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LES FLUX DE TRANSPORTS
DANS L'OUEST LYONNAIS
(EXAMEN DE LA SITUATION ANTERIEURE
A LA CONSTRUCTION DE L'AUTOROUTE A89
DE BALBIGNY A LYON)
Sous la direction de S. Héritier

14vant de commencer ('étude des f(ux de transports dans
('ouest (yonnais, je sou/laiterais remercier toutes (es personnes qui m 'ont
aidé a mener a 6ien ce projet.
iMes premiers remerciements vont a mon directeur de
mémoire, iMonsieur Stép/lane .7-féritier, qui a toujours
su se rendre disponi6(e pour me prodiguer de nom6reux et précieux
consei(s.
Je tiens aussi a remercier iMonsieur Jean )ar(et, directeur de
('O6servatoire de ('1489, qui m'afourni gratuitement de mu(tip(es documents et
ouvrages et qui a organisé, en Juin 2007, un rassem6(ement des
c/lerc/leurs de ('O6servatoire de ('1489, ric/le d'enseignements.
(Durant mes rec/lerc/les, des organismes m'ont ouvert (eurs
portes. I( s'agit des (Divisions (Départementa(es et de (a (Division
cRégiona(e de ('cEquipement, du Consei( cRégiona( de
cR/lône-14(pes et de (a Communauté de Communes de cBa(6igny. Sans
eux, je n 'aurais pu conduire convena6(ement mon étude.
cEnfin, je voudrais adresser mes derniers remerciements a toute
ma fami((e, surtout Sandra, qui m 'a soutenu tout au (ong de ('avancée
de mon étude.
Pt~ffL4 ~~~t4%~L+
INTRODUCTION
Ce mémoire de Master 1 réalisé à
l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne a pour objet les flux de
transports dans l'ouest lyonnais avant la construction de l'autoroute A89 de
Balbigny à Lyon. L'autoroute A89 est une liaison transversale qui
reliera à terme Bordeaux à Lyon. L'étude qui suit ne prend
pas une si petite échelle. Il convient de définir notre secteur
d'étude. Lorsque nous parlons d'ouest lyonnais, nous ne parlons pas de
tout ce qui se trouve à l'ouest de Lyon. Les limites de notre
étude sont constituées par un triangle Roanne - Saint-Etienne -
Lyon. Certes, nous serons amenés à évoquer les
échanges avec le « Grand-Ouest lyonnais » : Massif Central
(Clermont-Ferrand), voire Bordeaux, mais la majeure partie de la
réflexion s'intéresse au triangle Roanne - Saint-Etienne - Lyon.
A l'intérieur de ce triangle, nous observerons tout
particulièrement les territoires directement concernés par la
mise en place future de l'A89. Il existe un Schéma de Cohérence
Territoriale de l'ouest lyonnais mais il ne s'étend pas plus loin que le
département du Rhône. Se caler sur ses limites ne permettait pas
de prendre en compte tous les flux en provenance de l'ouest en direction de
Lyon ou de l'Est. De plus, il a semblé intéressant de se projeter
de temps à autres hors de la zone d'étude à l'Est afin de
d'établir une comparaison. La carte ci-dessous présente la zone
d'étude.
Figure 1 : Localisation de la zone
d'étude

Source : Dossier d'enquête. Réalisation :
Pailler.S (2007) La démarche retenue pour cette étude est
une démarche empirique. Elle consiste à recueillir dans un
premier de temps des données qui seront ensuite exploitées et
mises en comparaison avec des propos théoriques. Ainsi,
l'étude de terrain est privilégiée pour
permettre de faire une analyse spatiale. Les données de
comptages routiers ont été récoltées auprès
des Divisions Départementales de l'Equipement du Rhône et de la
Loire (DDE 69 et 42) ainsi qu'auprès de la Division Régionale de
l'Equipement de Rhône-Alpes. La DRE a élaboré le Dossier
d'enquête préalable à la Déclaration
d'Utilité Publique en 2001. Ce document était une
référence tout au long de l'étude. Les informations
concernant le transport ferroviaire ont été fournies par le
Conseil Régional de Rhône-Alpes qui a la charge du transport
ferroviaire de voyageurs. Les informations thématiques, telles que
l'accessibilité, les motifs de déplacements, les coûts de
déplacements... ont été recueillies auprès de la
Chambre de Commerce et d'Industrie de Saint-Etienne et du Syndicat mixte des
Transports de l'Agglomération Lyonnaise (SYTRAL). Les recherches ne
furent toutefois pas aisées pour principalement deux raisons. La
première est que la zone d'étude choisie ne correspond pas
strictement à des limites administratives et chevauche deux
départements. Chaque département réalise les études
qui le concernent. Ces études ne concordent pas forcément avec
celles réalisées par le département voisin (elles n'ont
pas le même thème, la même échelle, n'ont pas
été effectuées à la même date...). De plus,
les études mises à disposition par la région
Rhône-Alpes sont élaborées à une échelle trop
petite, et donc pas assez précise pour étudier l'ouest lyonnais.
L'étude proposée ici essaie de coordonner les diverses
informations récoltées pour construire une réflexion
cohérente à l'échelle du territoire concerné. La
seconde raison était le refus d'Autoroutes du Sud de la France (ASF) de
permettre l'accès à des comptages récents de trafic pour
des raisons de confidentialité liées à la stratégie
d'entreprise. De novembre à février, outre le temps
consacré à la lecture de nombreux ouvrages, les recherches de
données se sont perdues dans une recherche de chiffres récents.
Ainsi, pendant ces 4 mois, les recherches n'ont guère avancé. Ce
fut une des plus grosses erreurs dans la méthodologie car la quête
de données récentes a constitué l'unique recherche durant
cette période et n'a pas favorisé l'accès à
d'autres documents. Finalement, la mise en ligne d'informations sur les sites
des DDE et la rencontre des bonnes personnes ont permis d'avoir accès
à ces comptages. C'est à partir de là que la
découverte de nombreuses autres sources a débuté et que le
mémoire a pris forme.
La pratique du traitement de texte, la gestion des
données, l'élaboration de graphiques ne furent pas des
contraintes à la construction du mémoire. En revanche, la
réalisation de cartes s'est avérée plus difficile. Les
logiciels de cartographie n'étant pas connus, il fut nécessaire
de les découvrir et d'en apprendre les rudiments. Le principal outil
utilisé pour la réalisation de carte est Adobe Illustrator.
Les difficultés rencontrées pour l'usage des logiciels de
cartographie est la cause de la qualité graphique moyenne
des cartes réalisées malgré les nombreuses heures
passées à l'appréhension du logiciel.
Une réflexion sur les flux de transports
nécessite l'utilisation de concepts qu'il convient au préalable
de définir. Ces définitions sont extraites de différents
ouvrages. Elles permettent de cadrer épistémologiquement la
recherche et de ne pas confondre les termes employés. Parmi les concepts
abordés, les concepts de circulation, de flux et de mobilités
sont les plus importants. La définition du transport doit elle aussi
être clarifiée. Les définitions permettent de faire un tour
d'horizon des travaux sur les transports réalisés ces
dernières années.
Le terme de flux désigne une circulation entre lieux
sur une infrastructure. Il consiste en un déplacement qui à une
origine, une destination et un trajet. Il faut distinguer les flux en un point
et les flux entre deux points. En matière de trafic routier, un comptage
indique le nombre de véhicules par heure alors qu'une enquête
« origine-destination » permet de connaître les
déplacements entre deux zones, soit sur une voie donnée, soit
sans précision d'itinéraire. Törsten Hägerstrand (l'un
des pionniers de « la nouvelle géographie »), dans les
années cinquante/soixante, développant la Time Geography
(la seule focalisation sur l'espace n'est pas suffisante, les
phénomènes sociaux possèdent aussi une dimension
temporelle), met les flux au coeur de l'ambition géographique. Il
démontre que les individus sont pris dans des flux, des
interrelations... qui dépassent largement l'échelle locale. Les
flux entre deux zones sont fonction de leur « masse » respective
(population, commerces, emplois...) et fonction inverse de la distance qui les
sépare. Aujourd'hui, l'observation des déplacements sert à
penser le passage de la ville à l'urbain, les trajets domicile-travail
participant d'ailleurs directement en France à la construction
statistique des aires urbaines par l'INSEE. Les flux supposent des tuyaux de
toute sorte, dont les caractéristiques technico-économiques
pèsent lourd en termes d'enjeux territoriaux et politiques. Elaborer une
géo-socio-économie-politique des flux et des réseaux sur
lesquels ils circulent constitue d'ailleurs un objet scientifique de
première importance. La revue Flux, Cahiers scientifiques internationaux
Réseaux et Territoires créée par le CNRS se consacre
à cet objet (Lévy et Lussault, 2003, pp 367-3 68). Cette
revue est dirigé par Jean-Marc Offner qui a rédigé en 1993
un article dans la revue L'Espace Géographique :
« Les « effets structurants » du transport
: mythe politique, mystification scientifique » dans lequel il critique
l'absence conceptuelle en matière d'effet des transports, absence qui
conduit à considérer comme « mécaniques », et
donc prévisibles les effets d'un axe de transport. Auparavant, Plassard
évoquait cette idée en 1977 dans un
livre de référence qui a fait date : Les
autoroutes et le développement économique régional,
dans lequel il affirme que « la vision simpliste de
mécanismes de cause à effets ne peut être
conservée... la notion de potentialité semble être une des
voies efficaces qui permette ce changement de conception ». Ainsi,
lorsque notre étude abordera les effets prévus et/ou
espérés, nous préférerons le conditionnel et des
verbes exprimant la possibilité à un futur trop
déterministe.
La circulation est un principe de fonctionnement de tout
système car elle permet les échanges et les transferts sans
lesquels aucune interaction ni aucun dynamique ne seraient possibles. Par le
biais des distances, des temps de déplacements et des coûts de
transport, la circulation est un des facteurs essentiels pris en compte dans
l'élaboration de tous les modèles d'organisation de l'espace.
Elle est aussi productrice d'espace par les infrastructures qu'elle
nécessite et, parce qu'elle participe à la hiérarchisation
des lieux qu'elle relie, elle joue un rôle clé dans les
différenciations spatiales. Les espaces mis en liaison
génèrent des flux ou sont des relais du circuit (Lévy
et Lussault, 2003, pp 158-159).
La mobilité est l'ensemble des manifestations
liées au mouvement des hommes et des objets dans l'espace. C'est un
concept englobant dont il convient de décliner toutes les notions qui en
découlent (déplacement, transport, migration...) et qui sont
souvent confondues avec lui. Les groupes humains sont confrontés
à la maîtrise de la distance par la mobilité. Celle-ci ne
se limite pas au déplacement physique effectif et ses techniques (le
transport), mais embrasse les idéologies et les technologies du
mouvement en cours dans une société. Elle rassemble donc à
la fois un ensemble de valeurs sociales, une série de conditions
géographiques, économiques et sociales, un dispositif technique.
Les coûts (économiques, sociaux et temporels) de la
mobilité ont tendance à s'alourdir car la mobilité
augmente (Lévy et Lussault, 2003, pp 622 - 624). La
mobilité peut être déclinée en deux types : la
migration (changement définitif du lieu de résidence) et
circulation (changement temporaire de lieu) (Zelinsky, 1971, pp 219-249).
La migration implique donc un abandon de longue durée du lieu de
départ. Il conviendrait alors de préférer l'expression de
mouvement pendulaire à l'expression « migrations pendulaires
». Toutefois, la substitution d'une migration résidentielle par une
circulation domicile-travail remet en cause cette opposition
migration-circulation. Il est préférable de s'intéresser
à la visée de la mobilité : déplacements
touristiques, voyages d'affaires, migration résidentielle, circulation
pendulaire, shopping...
Les transports sont les dispositifs, modes et moyens,
permettant l'acheminement de personnes ou de biens matériels d'un lieu
vers un autre. Par extension, ensemble des moyens de la mobilité. Les
transports sont un outil dont disposent les sociétés pour
produire et gérer
leur espace, c'est-à-dire organiser la mise à
disposition des lieux les uns des autres. Ils permettent le franchissement
physique de la distance qui sépare les lieux. Les différents
modes de transports (routier, ferroviaire, fluvial, maritime, aérien...)
sont choisis et sélectionnés par les individus non seulement pour
leurs qualités pratiques en terme de déplacement, mais aussi pour
ce qu'ils autorisent et ce qu'ils représentent. Les transports routiers
ne peuvent se passer de réseaux d'infrastructures dont les coûts
de construction et d'entretien sont supportés par la collectivité
(par les impôts si l'autoroute est gérée par l'Etat et par
un droit de péage si celle-ci est concédée à une
société privée). Les transports sont inscrits dans le
territoire, dont leurs réseaux en constituent l'armature. Les
réseaux de transports reflètent, entretiennent et amplifient les
anisotropies (lignes de force) du territoire. Ainsi, ils contribuent à
ses changements et imposent son aménagement. La vitesse des transports
définit un certain nombre d'échelles pertinentes pour
l'organisation du territoire, le nombre de ces échelles augmente avec la
création de modes de transports aux vitesses différentes.
L'intermodalité, est la mise en correspondance de plusieurs modes de
transports, elle combine donc plusieurs vitesses et échelles lors d'un
déplacement. L'intermodalité tend à se développer
car les déplacements font de plus à plus appel à divers
modes de transports. Le territoire s'en trouve recomposé à deux
niveaux : par l'inégal accès aux réseaux de transport et
par la mise en place d'un système qui brise la continuité
territoriale. Les réseaux de transports inversent l'ordre des
proximités. Ainsi, la connexion des grandes villes saute les espaces
intermédiaires, qui ne disposent alors d'aucun point d'accès
à un réseau dont l'échelle de référence les
dépasse. Il s'agit de « l'effet tunnel ». L'infrastructure
constitue alors une barrière pour les espaces intermédiaires qui
se voient infliger les nuisances de l'infrastructure. La création d'une
infrastructure à petite échelle peut alors se voir
confrontée à un refus de la part des habitants de l'espace
traversé. Ceux-ci perçoivent l'intérêt de la mise en
place de l'axe de transport mais ne souhaite pas le voir passer chez eux ou
à proximité. Il s'agit de l'effet NIMBY (not in my backyard)
(Lévy et Lussault, 2003, pp 93 7-938).
Une citation d'Emile Mérenne résume les
éléments que nous venons d'évoquer : « Les
déplacements de personnes, de biens, d 'informations... à travers
l 'espace caractérisent la circulation (ensemble des
déplacements), dont l 'intensité dans le temps et dans l 'espace
détermine le trafic (importance et fréquence de la circulation)
et les flux (déplacements massifs de personnes, de biens ou
d'informations). Ces déplacements font appel à des moyens
techniques ou moyens de transports (ensemble des techniques utilisées
pour effectuer les déplacements) qui s 'inscrivent dans les territoires
grâce aux voies de communication
(installations permettant la circulation des personnes et
des biens), à savoir la route, la voie d'eau, le rail, les conduites...
» (Mérenne, 2003).
Pour aller plus loin, Philippe Pinchemel précise que
les flux sont les éléments qui servent de base à
l'activité humaine : « Toute la vie humaine peut se lire
à travers les flux. Ils relient les hommes entre eux ou les hommes aux
lieux. Avant, les flux dans les régions concernaient uniquement de
faibles quantités de produits et d'hommes. Très rapidement, les
espaces régionaux, nationaux sont entrés dans un réseau
dense d'échanges intégrés au commerce mondial. Les voies
et modes de transports associés sont la réponse au
problème de la maîtrise de la distance. Avant la voie, l 'espace
est isotrope. Avec la voie, la dualité
proximitééloignement constatée pour le pôle joue
tout au long du tracé, créant une anisotropie spatiale forte
» (Pinchemel, 1997, p.97).
La littérature géographique fourmille donc
d'ouvrages abordant les flux de transports. Les études
réalisées par les observatoires autoroutiers enrichissent cette
littérature par leurs exemples concrets. Jusqu'à présent,
l 'Observatoire de l 'A89, dirigé par Jean Varlet, ne s'est pas
penché très précisément sur les flux de transports
dans l'ouest lyonnais. Ce mémoire constituera une des ressources
disponibles à l'étude des effets de l'A89 après sa mise en
place dans l'ouest lyonnais. En effet, lors d'une étude future de
l'organisation des flux de transports, et plus généralement, de
l'organisation spatiale de l'ouest lyonnais avec l'A89, il s'avèrera
très utile de pouvoir établir une comparaison avec l'état
de l'ouest lyonnais avant la mise en service de l'autoroute.
La section que nous nous proposons d'étudier correspond
au dernier tronçon de l'autoroute A89, le tronçon permettant
d'achever la liaison autoroutière directe entre Lyon et Bordeaux.
L'ouest lyonnais est un espace soumis en grande partie à l'influence de
l'agglomération lyonnaise qui joue son rôle de métropole
régionale. Cette influence s'exprime notamment par de nombreux
échanges entre l'ouest lyonnais et son agglomération, elle est le
facteur principal de mobilité. La mobilité dans l'ouest lyonnais
se traduit pas des flux que l'on peut localiser et quantifier. Quel est
l'intérêt de connaître les flux qui circulent sur des axes,
sur des réseaux ? Y'a-t-il un lien entre les flux et les organisations
de l'espace ? L'organisation spatiale crée-t-elle les réseaux ?
Les réseaux créent-ils l'organisation spatiale ? Quelle est
l'influence d'une agglomération de la taille de l'agglomération
lyonnaise sur les mobilités au sein de sa périphérie ?
Quels peuvent être les modifications, les améliorations,
les perturbations de l'organisation spatiale de l'ouest
lyonnais engendrées par la mise en service de l'autoroute A89 ?
Pour tenter d'apporter des réponses à ces
questions, nous établirons un diagnostic des problèmes dont
souffre l'ouest lyonnais et observerons les enjeux liés à l'A89.
Une fois ce portrait de l'ouest lyonnais dressé, nous analyserons les
caractéristiques des flux de transports, qu'ils soient routiers ou
ferroviaires, ainsi que les motifs qui sont à la base des
déplacements. Enfin, nous discuterons des effets attendus de l'A89 dans
l'ouest lyonnais.
-1-
PRESENTATION
DE L'OUEST LYONNAIS
ET DES ENJEUX DE L'A89
|
L'étude géographique des flux de transports dans
l'ouest lyonnais se doit de considérer les transports comme faisant
partie intégrante d'un espace, d'un système géographique.
On ne peut extraire les flux de transports de l'espace dans lequel ils
s'exercent, avec lequel ils entretiennent des interactions. Une étude
purement sectorielle des transports n'en présente pas les enjeux
géographiques. Il est donc nécessaire de dresser un portrait
géographique de l'ouest lyonnais. Le dossier d'enquête publique
contient une présentation très précise de l'ouest
lyonnais. Parmi les éléments suivants, certains en sont extraits
pour comprendre les liens entre les réseaux de transport et leur milieu,
pour comprendre l'organisation spatiale de l'ouest lyonnais. Lorsque la source
n'est pas indiquée, les données proviennent de ce document.
L'ouest lyonnais est un espace qui ne favorise pas les
déplacements, dont le dynamisme est faible. Ce territoire sera, d'ici
2012, traversé par le dernier tronçon de l'autoroute A89 dont les
caractéristiques seront observées.
I- L'ouest lyonnais, un espace qui ne favorise pas
les déplacements
L'étude des réseaux de transports ne peut se
faire sans avoir au préalable étudié le milieu physique
dans lequel ils s'inscrivent. En effet, celui-ci joue un rôle fondamental
dans le réseau actuel et a eu une forte influence sur le tracé de
la future autoroute.
1- Une topographie hostile aux infrastructures de
transport
La partie occidentale du tracé s'inscrit dans le relief
très prononcé des Monts du Tararois dont l'altitude
dépasse par endroits 900m, ce qui en fait un relief de moyenne montagne.
Au niveau météorologique, les précipitations sont
importantes et on observe une forte amplitude thermique entre
l'été et l'hiver. A partir de 500m, les risques de brouillard et
de givre sont très fréquents. De plus, Tarare compte en moyenne
89 jours de gelée par an. Pour se rendre compte des contraintes
climatiques de Tarare, on peut comparer le nombre de jours de gelée
à celui de villes alpines. Durant la période 1992-2002 (qui
correspond plus ou moins à la période de référence
du dossier d'enquête), Albertville comptait près de 65 jours de
gelées par an alors qu'il gelait 95 jours par an
à Bourg-Saint-Maurice. La station météo d'Albertville est
située à 335m alors que celle de Bourg-Saint-Maurice est à
près de 800m (Climathèque Météo-France,
2007). Les températures hivernales de Tarare s 'apparentent donc
à celles des villes moyennes des Alpes. La neige vient s'ajouter
à ces contraintes puisque son épaisseur est souvent
supérieure à 20 cm. Toutes ces conditions ne favorisent pas la
circulation routière, notamment sur la RN7, qui relie Roanne à
Lyon, à proximité de Tarare. Le projet de l'A89 a
été étudié en fonction de ces contraintes afin de
sécuriser au maximum le tronçon. Le relief, par exemple, a
contraint l'aménagement d'un tunnel long de 4 km pour franchir une
partie des Monts du Tararois. La présence de nombreux cours d'eau
nécessite la réalisation de viaducs. A l'Est, la topographie est
moins contraignante malgré l'écoulement de quelques cours d'eau.
Les transports engendrent une pollution qui nuit à la qualité des
cours d'eau, des études sur l'eau ont été
réalisées pour connaître les impacts environnementaux de
l'A89 sur le réseau hydrographique. Les contraintes topographiques de
l'ouest lyonnais sont un frein aux déplacements, aux mobilités.
La figure 2 présente ces contraintes.
Figure 2 : Les contraintes liées à la
topographie

2- Les transports doivent s'adapter à la
diversité des territoires
Le territoire traversé par l'autoroute A89 n'est pas
homogène. Le long du tracé alternent des zones de plaine, de
montagne et de vallée ; des espaces agricoles et des zones industriels ;
des communes enclavées et d'autres soumises à l'influence de
pôles. Le long du tracé de la future A89, l'espace est
structuré par deux pôles : Tarare et l'Arbresle, le long de la
vallée de la Turdine. La figure ci-dessous présente une typologie
des communes traversées.
Figure 3 : Typologie des communes traversées
par le futur segment de l'A89

La plaine du Forez est le lieu de passage de nombreuses voies
de communications (RN82, A72, voie ferrée Roanne - Saint-Etienne) et est
traversée par la Loire. Elle est un enjeu stratégique pour le
département de la Loire et la région Rhône-Alpes car elle
dispose de grandes étendues vierges d'activités sur des surfaces
planes. Balbigny se trouve à la limite des zones d'influences de Roanne
et de Saint-Etienne et dispose de surfaces disponibles pouvant accueillir une
grande zone d'activité dont le projet est lié à l'annonce
de l'échangeur de Balbigny.
La partie centrale des Monts du Lyonnais accueille les Monts
du Tararois. Ils sont une véritable coupure entre les vallées du
Rhône et de la Saône et la plaine du Forez. L'usage du sol est
essentiellement agricole, orienté vers l'élevage.
La vallée de la Turdine constitue un axe de passage
dans lequel est aménagée la liaison routière entre Roanne
et Lyon (la RN7). On distingue deux pôles (Tarare en amont et l'Arbresle
en aval) qui ont une carte importante à jouer avec l'arrivée de
l'A89. Cet espace ne constitue pas une entité géographique
continue car il est découpé en son centre par les coteaux du
Beaujolais Sud. Toutefois, toutes les communes qu'elle traverse ont le
même passé industriel. Il s'agit des communes les plus dynamiques.
Ce sont ces communes qui se sont vues attribuer la présence d'un
échangeur.
Les coteaux du Beaujolais sont dominés par
l'activité vinicole. L'urbanisation est limitée et la population
est fortement attachée à son cadre de vie rural, ce qui nuit
à la création d'un axe autoroutier.
Enfin, la basse vallée de l'Azergues, qui constitue un
lieu de passage, est animée par des activités industrielles et
commerciales. Sa situation géographique, à la confluence des
vallées de l'Azergues et la Brévenne, son ouverture vers la haute
vallée de l'Azergues et la vallée de la Saône et ses
activités économiques en font un espace privilégié
pour les échanges.
La diversité des espaces offre des potentiels
variés. Si l'on considère que la différenciation spatiale
fonde la variété des lieux qui est à la source de
l'échange et du déplacement on comprend l'un des facteurs des
déplacements dans l'ouest lyonnais. (Lévy, Lussault, 2003,
p.624). Les potentialités de chaque territoire de l'ouest lyonnais
créent des déplacements car les habitants souhaitent
accéder aux ressources des autres territoires.
L'hétérogénéité des espaces crée
ainsi des déplacements.
Les vallées sont les espaces qui sont les plus
dynamiques, notamment grâce à l'industrie. C'est dans ces
vallées que se trouveront implantés les échangeurs de
l'A89. Actuellement, la fluidité des déplacements est liée
aux caractéristiques géoéconomiques des communes
traversées. Il est plus difficile de circuler sur la RN7 au coeur de
Tarare que sur les Coteaux du Beaujolais. Les activités
économiques engendrent et attirent des flux qui augmentent le nombre des
déplacements. A l'inverse, l'absence de zones industrielle et le faible
nombre de commerce sur les Coteaux du Beaujolais ne provoquent pas de
ralentissement lors de la traversée des villages. La circulation des
flux (nombre et fluidité) dépend des caractéristiques
socio-économiques des espaces traversés.
II- Le faible dynamisme de l'ouest lyonnais
1- Une croissance démographique en perte de
vitesse
1.1 : Hiérarchie urbaine de l'ouest lyonnais
L'agglomération du Grand-Lyon concentre la
majorité de la population de la zone d'étude. Elle regroupe
à elle seule plus d'un million d'habitants. Les autres grandes
agglomérations de l'ouest lyonnais sont, par ordre de grandeur,
Saint-Etienne (289 000 habitants), Roanne (74 000 habitants) et
Villefranche-sur-Saône (58 000 habitants). Ensuite, on trouve des villes
de taille inférieure, constituant des pôles plus modestes, dont le
fonctionnement est susceptible d'être modifié avec l'ouverture de
l'A89. Il s'agit par exemple de l'Arbresle (5 700 habitants) et Tarare (10 600
habitants). (Source : INSEE, RP 1999). La figure 3 présente la
répartition de la population le long de la future A89.
Figure 4 : Population le long de la future A89 en
1999

L'A89 traverse une zone peu peuplée, dont les communes
ont le plus souvent moins de 2000 habitants. Tarare est la commune la plus
peuplée des communes traversées par l'A89. Elle fait figure de
pôle démographique de l'ouest lyonnais. La pression
démographique décroît au fur et mesure que l'on
s'éloigne de Lyon vers l'ouest. On observe une corrélation entre
les communes ayant la population la plus élevée de la zone
d'étude et la présence de diffuseurs. Les diffuseurs seront donc
placés pour répondre aux éventuels besoins de la
population locale et des entreprises. De plus, cette localisation des
échangeurs permet une amélioration de la rentabilité du
tracé pour le concessionnaire : ASF.
1.2 : Une concentration de la population dans des
pôles urbains
La zone d'étude se caractérise par une
densité moyenne élevée de 156 habitants par km2
sans compter le Grand-Lyon, qui lui, connaît une très fort
densité : 2 390 habitants par km2. Sur la zone
d'étude, les contrastes de densité sont élevés. Des
cantons sont densément peuplés. Il s'agit par exemple du canton
de l'Arbresle (205 habitants par km2). Plus on s'éloigne du
Grand Lyon, moins les densités sont fortes. Tel est le cas pour les
cantons du Bois-d'Oingt ou pour Tarare, qui connaissent des densités
proches de la moyenne nationale.
Les cantons les moins densément peuplés sont
Amplepuis, Néronde et Saint-Symphorien de Lay. Ils ont une
densité inférieure à 80 habitants par km2.
1.3 : Une population vieillissante
Dans la Loire, la part des moins de 20 ans est
inférieure à 25%. Dans le Rhône, les moins de 20 ans vivent
au sud et à l'est de Tarare. Cette répartition
géographique des moins de 20 ans s'explique par l'influence de Lyon. En
effet, dans le Rhône, les communes étant proches de Lyon sont
celles qui présentent le plus fort taux de moins de 20 ans. A l'inverse,
plus on s'éloigne de Lyon, plus ce taux tend à diminuer. La
limite administrative entre le département de la Loire et celui du
Rhône s'accompagne d'une baisse d'environ 5 points de la part des jeunes
de moins de 20 ans. (Source : INSEE, RP 1999)
Les plus de 75 ans occupent une part importante de la
population dans les communes dont la part des moins de 20 ans est faible, dont
Tarare. Plus on s'éloigne de Lyon, plus la population vieillit. La
population de l'ouest lyonnais est donc vieillissante. Ce vieillissement est
plus prononcé à l'ouest de Tarare (Tarare compris) qu'à
l'est dont le dynamisme est lié à l'influence et aux
activités de l'agglomération lyonnaise. Les possibilités
de périurbanisation
offertes par l'A89 seront peut-être une solution pour
rajeunir la population en attirant de jeunes foyers travaillant et
résidant actuellement dans l'agglomération lyonnaise.
1.4 : La croissance de la population dans le Rhône
contraste avec le déclin démographique de la Loire
Entre 1990 et 1999, quatre cantons subissaient une
évolution démographique négative : Thizy,
Saint-Germain-Laval, Saint Symphorien en Lay et Roanne. Pour ce qui est du
dernier canton, il a connu 4000 départs. Cette fuite s'explique par de
lourdes pertes d'emplois dans les secteurs textiles et mécaniques.
A l'inverse, les autres cantons connaissent des augmentations
hétérogènes. Parmi les cantons qui voient leur population
s'accroître rapidement, on peut citer l'Arbresle et Le Boisd'Oingt. En
effet, ils comptent 15% d'habitants en plus entre 1990 et 1999.
La construction de résidences principales semble
être arrivée à saturation dans les communes proches du
Grand-Lyon. En revanche, les autres communes continuent de voir leur parc
immobilier s'agrandir. Les communes situées le plus à l'ouest de
notre zone d'étude accueillent de nombreuses résidences
secondaires.
Sur le tracé de l'A89, Balbigny fait exception en
matière de gain démographique. Elle est la seule commune à
gagner de la population entre 1990 et 1999. Dans le Rhône, les communes a
priori rurales sont celles qui gagnent de la population alors que le pôle
principal, Tarare, en perd. Nous avons là un phénomène de
périurbanisation avec un étalement de l'aire urbaine sur les
espaces ruraux. Les 4 diffuseurs de la partie terminale de l'autoroute se
situeront sur les communes qui connaissent le plus fort accroissement
démographique. Il est donc important de noter qu'en 1999,
c'est-à-dire 13 ans avant la mise en service prévue de
l'autoroute A89, les communes qui seront dotées d'un diffuseur
connaissaient déjà les plus fort taux d'accroissement
démographique. La limite entre le Rhône et la Loire est
très marquée avec un gain de densité dès lors que
celle-ci est franchie vers l'Est. Tarare connaît une très forte
baisse de sa densité. A l'inverse, Pontcharra-sur-Turdine et
Saint-Romain-dePopey connaissent un accroissement de leur densité. La
figure 5 permet d'identifier les évolutions démographiques
opposées de la Loire et du Rhône.
Figure 5 : Projection de population dans la Loire et
dans le Rhône jusqu 'en 2030

