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LA GESTION DES RISQUES DE TAUX D'INTERET ET DE CHANGE
PAR L'APPROCHE ALM LE CAS DE LA BANQUE OUEST AFRICAINE DE
DEVELOPPEMENT (BOAD)
Mémoire
Professionnel
MASTERE EN BANQUE ET
FINANCE/MBA IN BANKING AND FINANCE
M. Arouna SORO
4ème Promotion



Maîtres de stage
M. Ousmane SOW
Responsable de la Division de la Comptabilité des
Prêts
Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD),
Lomé, Togo
M. Gilles MORISSON Responsable du Pôle
Afrique Sub-Saharienne + Bulgarie + Roumanie Institut Bancaire et Financier
International (IBFI) / Banque de France
Directeur de Mémoire
M. Jean DERMINE
Professeur de Banque et Finance
INSEAD, Fontainebleau, France
SOMMAIRE
SOMMAIRE
i
PREAMBULE
ii
REMERCIEMENTS
iii
NOTE DE SYNTHESE
v
ABSTRACT
xi
INTRODUCTION
1
Première partie : CADRE THEORIQUE DE LA
GESTION DES RISQUES DE TAUX D'INTERET ET DE
CHANGE PAR L'APPROCHE ALM
4
Chapitre 1 : GENERALITES SUR LA BANQUE
OUEST AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT (BOAD)
5
1.1/- Présentation De La BOAD
6
1.2/- Activités Et Interventions De La BOAD
8
1.3/- Présentation De La DGR
9
Chapitre 2 : GENERALITES SUR L'ALM ET
LES RISQUES BANCAIRES
11
2.1/- Généralités Sur L'ALM
12
2.2/- Généralités Sur Le Risque
Et Nécessité De Sa Gestion
14
2.3/- Typologie Des Risques Bancaires
18
Chapitre 3 : LA MESURE DES RISQUES DE
TAUX D'INTERET ET DE CHANGE
28
3.1/- La Mesure Du Risque De Taux
D'intérêt
29
3.2/- La mesure du risque de change
40
Chapitre 4 : LA GESTION DES RISQUES DE
TAUX D'INTERET ET DE CHANGE
44
4.1/- La Gestion Du Risque De Taux
D'intérêt
45
4.2/- La Gestion Du Risque De Change
46
4.3/- La Limitation Des Risques Ou Seuils
D'intervention
47
Deuxième partie : LA GESTION
EFFECTIVE DES RISQUES DE TAUX D'INTERET ET
DE CHANGE PAR L'APPROCHE ALM A LA BOAD
48
Chapitre 5 : DESCRIPTION DU DISPOSITIF DE
GESTION DES RISQUES DE TAUX D'INTERET ET DE CHANGE
DE LA BOAD
49
5.1/- Contexte De L'introduction De L'ALM A La BOAD
50
5.2/- Le Comité De Gestion Actif/Passif
(Comité ALM)
50
5.3/- Le Système D'information Alimentant
L'outil De Gestion Actif/Passif
52
5.4/- Les risques de taux d'intérêt et de
change de la BOAD
55
5.5/- L'allocation Des Fonds Propres
58
5.6/- La Tarification : taux de
référence et taux emprunteur
58
Chapitre 6 : FORCES ET FAIBLESSES DU
DISPOSITIF DE GESTION DES RISQUES DE TAUX D'INTERET
ET DE CHANGE DE LA BOAD
60
6.1/- Les Forces Du Dispositif ALM
61
6.2/- Les Faiblesses Du Dispositif ALM
62
Chapitre 7 : LA MESURE DE VALEUR DU
RISQUE DE TAUX D'INTERET DE LA BOAD
66
7.1/- Utilité De La Mesure De Valeur Du Risque
De Taux D'intérêt
67
7.2/- Application De La Méthode
68
7.3/- Durations Et Sensibilité Des Fonds
Propres
71
7.4/- Calcul De La VAN Et Sa Sensibilité
75
7.5/- Synthèse Des Résultats
77
7.6/- Que faire de ces résultats ?
78
7.7/- Limites De L'étude
79
Chapitre 8 : RECOMMANDATIONS
81
8.1/- La Gestion Actif/Passif
82
8.2/- Le Séjour Du Stagiaire Au Sein De La BOAD
84
CONCLUSION GENERALE
85
ANNEXES
I
BIBLIOGRAPHIE
VII
LISTES DES TABLEAUX ET FIGURES
X
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
XI
TABLE DES MATIERES
XII
PREAMBULE
Le Mastère en Banque et Finance (MBA in Banking and
Finance) du Centre Africain d'Etudes Supérieures de Gestion (CESAG) est
l'un des diplômes de troisième cycle de cette école sise
à Dakar (Sénégal).
Mais le Mastère en Banque et Finance (MBF) a la
particularité d'être l'unique diplôme en son genre en
Afrique au regard de la qualité de ses enseignements, de la
notoriété et des origines diverses de ses enseignants. Ces
derniers proviennent d'universités et d'écoles prestigieuses
d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Afrique ou bien, sont des
professionnels en activité dans des institutions ou entreprises
internationales ou sous régionales. A cela viennent s'ajouter la
qualité de son outil didactique et pédagogique et l'image de
marque de ses partenaires ou bailleurs de fonds notamment l'African Capacity
Building Foundation (ACBF), la Banque de France, la BCEAO, New York University,
la Banque Mondiale et l'Union Européenne, l'INSEAD Fontainebleau,
l'Université de Paris-Dauphine, la Banque des Règlements
Internationaux (BRI).
L'admission au programme MBF se fait après un concours
très sélectif ouvert à tous les pays africains. Le
diplôme n'est délivré qu'après la phase des cours
théoriques et le stage en entreprise. Ce stage est sanctionné par
un rapport de stage et un mémoire professionnel.
C'est ainsi que nous avons choisi d'effectuer notre stage
à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et
précisément à la Division de la Gestion des Risques (DGR)
elle même rattachée à la Direction de la Gestion des
Engagements et des Risques (DGER). Notre choix de la BOAD, comme lieu de stage
a été motivé par le fait de son rayonnement international,
de son dynamisme et de son caractère unique dans la zone Union
Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Notre stage a
duré deux (2) mois et précisément du 25 Juillet au 25
Septembre 2005. Nous avons en outre effectué deux (2) autres mois et
demi (du 03 Octobre au 15 Décembre 2005) de stage à l'Institut
Bancaire et Financier International (IBFI) de la Banque de France. C'est
là que nous avons, entre autres activités, achevé la
rédaction du présent document en guise de mémoire
professionnel. Il porte sur « la gestion des risques de taux
d'intérêt et de change par l'approche ALM, le cas de la Banque
Ouest Africaine de Développement (BOAD) ».
REMERCIEMENTS
? A la BOAD
Notre séjour à la BOAD et la rédaction du
présent mémoire ont été facilités
grâce à la contribution, de quelque nature que ce soit, de
plusieurs personnes. Dans les lignes qui suivent nous leur exprimons notre
infinie gratitude. Nous avons une pensée particulière
pour :
- M. M'Baye THIAM, Directeur du Département des
Finances et de la Comptabilité (DFC), de la Direction des Finances et de
la Trésorerie (DFT) et Président du Comité ALM
-M. Ya D. KOIKOU, Directeur de la Direction de la Gestion des
Engagements et des Risques (DGER)
- M. Ousmane SOW, Responsable de la Division de la
Comptabilité des Prêts (DCP)
- M. Patrice GBAGUIDI, Analyste Financier Senior, à la
Division de la Gestion des Risques (DGR)
- M. Bienvenu COMLAN, Chef de la Division de la
Comptabilité Générale (DCG)
- M. Soulémane ABASSI, Analyste Financier à la
DGR
? A la Banque de France
Notre infinie gratitude pour nous avoir accueilli au sein de
l'Institut Bancaire et Financier International (IBFI)
où nous avons, entre autres, continuer de travailler sur ce
mémoire et cela sous la direction de M. Gilles MORISSON. Nous remercions
particulièrement M. Gérard BEDUNEAU et tout le personnel de
l'IBFI pour l'accueil chaleureux, la disponibilité et toute la sympathie
dont ils ont fait montre à notre égard.
? Au CESAG
Nous ne remercierons jamais assez le corps enseignant du
CESAG, d'où qu'il vienne, de nous avoir donné un savoir que nous
n'aurions eu auprès de personne d'autre. Leur compétence, leur
disponibilité et leurs sages conseils ont fait de nous une personne
nouvelle à la tête bien pleine.
Nous associons à ces remerciements, l'ex-Chef du Projet
MBF (M. Roger ATINDEHOU, Ph.D) et son équipe (Mlle Chantal DIAO et M.
LEY) pour tout ce qu'ils font en vue de la promotion de notre programme et pour
le soutien personnel dont nous avons été l'objet pendant toute la
durée de la formation. Nos remerciements vont également à
l'endroit de l'ensemble du personnel administratif du CESAG qui a su se montrer
accueillant et disponible chaque fois que nous l'avons sollicité.
? A MM. Ousmane SOW, Gilles MORISSON et Jean
DERMINE1(*)
Toute notre gratitude leur est adressée pour avoir
dirigé et encadré la rédaction de ce mémoire.
? A mes amis
Je ne prendrai pas le pari de vous citer
tous tant la liste est longue mais je sais que vous vous reconnaîtrez
dans ces lignes. Merci pour vos conseils et votre soutien de tous les jours.
? A Aminata DIARRA
Ton amour est la plus belle chose qui me soit arrivée
depuis qu'il m'a été donné de connaître des filles.
Je ne te répéterai jamais assez ces mots que tu connais comme un
refrain : « Sais-tu pourquoi j'aime ton petit nez ? Si
ça se trouve, c'est toi que j'aime ». Merci de me le
rendre si bien !
? A ma famille
Je remercie de tout mon coeur mon père, ma
mère, mes oncles, mes tantes, mes frères, mes soeurs, mes
cousins, mes cousines, mes neveux et mes nièces. Je n'ai peut-être
pas toujours été à la vos de vos attentes individuelles ou
collectif mais votre soutien financier, moral et votre amour m'ont permis
d'arriver jusqu'à ce point. Puisse ce diplôme nous ouvrir à
tous des lendemains meilleurs.
La liste de personnes ci-dessus, n'étant pas
exhaustive, nous réclamons l'indulgence de toutes celles qui n' y
retrouveront pas leurs noms. Nous les assurons que leur souvenir restera,
toutefois, à jamais gravé dans nos mémoires. Le MBA in
Banking and Finance nous a donné de savoir gérer des risques dans
une optique l'ALM. Nous avons découvert un risque qui comme l'ALM n'est
pas une science mais un art. Au demeurant, il est encore plus complexe, plus
subtile, plus ravageur et se gère tout aussi différemment. Ce
risque, c'est l'amour de tous nos proches !
NOTE DE SYNTHESE
La Gestion Des Risques De Taux D'intérêt
Et De Change Par l'Approche ALM
Le Cas De La Banque Ouest Africaine De
Développement (BOAD).
Intérêt du thème
La notion de risque comporte deux aspects, l'un positif et
l'autre négatif. Le risque positif ou upside risk
représente pour une entreprise le risque de voir ses résultats
s'accroître. Le risque négatif ou downside risk est par
contre le risque de voir les résultats de l'entreprise tirés vers
le bas. C'est ce dernier qui inquiète le plus les responsables
d'entreprise qui doivent le gérer pour en éviter les
conséquences désastreuses.
En effet, pour une organisation, ne pas gérer son
risque, c'est non seulement manquer d'un outil puissant d'aide à la
décision, mais c'est également hypothéquer la
qualité de ses résultats et mettre en péril sa
solvabilité et sa pérennité. Cette question est d'autant
plus délicate que, dans le domaine bancaire en particulier, il existe
une multitude de risques qui peuvent se présenter sous diverses formes.
Ils sont en interrelation, les uns pouvant entraîner les autres. Une
identification ou taxinomie pertinente des risques, une bonne cartographie et
le choix d'une méthode idoine sont par conséquent un
préalable à la saine gestion des risques.
Plusieurs méthodes existent pour gérer les
risques comme l'immunisation, l'adossement, la couverture à terme
et la diversification. Mais ces dernières années les banques ont
de plus en plus recours à la Gestion Actif/Passif (GAP) ou Asset and
Liability Management (ALM) pour gérer les risques de taux
d'intérêt, de change et de liquidité. L'ALM s'efforce de
réaliser l'équilibre risque/rentabilité selon une
démarche en trois phases : attributions et relation avec les autres
divisions de l'organisation, identification et mesure des risques puis gestion
effective de ces risques en précisant les objectifs, contraintes et
actions de gestion. Pour ce faire, elle requiert entre autres une forte
implication de la haute direction, la constitution d'un comité de
gestion actif/passif et un bon système d'information.
Depuis 2001, la Banque Ouest Africaine de Développement
(BOAD) a mis en place un dispositif de gestion actif/passif (ALM).
Décrire l'expérience de la BOAD en matière de gestion
actif/passif pourrait participer à la vulgarisation de cette discipline.
Si davantage de banques peuvent utiliser une démarche ALM pour la
gestion de leurs risques, non seulement elles y gagnent mais cela profite
également à la BOAD qui en tant que acteur du système
bancaire est forcément en interdépendance avec les autres
banques. D'ailleurs, elle leur prête souvent des ressources par le biais
des Accords Cadres de Refinancements (ACR), ressources dont elle attend un
retour sur investissement. D'autre part, c'est le lieu de comparer la pratique
de l'ALM à la BOAD à ce qui devrait être fait en
théorie afin de relever les dysfonctionnements éventuels et de
proposer une solution améliorer la gestion de ses risques bancaires.
Problématique
Le but de notre étude est double :
- d'abord, proposer à la BOAD une démarche
complémentaire pour mesurer son risque de taux d'intérêt.
Il s'agit en l'occurrence de la mesure de valeur du risque de taux
d'intérêt. La BOAD, qui n'utilise que la mesure de marge pour
mesurer son risque de taux d'intérêt, est un peu trop tributaire
de cette mesure qui n'apprécie l'effet de la variation négative
des taux d'intérêt que sur le PNB. Avec la mesure de valeur, elle
disposera d'un instrument supplémentaire pour voir comment ses valeurs
patrimoniales et ses fonds propres réagissent aux fluctuations des taux
d'intérêt.
- ensuite, contribuer à la vulgarisation de l'ALM dans
le milieu bancaire de la zone UEMOA car sa pratique est encore très
timide dans nos pays. L'expérience de la BOAD pourrait à ce titre
être fort enrichissante pour les banques de la zone.
Démarche adoptée
Pour répondre aux préoccupations
précédentes, nous avons choisi de présenter, dans un
premier temps, le cadre conceptuel de la gestion des risques de taux
d'intérêt et de change par l'approche ALM et dans un second temps
de faire une description de la pratique de l'ALM à la BOAD. Nous
confrontons la gestion actif/passif de la Banque au cadre théorique
présenté pour en déduire les forces et les faiblesses de
ce qui est fait à la BOAD. A la lumière du cadre conceptuel, nous
proposons la mesure de valeur comme instrument complémentaire de la
mesure du risque de taux d'intérêt car la BOAD utilise
déjà les mesures de volume et de marge.
Difficultés rencontrées
Pour atteindre notre objectif nous avons rencontré une
difficulté majeure. Il s'agit de la confidentialité et la non
disponibilité de certaines informations qui nous ont contraint à
travailler avec des données de 2004 alors que nous aurions
préféré utiliser des informations de 2005,
c'est-à-dire des données encore plus récentes. C'est
notamment le cas du bilan que nous utilisons. Il s'agit non seulement un bilan
simplifié établi en valeurs comptables et non un bilan
détaillé et établi en valeurs de marché. Or la
mesure de valeur, s'entend par essence, comme une mesure faite à partir
des valeurs de marché du bilan.
Diagnostic de la situation
Le dispositif de gestion actif/passif mis en place par la
BOAD, depuis 2001 au sein de l'Unité de Gestion des Risques (UGR) qui
est devenue la Division de la Gestion des Risques (DGR) depuis janvier 2005, a
pour objet de prendre en charge la gestion des risques de taux
d'intérêt et de change puis de façon connexe le risque de
liquidité. Ce dispositif s'appuie sur un Outil de Gestion Actif/Passif
appelé « Outil GAP » et qui est en fait un progiciel
conçu par Crédit Agricole Consultants, un cabinet français
spécialisé dans le domaine. Un Comité de Gestion
Actif/Passif ou Comité ALM a également été
constitué. Il se réunit trimestriellement et fait des
propositions d'actions correctives au Président de la BOAD après
l'analyse des risques de taux d'intérêt et de change contenus dans
le bilan. C'est au Président de la Banque de prendre les
décisions idoines et de les communiquer aux directions
opérationnelles pour exécution.
Mais la question de l'ALM est délicate. Il s'agit d'un
domaine complexe, récent dans la gestion bancaire et a fortiori
pour la BOAD. C'est pourquoi, il est bon de noter que le dispositif ALM de la
BOAD présente non seulement des forces mais également des
faiblesses.
Les forces sont relatives notamment à :
- l'existence d'un Comité ALM qui se réunit
régulièrement
- la formation accrue du personnel à la gestion
actif/passif
- la mise en place d'un outil de simulation pour gérer
les risques de taux d'intérêt et de change
- la fixation de limites ou seuils d'intervention pour la
couverture de ces risques.
Mais, certaines faiblesses limitent encore l'efficacité
de ce dispositif. Il s'agit essentiellement :
- de la composition variable du Comité ALM qui peut
être à l'origine d'un manque de suivi dans le temps des
recommandations faites par ce comité
- de l'effectif très réduit de la Division de
la Gestion des Risques (DGR)
- du système d'information qui ne permet pas de traiter
les informations en temps réel
- de la mesure du risque de taux limitée à son
impact sur le Produit Net Bancaire (PNB)
- des seuils d'intervention pour la couverture des risques
qui semblent non pertinents
- de l'absence d'un éclatement notionnel de la Banque
en centres de responsabilités pour prendre en compte les prix de
cessions internes dans la tarification et pour mieux allouer les fonds propres
à la couverture des risques.
Propositions de Recommandations
Eu égard aux faiblesses énumérées
ci-dessus, nous proposons les huit (8) recommandations suivantes pour
améliorer la gestion actif/passif à la BOAD :
- accroître l'effectif de la DGR
- améliorer le système d'information pour
disposer d'informations en temps réel
- améliorer l'outil de simulation pour qu'il fournisse
davantage d'états en vue d'une meilleure gestion du risque de change
- accélérer la mise oeuvre de la
comptabilité et du contrôle de gestion
- intégrer la mesure de valeur du risque de taux
d'intérêt
- réétudier l'idée d'un transfert futur
du risque de change aux clients car cela peut accroître le risque de
contrepartie surtout que ces clients ne sont pas mieux nantis que la Banque
pour gérer un tel risque
- revoir la pertinence, aujourd'hui, des seuils d'intervention
pour la couverture des risques et dont le calcul date des années 80.
La nécessité d'une saine gestion des risques de
taux d'intérêt et de change par l'ALM milite en faveur de la prise
en compte des recommandations ci-dessus. Nous aimerions particulièrement
insister sur l'intégration de la mesure de valeur du risque de taux
d'intérêt parmi les outils de mesure du risque de la BOAD.
Les résultats de nos calculs prouvent que quand elle
est bien menée, la mesure de valeur reste cohérente avec les
autres formes de mesure du risque de taux d'intérêt. En outre,
elle permet de visualiser le risque sous l'angle de son impact, non plus
seulement sur le PNB, mais également sur la valeur patrimoniale et les
fonds propres de la banque et donc de mieux maîtriser l'allocation des
fonds propres à la couverture des risques. Dès lors, elle offre
au risk manager la possibilité d'affiner l'analyse et la
gestion de ce risque et, partant, d'améliorer les décisions
commerciales et stratégiques qu'induit la gestion du risque de taux
d'intérêt.
Décisions
Nous suggérons :
- dans un premier temps, qu'il soit mis en place un
comité d'étude pour approfondir la réflexion sur la mise
en oeuvre de la mesure de valeur compte tenu des limites et des
difficultés que nous avons rencontrées au cours de notre
étude. Ce comité devra disposer de tous les moyens, humains,
financiers et matériels. Il fera ensuite des recommandations utiles au
Président de la Banque pour prise décision.
- dans un second temps, il faut mettre en place les
instruments techniques ou matériels que nécessite cette solution,
former en interne ou recruter à défaut les personnes
compétentes pour une gestion du risque de taux d'intérêt
intégrant la mesure de valeur.
- en dernier lieu, il faut utiliser de façon pleine et
entière cette méthode puis en mesurer et contrôler les
résultats de façon périodique.
ABSTRACT
The ALM Approach To The Management Of Interest and
Exchange Rate Risks
The Case Of The West African Development Bank
(WADB).
Interest of the topic
There are two types of risks: a positive one
and a negative one. The positive risk or upside risk can be defined as the risk
for a company to meet increasing profits while the negative risk or downside
risk is the opposite. The latest is the one that frightens a lot all companies'
managers because of its trickle down effects. Then they must manage carefully
that kind of risk.
As far as a company is concerned, the risk management should
be a priority. If not, the company loses a powerful tool in decision making.
The quality of its results, its solvency and consequently the future of the
company will also be compromised. This is very important as there is a large
range of risks interconnected one to the others. Therefore, a perfect
identification or taxonomy of risks and the choice of an accurate method of
measuring them are prior to their effective management.
There are many ways for managing risks like immunization,
forward hedge and diversification. But since a few years, banks are using Asset
and Liability Management (ALM) in order to manage their interest and exchange
rate risks and their liquidity risk. The ALM which aims at balancing risk and
profitability is based on a three-step approach: its attributions and links
with the other departments of the company, the identification and the measure
of the risks and finally the management of these risks. The latest should focus
on setting up the objectives, the constraints and also the managing action to
be undertaken. Meanwhile, the implementation of ALM requires a great
implication of the board of directors, an ALM committee or ALCO and a
sophisticated information system.
The West African Development Bank (WADB) has set up an ALM
system since 2001 and describing its experience should promote this approach.
If they use it, commercials banks will benefit from an ALM approach as well as
WADB which lends money to these banks. In fact according to some repricing
agreements, WADB lends money to primary banks and so expects a Return On
Investment (ROI). On the other hand, talking about the WADB's experience in ALM
leads us to compare the practice of that subject in that bank to what should be
done in theory. We'll then underline the inherent weaknesses and make a
contribution for a better risk management.
Problem to solve
We are aiming at a double goal:
- firstly, we'll make a complementary proposal to the WADB in
order to measure its interest rate risk. This method is called the value
measure. In fact, up till now the WADB is measuring its interest rate risk by
assessing the impact of interest rate fluctuation on the net interest rate
margin and on the Profit and Loss (P&L). This measure is unable to give a
bright analysis of interest rate risk as the risk manager can't forecast what
would be the value of assets and debts if the interest rate fluctuates. Neither
can he assess the impact on the value of equity. This is the purpose of the
value measure.
- secondly, we aim at making a contribution to ALM promotion
in the banking field of West African Economic and Monetary Union (WAEMU) just
because its practice is still not enough well known in our countries. This is
why the case of the WADB could be profitable for the banks of WAEMU zone.
Methodology adopted
In order to reach the above goals, we'll first of all set up
the theorical framework of the ALM approach to interest rate and exchange rate
risk management. Secondly, we'll describe the implementation of ALM at the
WADB. Comparing both of them, we'll be able to draw the strengths and
weaknesses of the ALM implementation at the WADB. Thus, the theorical analysis
will the be guideline that helps us to make our proposal of the interest rate
risk value measure since the WABD already uses the net interest margin measure
of interest rate risk.
Difficulties we faced
We were facing one major constraint in our survey. This
constraint is relative to information disclosure. We were therefore led to use
data of 2004 instead those of 2005 as we would prefer. That is the case of our
balance sheet which is not only a very simple one but also a balance sheet
drawn with accounting data instead of trading book data. The matter is that the
value measure of interest rate risk made on a trading book data is more
convenient as it reflects the market reality.
Diagnosis of the situation
The WADB has implemented its ALM system
since 2001 in its Risks Management Unit (RMU) which became the Risks Management
Division (RMD) in January 2005. This system was
computerized by Crédit Agricole Consultants a
French consulting company. It is focusing essentially on interest rate risk and
exchange rate risk management even if it is also in charge of liquidity risk
management. An ALM Committee has also been set up. It meets on a quarterly
basis and makes
proposals to the President of WADB after a relevant analysis
of interest rate and exchange rate risk. It's up to the President to take the
right decisions and to charge the operational departments to execute them.
However ALM is not an easy subject. It is recent among the
banking managing fields and indeed it is for WADB. That's why some strengths
and weaknesses can be underlined.
The strengths are relative mainly to:
- the ALM Committee which meets quarterly
- the fact that many employees are trained to ALM
- the implementation of a tool in order to make simulations
for interest rate and exchange rate risk management
- the fact of setting hurdle rates for risks hedging
Despite of these strengths, some weaknesses are still
bordering the ALM efficiency at WADB:
- the members of the ALCO team move very often. This can lead
to a misunderstanding of the last proposals and their bad implementation
- there are just two (2) employees in the Risks Management
Division (RMD). We do think that this number of employees is insufficient
- the information system is not performing well as it cannot
provide real time data
- the interest rate risk is just measured by its impact on the
net interest margin and the Profit and Loss (P&L)
- the hurdle rates for risks hedging seems to be irrelevant
- There's no notional division of the bank into responsibility
centre in order to perform pricing system and the allocation of equity.
Proposals
Taking into account the above weaknesses, our proposals will be
set in eight (8) points:
- increase the number of employees of the Risk Management
Division (RMD)
- perform the information system in order to provide real time
data
- perform the simulation tool in order to provide more features
for a better exchange rate risk management
- fasten the implementation of the managerial accounting and
control
- implement the value measure of interest rate risk
- re-think the idea of letting the borrowers support the exchange
rate risk because they are not as well equipped as the WADB to manage properly
that risk. Moreover this strategy can lead to a counterparty risk for the
Bank
- make a new assessment of the hurdle rates for risks hedging as
they were computed in the 80's
These proposals should be taken into account for a better
interest and exchange rates risks management. We would like to focus
particularly on the value measure of interest rate risk adoption in order to
make it part of the risks measuring tools of WADB.
Our own estimations give a proof that if that measure is well
conducted it remains consistent with the other ways of measuring interest rate
risk. In addition it gives a better sight of interest rate risk which measures
its impact not only on the net interest rate margin but also on the value of
assets, debts and equity. Therefore the value measure helps the risk manager to
make a better analysis and management of this risk. Moreover the risk manager
can take better commercial and strategic decisions.
Decisions
We suggest:
- firstly, a team should be set up in order to make a better
analysis of the implementation of the value measure because of the limits and
constraints that we faced in doing our own analysis. This team should be given
all necessary human, financial and material means to succeed in his task. The
team will also have to make some proposals to the President of the WADB.
- secondly, all the technical and material tools required for a
good implementation of that solution must be set up. In addition, conversant
employees must be trained or recruited for interest rate risk management
including the value measure.
- thirdly, this measure must be adopted and its results
controlled periodically.
INTRODUCTION
« Ce sont le goût du risque et
l'esprit d'aventure qui ont bâti le monde moderne »2(*)
Toute organisation (société, banque,
administration, association) peut être « perçue comme un
portefeuille de vulnérabilités et d'opportunités
combinées pour atteindre les objectifs d'une stratégie
déterminée par les instances dirigeantes3(*)». En assimilant les
« vulnérabilités » aux « risques
négatifs » et les « opportunités »
aux « risques positifs », selon les auteurs de cette
assertion, l'on peut déduire que l'univers de l'organisation, et a
fortiori de la banque, est pavé de risques. Mais si le risque est
consubstantiel à l'activité de la banque, force est de
reconnaître que cette dernière ne saurait s'accommoder de risques
qui mettent en péril sa liquidité, sa solvabilité, sa
rentabilité et en définitive sa pérennité. Il lui
revient donc de gérer au mieux l'ensemble de ses risques et en
particulier son risque négatif (downside risk),
c'est-à-dire le risque de voir chuter ses résultats.
