aimantation sera . Où (simplement notée m) représente la moyenne par spin, elle
est plus généralement utilisée:
(1.32)
La fonction de corrélation connectée sera
(1.33).
Toutes ces grandeurs sont encore plus intéressantes par
visualisation à l'équilibre thermique lorsque nous l'atteignons,
par les méthodes numériques.
1.B.4. Méthodes
numériques
Les méthodes numériques nous permettent
d'obtenir avec plus de justesse et de rapidité, les comportements des
propriétés physiques précédemment définies.
Nous avons la fonction Z qui est (nous l'avons montré) un
élément pivot. Le problème actuel sera d'améliorer
la somme de celle-ci sur un grand nombre d'états. Plus encore, il faudra
considérer qu'à la limite thermodynamique, le nombre
d'états doit être considéré infini. Ce travail
à été réalisé sur un modèle plus
simple d'énergie discret, le modèle d'ISING à deux
dimensions [2]. Par ailleurs, la majorité des modèles
s'intéressent, autant qu'il n'est pas encore possible, d'obtenir
l'expression analytique exacte de Z.
La méthode la plus simple pour résoudre les
problèmes en physique statistique est de convertir notre système
en représentation matricielle (de dimension fonction de la
géométrie du problème considéré) et de
l'appliquer dès lors au modèle choisi. De ce fait, la fonction de
partition Z deviendra une somme de nombre finie de terme (pour un espace
discret) ou une intégrale sur l'espace considéré pour un
spectre continu d'énergie), nous pourrions dès lors utiliser un
ordinateur pour évaluer ces expressions. Regardons à
présent ce qui se passe pour le modèle d'ISING.
Considérons un cas à deux dimensions, un
système de 25 spins modélisables en une matrice carrée 5 x
5. En champ nul (B = 0), limitons les effets de bord en utilisant les
conditions aux limites cycliques de BVK10(*) (Born Von Karmer). Chaque spin pouvant prendre 2
valeurs (suivant qu'il soit Up ou Down), l'on aura alors 225 =
33554432 valeurs possibles (états possibles du système) !
Cependant, la matrice n'est jamais assez grande pour inclure toute la physique
importante. Ceci ne veut pourtant pas dire qu'un développement matriciel
est moins utile. Il existe des méthodes rendant le problème est
moins difficile où le calcul numérique et les solutions exactes
sont très appréciables. La technique des tailles d'échelle
d'intervalle fini (pas de divergence), nous entraîne à extrapoler
les résultats par des matrices de dimension finie aux systèmes de
taille finie ou infinie et donne de bons résultats aux limites
thermodynamiques [7].
Néanmoins, toutes ces techniques peuvent nous donner de
bons résultats pour les propriétés critiques. La
précision et l expression desdits résultats dépendent
de la taille du système. Dès lors, il est judicieux pour nous de
travailler avec d'aussi grand système que possible. Ce qui prendra
nécessairement du temps car il faudra tenir non seulement compte de la
géométrie du système mais aussi des
caractéristiques techniques du calculateur utilisé. La partie sur
les résultats obtenus nous en dira plus.
1.C. Principes de la simulation de
Monte Carlo à l'équilibre thermique
Il est à présent question pour nous de
présenter les éléments de base de la simulations par Monte
Carlo, à travers les trois idées maîtresses :
« l'échantillonnage important», « la balance
détaillé » et le « rapport
d'acceptation ». Maîtriser le sens de ces termes nous offrira
d'avantage informations sur la simulation de Monte Carlo à
l'équilibre thermique développée ces trente
dernières années.
1.C.1. L'estimateur
Nous avons dit plus haut que la recherche des valeurs
moyennes représente les principaux objectifs des simulations Monte
Carlo, mais pour accélérer le processus il serait plus facile
d'orienter nos résultats vers des valeurs probables.
Nous avons obtenu de (1.3), l'expression de la
moyenne de Q, par sommation sur tous les états ì du
système et sur leurs probabilités respectives
(1.31)
Pour de grands systèmes, le mieux que nous pouvons
avoir est la moyenne sur une somme restreinte d'états. Il est donc
nécessaire d'introduire une quantité dans le calcul. La technique
de Monte Carlo s'exerce à choisir ce champ restreint d'état avec
une probabilité de distribution öì. En supposant
que nous choisissons M états , l'on aura une meilleure estimation de Q par
(1.32)
Cette expression est l'estimateur de
Q, nous donnant une estimation de Q sur un model réduit et
avec la propriété que lorsque le nombre M d'états dans
l'échantillon grandit, l'on se rapproche de la vraie valeur par Q. C'est-à-dire :
Reste alors à déterminer M pour une meilleure
expression de Q. Pour ce faire, il suffit de considérer une
équiprobabilité entre les états du système (c'est
à dire ), d'où :
(1.33)
1.C.2. Echantillonnage
important
Tel qu'il a été abordé dans un
précédent paragraphe, il est utile d'observer un temps moyen afin
de se rassurer que nous parcourrons au moins une période, durant le
temps de l'expérience, d'où il se pose le problème de la
longueur de la chaîne. A titre d'exemple, un litre de gaz, contient
1022 molécules, soient états possibles qui est un nombre spectaculairement grand
d'où l'importance de prendre une matrice de dimension assez grande sinon
l'on risquera de ne pas parcourir tous les états. On parle dans ce cas
d'échantillonnage important.
1.C.2.1. Processus11(*) de Markov
Dans une simulation par Monte Carlo l'étape difficile
est la détermination de l'estimateur approprié. Au départ,
nous ne pouvons pas simplement choisir au hasard certains états et les
accepter ou rejeter en les prenant équiprobables à . Le résultat ne sera pas meilleur que celui issu d'un
échantillonnage hasardeux. L'on court le risque de
répéter virtuellement certains états autant que leurs
probabilités sont exponentiellement petites. Les algorithmes des
méthodes de Monte Carlo utilisent le processus de Markov pour choisir
les états utilisés (considérées).
Le processus de Markov est le mécanisme qui
génère un état í du système à partir
d'un autre connu. L'état généré n'est pas toujours le
même, il parcourt le système à la recherche de nouveaux
états avec une probabilité de transition P sur lesquels il impose deux conditions:
i) elles ne varient pas avec le temps.
2i) elles dépendent uniquement des
propriétés du système sur les états u et
í.
Ceci traduit le fait que la probabilité de transition
d'un état u à un autre í du processus de Markov
est toujours constante et devra satisfaire la relation de fermeture
(1.34)
Dans la simulation de Monte Carlo, nous utiliserons à
répétition le processus de Markov pour générer la
chaîne de Markov de nouveaux états. Il est
généralement utilisé spécialement lorsqu'on veut
partir de n'importe quel état du système et générer
une suite de configurations de certains états précis (final) par
exemple.
Pour parachever cette étude, il est utile d'imposer
deux nouvelles conditions : « Ergodicité » et
« balance détaillée ou spécifique »
sur le processus de Markov.
1.C.2.2. Ergodicité
La condition d'Ergodicité est le fait qu'il sera
possible par notre processus de Markov d'atteindre n'importe quel état
du système à partir d'un autre si nous évoluons durant un
temps suffisamment grand. Ceci est nécessaire pour atteindre notre
initial, celui de généraliser des états à partir
d'une probabilité correcte dite de Boltzmann. Chaque état apparaît avec une certaine probabilité non nulle
Pí dans la distribution de Boltzmann. Et si cet état
ne peut-être accessible à partir d'un autre état u ce ne
sera pas un problème, nous continuerons notre processus et dans ce cas
l'on reprendra le schéma à partir de ce nouvel état.
La condition d'Ergodicité nous informe que nous pouvons
prendre certaines probabilités de transition nulle dans le processus de
Markov mais ceci ne sera pas le cas pour deux états distincts que nous
prenons dans un espace restreint. En pratique, la plupart des algorithmes de
Monte Carlo configurent toutes les probabilité de transition à
zéro, et il faudra faire attention dans ce cas à ne pas
créer un algorithme qui viole la condition d'Ergodicité.
1.C.2.3. Balance
spécifique12(*)
Cette autre condition du processus de Markov est l'une de
celles qui assurent que la probabilité de distribution de Boltzmann que
nous générerons après que notre système ait atteint
l'équilibre est la plus grande de toutes les autres distributions. La
déviation de cette balance est assez subtile. Comme défini en
introduction, le sens réel de « système à
l'équilibre » : l'équivalence entre les
différents états lors des transitions à
l'équilibre, peut s'exprimer mathématiquement par :
(1.35)
Introduite, la relation de fermeture (1.34) sur
l'équation (1.35) conduit à :
(1.36)
Si cette équation est satisfaite, la probabilité
pí sera à l'équilibre dans le processus
dynamique de Markov. Mais il peut arriver que la satisfaction de cette
équation ne soit pas totalement efficiente pour garantir que la
probabilité de distribution puisse atteindre pu de n'importe
quel état du système si nous faisons tourner le système
pendant un long temps.
En effet, la probabilité de transition peut être déterminée comme un élément
de la matrice P13(*). En
considérant , si nous mesurons le temps mis dans chaque état durant la
chaîne de Markov, alors la probabilité à un instant t + 1
suivant (où sera le système à l'état í)
sera :
(1.37)
Sous forme matricielle, on obtient (1.38)
Où w(t) est le vecteur dont les coordonnées sont
les différents poids statistiques .A l'équilibre ( à ), le processus de Markov satisfera (1.39)
Toutefois, il est possible au processus d'atteindre
l'équilibre dynamique par rotation de w sur toute la chaîne. En
notant « n » la taille limite du cycle parcouru, on
aura :
(1.40)
Si nous choisissons une probabilité de transition (ou
de manière équivalente une matrice de Markov) pour satisfaire la
relation (1.36). Nous garantirons ainsi que la chaîne aura une
simple probabilité d'équilibre de distribution , quelque soit la valeur de « n ».
De ce qui précède nous pouvons dire que nous
sommes informé que rien ne garantie que l'état d'équilibre
généré aura la probabilité de distribution
attendue.
Pour contourner ce problème l'on applique donc une
autre condition à notre probabilité de transition. la condition
de balance spécifique ou
détaillée énoncée telle que:
(1.41)
Il est donc alors clair que chaque état qui satisfera
cette condition (1 .41) satisfera alors absolument
(1.35) qui n'est qu'une sommation de (1.41) sur les
différents états concernés. En remarquant la forme
bidirectionnelle équivalente de (1.41), l'on constate bien que la
condition de balance spécifique élimine la notion de cycle qui
incluait la limite « n ». En effet, la balance
détaillée nous informe qu'en moyenne, le système peut
quitter d'un état u vers un autre í indifféremment du
chemin choisi et après un temps infini, l'on aura une probabilité
de distribution . (A , devra tendre exponentiellement comme les vecteurs propres correspondant
aux fortes valeurs propres de P).
Observons à nouveau l'équation (1.40), l'on
remarque que les grandes valeurs propres des matrices de Markov P pourront
être équivalentes. Si la limite du cycle de la forme (1.41)
était présente, nous pourrions ainsi avoir des valeurs propres
qui seront des racines complexes, mais la condition de balance
détaillée nous prévient de cette possibilité.
1.C.3. Rapport d'acceptation
De tous ce que nous avons jusqu'ici mentionné comme
élément important pour l'obtention rapide et efficace d'un
système à l'état d'équilibre, nous avons pu
généré un processus de Markov et avec ce dernier, nous
avons pu retrouver de nouveaux états avec une probabilité. Mais
cependant, il est difficile pour nous de prévoir le processus de Markov
approprié si nous nous trouvons dans un état donnée,
à sa bonne probabilité, et recherchons l'état suivant.
Bien qu'il soit encore possible d'utiliser les conditions suscitées,
nous pourrions ainsi suggérer plusieurs processus mais jusque là
sans pouvoir avoir la bonne probabilité de déclenchement, c'est
à dire celle nous permettant de transiter vers un état suivant
tout en respectant les équations (1.34) et
(1.42).
La bonne nouvelle cependant est que nous n'aurions pas
à faire cela ! En réalité, il y'a dégât
lorsque nous nous laissons le choix de n'importe quel algorithme pour
générer de nouveaux états et de ce fait il est
nécessaire d'avoir une probabilité de transition souhaitée
par introduction d'une condition d'acceptation du taux de transition.
L'idée cachée derrière cette acceptabilité est la
suivante :
Nous mentionnions précédemment que nous
prévoyons introduire une probabilité de transition de base si nous le voulions. En posant í = u dans l'équation
(1.42), nous obtenons une tautologie (1 = 1). Ceci voudrait souligner que la
condition de balance détaillée est toujours
vérifiée pour quelque soit la valeur de cette probabilité. Nous avons encore
une certaine flexibilité sur comment nous choisirons les autres valeurs
de pour . Nous pouvons donc ajuster la valeur de n'importe quelle telle que la règle de fermeture (1.34) soit
vérifiée par simplement compensation de cet ajustement avec un
autre ajustement équivalent mais opposé . La seule dont nous avons à observer est que ne passe jamais hors de ses limites (soit ). Si nous faisons cet ajustement, nous pourrions ainsi nous arranger
pour que l'équation (1.42) soit satisfaite en faisant un changement
simultané aussi sur et alors l'on aura conservé leurs rapports.
Autrement dit, ces conditions nous donnent assez de
liberté sur les possibilités d'opérer des transitions sur
chaque site aux probabilités que nous souhaitons. Pour voir cela,
décomposons le rapport de transition en deux parties, soit où est la probabilité sélective (ou la probabilité
d'un état initial u de donner en fin d'étape un autre état
í) et étant le rapport d'acceptation. (Tel que ), nous indique si nous devons commencer sur un état donné
u. Le choix de sa valeur nous est aussi libre. Choisir est équivalent à dire la certitude qui n'est cependant pas un cas que nous rechercherons. Il est donc
à proscrire ! De ce qui précède, nous avons aussi une
totale liberté sur le choix de depuis la contrainte (1.42) qui fixe le ratio
(1.43).
Remarquons que ? et peuvent prendre n'importe qu'elle valeur souhaitée.
Notre contrainte supplémentaire donnée par la
relation de fermeture (1.34) sera aussi satisfaite étant donnée
que la somme limitera à l'état de la chaîne de Markov
où nous avons commencé la sommation. Le cycle peut donc
être déterminé à n'importe quelle niveau !
Ainsi, dans le but de créer notre algorithme de Monte
Carlo, nous créerons un algorithme qui générera les
états successifs simplement avec les données de et nous sélectionnerons ensuite les états qui nous sont
utiles par la condition d'acceptation que nous choisirons telle qu'elle satisfera à l'équation
(1.43). Ceci devra satisfaire toutes les requêtes des probabilités
de transition tel que lorsque l'algorithme atteindra l'équilibre, l'on
tirera la vraie probabilité de Boltzmann.
Tout ceci paraît plaisant, mais il faudra tenir compte
de ce que si le taux d'acceptation est faible, notre algorithme paraîtra
immobile, ce qui bloquera naturellement l'évolution du système.
Il faut donc trouver un algorithme qui évoluera entres les états
pour un large échantillonnage. Il est impératif à veiller
à raccourcir le temps de traitement de notre matrice. Rechercher donc un
algorithme qui respectera un temps convenable par rapport à
l'échantillonnage qu'on dispose. Il suffit pour cela de remarquer que
l'équation (1.43) ne fixe que le taux d'acceptation entre deux états distinct dans n'importe quelle
direction avec la contrainte que ce taux est compris entre 0 et 1 bien qu'on
puisse mathématiquement le multiplier proportionnellement par un
coefficient réel.
La meilleure chose que nous puissions faire toutefois est de
le garder, mais de tenir compte des caractéristiques des
différents états en présence dans la probabilité de
sélection et d'introduire aussi faiblement que nous pouvons le rapport
d'acceptation idéal (c'est à dire celui qui génère
de nouveaux états avec la vraie probabilité de transition).
Le bon algorithme est celui qui conserve le rapport
d'acceptation (c'est à dire ) !
Chapitre: 2
Etude
des phénomènes critiques À l'aide du modèle d'ISING
à 2 D.
2.1. Les phénomènes
critiques
Les phénomènes critiques découlent des
transitions de phases qui peuvent s'établir dans un système
quelconque. Il s'agit en effet de la configuration du système à
l'instant précis de la transition qui est une phase critique. Le
système obéit à cet instant à des lois et
propriétés difficilement appréciables et qui
présentent un intérêt particulier à l'étude.
Lequel intérêt nous allons aborder dans ces prochaines lignes
où nous étudierons plus partiellement les configurations du
système à cette zone critique pour enfin déterminer les
paramètres physiques qui nous intéressent. Tout d'abord nous nous
éclairerons sur les notions de transitions de phases.
2.1.1. Les transitions de
phase
L'exemple fondamental, bien connu que l'on peut
présenter pour exprimer la notion de phase, est celui de l'eau dans ses
différents états. Nous savons que l'eau possède 3
différents états ou aspects: Solide (glace), Liquide (eau),
Gazeux (vapeur). Le passage d'une phase à une autre quotidiennement
observé, peut se décrire par le gel, l'ébullition ou la
sublimation qui, (ces différentes phases) sont
caractérisées par leurs propriétés qualitatives ou
quantitatives, qui sont des modifications de certains paramètres tels
(la pression, le volume, la température). La physique de la
matière condensée est notamment très riche en ces
exemples, qu'on parle du ferromagnétisme, de la
ferroélectricité, des liquides superfluides, de la
supraconductivité, des transitions ordre - désordre dans les
alliages ou encore de la transition de localisation d'Anderson ...etc.
De manière générale, toutes ces
transitions de phase ne sont pas identiques, il en ressort
schématiquement deux classes de transitions dépendamment de la
présence de la chaleur latente. C'est P. Ehrenfest, en 1933 [5] qui
proposa une classification14(*) des différentes transitions à partir du
comportement du potentiel thermodynamique associé (enthalpie libre,
énergie libre ...) :
i) Les transitions de phase du premier ordre
s'accompagnent de discontinuités des grandeurs
thermodynamiques, comme l'entropie et la densité, associées
à des dérivées premières de potentiels
thermodynamiques. (C'est le cas de transitions normales subit par l'eau.)
ii) Les transitions de phase du second ordre
pour lesquelles les potentiels thermodynamiques et leurs
dérivées premières sont continus et qui s'accompagnent de
certaines discontinuités des dérivées secondes de
potentiels thermodynamiques (comme la capacité calorifique). Pour ces
transitions, on passe de façon continue d'une phase à l'autre
sans que l'on puisse parler de coexistence des deux phases. (C'est le cas les
matériaux ferromagnétique.)
On peut généraliser la classification de
Ehrenfest et définir des transitions d'ordre supérieur15(*). Cependant, bien que la
classification d'Ehrenfest a le mérite de mettre en évidence des
différences et des similitudes entre diverses transitions, elle se
limite à des concepts thermodynamiques insuffisants pour bien comprendre
la physique d'une transition.
Par ailleurs, c'est aux travaux du physicien L. LANDAU (1937)
qu'on doit l'interprétation de plusieurs notions observées telles
celle de « brisure de symétrie », de
« paramètre d'ordre », et la classification suivante
:
i) Les transitions sans paramètres d'ordre
qui sont toujours de premier ordre au sens de Ehrenfest.
ii) Les transitions avec paramètres d'ordre.
Si le paramètre d'ordre est discontinu à la transition
celle ci est de premier ordre au sens de Ehrenfest. Elle est d'ordre
supérieur si le paramètre d'ordre est continu à la
transition.
Rappelons d'une part qu'une transition de phase sans Chaleur
latente s'accompagne d'un changement de la symétrie du système.
(Ainsi, si l'on prend l'exemple d'un matériau
ferromagnétique, on sait que celui ci ne possède pas
d'aimantation spontanée à haute température. Par contre,
en dessous de la température de Curie, il apparaît une aimantation
permanente orientée dans une direction bien précise. On dit alors
que la symétrie du matériau a été brisée
à basse température car le milieu n'est plus qu'invariant par une
rotation autour d'un axe parallèle à l'aimantation)[5]. D'autres
part, le paramètre d'ordre est une grandeur physique qui
caractérise une transition. Il est nul dans la phase la plus
symétrique (généralement la phase haute
température) et qui devient non nulle dans la phase la moins
symétrique (la phase ordonnée à basse température).
Le paramètre d'ordre des transitions de phase magnétique est
l'aimantation M
Pour l'exemple de l'eau, [8], l'on peut de ce qui
précède dire qu'il existe un point particulier dans son diagramme
de phase. Ce point dit critique, caractérisé par une
température de 647 K et une pression de 217 atmosphères.
Au-delà de ce point, il n'y a plus de distinction entre liquide et
vapeur. Il ne reste qu'une seule phase fluide et l'on ne peut plus faire
bouillir de l'eau. Près du point critique, il existe des variations de
densité sur toutes les échelles de longueurs. Elles apparaissent
sous la forme de gouttes de liquide intimement mélangées à
des bulles de gaz. La taille de ces gouttes et celle des bulles varient de la
taille d'une molécule à celle du récipient. Plus
précisément, au point critique, la longueur
caractéristique des fluctuations les plus grandes devient infinie, mais
les fluctuations les plus petites n'en disparaissent pas pour autant.
Cette attitude observée sur cet exemple fondamental
(l'eau) nous induit alors d'autres notions que nous étudierons plus
bas.
2.1.2. L'exposant critique (sa
mesure) et les classes d'universalités
T >> T > T =
î
î et très petits î et augmentent
î et très grands
Les spins dans le modèle d'ISING se regroupent en
cluster (Région localement ordonnée de taille îd
)16(*), î
appelée « longueur de corrélation » (c'est la
dimension du cluster c'est à dire du bloc de spins parallèles);
les fluctuations en générale gouvernent le comportement du
système près de la transition [5], à l'approche de la
température critique (notée ), il peut exister un laps de temps ô appelé
« temps de corrélation »17(*) qui diverge avec î. Ce
phénomène peut être schématisé tel à
la figure ci-contre :
Figure 2.1 :
schématisation des regroupements de spin en fonction de la
température
Pour l'étude des phénomènes critiques, il
est approprié de travailler avec une nouvelle variable appelée
« température réduite ». Les grandeurs :
le paramètre d'ordre, la chaleur spécifique, la longueur de
corrélation etc. ... peuvent être décrites par une loi en
puissance `t'.
Où (2.1).
À l'approche de la transition de phase (t ? 0 quand
ô > ), la divergence de la longueur de corrélation est
proportionnelle à la température réduite par la relation.
(2.2).
La quantité positive non entière í
appelée « exposant critique » est définie par
[5] :
(2.3).
Remarquons que la température t peut être prise
des deux côtés de (à gauche ou à droite du nombre réel ) pour obtenir une même valeur de î d'où la valeur
absolue sur l'équation (2.2).
Dans les simulations de Monte Carlo, í est
indépendant de l'algorithme utilisé, mais dépend de la
matrice utilisée : í a différentes valeurs qu'on soit
en dimension 2 ou 3 [5].
Par ailleurs, il existe d'autres exposants critiques, plus
particulièrement ceux qui nous intéressent proviennent de la
susceptibilité et de la chaleur spécifique qui découlent
directement de la divergence de la longueur de corrélation. De
même que (2.2), l'on a :
et (2.4)
2.1.2.1. Notion
d'universalité
L'universalité d'une quantité repose sur son
invariance par rapport aux diverses transformations dans lesquelles elle
intervient. Ainsi, [5] l'hypothèse d'universalité proposée
en 1971 par L. Kadanoff et confirmée par la méthode du groupe de
renormalisation stipule qu'une quantité est dite
« universelle » si elle ne dépend que de certains
caractéristiques qualitatives essentielles du système qui
sont :
La dimension de l'espace physique (d),
La dimensionnalité du paramètre d'ordre
(n),
La portée d'interaction et leurs
anisotropies,
La symétrie du système.
Ces facteurs définissent ainsi une classe
d'universalité, chacune caractérisée par un ensemble
d'exposant critique. En l'absence d'un champ extérieur, nous pouvons
exprimer le comportement critique des grandeurs que nous manipulons dans le
tableau ci-dessous [5]:
Tableau 2.1 : Expressions
de quelques grandeurs physiques en fonction de leurs exposants
critiques
|
Grandeur physique
|
Exposant
|
Définitions
|
Conditions
|
|
Chaleur spécifique
|
á
á'
|
C t-á
C (-t-á)
|
t > 0
t > 0
|
|
Paramètre d'ordre
|
â
|
(-t-â)
|
t < 0
|
|
Susceptibilité isotherme
|
ã
ã
|
÷T t-ã
÷T (-t-ã)
|
t > 0
t < 0
|
|
Longueur de corrélation
|
í
í'
|
î t-í
î (-t-í)
|
t > 0
t < 0
|
|
Fonction de corrélation
|
|
g(R) R-(d-2+)
|
t = 0
|
Pour un système en dimension 2 (d =2), on peut citer
dans les cas des interactions à courtes portées les 3 classes
fondamentales représentées par les modèles d'Ising (n =
1), XY (n = 2) et Heisemberg (n= 3). En généralisation, le
tableau (2.2) suivant regroupe l'essentiel des classes d'universalité
avec des exemples à l'appui lorsqu'ils existent [12].
Tableau 2.2 : Classe
d'universalité et modèles associés
|
Classe d'universalité
|
Modèle théorique
|
Système physique
|
Paramètre d'ordre
|
|
d = 2
|
n = 1
|
Modèle d'Ising à deux dimensions
|
Films absorbés
|
Densité de surface
|
|
n = 2
|
Modèle XY à deux dimensions
|
Films d'Hélium 4
|
Concentration de la phase superfluide
|
|
n = 3
|
Modèle d'Heisenberg à deux dimensions
|
|
Aimantation
|
|
d > 2
|
n = 
|
Modèles sphériques
|
Aucun
|
|
|
d = 3
|
n = 0
|
Marche aléatoire sans croisement
|
Configuration des polymères à longue
chaîne
|
Densité des extrémités des chaînes
|
|
n = 1
|
Modèle d'Ising à trois dimensions
|
Aimant uni-axial
|
Aimantation
|
|
Fluide aux voisinages d'un point critique
|
Différence de densité entre phase
|
|
Liquide au voisinage du point de mélange
|
Différence de concentration
|
|
Alliage d'une transition ordre - désordre
|
Différence de concentration
|
|
n = 2
|
Modèle XY à trois dimensions
|
Aimant plan
|
Aimantation
|
|
|
Hélium 4 près de la transition super fluide
|
Concentration de la phase superfluide
|
|
n = 3
|
Modèle d'Heisenberg à trois dimensions.
|
Aimant isotrope
|
Aimantation
|
|
d 4
|
n = -2
|
|
Aucun
|
|
|
n = 32
|
Chromodynamique quantité
|
Quarks liés dans les protons, les neutrons, etc ...
|
|
2.1.2.2. Fluctuations critiques et
ralentissement critique
Lorsque nous approchons le point critique, ils se
présentent des fluctuations plus grandes, observées sur nos
grandeurs habituelles, c'est le fait des phénomènes critiques.
Reprenons l'exemple de l'eau présenté au paragraphe sur les
transitions de phases ; au cours d'une transition critique, les
fluctuations spatiales de certaines grandeurs thermodynamiques possèdent
toutes les échelles de longueurs possibles. Ce phénomène
est relativement inhabituel pour le physicien qui généralement se
concentre sur une échelle de longueur donnée pour résoudre
un problème.
Ces fluctuations ralentissent la marche du processus Markovien
et par là induisent un ralentissement du processus. Il est dit critique
à ces températures environnent . Le temps de corrélation grandi dangereusement, nous le
retrouverons par les corrélations existant entre états.
2.1.2.3. Fonction d'auto
corrélation de l'aimantation
Dans une simulation, il est en général beaucoup
plus facile de calculer la fonction de corrélation telle définie
au 1er chapitre (équations 1.26 et 1.27 du §A.1.2)
dès lors que l'on se place à l'état d'équilibre.
Lorsqu'on opère des mesures d'aimantation ou d'énergie sur divers
systèmes de même dimension, l'on constate qu'ils arrivent presque
simultanément à la transition. Ce qui nous permet de penser qu'il
existe effectivement des corrélations qui s'établissent entre les
états du système. La fonction d'auto corrélation nous
permettra notamment de déterminer le temps de corrélation.
Considérons le modèle d'Ising avec lequel l'on détermine
l'aimantation m, nous avons présenté l'expression de la
susceptibilité (1.26) & (1.27) puis la fonction de
corrélation (1.33), ce qui nous permet en posant que m(t) est
l'aimantation instantanée au temps t, de décrire une fonction
d'auto corrélation de l'aimantation par l'équation (2.5)
et sous sa forme discrète, l'équation (2.6)
(2.5)
(2.6)
La fonction d'auto corrélation donne la
corrélation entres deux instants distincts. Si nous intégrons
l'équation (2.5) précédente, sera non nulle si en moyenne les fluctuations sont
corrélées et nulle dans le cas contraire. Globalement, l'on
obtient une échelle typique de mesure de la fonction d'auto
corrélation. Après un temps long, elle tendra vers une valeur
exponentielle défi |