2000 1800 1600 1400 1200 1000 800 600 400 200
0
Population de la Loire Population du Rhône
Projection de population dans la Loire et dans le
Rhône jusqu'en 2030
2000 2010 2020 2030
Source : INSEE, oct. 2001
Ce tableau présente l'évolution prévue de
la population des départements du Rhône et de la Loire.
L'enclavement du nord du département de la Loire est l'une des raisons
de la perte démographique du département. Celui-ci perdrait
environ 10% de sa population en 30 ans. Le projet A89 pourrait en favoriser
l'ouverture, de Roanne notamment, et ainsi maintenir la population en place,
voire attirer de nouveaux habitants.
A l'inverse, le Rhône devrait voir sa population
croître d'environ 8% sur la même période. Si l'extension de
l'agglomération lyonnaise se fait actuellement vers le Nord, la plaine
de l'Ain et l'Est, l'A89 pourrait être un outil de
rééquilibrage du développement de la population vers
l'Ouest.
2- La diversité des profils socio-économiques
de l'espace traversé par la future A89
En 2004, l'INSEE établit une typologie des cantons de
toute la région Rhône-Alpes. Sur la base du recensement de
population 1999 (répartition de la population, densité de
population, âge, conditions de vie, logements, scolarisation, emploi) et
des informations sur le revenu disponible des ménages, les cantons de
l'ouest lyonnais peuvent être répartis en 5 classes. Cette
classification n'est pas unique et d'autres indicateurs permettraient
d'établir une typologie différente.
Figure 6 : Typologie des cantons de l'ouest
lyonnais

Source : INSEE, 2004
Les centres d'unités urbaines, en particulier celui du
Grand-Lyon présentent les caractéristiques habituelles des
grandes villes. Le nombre d'emplois offert est supérieur au nombre de
résidents : les habitants des espaces environnants (périurbains
ou ruraux viennent y travailler).
Les banlieues de cadres sont des cantons qui comptent 15% de
cadres dans leur population. Ceux-ci bénéficient du double
avantage d'un cadre de vie agréable et de la proximité de Lyon ou
Villefranche-sur-Saône. Au sein de ces banlieues, le niveau de vie est
élevé, le chômage faible et les trois-quarts des 15-24 ans
sont scolarisés. Les diverses activités de la population de ces
cantons nécessitent de nombreux déplacements quotidiens. Les
banlieues de cadres ne sont pas directement concernées par le projet
A89. En revanche, les
cantons de Vaugneray et de Limonest se situent à
l'embouchure de l'autoroute qui y déversera ses usagers.
La couronne résidentielle se trouve en
périphérie des grandes villes (Lyon, Roanne et Saint-Etienne).
Elle se caractérise par un habitat individuel et un nombre d'emplois
bien inférieur à celui des actifs résidents. Ainsi, les
habitants de l'Arbresle, du Bois-d'Oingt, d'Anse... effectuent chaque jour des
trajets domicile-travail vers Lyon ou une autre agglomération. Elle se
trouve à la limite de la zone d'influence de l'agglomération.
L'industrie est très présente dans les cantons
ouvriers et occupe plus du quart des actifs. Ces cantons sont marqués
par la présence de villes moyennes situées à égale
distance des pôles régionaux. Ils ne sont donc pas
réellement sous l'influence d'une agglomération. Le canton de
Tarare en est un bon exemple. Il se trouve à peu près à
égale distance de Roanne et de Lyon. Ses flux de transports sont
malgré tout tournés vers l'agglomération lyonnaise dont le
pouvoir d'attraction est plus fort que celui de Roanne.
Les cantons ruraux, pour terminer, se trouvent à
l'écart des grands axes de circulation, ils sont faiblement
peuplés. Après l'exode des actifs vers les pôles d'emploi,
les habitants âgés forment aujourd'hui une part importante de la
population. L'habitat est particulièrement ancien. L'agriculture est
encore très présente, elle fournit plus de 16% des emplois
(contre 3% en moyenne en Rhône-Alpes). Au delà des
activités agricoles, les cantons ruraux accueillent de nombreuses
résidences secondaires (26% du parc immobilier). Les déplacements
vers ces résidences secondaires engendrent des flux importants en fin de
semaine et lors des vacances. L'A89 pourrait être un facteur de
repeuplement des cantons ruraux. (Source : INSEE, 2004)
La carte de typologie des cantons montre que l'autoroute A89
traverse 3 cantons au profil différent : rural, ouvrier,
résidentiel. Elle semble pouvoir rapprocher les cantons ruraux des
centres intermédiaires et/ou régionaux, mais aussi étendre
les couronnes résidentielles sur les espaces ruraux.
3- Une faible activité économique
3.1 : Une industrie en reconversion
Sur la zone d'influence du projet, 93% des entreprises
comptent moins de 10 salariés. Ces entreprises sont à
majorité tertiaires (5 6%). En ce qui concerne les établissements
de plus de 10 salariés, 80 % d'entre eux emploient moins de 50
salariés. On trouve des établissements de plus de 200
salariés dans les cantons de Limonest (18 établissements), Feurs,
Tarare et l'Arbresle, qui comptent chacun 4 établissements de ce type.
Ces mêmes cantons comptent un nombre beaucoup plus important
d'entreprises de 10 à 50 salariés : 354 sur le canton de
Limonest, 89 sur Tarare, 94 sur l'Arbresle et 85 sur Feurs.
Le secteur d'activité dominant évolue en
fonction de l'éloignement à la métropole lyonnaise. En
effet, à proximité de Lyon, les activités tertiaires
dominent alors qu'en s'éloignant vers l'Ouest, les entreprises sont
orientées vers l'industrie. L'industrie est le secteur qui compte le
plus grand nombre de salariés (53% des salariés). Les trois
activités industrielles principales sont le textile-habillement
(malgré les pertes d'emplois, ce secteur est le plus important car il
regroupe près de la moitié des salariés), la
métallurgie et l'agroalimentaire. Le secteur tertiaire est quant
à lui présent sur les centres administratifs et moins sur les
cantons ruraux.
3.2 : Une agriculture qui contraint la localisation des
axes de transport
L'espace que traversera l'A89 est essentiellement agricole et
sylvicole. Le tracé de l'autoroute doit tenir compte de cette
donnée. Si traverser un espace dominé par des pâtures est
assez simple, traverser une vigne, qui plus est AOC l'est beaucoup moins.
L'autoroute empiètera sur près de 300 ha de terres agricoles dont
20 ha de vignes et 70 ha de bois.
L'élevage bovin constitue l'activité la plus
importante du territoire. Il est essentiellement localisé sur les
reliefs et est complété par une agriculture
céréalière. Le nombre d'exploitations est en baisse sur
l'ensemble du territoire concerné. Entre 1988 et 2000, Tarare a perdu
environ 50% de ses exploitations agricoles. Cette perte s'explique par
l'urbanisation des communes de la périphérie lyonnaise, la
périurbanisation.
La vigne est une culture à haute valeur ajoutée.
Elle se concentre sur les cantons d'Anse et du Bois-d'Oingt, ou elle
représente près de la moitié de la surface agricole utile.
La présence
des vignes est l'une des raisons qui ont fait abandonner le
projet de liaison directe entre l'A89 et l'A6.
III - Les enjeux liés à la mise en place
de l'A89
L'agglomération lyonnaise est desservie par de
nombreuses voies autoroutières. L'A6, en provenance du Nord, et
notamment de Paris, pénètre dans Lyon et cède sa place
à l'A7 qui se dirige vers le Sud de la France. A l'Est, l'A42 (puis A40)
rejoint le Nord Est de la France et la Suisse et l'A43 prend la direction des
Alpes et de l'Italie. L'unique autoroute qui fait la jonction entre Lyon et
l'ouest de la France est constituée de deux autoroutes (A47 et A72 puis
A89). Il n'existe actuellement pas de liaison autoroutière directe entre
Lyon et Clermont-Ferrand. La section Balbigny - La-Tour-de-Salvagny viendra
assurer cette liaison.
1- La faible accessibilité de l'ouest lyonnais
1.1 : L'absence d'un axe autoroutier entre le Nord de la
Loire et Lyon
La localisation des axes routiers est étroitement
liée à la topographie, les axes principaux se trouvent dans les
vallées. La section Balbigny - La Tour-de-Salvagny de l'A89 fera la
jonction entre l'A72 (ou A89) dans la plaine du Forez aux autoroutes à
A6 et A46. La RN7 est l'unique axe qui relie Roanne à Lyon en passant
notamment par Tarare et l'Arbresle. Elle emprunte la vallée de la
Turdine. La RN89, de Montrond-les-Bains à l'Arbresle par
Sainte-Foy-l'Argentière longe la Brévenne. A plus petite
échelle, la RN89 est l'axe qui relie par la route Lyon à
Bordeaux. La RN82 longe la Loire et relie Roanne à Saint-Etienne. Enfin,
la RN6 est parallèle à l'autoroute A6 au Nord de Lyon. L'ouest
lyonnais, dans sa partie septentrionale, est dépourvu d'axe
autoroutier.
Figure 7 : Le réseau autoroutier
actuel

Source : Atlas Michelin 2005. Réalisation : Pailler.S
(2007)
Figure 8 : Accessibiité aux autoroutes dans
l'ouest lyonnais

Source : DRE Rhône-Alpes
Les communes des Monts du lyonnais ne sont actuellement
traversées et desservies par aucune autoroute. Ainsi, l'ouest lyonnais
se trouve en moyenne à 30 minutes d'une autoroute. Il se peut même
que le temps d'accès à une autoroute soit d'une heure au sud de
Tarare. L'A89 peut améliorer ce temps d'accès à une voie
autoroutière et donc améliorer l'accessibilité de l'ouest
lyonnais.
1.2 : Des infrastructures ferroviaires limitées
Il n'existe pas de voie ferrée reliant directement
Balbigny à Lyon. En effet, les principales lignes relient les grandes
villes entre elles (Lyon - Saint-Etienne, Roanne - Saint-Etienne, Roanne -
Lyon). Ainsi, l'A89 ne viendra doubler la voie ferrée qu'à partir
de Tarare. Entre Tarare et Lyon, elle suivra plus ou moins le tracé de
cette voie ferrée.
Figure 9 : Accessibiité des gares TER de
l'ouest lyonnais

Source : DRE, Région Rhône-Alpes
Les riverains de la RN7 sont à moins de 10 minutes
d'une gare TER. Le coeur de l'ouest lyonnais, qui n'est traversé par
aucune voie ferrée se trouve à plus de 20 minutes d'une gare.
L'espace directement concerné par l'A89 est donc plutôt bien
desservi par le TER malgré un « angle mort » dans le coeur des
Monts du Lyonnais, qui n'est traversé par un aucune voie de
communication.
2- Description du tronçon Balbigny -
La-Tour-de-Salvagny de l'A89
L'autoroute A89 Balbigny- La-Tour-de-Salvagny traversera 22
communes réparties dans deux départements :
- dans la Loire : Balbigny, St-Marcel-de-Félines,
Néronde, St-Just-la-Pendue, Bussières, Ste-Colombe-sur-Gand,
Violay.
- dans le Rhône : Joux Tararre,
Saint-Marcel-l'Eclairé, Saint-Forgeux, Pontcharrasur-Turdine, Les Olmes,
Saint-Romain-de-Popey, Sarcey, Bully, Saint-Germainsur-L'Arbresle, Chatillon
d'Azergues, Fleurieux-sur-L'Arbresle, Lozanne, Lentilly,
La-Tour-de-Salvagny.
Cette section terminale de l'A89 sera longue de 50km (+3,5km
pour l'antenne de l'Arbresle). Elle assurera une liaison directe, entre l'A72
dans la plaine du Forez et la RN7 (La-Tour-de-Salvagny). Elle comptera 7
diffuseurs (un dans la Loire : Balbigny, et six dans le Rhône :
Tarare-ouest, Saint-Romain-de-Popey, Fleurieux-sur-L'Arbresle, Pont-de-Dorieux,
La-Tour-de Salvagny et L'Arbresle). Il s'agit d'une autoroute à 2*2
voies. En raison du relief très accidenté du secteur qu'elle
traversera, elle demande la réalisation d'ouvrages d'art et de tunnel.
Ainsi, un conducteur se rendant de Balbigny à La-Tour-de-Salvagny
empruntera 3 tunnels (le tunnel de Violay d'une longueur de 4km, le tunnel de
Tarare d' 1 km de long et enfin, le tunnel de Chalosset d'1 km de long lui
aussi) et franchira les cours d'eau à l'aide 7 viaducs.
La concession de cette autoroute a été
attribuée aux Autoroute du Sud de la France (ASF) qui devront en assurer
la réalisation et l'entretien. Le coût de ce projet est
estimé à environ 1 milliard d'euros. Ce montant
élevé s'explique par le relief des Monts du Lyonnais qui donne
à l'autoroute les caractéristiques d'une autoroute de montagne.
Elle nécessite donc les aménagements que nous avons
évoqués : viaducs et tunnels. En contrepartie, l'autoroute sera
soumise à un droit de péage dont le montant sera similaire
à celui pratiqué sur les autoroutes de montagne du réseau
AREA. En plus du relief, la construction de ce dernier barreau autoroutier pose
certains problèmes. Les Monts du Lyonnais présentent une grande
diversité écologique. La partie terminale du projet traverse des
zones agricoles à forte valeur ajoutée. Pour cette raison, le
projet s'achève à La-Tour-de-Salvagny et débouche sur le
réseau local (RN7) (au lieu de rejoindre l'A6 comme il était
prévu lors du tout premier projet de liaison Balbigny - Lyon, mais les
contraintes liées à l'emprise sur des terres agricoles ont
fait
abandonner le projet), ce qui risque de renforcer la
saturation sur la RN7 et la RN6. Ainsi, la liaison entre l'A89 et l'A6 et l'A46
dont la demande de déclaration publique a été
déposée est indispensable pour relier l'A89 à l'axe
Nord/Sud français ainsi qu'à l'est lyonnais.
Figure 10 : Les communes traversées par
l'A89

Source : DRE
Figure 11 : Les ouvrages d'art du
tracé

Source : ASF
3- Contribution d'A89 aux objectifs d'aménagement du
territoire
L'A89 sera chargée de plusieurs missions, à
différentes échelles.
3.1 : Les enjeux nationaux d'aménagement
L'objectif principal de la section d'autoroute est
d'intérêt national. Il consiste à achever la liaison
autoroutière de l'A89 entre Bordeaux et Lyon. D'une longueur de 517km,
l'A89 deviendra alors une grande liaison Est-Ouest permettant de relier la
région RhôneAlpes à la façade Atlantique par
autoroute. L'A89 est réalisée dans une logique de
tronçons. Le tracé réel de l'autoroute n'est pas aussi
droit que le laisse penser la figure 11. Au contraire, il présente de
nombreuses sinuosités qui correspondent à la volonté de
certains hommes politiques de voir passer l'autoroute à proximité
de leur commune. C'est pourquoi l'autoroute A89 a pour surnom «
l'autoroute des présidents ». Les problèmes de financement
et la volonté farouche de la part des acteurs locaux d'avoir un
accès à l'autoroute pour espérer profiter des effets
positifs de celle-ci (ouverture) sont les raisons qui font que la
réalisation complète de l'A89 progresse par petites touches.
Comme le montre la carte ci-dessous, il n'y a pas de relation entre la
progression géographique et la progression chronologique de l'autoroute.
On remarque que la phase d'achèvement de l'A89 date du début des
années 2000.
Figure 12 : Calendrier de la réalisation de
l'A89

Source : ASF
L'A89 est une autoroute d'intérêt européen
car elle constitue un axe privilégié dans le cadre des
échanges entre le Nord-Est de l'Europe : Allemagne, Pays-Bas, Belgique,
Suisse et le Sud-Ouest : Espagne, Portugal et Océan Atlantique.
3.2 : Les enjeux supra-régionaux
Si nous observons maintenant les objectifs de l'A89 à
l'échelle supra-régionale, l'A89 répond à
l'objectif d'ouvrir Rhône-Alpes sur l'Auvergne, le massif central et le
Sud-Ouest de la France. En lien avec cet objectif, elle peut relier
Clermont-Ferrand au réseau des autoroutes et des villes
rhônalpines ainsi qu'à l'Est de l'Europe.
3.3 : Les enjeux régionaux
Elle contribuera aussi aux enjeux régionaux, nous
pouvons retenir quelques points essentiels. Tout d'abord, l'A89 constitue un
facteur pouvant favoriser le développement de villes moyennes telles que
Roanne et Tarare. De plus, elle améliorera la desserte de l'ouest
lyonnais qui ne présente actuellement aucune voie autoroutière.
Aussi, elle contribue à améliorer la desserte de la plaine du
Forez qui est considérée par la région comme un «
espace à enjeux ». Enfin, elle pourra être une alternative
à l'utilisation de la RN7 entre Roanne et Lyon, peu performante et
très fréquentée.
De plus, elle offrira la possibilité à l'A47 de se
délester d'une partie de son trafic, notamment les flux de poids lourds
en transit entre le Sud-Ouest et le Nord-Est.
3.4 : Les enjeux locaux
A l'échelle locale, l'A89 devrait favoriser le
désenclavement de Roanne. En effet, même si cette dernière
ne se trouve pas sur le tracé de l'A89, la mise à 2*2 voies de la
RN82 rapproche, en temps, et non pas en distance, les roannais de la liaison
Clermont-Ferrand-Lyon.
Elle permettra de créer une liaison entre la plaine du
Forez et Lyon, sans passer par Saint-Etienne. Dans le Rhône, l'A89 peut
contribuer à rééquilibrer vers l'Ouest le
développement départemental grâce à
l'amélioration des échanges avec les agglomérations de
Lyon et de Villefranche-sur-Saône.
La section A89 entre Balbigny et La-Tour-de-Salvagny doit donc
répondre à des objectifs divers et mutliscalaires.
L'ouest lyonnais est marqué par l'absence d'axes de
transports transversaux efficaces. Cette absence est considérée
comme l'une des raisons de la perte de vitesse démographique et
économique de l'ouest lyonnais. L'A89,qui est une solution à ce
déficit est porteuse d'espoirs pour les espaces qu'elle traversera qui
voient en sa mise en service une solution à leurs difficultés.
Nous allons maintenant plonger dans le coeur de notre étude avec
l'analyse de la répartition et de l'évolution des flux de
transports dans l'ouest lyonnais.
-2-
LES CARACTERISTIQUES
DES FLUX DE TRANSPORTS
DANS L'OUEST LYONNAIS
|
I- La prédominance des flux de transports
routiers
L'état des lieux du trafic actuel et l'évolution
du trafic depuis plusieurs années ont été
réalisés à partir des données de comptages
présents dans le Dossier d'enquête publique préalable
à la Déclaration d'Utilité Publique de 2001 (pour les
chiffres de 1991 à 1998) et de la Division Régionale de
l'Equipement de Rhône-Alpes pour les chiffres de 2002 à 2004. Les
comptages de 1999 à 2001 n'étaient pas disponibles. Les
données du dossier d'enquête publique se présentaient sous
forme de carte sur laquelle figuraient les comptages moyens journaliers de 1991
à 1998. Ces chiffres n'étaient pas toujours complets, en effet,
pour certaines sections, certaines années n'ont pas donné lieu
à un recensement du trafic. L'absence de chiffres pour la période
1999-2001 et les quelques données manquantes sur la période
1991-1998 ne nuisent pas trop à l'étude de l'évolution du
trafic, celle-ci s'intéressant essentiellement à la
période globale 1991-2004. Toutefois, la prise en compte de l'absence de
données est nécessaire dans la lecture des graphiques. En effet,
la forte hausse entre 1998 et 2002, présente sur de nombreux graphiques,
est due au fait que pour un même intervalle, 3 années ne sont pas
représentées. Il ne faut en rien y voir une forte hausse mais au
contraire, une hausse progressive.
La DRE a quant à elle réalisé en 2005 des
cartes de trafic pour les années 2002, 2003 et 2004. Elles se
décomposent en deux thèmes : trafic autoroutier et trafic sur
routes nationales. Le trafic est indiqué sur chaque point de comptage.
De plus, la DRE met en ligne, par l'intermédiaire de l'Observatoire
Régional des Transports, des cartes concernant le trafic sur les
autoroutes, les nationales et les départementales du Rhône. On
trouve aussi des tableaux permett ant de mesurer l'évolution mensuelle
du trafic en 2005 de quelques routes et autoroutes du département.
Toutes les données de trafic routier et autoroutier concernent les deux
sens de circulation.
1- Les flux circulent en grande majorité sur les
axes autoroutiers
1.1 : De plus en plus d'échanges avec l'ouest
Nous allons nous intéresser tout d'abord au trafic
provenant de l'Ouest : de Clermont-Ferrand et de Saint-Etienne. L'A89 Balbigny
- La-Tour-de-Salvagny sera le dernier maillon de l'autoroute provenant de la
préfecture auvergnate en direction de Lyon. Elle sera alors dans la
continuité de l'A72 (récemment rebaptisée A89 entre
Clermont-Ferrand et Balbigny) dont le trafic est étudié dans les
deux figures suivantes.
Figure 13 : Trafic autoroutier sur deux sections de
l'A 72 et le barreau existant de l'A89
|
Véhicules par jour
|
A72 Nord de bifurcation A89 Est
|
A89 Est Nervieux-Balbigny
|
A72 Nord de
Saint- Etienne
|
|
1991
|
10 530
|
1 790
|
14 660
|
|
1992
|
11 290
|
2 330
|
15 820
|
|
1993
|
12 010
|
2 700
|
16 990
|
|
1994
|
12 540
|
3 010
|
17 990
|
|
1995
|
12 810
|
3 340
|
18 690
|
|
1996
|
12 790
|
3 470
|
19 050
|
|
1997
|
13 040
|
3 710
|
19 790
|
|
1998
|
13 570
|
4 110
|
20 840
|
|
2002
|
15 776
|
5 216
|
25 211
|
|
2003
|
16 252
|
5 446
|
26 183
|
|
2004
|
16 419
|
5 546
|
26 921
|
|
Taux de variation 1991-2004
|
59,49%
|
209,83%
|
83,64%
|
Sources : DRE, Dossier d'enquête publique
Figure 14 : Evolution du trafic moyen journalier
entre 1991 et 2004 sur l'A 72 et l'A89

30 000 25 000 20 000 15 000 10 000 5 000 0
Evolution du trafic moyen journalier entre 1991 et
2004 sur l'A72 et l'A89
A72 Nord de Balbigny
A89 Est Nervieux-Balbigny
A72
Nord de Saint-Etienne
Sources : DRE, Dossier d'enquête publique
Le trafic augmente constamment depuis 1991 sur les
différents secteurs étudiés. En 2004, plus de 16 000
véhicules empruntent l'A72 au Nord du barreau A89 Est. Ce barreau ne
supporte pas un trafic très élevé (moins de 6000
véh/j our) mais connaît en revanche une hausse extrêmement
élevée de celui-ci (il a triplé entre 1991 et 2004).
Enfin, le secteur de l'A72 situé au Nord de Saint-Etienne, avant le
passage du péage de Veauchette en venant du Nord, est celui qui supporte
le trafic le plus élevé. En plus de relier la préfecture
auvergnate aux préfectures stéphanoise et lyonnaise, il sert de
desserte de la plaine et des monts du Forez. Son trafic s'élève
en 2004 à près de 27000 véhicules par jour et a quasiment
doublé sur la période observée.
Les 3 sections étudiées de l'A72 et de l'A89
connaissent toutes les trois une hausse constante et progressive de leur
trafic. Cette hausse est le résultat d'une augmentation des
échanges entre Saint-Etienne et la plaine du Forez et le Nord de la
Loire. C'est aussi le résultat d'une augmentation des échanges
entre Rhône-Alpes et Auvergne.
Le schéma suivant représente les principaux flux
longue distance passant par l'A72. Les chiffres datent de 1994. Pour permettre
de présenter les flux actuels, il fut nécessaire de recalculer
ces flux en fonction de la croissance du trafic généralement
observée sur l'A72 entre 1994 et 2004. Cette croissance
d'élève à plus ou moins 40%. Ainsi, les estimations des
flux pour 2004 correspondent à une augmentation de 40%
des flux de 1994. Si les chiffres pour 2004 ne sont qu'approximatifs, le
schéma de la figure 15 présente de manière
intéressante les principaux flux longue distance passant par l'A72.
Figure 15 : Principaux flux de transit Est-Ouest via
l'A 72

Sources : Dossier d'enquête publique, DRE.
Réalisation : Pailler.S (2007)
L'aire métropolitaine lyonnaise attire les flux les
importants passant par l'A72. Les échanges entre le Nord de
Saint-Etienne / Clermont-Ferrand et Lyon sont les plus importants. Ils
s'effectuent actuellement à 75% par l'A72. Parmi eux, nombreux sont ceux
qui pourraient s'effectuer par l'A89 lorsqu'elle sera mise en service,
notamment les flux entre Clermont-Ferrand et Lyon. On remarque que si seulement
11% des flux entre Roanne et Lyon se font via l'A72, 71% des échanges
entre Roanne et le Sud se font via ce même axe. L'A72 est donc un axe
préférentiel pour les flux Nord-Sud. Dans une moindre mesure, on
constate aussi cette préférence dans les échanges entre
Clermont-Ferrand / Nord de Saint-Etienne et le Sud qui se font à 90% par
l'A72.
Si l'on s'intéresse désormais aux flux vers
l'Est de la France, on constate une opposition d'itinéraire selon que
les échanges se font avec Roanne ou avec Clermont-Ferrand / le nord de
Saint-Etienne. En effet, seulement 30% des flux entre Roanne et l'Est se font
via l'A72. Les 70% restant se font donc essentiellement en traversant Lyon, par
le TEO notamment. A l'inverse, les flux entre Clermont-Ferrand / nord de
Saint-Etienne et l'Est se font à 94% via l'A72 ! Une partie de ces flux
pourrait se reporter sur la future A89.
Les usagers de l'A72 qui souhaitent se rendre à Lyon
contournent Saint-Etienne par le Nord-Est pour rejoindre l'A47 à
Saint-Chamond. La figure 16 présente le nombre de l'évolution
annuelle du trafic sur l'A47 de 1993 à 2004 à Givors.
Figure 16 : Evolution annuelle du trafic sur l'A47
de 1993 à 2004 à Givors
|
Givors
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
2002
|
2003
|
2004
|
|
Véhicules par jours
|
44 700
|
46 640
|
49 740
|
51 320
|
50 660
|
51 110
|
56 652
|
57 352
|
58 082
|

40 000
20 000
70 000
60 000
50 000
30 000
10 000
0
1993 1994 1995 1996 1997 1998 2002 2003 2004
Evolution annuelle du trafic sur l'A47 à
Givors
Sources : dossier d'enquête publique, DRE
L'A47 est une autoroute interurbaine entre Saint-Etienne et
Givors puis Lyon par l'A7. Elle assure donc deux fonctions : la liaison entre
les deux métropoles régionales et la desserte locale. Le choix
des chiffres de comptage à Givors permet de ne pas prendre en compte le
trafic de desserte. Le dossier d'enquête concernant l'A45 entre
Saint-Etienne et Lyon permet de connaître la structure des flux circulant
de l'A47. Les chiffres qu'il présente complètent ceux recueillis
pour ce mémoire car ils ont été réalisés en
1999. A cette date, les
échanges entre Lyon et l'agglomération
stéphanoise étaient de l'ordre de 13 000 véhicules par
jour. Les relations de grand transit avec l'Ouest (A72) représentaient
10 000 véhicules par jour. On peut supposer qu'une partie de ces flux
sera reportée sur l'A89. Si l'on considère que le trafic
journalier augmente annuellement de 2,14%, on obtient environ 52 200
véhicules en 1999 à Givors. Ainsi, le trafic concerné
correspondant à la liaison Saint-Etienne - Lyon ou à un transit
vers l'Ouest représente de 40 à 45% du trafic de l'A47 à
Givors.
L'A47 est une autoroute ancienne dont les
caractéristiques rendent difficiles les conditions de circulation. Elle
est très sinueuse, la circulation est dense et les trafics
élevés. Les heures de pointe sont marquées par des
ralentissements aux abords de Saint-Etienne et pour traverser Givors. En raison
de l'étroitesse de la chaussée et de l'absence de bande
d'arrêt d'urgence, tout incident ou accident provoque des ralentissements
et des bouchons importants. Les temps de parcours sont donc aléatoires
et peuvent être soumis à de fortes variations. L'infrastructure
telle qu'elle existe aujourd'hui, malgré une croissance
modérée, semble arriver à saturation. La capacité
théorique d'une autoroute en 2*2 voies est comprise entre 30 000 et 50
000 véhicules par jour (Plassard, 2003, p.26). L'A47 a
supporté 58 000 véhicules par jour en 2004. Ce chiffre,
ajouté à la dangerosité de l'autoroute permet de
comprendre aisément la situation de saturation que connaît
l'A47.
1.2 : Lyon, un point de passage incontournable pour les
flux Est-Ouest
L'aire métropolitaine lyonnaise est traversée
par de nombreuses autoroutes qui en font un véritable carrefour
autoroutier. La Transversale Est-Ouest (TEO) de Lyon, le contournement Est de
Lyon (A46), l'A42 et l'A43 sont concernés par le projet A89. En effet,
ils constituent les axes autoroutiers permettant de rejoindre l'Est de la
France, et de l'Europe en provenance de l'Ouest.
TEO est une voie rapide d'une quarantaine de kilomètres
ouverte en 1997, limitée à 90 km. Elle relie Tassin-la-Demi-Lune
(Ouest de Lyon) au périphérique Est (Villeurbanne). La figure 17
montre l'évolution des flux de transports sur TEO.
Figure 17 : Evolution récente du trafic
Est-Ouest de Lyon par TEO
|
TEO ouest
|
TEO est
|
Périphérique Est: sortie de TEO
|
|
2002
|
53900
|
41331
|
90368
|
|
2003
|
53446
|
41668
|
89982
|
|
2004
|
54806
|
43252
|
87224
|

