|
DEDICACES :
Je dédie ce modeste travail :
- à mon père DIAHE MBALLO
- à ma mère NGONE DIABONG
Pour l'éducation qu'ils nous ont donné, les
prières qu'ils n'ont cessées de nous formuler à notre
endroit.
Puisse le bon Dieu nous gratifier encore de votre
présence parmi nous.
A mes soeurs : MARIAMA, AMINATA, ASTOU,
ROCKHY
A mon frère : CHEIKH OMAR
A ma nièce : YACINE FAYE
A KAOLACK :
A mon Oncle AMADOU DIOP Administrateur Civil et sa
Famille
A PAPE SOULEYMANE DIARRA
A ma Tante ADAMA DIABONG et son Mari
A toi ma Grand-mère, GNIMBY
GNINGUE
A mes Oncles : MANE, DJIBY, MOUSTAPHA
A la Famille SOUANE à Kassaville
A DIAOCOUNDA :
A mes parents : MODY, YERO, DEMBA, IDRISSA et
leurs épouses
A mes frères : Aliou, Abdourahmane
....
A KOLDA
:
A MANSOUR SENE, ses soeurs et sa
Famille
A DABO :
A monsieur et madame MANCABOU,
A GUEYE « horloger » et
Famille
A mon ami MASSAMBA DIATTA
SOMMAIRE
INTRODUCTION..................................................................P5
PREMIERE PARTIE : L'ETUDE DU DISPOSITIF
CONVENTIONNEL...P15
CHAPITRE 1er : LA PRESENTATION DU CONTENU
DE LA CONVENTION..P16
SECTION 1er : L'IDENTIFICATION DES DEUX
COLLECTIVITES LOCALES
PARTENAIRES..............................................................................P16
SECTION 2ème : LES DIFFERENTS AXES
DE COOPERATION...................P20
CHAPITRE 2ème : L'ENCADREMENT
JURIDICO- INSTITUTIONNELS.......P25
SECTION 1ère : LES MECANISMES
JURIDIQUES.................................P25
SECTION 2ème : LES MECANISMES
INSTITUTIONNELS........................P29
DEUXIEME PARTIE : LA MISE EN OEUVRE DE LA
CONVENTION........P 35
CHAPITRE 1er : LES MODALITES DE MISE EN
OEUVRE ........................P36
SECTION 1ère : LES MOYENS
JURIDIQUES INSTITUTIONNELS ET
FINANCIERS.................................................................................P36
SECTION 2ème : LES ORGANES DE MISE EN
OEUVRE...........................P44
CHAPITRE 2ème : LES INSIFFUSANCES
DE LA MISE EN OEUVRE..............P49
SECTION 1ère : UN CHAMP
D'APPLICATION LIMITE.............................P49
SECTION 2éme : LES DIFFICULTES RECONTREES
DANS LA MISE EN OEUVRE..P55
?PERSPECTIVES......................................................P64
?CONCLUSION
GENERALE.......................................P72
?BIBLIOGRAPHIE....................................................P
75
?
ANNEXES.................................................................P76
REMERCIEMENTS
« Si les rêves meurent en
traversant les ans je garde intacts mes souvenirs.... »Mariama
BA
Je remercie ALLAH le tout puissant, qui m'a donné
la santé, les moyens ; et la volonté dans la quête du
savoir.
Je remercie également mon encadreur le Docteur
AMADOU KAH qui a bien voulu guider mes premiers pas dans la recherche.
Je remercie aussi Monsieur Babacar Faye du Conseil
Régional de Saint Louis.
Enfin je remercie tous ceux qui m'ont aidé
à réaliser ce modeste travail de près ou de loin
notamment :
? Adji B. Ndoye, Sira Souane, Yousouf Ndao
(au 15 G4 F), Abdou Mbaye (et famille à sanar), Dione Niang, Salimata
Cissokho, Maguette Dieng, Cheikh Fall et Mouhamadou A. Thiaw
? Mes promotionnaires : Salif Ka, Aly
Bâ, Sadou Wane, Cheik H. Kane, Fatou kiné Diouf, Moussa Sarr,
Mohamed « le Tchadien »....
? Aux résidents du G4F
? Aux étudiants de l'AERKD
(Kolda)
? Aux étudiants de l'AREK (Kaolack)
? Aux étudiants de DABO à
l'UGB
SIGLES ET
ABREVIATIONS
A.C.P : Afrique Caraïbes Pacifique
A.F.A: And Feg Askanwi
A.F.V.P : Association Française des
Volontaires du Progrès
A.R.C : Agents Relais Communautaires
A.R.D : Agence Régionale de
Développement
A.T.R : Administration Territoire de la
République
A.T.T : And Takhaw Talibés
B.C.I : Budget Consolidé
d'Investissement
C.C.D : Cadre de Concertation des
Départements
C.C.L : Code des Collectivités Locales
C.M.P.C : Comité Mixte Permanent de
Coopération
C.N.A.O : Centre National d'Appareillage,
d'Orthopédique
C.N.C.A: Caisse Nationale de Crédit Agricole
C.N.C.D: Commission Nationale de la Coopération
Décentralisée
C.R.R.E.J : Centre Régional de Ressources
pour l'Emploi des Jeunes
D.R.C.I : Direction des Relations et
Coopérations Internationales
D.R.E.I : Direction des Relations
Européennes et Internationales
D.R.S.I : Direction des Relations et de la
Solidarité Internationale
D.S.R.P : Document Stratégique de
Réduction de la Pauvreté
F.I.L : Fond d'Initiative Local
G.I.E:Groupement d'Intérêt
Economique
I.E.C : Information- Education - Communication
N.T.I.C : Nouvelles Technologies de l'Information et
de la Communication
O.C.B : Organisation Communautaire de
Base
O.N.G : Organisation Non Gouvernementale
P.A.D : Programme d'Appui à la
Décentralisation
P.D.E.F : Programme Décennal pour l'Education
et la Formation
P.M.E : Programme Mère -Enfant
P.M.E : Petites et Moyennes Entreprises
P.M.I : Petites et Moyennes Industries
P.N.D.S : Plan National de Développement
Sanitaire
P.R.D.S : Plan Régional de
Développement Sanitaire
P.R.D.I : Plan Régional de
Développement Intégré
S.A.E.D : Société d'Aménagement
et d'Exploitation du Delta
S.O.C.A.S : Société de Conserverie
Alimentaire du Sénégal
S.I.C.O.D : Solidarité Internationale et
Coopération au Développement
T.G.V : Train à Grande Vitesse
INTRODUCTION
Depuis quelques années, on assiste
à une présence de plus en plus importante des
collectivités locales dans l'ordre international .Ces
dernières, par l'intermédiaire des lois de la
décentralisation, ont pris place, au fur et à mesure que leur
autonomie tendait à s'affirmer et de manière à la
conforter, dans ce qu'on désigne sous le terme générique
la « Coopération Décentralisée » qui
est une forme de coopération internationale et qui désigne les
relations entre collectivités locales.
L'expression « coopération
décentralisée » résulte d'un long processus. En
effet, elle remonte au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Son
premier mode de mise en oeuvre le plus connu, était celui des
comités de jumelage. Ceux-ci constituaient les premières
relations existant entre collectivités locales de différents
pays. Institués en premier lieu, entre communes d'Europe, ces jumelages
favorisaient la réconciliation des populations d'Europe au lendemain de
la seconde guerre mondiale. Une telle démarche, visait dés lors,
à dissiper le sentiment de haine, de méfiance et de promouvoir le
dialogue entre peuples d'Europe qui s'étaient engagés dans la
seconde guerre mondiale mais plus précisément entre populations
françaises et allemandes.
Après les jumelages dits de
réconciliation, les jumelages de paix ont pris le relais pendant la
guerre froide opposant l'Est et l'Ouest. Ceux-ci matérialisaient les
relations entre les collectivités locales des pays de l'Est et celles
de l'ouest .Et, même après, la fin de la Guerre Froide, ces
jumelages dits de paix participaient à asseoir la politique de dialogue
entre les populations de différentes nations à travers des
relations de coopération existant entre leurs collectivités
locales respectives. Et, comme le disait un diplomate français, il
s'agit de « maintenir une fenêtre ouverte » dans les
pays de l'Est.
Il faut attendre vers les années 70,pour
les « coopérations dite de réconciliation »,
puis de « coopérations dite de paix » puissent
être orientées enfin vers des jumelages -coopération.Ces
derniers se sont développés plus particulièrement dans le
sens NORD-SUD. Autrement dit, entre collectivités locales des pays du
Nord (considérées comme collectivités locales
développées) et celles du sud (considérées comme
collectivités locales pauvres).En effet, cette nouvelle forme
coopération résulte d'un souci majeur de rectifier les
inégalités de développement nées de la traite
négrière, de la colonisation, de la détérioration
des termes de l'échange. C'est dans ce sens que les
collectivités locales des pays développés et celles du Sud
ont entrepris des actions de solidarités. Désormais, les Etats se
voient concurrencer sur le plan international par les collectivités
locales qui peuvent également entretenir des relations de
coopération. C'est dans cette perspective qu'elles sont à mesure
de définir leur propre cadre de coopération afin de
réaliser leurs objectifs. Ceux -ci tournent autour de la lutte contre la
pauvreté, de l'émergence de démocratie locale...Et,c'est
dans ce cadre, que s'inscrit la coopération entre la région Nord
Pas de Calais et la région de Saint -Louis.
Toutefois, la Coopération
Décentralisée suscite un débat quant à sa
définition. Et, certains auteurs préfèrent passer sur la
définition formelle d'un phénomène dont on discerne encore
mal toutes les manifestations .C'est pourquoi, sa définition varie d'un
pays à un autre et selon les enjeux en présence.
C'est ainsi pour la doctrine notamment en
France, elle peut être définie comme « les relations
que nouent les collectivités territoriales françaises (et leur
groupement même si les collectivités locales peuvent susciter ou
agréer autour d'elles) avec des collectivités locales
étrangères » selon Bernard Dalloz.1(*)
Alors, on retient que la Coopération
Décentralisée dans l'entendement français désigne
la pratique d'une coopération menée à l'initiative ou avec
l'appui des collectivités territoriales. L'on peut également
constater que les textes législatifs organisant la Coopération
Décentralisée, diffèrent d'un pays à un autre.
Ainsi en France, la coopération
décentralisée est reconnue officiellement aux
collectivités locales aux termes de la loi n :92-125 du 06
février 1992 relative à l'administration territoriale de la
République qui dispose en son article 131-I titre
IV : « Les collectivités territoriales et leurs
groupements peuvent conclure des conventions avec des collectivités
territoriales étrangères et leurs groupements dans les limites de
leurs compétences et dans le respect des engagements internationaux de
la France »2(*)Cette loi vient,ainsi, renforcer d'autres (qui
étaient moins claires ) en matière de Coopération
Décentralisée . Des dispositions de la loi de 1992, on retient
que le législateur français pose deux conditions relatives
à l'exercice à la coopération
décentralisée.
D'une part, on constate qu'il n' y a de
coopération décentralisée en France que si une ou
plusieurs collectivités locales sont impliquées. Dés lors,
on écarte de la coopération décentralisée les
relations pouvant exister entre collectivités locales et des
organismes tels les ONG, Associations, etc. Cet élément est
déterminant comme critère distinctif par rapport à
d'autres définitions. En effet, cet élément permet
d'éviter les risques de confusions possibles qu'engendrait l'extension
de l'expression coopération décentralisée avec d'autres
types de coopération .C'est dans cet ordre d'idées que Hubert
Perrot ,Délégué de l'action extérieures des
collectivités territoriales françaises
affirmait : « il était une incorrection de placer
sous l'appellation coopération décentralisée , des
relations établies directement entre établissements publics
décentralises ...Cela reviendrait a dénaturer la
coopération décentralisée et de rendre illisible les
relations extérieures des collectivités
locales ».
D'autre part, le législateur
français indique de façon claire que l'exercice de la
coopération décentralisée est soumise au respect de la
politique étrangère française .C'est dire donc que les
collectivités territoriales françaises dans l'exercice de la
Coopération Décentralisée, ne doivent pas naviguées
à contre courant de la diplomatie française .Mais, elles ne
doivent également contracter que dans les limites de leurs
compétences.
Contrairement à la France, au
Sénégal il n'existe pas une approche doctrinale de la
coopération décentralisée .Ainsi, au
Sénégal, la coopération décentralisée peut
renvoyer « aux opérations de partenariat mis en oeuvre
directement, ou sous leur impulsion,ou avec leur soutien,par des
collectivités territoriales »3(*). Alors qu'en matière législative la
coopération décentralisée est régie par la loi
96-06 du 22 mars 1996 portant code des collectivités locales en son
article 17 qui dispose : « Dans les conditions
prévues par le présent code ,les collectivités locales
peuvent dans le cadre de leurs compétences propres ,entreprendre des
actions de coopération qui donnent lieu à des conventions avec
des collectivités locales des pays étrangers ou des organismes
internationaux publics ou prives de développement »4(*).En effet,l'analyse de cet
article laisse entrevoir que, contrairement à la législation
française,la coopération décentralisée au
Sénégal ne se limite pas seulement aux relations entre
entités locales. Le législateur sénégalais prend en
considération d'autres acteurs majeurs du développement (ONG,
institutions financières internationales etc..).Ce choix du
législateur, peut trouver une réponse dans le sens de donner aux
entités locales, la possibilité de profiter des avantages
qu'offre la coopération décentralisée. Ainsi la
Coopération Décentralisée en France comme au
Sénégal fait l'objet d'un encadrement.
En outre, des institutions internationales comme
l'Union Européenne s'intéresse également à la
coopération décentralisée. De son coté, elle la
définie comme les rapports de partenariat pouvant exister entre
l'ensemble des acteurs non gouvernementaux. Ainsi, l'Union Européenne
reconnaît comme acteurs de la coopération
décentralisée les pouvoirs publics locaux, les ONG5(*), les coopératives, les
syndicats, les institutions d'aide au développement...
Et,ce concept « Coopération
Décentralisée » a été introduit pour la
première fois dans les textes de l'Union Européenne en
1989.L'importance d'une telle coopération a été, par la
suite, reconnue officiellement par le Règlement numéro 1659/98 du
Conseil de l'Union l'Européenne du 23 Juillet 1998 relatif à la
coopération décentralisée .Sa mise en oeuvre ne sera
effective qu'après la signature de la 4ème convention
de LOME signée entre les pays A.C.P (Afrique Caraïbes et Pacifique)
et ceux de la Communauté Européenne.
On distingue plusieurs formes d'intervention
étrangère des entités locales, et elles ne sont pas
à confondre avec la Coopération Décentralisée.
La notion d'Action Extérieure des
collectivités locales est une notion extensive. En fait, elle regroupe
l'ensemble des actions menées par les entités locales et leurs
groupements. Ces actions, reconnues par une circulaire du Premier Ministre
P.Mauroy6(*) du 26 Mai 1983,
incluent non seulement la Coopération Décentralisée mais
également l'aide humanitaire et d'urgence. En plus, sur le plan
juridique l'action extérieure des entités locales ne repose pas
forcément sur des engagements conventionnels avec une ou des
collectivité(s) locale(s) étrangère(s).Alors que, la
Coopération Décentralisée repose sur une convention
liant une collectivité locale à une ou des partenaire(s)
identifié(s).Mais, ces deux notions, sont à nuancer. Car les
collectivités locales sont au premier plan dans leur mise en
oeuvre.
La Coopération Transfrontalière
est une forme particulière de Coopération
Décentralisée. En effet, elle désigne une
coopération entre collectivités locales d'un pays donnée
et celles étrangères partageant la même frontière
(terrestre ou maritime). Autrement dit, il s'agit d'une coopération
entre collectivités locales de deux pays limitrophes. Elle correspond
dés lors aux relations de voisinage qui s'instaurent avec des
partenaires directement au travers des frontières terrestres ou
maritimes (par exemple le Nord Pas de Calais et le Kent en Grande Bretagne).Et,
elle n'est applicable qu'à un certain nombre de collectivités
locales contrairement à la Coopération
Décentralisée .En effet, seules les entités locales qui
ont une frontière commune avec une autre collectivité locale
étrangère sont concernées.
Quant à la Coopération
Interrégionale, elle désigne toute action de partenariat entre
régions d'un pays déterminé et des entités de
taille régionales étrangères. Elle prend sa source
précisément au sein de l'Union Européenne même si,
aujourd'hui, on constate que ce type de coopération est également
pratiqué hors d'Europe. Par ailleurs, ces relations n'impliquent
pas forcément un voisinage géographique. La différence
fondamentale entre Coopération Décentralisée et
Coopération Interrégionale réside dans le fait que
celle-ci ne se limite et ne mette en relation que deux régions
(collectivités locales) .Tandis qu'en matière de
Coopération Décentralisée, il n'est pas obligatoire pour
que la collectivité locale étrangère soit de même
niveau structurel que sa partenaire (collectivité locale).
Toujours dans cette logique de situer la
Coopération Décentralisée, il serait également
important de la distinguer par rapport à la notion de
Coopération Locale. Cette dernière renvoie aux différentes
collaborations pouvant exister entre collectivités locales dans les
limites territoriales de leur pays respectif. Au Sénégal, par
exemple, elle est régie par la loi 06 du 22 mars 1996 et se
présente sous quatre formes :
1-Les groupements mixtes (article 74 du
C.C.L)7(*)
2- Les communautés urbaines
(article 181du C.C.L et suivants)8(*)
3-L'entente intercommunale (article 179
à 180 C.CL)9(*)
4-Les groupements d'intérêt
communautaire (article 239et suivants)10(*)
Face aux enjeux de développement,
l'apport matériel, financier et humain de la Coopération
Décentralisée peut être un début de solution aux
problèmes auxquels les collectivités locales du SUD sont
confrontées.
La Coopération Décentralisée
implique une nouvelle vision du développement dans les pays du Nord
comme ceux du Sud. Ainsi, cette approche consiste à placer les acteurs
locaux au coeur de leur propre développement. En effet, cette
coopération favorise d'une part, la participation des populations
locales dans la détermination de leurs priorités et à
prendre en charge leur propre développement, et d'autre part, elle
offre le cadre idéal pour que des populations d'ailleurs contribuent au
développement de localités pauvres par l'entremise de leurs
collectivités locales.
Par ailleurs, au-delà de l'apport de la
Coopération Décentralisée dans l'amélioration des
conditions de vie et d'existence des populations, elle participe au
renforcement des capacités institutionnelles et des ressources
humaines.
Ses impacts, sur le terrain, montrent à
bien des égards, que cette forme de coopération pose des actions
concrètes qu'on ne retrouve pas dans l'aide publique au
développement où les Etats sont au centre de celui ci.
Force est de reconnaître que la
coopération décentralisée présente aussi un
intérêt sociologique car se trouvant être la
coopération qui met en évidence des rapports plus humains et plus
personnalisés.
Sur un autre plan, la coopération
décentralisée dépasse de loin les cloisonnements
idéologiques, les égoïsmes nationaux et les lourdeurs
bureaucratiques dont souffre souvent la coopération entre Etats.
L'engouement pour ce nouveau mode de
coopération est favorisé en grande partie par les textes relatifs
à la décentralisation que ce soit en France ou au
Sénégal. Mais, bien avant cette législation, il est
arrivé que certaines collectivités locales plus
particulièrement en France sous l'impulsion d'hommes politiques
influents (par exemple Pierre Mauroy), avaient déjà
commencé à exercer des actions de coopération à
l'étranger.
L'exercice de la coopération
décentralisée a fait, par ailleurs, l'objet d'un encadrement
juridique. Ainsi, pour sa mise en oeuvre, les autorités locales sont
tenues de respecter un certain nombre de dispositions posées par l'Etat.
Il s'agit pour ces autorités locales de ne pas aller au-delà de
leurs compétences telles que définies par les différentes
lois de la décentralisation (française et
sénégalaise).En effet, tout ce qui se rapporte aux
prérogatives régaliennes
(justice,armée,diplomatie,finance,police) de l'Etat n'entre pas dans
les compétences des pouvoirs locaux .Car, permettre aux
« entités infra étatiques d'interférer dans ces
domaines, consisterait à remettre en cause les fondements de
l'Etat ».C'est également dans ce même souci de ne pas
affaiblir les bases de l'Etat, qu'il a été posé un
principe fondamental à savoir l'exercice des compétences
transférées qui doit se faire dans le respect de l'unité
nationale et de l'intégrité du territoire. A cet effet, on peut
retenir que l'exercice de la coopération décentralisée
n'est pas synonyme de substitution des collectivités locales à
l'Etat.
En dépit de cet encadrement, il est
à reconnaître que les autorités étatiques ont
toujours soutenu et continu à le faire aujourd'hui, à travers des
mécanismes tels les Contrats Etats-Regions en France ou au
Sénégal.
En plus des Etats, il existe également
des organismes publics et privés qui appuient les entités locales
en matière de Coopération Décentralisée en amont
comme en aval. A titre d'illustration, on peut citer la
Fédération Mondiale des Cités Unies, l'Association
Française du Conseil des Communes et des Régions d'Europe... (En
Europe) et l'Association des Elus Locaux, l'Association des Maires du
Sénégal... (Au Sénégal).Ces structures de dimension
nationale ou internationale contribuent au renforcement des relations de
partenariat entre collectivités locales du Nord et du Sud.
Eu égard à ces différentes
acceptions de la Coopération Décentralisée,il n'est pas
surprenant que des collectivités locales françaises et
sénégalaises soient en partenariat d'autant plus que leurs pays
respectifs entretiennent d'excellent rapports bilatéraux . C'est dans ce
cadre qu'il faudrait inscrire notre étude : le partenariat entre la
région Nord Pas de Calais (France) et la région de Saint Louis
(Sénégal) : Structuration et Mise en oeuvre de la
coopération
Les concepts
« développement »en général et
celui « local » en particulier, correspondent à
plusieurs réalités selon l'angle dans lequel ils sont
employés (géographique, juridique, sociologique) et selon
l'espace visé. Mais dans le cadre de notre étude, il s'agit du
« développement économique et social qui est
considéré comme « un processus de transformation d'un
territoire donné d'un niveau de vie donné à un autre
jugé supérieur »11(*) tel qu'exprimé par Monsieur Amadou Diokel
Niane lors des Journées de la coopération
décentralisée et de la planification régionale tenues
à Kolda en 2003.
Concernant particulièrement le concept
« développement local », on peut dire qu'il englobe
plusieurs réalités mais toutes convergent vers une
définition selon laquelle, il peut être considéré
comme un processus de diversification et d'enrichissement des activités
économiques et sociales sur une entité locale donnée
à partir de la mobilisation de ses ressources et de ses énergies.
C'est dire alors, que le développement local est une dynamique
économique, sociale et culturelle impulsée par des acteurs
individuels et collectifs locaux comme nationaux ou bien internationaux,
sur un territoire donné pour le bien-être des
populations.
Mais, le développement local passe
nécessairement par la responsabilisation des populations Et le cadre
idéal pour l'expression de cette responsabilisation reste la
décentralisation. Car celle-ci permet aux populations de pouvoir
participer directement ou par l'intermédiaire de leurs élus
à leur propre développement et d'en rechercher les moyens pour y
arriver. On constate ainsi, que la décentralisation constitue non
seulement un outil important entre les mains des autorités locales leur
permettant prendre en compte les exigences du développement local mais
aussi, elle favorise l'exercice de la Coopération
Décentralisée.
La Coopération entre les régions
Nord Pas-de-Calais et de Saint Louis résulte d'un long processus. Tout
d'abord, il s'agissait d'un accord de jumelage qui a été
signé entre la région Nord Pas de Calais et la Ville de Saint
Louis et sa région administrative dés 1988.Cet premier accord se
caractérisait par quelques rares axes de coopération (Tourisme,
Environnement, Santé, Culturel)
Dés lors ; il s'avère
important de souligner que c'est à la suite de l'érection de la
région comme collectivité locale au Sénégal
à travers la Loi 96-06 du 22 Mars 1996 portant code des
collectivités locales), qu'un vrai partenariat s'est établi entre
les régions Nord Pas de Calais et de Saint Louis. Et plus
précisément le 11 juillet 1997 que fut signé le premier
Protocole d'Accord entre la région de Saint Louis (en tant que
collectivité locale) et la région Nord Pas de Calais. Dans cette
convention de juillet 1997, il était question de consolider les acquis
de l'Accord de 1988 d'une part, et d'élargir le champ de
coopération d'autre part, par la prise en compte des nouvelles
préoccupations des populations et d'une assistance technique aux
différentes entités locales.
Après une évaluation de
l'état de cette coopération en 2003 à Saint Louis, les
autorités des deux régions ont décidé de maintenir
le cap tout en s'inspirant du document stratégique d'intervention dans
la région de Saint-Louis : Le Programme Régional pour le
Développement Intégré (PRDI) dans la conduite de leur
partenariat. Cela se traduit par la signature d'une troisième convention
le 16 Avril 2003.
Cette nouvelle convention est
caractérisée par sa spécificité. En effet, elle
fait l'objet de clauses opérationnelles pour chaque axe de
coopération en ce qui concerne sa mise en oeuvre. Ces clauses
opérationnelles déterminent les priorités, les
stratégies et moyens devant être mis pour l'exécution de
l'axe de coopération et éventuellement son suivi.
Pour mieux comprendre les contours de ce
partenariat entre les régions Nord Pas de Calais et de Saint Louis,
objet de notre étude, nous nous poserons trois questions fondamentales :
-Comment est structurée cette
coopération entre la région de Saint Louis et la région
Nord Pas de Calais ?
-Quelles sont les modalités de sa mise en
oeuvre ?
-Quelle appréciation faisons-nous de
l'exécution de cette convention ?
Deux mois passés au sein du Conseil
Régional de Saint Louis et au « Partenariat Lille /Saint
Louis et sa Région » : opérateur principal
chargé de traduire (exécuter les projets et programmes) en actes
concrets les clauses opérationnelles, nous a permis non seulement
d'avoir une vision plus claire par rapport à la manière dont
cette convention est structurée mais également sur ses
mécanismes d'exécution. L'ensemble de ces éléments,
nous a aussi permis d'apprécier l'exécution de la
convention.
Si, à bien des égards, les termes
de la convention expriment la volonté des deux collectivités
locales à coopérer à la fois dans une parfaite
égalité et d'essayer de répondre positivement aux
attentes des populations, il n'en demeure pas moins que les retombées de
ce partenariat ne sont à la hauteur des espérances des
populations.
Cette tendance peut être inversée
à condition qu'un certain nombre de mesures soient prises : une
plus grande implication des populations et un renforcement
institutionnel.
Dés lors pour une meilleure approche de
notre étude, nous analyserons d'abord le dispositif conventionnel
(Première Partie) ensuite nous traiterons de la mise en oeuvre de la
convention (Deuxième Partie)
.
PREMIERE PARTIE :
L'ETUDE DU DISPOSITIF CONVENTIONNEL
L'étude de la Convention Cadre
instituant (cf. annexes) le partenariat entre la région de Saint Louis
et la région Nord Pas Calais nous mènera en deux directions. Il
s'agira dans un premier de procéder à la présentation du
contenu de la convention (CHAPITRE 1er) et dans un second temps d'examiner
l'encadrement juridico institutionnel de cette coopération (CHAPITRE
2éme).
CHAPITRE 1ER : LA PRESENTATION DU CONTENU DE
CONVENTION
Cette présentation passe
nécessairement d'abord par l'identification des deux
collectivités locales partenaires (Section 1ére) et ensuite par
les différents axes de coopération (Section 2eme).
SECTION 1ére : L'IDENTIFICATION DES
DEUX COLLECTIVITES LOCALES PARTENAIRES
Dans l'identification des acteurs, on
procédera à une présentation sommaire en premier lieu de
la région de Saint -Louis (Paragraphe 1er) et en second lieu
de la région Nord Pas de Calais (Paragraphe 2eme)
PARAGRAPHE 1er : La région de Saint
Louis
Géographiquement, la région de
Saint Louis est située dans la partie nord-ouest du
Sénégal. Au nord, elle est limitée par le fleuve
Sénégal, l'Est par l'actuelle région de Matam
(région qui pendant longtemps faisait partie de la région de
saint louis) ; Sud par la région de Louga et l'Ouest par
l'océan atlantique. La population de Saint Louis est estimée
à 703.669 Habitants et que 58% de cette population à moins de 20
ans.
Plusieurs ethnies cohabitent ensemble dans la
région de Saint Louis. Ainsi, on note des Halpoulars (61%), des Wolof
(30%), des Maures (3,5%), des Sonikes (2,7%) et Autres (2,4%).Cette
diversité se retrouve également sur le plan religieux, car on y
retrouve des Musulmans (98%), des Chrétiens (0,4%) et Autres
(1%)12(*)
Sur le plan administratif, les limites
territoriales de la région de Saint Louis dont la capitale
régionale porte le même nom découlent de la réforme
administrative de 2002 portant création de la région de Matam qui
était jusqu'à là dans la région Saint Louis. Les
départements qui composent la région de Saint Louis sont au
nombre de trois : Saint Louis, Dagana et Podor
Avec la décentralisation et à
la suite de l'érection de Matam en région, la région de
Saint Louis comprend désormais 8 communes qui sont : Dagana,
Richard-toll, Rosso-Senegal, Golléré, Ndioum, Podor, Ndiandane,
Saint Louis ; 16 communautés rurales et 1 Conseil Régional
(celui de Saint Louis)13(*).
Sur le plan économique, les
différentes activités qu'on pratique dans la région de
Saint Louis sont : la Pêche, le Tourisme, l'Agriculture,
l'Industrie, l'Artisanat, le Commerce et l'Elevage.
La pêche y occupe une place très
importante car la région de Saint Louis est fortement marquée par
une tradition de pêche qui est à la fois maritime et fluvio-
maritime. Elle est pratiquée par les guet-ndariens14(*) et quelques populations
limitrophes de l'embouchure du fleuve Sénégal et du barrage de
Diama .En outre , ces activités de pêche mobilisent plus de 16000
pécheurs soit 32% du total national15(*).
Le tourisme n'est pas également en reste
dans l'économie de la région de Saint Louis. Elle
bénéficie pour son développement d'une façade
maritime très attrayante (une plage de plus de trois kilomètre
de long) mais aussi de sites touristiques (le parc de djoudj...).
Dans cette même lancée, la
région de Saint Louis dispose également de ressources et de
potentialités agricoles très importantes. L'existence du fleuve
Sénégal qui longe sur près de 500km et les importants
ouvrages hydrauliques réalisées depuis la mise en service des
barrages de Diama de 1986 et de Manamtali de 1992, ont permis la
maîtrise de l'eau dans une grande partie de la région .Les
agriculteurs disposent ainsi de bases solides les permettant de cultiver dans
de très bonnes conditions. Par ailleurs l'agriculture occupe non
seulement près de 70% de la population active mais également
bénéficie d'un encadrement technique (S.A.E.D et I.R.A)16(*)et d'un appui financier
(C.N.C.A)17(*).
S'agissant du tissu industriel, la région
de Saint Louis se caractérise par sa faiblesse et sa mauvaise
répartition géographique. Sans la présence de la
CSS18(*), il aurait
été impropre de parler d'industrie pour la région de Saint
Louis. On compte, en plus, la SOCAS19(*) et l'existence de quelques PMI et PME20(*).
L'artisanat, la région de Saint Louis en
garde une longue tradition avec comme spécificité
régionale : la teinture, la poterie, la fabrication de nattes etc.
L'artisanat connaît un certain essor avec le développement du
tourisme. Ce secteur, très dynamique, est générateur
d'emplois. Il mobilise une part importante de la population active (les femmes
et les jeunes en particulier).
La région de Saint Louis est
également une zone d'élevage .Cette activité est
pratiquée par la quasi-totalité des populations rurales, surtout
par les Peuls dont elle constitue l'activité principale. Dans
l'ensemble, il reste encore de type extensif.
Le commerce est aussi marqué par sa
diversité et l'importance des produits provenant de l'agriculture, de
l'élevage, de la pêche, de l'artisanat fait qu'il constitue une
véritable source de revenus pour les populations. Dans ce même
ordre d'idées, il faut retenir que le secteur informel (commerce) occupe
également une place importante tant au niveau des centres urbains qu'au
niveau du monde rural et emploie surtout les jeunes et les femmes.
Enfin, sur le plan des moyens de
communication, si la région de Saint Louis est dotée d'un
réseau routier assez important, le réseau fluvial quant à
lui fait défaut. On retient aussi l'existence d'un aéroport
international à Bango.
PARAGRAPHE 2éme : La région Nord Pas de
Calais
La région Nord Pas de Calais est
située dans la partie Nord-Est de la République Française.
Elle est limitée à l'Est par la frontière avec la
Belgique ; à l'Ouest par la Manche et la Mer du Nord ; au
Sud-Ouest par la région de Picardie. La population de cette
région est estimée à 4.017.000 Habitants 21(*)et se trouvant repartie sur
une superficie de 12.378Km et dont la densité moyenne est de 320h/km2
.Le Nord Pas de Calais s'étend sur à peine plus de 2% du
territoire de la France et c'est est l'une des régions les plus
peuplées (avec 7% de la population française) et la plus
urbanisée du pays (90% de taux d'urbanisation).
La région administrative Nord Pas Calais
est composée de deux départements : le Nord et le Pas de
Calais avec Lille comme chef-lieu de région.
Sur le plan économique, l'industrie joue
un rôle très important .En effet, la région Nord Pas de
Calais produit un tiers de l'acier français, et la métallurgie
est le premier secteur industriel régional. Mais, elle souffre, depuis
quelques années, d'une crise de reconversion, d'où le
déclin des activités traditionnelles. Ce déclin va ainsi
favoriser l'émergence croissante de nouvelles activités
économiques telles que le textile et la construction de
matériels de transport (10 % de la production automobile
française et 50 % celle ferroviaire).En outre, l'industrie de la
carrosserie participe considérablement au développement
économique de cette région.
L'agriculture, partagée entre la culture
et l'élevage, est sous représentée. En effet, elle
n'emploie que 4,5% de la population active régionale. En plus, la
région Nord Pas de Calais est deuxième producteur de pommes de
terre, troisième producteur de betteraves sucrières,
quatrième producteur de blé de toute la france.
Le cheptel régional compte plus de
800000 bovins et 730000 porcins. Ce secteur fournit à toutes les
régions limitrophes en viande et l'exporte également vers les
autres pays de l'Europe, notamment l'Angleterre.
La région Nord Pas de Calais a su aussi
tirer profit de ses richesses agricoles pour développer son industrie
agroalimentaire : Sucre (betterave), Bière (houblon), farine
(blé).Les produits tirés de l'industrie agroalimentaire sont
commercialisés partout en France, dans l'espace Union Européenne
et participent beaucoup dans le produit intérieur brut (P.I.B)
régional et national.
Le secteur de la pêche s'est
également développé sur les cotes régionales et
plus précisément dans la manche. Bologne sur mer, premier port
halieutique français et l'un des tout premiers en Europe, assure 70% de
la production de poisson gelé en France.Il constitue aussi le premier
Centre Européen pour les échanges de produits de mer.
Le secteur tertiaire s'est aussi affirmé
dans la région Nord Pas de Calais, notamment à Lille
(considéré comme Métropole Européenne) car
jouissant d'une excellence situation géographique. En effet la ville de
Lille est située à moins de 200km de Paris, Londres, Bruxelles,
Anvers, Cologne. Cette position de carrefour a comme conséquence le
développement des services. Ainsi des entreprises de vente et de
correspondance se sont beaucoup développées pour répondre
aux diverses sollicitations de ceux qui séjournent à lille. Le
Nord Pas de Calais reste également un carrefour maritime grâce
à ses ports dont les plus importants sont : le port de Calais et
celui de Dunkerque.
La région Nord Pas de Calais est
largement desservie .En effet, en plus des ports maritimes, elle dispose
plusieurs lignes de T.G.V (Train à Grande Vitesse) mais également
d'aéroports internationaux.
Enfin, la fierté de l'économie de
la région Nord Pas de Calais se trouve, aujourd'hui, dans les secteurs
du tourisme et des services. Concernant le secteur du tourisme, le constat est
qu'il joue considérablement sa partition dans le développement
économique de la région plus que tout autre secteur
d'activité. Son essor est essentiellement lié à
l'existence d'un littoral qui se mesure à des milliers de
kilomètre de plage, de stations balnéaires (Beck, le Touquet
Paris - Plage), de sites touristiques (le parc régional). A cela
s'ajoute une vie culturelle importante avec l'Opéra de ville de Lille,
visite de musées aussi l'organisation de festivals.
Après avoir présenter
brièvement les deux régions partenaires, nous allons examiner le
champ d'application de cette coopération.
SECTION 2éme : LES DIFFERENTS AXES DE LA
COOPERATION
La convention Cadre détermine, par
ailleurs, les différents axes de coopération. Ceux-ci sont au
nombre de trois. Il s'agit de la coopération institutionnelle
(Paragraphe1er), économique (Paragraphe 2eme) et celle relative au
développement durable et à la lutte contre la pauvreté
(Paragraphe 3eme).
PARAGRAPHE 1er : La coopération
institutionnelle
Dans la Convention Cadre signée entre
la Région Nord Pas de Calais et la Région de Saint Louis, la
coopération institutionnelle y occupe une place importante. Ceci
s'explique, d'une part, par l'envie de la jeune région de Saint Louis
(collectivité locale) d'être soutenue et, d'autre part, de la
volonté de la Région Nord Pas de Calais de faire
bénéficier ses expériences en matière de
décentralisation à sa partenaire.
A ce titre, le Conseil Régional Nord Pas
de Calais se dit prêt à apporter à la région de
Saint Louis un appui institutionnel, méthodologique, technique et
financier. Ainsi cet appui doit se manifester par les actions suivantes :
? - fournir au Conseil
Régional de Saint Louis des moyens nécessaires à son
opérationnalité et fonctionnalité ;
S'agissant de la fonctionnalité, la
région Nord Pas de Calais s'engage aux termes des dispositions de la
Convention du 16 Avril 2003 à mettre, à la disposition du
Conseil Régional de Saint Louis, des techniques d'administration
appropriées afin qu'elle puisse prendre en charge pleinement
l'ensemble des compétences qui lui ont été
transférées en vertu de loi n° 96 07du 22 Mars 1996 portant
transfert des compétences aux régions, aux communes et aux
communautés rurales22(*).
Du point de vue de
l'opérationnalité du Conseil Régional de Saint Louis,la
Région Nord Pas de Calais se dit aussi prête à soutenir
sa partenaire à disposer de moyens matériels lui permettant de
pouvoir mener à bien ses diverses et nombreuses actions sur le
terrain.
?- participer activement au
renforcement, d'une part, des capacités des élus locaux et,
d'autre part, du personnel des services administratifs et techniques. En effet,
les élus locaux du Sénégal en général et
ceux de la région de Saint Louis en particulier ont un niveau
intellectuel très faible qui ne leur permet pas de prendre en charge les
compétences qui leur ont été dévolues. Ainsi, la
région Nord Pas de Calais s'engage à participer au financement
des différentes sessions de formation , de renforcement de
capacité des élus locaux .Dans cet même ordre
d'idées , elle s'engage aussi à apporter son appui à la
prise en charge des stages de perfectionnement du personnel administratif et
technique du Conseil Régional de Saint Louis .En effet , ces stages de
perfectionnement ( qui peuvent se dérouler soit à Saint Louis
soit à Lille) permettent aux agents des collectivités locales
d'acquérir des connaissances techniques et des méthodes
administratives solides, afin de remplir leurs fonctions aux cotés des
autorités locales.
?- appuyer l'ensemble des
collectivités locales de la région administrative de Saint Louis
à l'élaboration et à la mise en oeuvre de
stratégies de communication par la création de logos, de site web
etc. L'objectif ici est de rendre ces entités locales visibles tant du
point de vue interne qu'externe. Ainsi, un bon nombre de collectivités
locales disposent actuellement de logos permettant de les identifier et de les
rendre plus attrayantes et respectables aux yeux des populations, de l'Etat
et de leurs partenaires étrangers .Ainsi, toutes les informations
existantes sur le territoire local donné doivent être
retrouvées dans le site web de celui-ci : son histoire, sa
géographie, ses potentialités humaines, économiques,
naturelles etc. En outre , ces sites ,sur le plan organisationnel sont
également appelés à présenter les organes locaux
(exécutif et délibérant) en apportant des informations
sur l'identification les dirigeant, les différents service ,les
réalisations,les projets,les perspectives etc.
?- aider à la mise en oeuvre
du Plan Régional de Développement Intégré
(P.R.D.I) dans la recherche de financement. En effet, le conseil
régional Nord Pas de Calais a émis la volonté de mettre en
relation la région de Saint Louis avec d'autres organismes de
financement français et européens. C'est dans ce cadre que le
conseil régional Nord Pas de Calais a signé un certain nombre de
conventions dans lesquelles ses partenaires (Etat français, bailleurs de
fonds français ou européennes ...) s'engagent à
participer au financement des actions de développement local à
Saint Louis. Parmi ces conventions, figure la convention « contrat
plan Etat - Collectivités Locales » que la région Nord
Pas de Calais a signé avec l'Etat français.
L'Union Européenne appuie
également les entités locales françaises en particulier
dans leurs actions de développement à
l'extérieur.
PARAGRAPHE 2éme : La coopération
économique
Aux termes des dispositions de la
Convention Cadre précitée, la région Nord Pas de Calais
s'engage à apporter son soutien à la politique de
développement économique de la Région de Saint Louis.
Ainsi, les différentes activités économiques, telles
définies dans le Plan de Développement Local (P.D.L) de la
région de Saint Louis, bénéficieront d'un appui
considérable. En effet cet appui peut être, soit en nature,
c'est-à-dire par le financement de projets ou programmes à
caractère économique, soit en matériel, c'est à
dire le transfert de matériel mécanique et de formation
technique.
L'objectif de ce soutien à la
politique économique de la région de Saint Louis est de permettre
celle-ci à contribuer de façon considérable au produit
intérieur mais aussi et surtout à créer des emplois .Pour
ce faire , le Conseil Régional Nord Pas de Calais s'engage à
mettre en oeuvre une politique incitatrice au profit du succès de la
politique économique de son partenaire .Ainsi, toutes les
opérateurs économiques du Nord Pas de Calais qui
décideront d'entreprendre des activités économiques
à Saint Louis, soit en investissant , soit en installant des
unités industrielles, bénéficieront d'un certain nombre
d'avantages : d'exonération d'impôt , subvention,
facilitation pour accéder au crédit.
Concernant les modalités de mise en
oeuvre de la coopération économique, on peut dire qu'elles se
manifestent sous la forme d'échanges interentreprises. Ainsi, les
interventions économiques, de part et d'autre, se feront sur la base
d'une concertation entre les opérateurs économiques du Nord Pas
de Calais et leurs homologues de Saint Louis avec l'implication de la Chambre
de Commerce de Saint Louis.
Les échanges commerciaux entre ces
deux Régions devront s'inscrire aussi dans le cadre du commerce
équitable.
PARAGRAPHE 3éme : La coopération
pour le développement durable et de la lutte contre la
pauvreté
Le développement durable des territoires
et la problématique de la lutte contre la pauvreté ont
été retenus comme des priorités communes aux deux
régions dans le cadre de la Convention Cadre. Pour atteindre les
objectifs tels qu'ils ont été fixés dans le cadre de la
Convention Cadre, les deux collectivités locales ont
décidé de mettre en oeuvre les actions
suivantes :
?-créer des activités
génératrices de revenus au profit des groupements de femmes et
jeunes en leur apportant un appui financier et matériel.Ceci se fera
à travers l'octroi de crédits qui permettra ainsi aux porteurs de
projets viables de pouvoir disposer des moyens afin de réaliser leurs
projets et par la même occasion de créer des emplois. En plus,
dans le cadre de cette de coopération, le renforcement des
capacités des bénéficiaires de micro crédit n'est
pas en reste. En effet, avec le renforcement de leurs capacités, les
femmes et jeunes de la région de Saint Louis disposeront ainsi les
capacités requises pour mieux assurer la gestion des projets. Cette
promotion des activités génératrices de revenues et le
renforcement de capacités des bénéficiaires seront
exécutés dans le cadre d'un fond appelé Fonds
d'Initiative Local (F.I.L).Ce fond servira alors d'instrument de mise en oeuvre
des projets de lutte contre la pauvreté ;
Les modalités de fonctionnement
ainsi que l'exécution dudit fond doivent faire l'objet d'une convention
opérationnelle. Celle-ci déterminera, dés lors, les
principes, les objectifs attendus, les moyens et la durée de sa mise en
oeuvre.
?-implanter un certain nombre
structures socio-éducatives au profit des populations de la
région de Saint Louis. En effet, le Conseil Régional Nord Pas de
Calais décide aussi de contribuer directement ou indirectement à
la réalisation de projets de construction et d'équipement
d'infrastructures socio-éducatives .La volonté des
autorités Nord Pas de Calais est alors d'accompagner leurs homologues
dans la création de structures en matière éducative (
constructions de salles de classes, création de centre professionnelle
), sanitaire ( constructions de cases,postes de santé et de
maternité ) et d'infrastructures hydrauliques(constructions de
forages... ),de production d'énergie( installation de panneaux solaires
et de machines pour l'énergie éolienne) ;
?-protéger l'environnement et
assurer une bonne gestion des ressources naturelles font également
parties des domaines que les deux collectivités locales ont
décidé de coopérer .Face, à l'avancée du
désert et de la surexploitation des ressources naturelles, la prise de
mesures idoines était plus que jamais urgente pour endiguer ces
fléaux. C'est pourquoi, la prévention des calamités
naturelles et la gestion des ressources naturelles restent au coeur de la
coopération pour le développement durable et de la lutte contre
la pauvreté ;
? -Enfin, la région Nord Pas
de Calais s'engage à soutenir la politique de valorisation touristique
de la région de Saint Louis et de collaborer aussi avec
l'UNESCO23(*) dans la
sauvegarde du patrimoine historique et culturel dans la commune de Saint
Louis.
CHAPITRE 2éme: L'ENCADREMENT
JURIDICO-INSTITUTIONNEL DE LA COOPERATION
Au Sénégal comme en
France les autorités centrales et même celles locales ont mis
en place un certain nombre de mécanismes reconnaissant et encadrant
l'exercice de la coopération décentralisée. Ces
mécanismes sont d'ordre juridique (SECTION 1er) et d'ordre
institutionnel (SECTION 2éme)
SECTION 1er : LES MECANISMES JURIDIQUES
Pour mieux examiner les dispositions
juridiques qui sont à la base de ce partenariat, nous allons
procéder à l'étude de la réglementation
reconnaissant la coopération décentralisée aussi bien
au Sénégal (PARAGRAPHE 1er) qu'en France (PARAGRAPHE
2éme)
PARAGRAPHE 1er : Les dispositions juridiques encadrant
la coopération décentralisée au Sénégal
Au Sénégal, la
coopération décentralisée bénéficie d'un
cadre juridique assez consistant .Ce cadre est, à la fois,
constitutionnel, législatif et éventuellement
réglementaire .La source fondamentale de la coopération
décentralisée est d'abord la constitution. En effet, la
constitution du 22 Mars 2001 dispose en son l'article 102 alinéa 2 que
« les collectivités locales s'administrent librement par des
assemblées élues». Par cette disposition, le constituant
sénégalais pose le principe de l'exercice de la
coopération décentralisée par collectivités
locales sénégalaises. Car, de cet article, il réaffirme
le principe de la libre administration des collectivités locales .Du
coup, les entités locales sénégalaises puissent dans
cette disposition la source de légalité de leurs agissements y
compris ceux menés dans l'espace international.
En outre , des dispositions de la loi du
96-O6 du 22 Mars 1996 portant du code des collectivités locales
encadrent également la coopération décentralisé .En
effet, cette loi en son article 17 au chapitre 3
stipule : « Dans les conditions prévues par le
présent code ,les collectivités locales peuvent dans le cadre de
leurs compétences propres ,entreprendre des actions de
coopération qui donnent lieu à des conventions avec des
collectivités locales de pays étrangers ou des organismes
internationaux publics ou privés de
développement. »24(*).Par cet article, le législateur
sénégalais vient jeter les bases d'une véritable
reconnaissance à l'exercice de la coopération
décentralisée par les collectivités locales
sénégalaises (Communes, Régions et Communautés
Rurales). Dés lors, les entités locales disposent de la
compétence de signer des conventions avec des collectivités
locales étrangères ou bien avec des organismes publics ou
privés internationaux étrangers. Toujours dans cette même
loi, on peut lire à son article 26 que : « Dans le
respect des dispositions constitutionnelles et dans les conditions
fixées par le Titre VI du présent code, la région peut
passer des conventions de coopération décentralisée avec
des collectivités locales, des organismes publics ou privés
étrangers ou internationaux ». Ainsi, au delà des
dispositions de l'article 17 précité, le législateur
spécifie la coopération décentralisée
exercée par la région.
En subordonnant par ailleurs la
régularité de certaines conventions internationales
financières de coopération décentralisée à
l'approbation du représentant de l'Etat, le législateur
reconnaît une fois de plus la coopération
décentralisée à l'article 336 du CCL. Celui-ci fait
l'objet d'un décret d'application n°96-1119 du 27 Décembre
1996 fixant les montants des engagements financiers soumis à
l'approbation du représentant de l'Etat.
PARAGRAPHE 2éme Les dispositions juridiques
encadrant la coopération décentralisée en France
Comme au Sénégal, la
coopération décentralisée en France est aussi régie
par des dispositions constitutionnelles, législatives et
réglementaires.
Ainsi aux termes des dispositions de
l'article 72 de la constitution de 1958 (plusieurs fois modifiée), le
constituant français pose le principe de la libre administration des
collectivités territoriales françaises. En consacrant le droit
à la libre administration des collectivités territoriales, il a
entendu donner une base légale, en principe, aux différents
actes entrepris par les entités territoriales y compris ceux
menés à l'étranger.
Sur le plan législatif, les lois de
la décentralisation du 2 Mars 1982 marquent un véritable
tournant en matière de coopération décentralisée.
Ainsi, on peut citer l'article 65 qui dispose :« le conseil
régional peut décider avec l'intervention de gouvernement
à des fins de concertation et dans le cadre de la coopération
transfrontalière des contacts réguliers avec des
collectivités décentralisée ayant une frontière
commune avec la région ».
Mais, cette loi sera par la suite
réaménagée car elle subordonnait l'exercice de la
coopération décentralisée à l'autorisation du
gouvernement.
Certaines dispositions de la loi du 7
Janvier 1983 peuvent également être considérées
comme une source indirecte de la coopération décentralisée
En effet, aux termes des dispositions de cette loi qui
stipule :« les communes, les départements concourent avec
l'Etat à l'administration et l'aménagement du territoire, au
développement économique, social, et scientifique, ainsi
qu'à la protection de l'environnement et l'amélioration du cadre
de vie », le législateur a entendu donner une base
légale cette coopération.
Le point le plus marquant de ce processus de
reconnaissance et de réglementation de la coopération
décentralisée a eu lieu en 1992.En effet aux termes des
dispositions de la loi n°92-125 du 6 février 1992 relative
l'organisation territoriale de la république française , en son
Titre IV 131-I, aliéna 1,le législateur légalise
formellement la coopération décentralisée en disposant
: « les collectivités territoriales et leurs groupements
peuvent conclure des conventions avec des collectivités territoriales
étrangères et leurs groupement dans les limites de leurs
compétences et dans le respect des engagements internationaux de la
France ».
Le principe, reconnaissant la capacité
des collectivités locales(région,département et commune)
à conclure des conventions avec des entités locales
étrangères , est désormais posée de façon
claire et précise par cette loi .On retient ,dés lors, que cette
affirmation est sans précèdent dans la législation
française .L'un des effets de cette consécration est de
fournir pour la première fois en droit positif français une base
législative aux conventions de coopération que la doctrine ,avait
jusque-la analysé comme des pratiques sans régime
juridique.
Ce texte législatif de 1992 sera
complété par une autre loi, notamment la loi n° 98-115 du
février 1998.Les dispositions de cette dernière loi
précitée ont été par la suite
intégrées dans le code général des
collectivités territoriales françaises. Elle se justifiait au
regard du développement rapide de la pratique de la coopération
décentralisée entraînant ainsi plus de
sécurité pour les élus locaux français dans leurs
engagements et leurs actions à l'étranger.
Sur le plan réglementaire, un certain
nombre de circulaires ont été prises allant dans le sens de
confirmer et de permettre la pratique de la coopération
décentralisée. Déjà, en 1983, une circulaire du
Premier Ministre Pierre Mauroy à la suite de la loi 82 du 2 Mars 1982
portant loi de la décentralisation , reconnaissait l'existence du
processus de coopération décentralisée, et admettant son
caractère positif et la volonté des pouvoirs publics à
soutenir ce processus. Pour mettre en oeuvre cette circulaire, un décret
du 8 Juin 1983, instituant un délégué pour l'action
extérieure des collectivités locales, fut pris.
Cette circulaire de 1983 sera modifiée
par une autre circulaire dite de Laurent Fabius du 10 Mai 1985.En
résumé, elle disposait : « les
collectivités locales portent un intérêt de plus
marqué à leurs actions extérieures et notamment à
la coopération transfrontalière et la coopération
décentralisée. Les besoins et les aspirations qui se manifestent
ainsi au niveau communal, départemental et régional et la
diversité des actions entreprises constituent des facteurs positifs,
car les collectivités territoriales contribuent de cette façon au
développement des charges économiques, culturelles, scientifiques
techniques et sociales et par la même occasion au rayonnement de la
France. Résultant d'une libre administration des activités
locales et étrangères dans le respect de nos institutions et de
notre législation, leurs initiatives, dans ce domaine, sont utiles et
méritent d'être soutenues ».
En 1994, le Ministère des Affaires
Etrangères et le Ministère de l'Intérieur prirent une
circulaire commune le 12 Mai et ayant pour objet,d'une part , de
préciser l'interprétation à donner aux dispositions de
l'article de la loi du 6 février 1992 et de faciliter le contrôle
de légalité , et d'autre part , elle (la circulaire) pose le
principe selon : « la convention est la voie
privilégiée de la coopération décentralisée
pour tous les types d'intervention ».Cependant , cette circulaire de
1994 sera complétée par une autre,celle du 26 Février
2003. Celle-ci a pour objet de régir à nouveau, au plan
réglementaire, la coopération décentralisée et le
rôle des services déconcentrés de l'Etat notamment en
matière de cofinancement des actions de coopération
décentralisée par le Ministère des Affaires
Etrangères. Ainsi on peut confirmer les propos de C. Josselin25(*) qui consistent à dire
que la coopération décentralisée en France
est « une liberté conquise en son temps par les
collectivités locales, que la loi reconnaît désormais, et
que l'Etat soutient et encourage».26(*)
On ne saurait terminer sans revenir sur les
conventions (Convention Cadre- Conventions Opérationnelles)
signées entre les Régions Nord Pas de Calais et de Saint Louis.
En effet, ces conventions qui sont des actes juridiques, peuvent être
considérées étant « les dispositions
juridiques » sur lesquelles repose la coopération entre les
deux régions.
Par ailleurs, on ne peut pas classer ces
conventions de coopération décentralisée dans la
catégorie des actes internationaux. En effet, pour le Professeur
BOURGI27(*), il
apparaît que les accords entre les collectivités locales sont des
accords mineurs qui ne relèvent pas de la catégorie des
traités ou accords consacrés par le droit international.
D'ailleurs, en France la circulaire du 10 Mai, déjà
précitée , rappelle que seul l'Etat est habilité à
contracter des engagements internationaux et ces conventions de
coopération décentralisée sont soumises au droit commun
du contrôle de légalité. Il s'agit, dés lors,
d'actes posant des relations infra étatiques, de coopération
internationale initiée par les collectivités locales et qui
demeurent les seuls acteurs de celle-ci.
SECTION 2éme : LES MECANISMES
INSTITUTIONNELS
C'est dans un souci d'appuyer mais
également de donner une certaine cohérence à l'exercice de
la coopération décentralisée que des institutions
encadrant celle-ci, ont été mises au Sénégal
(PARAGRAPHE 1er) et en France (PARAGRAPHE 2éme)
PARAGRAPHE 1er : Le dispositif institutionnel de la
coopération décentralisée au Sénégal
La coopération
décentralisée fait l'objet au Sénégal d'un
encadrement institutionnel général pour l'ensemble des
collectivités locales. Cet encadrement se traduit par la mise sur pied
aussi bien de structures à dimension nationale (administrations
centrales, déconcentrées) chargées de la gestion globale
de celle-ci que de structures décentralisée c'est dire mise en
place par les autorités locales.
S'agissant des structures centrales qui
s'occupent de la coopération décentralisée au niveau
national, on retiendra, par ordre, le Ministère des Affaires
Etrangères. En effet, ce Ministère veille à la
cohérence des politiques de coopération des collectivités
locales à la politique diplomatique du Sénégal. De
façon ,plus spécifique, il revient aux représentations
diplomatiques du Sénégal à l'étranger (ambassades
et des consulats) de mettre à la disposition des entités locales
des informations utiles à la recherche de collectivités
territoriales partenaires du Nord. En second lieu, on a le Ministère de
la micro finance et de la coopération décentralisée.
Ainsi, la Direction de la Coopération Décentralisée (au
sein de ce Ministère) a entre autres missions la promotion et
l'institutionnalisation de la coopération décentralisée
.En effet, à l'étranger, elle se charge de faire la promotion de
la coopération décentralisée avec l'appui des services du
Ministère des Affaires Etrangères en vue d'inciter les
collectivités locales étrangères à entretenir des
actions de coopération avec celles du Sénégal. Au niveau
interne, c'est-à-dire au Sénégal, elle appuie les
collectivités locales sénégalaises dans le cadre
« des Journées de la Coopération
Décentralisée » qui rassemblent l'ensemble des acteurs
pour discuter, échanger des points de vue, faire des études de
cas, etc. sur la coopération décentralisée. Ces
journées offrent également des opportunités
pour :
? - Développer,
enrichir et partager des expériences de coopération
décentralisée ;
?- Créer un cadre de
réflexion pour une meilleure organisation de la coopération
décentralisée, et une répartition judicieuse des
différents projets et programmes issus de cette coopération sur
le terrain,
? - Evaluer et renforcer les
capacités des partenaires du sud pour une meilleure gestion de leur
localité,
? - Prévenir les
conflits entre les collectivités locales en partie,
? - Etc.
Cette Direction de la Coopération
Décentralisée travaille en parfaite collaboration avec les
services du Ministère de l'Intérieur. En effet, le
Ministère de l'Intérieur intervient également dans le
cadre de la coopération décentralisée même si
l'action les autorités centrales sont moins visibles que celle des
autorités déconcentrées à travers le contrôle
exercé par ces dernières sur les autorités locales et
leurs actes.
C'est dans ce cadre qu'il faut inscrire
l'intervention des structures administratives déconcentrées
.Ainsi aux termes des dispositions de l'article 336 du Code des
Collectivités Locales précité les autorités
administratives déconcentrées (Gouverneur; Préfet et
Sous-préfet) sont au coeur du contrôle de l' exercice de la
coopération décentralisée en matière d'engagements
financiers. Mais bien avant ce contrôle dit approbation, ces
autorités exercent aussi un contrôle la légalité
des Protocoles d'Accord de Coopération. Ce contrôle a trait
à la légalité de ces Protocoles d'Accord : le respect
par les autorités locales des dispositions constitutionnelles,
législatives et réglementaires en matière de
coopération décentralisée.
Dans cette même lancée
d'institutionnalisation de la coopération décentralisée au
Sénégal, on peut aussi retenir le Conseil d'Etat. Cette
juridiction administrative peut être amenée à s'immiscer
dans la matière de coopération décentralisée. En
effet, en cas de contentieux, le juge administratif est saisi, soit par le
Représentant de l'Etat, soit par les autorités locales pour
trancher de la légalité des actes pris en matière de
coopération décentralisée. Cependant, le constat
général est que ce genre de contentieux reste très
rare.
S'agissant, enfin, des mécanismes
institutionnels mis en place par les autorités locales
sénégalaises, il y a évidemment les exécutifs
locaux .Ces derniers sont considérés comme les maîtres
d'oeuvre de la coopération décentralisée. Du partenariat
entre la Région de Saint Louis et la Région Nord Pas de Calais,
le Conseil Régional de Saint Louis est au coeur de celui-ci .En effet,
il lui revient le droit de négocier le Protocole d'Accord de
partenariat, de le signer et éventuellement d'exécuter sa part
des engagements.
Cependant, nous déplorons l'absence
d'une structure chargée de la coopération
décentralisée au sein du conseil régional de saint
louis.
L'Agence Régionale de
Développement (A.R.D) de Saint Louis, considérée comme le
bras technique du Conseil Régional intervient aussi dans ce partenariat
.En effet, à coté de son rôle de conseillère du
Conseil Régional dans le processus de négociation, de signature
des conventions, elle apporte également son appui technique dans la
gestion de cette coopération en s'impliquant dans la
définition des axes de coopération, leur mise en oeuvre et
éventuellement leur suivie.
Après avoir fait l'état des
lieux en ce qui concerne des mécanismes institutionnels qui s'occupent
de la coopération décentralisée au Sénégal,
nous allons examiner ce qui se passe également en France
PARAGRAPHE 2éme : Le dispositif institutionnel
de la coopération décentralisée en France
La coopération
décentralisée est mieux structurée en France qu'au
Sénégal. Ceci s'explique par le fait que les entités
territoriales françaises se sont engagées depuis fort longtemps
dans des actions de coopération décentralisée.
Sur le plan national, la gestion de la
coopération décentralisée reste d'abord l'affaire des
Ministères et ensuite des structures interministérielles (qui
sont des Instances de Concertation et d'Appui).Alors qu'au niveau local, on a
les structures déconcentrés de l'Etat (Préfectures de
Régions et de Départements) et les structures
décentralisées, créées par les collectivités
territoriales.
S'agissant de façon globale des
Ministères, on retient en premier lieu, celui chargé des Affaires
Etrangères. Comme au Sénégal, ce Ministère veille
à la cohérence des politiques de coopération des
collectivités territoriales françaises à la politique
étrangère de la France. Ainsi les Ambassades sont tenues
d'informer les entités locales françaises de la situation
politique, économique, sociale...des pays dans lequel se trouvent leurs
partenaires.
