

Congo
UNIVERSITÉ MARIEN NGOUABI ÉCOLE
NORMALE SUPÉRIEURE
Année académique : 2021 -2022 N°
d'ordre :
MÉMOIRE
Pour l'obtention du diplôme de Master
Mention : Sciences humaines
Parcours : Master
Option : Histoire-Géographie
Spécialité : Géographie
physique (Climatologie)
Présenté et soutenu
publiquement
par
Maketo Cris Chesnel
Titulaire de Licence en Histoire-Géographie en Juin
2020
Titre :
Les enjeux d'adaptation de la ville de Pointe-Noire
au
climat
Directeur de mémoire
Samba Gaston, Maitre de Conférences,
CAMES, Université Marien Ngouabi, Congo
Jury
Président : Moundza Patrice,
Professeur Titulaire, CAMES, Université Marien Ngouabi, Congo
Membres : Ndzani Ferdinand, Maitre-Assistant,
CAMES, Université Marien Ngouabi, Congo
Samba Gaston, Maitre de Conférences,
CAMES, Université Marien Ngouabi,
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Dédicaces
Je dédie la présente étude à :
? mon père Maketo Jean Bertin ; ? ma mère Massala
Christine.
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Remerciements
La présente étude est le résultat de
nombreux échanges scientifiques et collaborations avec des personnes
à qui j'aimerais exprimer toute ma reconnaissance. Mes sincères
remerciements s'adressent à Monsieur Samba Gaston, Maitre de
Conférences CAMES, pour avoir accepté de diriger ce travail. Son
éternelle bonne humeur lors des séances de travail, sa
responsabilité, ses conseils, ses remarques, ses corrections et ses
suggestions nous ont été d'une extrême utilité.
J'exprime ma gratitude à Monsieur le Professeur Moundza
Patrice, président du jury et Monsieur Ndzani Ferdinand qui a
examiné ce travail.
À ces remerciements, j'associe :
+ Monsieur Massouangui-Kifouala Martin, Maitre-Assistant, CAMES.
Son aide a été
précieuse pour l'aboutissement de ce travail ;
+ Monsieur Loemba André Guy Edmond, Secrétaire
général de la Commune de Pointe-
Noire ;
+ Madame Eouani Rita Aimée Liliane, Directrice
Départementale de l'Environnement de
Pointe-Noire ;
+ Monsieur Itsouhou Désiré, chef de service du
développement touristique et de
l'écotourisme de Pointe-Noire ;
+ Madame Breheret Natalie, Directrice de l'ONG Rénatura
Congo,
+ Monsieur Marsac Rubin, chef de service de l'Océan
durable à Rénatura Congo ;
+ Madame Mboumba Sichelle, secrétaire comptable à
Rénatura Congo ;
+ Messieurs Bayoundoula Noel et Athel Melchisédek ;
+ les agents de la Direction de l'Aménagement , de
l'Urbanisme, de la Construction, de
la Gestion Foncière (M. Missima Nziengui Nicodème
et Madame Tsila née Moukoko
Kititi Chantal) ;
+ Monsieur Toli Ghislain ;
+ les membres du Centre de Recherche et d'Études sur
l'Environnement (CREE) ;
+ les agents du service de la Météorologie
Nationale ;
+ Monsieur Miouidi Georges, le chef de service du Centre
d'Assistance Météorologique
aux Activités Maritimes (CAMAM) ;
+ Monsieur Dilou Ogoto Frédi ;
+ Monsieur Mobeke Rock ;
+ Mabiala Massouangui ;
+ Monsieur Loemba Jean Hubert ainsi que tous les agents du
service de Documentation
de l'Office de Recherches Scientifique et Technique d'Outre-Mer
(ORSTOM).
Une pensée fraternelle à mes condisciples de la
promotion de Maters notamment Mamadou Jucélie Mariame, qui m'a toujours
considéré comme son cadet, Boucka Ilama Chardenne Providence,
Mabial'Ma-Limingui Charles Benhazin, Bouesso Nsayi Bourges, Moundaga-Oumba
Marlyse et Mobeke Matondo Stévia pour nos échanges au
quotidien.
