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Justice transitionnelle au Burkina Faso, originalité ou pis-aller?

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par Lamoussa Windpingré Pascal ZOMBRE
Université de Genève - Certificat en droits de l'homme 2006
  

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Deuxième partie : Le pardon

Les différents organes mis sur pied afin de procéder à la lecture de l'histoire tragique du Burkina Faso durant quarante années sont unanimes, dans leur diagnostic, à reconnaître que les crimes et les violences de toutes natures subis par des burkinabés ont créé des frustrations et plus grave, des traumatismes individuels et collectifs auxquels, il s'avère indispensable d'apporter un remède efficace : le pardon. Prévu comme l'aboutissement d'un processus vers la réconciliation nationale, il se présentera comme une des étapes majeures avec la célébration de la journée nationale du pardon. Avant d'examiner un tel phénomène historique (Chap.3), il s'avère nécessaire de s'interroger sur les fondements du pardon (Chap.1) et d'en découvrir les acteurs (Chap.2) au Burkina Faso.

Chapitre I : Les fondements du pardon

Dans la quasi-totalité des religions du monde, le pardon joue un rôle essentiel et se présente comme une transaction à travers laquelle, celui qui avoue sa faute se voit accorder le bénéfice de la rémission de ses péchés. Chez les catholiques, il existe la confession des péchés devant le prêtre qui a le pouvoir au nom du Christ de pardonner les fautes des fidèles. Ainsi considérée, la confession est facteur de paix, un acte qui libère le coupable du fardeau de ses péchés, le réconcilie avec lui-même, le réconcilie avec Dieu qu'il a offensé à travers ses semblables et le réconcilie avec la communauté des croyants, l'Eglise. Qu'est-il alors du pardon lorsqu'il est organisé dans le cadre d'un Etat laïque et démocratique comme le Burkina Faso ? La différence entre le pardon dans le cadre institutionnel étatique et celui religieux relève d'une question de procédure ; les objectifs demeurent quasiment les mêmes à savoir, la recherche de la paix (sect.1) et la réconciliation (sect.2)

Section 1 : La recherche de la paix sociale

Dans son adresse à la nation le 21 mai 1999, le Président du Faso déclarait ceci : « la cohésion sociale a été mise à rude épreuve et soucieux de préserver la paix sociale, de rétablir la confiance dans les institutions, de renforcer votre foi dans le dialogue et la concertation, le gouvernement prendra toutes les mesures.. »42(*). Pour le Président du Faso, la cohésion sociale est compromise du fait de trois choses :

- la perte de confiance dans les institutions républicaines ;

- la rupture du dialogue ;

- le manque de concertation.

Comment alors, rétablir la confiance dans les institutions, renforcer la foi dans le dialogue et la concertation ? De simples mesures suffisent-elles ? Certainement pas ; voilà pourquoi, le Collège de Sages aussi bien que la Commission pour la Réconciliation Nationale avaient recommandé le pardon. Cette démarche vise d'abord à reconnaître que des droits de nombreux burkinabé ont été violés par le fait d'autres burkinabés et au nom de l'Etat ; que cette situation est anormale en ce sens qu'elle est négatrice des droits de l'homme. Ensuite, elle vise à permettre aux auteurs des différents crimes de sortir de leur peur, de confesser leurs crimes et de réintégrer la communauté. Egalement, elle permet aux victimes de sortir de l'anonymat, d'avoir un statut de victimes à travers la reconnaissance des torts qu'ils ont subis. Enfin, elle permet le rétablissement du dialogue entre bourreaux et victimes. Il s'agit en fait d'une thérapie où victimes et auteurs sont tous des patients. Cette thérapie a pour but de redonner la parole aux uns et aux autres afin qu'ils expriment l'indicible, qu'ils se libèrent et libèrent la parole en même temps qu'ils se parlent. Dès lors, victimes et auteurs se reconnaissent dans leurs rôles respectifs et prennent la mesure des torts qui ont été commis. Au sortir de cette thérapie, chacun se trouve restauré et rétabli dans sa dignité, même en l'absence de toute sanction. Le pardon ainsi conclu est signe de libération et marque un nouveau départ vers la réconciliation.

* 42 In message à la nation de S.E. le président du Faso, Ouagadougou, mai 1999, p.1

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry