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Enjeux coopération décentralisée franco-burkinabe dans le développement urbain

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par Oumarou KOLOGO
Institut diplomatique et des relations interntionales de Ouagadougou - Diplome d'études supérieures en diplomatie et relations internationale 2008
  

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1.5.1 Les techniques de collecte des données O Outils utilisés

Dans l'optique de confronter nos hypothèses avec la réalité sur le terrain pour une analyse qualitative des données, un guide d'entretien a été élaboré, adressé à la population cible et aux personnes ressources.

Aussi, une observation directe sur le terrain a permis d'avoir un aperçu thématique et synthétique sur le phénomène en vue d'une analyse beaucoup plus édifiante et efficiente.

1.5.2 Le déroulement de l'enquête et les difficultés rencontrées

Pour parvenir à une meilleure collecte des informations, nous nous sommes entretenu avec le public cible directement en prenant des notes. Au cours des recherches, plusieurs difficultés ont été constatées dont les principales sont : Le problème de disponibilité des personnes ressources et de la population cible. Dans la mesure où ces catégories de personnes relèvent à la fois du milieu politique et administratif le manque de temps a été ressenti lors de la réalisation des entretiens. Cela nous a amené à faire de multiples déplacements souvent sans succès.

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II. L'historique de l'urbanisation, de la décentralisation et de la coopération décentralisée

2.1. Les origines et l'évolution de la ville de Ouagadougou 2.1.1 Ouagadougou durant la période coloniale

Habitats éparses et espace parsemé d'arbustes séparant les concessions, telle était la situation de Ouagadougou à ses débuts. Pour faire main basse sur la propriété foncière, Voulet fait incendier en 1896 le complexe impérial du Moogho Naaba de Ouagadougou et en lieu et place, il fit bâtir en 1899 un camp militaire avec une place d'armes (place de la révolution devenue place de la nation). Les soldats noirs qui l'accompagnaient furent installés dans l'ancien quartier des serviteurs impériaux (ex quartier Bilbambili). L'article 359 du code civil français renforcé par le décret du 3 octobre 1904 et le décret du 24 juillet 1906 facilite l'expropriation foncière de l'espace par le colon22.

C'est à la fin de la première guerre mondiale que commença le développement réel de Ouagadougou. Les soldats revenus de la guerre, décidèrent de s'installer à Ouagadougou, à la recherche d'un travail auprès du colonisateur comme policier, garde de cercle, métiers dans lesquels ils avaient la priorité. Cette époque coïncide aussi avec la période des grands travaux publics devant faire de Ouagadougou la capitale du pays. Les villages et hameaux de cultures furent ainsi peu à peu transformés en agglomérations grâce à ces divers aménagements. Cependant, si l'exploitation intensive des agrégats (gravillons, pierres sauvages et sables)ont entrainé la disparition des collines jouxtant la ville, il faut noter que cela va renforcer l'action de l'érosion hydrique , les inondations, l'ensablement et la disparition de certains sources (Kaboré Salfo, 2001).

A la fin des années 1940, la ville comptait environ 5 000 étrangers africains, soit le tiers des 178 000 habitants et devient dès lors une ville cosmopolite. Après la deuxième guerre mondiale, la France créa le Fond d'Investissement pour le Développement Economique et Social (FIDES) et un Comité d'Urbanisme et de l'Habitat (CUH) afin de piloter l'élaboration des plans d'urbanisme des villes retenues comme Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Nonobstant ces efforts notables, Ouagadougou n'aura pas de plan d'urbanisme et ce jusqu'aux indépendances.

22 L'article 539 stipule que « est terre vacante et sans maître, toute terre non immatriculée, non possédée suivant les règles du code civil français par les autochtones ». Le décret de 1904 souligne que « le domaine est propriétaire, en Afrique Occidentale Française de toutes les terres vacantes et sans maîtres ». Le décret de 1906 quant à lui, privatise les terres par immatriculation.

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2.1.2 L'impact des aménagements postcoloniaux à Ouagadougou

Dès l'avènement des indépendances, une nouvelle loi (n°77/60/AN du 12 juillet 1960) sera prise et constituera le cadre juridique traitant de l'aménagement urbain et de la mise en valeur des terres urbaines. Ce texte maintient cependant le principe colonial de la division spatiale entre zone traditionnelle et zone résidentielle. Pour la première zone, aucune règle de construction spéciale n'était édictée en dehors du respect de l'alignement alors que la deuxième zone était soumise a des conditions particulières de mise en valeur.

Selon Kaboré Salfo (2001), les lotissements de la vile étaient de ce fait soumis a des enquêtes préalables et un dédommagement éventuel des propriétaires coutumiers s'imposait. Ce dualisme du droit foncier entrainera par voie de conséquences des blocages dans les opérations d'aménagement, et va introduire le principe de la relation marchande dans le droit foncier coutumier. Ceci conduira dans les années 1970 a la généralisation du système de vente de terrains par les propriétaires coutumiers. Cette période marque aussi l'apparition et la prolifération des zones non loties ou d'habitats spontanés.

Des mesures sont prises dès lors pour un ajustement foncier qui ont consisté a la légalisation des parcelles, a la rénovation d'anciens quartiers et a l'aménagement de zones périphériques a travers trois importants projets23 :

S Le projet du PNUD (entre 1973 et 1977) visant a permettre a chaque ménage d'avoir une parcelle. Les bénéficiaires de ces parcelles sont reconnus comme ayant de faibles revenus et de ce fait, devait contribuer a raison de 25 000 F pour la zone pilote non lotie et 15 000 F pour la zone restructurée qui bénéficie en général de parcellisation avec ouverture de voie mais sans équipement d'assainissement.
·S
Le projet urbain réalisé par la banque mondiale au secteur 15 et 16 et qui pour sa part mis l'accent su les équipements et les infrastructures. La municipalité était chargée de l'entretien ultérieur. Estimée au départ a 25 000 F, la contribution des populations a été largement dépassée, amenant l'Etat et la banque mondiale a intervenir.


·S
Le projet hollandais (de Larlé-extension, Nonsin, Gounghin Sud et Tampouy) de 1978 a 1988 a préconisé la démarche dite Méthode d'Aménagement Progressif (MAP). Elle consistait a attribuer les parcelles, a procéder ensuite a la construction des infrastructures et équipement grâce au versement de 45 000 F, montant de la parcelle a payer sur 5 ans. Il ressort que les aménagements techniques avec installation

23 Salfo Kaboré, Assainissement de la ville de Ouagadougou : la gestion des composantes eaux pluviales et eaux usées, mémoire A.G., ENAM, 2001,p19.

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d'équipements d'assainissement n'étaient pas supportables par les ménages à faibles revenus.

L'adoption de la RAF et sa modification en 1991 donnera de nouvelles orientations au processus d'assainissement en favorisant la généralisation de la MAP. La participation des ménages était estimée à 300F/m2 sous forme de taxes de jouissance avec un paiement étalé sur cinq ans. Les aménagements qui ont suivi porteront sur la confirmation de la propriété de l'Etat sur le domaine foncier national (DFN) avec toutes les possibilités de céder des terres à titre de propriété privée, la délivrance de titres de jouissance à titres onéreux et l'introduction de dispositions relatives à l'environnement et au contrôle de la pollution. Ville au coeur des activités politico-économiques, Ouagadougou a connu de nombreux aménagements coloniaux et post indépendants. Ces aménagements n'ayant pas tenu compte des besoins réels d'assainissement, la ville offre à certains endroits le spectre de désolation dans les anciens quartiers comme Koulouba et Zangouetin (actuel projet Zaca).

Malgré ces multiples aménagements, Ouagadougou est marqué par une insuffisance de canaux d'écoulement des eaux de pluies, entrainant ainsi une stagnation des eaux et la diversification des flaques d'eaux, sources de reproduction des moustiques et autres vecteurs de maladies. Les aménagements post coloniaux furent certes importants mais, il reste qu'ils n'ont pas pu contribuer totalement à faire de la capitale du pays une ville à l'image de ses paires européennes. Pire, certains de ces aménagements (surtout récents) ont contribué à réveiller les soupçons de corruption qui constitue une véritable gangrène de la société burkinabé.

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