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Etude des facteurs de réticence et de résistance à la vaccination anti-poliomyélite chez les populations de la commune de ZOGBODOMEY


par Fabrice Dimitri Togla YEMADJE
Université d'Abomey-Calavi / BENIN - Maîtrise 2008
Dans la categorie: Biologie et Médecine
   
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ABSTRACT

The World Health Organization (WHO) was established in 1982 in Benin, a large program called The Expanded Vaccination Program (EVP). Since then, significant resources have been mobilized by both health authorities and partners in order to improve the vaccination cover. These measures have been taken very early but the implementations of the EVP still encounter many problems and particularly in the Zogbodomey district.

The present document reports results from a survey performed to august to September 2007 in Zogbodomey. The objective of this survey was to explore through a situation analysis, the strategies of communication used by the EVP for the management of resistance and resistance. The study was a cross-sectional and analytical study. The population study was parents or legal guardians of children who were between 0 and 5 years in the moment of the National Vaccination Journey. The sampling was selected by following the method of cluster sampling. The village was the unit of cluster. In total, thirty (30) clusters of 7 persons were formed. Interviews with medical and paramedical staff, with religious leaders and with the heads of the targeted villages were conducted.

Collected data were both quantitative and qualitative data.

Results from this study showed that the reluctance and the resistance to polio vaccination in the population increase widespread in Zogodomey. Some parents were reluctant or refused to vaccine their child with the polio vaccination. The study also revealed that :
- the level of parents' and vaccinators' knowledge about the polio vaccination was poor
- vaccinators seems to been no very motivated by the project and they are not well trained
- the information given to the population was incomplete
- parents have enough of the number of vaccinations needed because of the EVP
- any respondents do not participate in the organization or the design of EVP activities
- adverse reactions of vaccination were important factors for parents who refused polio vaccine
- structures of the EVP can not educate enough the population about vaccination
- religious beliefs have few influence on the adherence to the vaccination

- most of respondents would preferred to have remedies against malaria, which kills more people than polio vaccination
- the most listened radios were: Radio Tonignon de Zogbodomey (RTZ), Radio Trait d'Union de Bohicon (RTU) and Radio Immaculée Conception d'Allada (RIC).

Key words : Reluctance, Resistance, polio vaccine.

RESUME

Le Programme Elargi de Vaccination (PEV) a été mis en place au Bénin en 1982. Depuis lors, d'importantes ressources ont été mobilisées aussi bien par les autorités sanitaires que les partenaires pour relever les couvertures vaccinales. Malgré ces dispositions qui ont été prises très tôt, la mise en oeuvre du PEV rencontre toujours des problèmes dans notre pays dans notre pays et plus particulièrement dans la commune de Zogbodomey. La réticence et la résistance à la vaccination anti-poliomyélite chez ces populations a pris de plus en plus d'ampleur dans cette commune. Nous rapportons le résultat d'une étude qui avait pour but d'étudier au travers d'une analyse de situation, les stratégies de communication utilisées par le PEV en faveur de la gestion des réticences et des résistances dans la commune de Zogbodomey. Il s'agit d'une étude transversale à la fois analytique, essentiellement qualitative, mais avec quelques aspects quantitatifs. Les cibles sont constituées des parents ou tuteurs d'enfants ayant eu entre 0 et 5 ans lors des JNV. Nous avons choisi les enquêtés en suivant la méthode d'échantillonnage par grappe. Trente (30) grappes de 7 personnes chacune ont été constituées, le village étant l'unité de grappe. Des entretiens avec le personnel médical et paramédical, les leaders religieux et les chefs des villages ciblés où l'étude a été réalisée. Cette étude a été menée dans la période Août-Septembre 2007.

Elle nous a permis d'identifier que :

- le niveau de connaissance des parents et des vaccinateurs sur la vaccination anti-polio est insuffisant ;

- il y a manque de motivation des vaccinateurs ;

- les vaccinateurs ne sont pas bien formés ;

- l'information donnée à la population est incomplète ;

- certains parents sont réticents ou refusent le vaccin anti-polio

- les parents sont fatigués de la vaccination ;

- aucun des enquêtés ne participe ni à l'organisation, ni à la conception des activités du PEV ;

- les Manifestations Adverses Post-Immunisation constituent un facteur de refus à la vaccination ;

- les structures du PEV ne sensibilisent pas suffisamment les populations sur la vaccination ;

- les croyances religieuses ont moins d'influence sur le statut vaccinal de l'enfant à Zogbodomey ;

- la majeure partie de la population étudiée préfère des remèdes contre le paludisme qui tue beaucoup plus ;

- les radios les plus écoutées sont la Radio Tonignon de Zogbodomey (RTZ), la Radio Trait d'Union (RTU) de Bohicon et la Radio Immaculée Conception (RIC) d'Allada.