Je profite de cette occasion pour remercier :
+ mes tantes Ndedi Marie, Tsimba Boukondolo Sylvie, Hokabakila
Pélagie, Dianzambi Badiabo Aphonsine, Ndende Marianne et Mongongo
Brigitte Sylvie, Samba Diambou Chancelle, Mahoungou Ninon Flore ;
+ mes oncles Mianzitoukoulou Gervais, Mounoki Jean Claude et
Matoungoussi Igor ;
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? mes frères et soeurs Maketo : Omné Lucres,
Drely Dieu-Le-Veu, Pretty Samuel et Mpolo Daniella ;
? mes cousins et cousines : Ouenadio Jos Chardin, , Nkaya
Mercia Reine, Dib Deboukondololo Dasy, Bassakinina Prince Côme, Mabiala
Mondésir, Yébas Ngouala Brehl, Mayoukou Gloire, Kalanzaya Jean
Chrispin, Makola Matondo Gladman, Pouabou Aldonove, Mombo Siloulou Gad, Mombo
Safou Mirina et Kiminou Stéphanie Steyne.
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Liste des acronymes et abréviations
ADEME : Agence de l'Environnement et de la
Maitrise de l'Énergie ;
AEA : Afrique Équatoriale Atlantique
;
AFD : Agence Française de
Développement ;
AIC : Association Internationale de
Climatologie ;
ALUCONGO : Aluminium du Congo ;
ANAC : Agence Nationale de l'Aviation Civile
;
BOPLAC : Bois et Placages du Congo ;
BRASCO : Brasserie du Congo ;
CAMAM : Centre d'Assistance
Météorologique des Activités Maritimes ;
CAMES : Conseil Africain et Malgache de
l'Enseignement Supérieur ;
CCNUCC : Convention-Cadre des Nations Unies
sur les Changements Climatiques ;
CEREG : Centre d'Études et de
Recherches Éco-Géographiques ;
CFA : Communauté Financière
Africaine ;
CFCO : Chemin de Fer Congo-Océan ;
CFHBC : Compagnie Française du Haut et
du Bas-Congo ;
CNI : Communication Nationale Initiale ;
CNRS : Centre National de Recherche
Scientifique ;
CO2 : Dioxyde de Carbone ;
COPE : Congolaise de Peinture ;
CORAF : Congolaise de Raffinage ;
CPKN : Compagnie Propriétaire du
Kouilou-Niari ;
CRCRT : Centre de Recherche sur la
Conservation et la Restauration des Terres ;
CREE : Centre de Recherche et d'Études
sur l'Environnement ;
CV : Coefficient de Variation ;
DAUCGF : Direction de l'Aménagement,
de l'Urbanisme, de la Construction et de la Gestion Foncière ;
DJF : Décembre-Janvier-Février
;
ECO S.A : Eucalyptus du Congo
Société Anonyme ;
EFC : Eucalyptus Fibre Congo ;
ENS : École Normale Supérieure
;
FLASH : Faculté des Lettres, Arts et
Sciences Humaines ;
GIEC : Groupe d'Experts Intergouvernemental
sur l'Évolution du Climat ;
GT II : Groupe de Travail II ;
GUMAR : Guichet Unique Maritime ;
ha : hectares ;
IAU : Institut d'Aménagement et
d'Urbanisme ;
ICU : Ilôt de Chaleur Urbain ;
IFC : Institut Français du Congo ;
JFMA : Janvier-Février-Mars-Avril ;
JJA : Juin-Juillet-Août ;
LREE : Laboratoire de Recherche et
d'Études de l'Environnement ;
MAB : Minoterie Alimentaire de Bétail
;
MAM : Mars-Avril-Mai ;
MINOCO : Minoterie du Congo ;
MW : Méga Watt ;
ND : Novembre-Décembre ;
OFEV : Office Fédéral de
l'Environnement ;
OMD : Objectifs du Millénaire pour le
Développement ;
ONERC : Observatoire National sur les Effets
du Réchauffement Climatique ;
ONG : Organisation Non Gouvernementale ;
ONU : Organisation des Nations-Unies ;
ONU-HABITAT : Programme des Nations-Unies
pour les Établissements Humains ;
ORSTOM : Office de Recherches Scientifique et
Technique d'Outre-Mer ;
PAPN : Port Autonome de Pointe-Noire ;
Page | 5
PDU : Plan Directeur d'Urbanisme ;
PEDU : Projet Eau et Développement Urbain
; PIB : Produit Intérieur Brut ;
RDC : République Démocratique du
Congo ;
RE4 : Quatrième Rapport
