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La Formation Professionnelle non Formelle dans la Promotion des Ressources Humaines au Burkina Faso: cas des centres de formation professionnelle

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par Moumine SISSAO
Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature du Burkina Faso - Conseiller en Emploi et en Formation Professionnelle 2009
  

Disponible en mode multipage

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Sommaire

Avertissement...........................................................................................I

Dédicace...................................................................................................II

Remerciement...........................................................................................III

Sigles et Abréviations..................................................................................IV

Liste des tableaux......................................................................................V

Introduction générale 2

PARTIE I: LA SITUATION DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE AU BURKINA FASO 7

Chapitre I : L'encadrement institutionnel et juridique de la formation professionnelle non formelle 8

Section 1 : Le cadre institutionnel de la formation professionnelle non formelle 8

Section 2: L'encadrement juridique de la formation professionnelle non formelle 11

Chapitre II: Les contraintes du système national de la formation professionnelle non formelle 16

Section 1 : Les contraintes propres aux acteurs 16

Section 2 : Les difficultés liées à la situation économique nationale et internationale 22

PARTIE II: LA PLACE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE DANS LA PROMOTION DES RESSOURCES HUMAINES 31

Chapitre I : La contribution de la formation professionnelle non formelle à la valorisation des ressources humaines 32

Section1 : Le rôle de la formation professionnelle non formelle dans la lutte contre le chômage 32

Section 2 : La fonction sociale de la formation professionnelle non formelle 38

Chapitre II : les suggestions pour une amélioration de la formation professionnelle non formelle 42

Section 1: Les suggestions à l'endroit des acteurs 42

Section 2: L'amélioration de la qualité de la formation professionnelle 46

Conclusion générale 50

Bibliographie 53

Table des matières 55

Annexes 58

INTRODUCTION GENERALE

A un moment où le monde fait face à une forte mutation sociale et à une évolution économique et technologique rapide, l'adaptation des ressources humaines aux changements dans les emplois et aux exigences de l'environnement toujours changeant, leur insertion socioprofessionnelle, leur promotion sociale et professionnelle, sont et demeurent des préoccupations récurrentes aussi bien pour l'Etat et les entreprises que pour les individus eux-mêmes. Dès lors, la question de la formation professionnelle, qui se pose en termes de disponibilité de ressources humaines qualifiées et adaptées aux besoins de l'économie nationale, devient cruciale.

Dans le contexte du Burkina Faso, marqué par la pauvreté et des taux élevés de chômage des jeunes en milieu urbain et de sous emploi en milieu rural, la formation professionnelle apparaît comme un puissant levier dans la perspective de lutte contre ces phénomènes sociaux, défavorables à la promotion sociale des populations. C'est en raison de ces attentes, que la formation professionnelle occupe une place de choix dans les stratégies et politiques nationales, notamment le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté et la politique nationale de l'emploi.

Les contre-performances du système éducatif en général et le cloisonnement de l'enseignement technique aux milieux professionnels en particulier, ont fait émerger un système de formations diversifiées, avec en prime une multiplicité des structures de formation notamment celles non formelles1(*).

L'importance de la croissance démographique et la paupérisation des populations expliquent en partie la forte demande sociale de la formation professionnelle non formelle. Cette formation professionnelle, considérée à tord ou à raison comme un relais et un moyen d'insertion socioprofessionnelle des flux de déscolarisés des enseignements de base et secondaire, des non scolarisés et des néo-alphabétisés, est prioritairement offerte par les centres de formation professionnelle (CFP) de l'Agence Nationale pour la Promotion de l'Emploi (ANPE) et les centres privés non conventionnels de promoteurs individuels, d'Organisations Non Gouvernementales (ONG), d'Associations.

L'engouement et les débats autour de ce type de formation professionnelle, fortement demandé et non moins important du système national de formation professionnelle, méritent que l'on y consacre une réflexion. D'où la présente étude autour du thème : « la formation professionnelle non formelle dans la promotion des ressources humaines au Burkina Faso : cas des centres de formation professionnelle.»

La multiplicité des acteurs de la formation professionnelle non formelle au Burkina Faso confère à ce type de formation un caractère extrêmement varié et rend quelquefois difficile le contrôle de sa qualité et par conséquent sa prise en compte dans les stratégies de développement de la formation professionnelle en général. Dès lors, la préoccupation majeure qui se dégage, est de savoir la place que pourrait occuper ce sous secteur de la formation professionnelle dans une perspective de promotion des ressources humaines. En d'autres termes, comment la formation professionnelle non formelle peut être un outil de valorisation des personnes qui en font la demande ? Plus particulièrement :

? quel bilan des acquis et expériences peut-on établir à la fois au plan pédagogique, organisationnel et institutionnel ?

? quels sont les obstacles à la promotion qualitative de la formation professionnelle non formelle ?

Les enjeux liés à cette formation se situent à plusieurs niveaux :

? elle pourra s'appréhender comme une seconde chance pour la plupart des personnes déscolarisées, non scolarisées ou néo alphabétisées. Elle devient ainsi, un outil efficace et indispensable pour la prise en compte de cette catégorie de personnes dans les politiques et les orientations stratégiques du pays ;

? la plupart des demandeurs de cette formation, c'est-à-dire les cibles ci-dessus citées, constituent un bassin important de main d'oeuvre dont il faut assurer la qualification professionnelle afin de disposer de populations actives exploitables ;

? par le biais des compétences professionnelles qu'elle confère et développe, la formation professionnelle non formelle s'avère être une porte d'entrée dans le monde de travail pour tous les jeunes déscolarisés ou n'ayant jamais été à l'école. Elle apparaît alors stratégique pour l'insertion socioprofessionnelle de ces derniers et pour la lutte contre l'insécurité et la délinquance juvénile.

C'est le lieu de souligner qu'au-delà de son intérêt sur le plan académique, le thème présente deux autres intérêts non moins importants.

D'abord, il permet d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur une formation encore peu structurée et dont l'impact social peut pourtant s'avérer capital. Ensuite, il permet de faire une analyse critique de la pratique actuelle afin de relever ses éventuelles insuffisances et de faire des propositions concrètes en vue d'une amélioration.

L'objectif principal recherché dans le cadre de la présente étude, est de contribuer à l'émergence de la formation professionnelle non formelle en tant que facteur de promotion de capital humain dans le contexte du Burkina Faso. Plus spécifiquement :

? l'étude vise à faire un diagnostic de la formation professionnelle non formelle en présentant d'une part, ce qui constitue les obstacles à la promotion qualitative de ce type de formation et les atouts aux plans pédagogique, organisationnel et institutionnel d'autre part ;

? l'étude tente d'analyser la formation professionnelle non formelle comme un véritable outil d'insertion professionnelle des personnes déscolarisées, non scolarisées et néo alphabétisées.

En réalité si la formation professionnelle non formelle est bien organisée, règlementée et offerte en tenant compte des besoins de l'économie nationale, on peut espérer qu'elle soit un outil de qualification professionnelle, d'épanouissement des ressources humaines. On admettra en outre les hypothèses spécifiques suivantes :

? en matière de formation professionnelle non formelle, le Burkina Faso a engrangé des acquis et expériences sur les plans règlementaire, pédagogique, organisationnel et institutionnel;

? toutefois, la formation professionnelle non formelle connaît particulièrement des insuffisances d'ordre institutionnel, organisationnel, pédagogique et liées à son financement. Toutes choses qui peuvent entraver son développement qualitatif.

Pour vérifier ces hypothèses, nous avons adopté une méthodologie de travail basée essentiellement sur la recherche et l'analyse documentaire, et sur les entretiens avec des acteurs publics et privés avisés des questions de formation professionnelle non formelle.

Les théories et les travaux sur la formation professionnelle sont nombreux et se développent davantage, faisant ainsi de la formation professionnelle un domaine très large à cerner. Guy le Boterf, Paul, DUPOVEY et François VIALLET définissent la formation professionnelle comme : « des activités éducatives qui, à partir d'un degré de formation générale considéré comme requis, préparent les individus à l'exercice d'un métier ou d'une famille de métiers, le terme de «métier« étant pris au sens le plus large d'activités professionnelles ». Pour eux, lorsque la préparation professionnelle n'est qu'une initiation, mais pas encore le processus d'acquisition d'un savoir directement utilisable en situation de travail, on parle d'enseignement technique ou professionnel; par contre si la préparation à un métier permet la mise en oeuvre des capacités acquises à un poste de travail, on parle alors de formation professionnelle2(*).

Ces conceptions de la formation professionnelle et de l'enseignement technique et professionnel s'inscrivent dans le même cadre que celles abordées dans le système de formation professionnelle du Burkina Faso. Cependant, la formation professionnelle non formelle est souvent demandée par des personnes n'ayant aucun pré-requis de l'enseignement général. Quelle conception avons-nous du thème d'étude?

La formation professionnelle non formelle (FPNF) se déroule dans les centres de formation professionnelle, les centres d'apprentissage, les centres d'évaluation et de formation professionnelle et les ateliers. En plus, à la différence de la formation professionnelle formelle, la formation professionnelle non formelle n'est pas diplômante mais qualifiante et débouche sur l'exercice immédiat d'un métier ou d'une profession.

Le centre de formation professionnelle (CFP) correspond à tout établissement organisé, équipé et doté du personnel nécessaire pour assurer une fonction de formation, en distinction d'apprenants ou de stagiaires et dans une perspective d'acquisition et d'exercice immédiat de métier3(*). Le CFP est donc un lieu d'éducation et de formation qui accueille d'une part des apprenants, des apprentis dans le but de leur offrir des possibilités pédagogiques et didactiques d'apprentissage d'un métier (formation professionnelle initiale), et d'autre part, des professionnels en activité en vue d'assurer leur perfectionnement et développement professionnel (formation professionnelle continue). A la différence d'un établissement d'enseignement technique et professionnel, à finalité diplômante, le CFP prépare, plus spécifiquement l'individu à un emploi et contribue au renforcement et à l'adaptation continue des compétences des travailleurs dans les emplois, la finalité étant donc la qualification professionnelle et non diplômante. En somme, le CFP se veut une structure très proche et même intégrée des milieux professionnels et de la production. Nous entendons par la promotion des ressources humaines leur développement culturel, le développement de leur esprit d'initiative et de créativité puis leur transformation en facteur de développement et de croissance économique. Il s'agit de leur valorisation par l'acquisition de qualifications utiles à leur insertion socioprofessionnelle. Toutes choses qui concourent à leur épanouissement et bien-être en société.

Tous les centres de formation professionnelle ne dispensent pas une formation professionnelle non formelle. C'est pourquoi, nous limiterons notre champ d'étude aux centres publics, gérés par l'agence nationale de promotion de l'emploi (ANPE) et placés sur la tutelle technique et administrative du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi (MJE), puis aux centres appartenant aux promoteurs privés.

Dans le cadre de cette réflexion, il s'agira d'analyser dans une première partie la situation de la formation professionnelle non formelle nationale à travers son encadrement institutionnel et juridique (chapitre 1) et les contraintes liées à celle-ci (chapitre 2). Dans la seconde partie, nous situerons la place de la formation professionnelle non formelle dans la promotion des ressources humaines en indiquant d'abord sa contribution dans la valorisation de celles-ci (chapitre 1), puis nous ferons des suggestions en vue de son amélioration (chapitre 2).

PARTIE I: LA SITUATION DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE AU BURKINA FASO

La formation professionnelle non formelle au Burkina se caractérise par son état embryonnaire. Ce qui se traduit présentement par sa faible réglementation et organisation. Malgré le nombre élevé et diversifié des acteurs, aussi publics que privés, l'offre de formation est en deçà de la demande et demeure majoritairement assurée par les Centres de Formation Professionnelle (CFP), notamment ceux initiés par des promoteurs privés qui, du reste, dominent le marché de la formation professionnelle non formelle.

Différents intervenants des secteurs public et privé, et même de la société civile, ont jeté les bases d'une réglementation de l'activité de formation professionnelle non formelle, qui passe par une harmonisation des programmes de formation avec des référentiels de métiers et de certification. La création du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi (MJE) devra à terme contribuer à la normalisation de ce type de formation.

Pour mieux cerner la question de la formation professionnelle non formelle, la première partie de la présente étude s'articulera d'abord autour des dispositifs institutionnel et juridique de cette formation professionnelle (chapitre 1), puis nous recenserons les principales contraintes auxquelles elle fait face (chapitre 2).

.

CHAPITRE I : L'encadrement institutionnel et juridique de la formation professionnelle non formelle

Pour répondre à la forte demande en matière de formation professionnelle non formelle, plusieurs acteurs interviennent sur ce marché. De cette diversité de l'offre, découle celle des structures d'accueil, de gestion. Les nombreuses actions en faveur de la satisfaction de la demande de formation doivent être cohérentes et règlementées. Pour ce faire, le pays dispose d'un cadre institutionnel (section 1) et d'un encadrement juridique (section 2) en la matière.

Section 1 : Le cadre institutionnel de la formation professionnelle non formelle

Le cadre institutionnel de la formation professionnelle non formelle comprend essentiellement les structures centrales que sont les départements ministériels concernés par la formation professionnelle non formelle, les centres de formation non formels. Dans cette section, l'accent est mis sur le dispositif directement concerné par la formation professionnelle non formelle, en distinguant le dispositif institutionnel du secteur public (paragraphe 1) de celui du privé (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : Le dispositif institutionnel de la formation professionnelle non formelle dans le secteur public

L'Etat assure la gestion du système de formation professionnelle non formelle à travers ses départements ministériels qui ont sous leur tutelle administrative ou technique des centres de formation professionnelle.

A. Les structures centrales

Initialement placée sous la tutelle technique et administrative du Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité Sociale (actuel Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale), la formation professionnelle non formelle est aujourd'hui sous la tutelle technique et administrative du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi (MJE). Pour assurer sa mission en matière de formation professionnelle, le MJE dispose d'une Direction Générale de la Formation Professionnelle et de l'Apprentissage (DGFPA). Sous le MJE, l'Agence Nationale pour la Promotion de l'Emploi (ANPE) est la principale structure publique de pilotage de la formation professionnelle non formelle. En partenariat avec d'autres Ministères, le MJE touche divers domaines d'activités : le Ministère du commerce assure la formation et l'encadrement des artisans avec l'appui technique du Ministère de l'emploi.

B. Les centres publics de formation professionnelle non formelle

La formation professionnelle non formelle est dispensée dans les centres de formation professionnelle, les centres d'apprentissage, les centres d'éducation de base non formelle, les centres d'évaluation de la formation professionnelle et les ateliers.

Même si les centres de certains Ministères offrent des formations qui s'apparentent à la formation non formelle, les centres publics non formels sont prioritairement détenus par l'ANPE. L'agence dispose aujourd'hui de treize (13) centres régionaux et sept (7) centres provinciaux de formation professionnelle (Tougan, Diébougou, Koupela, Boromo, Solenzo, Sindou), tous placés sous la tutelle administrative et technique du MJE. L'annexe 1 donne les principaux métiers initiés dans ces centres.

Après cette présentation du dispositif de formation professionnelle non formelle dans le secteur public, nous abordons dans le second paragraphe de la présente section le dispositif de la formation non formelle dans le secteur privé.

Paragraphe 2 : Le dispositif institutionnel de la formation professionnelle non formelle dans le secteur privé

En matière de formation professionnelle, les acteurs autres que l'Etat et les collectivités décentralisées, c'est-à-dire les acteurs privés, jouent un rôle très important, à travers un dispositif très varié. Ce dispositif reste dominé par les structures d'accueil que sont les centres privés de formation professionnelle non formelle.

Le Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi est la principale structure étatique habilitée à donner l'autorisation provisoire puis définitive d'ouverture des centres de formation non formelle. Depuis sa création, ce sont trente deux (32) centres privés de formation professionnelle non formelle qui ont reçu l'autorisation définitive d'ouverture4(*) en 2006. On pourra citer :

- le centre de formation professionnelle d'ébénisterie et de menuiserie appliquée (EPEMA), le centre Ange couture, le centre de perfectionnement en transit et commerce international, le centre de promotion de l'apprentissage, le centre de styliste et de modéliste (CESMO), tous à Ouagadougou ;

- le centre de formation TAP Couture à Bobo-Dioulasso (CFTC), le centre d'élevage et de formation «EYA-MARIE» (CEFEM) à Réo.

- le centre technique industriel du Faso à Ouagadougou, le centre féminin d'initiation et d'apprentissage aux métiers (CFIAM) à Ouagadougou, le centre féminin de formation en artisanat de Dédougou ; le centre de formation féminine Marie-Poussepin à Pô. L'annexe 1 donne les principaux métiers appris dans ces centres. Le tableau 1 donne la répartition des centres par région.

