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Avec les normes Emir et Bale 3, allons-nous vers une crise du collatéral ?

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par Anonyme
CNAM - Master finance 2012
  

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Les ratios de liquidité

Au-delà de l'usage du collatéral pour réduire le montant des fonds propres, une autre mesure des accords Bâle III va venir diminuer le stock d'actifs sûrs et liquides, c'est-à-dire l'offre en collatéral le plus recherché.

Bâle III introduit deux ratios pour contenir le risque de liquidité. Ce risque représente les difficultés que peuvent rencontrer les banques pour se refinancer, vendre une partie de leurs actifs dans des situations de crises globales. Dans la période 2007-2009, les problèmes de liquidité ont été importants, notamment suite au gel du marché monétaire, car les banques refinancent leur activité à court terme. En septembre 2008, l'effondrement de nombreux établissements a été évité par l'action des banques centrales qui ont accordé massivement de la liquidité. L'objectif des ratios proposés par le comité de Bâle est d'éviter que les banques centrales ne deviennent des prêteurs non plus de dernier ressort mais de premier ressort lors de tensions sur le marché monétaire.

§ Le premier ratio de liquidité introduit dans Bâle III, est le LCR (Liquidity Coverage Ratio) qui doit être mis en oeuvre pour 2015. Son objectif est d'améliorer la résilience à court terme des banques à une crise de liquidité aigue. On simule une situation dans laquelle les clients retireraient brutalement leurs dépôts, que le marché interbancaire et les financements sécurisés seraient bloqués, que certains crédits ne seraient pas remboursés. Ce ratio vise à s'assurer que les banques disposent d'une réserve de liquidité suffisante pour faire face aux sorties d'espèces à un horizon d'un mois.

Le ratio LCR est donc défini comme le rapport entre le montant d'un coussin de réserve de liquidité et les sorties de trésorerie prévues par la banque à un mois. Il devra être supérieur à 100%, ce qui va contraindre les banques à disposer d'actifs liquides, de très bonne qualité, cette définition ne comprenant que les titres d'Etat et les espèces. Le coussin de liquidité à court terme représentera donc autant d'actifs qui ne pourront être utilisés comme collatéral.

Cependant, la définition des actifs éligibles pourrait être élargie par exemple à l'or et aux actions suite à une étude du comité de Bâle qui chiffre à 2 220 Mds$, le montant des actifs que doivent encore se procurer les banques pour se conformer au LCR.

§ Le deuxième ratio est le NSFR (Net Stable Funding Ratio), qui est prévu pour 2018. Son objectif est de diversifier le financement des actifs à moyen et long terme des banques c'est-à-dire leurs emplois stables (RSF, Required Stable Funding), qui se faisait principalement à court terme. Avec l'introduction du ratio NSFR, les emplois stables devront être financés par des ressources plus longues/stables (ASF, Available Stable Funding), plus précisément de maturités supérieures à un an.

Des pondérations vont être appliquées aux sources de financement en fonction de leur stabilité : 100% pour le CET1, 80% à 90% pour les dépôts clientèles, 50% pour les emprunts garantis. De la même manière, les actifs à financer seront pondérés en fonction de leur liquidité : 0% pour les comptes d'espèces, 5% pour les titres d'Etat, 55% pour les prêts hypothécaires, 85% pour les prêts aux particuliers et 100% pour les autres actifs.

Ces pondérations vont impliquer d'une part, le recours à des ressources plus longues mais aussi l'augmentation de la part des actifs liquides, peu pondérés, tels que les titres d'Etat ou les espèces.

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