WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Problématique de réforme du système de paiement du trésor public centrafricain. Cas de la mise en Å“uvre du sygma & systac

( Télécharger le fichier original )
par Guy-Hermas Dieu-Béni-Socrate DJAMAWA-ENDJIKPENO
Institut de là¢â‚¬â„¢Economie et des finances Pôle Régional CEMAC - DESS 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

INTRODUCTION GENERALE

L'unicité de caisse de l'Etat à travers la centralisation de fonds publics favorise une bonne prévision de recettes et de dépenses publiques. Cette dernière peut conduire à une meilleure gestion de la trésorerie de l'Etat, lorsqu'il existe, au préalable, un système de paiement qui est, non seulement, efficace mais surtout efficient.

A titre de rappel, un système de paiement regroupe l'ensemble de règles, de procédures, d'instruments et d'infrastructures utilisés pour échanger les valeurs financières entre deux parties s'acquittant d'une obligation contractuelle1.

Selon la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC), depuis la fin de la décennie

90, le système de paiement de tous les pays membres de la Communauté Economique et

Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) était devenu obsolète et défaillant.

D'abord, les principes budgétaires devant encadrer le fonctionnement de ce système ne sont pas respectés. En effet, tous les Trésors Publics de la CEMAC disposaient de plusieurs comptes ouverts dans les banques secondaires. A titre d'illustration, en 2005, le Trésor Public camerounais disposait de plus de huit cent (800) comptes répartis respectivement dans les banques secondaires et à la BEAC.2 Le Trésor Public centrafricain dispose, quant à lui, de vingt-trois (23) comptes ouverts dans les banques commerciales et de quarante-quatre (44) comptes ouverts à la BEAC. De même, le Trésor Public du Tchad, du Congo et du Gabon en disposaient aussi de plusieurs comptes dans les banques secondaires. Cette diversité des comptes publics ne facilite pas, non seulement, une meilleure gestion de la trésorerie de l'Etat, mais constitue également une violation de la règle de l'unicité de caisse.

Ensuite, à côté cette diversité des comptes publics, existe aussi le mécanisme de la bancarisation de recettes et de dépenses de l'Etat. Cette dernière constitue une dérogation aux procédures et principes budgétaires selon lesquels tous les fonds de l'Etat doivent être déposés au Trésor Public.

Enfin, les instruments ainsi que les infrastructures du système de paiement, dans tous les pays de la CEMAC, sont devenus obsolètes. D'une part, ils se caractérisent par un faible niveau de sécurité des opérations de paiement, un coût très élevé des transactio ns et des

opérations effectuées ainsi que des délais d'encaissement des valeurs et d'exécution des

1 Règlement n°02/03/CEMAC/UMAC/CM relatif aux systèmes, moyens et incidents de paiement

2 Balance des comptes du Trésor Public du Cameroun 2005.

opérations assez longs. D'autre part, le problème de prévision de recettes et de dépenses publiques ne favorise pas une meilleure gestion de la trésorerie de l'Etat.

Pour pallier ces insuffisances et promouvoir le bon fonctionnement du système de paiement dans la zone et parvenir à une meilleure gestion de la Trésorerie de l'Etat, les autorités monétaires de la CEMAC, à l'initiative de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, cherchent à moderniser le système de paiement de tous les Trésors Publics des Etats membres de la zone et celui de tout le système bancaire de la Communauté. C'est dans cette perspective qu'à partir de l'année 2007, diverses réformes ont été initiées. Ces dernières ont pour objectif, d'une part, de favoriser une meilleure prévision de recettes et de dépenses publiques afin de parvenir à une bonne gestion de la trésorerie de l'Etat, et d'autre part, de réduire le coût moyen des opérations de paiement ainsi que le délai de paiement et de règlement dans toute la communauté.

Plusieurs approches ont donc été retenues pour aboutir à une réforme complète du système de paiement des Trésors Publics de la Sous-région. La première approche consiste à mettre progressivement en oeuvre de nouveaux instruments de paiement au sein de chaque Trésor Public de la zone et dans les banques secondaires, afin de favoriser l'interconnexion des échanges et de promouvoir un règlement rapide dans toute la Sous-région ; c'est ainsi que trois systèmes de paiement devant accroître la rapidité des opérations de règlements ont été proposés. Leur architecture peut être présentée comme suit :

- un système de règlement brut en temps réel (RBTR), au niveau régional, pour les opérations de gros montants et de politique monétaire baptisé Système de Gros Montants Automatisé (SYGMA) ;

- un système net de paiement en masse (SNPM), par pays, pour la télé-compensation des chèques, virements et prélèvements, connu sous l'acronyme SYSTAC (Système de Télé- compensation en Afrique Centrale) ;

- un système monétique interbancaire avec l'émergence des cartes bancaires par pays et

pour la Sous-région, baptisé Système de Monétique en Afrique Centrale (SMAC).

De ces trois systèmes recommandés, la mise en oeuvre du SYGMA et du SYSTAC s'avère non seulement très important, mais aussi très urgent afin de faciliter l'arrimage du système de paiement de toute la zone aux nouvelles normes standards et internationales. Cette urgence a ainsi accéléré le démarrage du SYGMA à la fin de l'année 2007 dans certains pays membres de la CEMAC tels que le Cameroun et le Gabon.

Actuellement, pour moderniser leur système de paiement, la plupart des Trésors Publics de la Sous-région ont déjà commencé à utiliser ces nouveaux instruments de paiement. Toutefois, le Trésor Public centrafricain tarde encore à les mettre en oeuvre, et continue toujours d'utiliser son ancien système de paiement qui est caractérisé par une diversité des ses comptes au sein des banques secondaires et à la BEAC, et par la bancarisation de ses recettes et de ses dépenses publiques.

Ce retard du Trésor Public centrafricain dans la mise en oeuvre des nouveaux instruments de paiement recommandés par les directives de la CEMAC devient préoccupant et soulève plusieurs interrogations restées toujours sans suite. Pour certains observateurs, il se pose un problème financier pour installer les plateformes du nouveau système. D'autres postulent, par contre, sur la question d'opportunité du nouveau système à mettre en oeuvre. Mais, au-delà de toutes ces observations, aucune analyse scientifique n'a jamais été menée afin de donner une meilleure explication des causes du retard du redéploiement des nouveaux instruments de paiement par le Trésor Public centrafricain comme les autres Trésors Publics de la Sous-région ; c'est dans cette optique que ce travail cherche concrètement à savoir :

Pourquoi la réforme du système de paiement du Trésor Public centrafricain, à travers la mise en oeuvre du SYGMA et du SYSTAC, reste-t-elle encore problématique alors qu'elle est censée moderniser l'ensemble du système de paiement du Trésor Public ?

Pour donner une explication scientifique à cette préoccupation, ce travail se fixe comme objectif principal, la détermination des facteurs explicatifs du retard de la mise en oeuvre des nouveaux instruments de paiement par le Trésor Public centrafricain et l'analyse des préalables et des opportunités de la réforme du système de paiement du Trésor Public centrafricain. De façon spécifique, il convient très précisément de :

- faire un diagnostic du système actuel de paiement du Trésor Public centrafricain ;

- mettre en évidence les préalables et les opportunités liés à une réforme du système de paiement du Trésor Public centrafricain.

La suite du travail est articulée autour de deux principaux points à savoir :

- un diagnostic de l'existant du système de paiement du Trésor Public centrafricain, constitue l'objet de la première partie ;

- les préalables et les opportunités de la mise en oeuvre des nouveaux instruments de paiement, sont traités dans la seconde partie.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo