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La radiodiffusion au cameroun de 1941 à 1990

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par Louis Marie ENAMA ATEBA
Université de Yaoundé I - Master II en Histoire des Relations Internationales 2011
  

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I.1.2. La promotion de la stabilité économique du pays

Le rôle de l'information à but formatif avait été défini au Cameroun en mars 1969 par le président Ahidjo, lors du congrès de l'U.N.C. à Garoua. Ahidjo affirma en effet :

L'information doit revêtir les formes d'une véritable éducation populaire; les objectifs à atteindre étant d'une part d'avoir peu à peu à mener les esprits à une juste compréhension des problèmes du monde moderne et aux joies d'une authentique culture nationale, d'autre part à développer chez nos compatriotes une conscience aussi claire que possible du rôle que chacun peut et doit jouer dans la construction de la nation46(*).

D'après Ahidjo, l'information devait permettre aux Camerounais de prendre conscience de leur citoyenneté, d'éveiller et d'enrichir leurs facultés de discernement et de jugement, de favoriser l'évolution de la collectivité, d'aider à former une opinion publique camerounaise éclairée, et ouverte aux cultures extérieures. L'information officielle du Cameroun se devait donc de « combler le fossé entre les responsables à tous les échelons et l'exécution des programmes de développement économique et social ». La place de la radio y était importante47(*).

La radiodiffusion, après l'indépendance, était le moyen d'information le plus développé et le plus sollicité au Cameroun. Cela tenait au fait que très peu de Camerounais avaient la culture de la lecture, et ceux qui s'intéressaient à la presse écrite ne disposaient pas de moyens financiers conséquents pour s'en procurer48(*). En plus, la radiodiffusion avait inclus dans sa grille des programmes des émissions en langues nationales qui parvenaient à un auditoire consistant, car peu d'indigènes étaient lettrés à cette époque49(*). La radiodiffusion était donc consacrée à la promotion du progrès économique et social du Cameroun, en fonction des plans nationaux de développement. Elle était le reflet de l'écho de la nation, « pour tous ceux qui exprimaient sa vitalité et sa richesse ». Elle traduisait une manière de vivre, une pensée commune, un art collectif des Camerounais50(*).

La radiodiffusion camerounaise ne devait perturber l'ordre public ou compromettre l'expression de la volonté nationale. Elle devait fournir aux Camerounais les moyens de « vivre le temps de leurs loisirs », à travers les sports et les spectacles. Elle devait assurer la distraction destinée notamment à l'enrichissement culturel. La radiodiffusion du Cameroun devait donc, après l'indépendance, créer un climat favorable au progrès national, et développer des connaissances spécialisées. Elle devait « donner le goût du changement, créer un climat nécessaire à la construction de la nation ». En rappelant aux Camerounais les objectifs nationaux et les succès de l'État, elle pouvait contribuer à intégrer les minorités disparates, les communautés isolées, les groupes repliés sur eux-mêmes, les Pygmées entre autres. De ce fait, les pouvoirs publics camerounais donnaient un privilège soutenu à radio. En effet, la radiodiffusion représentait un instrument de persuasion et de formation de la conscience nationale. Elle stimulait la participation des citoyens à un même destin, et jouait un rôle capital dans la consolidation du régime de démocratie gouvernementale, inspiré et animé par la doctrine et l'action de l'U.N.C51(*). La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, proclamée le 10 décembre 1948, par l'Assemblée générale des Nations Unies, stipulait : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion, d'expression ».52(*) Ce droit comprenait la liberté de recevoir et de communiquer les informations. Il existait une législation qui régissait l'usage des moyens d'information. L'information était donc un droit de l'Homme. D'où la nécessité de développer au Cameroun un système de radiodiffusion.

Après l'indépendance, les pouvoirs publics camerounais avaient adopté le principe du « développement autocentré », dépendant des idéaux et des besoins nationaux. L'économie du Cameroun était alors basée sur les activités rurales. Le développement était étroitement lié aux activités rurales. Le développement rural était basé sur l'agriculture, activité dominante en Afrique. Il concernait aussi l'artisanat, les petites et moyennes entreprises, et les complexes agro-industriels, installés en dehors des centres urbains. Le développement rural nécessitait des programmes d'action en faveur de la santé publique. Il existait des régions fertiles qui étaient peu peuplées ou désertes, du fait des maladies qui les rendaient insalubres. Le développement rural concernait aussi la construction des infrastructures de déserte, des routes susceptibles de sortir les campagnes de leur isolement, des programmes d'électrification, d'adduction d'eau, la construction des moyens de stockage et de commercialisation des récoltes, la constitution du réseau nécessaire à la distribution des crédits.

La radio était aussi la voie d'expression de la publicité. Son rôle était de séduire le public afin de vendre ses espaces aux annonceurs. La publicité informait, en stimulant la consommation et la concurrence.

* 46 Ahmadou Ahidjo, Anthologie des discours politiques, T. 2, Paris, Les nouvelles éditions Africaines, 1980, p. 918.

* 47 M. Tjadé Eonè, Radio, publics et pouvoir au, p.132.

* 48 Journal de portée nationale, dont la dénomination avait cédé place à la « Cameroon-Tribune ».

* 49 Augustin Ondoa Ondoa, 71 ans, Enseignant retraité, Yaoundé, 26 janvier 2010.

* 50 M. Tjadé Eonè, Radio, publics et pouvoir au, p. 133.

* 51 Discours prononcé par Ahmadou Ahidjo, lors de l'inauguration des nouvelles installations de Radio-Cameroun à Yaoundé, le 3 janvier 1980.

* 52 Assemblée Générale des Nations-Unies,  Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, in A. Mbida, Radio-Cameroun et son auditoire : la rupture, Mémoire de D.S.J., Yaoundé, Université de Yaoundé, Octobre 1973, p. 28.

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