Mots clés : Réticence, Résistance, Vaccination anti-poliomyélite.

DEDICACE

A

Tous ceux qui luttent pour l'éradication de la polio du continent africain.

REMERCIEMENTS

A,

Ø Antoine D. DADELE et Dismand HOUINATO, pour avoir accepté de suivre ce travail, pour leurs conseils et investissement malgré leurs multiples occupations. Grâce à vous, j'ai eu le goût de la recherche et du travail avec les communautés ;

Ø Tous les responsables et enseignants du Département des Sciences du Langage et de la Communication, Hounkpati B. C. CAPO, Flavien GBETO, Marie-Sévérin KINHOU, Anastase FANDOHAN, Jean Euloge GBAGUIDI, Roger GBEGNONVI, Maxime da CRUZ, Dominique BADA et Bienvenu AKOHA pour leur soutien ;

Ø Nestor et Claire YEMADJE, mes bien-aimés parents pour leur affection, leur bravoure, leur sens de sacrifice et surtout pour leur bienveillance à mon égard ;

Ø Lucrèce VLAVONOU, Alexandrine HOUINATO et Amour YEMADJE pour leur soutien, leur participation à la saisie et à la correction du mémoire ;

Ø Euvariste TOPLONOU, responsable du Service de la Promotion et de la Protection Sociale (SPPS) / Zou et Henri KINGBE, responsable du Programme Elargi de Vaccination (PEV) / Zogbodomey pour leurs contributions ;

Ø Tous ceux qui de près ou de loin, d'une manière ou d'une autre m'ont aidé à la réalisation de ce modeste travail.

ABRÉVIATIONS ET SIGLES

AS : Agent de santé

AV : Agent Vaccinateur

BCG : Sigle de (vaccin) Bilié de Calmette et Guérin, vaccin antituberculeux

CA : Chef d'Arrondissement

CaP : Communication en appui au Programme

CCC : Communication pour un Changement de Comportement

CCIA :Le Comité de Coordination Inter-Agence

CeRPA : Centre Régional pour la Promotion Agricole

COGEA : Comité de Gestion du centre de santé d'Arrondissement

CPD : La Communication Pour le Développement

CSA : Centre de Santé d'Arrondissement

CSC : Centre de Santé Communal

CV : Chef Village

DDSP : Direction Départementale de la Santé Publique

DNPEV/SSP : Direction Nationale du Programme Elargi de Vaccination et des Soins de Santé

Primaires

DTC : Diphtérie, Tétanos, Coqueluche

DTCHepB : Diphtérie-Tétanos-Coqueluche-Hépatite B

GAVI : Alliance mondiale sur les vaccins et l'immunisation

HIB : Haemophilus Influenza type B

IRSP : Institut Régional de Santé Publique

JNV : Journée Nationale de Vaccination

MCZS : Médecin Coordonnateur de Zone Sanitaire

MSP : Ministère de la Santé Publique

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONG : Organisation Non gouvernementale

PEV : Programme Elargi de Vaccination

PEV/SSP : Programme Elargi de Vaccination et Soins de Santé Primaires

PFA : Paralysies Flaques Aiguës

PIC : Plan Intègre de Communication

Polio : Poliomyélite

PVS : Polio Virus Sauvage

RIC : Radio Immaculée Conception

RTU : Radio Trait d'Union

RTZ : Radio Tonignon de Zogbodomey

SPPS : Service de la Promotion et de la Protection Sociale

UAC : Université d'Abomey Calavi

UNB : Université Nationale du Bénin

UNICEF : United Nations International Children Emergency Fund.

Fonds des Nations Unies pour l'Enfance

USAID : United States Agency for International Development.

Agence des Nations Unies pour le Développement International

VAA : Vaccin Anti-Amaril

VAR : Vaccin Anti-Rougeoleux

VAT : Vaccin Anti Tétanique

VPO : Vaccin Polio Oral

ZS : Zone Sanitaire

BENIN

Etude des facteurs de réticence et de résistance à la vaccination anti-poliomyélite chez les populations de la commune de ZOGBODOMEY

La présente étude a été menée à Zogbodomey dans le département du Zou. C'est l'une des communes réticente à la vaccination anti-poliomyélite au Bénin. L'enquête a lieu courant Août - Septembre 2007.

LEXIQUE

Réticence

Hésitation ou doute pouvant aller jusqu'à une certaine opposition. Ici, il est question de la réticence de certains parents par rapport à la vaccination de leurs enfants cibles.
Résistance

Opposition de certaines populations à la vaccination.

Rumeur

Nouvelle d'origine incertaine ou douteuse qui se répand dans le public de bouche à oreille. Dans ce cas, il s'agit de vagues informations répandues par certaines personnes au sujet de la vaccination contre la poliomyélite.

La poliomyélite 

Elle vient du grec "polio", gris et "muelos", moelle. Le suffixe "itis" désigne les maladies inflammatoires.

C'est une maladie infectieuse provoquée par un virus appelé : entérovirus. Les premiers symptômes sont les suivants : état fébrile, fatigue, maux de tête, vomissement, raideur de la nuque et douleurs en ce qui concerne les membres. Dans un cas sur 200, il en résulte une paralysie irréversible (généralement des membres inférieurs). Entre 5 et 10 % de personnes qui contractent la maladie meurent des suites d'une paralysie des muscles respiratoires. La poliomyélite touche principalement les enfants de moins de trois ans.1(*)

Cette définition montre clairement que la polio est une maladie très grave, une des maladies les plus meurtrières pour lesquelles il faut systématiquement vacciner tous les enfants cibles.

La mobilisation sociale

C'est un processus qui consiste à mettre ensemble des énergies, des ressources pour résoudre un problème de santé au sein d'une communauté. La mobilisation sociale est destinée à rallier et à maintenir l'engagement d'un large éventail de groupes et de secteurs pour soutenir les activités d'éradication de la poliomyélite. En ce sens, elle consiste à informer le public et à l'inciter à participer aux activités de vaccination.

La mobilisation sociale est une approche communicationnelle dont l'objectif est d'amener la communauté à une prise de conscience des enjeux de développement de son propre environnement et de la nécessité d'une résolution consensuelle à moindre coût et de haute qualité. Elle permet à la population d'identifier ses propres relais pour accélérer la résolution des problèmes de santé de façon efficace et durable.

Dans cette approche, la mobilisation sociale est donc une stratégie, un processus qui implique la participation effective des acteurs (que sont les institutions, communautés, groupes, associations, ONG, radios communautaires / de proximité crédibles, écoles...) dans l'identification, la mobilisation et la gestion des ressources humaines et matérielles en vue d'accroître et de renforcer des activités conçues pour atteindre les objectifs du programme c'est - à - dire appuyer le processus de changement de comportement par les populations visées. Ce changement de comportement passe par la communication interpersonnelle.

La communication

La communication est une :

« fonction continue de gestion, consistant en l'échange d'informations verbales et non verbales entre Émetteurs et Récepteurs en vue d'un effet attendu». 2(*)

« ...La communication est un processus d'échange. Informez-vous des problèmes de vos interlocuteurs, de leurs opinions et de leurs idées. Écoutez attentivement leurs réponses ; elles sont essentielles pour aider à décider ce que vous voulez communiquer. C'est en écoutant que vous créez la confiance et c'est en écoutant que vous pourriez mieux définir vos priorités »3(*).

La communication interpersonnelle

«  C'est une approche de communication privilégiée, personnalisée où des individus ou groupes d'individus sont en interaction pour trouver la solution la plus adaptée aux problèmes en cause. Cette approche de proximité diffère des autres en ce sens qu'elle développe de la relation de confiance l'accélération vers les résultats attendus. Elle renforce d'avantage le processus de changement de comportement »4(*)

Communiquer, c'est donc partager des idées, des connaissances, des attitudes et des sentiments.

Stratégies de communication

En communication pour le Développement, la stratégie est :

Un plan - cadre comprenant une combinaison d'interventions de communication capable de susciter les changements nécessaires en matière de connaissance, d'attitudes, de croyance ou de comportement au niveau de la population visée en vue de résoudre un problème de développement, selon un calendrier donné (souvent à court terme), et compte tenu des ressources disponibles.

La stratégie de communication dans les programmes de communication en vaccination, est une priorité ; elle doit être détaillée et donner une vision générale comprise au sein des documents stratégiques du programme élargi de vaccination (PEV). La stratégie doit être basée sur une recherche formatrice et une analyse de communication pour le changement de comportement. La stratégie de communication doit mettre en relief comment, à qui et par quels moyens les interventions de communication seront ciblées et mesurées pour démontrer leur contribution à l'amélioration de la vaccination.

Définie ainsi, la stratégie diffère d'une campagne de sensibilisation.

La campagne de sensibilisation

La campagne de sensibilisation est un ensemble coordonné d'activités de communication médiatiques et non médiatiques menées de manière intensive sur une période relativement courte et dans un espace donné en vue d'atteindre des effets précis.

« La sensibilisation consiste à obtenir et à garder le soutien des décideurs. On peut par exemple mettre au point un dispositif d'information rapportant les progrès réalisés dans l'éradication de la poliomyélite dans le pays. »5(*)

Le comportement

Le comportement est la manifestation visible, extériorisée de quelque chose qui est interne à un individu. C'est :

«  un savoir -faire, un savoir être exprimé ou non en réponse à un problème, ou toute situation requérant une action individuelle ou collective »6(*).

Ce savoir - être est déterminé par trois axes que sont (l'individu, l'environnement, et les personnes crédibles).

- l'individu à travers ce qu'il croit, pense et fait

- l'environnement dans lequel il vit

- les personnes crédibles pour lui

Le changement sera la « perturbation » apportée à ce système pour atteindre l'objectif de développement.

C'est l'ensemble des actes, des processus, des gestes, par lesquels l'acteur se donne à percevoir aux autres acteurs de l'espace dans lequel il se trouve. Le comportement est un ensemble de faits qui échappe au symbolique et à la communication, car il engage la personne de façon automatique, et non dans son rapport à l'autre.7(*)

Le diagnostic communautaire

Le diagnostique communautaire est :

«  Un travail collectif de réflexion mené par un village à travers la mobilisation de tous ses ressortissants, qui vise à identifier les forces et problèmes du village. C'est un exercice de discussion qui permet de donner la parole à tout un chacun pour exprimer librement sa compréhension de la vie du village et des rapports du village avec ses voisins. Le diagnostic communautaire est aussi un moment de retrouvailles et de gestion des conflits qui permet de dépasser les clivages entre les collectivités familiales, entre les groupes et même les individus. Enfin, il est une occasion de rencontre pour faire des choix importants concernant l'avenir de la communauté villageoise. »8(*)

Ce diagnostic a pour but la collecte de données aussi bien avant le départ que sur le terrain afin de mieux connaître la situation dont il est question, la population concernée et sa vulnérabilité. Ce processus permet de composer la situation en mettant en évidence les déterminants politiques, culturels, sociaux, religieux, etc. pouvant influencer la santé des groupes.

-Recueillir des informations en suscitant l'expression et, la parole des groupes.

Enfin, ce diagnostic fait par le village est un processus d'éducation de la communauté, qui a pour avantages :

? d'une part, de responsabiliser l'ensemble des habitants sur l'identification des problèmes collectifs de santé prioritaire du village,

? d'autre part, de fournir des explications quant aux causes et conséquences des problèmes identifiés.

La famille

La famille est un ensemble de personnes unies par les liens de sang. L'unité familiale fait intervenir les liens de parenté alors que le ménage peut regrouper des personnes qui n'ont forcément que des liens de parenté entre eux.

Du point de vue démographique, c'est l'ensemble d'au moins deux personnes constituées par un couple marié ou non, avec ou sans enfants célibataires, soit par un parent sans conjoint avec au moins un enfant célibataire. Au sens large, c'est ensemble des individus apparentés. Cette notion n'est pas à confondre avec celle de ménage.

Le ménage

En méthodologie de recherche, le ménage est utilisé comme une unité d'observation.

Le ménage est un groupe de personnes répondant à plusieurs critères. Le fait de vivre ensemble (sous le même toit), de reconnaître l'autorité d'un même individu (chef de ménage), de partager les repas, d'avoir une source commune de revenus ou de mettre en commun les moyens permettant de satisfaire les besoins essentiels du ménage sont autant des critères d'identification d'une unité d'observation. C'est aussi un ensemble de personnes ayant ou non des liens de parenté, habitant un même logement.

Publics Cibles

Une communication pour la santé efficace doit atteindre aussi bien les publics qui seront mieux en mesure de réagir favorablement par rapport à un changement de comportement que ceux qui ont le plus besoin de l'intervention. Des actions spécifiques sont menées en tenant compte des particularités liées à chaque groupe cible.

Dans le cadre de notre étude, nous retiendrons le public primaire et le public secondaire.

Le public primaire : il est constitué des mères d'enfants âgés de 0 à 5 ans.

Le public secondaire : il est constitué des pères ou conjoints qui ont une influence sur la prise de décision au sein de la famille.

Des responsables ou des leaders religieux qui jouent un rôle important au niveau des communautés. Ils méritent à ce titre d'être considérés comme des acteurs privilégiés dans la mise en oeuvre de politiques et stratégies de communication pour un changement de comportement car ils ont non seulement le pouvoir d'influencer l'opinion publique, mais ils peuvent également mobiliser leurs fidèles et améliorer les relations entre les communautés et les services de santé.

Le Plaidoyer

« Faire du plaidoyer, c'est, s'exprimer, c'est attirer l'attention de la communauté sur une question importante et orienter les décideurs vers une solution.9(*) De même, « le plaidoyer consiste à travailler avec d'autres personnes ou organisations pour changer les choses.10(*) Ainsi, « le plaidoyer est une action qui vise à changer les politiques, les positions ou les programmes de tous les types d'institution.11(*)

Défini comme tel, le plaidoyer poursuit alors à long terme en matière de vaccination, des objectifs : des changements de comportement. Ici, il s'agit de vaincre les réticences (d'ordre religieux) ; le plaidoyer est enfin, tout effort visant à influencer les responsables politiques et les décideurs en faveur des changements sociaux, à transformer les perceptions et attitudes du public, à changer les comportements ou à mobiliser les ressources humaines et financières. Dans le cadre de notre étude, il est alors  »tout effort consenti pour améliorer la vaccination et la santé des enfants.»

Le Plan Intègre de Communication

Le PIC est un concept vulgarisé par l'UNICEF au milieu des années 1990. « Le PIC est un outil d'opérationnalisation de la communication pour le développement CPD) ; outil qui consiste à penser la communication dès la planification des programmes sectoriels.»12(*) Il vise la transformation sociale grâce à la combinaison de trois (3) axes stratégiques de la communication pour le développement (CPD) que sont le plaidoyer, la mobilisation sociale et la communication pour le changement et la communication en appui aux programmes.

La Communication Pour le Développement

L'expression aurait été d'abord promue aux Philippines dans les années 70 par le professeur Nora QUEBRAL.

La communication pour le développement est le processus par lequel les bénéficiaires d'intervention de développement deviennent les principaux acteurs de leur propre développement en participant à tous les stades du processus à la recherche d'action appropriée. Dans ce processus, on part des besoins à la base ; l'approche est ascendante.

La communication pour le développement est :

« La pratique de la communication dans le but de promouvoir le développement socio-économique, c'est-à-dire un type de changement social planifié. »13(*)

« Un processus de recherche de la planification qui est décisif pour le changement de comportement, donc pour le changement social. »14(*)

La Communication pour le Changement de Comportement

Le terme de communication pour le changement de comportement se rapporte à la communication en appui aux programmes (CAP) qui est une communication qui vise les individus, encore appelés les participants au programme. C'est un processus dialogique basé sur la recherche pour résoudre les problèmes de connaissances, attitudes et pratiques liées aux comportements des groupes cibles, en vue de changer ou de développer certains de leurs comportements ayant un impact sur l'objectif de développement.

Elle vise à évaluer les connaissances actives et pratiques des populations à l'égard d'un problème de santé. Elle fournit aux populations l'information adaptée sur les moyens de résolution du problème de développement cible par le programme. Les stratégies du CCC/CAP agissent surtout sur les facteurs prédisposants, c'est-à-dire ce que je pense, ce que je fais et ce que je crois.

Manifestation Adverse Poste Immunisation

Une Manifestation Poste vaccinale Indésirable est un incident médical qui se produit à la suite d'une vaccination et dont on pense qu'il est dû à celle-ci. L'idée selon laquelle tout incident médical qui se produit à la suite d'une vaccination serait du à celle-ci est fausse : bien souvent, c'est une coïncidence.

On peut classer les causes des MAPI en quatre catégories: erreur programmatique; incident lié au vaccin; coïncidence ; inconnue14(*).

Monitorage du PEV

Le monitorage est un processus continu de suivi de l'exécution des activités d'un programme. Il permet de s'assurer que:

- les activités sont menées comme prévues,

- les ressources engagées sont utilisées conformément aux stratégies choisies,

- le programme progresse conformément aux objectifs fixés.

Ainsi, le monitorage des activités du PEV aidera à identifier les problèmes au fur et à mesure qu'ils se posent et à choisir les actions correctrices à mettre en oeuvre au niveau local pour résoudre ces problèmes.

Le monitorage des activités du PEV doit se faire au centre de santé, par l'équipe de santé, avec les représentants de la communauté et les superviseurs. La périodicité souhaitée est semestrielle.15(*)

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE

I - GENERALITES

I.1 ÉNONCE DU PROBLEME

I.2 HYPOTHESE, RESULTATS ATTENDUS ET OBJECTIFS DE L'ETUDE

I.3 CADRE CONCEPTUEL

II - CADRE THÉORIQUE

II.1 CADRE THEORIQUE

II.2 LE PROGRAMME ELARGI DE VACCINATION

II.3 REVUE DOCUMENTAIRE

III- CADRE ET METHODE D'ETUDE

III.1 CADRE D'ETUDE

III.2 METHODE D'ETUDE

III.3 LIMITES DE L'ETUDE ET DIFFICULTES

IV- PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS

IV.1 PRESENTATION DES RESULTATS

IV.2 DISCUSSION

CONCLUSION GENERALE

SUGGESTIONS

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages et rapports

Mémoires

Sites Internet

ANNEXES

Introduction

Depuis plus d'une décennie, en Afrique et au Bénin en particulier, la vaccination demeure une activité très importante dans la mise en oeuvre des soins de santé maternelle et infantile. Elle a bénéficié d'une attention particulière avec le Programme Elargi de Vaccination (PEV). L'OMS recommande que tous les enfants soient vaccinés avant l'âge de douze (12) ans contre les maladies endémiques les plus graves que sont la tuberculose, la rougeole et la poliomyélite.

De façon générale, dans la plupart des pays africains, on constate que les taux de couverture avoisinent ou dépassent les 100%, mais la vaccination n'est pas encore systématique au sein des populations. Ceci entraîne un faible niveau d'exécution des programmes de stratégie avancée dans les villages. Aussi, pour les vaccinations supplémentaires, est-il noté la persistance d'enfants manqués malgré les bonnes couvertures enregistrées lors des campagnes de masse contre la poliomyélite et la rougeole. Il y a aussi une faible implication des groupes associatifs et autres secteurs du développement dans la sensibilisation des populations.

En 2003, les efforts déployés par les Etats africains et leurs partenaires ont permis de nourrir l'espoir de certifier l'éradication de la poliomyélite en 2004. Cet espoir s'est envolé avec les nouvelles données épidémiologiques. Ainsi, l'objectif décidé au niveau global qui consiste à stopper la circulation du Polio Virus Sauvage (PVS) dans le monde au plus tard en fin 2004 a été reconsidéré et des stratégies plus appropriées, particulièrement en matière de communication ont été envisagées.

Le Nigeria et le Niger sont de véritables menaces de réinfection pour le Bénin. Ils constituent en effet, les derniers principaux réservoirs du `'polio virus sauvage'' avec respectivement 430 et 20 cas en juin 200416(*). Il a été constaté une expansion rapide de la poliomyélite tant en ce qui concerne le nombre de cas de PVS que pour ce qui est de leur distribution géographique. Le nombre total de PVS dans le monde a augmenté de 784 en 2003 à 1256 cas en 2004 avec 555 cas notifiés jusqu'en juin 2005. Dans cette même période, le nombre de pays endémiques a augmenté à 2117(*).

Pour faire face à ce phénomène, de nombreux séminaires et ateliers ont été initiés dans le but d'une sensibilisation à l'égard du problème de réticence. Ces différents travaux ont certes permis de débattre des questions liées à la réticence à la vaccination sans véritablement parvenir aux résultats attendus. Au Bénin, par exemple, jusqu'en 2006, il est encore observé des cas de réticence à la vaccination dans certaines communes dont celle de Zogbodomey.

Dans ce contexte, il importe de se demander :

- Comment une activité de communication en faveur de la vaccination à Zogbodomey se révèlerait-elle efficace ?

- Quel est le niveau de participation et d'implication des communautés de Zogbodomey dans la conception et la mise en oeuvre des activités de communication relatives à la vaccination ?

- Quels sont les critères de détermination et de choix des supports et médias physiques et humains ?

Le présent mémoire se veut être une contribution pour améliorer la situation vaccinale dans la commune. Il s'agira de dégager en étroite liaison avec les communautés, les facteurs psychosociaux, socioculturels liés au phénomène de réticence à Zogbodomey et les stratégies endogènes devant permettre une réduction qualitative dudit problème.

La méthode adoptée s'appuie sur une enquête de terrain et sur une analyse de données. La démarche retenue pour le développement de ce thème s'articule autour des grands axes suivants :

- La définition du problème ;

- les généralités ;

- le cadre et la méthode d'étude ;

- les résultats ;

- la discussion et les suggestions.

II. Objectifs de l'étude

Étudier au travers d'une analyse de situation, les stratégies de communication utilisées par le Programme Elargi de Vaccination (PEV) en faveur de la gestion des réticences dans la commune de Zogbodomey.

· Objectif spécifique 1

Déterminer les facteurs liés au problème de réticence et de résistance à Zogbodomey.

· Objectif spécifique 2

Déterminer la proportion de réticence et de résistance à Zogbodomey.

· Objectif spécifique 3

Etablir les relations entre les différents facteurs identifiés et la survenue des réticences et résistances à la vaccination dans la commune de Zogbodomey.

* 1 Ayié N° 26. 3è trimestre 2004 - Juillet-Août-Septembre. Bulletin trimestriel de l'OMS au Bénin P. 26

* 2Programme national de lutte contre le sida et les IST. Stratégie, normes, procédure nationale en communication pour le changement de comportements. 1ére édition, Cotonou BENIN. Février 2004. P40

* 3Health for the millions, voluntariay Health Association of India. Tout pour la santé,1986.

* 4 Politique et stratégies Nationales de communication pour le développement sanitaire, septembre 2000. P.23

* 5 -Communication pour l'éradication de la poliomyélite et la vaccination systématique P.3

* 6 VIKOU Bessan. Formulation de stratégies de communication pour le changement de comportement pour réduire la morbidité palustre : applicabilité au modèle de Green mémoire de maîtrise en science du langage et de la communication. UAC Cotonou BENIN. 2003

* 7 Dictionnaire encyclopédique des sciences de l'information et de la communication. P 147

* 8 UNICEF. Guide pratique de diagnostic communautaire et de planification villageoise. Cotonou, BENIN. 1999. P5

* 9 SARA/AED, Guide de formation au plaidoyer

* 10 Centre for population and Development Activities (centre pour les activités en matière de population et de développement).

* 11 SARA/AED Advocacy Training Guide

* 12 Dadelé Antoine. SLC 327 : Modèle de planification des interventions en communication, DSLC, FLASH, UAC, Bénin. 2005

* 13 Rogers 1976

14 Dadelé Antoine. SLC 327 : Modèle de planification des interventions en communication, DSLC, FLASH, UAC, Bénin. 2005

* 14 DNPEV/SSP - BENIN, Fiches techniques sur le PEV, Mars 2007. P 17

* 15 DNPEV/SSP - BENIN, Fiches techniques sur le PEV, Mars 2007. P 117

* 16 Plan de communication et mobilisation sociale pour les JNV 2004

* 17 Rapport synthèse de la réunion du Groupe Technique Consultatif sur la Communication pour l'Eradication de la Polio, Yaoundé, Cameroun 22-24 juin 2005.

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