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L'influence des sociétés multinationales dans la balkanisation de la RDC


par Guylain NGELEKA MUKENDI
Université de Kinshasa - Gradué en relations internationales 2010
Dans la categorie: Droit et Sciences Politiques > Relations Internationales
   
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Disponible en mode multipage

EPIGRAPHIE

« Gravissez la première marche de la foi, inutile de voir tout l'escalier, gravissez juste la première marche »

Dr Martin Luther King (1929-1968)

« Suivez votre félicité et l'univers vous ouvrira des portes là ou où il n'avait que des murs »

Joseph Campbell (1904-1987)

DEDICACE

L'Ancien des Jours, le Père des Esprits toutes tendances confondues, l'Etre Suprême, l'Unique, Aimant et Tendre : YHWH. Celui à qui tout mon être est consacré ;

NGELEKA MUKENDI Guylain

REMERCIEMENTS

Au terme de notre travail, nous remercions : nos parents, Crispin MUKENDI NKASHAMA et Marie KAPINGA NTUMBA pour leurs soutiens fermes.

Nous associons aussi à cet endroit toutes les Autorités Administratives et Académiques de la Faculté des Sciences Sociales Administratives et Politiques.

Nous pensons aussi au Professeur Monsieur LIKOKU BEKODJ'AOLUWA III et au Chef des Travaux Jean Marie MBUTAMUNTU qui, malgré leurs nombreuses occupations, ont accepté la direction et l'encadrement de ce travail. Leurs remarques et suggestions nous ont été d'un apport inestimable dans son élaboration.

Que nos frères et soeurs, Serge KALALA, Nancy MBUYI, Hugues NTUMBA, Jemima MUSAU, Rachel BUIMA, Nathan MBUYI trouve ici l'expression de notre grâce.

Enfin que nos amis et compagnons de lutte TABALA Pepeno, MOBALE NKOGATE Suzy, KUKOSIKILA Jules, BOLENGA Hery, MAFUILA Dido, YEMAME Idriss, MPIA Nacha, BIMPELA Guyda, KIKUPU Bernard (Boozer), MFWAMBA Fabrice, et MOBALE AKWAME Patricia retrouve ici les résultats de notre dure labeur.

A tous ceux qui ont pu contribuer d'une manière ou d'une autre à l'élaboration de ce travail, nous exprimons l'expression de notre indéfectible lien d'amitié.

NGELEKA MUKENDI Guylain

INTRODUCTION

La République Démocratique du Congo est un pays riche et envié, caractérisé par les merveilles de la nature. C'est un pays convoité par les grandes puissances du monde. Dès qu'il fut découvert, les explorateurs ont, après quelques temps, constaté que le pays avait des richesses très importantes qu'il fallait exploiter. Les rapports sur ce pays touchèrent la Belgique qui s'intéressa rapidement. Cela n'allait pas laisser indifférente les autres puissances qui s'exprimaient à travers les sociétés multinationales.

1. Problématique

Les belges avec le Roi Léopold II se firent remarquer chez les autres grandes puissances par les richesses qu'ils exploitaient en RDC. De là, les grandes puissances solliciteront de pouvoir eux aussi prendre part à l'exploitation des ressources de la RDC. A cette occasion, Certaines conférences internationales seront faites pendant cette période coloniale sur le Congo concernant sa répartition par les grandes puissances pour explorer ses richesses et faire bénéficier leurs pays de celles-ci. Sur ce, l'Angleterre dès le début du 19 siècle demandera à la Belgique de se partager la RDC en deux c'est-à-dire d'Est à l'Ouest1(*).

A partir de la conférence ayant amené la réalisation de la charte2(*) coloniale, les grandes puissances se sont entendus de pouvoir accéder et exploiter le Congo comme un bien commun. Les milieux maritimes et terrestres seront analysés au peigne fin pour l'exploitation des ressources importantes qui seront collectées. Mais le fait de laisser le roi belge toujours propriétaire ne semblait toujours pas plaire aux autres grandes puissances. Le droit d'exploitation pouvait un jour cesser. D'où le partage du Congo paru à l'horizon car plusieurs Etats qui étaient intéressés ont cherché de pouvoir posséder un espace pour l'exploiter.

Cependant, malgré l'attraction et l'intérêt des autres puissances, la Belgique garda la propriété du Congo et continua sa gestion. Mais celle-ci ne durera plus longtemps car de nombreuses pressions vont contraindre le roi Léopold II à l'occasion de livrer aux grandes puissances le droit d'exploiter ensemble les richesses naturelles du Congo. Pour perpétrer cette exploitation, les occidentaux vont installer des présidents à leur solde à l'instar des présidents marionnette.

Aujourd'hui en République Démocratique du Congo, nous palpons encore cette opposition entre la souveraineté du Congo et l'impérialisme des grandes puissances. Ainsi nous assistons aux conflits qui se livrent dans le pays, principalement à l'Est avec son chapelet à mater donne des viols des femmes, des enfants, des tueries atroces. Le coût humain résultant de ces conflits est certainement élevé et peut-être précisément évalué entre 6,9 à 10 millions de morts.3(*)

Tous ces évènements, ont suscité en nous les questions suivantes :

§ les Sociétés Multinationales ont-elles une influence sur les conflits armés en RDC ?

§ Les Sociétés Multinationales ont-t-elles des intérêts à la balkanisation de la RDC ?

2. Hypothèse

Selon le Professeur SHOMBA K., le terme hypothèse évoque la présomption que l'on peut construire autour d'un problème donné4(*). Dans cette étude nous pourrons étaler nos opinions de cette manière :

La République Démocratique du Congo regorge de plusieurs matières premières qui amènent les sociétés multinationales à obtenir divers titres. Ainsi en est-il du coltan, matière première très utile dans la fabrication des téléphones portables Blackberry, et d'autres modèles récents. Le meilleur moyen de se procurer cette matière et d'autres est de se faufiler au milieu des mésententes et guerres.

La position des Sociétés Multinationales se présente compte tenu les avantages et intérêts qu'elles tirent d'une situation contribuables.

Mais la population congolaise se trouve carrément marginalisée. Elle subit d'abord des tueries et des viols.

3. Méthode et Techniques du Travail

Outre qu'il soit une manière de dire, d'agir et d'enseigner une chose en suivant certains principes, la méthode est un système, un ensemble des procédés utilisés dans le but d'obtenir un résultat dans un domaine scientifique et techniques.5(*)

D'après Roger PINTO et Madeline GRAWITZ, la méthode est une démarche intellectuelle au moyen de laquelle un chercheur poursuit une vérité, la vérifie et la démontre. Comme pour tout travail scientifique, la présente étude nécessite l'utilisation d'un certain nombre de méthodes d'analyse et de techniques de collecte des données pouvant varier selon la nature du problème étudié et l'environnement de recherche6(*).

A cet effet, nous avons utilisé :

a) La Méthode Analytique, (l'analyse du contenu) : cette méthode nous permet de décortiquer les données mises à notre disposition ;

b) La Technique Documentaire : est utilisée pour recevoir les informations à partir des divers documents relatifs à notre sujet.

c) Technique d'entretien : Celle-ci à son tour nous a permis de nous entretenir avec certaines personnes bien placées par rapport à notre sujet (exemple : des hommes de presse, les cadre des ONG qui dénoncent ce projet, les professeurs et les différents auteurs des ouvrages y qui sont relatifs etc.)

4. Délimitation du Travail

Dans le souci de mener à bien notre étude et en sachant qu'un travail scientifique s'effectue dans un cadre temporel et spatial bien précis afin d'éviter toute généralisation abusive pouvant compromettre la validité des résultats, nous avons choisi de délimiter notre travail dans le temps et dans l'espace :

§ Sur le plan temporel, notre travail couvre les principaux enjeux liés à la balkanisation depuis 1996 à nos jours (2011).

§ Sur le plan spatial, notre étude se base principalement sur la République Démocratique du Congo.

5. Canevas du Travail

Outre l'Introduction et la Conclusion, notre étude se compose de 2 chapitres :

§ Le Chapitre premier définit les concepts utilisés dans le travail comme Société Multinationales et Balkanisation ; et enfin

§ Le Deuxième Chapitre traite des Actions et influence des Multinationales en République Démocratique du Congo face à la balkanisation.

CHAPITRE I : DEFINITIONS DES CONCEPTS

Dans ce chapitre nous essayerons de définir les concepts utilisés dans notre travail pour apporter un éclairage sur notre étude. Une connaissance avancée sur les concepts utilisés permet la maîtrise des variables indépendants et dépendants et facilité la compréhension.

Section I : LES SOCIETES MULTINATIONALES : Généralité

En Relations Internationales, les Sociétés Multinationales sont des acteurs et ont une certaine influence sur la scène internationale. Leurs actions se font voir à travers différents pays du monde en touchant plusieurs secteurs. Que pouvons connaitre de ces sociétés transnationales.

1.1. DEFINITION

Selon le Petit Robert, une Multinational ou une Transnational est une entreprise qui est implantée dans plusieurs pays par le biais de ces filiales dont elle détient tout ou une partie du capital7(*).

Selon le dictionnaire Larousse : la Multinationale est un groupe industriel, commercial ou financier dont les activités et les capitaux se répartissent entre divers Etats8(*).

D'après Charles Albert MICHALET une Multinationale est : « une entreprise  le plus souvent de grande taille, qui, à partir d'une base nationale, a implanté à l'étranger plusieurs filiales dans plusieurs pays, avec une stratégie et une organisation conçue à l'échelle mondiale 9(*)».

Mais nous pouvons aussi considérer ce que CATHAL J. NOLAN10(*), Professeur d'histoire à l'Université de Boston, dit sur les multinationales. Pour lui elles s'occupent principalement des capitaux, des biens et des technologies extrêmement flexibles. Elles pensent d'une manière globale et n'ont pas une certaine loyauté spécifique. Elles prennent leurs décisions selon des questions d'économie d'échelle, de politique fiscale et de rapatriement des profits.

Dans le domaine économique, elles sont en fait des puissances économiques incontestables et incontournables. Grâce à l'évolution de la technologie elles peuvent détenir certaines missions qui normalement devaient être assignées à leurs Etats d'origine et surtout aux Etats d'accueil en créant des emploies, en apportant un soutient à l'économie des Etats par l'investissement, etc.

Dans le domaine des Relations Internationales, les firmes multinationales, agissent comme des acteurs privés et ne peuvent être négligées car elles ont une certaine influence dans le système international.

Les multinationales, ainsi définie par les différents auteurs, nous donne une idée plus claire que, nous pouvons reprendre la définition d'une manière plus simple. Elle est normalement une grande entreprise qui ne se limite pas seulement pour son implantation dans son pays d'origine. Elle s'étant dans plusieurs pays grâces à des filiales qui le représentent lui et ses intérêts. Mais ces filiales sont soutenues totalement ou partiellement par ce groupe. Elles ont une grande participation et influence dans le monde au point qu'elles sont considérées comme acteurs dans les Relations Internationales et une puissance dans le monde économique.

Les multinationales sont aussi caractérisées par une structure importante. Elles se différencient par les représentations comme la société mère, les filiales et les succursales.

A. La Société Mère11(*)

Une Société-mère est une société ou une autre entité qui possède, directement ou indirectement, la majorité des actions des autres sociétés constituant une entreprise multinationale ou qui contrôle sous une autre forme, directement ou indirectement, de telles sociétés. Une société-mère peut être, mais n'est pas nécessairement, une entreprise exploitante qui se livre à la production ou à la distribution de biens ou de services. La propriété d'une société-mère peut appartenir à un petit groupe ou même à un individu ; mais plus couramment, la propriété d'une société-mère est dispersée dans le public et ses actions sont traitées en bourse.

B. La Filiale

Une filiale est une société qui appartient à une autre société faisant partie du même groupe de sociétés ou qui est contrôlée par une telle société. Une filiale est habituellement constituée conformément à la loi de l'Etat dans lequel elle est établie. Mais nous pouvons encore avancer en précisant qu'à part la filiale il existe aussi une succursale. Celle-ci n'est qu'une unité d'une société dont elle n'est pas séparée par un acte de constitution distinct dans l'Etat dans lequel elle est établie ou exerce ses activités.

1.2. HISTORIQUE 12(*)

L'entreprise multinationale n'est pas l'unique, ni la première forme d'organisation économique privée qui ait existé. De tout temps, les phéniciens par exemple, 2.500 ans avant Jésus-Christ, ou les vénitiens du Xe siècle à la renaissance ont effectué du négoce sur le plan international. Au XVIe siècle aussi nous nous retrouvons devant la compagnie orientale des indes qui pouvait aussi être considéré comme une multinationale.

Il en va de même avec les banquiers. Les églises aussi ont rayonné en dehors de leur territoire d'origine grâce à leurs missionnaires. Les premières multinationales modernes sont européennes et datent, pour la première, du début du XIXe siècle : les aciéries aujourd'hui belges, SA Cockerill implantées en Prusse en 1815 et pour les autres à la fin du dernier siècle : bayer (Allemagne, 1863) Nestlé (suisse, 1867), Solvay (belge, 1881), Michelin (français, 1893), lever (anglaise, 1890).

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les industries, pour des raisons de coûts de transport et des droits de douanes élevés, ont des difficultés à exporter. Ils décidaient alors, comme bayer, d'investir en Russie impériale, ou comme l'air liquide, au début du XXe siècle, d'installer des succursales en Amérique latine. Dans ce cas là, c'est parce que le gaz se véhiculait dans des bouteilles si lourdes et encombrantes que le coût du transport rendait le prix final prohibitif.

De même au niveau du secteur primaire, les européens devaient trouver des sources de matières premières qui n'existaient pas dans leurs pays : cuivre, zinc, nickel et ensuite pétrole et bauxite. Ils investissaient donc dans les pays étrangers qui en possédaient pour construire les installations nécessaires à l'extraction de ces matières premières.

Cette première vague eut des ailes coupées. D'abord parce que les Russes ont, après la révolution de 1917, nationalisé toutes ces entreprises. Ensuite les deux guerres mondiale successive ont mis dans l'embarras les maisons mères qui, ayant du mal à survivre dans leur propre pays ne pouvaient pas prendre leur essor vers l'étranger.

Le deuxième vague, elle est essentiellement américaine qui va des années 1945 à la fin des années 60. C'est la reconstruction de l'Europe et l'avènement de la société de tant de guerre entre les puissances européennes qui bénéficiant d'un taux de croissance considérable. Les entreprises américaines, en plus de leur propre marché, fournissaient l'Europe dont les entreprises étaient bloquées dans leur croissance par des guerres successives. Grâce à une technologie supérieure, les américains exportaient vers l'Europe des produits qu'ils étaient les premiers à fabriquer.

Quand les européens ont commencé à reconstruire leurs économies, ils ont évidemment copié et développé leur technologie en rapport à celle des américains. Ils souffraient de la concurrence locale du fait que leur coût de production aux USA s'ajoutait les droits de douane et de transport.

Alors, pour maintenir leur part de marché en Europe, ils se sont vus dans l'obligation de créer des usines sur place. Ce phénomène a été accéléré, dès le début des années 60, quant le marché commun a supprimé les droits de douane entre les principaux pays européens. Les entreprise américaines ont alors pu considérés l'Europe comme un seul marché et installer des usines à son échelle.

La troisième vague démarre au début des années 70 et correspond à une diversification des pays d'origine des sociétés multinationales. Elles sont principalement japonaise et européennes, mais proviennent aussi des PVD comme brésil, le Mexique, le l'inde, Hong Kong, Singapour et la Corée du sud, ainsi que les pays de l'Est. On peut affirmer que le phénomène des multinationales se mondialise.

Pour les européens, l'expansion a pu se faire très vite, par le biais des exportations au sein du marché commun. Bien souvent, ces entreprises pouvaient continuer à produire dans les usines de la maison mère et exporte dans les pays voisins, grâce à la suppression progressive des droits de douane au sein de la C.E.E.13(*). Elles établissement rapidement un réseau de filiale de distribution dans les pays où elles exportaient.

Cependant, plusieurs de ces firmes ont dû installer des usines dans les pays d'accueil pour plusieurs raisons :

1. Pour certaines industrie, comme celles de dérivées du lait ou celle du gaz liquide, il existe des seuils de production ; il n'est pas nécessaire de construire d'énormes usines, puisque les économies d'échelle au niveau de la production sont très faibles que l'accroissement des frais de transport. Il vaut alors mieux installer de nouvelles usines dans les pays où se trouvent les clients. Par contre, pour certaines industries, comme chimie ou sidérurgie, il est possible de réaliser des économies d'échelle telle que se justifie, sur le plan de la rentabilité, une grosse unité de production dans un seul pays.

2. Les gouvernements locaux préfèrent que les multinationales investissent dans leurs propres pays que d'y exporter ; ce bénéfique pour l'emploi local et cela évite la sortie de devises étrangères, ce qui permet de mieux équilibrer la balance commerciale.

3. A l'intérieur des firmes multinationales, les directions locales préfèrent évidemment que la maison mère crée une unité de fabrication dans les pays d'accueil, ce qui donne plus d'importance à la filiale au sein du groupe et facilite ses rapports avec les pays hôtes.

4. Produire dans un seul pays représente des risques ; la guerre la nationalisation ou la confiscation, l'augmentation des droits de douane ou l'établissement de quotas d'importation, le risque de change et enfin la grève dans une seule usine qui bloquerait les ventes dans plusieurs pays à la foi.

Il faut remarquer que la multinationalisation des entreprises est un phénomène qui concerne essentiellement les pays industrialisés : d'une part, les multinationales y puisent leur origine et y gardent leurs maisons mère, d'autres part, elles dirigent et consolident l'implantation de leurs filiales étrangères dans ces mêmes pays. On peut aussi remarquer, aujourd'hui, les Nouvelles Multinationales proviennent des pays qui s'industrialisent très rapidement.

1.3. STRATEGIES ET OBJECTIFS

A. Stratégies

La diversité des firmes multinationales entraîne de différenciation dans la manière de concevoir et d'établir les stratégies. Ces firmes ont de spécificité de déterminer les lieux d'implantation du groupe et de répartir entre les activités de production du groupe et de recherche pour chacune d'elles les marchés les mieux situés. Il s'agit de tenir en compte non seulement des implantations primaires mais aussi des projets d'extension.

Il est vrai que les firmes multinationales mènent par ailleurs une politique active d'homogénéité et d'uniformisation des produits et de méthodes de vente pour bénéficier au maximum des avantages de la production en grande série.

1. L'Existence de Matières Premières

Si les multinationales s'installent dans les pays d'accueil c'est parce qu'elles y trouvent les approvisionnements dont elles ont besoin ou les matières qu'elles exploitent déjà dans d'autres parties du monde.

Il se trouve, dans leur niveau lieu d'implantation, les ressources naturelles recherchées sont abondantes et facilement exploitables. Elles visent souvent à consacrer leurs réserves ou à les accroître, à condition que l'Etat du marché et les coûts d'exploitation se justifient. Ce premier objectif n'est pas cependant poursuivi que, pour un petit nombre des multinationales : celles qui s'intéressent aux matières premières.

2. Des Coûts de Production Avantageux

Un facteur de la localisation est constitué par l'existence d'un différentiel de coûts de production. Les causes très variées peuvent être liées à des conditions d'approvisionnement avantageuses, mais les facteurs les plus souvent avancés se situent au niveau des salaires, généralement plus bas que dans les pays développés et des avantages accordés par les gouvernements.

En effet, dans de nombreux cas, l'intervention gouvernementale à joué un rôle important dans l'installation des multinationales grâce à des mesures d'incitations fiscale ou de protection. Les coûts du capital et de fonctionnement peuvent s'en trouver sensiblement réduit et cela peut constituer un attrait important.

L'existence d'un tel différentiel n'est pas un phénomène général : si le taux des salaires est souvent plus facile que dans les pays développés, la productivité est souvent aussi inférieur, des économies externes importante peuvent exister, tenant exemple au mauvais fonctionnement du système ou aux contrôles taillons de l'administration.

A cela s'ajoute la prise en compte des risques souvent important dans les pays en développement : à une politique de situation d'investissement peut succéder une politique de nationalisation des entreprises étrangères à simple modification du régime fiscal, susceptible de compromettre les résultats financiers de l'entreprise.

3. L'Ouverture de Nouveau Marché

L'existence d'un différentiel commercial est cependant l'une des raisons majeures de l'implantation des multinationales. Elles créent des filiales pour installer dans des marchés protégés par des barrières douanières ou par des contrôles stricts des importations. Elles peuvent également penser que leur installation dans un pays donné est susceptible d'accroître leurs débouchés sur le marché local.

La réduction des coûts de transport de commercialisation constitue aussi un élément appréciable pour abaisser le prix de vente et conquérir des débouchés si la multinationale productrice des matières premières se localise dans un pays, dans le seul souci d'exporter ; celle qui poursuit un objectif commercial se localise au contraire, en fonction des capacités d'importation du pays concerné.

D'une façon beaucoup plus générale, la localisation de la firme multinationale peut aussi s'expliquer par des raisons purement tactiques : volonté de diversifier les risques, désir d'empêche un concurrent de s'emparer d'un marché, cherche une certaine image de l'entreprise, espoir de contrebalancer la fermeture progressive d'autres marchés. Les entreprises répliquent à cette tactique par des actions qui peuvent affecter les résultats escomptés. Les choix effectués ne sont jamais simples et si des bénéfices importants peuvent être obtenus, il ne faut pas perdre de vue que, dans certains cas, des pertes sont enregistrées.

Le schéma de la multinationale réalisant d'énormes bénéfices dans les pays en développement est souvent exact, mais il est vrai aussi que de nombreuses prospections minières se sont soldées par des échecs, que de nombreuse entreprise ont fait faillite ou ont dû fermer leurs filiales, en raison des difficultés rencontrées.

Les immenses marchés à conquérir se sont transformé en médiocre terrains de rivalité entre firmes concurrentes. On peut aussi supposer que selon les domaines concernés, l'impact des actions des multinationales sur le développement sera très différent.

B. Objectifs

Comme toute organisation dans sa création a toujours des objectifs à atteindre, les entreprises multinationales ne peuvent pas manquer aussi des objectifs à poursuivre.

1. La Survie

L'entreprise est un organisme vivant dont le seul but n'est pas de faire gagner de l'argent à l'entrepreneur et à ses actionnaires. Elle doit également rémunérer les banques qui lui prêtent de l'argent et l'Etat auquel elle paie des impôts, elle doit aussi faire vivre des employés, des ouvriers et alimenter en produits et services des clients qui en ont besoin pour leur survie.

2. Profit

Toute organisation a besoin d'être rentable, sinon, elle a plus des difficultés que ses concurrentes pour trouver des actionnaires des banques qui lui prêtent de l'argent pour investir en recherche et création des usines nouvelles, payer les fournisseurs et les employés suffisamment pour obtenir une contribution d'un haut niveau.

3. La Croissance

Si l'entreprise ne croit pas au même rythme que ses concurrents nationaux et étrangers, ceux-ci vont leur permettre sa part dans le marché, avec un affaiblissement de celle-ci, il n'y a pas de profits.

1.4. LES ACTIONS DES SMN ET LES INTERETS

Les sociétés multinationales s'intéressent beaucoup à l'intérêt car entant qu'entreprise elle aurait de besoin de se retrouver pour continuer à fonctionner. A cet effet, quatre théories ont tenté de rattacher de manière systématique, les activités des sociétés multinationales aux intérêts économiques et politiques de leur pays d'origine. Il s'agit de l'école :

§ Néo impérialiste ;

§ Néo-mercantiliste ;

§ De la théorie du déclin de la souveraineté ; et

§ De l'école globaliste.

Pour les deux premières théories, la croissance des multinationales représente une extension de la puissance des pays d'origine qui s'exerce au détriment des pays d'accueil. Ce qui sépare deux premières théories, c'est l'importance plus ou moins grande qu'elles attribuent à la prédominance des intérêts étroits de classe sur l'internet national dans la détermination de la politique étrangère des pays d'origine.

Pour la théorie du déclin de la souveraineté et de l'école globalistes, la croissance des multinationales représente l'extension de leur propre puissance qui s'exerce aux dépends des pays d'origine et des pays d'accueil. Ce qui sépara ces deux thèse, c'est que l'une est jugée bonne et l'autre de mauvaise, la transformation que les multinationales font subir au système international14(*).

1. La Théorie Néo-Impérialiste

L'école néo-impérialiste rejette la thèse libérale selon laquelle un système économique international ouvert constitue un ensemble caractérisé par une neutralité normative et politique, dans lequel les investissements étrangers permettent aux pays d'accueil d'accéder aux techniques du « centre » pour le plus grand bien de toutes les parties en cause.

Elle considère au contraire, que les multinationales ont été les agents de l'impérialisme américain, en créant et en faisant durer une situation d'inégalité et de dépendance ente les Etats. Ce sont les multinationales qui sont responsable de la concentration du pouvoir de décision dans quelques villes du monde industrialisé (New York, Londres, Tokyo) pendant que le reste du monde doit se contenter des activités économiques subalternes et d'un niveau inférieur du pouvoir de statut et de revenu15(*).

Dans le monde en développement, la pénétration des investissements étrangers ne permet aux pays d'accueil de ne se développer que selon un modèle qui les rend aptes à répondre plus exactement encore aux besoins des pays d'origine. Bref, les tenants de cette estiment que l'implantation des sociétés multinationales à travers le monde permet de renforcer principalement la suprématie américaines et la présence des USA dans l'économie internationale. La mission dévolue par ces firmes multinationales américaines est non seulement de recherche le profit et de capitaliser les dividendes mais aussi d'asseoir la présence américaine à travers la planète.

2. La Théorie Néo-Mercantiliste

Cette théorie ne tient pas compte de l'incidence politique pluraliste sur la définition de l'intérêt national, elle part du principe que les investissements étrangers sont plus sensibles aux besoins de leur pays d'origine qu'à ceux des pays d'accueil. Cette école considère l'Etat-nation comme facteur unitariste qui utilise à son profit les activités exercées à l'étranger par les entreprises nationales.

Cette théorie explique la nécessité de maximiser le profit à travers les investissements internationaux et à travers les mouvements des capitaux. Les tenants cette théorie estiment que les sociétés multinationales sont perçues comme des instruments des Etats-nations destinés à la maximisation des profits et des capitaux. Leur but est de procurer à l'Etat d'origine les ressources nécessaires à la consolidation de la puissance, c'est-à-dire ce sont des agents aux services de leurs Etats qui cherchent des enfants pour maximiser leur profit.

3. La Théorie du Déclin de la Souveraineté

Les tenants de la théorie du déclin de la souveraineté et l'école globaliste, considèrent les multinationales, non comme le prolongement du pouvoir du pays d'origine, mais comme forces indépendantes limitant la liberté d'action de tous les Etats avec lesquels elles sont en rapport.

Cependant, la doctrine du déclin de la souveraineté, moins optimiste en cela que la doctrine libérale, n'affirme pas que le processus de développement universel par les multinationales se déroulera harmonieusement et sans conflit. Au contraire, l'importance fondamentale que revêtent les sociétés multinationales pour les intérêts nationaux des Etats-Unis, et pour l'évolution du système international, résulte de la tension économique et politique, qu'elles font naître ; la réaction contre le développement de ces centres privés et indépendants de pouvoir économique, opérant selon une stratégie supranationales, vient de trois directions au moins : des Etas qui veulent mieux maîtriser leur système économique intérieur, des groupes économiques locaux qui veulent concurrencer les multinationales, enfin des chefs politiques des pays d'accueil qui veulent utiliser le thème de la pénétration étrangères pour en tirer un profit politique16(*).

4. L'Ecole Globaliste

Comme la théorie du déclin de la souveraineté, l'école globalistes affirme que le pouvoir des multinationales grandit aux dépens de celui des pays d'origine et des pays d'accueil.

Loin de partager l'optimiste de la doctrine du déclin de la souveraineté, pour laquelle les investisseurs étrangers contribuent universellement au bien-être économique et à l'harmonie politique, l'école globaliste estime que les multinationales étouffent la concurrence, soumettent les marchés mondiaux à la loi de cartels, accroissent l'inégalité de la répartition des revenus et engendrent la pauvreté dans les sociétés des pays d'origine comme celles des pays d'accueil.

A cet effet, les multinationales exacerbent donc l'antagoniste entre les pays développés et les pays en développement c'est-à-dire de la division entre riches et pauvres partout dans le monde, en se sens que leurs stratégies appliquées dans les pays d'accueil, entre autres : la formation de cartels de production, la mise en oeuvre de nouvelles technologies à forte intensité de main-d'oeuvre et inégalité de la répartition de revenus bref, ne permettent pas aux pays du tiers-monde de se développer. Elles se conduisent ainsi, comme des perturbateurs universels de la paix universelle.

Section II : LA BALKANISATION

II.1. Définition

Selon le Dictionnaire Encarta, concernant un ensemble ou une unité, la balkanisation est un démantèlement de celui-ci en petites unités indépendantes. De là nous avons comme exemple la balkanisation d'un système hospitalier. Du coté politique, il s'agit du morcellement d'une entité territorial politique en plusieurs Etats17(*).

Pour de plus ample détail, le verbe « Balkaniser » est un verbe duquel dérive le vocable « Balkanisation ». Au sens politique, il veut dire morceler politiquement un pays, un territoire ou un empire18(*). D'où parle-t-on de la balkanisation de l'Afrique ou du Congo. Au sens figuré, balkaniser signifie émietter, éclater, atomiser une chose quelconque. La balkanisation de la RDC est donc vue ici comme un processus, une démarche ou encore comme une chose, une réalité aujourd'hui en mouvement après avoir été conçue depuis une certaine époque bien déterminée.

II.2. Typologie de la Balkanisation

Ce concept de balkanisation possède deux (2) formes. Elle (la balkanisation), peut-être Géopolitique ou Géoéconomique :

§ Il y a balkanisation géopolitique quand une partie d'un territoire ou d'un Etat est démembrée de celui-ci et passe sous le contrôle politico-administratif d'un autre Etat19(*).

La ruée des populations rwandaises vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu procède des velléités du Rwanda de pratiquer cette forme de balkanisation tout en étant soutenu par les Etats-Unis.

§ Elle est géoéconomique lorsqu'une partie d'un territoire ou d'un Etat, sans être démembrée de ce dernier, est économiquement exploitée par un autre Etat, d'autres Etats, une entité étrangère ou des entités étrangères.

Pour ce qui est le cas de la R.D.C. et justifie la déstabilisation de sa partie Nord-est par le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda et même les sociétés multinationales en fatiguant les populations de cette partie avec des mouvements d'exil continuel20(*).

Différentes personnalités politiques que ce soit de la République Démocratique du Congo ou de l'étranger ont pu donner leurs termes pour décrire la balkanisation du Congo :

§ Le Premier Ministre Patrice Emery LUMUMBA à partir d'un discours télévisé a pu décrire la balkanisation avec les termes « d'éclatement du Congo ».

§ Le Secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires Africaines du gouvernement de George Bush a écrit un document qui a appelé à la balkanisation du Congo, en utilisant les termes de la « division en républiques ethniques distincts », et qui a même suggéré que la façon d'y parvenir serait par le biais des migrations forcées21(*).

II.3. La Balkanisation en RDC

La Balkanisation en République Démocratique du Congo a pris non seulement les sens cités, mais a, à part les formes géo-politique et géo-économique, deux types. La première est une Balkanisation Sociale et la deuxième une Balkanisation Politique.

En fait à partir des constats et analyses faites, la balkanisation procède du côté intérieur et du côté extérieur. Du côté intérieur, elle est constituée par différents maux qui déstabilisent la population congolaise. Les problèmes de paiements des salaires des citoyens, le tribalisme, les mésententes concernant la répartition des responsabilités dans différentes institutions, l'appauvrissement de la population et l'enrichissement d'une minorité sont quelques éléments qui reflètent et incite à la balkanisation.

De là nous pouvons constater que ce ne sont pas seulement les étrangers qui travail à la réalisation du projet de balkanisation mais nous même aussi congolais sommes en liste parmi ceux qui y travaillent. Ce genre de vérité devrait nous toucher tous car une certaine manipulation de l'extérieur s'effectue. Nos autorités actuelles sont poussées et soutenu à leurs postes pour maintenir la situation de la population très bas en vue de l'exploitation des richesses sans intervention ou réaction de la population qui dans ces conditions ne pourrait prêter attention.

Nous pouvons cités par ici un proverbe chinois qui dit « le peule est difficile à gouverner quant il est trop savant22(*)». Les mauvaises conditions actuelles s'installe et neutralise la population au point que nous même, tout en l'ignorant, nous nous qualifions comme des personnes qui n'aime pas lire. Nous ne comprenons pas que nous avons en face de nous une des résultats de la stratégie du pillage et de la balkanisation.

CHAPITRE II : LES MULTINATIONALES : ACTIONS ET BALKANISATION EN RDC

Dans ce chapitre nous aurons deux sections pour nous amener à une bonne compréhension des actions des transnationales. La première section analysera les influences des multinationales pour mener notre pays à la balkanisation et la deuxième traitera les actions externes et internes des multinationales dans différents pays du monde.

Section 1 : LES SOCIETES MULTINATIONALES EN RDC : La Balkanisation.

Les Multinationales en République Démocratique du Congo ont contribués en une certaine partie à l'élaboration du projet de la balkanisation et cela ne peut être bien constaté que quand nous aurons un petit aperçu d'abord sur la période coloniale et ensuite sur la période allant de 1996 à nos jours.

1.1. Historique sur l'origine de l'idée de la Balkanisation en RDC

Ce « vaste projet » de balkanisation de la République Démocratique du Congo est vieux. C'est une idée machiavélique qui tire son origine de la Conférence de Berlin de 1885 dont l'Acte Général est la colonisation était le partage de l'Afrique par les pays occidentaux les considérant comme un grand marché des puissances occidentales. Pendant cette même conférence, l' Afrique est déclarée « res nulliu s », c'est-à-dire chose n'appartenant à personne. Ce qui permit aux Européens de "se servir officiellement et sans scrupules".

Mais il faut préciser que l'idée de la balkanisation en se temps là visait en fait une privatisation d'un milieu moins peuplé qui regorge des richesses, alors qu'entre 1885 à 1889 le Congo avait perdu une bonne partie de la population qui furent tirée par l'esclavage ou la traite des noirs. Le pays si grand se retrouvait presque vide à l'intérieur et contenait des richesses que les grandes puissances commençaient à peine de découvrir. D'où la décision des grandes puissances de balkaniser la RDC. Et chacun trouvant la répartition des parts dans l'exploitation importante avança des idées et point de vue différentes.

Parmi ceux qui avancent leur point de vue, figure les Etats-Unis, qui prirent de l'avance à la conférence de Berlin, le 24 Avril 1884, pour proposer la reconnaissance du Congo comme Etat, mais plus précisément comme Etat fédéral en avançant l'idée qu'il y a existences des empires et plusieurs tribus qui sont constitués de différentes entités coutumières. L'idée de la fédéralisation à cette époque ne pouvait qu'amener à beaucoup de réflexions. Le Congo, reconnu comme Etat devenait en ce moment là, juridiquement parlant bénéficiaire des prérogatives que devait avoirs un Etat comme tous les autres à ce moment là23(*).

Après la conférence de Berlin, le Congo fut nommé propriété privé du roi Léopold II, chose qui ne sembler vrai car il ne fut pas le seul à posséder le Congo ou à l'exploiter à cette époque. Les grandes puissances se représentaient avec 63 multinationales qui avaient signé des contrats avec lui pour l'exploitation du Congo. En fait il ne servait que le rôle de gestionnaire ou superviseur qui avait des droits et responsabilités24(*).

Vers le début du 20ième siècle Il y eut cependant des protestations çà et là de la part certains congolais et plusieurs étrangers, notamment de la part de plusieurs journalistes étrangers qui s'intéressaient ou était spécialistes à l'histoire du Congo : comme le journaliste anglais du West Africain mail Edmond MOREL, l'écrivain Mark TWAIN, du diplomate britannique Roger CASEMENT, dont le rapport de 1904 condamnait les pratiques en vigueur au Congo25(*).

Bref, plus d'une personne lèvera sa voix contre ces traitements qui allaient à l'encontre des principes fondateurs de l'État. Avec le temps, les protestations vont se multiplier et le besoin d'obtenir l'indépendance sera plus évident et exigé. De nombreuses personnalités Congolaises de cette époque se dressèrent contre cette oppression dès son origine. C'est l'exemple de Nzinga Nkuwu, Mpanzu a Nzinga, plus tard de Kimpa Vita jusque Simon Kimbangu et malheureusement, ils en payeront le prix fort de leur vie.

Malgré le ravissement du Congo de la main de Léopold II, les multinationaux continuèrent de garder les droits d'exploitation du Congo. Le pays connaitra des changements de statuts ou appellations mais les problèmes antérieurs ne seront jamais finis26(*).

A. De la Colonisation à la Première République

Nous n'aborderons pas trop la période de l'indépendance mais nous pourrons préciser quelques éléments qui se sont passé durant cette période.

La période de l'indépendance refléta encore très bien l'idée de la continuité de la recherche des intérêts et de la Balkanisation car LUMUMBA en prendra déjà compte et en parlera dans un discours télévisé. Le Congo de LUMUMBA sera scindé par le Katanga avec Moïse TSHOMBE et le Kasaï avec KALONJI qui créa une sécession qui commença le 08 Août 1960 jusqu'en 1962. La province du Kasaï se détachera du Congo en demandant son indépendance en ayant Bakwanga comme la capitale, chose relativement pareille que fit le Katanga. Mais les désordres se firent par l'intervention du colonel MOBUTU un collaborateur de LUMUMBA.

B. La Chute du Mobutisme pour le Kabilisme (1990-1994)

En 1990, poussé par les événements (contexte international bouleversé par la dissolution du bloc communiste, et l'opposition interne grandissante contre son pouvoir), Mobutu annonce le multipartisme et accepte la convocation d'une Conférence nationale (1991) chargée d'adapter la Constitution. Jouant habilement de multiples événements (émeutes, mutineries, crises politiques), Mobutu empêche toutefois le processus de réformes d'aboutir. Ce n'est qu'en 1996 qu'un projet de Constitution est adopté par le Haut conseil de la République - Parlement de transition (HCR - PT).

Ce projet (qui prévoit un Etat fédéral doté d'un régime parlementaire) devait ensuite être soumis à un référendum. En novembre 1996, la tension dans l'Est du Zaïre monte : plus d'un million de réfugiés rwandais qui avaient fuit le génocide opposant deux communautés (les Hutus et les tutsi) dans leur pays en 1994) et la situation va tourner à un conflit armé contre les autochtones, les congolais. Des rebelles tutsis zaïrois soutenus logistiquement et financièrement par la communauté internationale, autrement dit, par ces mêmes puissances. Ces dernières agiront cette fois-ci via les rebelles rwandais et ougandais, qui vont s'attaquer à l'armée zaïroise. Ils occuperont rapidement plusieurs villes de deux Kivu. Et c'est le début de la guerre au Congo.

Voici là un élément clé du conflit dans le Sud-ouest africain. L'approvisionnement des armes à destination de l'Angola transitait ainsi par le canal du régime zaïrois et ce, en échange d'un soutien politique externe mais aussi interne. En 1977 des rebelles « katangais » venus d'Angola envahirent le Shaba (l'actuelle province du Katanga), les troupes de Mobutu étaient impuissantes, les rebelles ne furent que repoussés par des troupes marocaines acheminées par l'aviation française.

En Mai 1978 à nouveau, 4 000 rebelles venus d'Angola « les gendarmes katangais » attaquèrent la ville minière de Kolwezi, comme on les accuse d'avoir massacré des européens la Légion étrangère françaises et des soldats belges interviennent pour mater la rébellion. Certains géopoliticiens ont vu dans ces deux opérations une tentative des marxistes angolais d'affaiblir Mobutu qui soutenait l'UNITA et le FNLA. Les rebelles ont en tout cas noyé les mines de Kolwezi et fait fuir pour de bon les ingénieurs, ce qui a affaibli l'économie zaïroise à long terme. Cette guerre interposée entre Luanda et Kinshasa montre aussi l'importance du Zaïre aux yeux des occidentaux.

Ce sont encore là une suite des tentatives de la volonté des occidentaux de balkaniser le Congo. Il sied de préciser que les occidentaux visent à balkaniser le Congo en isolant deux parties principales constituant le coeur des ressources minières du pays : la province du Katanga (la partie du pays très riche en cuivre) et la partie nord-orientale composant les deux Kivu et la province orientale (des zones riches en or, diamants,...). C'est la raison pour laquelle toutes les tentatives de la division du Congo passent nécessairement par ces deux zones.

A la frontière avec le Rwanda, des réfugiés Hutu rwandais vivent dans des camps de réfugiés. Le pouvoir tutsi rwandais s'inquiète de cette présence à sa frontière. Il craint que ces réfugiés ne reprennent les armes et le fassent chuter. Cela sera un prétexte à la guerre dont l'objectif le plus visé est le contrôle de toute la partie Nord-orientale du Congo pour piller toute la zone. Déjà, c'est ici que les réfugiés Hutu seront accusés de persécuter les Tutsis du Congo. Cette invasion des troupes rwandaises au Zaïre sera effective, avec l'approbation de la même fameuse communauté internationale. L'Est et le Nord-est de la région congolaise seront donnés à au président rwandais, Paul Kagamé et à son allié ougandais Yoweri Museveni comme butin de guerre.

A la suite du génocide rwandais de 1994 qui avait fait plus de 800 000 victimes, majoritairement tutsi, des centaines de milliers de réfugiés (la plupart hutus, dont l'Etat génocidaire rwandais, son gouvernement et ses institutions [des miliciens Interahamwe et les forces armées rwandaises avec leurs armes) vont fuir en quelques semaines le Rwanda en direction du Zaïre.

L' opération Turquoise, française, va gérer ce déplacement massif de populations, sans en opérer le désarmement. Ceux-ci vont se regrouper dans d'énormes camps de réfugiés à l'Est du Congo, avec en leur sein tout le dispositif génocidaire rwandais qui souhaite reconquérir le Rwanda. Les flux migratoires du génocide rwandais de 1994 déstabilisent l'équilibre géopolitique de l'Est du Congo.

Après une longue période de règne et de gouvernance sans partage, c'est-à-dire, dictatoriale, en 1996, le Zaïre de Mobutu est très affaibli. Mais, Il va quand-même garder le soutien de la France, après avoir accepté que les réfugiés rwandais fuient la zone de l' opération turquoise pour venir se réfugier en Ituri, au Congo. Mais les autres puissances occidentales n'ont plus confiance en lui, et lui retirent leur soutien. Physiquement, Mobutu est malade : il souffre d'un cancer de la prostate. Son premier ministre Kengo Wa Dondo exerce de plus en plus de pouvoir. L'armée du Zaïre est déliquescente. Seule la Division spéciale présidentielle est plus efficace.

Laurent-Désiré Kabila, qui a déjà participé aux rébellions des années 1964-65 et a ensuite vécu dans les pays voisins sans jamais se départir de son opposition à Mobutu, s'impose comme chef des insurgés. En quatre mois, ceux-ci s'emparent d'un tiers du territoire national et des régions minières (or, diamants, cuivre, Etc.) les plus riches du pays. Une étrange coalition entre le Rwanda de Paul Kagame, l' Ouganda de Yoweri Museveni, les États-Unis de Bill Clinton et l' Angola de Dos Santos et bien sûr des volontaires zaïrois va créer une rébellion armée contre Mobutu, avec à sa tête un ancien marxiste congolais, Laurent-Désiré Kabila.

Ce dernier, né à Moba au Katanga qui a milité pour l'indépendance du Congo belge, a fuit la guerre civile de 1960-1965 en Tanzanie, devenu là-bas trafiquant d' ivoire et d' or. Cette rébellion baptisé AFDL (Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo) sera financée par le lobby minier Américain et Canadien. Kabila signera en effet des accords concernant l'exploitation minière avec les sociétés American Mineral Fields(le futur Adastra), Barrick Gold, First American Diamond, Horsham Corporation, Anglo Gold ashanti ou encore Métalor.

II.2.3 La chute du Mobutisme pour le Kabilisme : 1997-2001

Début avril 1997, Kabila somme Mobutu de quitter le pouvoir et prévoit de rejoindre la capitale, Kinshasa, avec ses troupes avant le mois de Juin. L'opposition politique à Mobutu, toujours symbolisée par Etienne Tshisekedi et son parti, l'UDPS, est appelée à se rallier à Kabila, renforcé par ses succès militaires et sa popularité grandissante. Une part de cette opposition politique craint toutefois un nouveau pouvoir fort que voudrait imposer Kabila. Les forces de l'AFDL entre dans la capitale Kinshasa le 17 mai 1997, et Laurent-Désiré Kabila s'autoproclame président et rebaptise le pays « la République Démocratique du Congo avec l'aide du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda et toute la communauté internationale derrière.

Ses anciens alliés se soulèvent contre lui et forment deux camps : le MLC de J-P Bemba soutenu par l' Ouganda et le RCD soutenu par le Rwanda. Ne pouvant pas faire face à ces armées, Kabila appelle les armées angolaise, zimbabwéenne et namibienne à l'aide. La première guerre « Panafricaine » va commencer et va donner lieu à de nombreux massacres et crimes contre l'humanité envers les populations civiles durant la première guerre du Congo, la deuxième guerre du Congo et le gouvernement de transition à travers tout le pays, principalement à l'Est du pays. Les trois guerres ayant en tête le seigneur de guerres rwandais NKUNDA BATWARE.

Depuis plusieurs années, la partie orientale de la RDC est en proie à l'insécurité récurrente. Plusieurs groupes armés soutenus indirectement par les Etats parias et leurs sociétés multinationales, et directement par des pays voisins du Congo ont plus d'une fois, attaqué les deux Kivu ainsi que la province Orientale. Pas plus tard qu'il y a quelques mois, d'intenses combats entre le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et les troupes loyalistes, ont causé beaucoup de dégâts au Nord-Kivu.

Venus en RDC pour soutenir le régime de Laurent-Désiré Kabila, les militaires du Zimbabwe saisissent également l'occasion : ils vont piller le cobalt et le cuivre de la province du Katanga ainsi que le diamant des provinces du Kasaï-Oriental et du Kasaï Occidental; ceux du Tchad pilleront le café et le bois de la province de l'Equateur et ceux de l'Angola ne manqueront pas leur part dans le « self-service. »

Il y a quelques temps, pour le contrôle des gisements diamantifères de la Province Orientale, la ville de Kisangani a été détruite, à plus de 40 %, par les affrontements opposant les armées d'occupation rwandaise et ougandaise. Le territoire congolais deviendra le théâtre des affrontements ouverts entre ces deux dernières armées venues piller et détruire et l'homme et la nature. Ces pillages sont le plus grand partage du gâteau national jamais réalisé au monde et correspondent à une vulgarisation des pratiques malhonnêtes considérées jusqu'alors comme une « chasse-gardée » pour l'élite.27(*)

En 1998, le 02 Août, les rebelles rwandais s'hasarderont à prendre le contrôle de la capitale, Kinshasa. Mais la mobilisation et la colère de la population kinoise vont faire obstacle à cette attaque. Les congolais vont montrer au monde entier qu'ils sont un peuple uni et solidaire, qu'ils aiment leur pays et ne permettront à personne, à aucun pays de leur voler même un centimètre de leur sol.

Joseph Kasa-Vubu (le président de la première République), Le maréchal Mobutu, (celui de la deuxième la République), Patrice Emery Lumumba, Etienne Tshisekedi (militant de l'opposition) et l'actuel président de la troisième République, Joseph Kabila, l'avaient tous reconnu, à travers leurs différents discours, que le pays courrait et continu à courir un réel danger d'être balkanisé par les occidentaux.

Sous la bénédiction des chancelleries occidentales et leurs oligarchies, avec rhétorique simple : »Mobutu doit partir du pouvoir parce qu'il a détruit le Congo », Kabila père accéda aux commandes de cette république de malédiction. Semant la mort et la désolation parmi les hutus congolais et les réfugiés Hutus rwandais et burundais tout au long de son échappée, il a passé presque toute sa vie dans le rythme d'un néo-mobutisme intégral et faille.

Kabila le père avait compris que le pays courrait un énorme risque d'être scindé pour des intérêts économiques étrangers. Raison pour laquelle, pendant ses cinq (5) années de gouvernance, il refusera toute aide ou intervention occidentale pour se tourner que vers ses amis africains.

Il avait réalisé que ceux qui avaient fait de lui président, n'étaient que ses véritables ou encore ses pires ennemis. Le principe d'auto-prise en charge était son bouclier. « Prenez-vous en charge, car la guerre sera longue et populaire », déclarait-il au peuple congolais pour le conscientiser.

Malheureusement, suite à un autre complot de très haut niveau, cette fois-là visant sa mort et impliquant les mêmes pays occidentaux et certains proches africains, (qui constituaient son propre entourage), il sera lâchement assassiné le 16 Janvier 2001. Voilà une opportunité pour ses anciens amis de la coalition Rwando-Ougando Burundaise de récupérer le pouvoir du contrôle de la partie orientale du Congo.

Les richesses rapportées du Congo, qui financent le budget rwandais de la défense, ont aussi favorisé l'émergence à Kigali d'une nouvelle classe politico-militaire Tutsi marquée par la corruption, précise Colette BRAECKMAN. Le Rwanda et l'Ouganda espèrent assurer leur développement en exploitant les fabuleuses richesses de leur voisin et profitent de l'argument sécuritaire pour réclamer le droit d'intervention de leurs armées en territoire congolais.28(*)

Malgré les différents crimes de masse perpétrés par Kagamé au Congo, les éloges ne cessent de couler de la part de ses commanditaires. D'après Robin PHILPOT, la description que GOUREVITCH donne à KAGAME relève de l'hagiographie. Selon cet auteur, Kagamé est un homme « toujours si raisonnable », si réconfortant,... « C'est l'un de plus fins stratèges de notre époque». Paradoxalement, les troupes de résistance autochtones faiblement armés, « Mayi-mayi » sont cités parmi les des forces négatives sur la table de négociations. Ils sont considérés comme des trouble-fêtes dans le partage du gâteau.

II.2.4. Du Père au Fils : (2001 à nos jours)

A l'avènement de Joseph Kabila, la réalité ne semble pas changée : les mêmes personnes provoquent les mêmes guerres et les mêmes enjeux continuent à faire surface sur la scène de la réalité de choses. L'actuel président de la République l'a également reconnu : «En dépit du complot visant sa déstabilisation, et sa balkanisation, la République Démocratique du Congo demeure unie dans ses frontières de 1960 ». Ce discours montre assez clairement que le risque d'un Congo balkanisé est très évident, cela peut être une éventualité qi les congolais ne prennent pas conscience à temps.

Actuellement, le spectre du dictateur continue à conduire et à régenter toutes les activités du pays, ces effets vont plutôt croissants. La culture Mobutiste qui a forgé la culture congolaise actuelle et qui coule dans le sang des congolais explique la paupérisation de l'entreprise destructrice de cette nouvelle génération formée d'hommes aussi minables, corruptibles et des pilleurs du pays que leurs prédécesseurs.

Les achats de conscience, servir les intérêts occidentaux, les détournements la corruption, le tribalisme, la discrimination tribale, le manque ou l'absence de volonté politique, le vol, la promotion des antivaleurs, ... atteignent le seuil. Les gouvernants actuels suivent les pas de leurs prédécesseurs, de leurs pères, les considérants comme des modèles.

La situation humanitaire catastrophique qui résulte de cette crise de gouvernance du Congo représente, outre un drame insupportable, une hypothèque particulièrement lourde pour le développement futur de la RDC, et crée les conditions d'une déstabilisation prolongée.29(*)

Des tentatives de création d'un Etat à part, un Etat artificiel au Kivu est une oeuvre américaine ; des drapeaux rwandais et ougandais flottent dans ces territoires occupés, les monnaies rwandaises et ougandaises sont les seules en vigueur dans la région, les codes téléphoniques sont rwandais et ougandais,...et par rapport à cette triste réalité, plusieurs familles sont déportées vers des destinations inconnues, des villages entiers rasés. Leurs résidents autochtones sont systématiquement remplacés par des nouveaux résidents tutsis venant du Rwanda avec leurs biens et bétails.

Mais signalons que les deux armées envahisseurs se battent encore sur une terre étrangère pour le butin commun qu'ils n'arrivent pas à se départager. Des politicards congolais ont toujours représenté, depuis la deuxième république, la «  vermine » qui ronge leur propre société dans « un mythe du  pays riche » pour laquelle le nouvel homme congolais doit l'éradiquer par la manière la plus forte, c'est-à-dire, en administrant à cette société congolaise de puissants vermifuges. Des intellectuels et dirigeants congolais ont été de parfaits vecteurs de la diffusion de la médiocrité tout au long de la période post-coloniale.

Section 2 : LES SOCIETES MULTINATIONALES EN RDC : Les Actions.

Les actions des Multinationales peuvent être analysées dans les manières dont elles sont faites à l'extérieur avec d'autres pays et en ensuite en République Démocratique du Congo.

1.1. Les Sociétés Multinationales dans les pays en conflit30(*)

Les sociétés multinationales ont un grand problème de sécurité dans les pays où elles s'installent. Les projets et les opérations les ont toujours amenés à ce trouvé face aux intérêts de la population.

Les problèmes de sécurité, qui prennent des formes multiples, sont une grande préoccupation pour les entreprises multinationales. Celles-ci découvrent bien souvent qu'elles sont incapables de maintenir leurs opérations à l'écart des conflits qui sévissent dans le voisinage immédiat. Tel est particulièrement le cas des industries extractives dont les entreprises ont été impliquées (directement ou indirectement) dans des épisodes de conflit dont la gravité allait de la petite escarmouche à la véritable guerre civile.

Deux raisons expliquent pourquoi les entreprises se trouvent impliquées dans de telles situations. Premièrement, elles doivent protéger leurs biens et leur personnel. Assurer cette protection est partout difficile mais ce l'est plus encore quand la société environnante est en proie à des conflits et que le gouvernement et ses rivaux sont violents. Deuxièmement, les relations avec les populations locales peuvent se détériorer à la suite de programmes de réinstallation ou à cause de facteurs externes (par exemple, pollution de l'eau, destruction de territoires de chasse ou de pêche). Les problèmes qui se posent aux entreprises sont décrits dans ce qui suit :

1. La protection des personnels et des biens. La plupart des pays autorisent, dans des circonstances qui varient et à des degrés divers, le recours à la force en vue d'assurer la protection des biens. S'acquitter convenablement de cette fonction est l'un des plus graves problèmes de responsabilité qu'une entreprise est tenue de résoudre. En règle générale, le recours à la force en vue de protéger les biens est étroitement surveillé par les pouvoirs publics. L'une des principales difficultés pour les entreprises multinationales opérant dans des pays mal gouvernés consiste à maîtriser cette fonction suffisamment bien pour ne pas se trouver elles mêmes impliquées dans des violations des droits de l'homme.

2. La réinstallation et l'atténuation de ses effets. Les entreprises multinationales ayant leur siège dans un pays de l'OCDE peuvent se trouver elles-mêmes en conflit avec les populations locales lorsque leurs opérations chassent la population de ses terres ou sont à l'origine de bouleversements sociaux et économiques. Les projets d'investissement qui aboutissent à déplacer des populations contre leur gré peuvent faire naître de graves problèmes économiques, sociaux et environnementaux : les systèmes de production sont démantelés ; des biens de production et des sources de revenu disparaissent ; les populations sont réinstallées dans des lieux où leurs savoirs productifs peuvent être moins utiles et la concurrence pour les ressources plus aiguë ; les structures communautaires et les réseaux sociaux sont affaiblis, les groupes de parenté dispersés et l'identité culturelle, les pouvoirs traditionnels et le potentiel d'assistance mutuelle amoindris.

1.2. L'apport des Multinationales dans la Balkanisation de la RDC

La balkanisation des Multinationales en République Démocratique du Congo ne semble pas être très détaillée car comme son nom l'indique l'image se représente seulement sur le partage du pays en d'autres entités indépendantes. En fait pour bien comprendre nous devrons réunir l'idée du pillage et de la balkanisation dont sont entrain de réaliser les Société Multinationales en République Démocratique du Congo.

La balkanisation n'est pas seulement le partage du pays en entités mais l'entretien et l'incrustation des idées tribalistes, d'enrichissement d'une partie etc. Dans cette idée nous comprendrons que nous même congolais nous sommes inclus soit consciemment ou inconsciemment dans cette idée.

Les multinationales ne sont les seuls à vouloir ou a travailler pour la balkanisation en utilisant les raisons de déplacement de la population dans des lieux autres que ceux qui contiennent des minerais, mais les Etats qui soutiennent ces pays sont eux aussi à l'oeuvre. Nous pouvons commencer par les Etats-Unis d'Amérique dont la mission diplomatique selon Wikileaks, s'emploie à connaître les intentions des Congolais sur cette question et considère qu'aborder « la balkanisation doit être un élément important de la stratégie à déployer dans les efforts de rayonnement de sa Mission (diplomatique) ». La mission diplomatique américaine est donc en train d'identifier ceux qui sont pour et contre cette théorie du fait que les Etats-Unis sont cités parmi ceux qui soutiennent les agresseurs de la RDC et que « les intérêts américains supportent les efforts supposés du Rwanda d'annexer le Kivu et de monopoliser les ressources de la région », selon le câble de l'ambassade américaine à Kinshasa cité par Wikileaks31(*).

Le jeu des Etats-Unis est clair dans la balkanisation et le pillage. Le cas des Tutsis qui forcent les autochtones congolais à quitter les terres côtières de leur pays sont les preuves du jeu car le Rwanda est soutenu par les Etats-Unis. Ils se présentent comme les propriétaires du nouveau lieu qu'ils occupent actuellement qui est notre pays. Les réfugiés sont non seulement les congolais mais aussi les hutus venus du Rwanda, et aussi dans une moindre mesure en provenance du Burundi. 

Ils sont forcés de migrer parce qu'ils sont tués par ces forces fidèles à Kagamé, au Rwanda. Maintenant que Kansteiner est remplacé, une personne qui était dans l'administration Clinton nommé Susan Rice, vient d'être nommée par Barak Obama pour être l'ambassadeur américain à l'ONU. Susan Rice est un ardent défenseur de ces clients comme Kagame au Rwanda, Museveni en Ouganda. Elle ne favorise pas le multipartisme, elle favorise les dictateurs forte parce que sa marraine, Madeleine Albright, a désigné M. Kagamé et M. Museveni et Kabila avant que nous ayons aussi rompu avec lui au Congo. Elle a appelé ces dictateurs balises Amérique d'espoir pour l'Afrique. Eh bien, ils ne sont pas des sources d'espoir, ils sont des dictateurs, mais ils donnent le tout aux États-Unis. Les États-Unis va aussi loin que la présence militaire en Afrique, il procède également à l'accès aux matières premières.

En cherchant à arranger l'image de leur mission diplomatique en abordant ce sujet de la balkanisation, il est clair qu'ils se sont senti reconnu dans le projet. Leurs sociétés multinationales inclus dans des dizaines de multinationales dont la Barclays Bank, De Beers et Anglo American ont été accusés d'avoir facilité le pillage des richesses de la République Démocratique du Congo dans un rapport de l'ONU32(*).

Un panel indépendant d'experts a indiqué au Conseil de sécurité des Nations unies que 85 entreprises multinationales basées en Europe, aux États-Unis et l'Afrique du Sud avait violé des principes éthiques dans le traitement des réseaux criminels qui ont pillé les ressources naturelles du pays déchiré par la guerre d'Afrique centrale33(*).

L'idée de la balkanisation ne peut que subsister jusqu'aujourd'hui car les consciences de ceux qui pillent comprennent qu'au lieu de profiter de la faiblesse du gouvernement en place pour piller, il faudrait s'approprié les territoires regorgeant de ces minerais pour une continuité et une stabilisation de l'exploitation.

Le rapport des experts de l'ONU démontre, si besoin en est encore, de l'existence des réseaux internationaux qui sont étroitement liés à l'exploitation de l'or, de la cassitérite, du diamant, du coltan. Ces minerais illégalement exploités de la RDC, transitent par le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda, la Tanzanie, le Kenya pour être vendus en Belgique, aux Emirats Arabes, en Chine, Dubaï, Bombay, Entebbe, Anvers, Hong Kong... Ce sont des noms des villes qui reviennent le plus souvent dans ce rapport des experts de l'ONU34(*).

Quant aux noms des entreprises, on cite en passant Glory minerals, Tony Goetz & Zonen, Commercial Impex Ltd, Etablissement Namukaya, Gold Burundi Link Tranding devenue par la suite Berkenrode BVBA installée en Belgique, Machanga Ltd et UCL LKtd, Emirats Gold, Huayangi Trading Company (HTC), Afro Ventures Ltd (Hong kong), Métaux réfractaires Mining Company Ltd, toujours à Hong Kong... autant de noms des entreprises qui participent activement au crime économique, au-delà des activités humanitaires en RDC. Elles sont installées à travers le monde.

En ce qui concerne les groupes armés, il y a avant tout les FDLR qui ont constitué une forte économie de guerre, suivis de PARECO, Maï Maï, CNDP qui dispose jusqu'à ce jour de cette capacité, selon le rapport d'une administration parallèle au Kivu. En ce qui concerne les FARDC, certains chefs militaires sont pointés du doigt. Car en effet, le groupe des experts a contacté pratiquement toutes les parties et s'est rendu sur le terrain. De Kinshasa avec la société CEEC à Goma, en Ituri en allant là où sont concentrées les concessions minières avant de se rendre dans tous les pays voisins de la RDC, suivi de l'étape de pays européens et asiatiques. On parlerait d'un travail de fourmi accablant et choquant.

La balkanisation en fait peut être géopolitique ou géoéconomique. Il est ou existe la balkanisation géopolitique quand une partie d'un territoire ou d'un Etat est démembrée de celui-ci et passe sous le contrôle politico-administratif d'un autre Etat. La ruée des populations rwandaises vers le Nord-Kivu et le Sud-kivu procède des velléités du Rwanda de pratiquer cette forme de balkanisation. La balkanisation est géoéconomique lorsqu'une partie d'un territoire ou d'un Etat, sans être démembrée de ce dernier, est économiquement exploitée par un autre Etat, d'autres Etats, une entité étrangère ou des entités étrangères. Ce qui est le cas pour la R.D.C. et justifie la déstabilisation de sa partie Nord-Est par le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda pour fatiguer les populations de cette partie avec continuellement des mouvements d'exil.

 Cette déstabilisation se fait avec la complicité de certains congolais vivant à l'étranger et au pays dont certains sont même dans les institutions de l'Etat où ils s'enrichissent au détriment de la population en l'amenant à s'occuper de sa survie quotidienne, et donc à ne pas penser à la R.D.C. et au développement de celle-ci. Pourquoi le gouvernement et le parlement de ce pays ne situent-ils pas la question de la balkanisation de celui-ci au centre de leurs préoccupations? Pourquoi ce parlement donne-t-il l'air d'être distrait au sujet de la question de la double nationalité de certains de ses membres, en majorité rwandais?

 Dans le Nord-kivu et le Sud-Kivu, les ressources naturelles, notamment l'or, la cassitérite, le diamant, le coltan, le gaz méthane et le bois sont exploitées par le Rwanda. L'Angola exploite le pétrole de la RDC dans la province du Bas-Congo. L'Ouganda exploite le diamant et l'or de la RDC dans la Province Orientale. Les rebelles ougandais de l'ELRA pillent diverses ressources naturelles de cette même province et nous nous demandons s'ils n'ont pas l'intention d'occuper une partie de cette province où ils détruisent des villages et massacrent les populations.

 Venus en RDC pour soutenir le régime de Laurent-Désiré Kabila, les militaires du Zimbabwe pillaient le cobalt et le cuivre de la province du Katanga ainsi que le diamant des provinces du Kasaï-Oriental et du Kasaï Occidental; ceux du Tchad pillaient le café et le bois de la province de l'Equateur et ceux de l'Angola ne manquaient pas leur part dans le pillage des ressources naturelles de la RDC. Il y a quelques temps, pour le contrôle des gisements diamantifères de la Province Orientale, la ville de Kisangani a été détruite, à plus de 40 %, par les affrontements opposant les armées d'occupation rwandaise et ougandaise. Quid de l'exploitation, depuis des décennies, du gisement de pétrole de Muanda, dans le Bas-Congo?

 Derrière l'Union européenne, la Belgique veut, sur les cimetières de plusieurs millions des Congolais tués par les armées rwandaise, burundaise et ougandaise, relancer la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) pour avoir une main mise sur celle-ci et, surtout, pour accentuer le projet de balkanisation de la RDC. Quelle injure ! La question de ces Congolais tués est toujours présente dans l'esprit des Congolais patriotes et nationalistes indépendants, que les Occidentaux n'aiment pas voir au pouvoir et font tout pour qu'ils n'y arrivent pas. Les exemples sont légion: Patrice-Eméry Lumumba, Etienne Tshisekedi, Laurent-Désiré Kabila ...

 Ce projet explique le refus de l'Union européenne d'envoyer une force européenne pour instaurer la paix dans la partie Nord-Est de la RDC. On peut aussi comprendre l'inefficacité de la Monuc dans cette partie de la R.D.C. et pourquoi les agents de cette Monuc disent à la population : « No Nkunda, no job» (Pas de Nkunda, pas de travail). Tout le monde sait qu'un officier de la Monuc avait démissionné parce que la hiérarchie militaire de celle-ci avait refusé de lui envoyer des équipements militaires dont il avait besoin pour mettre fin à l'occupation de la partie Nord-Est de la RDC par les troupes de Nkundabatware appuyées par l'armée rwandaise. Nous savons aussi qu'un officier de la Monuc a participé à une fête d'anniversaire de Nkundabatware aux environs de Goma où, après avoir embrassé ce dernier, a déclare que celui-ci était un patriote qui combattait pour une cause juste. La Monuc, comme l'Onu, est un simple instrument des puissances qui la dirigent et dont elle applique la politique. Diverses multinationales financent et soutiennent la guerre de dépeuplement et de pillage des richesses de la RDC. Pourquoi, alors qu'il y a cette guerre, la RDC est-elle mise sous embargo sur les armes et les munitions?

 Soulignons que, plutôt que de le faire aveuglement et pour des raisons de prestige et de paraître en occupant le fauteuil de la présidence tournante de l'une ou l'autre organisation régionale ou sous-régionale africaine: SADC, COMESA, CEEAC, CDAO, l'adhésion à cette organisation devrait obéir au profit qu'entend en tirer son pays ou à la vision du développement de ce dernier. Encore faut-il avoir cette vision. Aussi, si l'idée de former une telle organisation vient de l'extérieur, à l'instar de la relance de la CEPGL commanditée par la Belgique, il faut cogiter sur la motivation du concepteur ou des concepteurs de cette idée.

 Il n'y a pas longtemps, dans le Sud-Kivu, renforcées par les éléments de FNL-Burundi, les FDLR ont eu des combats atroces avec les FARDC. La finalité de ces combats est la balkanisation de la RDC. N'est-ce pas que, par une motion incidentielle adressée à l'Assemblée nationale par les députés nationaux sud-kivutiens, ces derniers ont récemment fustigé le fait que la hiérarchie militaire des FARDC et le gouvernement ne font rien de mieux pour instaurer la paix, une paix durable, dans leur province, le dépeuplement des autochtones de cette province et le retour massif dans ladite province, avec du bétail, des prétendus congolais qui étaient réfugiés au Rwanda en craignant des conflits fonciers dans l'optique de la balkanisation, au moins géopolitique, de la RDC.

 Les initiateurs du projet de balkanisation de la RDC justifient ce projet par deux raisons majeures: l'étendue géographique et la densité de la population et deux raisons secondaires: la montée de l'ethnicisme et l'abondance des ressources du sol et du sous-sol. Ils considèrent, en effet, que la difficulté de gouverner la RDC est due à sa grandeur géopolitique et à la forte densité de sa population. Ce qui, soutiennent-ils, suscite des conflits interethniques et rend difficile la gestion des ressources naturelles. Ils affirment ainsi qu'en Afrique, seuls les petits Etats sont bien gouvernés. Les grands Etats africains qui sont visés sont la RDC, le Soudan, le Nigeria et l'Angola, tous pays de l'Afrique subsaharienne, alors qu'il y a aussi des Etats aux ressources immenses et géographiquement grands. Petits Etats, le Kosovo, la Géorgie, la Biélorussie et la Tchétchénie sont-ils bien gouvernés?

1.3. Les Conséquences des Actions de pillage et de Balkanisation des Sociétés Multinationales

1. L'ampleur des Massacres

«  Aucun conflit n'a, depuis la seconde guerre mondiale, fait autant de victimes mais après sept ans, l'ignorance universelle qui entoure l'échelle et les conséquences du conflit reste de mise, et l'engagement international, bien en deçà des besoins humanitaires » selon Richard Brennan de l' International Rescue Committee (IRC) - rapport IRC de janvier 2006.

D'après les plus récentes études, menées par l' organisation non gouvernementale International Rescue Committee (IRC) (janvier 2006), et Human Rights Watch (HRW, rapport annuel 2005), le nombre de civils congolais qui ont trouvé la mort, directement et indirectement, dans le cadre du conflit qui ravage la République Démocratique du Congo, depuis 1996 à ce jour, s'élève à près de 4 000 000 d'âmes. Ce nombre, corroboré notamment par les différents rapports des Nations Unies, ne tient toutefois pas compte des populations déplacées du fait des guerres, soumises à la famine généralisée, à la maladie, et aux exactions les plus intolérables perpétrées tant par les actuelles autorités de Kinshasa, que par les forces étrangères d'occupation et les milices privées à leur solde.

L'IRC a déjà mené trois études sur la mortalité en République Démocratique du Congo entre 1998 et 2002. Il en résulte que le conflit au Congo est le plus meurtriers depuis la seconde guerre mondiale, et que le nombre de victime est considérablement plus élevée que lors des récentes guerres et crises qui ont donné lieu à des massacres de grandes ampleur telle qu'en Bosnie (environ 250 000 victimes), au Rwanda (environ 800 000 victimes tutsis et hutus), au Kosovo (environ 12 000 victimes), et au Darfour ( Soudan, environ 70 000 victimes).

La quatrième étude publiée en janvier 2006 a été menée à travers tout le pays, entre avril et juillet 2004 (avec une interruption de 3 semaines cependant, lors de la mutinerie, à Bukavu, des éléments militaires congolais dirigés par les généraux Nkundabatware et Mutebesi, issus du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), et soutenu par le Rwanda). 19 500 ménages ont été interrogés à cette occasion.

Les résultats sont effarants. Selon l'IRC, le coût humain dû à la guerre s'élève à 3,9 millions de personnes, rien qu'entre 1998 à 2004. La mortalité au Congo est 40% plus élevée que la moyenne de l' Afrique subsaharienne. Il y meurt chaque mois 38 000 personnes de plus qu'avant la guerre, sur un total de 607 000 morts. La mortalité est également nettement plus élevée dans les provinces instables de l'Est du Congo ( Kivu, Ituri, Maniema, Province Orientale) que dans le reste du pays.

L'IRC affirme que cette estimation est raisonnable. En fonction des corrections, le nombre de décès s'élève au minimum à 3,5 millions, et pourrait atteindre jusqu'à 4,4 millions, la mortalité de 5 millions de Congolais n'ayant pu être vérifiée vu les poches d'insécurité persistante où l'étude n'a pu être menée.

2. Viols de masse et violations graves des droits de l'homme

L'IRC considère la mortalité constamment élevée au Congo "particulièrement alarmante" ; elle indique que "les efforts nationaux et internationaux afin de réagir à la crise restent loin d'être adéquats".

En dehors des causes naturelles, selon l'institut, 2% des décès au sein de la population découlent directement des violences de guerre : combats, massacres, purifications ethniques, cannibalisme.

Et 50% des décès, aussi bien dans les zones à l'Est qu'à l'Ouest, résultent quant à eux, des conséquences de la guerre, c'est-à-dire de l'effet de la malnutrition et de la sous-alimentation, mais aussi des pandémies. Selon l'IRC, la plupart des décès sont liés à "des maladies faciles à prévenir et à guérir" : fièvre, malaria, diarrhée, affections respiratoires. La résurgence de maladies depuis longtemps circonscrites dans ce pays est éloquente sur les conditions sanitaires endurées par les populations.

L'accès aux soins de santé reste précaire, tant en ville qu'en province. Il est même illusoire dans certaines régions presque inaccessibles du pays.

Sous cet angle, en dépit de la mise en place des institutions de la transition en juin 2003 et au-delà des discours rassurants de la communauté internationale, la situation sanitaire et financière de la RDC ne cesse de s'aggraver depuis 1997. Aussi est-on légitimement en droit de s'interroger sur les retombés bénéfiques pour la population des fonds colossaux octroyés depuis 1997 à la RDC, par la communauté internationale en général, et par l' Union européenne en particulier. De même, des interrogations légitimes sont en droit d'être posées sur les chiffres vertigineux et sans précédent de la production nationale rwandaise d'or, de diamant, de cuivre et autres produit miniers.

Les organisations non gouvernementales Human Rights Watch et Amnesty International, entre autres, ont régulièrement dénoncé, ces dernières années, l'usage systématique du viol comme arme de destruction de la cellule familiale, socle de la société congolaise. Selon Amnesty International, "Le conflit en RDC a été particulièrement marqué par l'usage systématique du viol comme arme de guerre. Comme l'histoire humaine le montre tragiquement, le viol suit toujours de près les conflits, mais en RDC, il a été manifestement utilisé par des groupes armés comme l'une des armes principales contre leurs adversaires et la population civile. Dans l'est de la RDC, des membres de groupes armés ont violé des dizaines de milliers de femmes, dont des fillettes ou des femmes âgées, ainsi qu'un certain nombre d'hommes et de jeunes garçons, afin de terroriser, d'humilier et de soumettre les populations civiles".

« En RDC, le viol en masse a contribué à répandre délibérément le virus VIH, ce qui devrait avoir des conséquences catastrophiques pour l'avenir sanitaire du pays. Le Programme national de lutte contre le SIDA en RDC estime que le taux d'infection a atteint 20 % dans les provinces de l'est, et que le virus pourrait menacer plus de la moitié de la population dans la décennie à venir. Selon certains experts, le taux de prévalence réel du VIH dans l'est de la RDC pourrait être bien plus élevé. Dans un pays situé au coeur d'un continent décimé par le SIDA, ce phénomène aura de graves implications sur la capacité de la RDC à surmonter son histoire récente, marquée par la guerre.

Les femmes sont plus affectées par le SIDA ; selon l' ONUSIDA, les jeunes femmes ont trois fois plus de chances de vivre avec le VIH/SIDA que les jeunes hommes. Là où le SIDA est une conséquence du viol, l'effet sur les femmes est catastrophique. Les personnes ayant subi un viol sont souvent abandonnées par leurs familles et leurs communautés, obligées de quitter leur domicile et laissées dans la pauvreté. Les victimes de viol en RDC souffrent fréquemment d'autres blessures et maladies.

L'infrastructure sanitaire de la RDC s'est totalement effondrée. Les combattants ont délibérément visé les centres médicaux et les hôpitaux, en attaquant, pillant et détruisant nombre d'entre eux, forçant les blessés et les malades à fuir. Les structures médicales subsistantes, surpeuplées, manquent d'hygiène et des moyens élémentaires, comme l'eau, l'électricité ou le matériel de stérilisation. »

Le New-York Times, le 7 octobre 2007, tire un cri d'alarme en parlant « d'épidémie de viols au Congo. » Les Nations-Unies rapportent que 27 000 agressions sexuelles furent commises en 2006 dans la seule province du sud Kivu et qu'il ne doit s'agir que d'une fraction du nombre total d'agression commises dans tout le pays. « La violence sexuelle au Congo est la pire qui soit dans le monde entier, » dit John Holmes, le sous secrétaire général pour les affaires humanitaires des Nations-Unies.

Selon cet article, le système judiciaire et l'armée fonctionnent à peine, et des officiels des Nations-Unies disent que les troupes gouvernementales congolaises sont parmi les premiers responsables des viols. De larges régions du pays, surtout dans l'est, sont des zones dépourvues de toutes formes d'autorités dans lesquelles les civils sont à la merci de groupes lourdement armés qui ont fait de la guerre une raison de vivre. Selon les victimes, un des derniers groupes est appelé les Rastas. Des officiels des Nations-Unies disent que ces Rastas sont d'anciens membres des milices Hutues qui ont fui le Rwanda après y avoir commis le génocide en 1994.

Ces attaques continuent malgré la présence d'une force de l'ONU de 17 000 hommes sur le terrain, ce qui en fait la plus grande force de maintien de la paix des Nations-Unies dans le monde.

Personne - docteur, travailleurs des ONG, chercheurs congolais et occidentaux - ne peut expliquer la raison de ces violences. Selon Wilhelmine Ntakebuka qui coordonne un programme sur les violences sexuelles à Bukavu, le problème n'est pas culturel: « Si cela était le cas, ceci se serait manifesté depuis beaucoup plus longtemps. » « L'épidémie de viol semble avoir démarré au milieu des années 90. Cela coïncide avec la vague de miliciens Hutus qui s'échappèrent dans les forêts congolaises après avoir exterminé 800 000 Tustis et Hutus modérés pendant le génocide du Rwanda il y a 13 ans. »

Mr. Holmes dit qu'alors que les troupes gouvernementales peuvent avoir violé des milliers de femmes, les plus vicieuses attaques ont été conduites par des milices hutues. « Ce sont des personnes qui ont participé au génocide et qui ont été alors détruites psychologiquement. »

3. Utilisation des enfants soldats

Dès la première guerre africaine de 1996, des enfants soldats congolais, plus communément appelé kadogo, constituaient déjà le plus gros des effectifs de l' AFDL, soutenue et équipée par le Rwanda du Général Paul Kagame [réf. nécessaire]. Selon Amnesty International, des enfants soldats sont recrutés de force par toutes les parties en conflit (milices armées, forces armées "officielles", etc.) : « Des dizaines de milliers d'enfants, filles comme garçons, parfois âgés de moins de dix ans, combattent dans les rangs des milices et des forces armées de la République démocratique du Congo (RDC). Dès leur recrutement, ces enfants sont victimes d'une longue série d'atteintes à leurs droits fondamentaux, notamment d'actes de torture, de viols et de meurtre.

Nombre de ces enfants ont été recrutés de force, enlevés sous la menace d'une arme à feu alors qu'ils jouaient dans leur quartier, ou encore chez eux ou à l'école, tandis que leurs parents ou professeurs assistaient impuissants à la scène. D'autres se sont enrôlés volontairement, en quête d'une protection douteuse et d'un moyen de survivre parmi les décombres d'un pays ravagé par des années d'une guerre quasi ininterrompue. Beaucoup ont expliqué qu'ils s'étaient enrôlés après que leur famille eut été tuée ou déplacée.

Une fois recrutés, les enfants sont généralement envoyés dans des camps d'entraînement, où ils sont entraînés au combat et endoctrinés. Dans ces camps, ils endurent des conditions très éprouvantes et sont victimes de violences effroyables, telles que les passages à tabac réguliers, le meurtre, le viol et d'autres formes de violence sexuelle. Des centaines d'enfants seraient morts au cours de leur entraînement.

Au terme de cette période d'entraînement, nombre d'enfants sont envoyés au combat, sur le front. Ils sont bien souvent considérés comme de la simple chair à canon par leurs commandants, qui les poussent vers l'avant afin qu'ils essuient les tirs de l'ennemi. Les filles sont couramment exploitées sexuellement ou violées par leurs commandants ou d'autres soldats adultes.

En outre, les enfants soldats sont contraints de perpétrer des atteintes aux droits humains, notamment des viols et des meurtres, contre des soldats ennemis et des civils. Certains ont dû tuer des membres de leur propre famille.

Pour ceux qui survivent à cette existence au sein des forces armées, le sentiment de perte et le traumatisme engendré par les actes dont ils ont été témoins ou qu'ils ont commis ont des effets extrêmement graves et durables sur leur santé physique et psychique. Brutalisés et profondément traumatisés par ce qu'ils ont enduré, beaucoup sont sans cesse hantés par les souvenirs des violences auxquelles ils ont assisté ou qu'ils ont commises sous la contrainte. Quant aux filles soldats, outre la brutalité et le traumatisme provoqué par le viol, cette agression sexuelle entraîne fréquemment de graves lésions physiques et une grossesse forcée, ainsi que la contagion par le VIH ou d'autres maladies sexuellement transmissibles. »

CONCLUSION

Le projet de balkanisation de la RDC est effectif sur le plan géoéconomique et, en gestation, sur le plan géopolitique. Ceux qui considèrent que ce projet est un rêve ou une idée chimérique sont soit en train de rêver, soit ignorants de ce qu'est la balkanisation, soit encore cherchent à distraire les Congolais.

Ce projet, au plan géopolitique, bute à la volonté des populations congolaises, particulièrement celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, de ne voir aucun cm2 de leur territoire leur échapper. Les preuves sont entre autres la lutte menée par les populations de ces deux provinces contre l'envahissement de ces dernières par des groupes ethniques venus du Rwanda et le sort réservé aux éléments de l'armée rwandaise dans les communes de l'arrière-pays de la ville de Kinshasa au moment de la tentative de prise de cette ville par cette armée en 1998.

 Ledit projet est suicidaire pour la RDC et doit, de ce fait, être publiquement dénoncé et/ou combattu par tous les moyens, bec et ongles y compris. Il a des effets comparables ou identiques à ceux d'un crime contre l'humanité et d'un génocide. La responsabilité de cette dénonciation et de ce combat incombe principalement aux élites intellectuelle et politique congolaises, mais aussi au gouvernement et au parlement de ce pays, ce dernier souffrant d'un manque criant de leadership politique. La finalité du projet de balkanisation de la RDC est d'empêcher celle-ci de devenir une puissance, susceptible d'entraîner avec elle d'autres pays africains comme l'Angola, le Nigeria et tant d'autres pays.

BIBLIOGRAPHIE

I. OUVRAGES

1. B. MAMBUANA G. « La crise d'hommes au Congo : les larmes de la honte », éd. S.C Dadep, 2004.

2. Cathal J. NOLAN, « The Greedwood Encyclopedia of international Relation », 2002.

3. Charles-Albert MICHALET, « Capitalisme Mondial », Presses Universitaires de France, coll. Quadrige, Paris, 1976.

4. R.PINTO et M.GRAWITZ, « Méthodes des sciences sociales », éd. Dalloz, 8e éd., Paris, 1990.

5. SHOMBA, K. « méthode de recherche en science sociale », PUK, Kinshasa.

II. ARTICLE ET REVUES

1. Colette BRAECKMAN, « Guerre sans vainqueurs en République Démocratique du Congo », in le Monde Diplomatique, Avril 2001

2. Le Monde dans ma Poche, Afrique Espoir, éd. médias Paul, 2007.

3. M. Andreas LOWENFELD, Rapport de la Session Lisbonne (1995) sur Les obligations des entreprises multinationales et leurs sociétés membres.

4. Rapport de l'OCDE sur l'Investissement Internationale, n°2002/1, Mai 2002

5. Rory CAROLL, « history » in the guardian, 22 Octobre 2002

III. NOTES DE COURS ET TFC

1. BIYOYA, P. Notes de cours de Politique Etrangère, L2 Com, Unikin, 2011

2. MIDU BIMPELA, Guyda. Le rôle et la perception de la presse congolaise dans la mobilisation de l'opinion publique face à la lutte contre le projet de la balkanisation de la RDC, Mémoire de Fin d'études, L2, SIC, Faculté des Lettres, Unikin, 2011.

3. NTUAREMBA, Onfre. Sociétés multinationales et mouvements internationaux des capitaux, notes de cour L1, SSAP, UNIKIN, 2010.

4. MBANZA MALALE, G. les aspects juridiques dans les enjeux des crises congolaises, Thèse de doctorat, Faculté de Droit, Unikin.

5. SAMBA KAPUTO, l'histoire politique du Congo, G1 RI, Faculté S.S.A.P, UNIKIN, 2007-2008

IV. DICTIONNAIRE

1. Dictionnaire Encarta, Microsoft, 2009

2. Dictionnaire Petit Robert, éd. 2009

3. Dictionnaire Larousse de Poche, 2010

4. Dictionnaire Petit Robert, éd. 2011

V. WEBOGRAPHIE

1. http://www.wikileaks.org/cable_de_l'ambassage_des_EtatsUnis

2. w.ww.wikileaks.org/le_pillage_du_congo.htl

3. www.wikileaks.org

TABLE DES MATIERE

EPIGRAPHIE 1

DEDICACE 1

REMERCIEMENTS 1

INTRODUCTION 2

1.PROBLÉMATIQUE 2

2.HYPOTHÈSE 2

3.MÉTHODE ET TECHNIQUES DU TRAVAIL 2

4.DÉLIMITATION DU TRAVAIL 2

5.CANEVAS DU TRAVAIL 2

CHAPITRE I : DEFINITIONS DES CONCEPTS 3

SECTION I : LES SOCIETES MULTINATIONALES : GÉNÉRALITÉ 3

1.1.DEFINITION 3

A.La Société Mère 3

B.La Filiale 3

1.2.HISTORIQUE 3

1.3.STRATEGIES ET OBJECTIFS 3

A.Stratégies 3

B.Objectifs 3

1.4.LES ACTIONS DES SMN ET LES INTERETS 4

SECTION II : LA BALKANISATION 4

II.1. Définition 4

II.2. Typologie de la Balkanisation 4

II.3. La Balkanisation en RDC 4

CHAPITRE II : LES MULTINATIONALES : ACTIONS ET BALKANISATION EN RDC 5

SECTION 1 : LES SOCIETES MULTINATIONALES EN RDC : LA BALKANISATION. 5

1.1.Historique sur l'origine de l'idée de la Balkanisation en RDC 5

A.De la Colonisation à la Première République 5

B.La Chute du Mobutisme pour le Kabilisme (1990-1994) 5

SECTION 2 : LES SOCIETES MULTINATIONALES EN RDC : LES ACTIONS. 5

1.1.Les Sociétés Multinationales dans les pays en conflit 5

1.2.L'apport des Multinationales dans la Balkanisation de la RDC 6

1.3.Les Conséquences des Actions de pillage et de Balkanisation des Sociétés Multinationales 6

1.L'ampleur des Massacres 6

2.Viols de masse et violations graves des droits de l'homme 6

3.Utilisation des enfants soldats 6

CONCLUSION 7

BIBLIOGRAPHIE 7

TABLE DES MATIERE 7

* 1 Interview du Professeur ELIKIA MBOKOLO, dans une émission sur B-one lors de la présentation de son nouveau documentaire « les héritiers d'Afrique ».

* 2 SAMBA KAPUTO, l'histoire politique du Congo, G1 RI, Faculté S.S.A.P, UNIKIN, 2007-2008

* 3 Conférence débat sur les 6,9 millions de morts et le Tribunal International, avec Monsieur Freddy MULUMBA Directeur Général Télé 7 et al.

* 4 SHOMBA K., méthode de recherche en science sociale, PUK, Kinshasa, p. 51

* 5 Dictionnaire Encarta 2009, Microsoft.

* 6 R.PINTO et M.GRAWITZ, « Méthodes des sciences sociales », éd. Dalloz, 8e éd., Paris, 1990, p. 54

* 7 Dictionnaire Petit Robert, 2009

* 8 Dictionnaire Larousse de Poche, 2010

* 9 Charles-Albert MICHALET, Capitalisme Mondial, Presses Universitaires de France, coll. Quadrige, Paris, 1976, p. 15

* 10 Cathal J. NOLAN, The Greedwood Encyclopedia of international Relation, 2002, p. 52

* 11 Article sur le Rapport de la Session Lisbonne (1995) sur Les obligations des entreprises multinationales et leurs sociétés membres, M. Andreas Lowenfeld, pp. 2-3

* 12 Michel GHERTMAN, cité par le prof. NTUAREMBA O. sociétés multinationales et mouvements internationaux des capitaux, notes de cour L1, SSAP, UNIKIN, 2010, p. 15

* 13 Michel GHERTHAM. Cité par le professeur NTUAREMBA O. sociétés multinationales et mouvements internationaux des capitaux, notes des cours, L1, SSAP, UNIKIN, Avril 2010, p. 18

* 14 C. FRED BERGSTEN Cité par le professeur NTUAREMBA O. sociétés multinationales et mouvements internationaux des capitaux, notes des cours, L1, SSAP, UNIKIN, Avril 2010, p. 37

* 15 Stephen HYMER, cité par NTAUREMBA ONFRE.

* 16 C. FRED BERGSTEN, cite par NTUAREMBA ONFRE, sociétés multinationales et mouvements de capitaux, notes des cours, L1 SSAP, Unikin, Kinshasa, 2010, p. 367

* 17 Dictionnaire Encarta, Microsoft, 2009

* 18 Dictionnaire Petit Robert, éd. 2011

* 19 BIYOYA P., notes de cours de Politique Etrangère, L2 Com, Unikin, 2011

* 20 MIDU BIMPELA, Guyda. Mémoire de fin d'études, L2, SIC, Faculté des Lettres, Unikin, 2011, p. 7

* 21 w.ww.wikileaks.org/le_pillage_du_congo.htl

* 22 Le Monde dans ma Poche, Afrique Espoir, éd. médias Paul, 2007, p. 73

* 23 MBANZA MALALE, G. les aspects juridiques dans les enjeux des crises congolaises, Thèse de doctorat, Faculté de Droit, Unikin.

* 24 Idem

* 25 MBANZA MALALE, G. op.cit.

* 26 Idem

* 27 B. MAMBUANA G. « La crise d'hommes au Congo : « les larmes de la honte », éd. S.C Dadep, 2004, p. 109

* 28 Colette BRAECKMAN, Guerre sans vainqueurs en République Démocratique du Congo, in le Monde Diplomatique, Avril 2001

* 29 Colette BRAECKMAN, Guerre sans vainqueurs en Rep. Dém. Du Congo, in le Monde Diplomatique, Avril 2001, p.6

* 30 Rapport de l'OCDE sur l'investissement internationale, n°2002/1, Mai 2002

* 31 http://www.wikileaks.org/cabledel'ambassage_des_EtatsUnis/théorie_du_complot_dela_balkanisation

* 32 Rory CAROLL, «history» in the guardian, 22 Octobre 2002

* 33 Idem

* 34 Rory CAROLL, op.cit. p.2