Evolution du trafic de TEO de 2002 à
2004
TEO ouest TEO est Périphérique Est:
sortie de TEO
100000
90000
80000
70000
60000
50000
40000
30000
20000
2002 2003 2004
Source : DRE
Depuis 2002, le trafic de TEO croît
légèrement. Il n'est pas homogène sur tout le
tracé, il est plus dense à l'Ouest. A la sortie Est, les flux
supportés par le périphérique (RN3 83) sont deux fois plus
importants que sur car il supporte aussi les flux en provenance et en direction
de l'A46.
Le contournement Est de Lyon est constitué de l'A46
Nord et Sud et de la RN346. Pour simplifier, et vues les
caractéristiques de voie rapide de la RN346, nous appellerons ici «
A46 », le contournement Est de Lyon. Il permet de desservir les communes
de l'est lyonnais mais aussi de faciliter les échanges Nord/Sud sans
passer par le centre de Lyon. L'A43, au Sud-Est de Lyon, est une autoroute qui
relie l'agglomération lyonnaise aux Alpes, et par conséquent
à l'Italie, en passant par Chambéry. Enfin, l'A42 relie
l'agglomération lyonnaise au Nord-Est de la France et à la
Suisse. Bien que ces trois axes autoroutiers ne fassent pas partie de l'ouest
lyonnais, il est intéressant de les étudier. En effet, ils seront
le prolongement vers l'Est de l'A89 qui rappelons-le, a parmi ses objectifs de
faciliter les flux de transports Est-Ouest nationaux et internationaux. L'A46
est analysée ici bien qu'elle supporte
essentiellement des flux Nord-Sud, car elle fait partie des
autoroutes de l'est lyonnais. Elle sera donc un lien entre l'A89 et les
autoroutes de l'Est (A42 et A43). Les points de comptages choisis sont
situés à l'Est de l'A432 (autoroute d'accès à
l'aéroport Lyon Saint-Exupéry) afin d'être
représentatifs des flux vers et en provenance de l'Est, sans prendre en
compte les flux entre les zones industrielles de l'est lyonnais,
l'aéroport et l'agglomération lyonnaise. Ils reflètent
ainsi réellement les échanges avec l'Est.
Figure 18 : Evolution du trafic moyen journalier de
trois autoroutes de l'est lyonnais
|
2002
|
2003
|
2004
|
|
A46 Meyzieu
|
76
|
862
|
77
|
046
|
78
|
154
|
|
A43 péage de Saint- Quentin- Fallavier
|
74
|
035
|
75
|
800
|
76
|
786
|
|
A42 péage de Dagneux
|
61
|
007
|
57
|
780
|
59
|
790
|

40 000
60 000
20 000
90 000
80 000
70 000
50 000
30 000
10 000
0
Evolution récente du trafic moyen journalier de
trois autoroutes de l'est lyonnais
A46 Meyzieu
A43
péage de SaintQuentin-Fallavier
A42
péage de Dagneux
2002 2003 2004
Source : DRE
Les chiffres récoltés ne permettent pas de
retracer l'évolution de ces autoroutes avant 2002, ce qui
nécessite de ne pas donner trop d'importance aux résultats de
l'évolution constatée. Le trafic de l'A46 et de l'A43 tend
à augmenter alors que celui de l'A42 a plutôt tendance à
stagner, voire diminuer. L'axe qui supporte le trafic le plus dense est l'A46.
La proximité de Lyon et le transit Nord-Sud favorisent ce trafic
élevé. Le trafic de l'A43 est très proche de celui de
l'A46. Ils connaissent tous les deux la même progression et leur
valeur
actuelle est sensiblement la même. On ne peut cependant
pas dire que l'écoulement du trafic est identique car l'A46 est une 2*2
voies alors que l'A43 est une 2*4 voies. Le trafic est donc dense sur l'A46 et
plus fluide sur l'A43. L'importance du trafic sur l'A43, s'explique,
au-delà de la liaison avec les Alpes, par les flux de transports
nécessaires à l'activité économique le long du
tracé, notamment avec la ville nouvelle de l'Isle-d'Abeau. A l'inverse,
l'A42 est l'autoroute qui supporte le plus faible trafic. Si les conditions de
transit Est-Ouest sont améliorées, et ce par l'achèvement
de l'autoroute A89, le trafic de l'A42 pourrait augmenter.
1.3 : L'importance des flux Nord-Sud
Les flux les plus importants de l'aire métropolitaine
lyonnaise sont les flux Nord-Sud. L'autoroute A6 rentre dans Lyon par le tunnel
de Fourvière dont le trafic est présenté en figure 19.
Figure 19 : Evolution mensuelle du trafic moyen
journalier sous le tunnel de Fourvière de 1991 à
2004
|
Fourvière véhicules par jour
|
1991
|
1992
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
2003
|
2004
|
|
95 800
|
98 100
|
100 080
|
102 080
|
99 970
|
98 440
|
96 580
|
100 490
|
103 424
|
103 732
|

106 000
104 000
102 000
100 000
98 000
96 000
94 000
92 000
90 000
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 2003 2004
Evolution du trafic du tunnel de Fourvière -
A6
Source : DRE
Le tunnel de Fourvière est un secteur extrêmement
sensible dans la gestion des flux de transports de l'agglomération
lyonnaise. Son trafic est actuellement supérieur à 100 000
véhicules par jour. Depuis 1991, il subit un trafic qui
a crû de seulement 8,3 %. La croissance n'est pas aussi
régulière que sur les axes étudiés
précédemment. De 1991 à 1994, le trafic a augmenté
très rapidement puis a diminué symétriquement jusqu'en
1997. Cette fluctuation surprenante s'explique par réalisation en 1993
du contournement Est de Lyon. Après sa mise place, celui-ci a
attiré une partie du trafic transitant auparavant par le tunnel de
Fourvière (ce qui a fait baisser le trafic de ce dernier). Les
conditions de circulation sous le tunnel étant améliorées,
le trafic a augmenté de nouveau pour atteindre et dépasser les
valeurs de 1993. La hausse globale du trafic est faible car l'importance des
flux que peut supporter un axe routier ou autoroutier n'est pas extensible
à volonté. Le trafic du tunnel étant déjà
très important, celui-ci ne peut croître aussi rapidement que
celui sur un tronçon récent comme c'est le cas sur le barreau A89
Est.
Pour terminer l'analyse des trafics des autoroutes
liées à l'A89, nous allons observer le trafic de l'A6 en
direction du Nord et de Paris. Le point de comptage est localisé
à Dardilly, à moins de 5km de l'extrémité Est de
l'autoroute A89. Une partie des flux de l'A89 pourrait se reporter sur l'A6 via
l'échangeur de Limonest.
Figure 20 : Evolution du trafic à Limonest -
A6
|
A6
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Limonest
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
2002
|
2003
|
2004
|
|
Trafic moyen journalier
|
29 610
|
31 750
|
32 820
|
32 830
|
31 540
|
33 920
|
37 398
|
38 848
|
38 639
|

45000
40000
35000
30000
25000
20000
15000
10000
5000
0
1993 1994 1995 1996 1997 1998 2002 2003 2004
Evolution du trafic à Limonest - A6
Sources : dossier d'enquête publique, DRE
Le trafic est croissant depuis 1993 sur l'A6 au niveau de
l'échangeur de Limonest. L'autoroute A6 supporte des flux en provenance
et en direction de Paris et du Nord de la France. Il ne s'agit pas ici de flux
traversant la France du Nord au Sud car ceux-ci empruntent plutôt le
contournement Est de Lyon (A46) pour éviter la traversée de Lyon.
Le trafic n'est pas très dense sur cette autoroute car il s'agit d'une
2*3voies. En effet, la capacité théorique d'une autoroute
à 2*3 voies est comprise entre 50 000 et 90 000 véhicules par
jour (Plassard, 2003, p.26). Le trafic sur l'A6 à Limonest
pourrait donc doubler tout en conservant une certaine fluidité. Le
passage par l'A6 des flux de l'A89 ne devrait donc pas poser de
problèmes de saturation sur l'A6.
Depuis 1991, les flux de transports autoroutiers de l'ouest
lyonnais et plus généralement, de l'aire métropolitaine
lyonnaise progres sent, ce qui traduit une hausse des mobilités. La
hausse des mobilités reflète l'attraction croissante de Lyon. Les
flux les plus importants sont les flux Nord-Sud. Ils contournent Lyon par
l'Est. Ils créent ainsi un très fort déséquilibre
entre les flux de transports dans l'est lyonnais et ceux de l'ouest lyonnais.
Ce déséquilibre est aussi la conséquence du nombre de
voies autoroutières à l'Est et à l'Ouest. Une seule voie
autoroutière permet d'accéder à Lyon par l'ouest alors
qu'on en compte 2, plus le contournement, à l'Est. L'A89 viendra
atténuer ce déficit autoroutier de l'ouest. Certains axes, tels
que l'A47 ou l'A6 sous le tunnel de Fourvière se trouvent
saturés, ce qui rend l'accessibilité à Lyon très
difficile, malgré la présence de nombreuses voies
autoroutières. Le nombre de voies autoroutières est
peut-être même l'une des causes de l'asphyxie lyonnaise
étant donné qu'elles favorisent et incitent les
déplacements.
2- La croissance du trafic local sur les routes nationales
2.1 : La RN7 : support des échanges entre Lyon et
Roanne
La RN7 est l'axe principal qui relie Roanne à Lyon en
passant par Tarare et l'Arbresle. L'A89 et la RN7 seront plus ou moins
parallèles à partir de Tarare. L'A89 s'achèvera à
LaTour-de-Salvagny, sur cette route nationale. L'étude de son trafic
permet de comprendre comment se répartissent les flux de transports
routiers de l'ouest lyonnais. Les figures 21, 22
et 23 représentent l'évolution et la
répartition du trafic moyen journalier de divers points de la RN7.
Figure 21 : Répartition et évolution
du trafic moyen journalier le long de la RN7
|
An née
|
Sud de Roanne
|
Saint- Symphorien- de-Lay
|
Ouest de Tarare
|
Est de Tarare
|
Bully (Ouest de L'Arbresle)
|
La-Tour- de- Salvagny
|
Dardilly
|
|
1991
|
|
-
|
|
-
|
6
|
000
|
|
-
|
|
-
|
19
|
500
|
18
|
500
|
|
1992
|
|
-
|
|
-
|
6
|
000
|
|
-
|
|
-
|
19
|
900
|
16
|
800
|
|
1993
|
|
-
|
|
-
|
7
|
300
|
|
-
|
12
|
050
|
20
|
800
|
15
|
800
|
|
1994
|
|
-
|
|
-
|
8
|
700
|
|
-
|
12
|
000
|
21
|
780
|
16
|
100
|
|
1995
|
|
-
|
|
-
|
7
|
154
|
|
-
|
11
|
860
|
22
|
180
|
14
|
820
|
|
1996
|
|
-
|
|
-
|
7
|
543
|
21
|
030
|
13
|
660
|
22
|
780
|
14
|
830
|
|
1997
|
|
-
|
|
-
|
7
|
650
|
21
|
280
|
|
-
|
23
|
620
|
14
|
460
|
|
1998
|
|
-
|
|
-
|
|
-
|
21
|
280
|
|
-
|
24
|
910
|
14
|
270
|
|
2002
|
16
|
518
|
8
|
715
|
7
|
815
|
|
-
|
14
|
207
|
26
|
550
|
13
|
333
|
|
2003
|
16
|
522
|
8
|
798
|
7
|
777
|
22
|
036
|
13
|
021
|
26
|
842
|
13
|
143
|
|
2004
|
17
|
613
|
8
|
798
|
7
|
720
|
21
|
307
|
12
|
890
|
27
|
110
|
13
|
249
|
Sources : Dossier d'enquête publique, DRE
L'étude du trafic le long de la RN7 nous renseigne sur
plusieurs points.
Tout d'abord, on remarque que celui-ci est en constante
progression entre Roanne et La-Tour-de-Salvagny. De plus, il croît au fur
et à mesure que la route nationale se rapproche de Lyon. En effet, la
commune de Saint-Symphorien-de-Lay voit passer près de 8 800
véhicules par jour en 2004 alors que La-Tour-de-Salvagny en compte 27
110, soit trois fois plus. Le trafic s'intensifie à proximité de
Lyon.
Ensuite, le trafic est plus important à l'est des
villes que traverse la RN7 qu'à l'ouest. La figure 22 illustre bien ce
phénomène. L'ouest de Tarare (lieu-dit `Le Magnin') a un trafic
de 7 720 véhicules par jour alors que l'est en compte 21 307. De
même, la RN7 à l'ouest de l'Arbresle supporte un trafic de 12 890
véhicules par jour alors qu'à l'est en supporte 27 110. Ainsi,
l'est de Tarare et de l'Arbresle connaît un trafic deux fois plus grand
que l'ouest. Ce chiffre s'explique par le fait que ces deux communes sont
à l'intersection de routes départementales ou d'autres routes
nationales (à Tarare se rejoignent la D60, la D1 et la D8 et à
l'Arbresle se rejoignent la RN89 et la D485) dont le trafic vient s'accumuler
à celui de la RN7. Il révèle cependant que les flux de
transports sont attirés vers l'Est. Les flux de transports se
développant vers l'Est, on peut en déduire l'influence que Lyon
exerce sur
l'ouest lyonnais si l'on considère que
l'intensité du trafic laisse reflète l'intensité de
l'influence. De plus, la typologie des cantons (cf. figures 6 et 22) influe sur
l'importance des flux. Les flux sur la RN7 sont beaucoup plus importants dans
les cantons ouvriers et résidentiels que dans l'espace rural. Le poids
démographique des espaces traversés par la RN7 modifie fortement
la quantité des flux qu'elle écoule : les espaces ruraux supporte
des flux beaucoup moins élevés que les espaces urbains. La chute
du trafic au sud de Roanne en direction de Tarare s'explique par la bifurcation
sur la RN82 en direction de Balbigny et de l'A72.
Figure 22 : Schéma de répartition du
trafic le long de la RN7 de Roanne à Lyon

Source : DRE. Réalisation : Pailler.S (2007)
Enfin, les deux points de comptages les plus orientaux du
tracé présentent des évolutions inverses. Depuis 1991, le
trafic a augmenté de 39% sur la commune de La-Tourde-Salvagny alors que
durant la même période il a diminué de 28% à
Dardilly. Cette
différente s'explique par les caractéristiques
différentes de la RN7 à ces deux endroits. A LaTour-de-Salvagny,
la RN7 est une voie rapide à 2*2 voies alors qu'à Dardilly, il
s'agit d'une route à deux voies uniques. De plus, les usagers de la voie
rapide de La-Tour-de-Salvagny peuvent provenir ou aller en direction du Nord en
prenant la bifurcation au Nord de Dardilly vers l'A6 ou la RN6 ce qui
court-circuite la RN7 à Dardilly. L'achèvement de l'A89 à
LaTour-de-Salvagny apportera des véhicules sur une route nationale qui
supporte déjà un trafic très dense et croissant.
Figure 23 : Evolutions inverses du trafic de la RN7
sur deux points de comptages dans la proche banlieue
lyonnaise

30 000 25 000 20 000 15 000 10 000 5 000 0
Evolution du trafic de RN7 sur deux points de com
ptages dans la proche banlieue lyonnaise
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 2002 2003 2004
La-Tour-de-Salvagny Dardilly
Sources : Dossier d'enquête publique, DRE
2.2 : La RN489 : liaison stratégique de la RN7
à la RN6
La RN489 est une section routière longue de deux
kilomètres qui relie la RN7 à la RN6 et l'A6. Elle est
bordée de terres cultivées et de forêts, il n'y a pas de
population résidant au bord de cette route. Les nuisances qu'elle
provoque sont donc essentiellement d'ordre écologique. Elle jouera un
rôle très important dans la liaison A89/A6 car elle supportera le
trafic entre ces deux autoroutes. Elle supporte actuellement un trafic de plus
de 20 000 véhicules par jour. L'A89 contribuera fortement à la
hausse du trafic de cette section, qui devra être aménagée
en conséquence. Le tableau ci-dessous retrace l'évolution du
trafic de la RN489 entre 2003 et 2005. La RN489 gagne progressivement du trafic
depuis 2003.
Figure 24 : Evolution récente du trafic
à Dommartin - RN489
|
RN489
|
|
|
|
|
Dom martin
|
2003
|
2004
|
2005
|
|
Véhicules par jour
|
21 193
|
21 652
|
21 766
|
Source : DRE Rhône-Alpes
2.3 : Une légère baisse des flux de la RN89
qui relie l'agglomération lyonnaise à la plaine du Forez
La RN89 est la route nationale que longe l'A89 sur l'ensemble
de son tracé depuis Bordeaux. Elle traverse la plaine du Forez par
Boën et Feurs avant de rentrer dans le département du Rhône
par Sainte-Foy-l'Argentière puis l'Arbresle. Le point de comptage est
situé à l'entrée sud de la commune de l'Arbresle, à
Sain-Bel.
Figure 25 : Evolution annuelle du trafic de 1992
à 2004 sur la RN89 à Sain-Bel
|
RN89
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Sain-Bel
|
1992
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
2002
|
2003
|
2004
|
|
véhicules par jour
|
10940
|
11400
|
11400
|
10230
|
9720
|
9680
|
9770
|
9484
|
9638
|
9503
|

12 000
11 000
10 000
6 000
9 000
8 000
7 000
5 000
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 2002 2003 2004
Evolution du trafic de la RN89 à Sain-Bel de
1992 à 2004
Source : DRE
Le trafic au Sud de l'Arbresle a diminué de 13% entre
1992 et 2004. Cette perte de trafic semble s'estomper aujourd'hui. La
comparaison avec le trafic à l'Est de l'Arbresle (27 100
véhicules par jour en 2004 et une progression du trafic d'environ 35%
sur la même
période) montre que les flux de transports routiers de
l'Arbresle, ainsi que le transit passant par l'Arbresle sont orientés
vers l'Est (Lyon) plutôt que vers le Sud-Ouest (Loire). La
présence d'un échangeur à l'Arbresle pourrait attirer des
flux en provenance de la plaine du Forez et de
Sainte-Foy-l'Argentière.
2.4 : La forte progression du trafic de la RN82 entre
Roanne et Balbigny
Le point de comptage est situé à Neulise, soit
10km au Sud de L'Hopital-sur-Rhins (intersection RN7/RN82). La RN82 supporte
ici les flux de transports entre Roanne et la plaine du Forez ou entre Roanne
et Saint-Etienne.
Figure 26 : Evolution annuelle du trafic de 1993
à 2004 de la RN82 à Neulise
|
Neulise
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
2002
|
2003
|
2004
|
|
véhicules par jour
|
8 080
|
8 450
|
8 760
|
8 860
|
9 150
|
10 473
|
10 831
|
11 136
|

12 000
11 000
10 000
6 000
9 000
8 000
7 000
5 000
1993 1994 1995 1996 1997 2002 2003 2004
Evolution du trafic de la RN82 à Neulise de
1993 à 2004
Sources : dossier d'enquête publique, DRE
Le trafic de la RN82 à Neulise croît
progressivement depuis 1993. Il a progressé de 38%. L'A89 devrait
fortement modifier les flux circulant sur cet axe car il permettra notamment de
relier Roanne à Balbigny et donc à l'échangeur
ligérien de l'A89. Cette modification sera effective si les Roannais
empruntent l'échangeur de Balbigny pour accéder à l'A89.
Or, ceci n'est pas une évidence. Certes l'échangeur de Balbigny
est plus prêt de
Roanne (30km parcourus en 20 min) que l'est l'échangeur
de Tarare Ouest (40km parcourus en 36 minutes), mais il faut y ajouter la
distance et temps de parcours sur l'A89 pour effectuer le trajet Balbigny -
Tarare. Cette distance est d'environ 22km (Via Michelin). Si l'on
considère que l'usager emprunte l'autoroute à une vitesse moyenne
de 100km/h, il effectuera le parcours en 13 minutes. Ainsi, le parcours Roanne
- Tarare via Balbigny représenterait une distance d'environ 50km
effectués en près de 40 minutes : soit 10km de plus que le trajet
par la RN7 et quelques minutes de plus.
Mais ceci est sans prendre en considération la mise en
2*2 voies complète de la RN82. Actuellement, la RN82 est en 2*2 de voies
de Roanne à Neulise. Une fois les travaux achevés, la distance
sera sensiblement la même mais le temps de parcours sera réduit.
Ainsi, les travaux effectués (A89 et mise en 2*2 voies de la RN82)
permettront une contraction de l'espace-temps. Le passage par Balbigny, plus
long en kilomètres, mais plus rapide, serait plus agréable et
plus sûr que le passage par la RN7.
3- La saisonnalité des flux de transports routiers
dans l'ouest lyonnais
Les données utilisées pour cette analyse sont
mises en ligne sur le site de la Direction Départementale du
Rhône. Les comptages ont effectués en 2005. Ils auraient pu
être repris dans les études d'évolutions
réalisées précédemment mais la quantité des
comptages, et leur localisation ne permettaient pas une étude
exhaustive. De plus, il aurait été possible d'établir
l'évolution mensuelle du trafic de chaque sens de circulation. Cette
étude ne présentait pas un grand intérêt puisque sur
chaque section étudiée, les deux sens de circulation supportaient
à peu près le même trafic. On ne pouvait alors pas en
déduire une organisation particulière de l'espace. Les deux
cartes suivantes localisent les points de comptages sur les autoroutes A6 et
A47.

Figure 27 : Localisation du point de comptage sur
l'A6

Figure 28 : Localisation du point de comptage sur
l'A47 |