Tableau 1 : répartition des centres selon les régions (hors centres ANPE)

Régions

Centres

Privés

Publics

Total

Boucle du Mouhoun

15

2

17

Cascades

07

0

07

Centre

73

15

88

Centre Est

08

0

08

Centre Nord

17

01

18

Centre Sud

10

0

10

Est

06

02

08

Haut Bassin

32

13

45

Nord

10

03

13

Plateau central

14

02

16

Sahel

02

01

03

Sud Ouest

05

03

08

Centre Ouest

13

02

15

Total

212

44

256

Source : PRFP, état des lieux des centres de formation professionnelle, hors centres ANPE, 2008.

Au regard du tableau 1, on est en mesure d'affirmer que la majorité des CFP privés sur les CFP publics. Il indique également la forte disparité des CFP dans à travers les régions du pays et leur concentrations dans les régions du centre et des hauts bassins.

Le secteur privé national, bien que ne bénéficiant d'aucune subvention de l'Etat, est l'un des acteurs les plus entreprenants de la formation professionnelle. Les promoteurs privés, constitués essentiellement de promoteurs individuels, d'organisations non gouvernementales et d'Associations, participent au renforcement du dispositif institutionnel de formation par la mise en place de centres de formation professionnelle.

Tous ces dispositifs sont encadrés juridiquement en vue d'un meilleur fonctionnement et d'interventions mieux ciblées.

Section 2: L'encadrement juridique de la formation professionnelle non formelle

Jusqu'à une date récente, la mise en place d'un centre de formation professionnelle n'était pas assujettie à une véritable réglementation. Les centres de formation professionnelle non formelle n'ont pas la même règlementation selon qu'ils sont publics ou privés. D'où l'intérêt d'étudier les textes règlementaires concernant les centres en faisant une distinction entre les centres publics (paragraphe 1) et ceux gérés par le privé (paragraphe2).

Paragraphe 1 : La réglementation de la formation professionnelle non formelle publique

La loi d'orientation de l'éducation du 13 juillet 2007 énonce en son article 5 que : « la création et la gestion des structures publiques d'éducation relèvent de l'Etat et des collectivités territoriales et se font sur la base du principe de subsidiarité». Ainsi, nous avons constaté dans nos recherches l'absence d'un dispositif règlementaire qui fixe les conditions de création, d'ouverture des centres publics. Cependant, il existe des arrêtés qui portent attributions des centres publics. Des décrets précisent la composition, le fonctionnement et les attributions des commissions chargées des questions de certification de la formation non formelle.

A. Les centres de formation professionnelle de l'ANPE

La structure publique qui détient les centres non formels est l'ANPE avec ses treize (13) centres régionaux et sept (7) centres provinciaux de formation professionnelle.

L'arrêté N° 2005-006/MJE/SG/ANPE du 19 juillet 2005 portant organisation et attributions des services de l'ANPE définit en ses articles 50 et 51 les attributions respectives des centres régionaux et spécialisés.

1. Les attributions des centres régionaux de formation professionnelle

Les centres régionaux de formation professionnelle sont chargés de :

- de la mise en oeuvre de modules de formation flexibles pour les demandeurs de formations, les chômeurs, les travailleurs des entreprises, les travailleurs déflatés, les promoteurs de PME/PMI;

- de la formation initiale des jeunes par l'apprentissage ; du perfectionnement des artisans ;

- de la mise oeuvre d'actions de formation professionnelle à la demande des entreprises, des projets, des ONG et des institutions diverses au niveau régional ;

- de la formation et de l'information des collectivités locales sur les techniques à haute intensité de main d'oeuvre ;

- du suivi et de l'appui -conseil aux groupes cibles formés et installés.

2. Les attributions des centres spécialisés

Ces centres qui regroupent les centres provinciaux, sont chargés :

- de la formation dans les domaines des nouvelles technologies ;

- de la recherche appliquée dans les domaines des technologies identifiés au niveau régional

Les qualifications acquises dans les CFP sont peu valorisées et reconnues sur le marché de l'emploi. D'où la mise en place par l'Etat de commissions de certification professionnelle.

B. Les commissions chargées de la certification de la formation professionnelle non formelle

Sous la tutelle du MJE, la Commission Nationale de la Certification et des Programmes de Formation (CNC-PF) oeuvrera pour la reconnaissance des qualifications professionnelles des sortants des CFP.