En la matière différentes méthodes de
couverture contre le risque existent. Mais ces dernières années,
les entreprises et singulièrement les banques ont eu recours à
l'Asset and Liability Management (ALM) ou Gestion Actif/Passif qui est
un outil de gestion des risques financiers (risque de taux
d'intérêt, risque de change et risque de liquidité).
Apparue aux USA au début des années quatre-vingt dix (90) suite
à l'effet combiné de la déréglementation des
activités financières, de la volatilité des marchés
et d'une exacerbation de la concurrence entre établissements bancaires,
l'ALM se diffuse peu à peu en Afrique par l'intermédiaire surtout
des multinationales occidentales4(*). En Afrique subsaharienne en particulier
l'introduction de l'ALM dans les banques est encore très timide, non
seulement du fait de sa complexité, de l'absence d'un dispositif
technique adéquat et parfaitement opérationnel mais
également du fait du manque de ressources humaines compétentes
dans le domaine. Dans le monde bancaire, caractérisé par une
internationalisation croissante des méthodes, techniques, outils et
réglementations (normes prudentielles, Bâle I et II, normes
IAS/IFRS), il est utile d'adopter un tel outil pour renforcer sa gestion et sa
compétitivité, garantir sa solvabilité et assurer sa
pérennité.
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) n'est
pas restée en marge de cette tendance et a, elle aussi,
intégré à sa gestion des risques financiers un dispositif
ALM depuis 2001. Le cas de la BOAD, dans le contexte ouest africain, est
spécifique : c'est une banque sous-régionale de
développement qui a recourt à divers types d'emprunt pour
lever des fonds et qui ne collecte pas de dépôts comme les banques
primaires. Elle n'est pas soumise à la réglementation sur les
banques et établissements financiers de l'Union Monétaire Ouest
Africaine (UMOA) même si elle s'en inspire beaucoup. Au demeurant,
à l'instar des autres banques, qu'elles soient primaires ou de
développement, à caractère national, régional ou
international, la BOAD reste préoccupée par le respect des
standards internationaux ce qui a valu l'introduction de l'ALM dans son
dispositif de gestion des risques financiers. La responsabilité
assignée à cette fonction et de gérer grâce à
un outil moderne les risques de taux d'intérêt et de taux de
change puis de façon connexe le risque de liquidité de la Banque.
Ces trois (3) risques représentent l'essentiel des risques financiers de
la BOAD, le risque de contrepartie étant très négligeable
(environ 2%5(*)).
Comment gérer les risques de taux
d'intérêt et de change par l'approche ALM ? C'est la
question à laquelle nous répondrons à travers ce document
en présentant le cadre conceptuel y afférent puis en l'illustrant
par l'exemple de la BOAD.
L'objet du présent travail est double : vulgariser
l'ALM dans le domaine bancaire et proposer à la BOAD une mesure
complémentaire du risque de taux d'intérêt dite mesure de
valeur, les autres types de mesures déjà pratiquées
étant les mesures de volume et de marge.
Notre volonté de vulgariser l'ALM découle du
constat que lorsque l'on parcourt la littérature avisée, on a
souvent tendance à voir derrière l'ALM, à tord ou à
raison, une affaire de compagnies d'assurance et de banques primaires. Or l'ALM
n'est pas seulement l'apanage de ces deux (2) types d'organisations, d'autres
entreprises pouvant et devant y recourir. Pis encore, en Afrique les banques
primaires tardent à la mettre en oeuvre dans leur gestion des risques.
La littérature bancaire, la presse et les moteurs de recherche sur
Internet, bien trop pauvres en exemples africains de gestion des risques
financiers par une approche ALM, sont là pour l'attester6(*). Ainsi décrire
l'expérience satisfaisante de la BOAD, banque au statut particulier,
viendrait prouver que, a fortiori, les banques primaires en Afrique, et celles
de la zone UEMOA en particulier, peuvent réussir une gestion de type ALM
pour leurs risques de taux d'intérêt et de change. Elles y
gagneront car l'ALM optimise le couple risque/rentabilité, la
rentabilité étant encore le talon d'Achille des banques
africaines. D'ailleurs la zone UEMOA n'aligne que deux (2) banques dans le Top
50 des banques africaines par le PNB : Ecobank Transnational Inc. (maison
mère) et la Société Générale de Banque en
Côte d'Ivoire (SGBCI) respectivement à la 16è et 44è
place. Ces deux banques occupent respectivement la 39è et la 72è
position dans le classement des 200 premières banques africaines par le
total du bilan7(*) de
2004.
En ce qui concerne la proposition de mesure que nous faisons
à la BOAD, elle résulte encore d'un autre constat : le
risque de change de cette institution pourrait être à terme
transféré aux emprunteurs grâce à l'indexation des
prêts sur le panier des devises d'endettement de la BOAD8(*). L'exposition de cette
dernière à un tel risque serait dès lors
négligeable sinon nulle. L'inquiétude portera désormais
sur le risque de taux d'intérêt essentiellement. Nous entendons
alors proposer à la BOAD une mesure de son risque de taux
d'intérêt qui en appréciera l'impact sur la valeur
patrimoniale et les fonds propres. Cette mesure viendrait en complément
des mesures de volume et de marge, permettant ainsi de mieux cerner, dans sa
globalité, le risque de taux d'intérêt encouru par la
Banque9(*).
Partant, l'intérêt de notre étude sera
à mettre à l'actif de la BOAD pour deux (2) raisons essentielles.
D'abord la BOAD, en intervenant sur le marché de l'UEMOA, est de fait en
interrelation avec tous les établissements bancaires de la zone. Elle
leur prête souvent des ressources par le biais des Accords Cadres de
Refinancements (ACR)10(*),
ressources dont elle attend un retour sur investissement. Si ces banques savent
et peuvent bien gérer leurs risques financiers, elles y gagneront certes
mais ce sera tout à l'avantage de la BOAD qui peut être sur de
récupérer les ressources placées sur le marché
interbancaire. Il y a donc là intérêt à vulgariser
l'ALM. Enfin, utiliser la mesure de valeur pour mesurer le risque de taux
d'intérêt permettra à la Banque de compléter ses
instruments de mesure pour affiner l'analyse et la gestion d'un tel risque et
son corollaire d'impact sur la politique commerciale ou d'aide aux
décisions stratégiques. Ses décisions ne seront donc plus
tributaires d'un seul instrument de mesure du risque de taux
d'intérêt.
Pour ce faire, notre travail s'articulera autour de huit (8)
chapitres regroupés en deux (2) parties : dans la première,
nous aborderons le cadre théorique de l'ALM et des risques. La seconde
partie décrira la pratique de l'ALM à la BOAD et nous permettra
de proposer une solution complémentaire pour la mesure du risque de taux
d'intérêt.
Première partie : CADRE THEORIQUE DE LA GESTION DES
RISQUES DE TAUX D'INTERET ET DE CHANGE PAR L'APPROCHE ALM
Cette première partie comporte quatre
(4) chapitres : le premier présente sommairement la BOAD tandis que
le deuxième est consacré à des notions
générales sur l'ALM et les risques bancaires. Le troisième
chapitre, par contre, traite des techniques de mesure des risques de taux
d'intérêt et de change. La couverture ou gestion de ces risques
fait l'objet du dernier chapitre.
Il s'agira essentiellement de présenter le cadre
théorique des concepts ci-dessus énumérés. Ce cadre
nous servira de filtre pour comprendre et apprécier ce qui est fait en
pratique à la BOAD.
Chapitre 1 : GENERALITES SUR LA BANQUE OUEST AFRICAINE
DE DEVELOPPEMENT
(BOAD)
Pour mieux connaître cette institution, nous
présenterons brièvement la BOAD, ses activités et
interventions puis la Division de la Gestion des Risques (DGR).
1.1/-
Présentation De La BOAD
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) est
une institution de financement du développement commune aux Etats
membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
Créée le 14 Novembre 1974, et sise à Lomé (Togo),
la BOAD a pour mission de « promouvoir le développement
équilibré des Etats membres et de réaliser
l'intégration économique de l'Afrique de l'Ouest ».
Son capital autorisé au 30/06/2005 est de 700 milliards
de FCFA et est détenu à majorité par les Etats membres de
l'UEMOA. D'autres Etats et organismes extérieurs interviennent
également dans l'actionnariat (Voir Annexe 1 : Structure du
capital de la BOAD au 30/06/2005). La Banque est gérée
et administrée par un Président nommé par le Conseil des
Ministres de l'UEMOA et par un Vice-Président nommé par le
Conseil d'Administration comme le montre l'organigramme présenté
à la page suivante.
La Banque a promu trois (3) institutions de financement
spécialisées :
- CAURIS Investissement SA (première
société de Capital Investissement à vocation sous
régionale dont l'activité couvre les huit (08) Etats membres de
l'UEMOA)
- le Fonds de Garantie des Investissements Privés en
Afrique de l'Ouest (GARI) qui a pour ambition de « faciliter
l'accès des entreprises privées de la région aux
financements à moyen et long terme, par le partage, avec les
établissements de crédit, des risques liés à ces
opérations »
- le Fonds Ouest africain d'Investissement (FOAI)
A celles-ci, s'ajoute le Projet d'Utilisation du Fonds Suisse
(PUFS) dont « l'objectif principal est d'accompagner un processus
expérimental d'intervention de la BOAD en faveur des organisations de
base (OB) en finançant les opérations sous formes se subventions
et de crédit.
