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Communication via les médias à  base de réseaux

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par Marie-Josèphe Couturas
Université Paris 1 Sorbonne - DEA Sciences Politiques 2000
  

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6.2 Une description de la "société mondiale de l'information" :

La littérature d'aNTICipation joue un grand rôle dans le développement des nouvelles croyances, par l'imaginaire qu'elle implémente. La pertinence d'un récit ou d'une description tient pour le lecteur à son réalisme, capacité à aNTICiper la réalité vraie, guide pour l'action. Elle serait le genre le plus lu dans le monde de l'informatique. Les ouvrages d'Isaac Asimov, Philip K. Dick ou William Gibson, et bien d'autres, posent la question du lien social et évoquent de façon centrale la séparation sociale, pivot de ces nouveaux modes.

C'est bien la question de la violence qui est au centre de la problématique de cette nouvelle société, qu'il s'agisse de craindre les épidémies ou de redouter la présence de l'autre, comme source de violence. Il faut mettre fin à la tension insupportable provoquée par les autres.

La peur des épidémies :

Elle aboutit, pour l'auteur Jean-Michel Truong, à un monde divisé en trois classes :

- les "no- plugs" clandestins qui vivent en meutes, livrés à eux-mêmes dans une nature hostile,

- ceux qui vivent séparés les uns des autres,

- une petite classe de nantis qui eux ont le droit de se rencontrer et vivent dans un univers protégé de toute agression extérieure.

La violence de l'autre :

Les communications virtuelles ont l'immense avantage de gommer la dimension de violence irrépressible des rapports humains et donc de les pacifier.

Bill Gates raconte à ses lecteurs : "J'ai eu une liaison avec une femme qui habitait une autre ville. Eh bien, nous avons échangé force messages sur le courrier électronique. Nous avons même imaginé un moyen d'aller au cinéma ensemble. Nous choisissions le film qui passait à la même heure dans nos deux villes. Pendant le trajet en voiture, nous bavardions avec nos téléphones cellulaires pour commenter le film. A l'avenir, ce genre de "rendez-vous virtuel" se passera encore mieux".

La violence de la rencontre directe devient alors trop forte pour ceux qui se sont habitués à la communication virtuelle permanente.

Le nouveau lien social se caractérise doublement et indissolublement par une séparation (des individus) et une communion (des esprits), comme condition de la paix sociale.

6.3 La société solaire d'Asimov :

Scientifique et vulgarisateur américain, Isaac Asimov, a proposé dès 1955 la première visualisation d'une société dans laquelle un réseau de communication complet (image et son) occupe une place déterminante dans la vie sociale et remplace toutes les régulations collectives traditionnelles. Dans ses livres le lecteur peut suivre comment les robots d'abord esclaves soumis des hommes deviennent leurs maîtres (retournement feuerbachien).

Auteur notamment des "trois lois de la robotique" censées fixer des barrières éthiques au comportement des machines, il s'est attaché à accoutumer le lecteur aux "machines à communiquer", s'interrogeant en même temps sur les conséquences de la robotique, au sens industriel bien sûr, mais aussi au sens plus général de mise en oeuvre systématique des ordinateurs et des "intelligences artificielles".

Le système de communication, pour lequel ce sont les robots qui servent d'intermédiaires, est au centre de la vie sociale qu'il nous décrit , aNTICipation assez précise d'Internet.

De chaque point d'accès au réseau, il est possible d'accéder aux autres. Le réseau transporte de l'image et du son, et des dispositifs audiovisuels, véritables ancêtres du multimédia, permettent d'accéder au savoir. Un lien social particulier accompagne les techniques, avec un tabou central, celui de la rencontre directe.

Les hommes et les femmes qui peuplent ce monde vivent seuls, de l'enfance à la mort, entourés d'immenses propriétés et de très nombreux robots, tout en communiquant en permanence, via le réseau, avec les autres habitants.

Un monde sans rencontre :

Les habitants de la planète Solaria ont la possibilité de communiquer en permanence et partout, en usant des machines anthropomorphes, seule différence avec les réseaux actuels. Solaria est entièrement maillée par ce réseau de communication qui reproduit le décor et fait apparaître en trois dimensions la personne avec qui on est en contact. Il s'agit de "visionner" ses interlocuteurs, et entre présence directe et présence indirecte persiste l'impossibilité de sentir son parfum ou de le toucher. Toute l'organisation du lien social va alors tourner autour de cette question. Pas de ville, pas d'Etat. Un habitant n'est jamais véritablement âgé, son corps et son mental ne se dégradant pas.

La nécessité de la séparation physique :

Tabou central, la rencontre physique est identifiée à l'animalité, à la brutalité et à la violence, ce qui va permettre aux membres de cette société de définir le caractère "civilisé" de leurs rapports.

"Nous avons parlé pendant quelques minutes ; de se voir face à face est une telle torture". "Je pensais tolérer sans difficulté une présence effective, mais ce n'est qu'illusion de ma part. J'étais à bout de résistance nerveuse en très peu de temps".

Sur Solaria, les enfants naissent grâce à la procréation artificielle.

Il n'y a aucun dommage, ni aucune infraction au tabou à se montrer nu en image virtuelle devant les autres : "Après tout, cela n'a pas d'importance, puisqu'il ne s'agit que de vision stéréo, dit Gladïa (après s'être montrée nue devant son interlocuteur)".

Sur Solaria, les médecins pratiquent la télé- médecine avant l'heure.

Une nouvelle inaptitude à la communication directe ? :

La pratique systématique de la communication par l'intermédiaire des ordinateurs et des réseaux est la réalité concrète du nouveau culte de l'Internet. Internautes, communiquez, tout le temps, toujours, à propos du plus de chose possible et quel qu'en soit le contenu ! Activer l'information est le véritable rite auquel il faut sacrifier à toute heure du jour et de la nuit.

Dans l'univers du "tout- Internet", l'individu est conduit à disposer de son propre territoire géographique d'évolution, au sein duquel il n'a plus à négocier quoi que ce soit avec autrui. Chacun devient en quelque sorte souverain sur son propre territoire et ne trouve plus d'intérêt à se trouver sur celui d'autrui.

Dans la réalité nous sommes en train de vouloir réaliser des "systèmes d'environnement virtuel portables", via les mobiles (et cela ne va d'ailleurs pas sans quelque flop comme le wap).

Dans un certain sens, souligne Philippe Breton, une telle "société" devient une société mondiale, non pas parce que les échanges auraient lieu dans un même "village planétaire" mais parce que chacun deviendrait à lui-même son propre monde. C'est peut-être le sens le plus approprié qu'il faut donner aujourd'hui à la notion de "mondialisation".

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway