INTRODUCTION GENERALE
Le développement des affaires entraîne la prise
d'importants risques aussi bien pour les personnes que pour les patrimoines
engagés à cet effet. Bien plus, avec la démultiplication
des risques consécutive du développement prodigieux du commerce
international et de la libre circulation des personnes, des biens et des
capitaux, phénomènes confortés par la mondialisation qui
consacre la porosité des frontières, l'importance des enjeux
économiques crée une situation de psychose qui fait que les
investisseurs ont besoin de couverture qui leur permette de transférer
tout ou partie des risques qu'encourent leurs activités. Dès
lors, le service des assurances participe à la fois au financement de
l'économie et à la couverture des risques inhérents
à l'exercice d'une activité économique. On comprend alors
l'intérêt pour l'Etat du Cameroun de structurer le marché
des assurances.
a) Contexte de l'étude
L'économie camerounaise a amorcé vers la fin de
la décennie 90 une croissance qui ne demande qu'à être
soutenue dans la perspective de la lutte contre la pauvreté et
l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement
(OMD). De plus, l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative Pays
Pauvres et Très Endettés (IPPTE) en avril 20061(*), place le pays dans des
conditions optimales de relance économique et partant de promotion des
investissements. Aussi, reste-il aux pouvoirs publics d'envisager
l'assainissement du cadre macroéconomique des affaires pour créer
un cadre incitatif propice à l'investissement, lui-même moteur du
développement économique. Ce que suggèrent l'objet et
l'intérêt de cette étude, étant entendu que
l'exercice optimal du service des assurances participe inéluctablement
de l'attractivité du pays en matière d'investissements.
b) Objet et intérêt de
l'étude
Commanditée par l'autorité publique, cette
étude vise la présentation générale du
marché camerounais des assurances. Autrement dit, il nous est à
charge dans ce travail, d'évaluer le marché des assurances au
Cameroun en vue d'en dégager les principales caractéristiques et
les pistes à explorer pour le redynamiser et en assurer un plein
exercice. Ainsi perçue, l'intérêt de l'étude tient
principalement à la portée stratégique qu'elle revêt
pour l'Etat qui pourra y voir les axes majeurs de la restructuration de ce
secteur et, pour les opérateurs du secteur (ou ceux désirant s'y
investir) qui pourront y trouver les supports de leur décision
d'investissement.
c) Problématique et difficultés de
l'étude
En dix ans, le nombre d'entreprises d'assurance au Cameroun a
presque doublé passant de 9 opérateurs avant l'entrée en
vigueur du code CIMA à 17 après son entrée en vigueur,
soit une augmentation d'environ 89%. Cependant, la diversification des offres
de services dans le secteur n'a que très peu variée2(*). On peut dès lors
s'interroger sur la compatibilité du service des assurances au Cameroun
avec les objectifs de relance et de soutenabilité de l'économie.
De ce point de vue, il nous semble judicieux, dans le cadre d'une étude
sur le marché des assurances au Cameroun, de questionner les diverses
relations qui lient le service des assurances à la performance
économique de l'Etat. Il en est ainsi de :
o L'adéquation entre les produits/services offerts et
les besoins identifiés des consommateurs,
o L'efficacité de la couverture des risques,
o La diversification des offres,
o L'optimisation des services,
o L'effectivité du financement de l'économie (ou
de l'activité économique)
Il est évident que l'étude permettra de
dégager les freins éventuels au plein exercice de
l'activité au pays autant qu'elle ressortira les caractéristiques
du marché camerounais des assurances.
Reste que, la principale faiblesse de ce travail réside
dans la faible couverture des champs d'application de l'assurance au Cameroun,
la dimension éminemment réduite des acteurs impliqués dans
la conduite de l'étude et la non prise en compte des difficultés
juridiques liées à l'exercice de la fonction d'assureur au
Cameroun, difficulté pourtant consubstantielle à l'assainissement
du secteur. Nonobstant ces difficultés, justifiées pour la
plupart par la faiblesse des moyens nécessaires pour conduire une telle
étude, les contraintes de temps liées à notre statut
d'étudiant et aux occupations y afférents, nous convoquerons,
dans le cadre cette étude, divers outils et techniques d'analyse et
présenterons les résultats dans un développement en deux
grandes parties, l'une consacrée à la présentation du
marché des assurances au Cameroun et l'autre consacrée à
la collecte et l'exploitation des données.
* 1 L'admission à ce
programme a entraîné pour le Cameroun une annulation substantielle
de la dette donnant dans le même temps un souffle nouveau à
l'économie camerounaise.
* 2 En effet, en 1997/98, il
y avait au Cameroun 14 compagnies d'assurance privées 12 d'entre elles
n'offraient que des services d'assurance non-vie, et deux
sociétés offraient des assurances vie. Situation quasi identique
à ce jour. (Voir Rapport ASAC sur le marché des assurances au
Cameroun, 2005 et 2006).
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