Figure 1 :
Organigramme global de la BOAD au 01/01/200511(*)

1.2/-
Activités Et Interventions De La BOAD
Les activités
développées par la BOAD concernent : l'assistance technique
aux Etats, l'intégration économique, la lutte contre la
pauvreté, la mobilisation des ressources et la coopération, le
soutien au secteur privé. Ses domaines d'intervention sont le secteur
public, marchand et non marchand, et le secteur privé. Les interventions
de la Banque se font sous forme de prêts, de lignes de refinancement, de
prises de participations et/ou de garanties, de financement d'études,
d'assistance aux projets et d'allègement des conditions d'emprunts par
bonification des taux d'intérêt. Les bénéficiaires
des interventions de la BOAD sont en priorité les Etats membres de
l'UEMOA et leurs démembrements ainsi que les personnes physiques ou
morales ressortissantes de la zone. Peuvent également
bénéficier des interventions de la BOAD, les personnes physiques
ou morales non ressortissantes de la zone UEMOA mais désireuses d'y
investir. Bien entendu, tous ces bénéficiaires potentiels doivent
soumettre à la Banque une demande de financement qui sera
étudiée à la lumière de critères
d'intervention arrêtés par la BOAD.
Le bilan de la BOAD au 31/12/04 se présente comme
indiqué ci-dessous :
Tableau 1 : Bilan
de la BOAD au 31/12/2004

On constate, en lisant ce bilan, qu'à l'actif il y a
une prépondérance de l'activité avec les actionnaires
(52,49%) suivie de l'activité avec la clientèle (35%). La caisse
et le secteur interbancaire interviennent de façon marginale (6,16%). Le
passif révèle que les actionnaires sont les principaux
pourvoyeurs de ressources à travers le capital de la Banque (56,23%)
soit un peu plus du double des ressources d'emprunt (26,90%). Le
résultat net au 31/12/2004 est bénéficiaire et
s'élève à 3.115 M FCFA, soit 0,37% du passif total.
1.3/-
Présentation De La DGR
La Division de la Gestion des Risques (DGR) a
été créée en Janvier 2005 en lieu et place de
l'Unité de Gestion des Risques (UGR) qui, elle, existait depuis 1999. La
DGR est rattachée à la Direction de la Gestion des Engagements et
des Risques (DGER). L'organigramme de la DGER, présenté à
la page 10, montre que cette Direction qui coiffe également la Division
des Décaissements sur Financements (DDF) et la Division de la
Comptabilité des Prêts (DCP) est hiérarchiquement
rattachée au Département des Finances et de la
Comptabilité (DFC). La DGR a deux (2) missions essentielles : le
suivi des risques de taux d'intérêt et de taux de change dans le
cadre de la Gestion Actif/Passif (ALM) de la Banque puis le suivi des risques
de contrepartie du secteur marchand de la BOAD (voir Annexe 2 :
Missions de la Division de la Gestion des Risques (DGR)).
Maintenant que nous avons fait connaissance
avec la BOAD, intéressons-nous à des notions
générales sur l'ALM et les risques bancaires.
Figure 2 :
Organigramme du Département des Finances et de la Comptabilité
(DFC) de la BOAD au 01/01/200512(*)

Chapitre 2 : GENERALITES
SUR L'ALM ET LES
RISQUES BANCAIRES
Trois (3) paragraphes composent ce
chapitre : nous présenterons de façon générale
l'ALM avant de nous pencher sur le risque et sa gestion pour
mieux cerner la typologie des risques bancaires.
2.1/-
Généralités Sur L'ALM
Nous aborderons dans ce paragraphe, la
définition de l'ALM, son objet, sa démarche et les clés du
succès en ALM.
2.1.1/- Définition l'ALM
La Gestion Actif/Passif ou Asset and Liability Management
(ALM) peut être définie comme une méthode globale
et coordonnée permettant à une entreprise, et notamment à
une banque, de gérer la composition et l'adéquation de l'ensemble
de ses actifs et passifs et de son hors-bilan13(*).
2.1.2/- Objet
Pour comprendre l'objet de l'ALM, il faut se souvenir
que « la gestion globale des risques consistait avant 1970 à
la gestion du passif. Puis elle s'est étendue à la gestion de
l'adéquation de variation de valeur du couple actif/passif jusqu'en
1980. Depuis, elle s'est intéressée au calcul du rendement des
fonds propres. Les travaux actuels portent maintenant sur le pilotage de ce
rendement »14(*).
C'est pourquoi l'ALM « vise à maîtriser
dans les meilleures conditions de rentabilité des fonds propres, les
conséquences négatives potentielles des risques
financiers15(*) ». En d'autres termes il s'agit d'optimiser
la rentabilité des fonds propres tout en préservant un niveau
acceptable de risque de taux, de change et de liquidité et en assurant
une allocation des fonds propres de manière à adapter le volume
et la structure des emplois et ressources et des activités à
l'évolution du marché et à l'environnement financier et
réglementaire, notamment aux ratios prudentiels. On parle alors
d'optimisation du couple risque/rentabilité.
La gestion financière offre plusieurs techniques de
réduction ou de gestion du risque qu'on peut regrouper entre adossement,
immunisation, diversification et couverture à terme16(*). Mais si le risque et sa
gestion ont toujours préoccupé les banques et
établissements financiers, le recours à l'ALM en tant
qu'outil de pilotage, en plein essor depuis les années 90, est le
fruit d'une volonté plus active de mieux cerner le risque. Ce dernier
n'est plus considéré comme un élément
« intangible » sujet seulement à une mesure
qualitative. Dans le cas particulier des risques financiers imputables aux
soubresauts des marchés financiers, les techniques et outils de l'ALM en
permettent une meilleure définition, une mesure quantitative, donc plus
précise, une planification plus élaborée mais
également une gestion plus adéquate. « La gestion
actif/passif apporte des informations déterminantes dans les choix
stratégiques, sur les marges réalisées par produits ou par
activité, et donc sur les performances économiques des
différents secteurs, sur la sensibilité de l'établissement
aux évolutions des marchés financiers... »17(*). La plupart des concepts
utilisés en ALM ne sont pas nouveaux, mais leur application dans un
cadre plus cohérent fait de l'ALM un puissant outil de création
de valeur pour l'actionnaire et de contrôle du risque18(*). C'est ainsi que l'ALM
« débouche sur des préconisations d'action, en termes
de financement, de placement, de couverture et de tarification19(*) ».
2.1.3/- La démarche ALM
Pour réaliser l'équilibre
risque/rentabilité, la démarche ALM peut se scinder en trois
phases20(*) :
- définition du champ de la gestion,
c'est-à-dire ses attributions et relations avec les autres divisions de
l'organisation,
- identification et mesure des risques
- gestion effective de ces risques en en précisant les
objectifs, contraintes et actions de gestion
Notons cependant que l'ALM ne se considère pas comme la
panacée face à tous les risques que pourrait rencontrer une
banque. Elle n'est impliquée que « dans la gestion des risques
que son activité fait encourir à l'établissement. Mais
elle n'a pas vocation à gérer l'ensemble des risques21(*) ». Reste alors que
certaines situations exceptionnelles telles que les faillites d'autres banques
sources de « run on bank », les catastrophes
naturelles, les conflits ou guerres et autres émeutes sont difficilement
prévisibles et se prêtent moins à une mesure quantitative.
Tout au plus leurs effets peuvent faire l'objet d'estimation ou de simulations
de « stress scenario22(*) ».
2.1.4/- Les clés du succès en matière
d'ALM
Pour réussir, l'ALM requiert :
- une forte implication des hautes instances de direction
- la constitution d'un Comité de Gestion/Passif ou
Comité ALM aux tâches et responsabilités bien
définies et disposant de toutes les ressources humaines,
matérielles ou financières pour mener à bien son
activité
- un système d'information performant et adéquat
permettant une bonne remontée d'information ; c'est le principe du
« Garbage In, Garbage Out »
- des décisions et recommandations
compréhensibles, claires, pertinentes, cohérentes et facile
à mettre en oeuvre par l'organe opérationnel.
- des indicateurs de gestion pertinents pour servir de tableau
de bord.
2.2/-
Généralités Sur Le Risque Et Nécessité De Sa
Gestion
Nous définirons ici la notion de risque, avant de
traiter de la nécessité de la gestion du risque et de la
problématique que pose cette gestion.
2.2.1/- Définition du risque
Lorsque les flux de trésorerie escomptés
à une date future ne peuvent être prévus avec certitude
dans une décision financière, il y a risque du fait de cette
incertitude23(*). Le
risque inclut alors la survenance de mauvais résultats
c'est-à-dire des rendements inférieurs à ceux
escomptés tout comme il inclut celle de bons résultats à
savoir des rendements supérieurs à ceux escomptés. Dans le
premier cas on parle de risque négatif ou downside
risk, c'est-à-dire le risque de voir les résultats
tirés vers le bas. Dans le second cas, par contre, on parle de risque
positif ou upside risk c'est-à-dire le risque d'avoir
des résultats tirés vers le haut24(*). Cette situation met
généralement le gestionnaire de risque, également
appelé risk manager face une multitude
d'éventualités. Il est, toutefois, entendu que ce qui
inquiète le plus ce dernier n'est pas tant l'évolution positive
de ses résultats mais plutôt le risque downside.
Le risque étant
défini, penchons-nous sur la nécessité de sa gestion.
2.2.2/- Nécessité de la gestion du
risque
Le management ou gestion du risque est « l'ensemble
des outils, des techniques et des dispositifs organisationnels qui permettent
de mesurer et de contrôler les risques25(*) ». La réglementation prudentielle,
qu'elle soit nationale ou internationale, impose aux banques et
établissements financiers une meilleure gestion des risques afin de
préserver la stabilité du système bancaire et financier.
Mais, il importe également pour ces établissements de consacrer
une bonne partie de leurs tâches à la question de la gestion des
risques encourus.
En effet, « jusqu'aux années 60, aux
Etats-Unis, le manque de compétition et la réglementation
permettaient aux banques de gérer leur bilan suivant la règle
du 3-6-3 : payer 3% pour les dépôts, consentir des
prêts à 6% et partir pour le golf à 3 heures de
l'après midi »26(*). Mais la volatilité des taux
d'intérêt des années 70 et la
déréglementation financière des années 80 ont eu
raison de cette règle en causant la faillite des Saving and Loans.
On comprend alors que l'ALM se soit alors développée au
début des années 90, c'est-à-dire à l'occasion de
ce problème de faillite des caisses d'épargnes
américaines. Récemment, une étude réalisée
en 2004 par la Banque des Règlements Internationaux et
résumée dans le tableau ci-dessous, a prouvé que les
principales causes des crises bancaires récentes dans les
économies matures (pays du G10) sont à rechercher dans la
mauvaise gestion du risque de crédit (85%), du risque de marché
(31%) et du risque opérationnel (38%).
Tableau 2 :
Causes majeures des crises bancaires récentes dans les économies
matures27(*)
|
Type de Risque
|
Nombre de cas
|
Pourcentage de faillite
|
|
Crédit
|
11
|
85%
|
|
Marché
|
4
|
31%
|
|
Opérationnel
|
5
|
38%
|
|
Source : Banque des Règlements
Internationaux, Document de travail sur les faillites bancaires dans les
économies matures, Avril 2004
|
Fort de ces chiffres, l'on peut déduire que ne pas
gérer son risque ou mal le gérer, c'est manquer d'un outil
puissant d'aide à la décision. C'est également mettre en
péril la qualité de ses résultats, sa solvabilité
et sa pérennité.
Une saine gestion des risques permet aux banques :
- de mieux comparer et contrôler entre elles des
entités telles que les centres de responsabilité, les produits ou
activités et les clients par intégration du risque au
reporting interne des performances28(*).
- de mieux définir leurs politiques de mobilisation de
ressources
- d'affiner leurs politiques commerciales en incorporant aux
taux clients le coût des risques pris lors de leurs engagements
- de bien élaborer les éventuelles politiques
correctives. C'est par exemple le cas lorsque l'on réoriente les
portefeuilles d'engagement vers les opportunités les plus rentables au
regard de leur profil de risque29(*).
- de maximiser la valeur des investissements puis celle de
l'établissement et mieux rémunérer les actionnaires
à travers une plus grande création de valeur. En effet, le
principe de financement stipule que la combinaison de fonds propres et de dette
choisie pour financer des investissements devrait maximiser la valeur des
investissements effectués30(*).
S'il est avéré que « le risque
augmente de façon exponentielle avec le rythme de l'évolution,
mais que les banquiers sont lents à corriger leur perception du
risque31(*) », alors
pour une banque, ne pas gérer parfaitement son risque, c'est courir
également le risque de se laisser distancer, avec le temps, par la
concurrence lorsque les turbulences défavorables de l'environnement se
réalisent. C'est pourquoi « une gestion des risques n'a pas de
sens indépendamment des performances attendues et son objectif est
d'optimiser le couple risque/rentabilité »32(*) car la gestion des risques et
la rentabilité vont de pair. Deux (2) concepts forts utilisés par
les banquiers sont à cet effet apparus dans le cadre de la gestion des
risques : la valeur exposée au risque ou Value-at-Risk
(VAR) et le Risque Maximum Tolérable (RMT)33(*). Le premier concept est
relatif aux éléments du bilan et du hors-bilan concernés
par un type de risque donné. Le second, quant à lui,
considère la part des fonds propres, des bénéfices futurs
et des garanties qu'une banque est prête à perdre si ce risque
venait à se réaliser. Le lien entre ces deux (2) notions et les
risques encourus par un établissement de crédit est
schématisé ci après :
Figure 3 :
Risques bancaires, VaR et RMT
Risques Politiques
- Risques de management
- Risques de stratégie
- Risques éthiques
- Risques extérieurs
Risques bancaires et parabancaires
- Risques économiques
- Risques de contrepartie
- Risques de marché
- Risques sur autres activités parabancaires
Risques Techniques
- Risques opérationnels
- Risques environnementaux
- Risques sur systèmes d'information
- Risques autres
Choix du niveau de risque acceptable
Fonds propres
Bénéfices
Garanties
Valeur exposée au risque
RMT

Ce schéma34(*) montre bien que les risques, qu'ils soient
politiques, techniques, bancaires et parabancaires, font supporter des
coûts aux établissements de crédit du fait de l'exposition
des éléments de bilan et de hors bilan à ces risques.
C'est au regard de la valeur exposée au risque de son bilan et de son
hors bilan qu'une banque doit choisir un niveau de risque acceptable, ce seuil
acceptable découlant de la fraction des fonds propres, des
bénéfices et des garanties qu'elle sacrifierait si le ou les
risques advenaient.
2.2.3/- La problématique de la gestion du risque
Plusieurs éléments sont à prendre en
compte en matière de gestion du risque :
- l'inventaire et la cartographie des risques de
l'établissement
- les formes ou facteurs de matérialisation des risques
identifiés
- la mesure ou quantification des risques
- les mesures de couverture des risques encourus
De ce qui précède, l'on peut déduire que
pour mieux gérer les risques il faut les répertorier, en indiquer
l'intensité, la forme et la probabilité d'occurrence. Il ne peut
y avoir non plus de bonne gestion ou de couverture du risque sans parfaite
mesure du risque encouru. En général, l'on a recourt à la
volatilité ou écart-type comme indicateur statistique de mesure
du risque. L'écart-type est la racine carrée de la variance,
également appelée dispersion35(*). La volatilité détermine alors
l'ampleur des fluctuations des cours ou rendements par rapport à une
moyenne calculée ou attendue pour une période
donnée36(*). Mais
pour mieux cerner le risque, Joël BESSIS (1995)37(*) conseille d'en préciser
l'exposition, la sensibilité38(*) et l'aléa qui en est la cause :
- l'exposition au risque est le volume d'encours
« sensibles » aux aléas externes
- la sensibilité, mesurée en valeur, est le
rapport entre la variation des résultats et la variation de
l'aléa qui en est la cause
- l'incertitude ou aléa est déterminé par
le facteur exogène à la base de la volatilité des
résultats.
Nous avons jusqu'ici
parlé du risque de façon générale. Dans les pages
qui suivent nous nous intéresserons singulièrement aux risques
bancaires, non sans avoir traité de leur typologie.
2.3/- Typologie Des Risques Bancaires
Les risques bancaires sont nombreux et divers. Nous
soulignerons dans ce paragraphe leur multiplicité, leur taxinomie puis
nous en définirons les plus usuels.
2.3.1/- La multiplicité des risques bancaires
Il existe une multitude de risques bancaires. Leur
classification, typologie ou taxinomie diffère selon les auteurs
à cause surtout des fortes interdépendances qui existent entre
les risques, les uns pouvant entraîner les autres. Toutefois, on retrouve
généralement les mêmes appellations pour les risques
quelque soit l'auteur retenu.
Antoine SARDI39(*) (2002), par exemple, inventorie une vingtaine de
risques bancaires qu'il regroupe en quatre (4) catégories :
le risque de crédit, les risques de marché, le risque
opérationnel et les autres risques.
De son côté, le Secrétariat de la
Commission Bancaire en France distingue une trentaine de risques
répertoriés en trois (3) groupes40(*) :
- les risques politiques : ils
comprennent le risque de management, le risque de stratégie, le risque
« éthique » ou risque de non respect des
règles réglementaires, fiscales et déontologique. A ce
groupe, s'ajoute également le risque extérieur qui est relatif
aux risques politiques, sociaux, humains, internationaux, systémiques et
des réactions engagées pour y faire face.
- les risques bancaires : on y distingue
les risques économiques prenant en compte toutes les erreurs de
prévisions et de calcul de rentabilité puis les risques de
contrepartie. Ces derniers englobent notamment les risques de
défaillance interbancaire/clientèle, les risques de taux
d'intérêt, de change, de transferts, de
liquidité/transformation, de solvabilité/rentabilité, de
produits/supports, de titres à revenus variables/fixes, de
règlement/livraison et les risques sectoriels/géographiques
consécutifs à une mauvaise division des risques.
- les risques techniques : ce groupe
inclut les risques opérationnels (risques techniques, technologiques,
juridiques, organisationnels et administratifs), les risques environnementaux
(risques naturels et risques sociaux), les risques sur les systèmes
d'information et les risques divers portant entre autre sur la
sécurité des personnes, des biens et des transports.
A l'analyse il ressort, selon Gilles MORISSON (2001) 41(*), deux (2) types d'auteurs
à savoir les théoriciens et les praticiens. Les premiers
distinguent et soulignent l'interdépendance qui existe entre les risques
d'actif, par exemple le risque de contrepartie et risque de solvabilité
et les risques de passif du bilan comme le risque de liquidité et le
risque de transformation. Les seconds, eux, enrichissent l'approche
précédente en identifiant un autre groupe de risques dits
« risques opérationnels » pour tenir compte des
risques imputables au fonctionnement même de la banque, à son
organisation et à la stratégie arrêtée par ses
instances de direction.
2.3.2/- La taxinomie des risques
bancaires
Compte tenu de la multiplicité des risques bancaires,
nous proposons ici la taxinomie de G. MORISSON42(*). Elle est plus exhaustive et tient compte de
l'origine des risques, de leur caractère conjoncturel ou structurel, de
leur aspect micro ou macroéconomique ainsi que de leurs
conséquences. Elle a également l'avantage de ne pas être
une simple énumération de risques comme en trouve très
souvent dans la littérature bancaire et financière. Cette
taxinomie distingue deux (2) niveaux de risques :
- les risques microéconomiques ou individuels
ou endogènes : pour cette catégorie de risques, la
banque est plutôt risk maker (faiseur de risques/risques
choisis).
- les risques macroéconomiques ou globaux ou
exogènes : la banque est ici plutôt risk
taker (preneur de risques/risques subis).
2.3.2.1/- Les risques bancaires microéconomiques
Cette catégorie de risques a deux (2) origines :
ils peuvent être externes (c'est-à-dire liés au
marché ou aux autres pays) ou bien internes (c'est-à-dire
liés à la banque ou au pays) :
- les risques externes ou risques de
marché : ils sont liés à la nature ou
à la spécificité de fonction de production bancaire
(risques liés à l'activité même). Dans leur
ensemble, les risques de marché naissent des transactions
effectuées par les banques sur les marchés du dépôt
et du crédit, sur le marché interbancaire des changes et sur
l'ensemble des marchés de produits dérivés de change, de
taux d'intérêt et de prix des actions. Ces risques comprennent
donc des risques de quantités et
des risques de prix. Les risques de
quantités concernent les risques de crédit/contrepartie, de
livraison/règlement et les risques de liquidité. Les risques de
prix incluent les risques de taux d'intérêt, de taux de change, de
cours des actions, de prix de l'immobilier et de matière
premières.
- les risques internes ou
opérationnels : ils relèvent de la nature
d'entreprise humaine que constitue la banque et qui génère des
risques liés à son organisation et à sa stratégie.
On y regroupe les risques organisationnels et les risques de
stratégie. Les premiers sont propres au système
d'information, au contrôle de gestion, au contrôle interne, au
management et au risque juridique avec les contreparties. Les risques de
stratégie par contre, portent sur les risques relatifs aux
emplois/ressources (transformation, concentration, diversification, divers) et
aux risques sur les marchés (spéculations, couverture, market
making)
2.3.2.2/- Les risques bancaires macroéconomiques
Ces risques sont exogènes à la
banque et s'imposent donc à elle. A l'instar des risques
microéconomiques, ils peuvent être internes ou externes au pays
d'origine ou d'implantation :
- Les risques internes : ils peuvent
présenter un caractère conjoncturel ou
structurel. Pour ce qui concerne les risques conjoncturels, il
faut savoir que le ralentissement de la conjoncture entraîne une
dégradation de la qualité des actifs, donc des risques tandis
qu'une amélioration de la conjoncture provoque leur redressement. Ces
risques dépendent donc de la situation macroéconomique et macro
monétaire. Les risques structurels, eux, relèvent de
l'environnement politique, juridique, réglementaire, économique
et de l'état du système bancaire.
- Les risques externes : ce sont des
risques liés aux autres pays et qui résultent
généralement de chocs externes et d'effet de contagion. Ils
peuvent avoir une composante conjoncturelle ou
structurelle. En situation conjoncturelle, ces risques peuvent
résulter de chocs exogènes portant sur les taux
d'intérêt, les taux de change, les cours boursiers ou de situation
de non transfert du fait de la cessation de paiement d'un pays. La composante
structurelle de ce type de risques découle, quant à elle, de la
conjonction de plusieurs dysfonctionnements dans les systèmes bancaires
et financiers. Dans une telle situation, c'est l'ensemble du système
bancaire international qui est confronté à un risque
systémique.
Le schéma ci-après reprend l'ensemble des
risques ci-dessus évoqués :
Figure 4 :
Taxinomie des risques bancaires
RMT
Fonds propres
Conséquences
Coûts
Origine
Caractère
Risques de stratégie
. Emplois ressources
Transformation divers
. Sur les marchés
(spéculation, couverture, market making
Internes
ou
opération-nels
Pertes
Valeur exposée aux risques
Risques Bancaires
Niveau
Rentabi
l
I
té
Revenu
Risques organi-
sationnels :
- Contrôle de gestion
- Contrôle Interne
- Management
- Juridique
Micro
écono-
miques
ou
indivi-
duelles
ou
endo-
gènes
Risk Maker
Liquidi
té
Solvabi
l
i
té
Provisions
A
c
t
i
f
s
Externes
Ou
de marché
Internes
ou
liés au pays d'origine
ou
d'implanta-tion
Externes
Ou
Liés
au
pays
Risques conjoncturels ou chocs exogènes
- non transfert
- chocs exogènes
- taux d'intérêt
- taux de change
- cours boursiers
Risques structurels ou crise systémique internationale
Risques structurels
Environnement politique, juridique, règlementaire
Risques de prix
- Taux d'intérêts
- Taux de change
- Cours des actions
- Prix immobilier
- Prix des matières premières
Risques de quantité
De crédit ou de contrepartie
Règlement livraison
Risque de liquidité
Risques conjoncturels
Situation macro économique et macro monétaire
Macro écono-
miques
ou
glo-
baux
ou
èxo-gènes
Risk taker
Selon ce schéma, et comme nous l'avons
déjà indiqué au paragraphe 2.2.2, tous ces risques
occasionnent des coûts pour la banque, coûts qui se traduisent par
des pertes de revenus et d'actifs. Cela a bien entendu des incidences
négatives sur la rentabilité, les provisions, la
solvabilité et la liquidité de la banque dans la mesure où
ce sont ces fonds propres qui s'évaporent. Elle doit donc être
capable d'évaluer un seuil de Risque Maximum Tolérable (RMT) au
regard de sa valeur exposée au risque (VaR).
2.3.3/- Définitions de quelques risques usuels
Les risques les plus usuels sont le risque de
crédit/contrepartie, le risque de liquidité, le risque
opérationnel, les risques de solvabilité, de marché, de
taux d'intérêt et de change.
2.3.3.1/- Risque de crédit / contrepartie
Cette catégorie comporte le risque de crédit aux
particuliers et entreprises, le risque de contrepartie, le risque de
règlement, le risque environnemental et le risque pays. Ce type de
risque est d'ailleurs le plus ancien, mais il constitue aujourd'hui encore le
principal risque pour les établissements de crédit43(*). Il est
relatif au non remboursement à l'échéance par un
particulier, une entreprise ou un emprunteur institutionnel des
intérêts et/ou du principal. Ce risque de défaut de
remboursement des prêts, est enregistré dans le bilan. Mais le
risque de crédit /contrepartie peut porter également sur
l'incapacité d'honorer à terme un engagement de livraison de
fonds, de titres, de garantie ou de caution. Il est dans ce cas
enregistré au hors-bilan.
Au début des années 1990, la crise majeure qui a
secoué l'Asie et particulièrement le Japon trouve son origine
dans le risque de crédit du fait des pertes importantes sur
crédits bancaires44(*). Découlant des choix des marchés et des
clients, le risque de crédit présente un aspect commercial bien
qu'il ait un impact financier important. Au sens large, ce risque tient compte
de la « dégradation de la situation financière d'un
emprunteur, dégradation qui accroît la probabilité de
défaut, même si le défaut proprement dit ne survient pas
nécessairement »45(*).
Selon Jean DERMINE46(*) (2003), il est nécessaire de faire une nuance
entre le risque de crédit et le risque de contrepartie ce dernier
étant plutôt relatif à un type particulier de risque de
crédit dans lequel l'emprunteur est une institution financière.
Au demeurant, quelle que soit la contrepartie, le risque de
crédit ou de contrepartie revêt les trois formes suivantes :
- le risque sur l'emprunteur à travers les
crédits accordés ou les placements effectués,
- le risque sur le prêteur eu égard aux lignes
stand-by,
- le risque de contrepartie sur instruments
dérivés tels que les swaps, FRA, caps, floors et autres
options47(*).
2.3.3.2/- Risque de liquidité
On l'aborde, en général, sous trois (3)
angles48(*) :
- Très souvent, le risque de liquidité
intervient quand la banque ne dispose pas de liquidités suffisantes pour
couvrir les besoins inattendus comme par exemple les retraits massifs des
dépôts ou de l'épargne des clients. C'est donc l'absence
d'un matelas de sécurité qui fait courir à la banque ce
risque.
- On peut définir encore le risque de liquidité
sous la forme d'un état d'illiquidité extrême pouvant
conduire à la faillite d'un établissement bancaire. Des pertes
importantes pouvant être à l'origine de cette situation, il peut
s'en suivre des retraits massifs de fonds ou la fermeture de lignes de
crédits d'autres banques ce qui peut provoquer la crise de
liquidité. Il y a dans ce cas une crise de confiance du marché
à l'égard de l'établissement concerné.
- La troisième acception du risque de liquidité
pour une banque est relative à sa capacité de lever des
ressources sur le marché à un coût normal pour couvrir ses
besoins. Cette capacité dépend essentiellement de la situation
de liquidité du marché et de celle de l'établissement de
crédit lui-même. Il y a ici crise de confiance des prêteurs
à l'égard de l'établissement considéré.
Une quatrième cause, souvent exogène à
l'établissement, peut être à l'origine du risque de
liquidité. Il peut s'agir notamment d'une grave crise économique,
une réglementation contraignante ou restrictive entraînant des
fermetures sur certains segments de marché ou de catastrophe. Par
exemple en 2001, la Turquie a connu une grave crise de liquidité lorsque
les taux courts s'élevaient à 1000%49(*). Mais la solidarité
entre les banques et l'intervention des banques centrales permet
d'éviter ces situations extrêmes en raison du risque
systémique qu'elles pourraient engendrer50(*).
2.3.3.3/- Risque opérationnel
C'est le risque qui résulte d'une inadéquation
ou d'un échec des processus internes, hommes et systèmes ou de
facteurs externes. Ce risque concerne entre autres les
risques d'exécution, de modèle, de fraude, légal,
réglementaire. En particulier, le risque
d'exécution concerne les pertes imputables à la saisie de
données ou aux défaillances informatiques. C'est ce qui est
arrivé à la Société Générale de
Banque en Côte d'Ivoire (SGBCI), filiale du groupe Société
Générale, au lendemain du passage à l'an 2000. Un effort
remarquable lui aura permis de conserver place de leader en Côte d'Ivoire
devant la Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie en Cote
d'Ivoire (BICICI), la Banque Nationale d'investissement (BNI), la Banque
Internationale pour l'Afrique de l'Ouest (BIAO-CI) et la Société
Ivoirienne de Banque (SIB). Ces cinq (5) banques occupent respectivement la
5è, 14è, 15è 21è et 29è place dans le
classement des 50 premières banques d'Afrique subsaharienne lorsqu'on
les range selon le total de leur bilan de 200451(*).
Parfois sous estimés, le suivi et le contrôle des
autres risques est rendue difficile voire impossible si les responsables de la
banque ne font rien pour pallier les risques opérationnels.
2.3.3.4/- Risque de solvabilité
L'écart entre le risque de liquidité et le
risque de solvabilité est très mince. Ce dernier désigne
la situation où les pertes excèdent les fonds propres, du reste
en faible proportion dans le passif des banques52(*). C'est donc le risque de ne pas disposer de
fonds propres suffisants également appelés fonds propres
« économiques » ou fonds « propres
notionnels » pour absorber des pertes éventuelles. Cette
situation traduit au regard de la réglementation prudentielle sur les
fonds propres, une inadéquation entre ceux-ci et l'ensemble des risques
pris par la banque.
2.3.3.5/- Risque de Marché
On y retrouve, entre autres, les risques de taux
d'intérêt, le risque de change, le risque sur marchandises, le
risque sur les titres ou indices boursiers et les risques sur produits
dérivés. Il désigne alors « les
déviations défavorables de la valeur de marché des
positions pendant la durée minimale requise pour liquider les
positions »53(*)
car le prix de ces actifs varie au gré des fluctuations du prix du
marché sous-jacent. Plus récents et plus complexes que les autres
risques, les risques de marchés sont également plus destructeurs
de valeurs. L'extrême volatilité du prix des actifs
transigés sur les marchés en est la principale cause54(*). On a encore à l'esprit
la faillite de la banque Baring en 1994 qui peut raisonnablement être
imputée à la fois à un risque de marché et à
un risque opérationnel car il s'est agit d'un manque de contrôle
des activités de trading de la banque en Asie mais
également d'un déficit de contrôle interne55(*).
2.3.3.6/- Le risque de taux d'intérêt
Il survient à l'occasion d'une évolution
défavorable des taux d'intérêt affectant
négativement les résultats de la banque dès lors que
celle-ci indexe ses emplois et/ou ressources sur les taux du marché.
C'est généralement le cas « car la
quasi-totalité de leurs encours du bilan engendre des revenus et des
charges qui sont, à plus ou moins long terme, indexés sur les
taux du marché56(*) ». Cela peut donc porter sur la marge de
transformation c'est-à-dire les résultats courants ou les valeurs
patrimoniales inscrites au bilan.
La question du risque de taux d'intérêt est
délicate dans la mesure où il existe de nos jours une multitude
de taux avec des formules diverses57(*). On pourrait citer notamment : les taux
directeurs de la banque centrale, les taux du marché monétaire
pour les titres de créances négociables, les taux du
marché financier ou taux à long terme pour les obligations, les
taux de placement à court terme pour les comptes sur livrets, les taux
débiteurs (créditeurs) payés par un emprunteur (une
banque) à son banquier (à ses déposants). Les formules de
taux vont des taux fixes aux taux variables en passant par les taux
révisables et les taux administrés. En outre, l'impact de
l'évolution défavorable des taux pour la banque est encore plus
marqué lorsqu'il existe des options
« cachées » ou « implicites »
dans les produits bancaires. C'est notamment le cas des remboursements
anticipés ou des dépôts à vue lorsque ceux-ci sont
transférés vers des placements plus rémunérateurs
du fait des conditions du marché. En effet dans une telle situation, la
banque aura du mal à prévoir et mesurer avec exactitude les
incidences du comportement futur de sa clientèle. L'expérience
malheureuse des Savings and Loans aux USA montre à quel point
ce risque optionnel « indirect » est potentiellement
dangereux.
En France, le Comité de la Réglementation
Bancaire et Financière (CRBF) définit le risque
d'intérêt global (RTG) d'un établissement financier comme
« le risque encouru en cas de variation des taux
d'intérêt du fait de l'ensemble des opérations de bilan et
hors-bilan, à l'exception, le cas échéant, des
opérations soumises aux risques de marché »58(*). En effet le portefeuille
d'activité d'une banque peut être scindé en portefeuille de
négociation et en portefeuille bancaire. Le portefeuille de
négociation regroupe des opérations généralement
valorisées au cours du marché. Pour ces opérations dites
« marked to market », le risque de taux est
immédiatement matérialisé dans les comptes et ne fait pas
l'objet d'un suivi particulier. Les autres opérations (non marked to
market) constituent le portefeuille bancaire et sont traditionnellement
gérées par l'ALM59(*).
2.3.3.7- Le risque de change
C'est le risque que court la banque de réaliser des
pertes à cause des évolutions défavorables des taux de
change. Il survient suite à une indexation de produits et charges sur
des cours de change ou lorsque des éléments d'actif et de passif
sont libellés en devises. Il y a alors détérioration de la
contre-valeur en monnaie locale des flux de recettes/règlements
libellés en devises étrangères. De même en est-il de
la contre-valeur bilancielle en monnaie locale des éléments
d'actif et de passif libellés dans une autre monnaie60(*). Ce risque, plus complexe que
les risque de liquidité et de taux d'intérêt, en est
également plus dangereux pour plusieurs raisons : pertes de capital
et non pas seulement des intérêts comme pour le risque de taux,
interconnexion des marchés internationaux, exacerbant la
volatilité des marchés de change.
Il convient de signaler que les établissements de
crédit opérant à l'international, comme la BOAD, font face
à la fois à des risques de taux d'intérêt
libellés en devises et à des risques de taux de change. En outre,
l'évolution des taux de change affecte nécessairement la
valeur du marché (valeur actualisée des
cash-flows futurs) de l'établissement c'est-à-dire sa
position de change économique61(*).
Notre étude portant sur les risques de taux
d'intérêt et de change, nous consacrerons la suite de notre
travail à ces deux (2) formes de risques pour en déterminer leurs
modalités de mesure et de gestion.
Chapitre 3 : LA MESURE DES
RISQUES DE TAUX D'INTERET ET DE CHANGE
Intéressons nous dans un premier temps à la
mesure du risque de taux d'intérêt avant d'aborder celle du risque
de change.
3.1/- La Mesure Du Risque De Taux
D'intérêt
Nous traiterons ici des sources et de
l'objet des mesures du risque de taux avant d'aborder ces mesures proprement
dites à savoir la mesure de volume, la mesure de marge et la mesure de
valeur.
3.1.1/- Sources et objets des
mesure du risque de taux
Abordons d'abord les sources du risque de
taux d'intérêt.
3.1.1.1/- Les sources du risque de
taux d'intérêt
On ne peut mesurer le risque de taux que lorsque l'on a une
idée précise des cas de son occurrence. Ce risque peut
découler de quatre (4) sources essentielles affectant de ce fait le
revenu de la banque et la valeur économique de ses instruments
financiers sous-jacents. On distingue : le risque lié au
repricing, le risque lié à la courbe des
taux d'intérêt, le risque de base ou risque de spread et
le risque sur les options62(*) :
- le risque lié au repricing : il
se manifeste à la suite d'un décalage dans le réajustement
des prix des actifs et des passifs surtout lorsque les échéances
à taux fixes et les réajustements à taux variables ne
coïncident pas dans le temps. Le tableau ci-dessous nous en donne une
illustration :
Tableau 3 :
Existence du risque lié au repricing
|
Actif
|
Passif
|
Existence du risque de taux
|
Exposition
|
|
Taux fixe
|
Taux fixe
|
Si actif et passif sont de durées différentes
|
Gap de durée
|
|
Taux fixe
|
Taux variable
|
Oui
|
Totalité des encours
|
|
Taux variable (*)
|
Taux fixe
|
Oui
|
Totalité des encours
|
|
Taux variable
|
Taux variable
|
Si actif et passif sont de durées différentes
|
Gap de durée
|
(*) En considérant à taux variable les
placements à court terme à renouveler fréquemment au cours
d'une année.
Selon ce tableau, dans le cas d'actifs à taux fixes
(variables) adossés à des passifs à taux variables
(fixes), l'exposition au risque de taux est certaine et porte sur la
t |