d'Évaluation ;
RE5 : Cinquième Rapport
d'Évaluation ;
SCB : Société de Construction des
Batignolles ;
SDU : Schéma Directeur d'Urbanisme ;
SNPC : Société Nationale des
Pétroles du Congo ;
SOCOMAB : Société Congolaise de
Manutention des Bois ;
SOCOPEC : Société Congolaise de
Pêche ;
SOFAPRAL : Société de Fabrication
des Produits Alimentaires ;
SON : Septembre-Octobre-Novembre ;
TNn : Température Minimale la plus basse
;
TNx : Température Minimale la plus
élevée ;
Total E&P Congo : Total Exploration et
production Congo ;
TRABEC : Transformation des Bois Exotiques du
Congo ;
TXx : Température Maximale la plus forte
;
UAIC : Unité d'Afforestation Industrielle
du Congo ;
UE : Union Européenne ;
UICN : Union Internationale pour la Conservation
de la Nature ;
UMNG : Université Marien Ngouabi ;
UQAM : Université du Québec
à Montréal ;
ZIT : Zone Inter Tropicale ;
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Sommaire
Dédicaces 1
Remerciements 2
Liste des acronymes et sigles utilisés 4
Sommaire 6
Introduction générale 7
Chapitre 1 : Présentation de la zone d'étude
15
Chapitre 2 : Climat de Pointe-Noire 32
Chapitre 3 : Impacts, vulnérabilité et enjeux
d'adaptation 47
Conclusion générale 64
Références bibliographiques 65
Sites web consultés 68
Liste des figures 69
Liste des tableaux 70
Liste des photos 71
Table des matières 72
Page | 7
Introduction générale
La présente étude sur le climat et
l'environnement de Pointe-Noire contribue à la compréhension du
climat urbain et de ses impacts dans un pays en développement. Selon
Dimon R. (2008, p. 3), chaque pays doit faire du dérèglement
climatique un sujet de préoccupation et développer des
stratégies qui lui sont propres pour faire face aux mutations induites
par ce phénomène. La partie introductive de notre travail
d'étude présentera le contexte et la justification, la
problématique, l'état de connaissances sur la question, la
clarification des concepts, l'approche méthodologique et l'articulation
du travail.
Contexte et justification
Le changement climatique est annoncé comme l'un des
plus grands défis auxquels les sociétés humaines
contemporaines se trouvent désormais confrontées (Rocle N., 2017,
p. 17). Le dérèglement climatique se caractérise par
l'augmentation de la température moyenne, la recrudescence des
précipitations, l'élévation du niveau de la mer, le
phénomène d'Ilot de Chaleur Urbain (ICU) et les inondations des
zones côtières. Dans son quatrième rapport de
synthèse, le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution
du Climat (GIEC, 2007) montre que malgré les efforts de réduction
des émissions de gaz à effet de serre (GES), certains impacts des
changements climatiques seront inévitables. Les études
menées par le Programme des Nations-Unies pour les Établissements
Humains (ONU-HABITAT, 2010, p. 27) montrent que les villes sont les moteurs de
la prospérité économique et du bien-être social.
Suivant l'évolution climatique, ces zones urbanisées seront
d'autant plus vulnérables. Nous nous interrogeons alors sur l'adaptation
des villes congolaises face aux changements climatiques. Pour ce faire, nous
avons jugé bon de mener une réflexion sur les « enjeux
d'adaptation de la ville de Pointe-Noire au climat ». Cette
étude revêt un double intérêt :
l'intérêt scientifique parce qu'elle contribue à la
climatologie urbaine et l'intérêt social en ce qu'elle analyse la
gestion de l'environnement urbain dans le cadre du changement climatique.
Problématique
Les travaux de la Communication Nationale Initiale (CNI, 2001,
p. 43) admettent que l'évolution climatique est tenue pour l'une des
menaces les plus sérieuses pesant sur la durabilité de
l'environnement. Les scientifiques s'accordent en général
à admettre que le climat de la terre se trouve affecté par
l'accumulation des gaz à effet de serre (GES). Étant donné
que le climat se réchauffe, les villes présentent un aspect
particulier : elles subissent fortement ses effets. Suivant l'évolution
climatique, les espaces urbains surtout en zones côtières seraient
vulnérables en raison de la forte concentration de population et du
regroupement d'infrastructures. La ville de Pointe-Noire offre aux chercheurs
des objets d'étude importants
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du fait des multiples mutations qu'elle connait au fil des
années. Cette étude suscite plusieurs questions :
Question de recherche principale
Comment la ville de Pointe-Noire assure-t-elle sa
résilience face à l'évolution du climat ?
Questions secondaires
- Comment évolue le climat de la ville de Pointe-Noire
?
- Quels sont les effets induits par le climat sur la ville de
Pointe-Noire ?
- Quelles sont les mesures et stratégies d'adaptation
de l'agglomération de Pointe-Noire au climat ?
Objectifs
Notre travail aborde une question d'actualité dans une
ville côtière du Congo. Plusieurs objectifs ont été
fixés dans la présente étude.
Objectif principal
- Apprécier la résilience de l'agglomération
de Pointe-Noire face au changement climatique.
Objectifs secondaires
- Analyser l'évolution du climat de Pointe-Noire ;
- Répertorier les effets du climat sur la ville de
Pointe-Noire ;
- Recenser les mesures et stratégies d'adaptation de
l'agglomération de Pointe-Noire au climat.
Hypothèses
Hypothèse principale
- L'agglomération de Pointe-Noire présente une
faible résilience face au changement climatique.
Hypothèses secondaires
- Le climat de Pointe-Noire connait de profondes modifications
au niveau des précipitations.
- La ville de Pointe-Noire subit de plein fouet les effets
pervers du changement climatique.
- Pour rendre résiliente la ville de Pointe-Noire,
plusieurs mesures et stratégies ont été mises en place.
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État de connaissances sur la question
L'analyse des enjeux d'adaptation au climat sur le plan
international a fait l'objet de bon nombre de travaux dont ceux de
Mansanet-Bataller Maria (2010), du GIEC (2007), de l'Union Mondiale pour la
Conservation de la Nature (UICN, 2016), de l'Agence de l'Environnement et de la
Maitrise de l'Énergie (ADEME, 2020), de l'Institut d'Aménagement
et d'Urbanisme (IAU, 2014) et de World Agroforestry Center (2012).
Toutefois, sur le plan national, la littérature sur
l'étude fondamentale du climat et des enjeux d'adaptabilité
à l'évolution climatique est très pauvre. Quelques travaux
abordent la question. On peut citer entre autres :
? Samba Gaston (2020) a rédigé sur Le climat
du Congo-Brazzaville. Il montre que le Congo présente deux nuances
climatiques : le climat équatorial et tropical humide, puis
énumère les impacts et la vulnérabilité de ce
territoire face au changement climatique. La question d'adaptation au climat
est également abordée par l'auteur ;
? Le Ministère de l'Environnement, du
Développement durable et du Bassin du Congo (2021) a publié un
ouvrage intitulé Contribution déterminée au niveau
national de la République du Congo. Il montre l'évolution
des émissions des gaz à effet de serre (GES) au Congo
accélérant ainsi le processus du changement climatique. Aussi, il
évalue les impacts et la vulnérabilité de ce territoire au
climat. Les secteurs ciblés sont l'énergie, la santé de la
population des établissements humains. Les stratégies
d'adaptation au climat ont été évoquées afin de
renforcer la résilience du Congo aux aléas climatiques. Enfin,
les besoins d'adaptation au climat sont mentionnés ;
S'agissant des villes congolaises, les études
récentes sont celles de :
? Massouangui-Kifouala M. et al. (2021) qui ont
travaillé sur la Vulnérabilité et la résilience
des quartiers précaires à Brazzaville (République du
Congo) face au changement climatique : cas de Soukissa et
Moukondzi-Ngouaka. Dans cet article, les auteurs montrent qu'aucun pays au
monde n'échappe aux changements climatiques. Ses conséquences
sont très dramatiques dans les villes des pays en voie de
développement. Ces modifications se traduisent par une augmentation des
totaux pluviométriques et des jours extrêmement pluvieux. Les
populations superposent des sacs remplis de sables au-dessus d'un talus des
ordures ménagères, des carcasses des voitures et des pneus hors
d'usage pour contrecarrer l'action des eaux pluviales et d'autres ayant des
moyens financiers plus ou moins acceptables se permettent de clôturer
leurs parcelles par des murs assez élevés. Les populations
surélèvent les fondations de leurs maisons. Cependant, ces
stratégies manquent d'efficacité en ce que les populations ne
bénéficient d'aucune assistance devant ces problèmes.
Page | 10
? Nzoussi H. K. et Feng Li Jiang (2014) ont apporté une
réflexion sur La gestion de l'environnement urbain à
Brazzaville : problèmes et perspectives. Dans cet article, ils
présentent les facteurs liés à l'accroissement de la
population dans l'agglomération de Brazzaville. La croissance
démographique, la demande citadine des services et des biens voire des
pressions environnementales. En effet, l'environnement urbain de Brazzaville
est sujet à plusieurs problèmes dont la mauvaise gestion des
déchets. La dégradation de son environnement est le corollaire de
plusieurs facteurs qui nécessitent des moyens adéquats pour y
faire face ; ce qui suppose la mise en place d'une politique environnementale
nécessaire afin d'épargner les populations des dangers
liés à l'environnement.
? Moundza P. (2014) a rédigé un article sur
L'habitat urbain et le réchauffement climatique à
Brazzaville. L'auteur fait mention de la notion d'adaptabilité de
l'habitat urbain face au changement climatique dans une ville congolaise. Il
analyse la croissance spatiale et démographique de Brazzaville, la
typologie de l'habitat urbain face au réchauffement climatique. La
plupart des cases en parpaing (briques agglomérées) couvertes de
toits de tôles et des baraques en tôles sont mal ventilées.
La nature des matériaux utilisés pour la construction des maisons
favorise le réchauffement de l'habitat à Brazzaville. Les
constructions de manière désordonnée entraînent une
densification de l'habitat et l'orientation des bâtiments, de même,
affecte l'atmosphère intérieure. L'augmentation de
températures à Brazzaville s'accompagne surtout d'une mauvaise
aération de la ville.
? Maléké S. P. L. (2007) a réalisé
des travaux sur Brazzaville, son environnement face aux changements
climatiques. L'auteur aborde la question de l'évolution du climat
(précipitations et températures). Le test de Mann Kendall a
été appliqué aux séries de ces deux principaux
paramètres climatiques de la capitale congolaise (1932-1998). Le climat
futur de l'agglomération de Brazzaville montre son devenir si le climat
venait à changer. Les problèmes environnementaux seront nombreux
dont l'érosion à Talangai, les inondations à Ouenzé
et Moungali.
Concernant la ville de Pointe-Noire, les rares travaux
abordent l'analyse climatique notamment ceux du Programme des Nations-Unies
pour les Établissements Humains (ONU-HABITAT, 2012), du Ministère
de la Construction, de l'Urbanisme, de la Ville et du Cadre de Vie (2016)
apportent une compréhension sur l'évaluation des problèmes
environnementaux dans cette ville. Ces réflexions ont contribué
à la compréhension sur l'analyse du climat d'une ville d'un pays
en développement. Cependant, ces travaux n'abordent pas de
manière raffinée la question liée aux effets du
dérèglement climatique, aux mesures et stratégies
d'adaptation au climat dans cette ville congolaise.
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Clarification des concepts
Pour mieux comprendre la problématique liée aux
« enjeux d'adaptation de la ville de Pointe-Noire au climat, il
serait judicieux de clarifier les mots clés dans cette étude :
Adaptation est l'accommodation des
systèmes naturels ou des systèmes humains aux stimuli
climatiques, afin d'en atténuer les inconvénients ou d'en
exploiter les avantages (GIEC, 2007, p. 102). Autrement dit, c'est l'action de
faire face au dérèglement climatique.
Changement climatique est la «
variation de l'état du climat, qu'on peut déceler
par des modifications de la moyenne et/ou de la variabilité de ses
propriétés et qui persiste pendant une longue période,
généralement pendant des décennies ou plus »
(GIEC, 2014, p. 5). Elle représente l'évolution du climat en
rapport avec les activités exercées par l'homme.
Résilience est la capacité des
systèmes sociaux, économiques ou écologiques à
faire face aux événements dangereux, tendances ou perturbations,
à y réagir et à se réorganiser de façon
à conserver leurs fonctions essentielles, leur identité et leur
structure, tout en maintenant leurs facultés d'adaptation,
d'apprentissage et de transformation (GIEC, 2014, p. 5).
Variabilité climatique « peut
être due à des processus internes naturels au sein du
système climatique ou à des variations des forçages
externes naturels ou anthropiques » (GIEC, 2007, p. 114).
Vulnérabilité est la «
mesure dans laquelle un système est sensible ou incapable de faire
face aux effets défavorables des changements climatiques, y compris la
variabilité du climat et les phénomènes extrêmes
» (GIEC, 2007, p. 114).
Approche méthodologique
Pour élaborer la présente étude, plusieurs
données et méthodes ont été utilisées.
Dans le cadre de cette étude, nous avons utilisé
:
? les données climatiques
utilisées dans cette étude sont fournies par le service
de la Météorologie Nationale du Congo (ANAC). Les valeurs de
l'insolation, quant à elles, concernent la période allant de 1961
à 1990. Après leur collecte, elles ont été
intégrées dans la base des données du Centre de Recherche
et d'Études sur l'Environnement
(CREE). Il s'agit des données journalières des
précipitations et des températures de l'air allant de 1932
à 2004.
? les données démographiques
sont issues des travaux de l'Institut National de Statistique (INS,
2020), de l'Organisation des Nations Unies (ONU, 2019), du Ministère de
la Construction, de l'Urbanisme, de la Ville et du Cadre de vie (2016) et de
Keios (2016).
? les données économiques sont
également issues des travaux du Programme des Nations-Unies pour les
Établissements Humains (ONU-HABITAT, 2012) et de
l'Institut National de Statistique (INS, 2020). Les réflexions
précitées concernent sur la ville de Pointe-Noire.
? les données cartographiques ont
été établies par le service du Laboratoire de Recherche et
d'Études de l'Environnement (LREE). Il s'agit des cartes administratives
et du relief de la ville de Pointe-Noire.
? les données d'observation directe
concernent les photos prises sur la ville de Pointe-Noire notamment
sur le zone côtière, les activités économiques, les
équipements collectifs et services sociaux urbains.
? Les entretiens ont été
effectués pour recueillir des informations auprès des
enseignants-chercheurs de l'Université Marien Ngouabi et du personnel
administratif de la ville de Pointe-Noire. Leurs noms et prénoms des
personnes interrogées sont reportés dans le tableau 1.
Tableau 1 : Entretiens réalisés par Maketo Cris
(septembre 2021 ; juin-septembre 2022)
N°
|
Noms et prénoms
|
Fonctions
|
Dates
|
1
|
Monsieur Diela
|
Directeur Départemental de l'Habitat et
de l'Urbanisme du Département de Pointe-Noire
|
10/09/2021
|
2
|
Monsieur
Massouangui-Kifouala Martin
|
Maitre-Assistant, CAMES, Université Marien
Ngouabi
|
15/06/2022
|
3
|
Madame Eouani Rita Aimée Liliane
|
Directrice Départementale de l'Environnement de
Pointe-Noire
|
30/08/2022
|
4
|
Monsieur Itsouhou
Désiré
|
Chef de service du développement touristique et de
l'écotourisme de Pointe-Noire
|
05/09/2022
|
5
|
Madame Breheret
Natalie
|
Directrice de l'ONG Rénatura Congo
|
07/09/2022
|
6
|
Monsieur Missima
Nziengui Nicodème
|
Agent de la Direction de l'Aménagement,
de l'Urbanisme, de la Construction et de la Gestion Foncière
(DAUCGF)
|
09/09/2022
|
7
|
Madame Tsila née
Moukoko Kititi Chantal
|
Agent de la Direction de l'Aménagement,
de l'Urbanisme, de la Construction et de la Gestion Foncière
(DAUCGF)
|
09/09/2022
|
Page | 12
Source : enquête personnelle, 2022
Les méthodes utilisées sont les suivantes :
+ La recherche documentaire était
axée sur les connaissances théoriques liées aux
changements climatiques et aux les enjeux d'adaptation au climat. À cet
effet, des centres de documentation ont été consultés au
fur et à mesure du déroulement de la recherche. Il s'agit de la
bibliothèque de l'École Normale Supérieure (ENS), du
Centre de Documentation de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences
Humaines (FLASH), du service de documentation de l'Office de Recherches
Scientifique et Technique d'Outre-Mer (ORSTOM) de Pointe-Noire, de l'Institut
Français du Congo (IFC) ainsi que du service d'archives et de
documentation de la Mairie centrale de Pointe-Noire. Par ailleurs, la
consultation des sites internet a été d'un précieux
secours.
+ La collecte des données a
été réalisée au moyen des entretiens, des
données d'observation directe, du dépouillement des archives
météorologiques et démographiques.
+ Le traitement et l'analyse des données
ont été faits à travers des logiciels tels que
Word pour la saisie et le traitement du texte. Excel a permis de
réaliser des graphiques des données climatiques, de calculer les
paramètres statistiques (moyenne, écart- type et coefficient de
variation, anomalies et moyennes mobiles), des données
démographiques et économiques.
Pour compléter cette étude, nous avons
utilisé des méthodes statistiques notamment le calcul de la
moyenne arithmétique, de l'écart-type et du coefficient de
variation (CV). Samba G. (2014, p. 21) décrit ces méthodes
statistiques susmentionnées.
+ La moyenne arithmétique d'une
série statistique est le rapport de la somme des valeurs
observées sur le nombre d'observation. Elle permet de déterminer
la valeur centrale de la série pluviométrique et thermique. Sa
formule est la suivante :
??
1
?? =
= ????(????)
?? ? ??
??=1
Page | 13
+ L'écart-type est utilisé pour
fixer les seuils caractéristiques au sein d'une distribution
statistique, donc d'estimer la dispersion statistique à l'échelle
annuelle et saisonnière. Il est calculé à partir de la
formule suivante :
?? =
v? ?? (???? - ??)22
??=1
??
+ Le coefficient de variation (CV) a permis
d'apprécier la variabilité pluviométrique et thermique. Il
exprime le rapport entre l'écart-type et la moyenne. Il est l'outil
idéal pour comparer les dispersions. Toutefois, il tend à croitre
de manière outrancière lorsque la moyenne est proche de
zéro.
??
CV=
??
Page | 14
? Des valeurs centrées réduites
ont permis de dégager l'évolution des séries
climatiques. La détermination de ces valeurs consiste à
soustraire la normale de chaque valeur observée et de diviser par la
suite l'ensemble des données centrées par l'écart-type de
la série. L'anomalie présente deux caractéristiques fixes
: moyenne nulle et écart-type égal à un.
(????-??)
?=
??
? La moyenne mobile est un paramètre
très important aboutissant à une certaine réduction de la
variance et à la perte d'un certain nombre des points et de
degrés de liberté. Associée aux anomalies, la moyenne
mobile permet de déterminer la tendance générale de
l'évolution des précipitations et des températures. Chaque
valeur observée est remplacée par une valeur arithmétique
calculée à partir des valeurs voisines qui l'encadrent. Dans le
cadre de cette étude, nous avons calculé ces moyennes sur la
période de 72 ans. Ainsi Xi est remplacé dans la série par
:
MM =????-2 +
????-1 + ???? + ????+1 + ????+2
72
Articulation du travail
Notre travail d'étude s'articule autour de trois chapitres
:
- Le premier chapitre situe la zone
d'étude et présente l'histoire de la ville de Pointe-Noire. Il
analyse les éléments du milieu physique (géologie,
pédologie, relief, hydrographie et végétation) et leur
influence sur cet espace urbain et énumère les aspects humains et
économiques ;
- Le deuxième chapitre analyse les
éléments climatiques dans leur état moyen dans
l'agglomération de Pointe-Noire ;
- Le troisième chapitre
répertorie les impacts que le changement climatique a induits
sur la ville de Pointe-Noire et les enjeux d'adaptation de
l'agglomération qu'ils suscitent.
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