Mais, c'est plus
précisément le Ministère chargé de
l'identité nationale , de l'immigration et du
co-développement28(*) qui coordonne depuis Mai 2007 toutes les actions de
coopération décentralisée au niveau national avec l'appui
des services des Ministères de l'Intérieur et des Affaires
Etrangères.
Ce Ministère prépare et met
en oeuvre la politique du gouvernement en matière de coopération
et de façon spécifique la coopération
décentralisée. Ainsi pour mieux gérer la
coopération décentralisée en symbiose avec les
collectivités territoriales, il a été crée au sein
de ce Ministère un Bureau de la Coopération
Décentralisée .Ce dernier se situe au niveau de la Direction de
la Coopération Décentralisée et Non Gouvernementale et
demeure le lieu de capitalisation de l'ensemble des programmes des
collectivités territoriales à l'étranger .Il veille
également à la cohérence des multiples interventions des
entités locales françaises à l'étranger et les
projets cofinancés, inscrits dans les programmes bilatéraux et
multilatéraux existant entre la France et les autres pays.
Au-delà, de ce Bureau de la
Coopération Décentralisée, il y a aussi le Comité
de la Coopération Décentralisée. Ce Comité
intervient le plus souvent lorsque l'Etat octroie des aides financières
aux collectivités locales engagées à
l'extérieur.
S'agissant, par ailleurs, les structures
interministérielles, on a deux organes essentielles :
D' abord, on a le Délégation
à l'Action Extérieure des collectivités territoriales. Sa
création remonte vers les années 80 par le décret du 8
Juin 1983.Elle exerce ses compétences sous l'autorité du
Ministère des Affaires Etrangères et est placée
auprès du Secrétariat Général dudit
Ministère. En outre, elle assure les missions
suivantes :
?- recueillir les informations
relatives à l'extérieure et les analyses ;
?- apporter son concours aux postes
diplomatiques et consulaires français à l'étranger ainsi
qu'aux préfectures .En liaison avec les ambassades et les
préfectures, il conseille les collectivités locales
concernées sur les relations qu'elles proposent d'établir avec
l'extérieur, notamment pour la mise en oeuvre des actions de
coopération décentralisée ;
?- contribuer à
l'élaboration des textes qui, en droit interne ou international, portent
sur la coopération décentralisée ;
?- assurer le secrétariat de
la Commission Nationale de la Coopération
Décentralisée.
En d'autres termes la
Délégation à l'Action Extérieure des
collectivités locales exerce selon « une mission de
renseignement du gouvernement par le recueil d'informations
relatives aux relations extérieures locales, mais aussi d'assistance et
de conseil aux représentants locaux de l'Etat, aux entités
locales et enfin de coordination des différents services centraux
concernés (Ministère des Affaires Etrangères et
Ministère de l'Intérieur) »
Ensuite, on a également la
Commission Nationale de Coopération Décentralisée
(C.N.C.D).Sa création résulte des dispositions de l'article 134
de la loi d'orientation n°92-125 du 6 février 1992 relative
à l' organisation territoriale de la république française
qui dispose : « il est créé une Commission
Nationale de la Coopération Décentralisée qui
établit et tient, à jour, un état de la coopération
décentralisée menée par les collectivités
territoriales .Elle peut formuler toutes propositions tentant à
renforcer celle-ci »
Dans le cadre de ses missions, cette
Commission est susceptible d'être informée et d'étudier les
interrogations pouvant lui être posées par les élus locaux
et l'Administration. Les Ministères des Affaires Etrangères et de
l'Intérieur peuvent être ainsi avisés par cette Commission
des obstacles rencontrés par les entités locales, les
préfectures et les postes diplomatiques. Espace de dialogue et de
concertation entre les représentants de l'Etat et les autorités
locales, la C.N.C.D vise aussi à améliorer les modalités
d'exercice de la coopération décentralisée.
La C.N.C.D exige, en outre, que
« les collectivités territoriales et leurs groupements
tiennent informer la commission de tout acte de coopération entrant dans
le champ du Titre IV de la loi du 6 Février précitée,
conclu entre les collectivités territoriales étrangères et
leurs groupements ».Dans cet même ordre d'idées, la
C.N.C.D est souvent consultée sur tout projet de loi ou de décret
relatif à la coopération décentralisée.
Faut-il reconnaître qu'il existe une
multitude de structures intervenant au niveau national en matière de
coopération décentralisée, mais force est de souligner que
celles citées ci-dessus restent les plus en vue.
Enfin, s'agissant des institutions
locales mises sur pied par la région Nord Pas Calais pour la gestion
des ses actions de coopération décentralisée, on retiendra
un certain nombre d'organes.
Ainsi , suite à l'adoption de la loi
sur A.T.R29(*), la
région Nord Pas de Calais a entendu donner un sens fort à ses
démarches de coopération internationale par la constitution et
aussi par sa participation à l'échelle régionale dans des
institutions s'occupant exclusivement de coopération
décentralisée.
Premièrement, le Conseil Régional
a crée en sein des directions ayant pour mission de s'occuper
uniquement de « sa coopération
décentralisée » en vue de la promouvoir, de la
renforcer et d'assurer le suivi de ses opérations de
coopération à l'étranger. Parmi celles-ci, figure
principalement la Direction des Relations et Coopérations
Internationales (D.R.C.I).Cette Direction a pour mission principale de
gérer et de suivre les différents Accords de Coopération
conclus entre la région Nord Pas de Calais et ses cinq
collectivités locales étrangères partenaires (Saint Louis
au Sénégal,Kayes au Mali,la Province de Voïvode de
Silésie en Pologne,la Province sinistrée de Tchernobyl et la
Province Centre du Vietnam) .Concrètement, elle se charge de la
préparation, des négociations des conventions, de leur signature
et éventuellement de leur mise en oeuvre.
Deuxièmement, pour répondre
à la demande pressente des Associations de société civile
et des autres Collectivités Locales de la Région, le Conseil
Région Nord Pas Calais a participé à la création de
structures de concertation et d'appui en matière de
coopération décentralisée au niveau régional. Le
réseau « LIANES COOPERATION »30(*)en est une illustration. En
effet, cette structure regroupe l'ensemble des collectivités locales
la région Nord Pas de Calais (la région, les deux
départements, les villes et les communes) et se propose d'être
un cadre de mise à niveau des différentes interventions des
acteurs régionaux à l'extérieur par le biais de la
concertation, d'échanges d'information et de soutien
mutuel.
DEUXIEME PARTIE :
LA MISE EN OEUVRE DE LA COOPERATION
L'étude de la mise en oeuvre de la
coopération entre la région de Saint Louis et la région
Nord Pas de Calais nous amènera dans deux directions. Il s'agira
d'abord d'examiner les modalités de mise en oeuvre de la Convention
Cadre (CHAPITRE 1er) et ensuite apprécier l'exécution
de la Convention Cadre (CHAPITRE 2éme).
CHAPITRE 1ER : LES MODALITES DE MISE EN OEUVRE DE
LA CONVENTION
Elles sont de deux ordres. D'une part, on a
les moyens juridiques, institutionnels et financiers (SECTION
1er) et d'autre part les organes chargés de
l'exécution de la mise en oeuvre de la convention (SECTION
2éme)
SECTION 1er: LES MOYENS JURIDIQUES INSTITUTIONELS ET
FINANCIERS
Les moyens utilisés pour la mise en
oeuvre de cette coopération peuvent être regroupés en deux
catégories .D'une part on a les moyens juridiques : les
conventions opérationnelles (PARAGRAPHE 1er) et d'autre part
les moyens institutionnel et financier (PARAGRAPHE 2eme)
PARAGRAPHE 1er : Les moyens juridiques : Les
Conventionnelles Opérationnelles
La région de Saint Louis et la
région Nord Pas de Calais ont affirmé dans la Convention Cadre,
leur volonté de signer une nouvelle convention chaque fois qu'il s'agira
d'exécuter un domaine se trouvant dans la le Protocole d'Accord c'est
à dire la Convention Cadre. Cette convention est appelée
convention opérationnelle.
La conventions opérationnelles est
négociée par les techniciens des deux parties (en plus l'A.R.D
et le Partenariat) et soumise à la signature des deux exécutifs
locaux. De part et d'autre, certaines, d'entres elles, doivent être
soumises a l'approbation du représentant de l'Etat si les montants
prévus dans ces conventions opérationnelles dépassent 100
Millions FCFA (article 336 du CCL)31(*).
Par Convention Opérationnelle, on
entend un document officiel signé par les deux partenaires visant
à préciser les modalités de leurs interventions sur une
problématique donnée : formation, santé
éducation etc. L'Accord de Coopération constitue essentiellement
une déclaration d'intention se doit d'être précisé
pour sa concrétisation. Ainsi, chaque domaine de coopération
(institutionnel, économique et développement durable et lutte
contre la pauvreté) fera l'objet d'une Convention Opérationnelle.
Elles permettent, ainsi, aux deux collectivités locales de fixer de
façon claire les priorités, les stratégies, le coût
financier et la durée de l'exécution. Le contenu des conventions
opérationnelles (il en existe que deux : santé et
éducation) est structuré de la manière
suivante :
1-La définition du champ de la
coopération (c'est à dire de la thématique retenue et
considéré étant le premier choix dans les trois
thématiques que compose la Convention Cadre) : il s'agit, en fait,
de choisir dans la Convention Cadre un axe de coopération que les deux
entités locales entendent mettre en oeuvre .Ce choix devra prendre en
considération et s'inscrire dans la lignée des compétences
transférées aux collectivités locales que ce soit en
France ou au Sénégal. En effet, il est limitativement
énuméré les domaines dans lesquels les
collectivités locales sont appelées à intervenir ou de
coopérer .Au Sénégal, aux termes des dispositions de la
loi n° 96-07 du 22 Mars 1996 portant transfert de compétences aux
régions, aux communes et aux communautés rurales, les
compétences transférées sont au nombre de neuf32(*) .Par voie de
conséquence, il leur interdit d'intervenir ou de coopérer au
delà des compétences transférées dans cette loi.
Ensuite la deuxième exigence dont sont soumises les conventions
opérationnelles, est qu'elles sont tenues de se conformer aux
initiatives spécifiques en la matière prises par les
collectivités locales. En effet , chaque collectivité locale
partenaire a des besoins spécifiques par rapport à un domaine de
coopération et se fixe ainsi des résultats à atteindre
.C'est pourquoi dans la signature des conventions opérationnelles, les
deux collectivités locales sont tenues ,dés lors, de prendre en
compte les particularités et les initiatives de chaque partenaire
(initiatives que l'on retrouve dans le PRDI pour la région de Saint
Louis et le contrat plan Etat-Region pour la région Nord Pas
de Calais) . Enfin, l'axe choisi doit être conforme également
aux politiques nationales dans lesquelles il s'inscrit. Ainsi,par exemple, la
région de Saint Louis est tenue de s'inspirer du Document
Stratégique de Réduction de la Pauvreté de la
République du Sénégal (D.S.R.P) d'avril 2002, du
Plan National de Développement Sanitaire et Social (P.N.D.S) pour la
période 1998-2007 pour la République du Sénégal
mais également du Plan Régional de Développement Sanitaire
(P.R.D.S) pour la Région de Saint Louis et autre documents entrant dans
ce secteur.
2- les principes d'intervention :
la convention opérationnelle fixe les principes sur lesquels la
thématique devra être mise en oeuvre. Il s'agit entre autres
principes de :
? -tendre vers une
meilleure adéquation de la réponse du domaine à
exécuter aux besoins des populations
bénéficiaires ;
? - favoriser la
mobilisation des acteurs et la réciprocité par le
développement d'une approche partenariale à chaque fois qu'il est
question de l'exécution d'une thématique donnée :
élus locaux, opérateurs intervenant en matière
d'éducation par exemple, les ONG33(*), les OCB34(*) ...et le public ;
?-promouvoir la
capacité des acteurs locaux (formation et renforcement des
capacités des intervenants directs...) afin qu'ils occupent leur juste
place dans le système (par exemple) qui sera mis en
oeuvre ;
? -Veiller à ce
que les actions qui seront menées dans l'exécution de la
thématique se fassent dans la transparence.
3-le choix, ensuite, des domaines à
exécuter ciblés à l'intérieur d'une
thématique donnée (considéré comme le second
choix).Etant conscient de ne pas pouvoir intervenir sur tous les plans d'une
thématique bien donnée (par exemple : Coopération sur
le développement durable et la lutte contre la pauvreté), les
deux régions préfèrent ainsi se limiter à quelques
points qu'ils jugeront nécessaires à mettre concrètement
en oeuvre. A titre d'exemple, après avoir choisi en premier lieu la
thématique « coopération pour le développement
durable et lutte contre la pauvreté » et, en second lieu, les
deux collectivités locales porteront leur choix par exemple sur la
santé qu'elles devront par la suite exécutées après
l'avoir traduite sous forme de convention opérationnelle.
Par exemple pour la mise en oeuvre de leur
coopération en matière sanitaire les régions Nord Pas de
Calais et de Saint Louis ont défini ensemble trois axes
stratégiques d'intervention que sont les suivants :
? - définir et promouvoir une
politique de prévention adaptée ;
? -améliorer l'accès aux
soins de qualité ;
? -renforcer la dynamique partenariale
régionale en santé.
Aux termes des dispositions de la convention
opérationnelle sur la santé, ces stratégies devront
permettre à développer un esprit de partenariat répondant
ainsi au principe de réciprocité .Cependant, la région de
Saint Louis n'a rien à apporter dans le domaine de la santé
à sa partenaire Nord Pas de Calais.
4- les objectifs opérationnels :
Afin d'opérationnaliser les différents points retenus dans une
thématique, l'éducation par exemple (le renforcement des
capacités des corps émergents), les deux régions
conviennent de mener des actions répondant aux objectifs attendus pour
chaque thématique. Elles apporteront ainsi les outils
nécessaires pour leur concrétisation. Par exemple, dans l'exemple
de la convention opérationnelle sur la santé, concernant le point
relatif à l'amélioration de l'accès aux soins de
santé de qualité, les réalisations d'infrastructures
s'attacheront d'une part, à définir et à mettre en oeuvre
une politique d'amélioration de la qualité des infrastructures
sanitaires ; d'autre part, à renforcer les capacités des
personnels et des structures sanitaires et enfin à favoriser la
création de mutuelles de santé
5-Autre élément qu'on peut
également retenir dans les conventions opérationnelles demeure
l'engagement des deux parties. Ainsi les régions Nord Pas de Calais et
de Saint Louis chacune en ce qui la concerne s'engage à mettre son
expertise et ses services techniques pour une exécution du domaine
retenu. Mais, plus particulièrement c'est la région Nord Pas de
Calais qui s'engage à promouvoir les projets entrants dans le cadre de
cette cooperation auprès de ses partenaires francais et
européens. En outre, elles (les deux collectivités locales
partenaires) s'engagent à apporter aux opérateurs pressentis
pour la réalisation des programmes ou projets un certain nombre de
facilités administratives.
6- L'évaluation et le suivi des
différents domaines figurent en bonne place dans les conventions
opérationnelles .Pour ce faire, des indicateurs de suivi sont retenus.
Il est également à noter qu'au delà du suivi, des
évaluations périodiques sont effectuées.
7-L'exxecution des conventions
opérationnelles ne doit pas dépassée en principe trois ans
sauf cas de force majeures.
8- Pour terminer, les conventions
opérationnelles peuvent faire l'objet de dénonciation à
l'initiative de l'une des parties, sous réserve que la partie
dénonçant la convention opérationnelle saisisse par
écrit l'autre partie au moins six mois avant l'échéance de
chaque date anniversaire de la convention opérationnelle.
Au delà des moyens juridiques, la mise
en oeuvre de cette coopération requiert aussi des moyens
institutionnels et financiers
PARAGRAPHE 2éme: Les moyens institutionnels
et financiers
Il conviendra d'examiner d'abord les moyens
institutionnels mis en place mais également des moyens financiers
déployés pour la gestion et l'exécution de la
coopération par les deux collectivités locales.
S'agissant des moyens Institutionnels mis en
place pour la gestion et l'exécution de ce partenariat on abordera en
premier lieu la situation de la région Nord Pas de Calais et en second
lieu celle de la région de Saint Louis au plan institutionnel. Il
s'agit de façon globale de revenir sur les structures et les personnes
qui s'occupent de coopération décentralisée dans ces deux
collectivités locales respectives.
Au niveau du Conseil Régional Nord Pas
de Calais, la gestion et le suivi de la Coopération
Décentralisée se fait à un double niveau, interne et
externe.
Sur le plan interne, la gestion de la
Coopération Décentralisée et de son suivi a fait l'objet
d'une structuration progressive des services en charge de cette
compétence.
Ainsi,dés 1990 , une véritable
direction est mise en place pour s'occuper des actions extérieures du
Conseil Régional Nord Pas de Calais:Kayes(Mali),Saint
Louis(Sénégal), la Voïvode de silerie(Pologne),les Provinces
du centre -Vietnam(Vietnam) et les zones sinistrées par la catastrophe
de Tchernobyl(Ukraine).Il s'agit de la Direction des Relations
Européennes et Internationales (D.R.E.I).Pour prendre en charge
l'accroissement de ses actions à l'étranger et la prise en charge
d'autres domaines de coopération ,les autorités régionales
décident de la remplacer par une autre Direction dite Direction des
Relations et de la Solidarité Internationale. (D.R.S.I)
En 1998, un nouveau
réaménagement dans la gestion des relations extérieures du
conseil régional est opéré .Ainsi la D.R.S.I est
scindée en deux, d'un coté une Direction dite Européenne
et d'un autre coté un service dit « Solidarité
Internationale et de la Coopération au Développement
(S.I.C.O.D) ».Ce service est chargé de la gestion et du suivi
des relations de coopération que la Région Nord Pas de Calais
entretienne avec des collectivités locales en dehors de l'Union
Européenne .Au sein de ce service, on retrouve cinq chargés de
missions qui , chacun , prend en charge l'un des cinq Accords de
coopération dont la région Nord Pas de Calais est
signataire.
Au plan externe, la région Nord Pas
de Calais dispose dans chaque localité où elle mène des
actions de coopération une représentation permanente .Mais,
à Saint Louis, elle ne dispose pas d'un « relais
local » pour assurer le suivi de sa coopération .Cette
situation a pu amener un opérateur de développement
dénommé « le Partenariat Lille/ Saint Louis et sa
région » à jouer ce rôle. Ce qui n'est pas sans
grandes failles dans les rapports entre le Partenariat et la région de
Saint Louis. Face à ce problème et d'un besoin incontestable de
suivi de ses actions à Saint Louis, le Conseil Régional Nord Pas
de Calais étudie actuellement la possibilité de faire de
l'A.R.D35(*) de Saint
Louis son relais local.
Contrairement à la région
Nord Pas de Calais, la région de Saint Louis ne dispose pas sur plan
interne de véritable moyens institutionnels chargés de la gestion
et du suivi de l'exercice de ses compétences en matière de
Coopération Décentralisée .Pour pallier cela, les
autorités du Conseil Régional de Saint Louis se sont
orientées vers l'A.R.D36(*) pour la conduite de ses actions à
l'étranger .En principe, les A.R.D ont été
crées au Sénégal dans une logique d'apporter aux
collectivités locales une assistance technique gratuite dans les
domaines d'activités liés à leur
développement : assurer la maîtrise d'ouvrage des
opérations que les trois ordres de collectivités locales (la
région,la commune et la communauté rurale) lui
délèguent et enfin de réaliser toute étude que les
personnes publiques ou privées lui commandent pour des actions de
développement local .Mais,il peut arriver que ses fonctions de l'A.R.D
dépassent ce périmètre ci dessus. C'est donc dans cette
logique qu'il faut inscrire ses rapports que l'ARD de Saint Louis entretienne
avec le Conseil Régional de Saint Louis en devenant en quelque sorte le
« gestionnaire » de sa coopération
décentralisée
Ainsi pour étudier cette
coopération, nous avons été orientés vers les
services de l'ARD au motif qu'elle se charge de la gestion des relations
extérieures de la région. Dans sa mission d'assistance technique
au Conseil Régional en matière de coopération
décentralisée, l'A.R.D est soutenue par les services techniques
de l'Etat disposant de moyens humains et matériels beaucoup plus
importants. Il peut arriver qu'elle soit aux cotés des autorités
régionales lors des signatures de conventionnes et en particulier celles
dites conventions opérationnelles .C'est ainsi qu' en premier lieu ,
elle est chargée de conseiller les autorités régionales
dans les différentes étapes aboutissant à la signature
d'un accord de partenariat. Ensuite, elle participe, avec les services
administratifs et techniques des Conseils Régionaux de Saint Louis et du
Nord Pas de Calais, à l'élaboration des modalités
d'exécution des conventions opérationnelles. En effet, l' A.R.D
assure le suivi et l'évaluation des projets et programmes en cours ou
déjà exécutés pour le compte du Conseil
Régional de Saint Louis.
Au delà des moyens institutionnels mis
en place par chaque collectivité locale pour la gestion et du suivi de
ses actions en matière coopération décentralisé |