Le décret n° 2008-351/PRES/MJE/MEF du 24 juin 2008 crée auprès du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi la commission nationale de certification et des programmes de formation professionnelle dans le cadre de la certification des formations professionnelles. La CNC-PF est créée pour remplacer la commission de contrôle des compétences professionnelles (CCCP) qui a été créée par l'arrêté n°002/MJE/SG/DGFP du 6 février 2007 auprès du secrétariat général du Ministère de la jeunesse et de l'emploi. La CNC-PF reprend en partie les attributions de la CCCP (cf. annexe 2). Des Comités Techniques d'Homologation des Titres (CTHT) sont créés par la CNC-PF selon les corps de métiers (l'industrie, les bâtiments travaux publics, le tertiaire).

L'article 12 du décret portant création de la CNC-PF énonce que «la commission est compétente pour valider les certificats de qualifications professionnelles sous l'égide de la CCCP.»

Après avoir présenté le dispositif juridique de la formation professionnelle non formelle dans le secteur public, à travers d'une part les attributions des centres et d'autre part les attributions des commissions de certification, nous tenterons de présenter le cadre réglementaire de cette formation dans le secteur privé.

Paragraphe 2 : La réglementation de la formation professionnelle non formelle dans le secteur privé

Depuis la création du MJE, des efforts sont consentis en vue d'un meilleur encadrement juridique de la formation non formelle dans le privé. L'institution d'un cahier de charges applicables aux centres privés de formation non formelle est la preuve matérielle de ces efforts. Des textes législatifs plus généraux ont des dispositions relatives à la formation professionnelle d'une manière générale dans le secteur privé : il s'agit du code de travail et du code des impôts.

A. Le cahier de charges applicables aux centres privés non formels

L'arrêté n° 009/MJE/SG/DGFP/DFPA du 13 décembre 2006 portant ce cahier de charges présente les conditions de création, d'ouverture, d'extension, de fermeture et l'organisation administrative, pédagogique et matérielle des centres privés non formels. Le cahier de charges précise que peut être fondateur de centre privé, toute personne physique ou morale.

La méconnaissance des dispositions du cahier de charges entraîne le non respect de son article 33 selon lequel la direction de tout centre doit comprendre au moins un directeur, un chef des travaux, un comptable. Le constat sur le terrain est que dans la plupart des CFP, le cumul et une confusion de responsabilités et de fonctions sont réguliers. Il n'est pas rare de voir dans certains centres, le promoteur cumuler à la fois les fonctions de directeur, de chef de travaux et de comptable. En outre, le critère d'éloignement des centres de toute entreprise pouvant perturber son fonctionnement (débit de boisson, décharge publique, grande voie de circulation, nuisance sonore) n'est pas observé par certains centres existants déjà.

Les conditions de création, d'ouverture, d'extension et de fermeture d'un centre de formation professionnelle non formelle, prévues dans le présent cahier de charges, sont reprises à l'annexe 3.

B. Le cadre législatif de la formation professionnelle non formelle

Le code du travail et le code des impôts ont prévu des dispositions qui touchent le secteur privé en matière de formation professionnelle et d'apprentissage. La loi n°28-2008/AN du 13 mai 2008 portant code du travail au Burkina Faso, a adopté des dispositions sur l'institution d'un service chargé des questions sur la formation et l'orientation professionnelles et, sur la nature, la forme, les conditions, les droits et devoirs des maîtres et des apprentis dans le cadre d'un contrat d'apprentissage.

Le code des impôts établit au profit du budget national, une taxe patronale et d'apprentissage à la charge des employeurs. La base imposable de cette taxe est constituée par la totalité des rémunérations payées aux nationaux sur un taux de quatre pour cent (4%) et aux étrangers sur un taux de huit pour cent (8%). Certaines dispositions du code permettent des atténuations de taxes, qui sont accordées à toute personne qui favorise la formation professionnelle en général, de manière directe ou par l'intermédiaire d'organismes spécialisés et cela sous certaines conditions (articles 123 à 125 du code des impôts).

La formation professionnelle, qu'elle soit formelle ou non formelle, qu'elle soit offerte par le secteur public ou le secteur privé, s'inscrit dans le cadre de la loi n° 013-2007/AN du 30 juillet 2007 portant loi d'orientation de l'éducation au Burkina Faso.

La présentation de l'encadrement institutionnel et juridique des CFP nous aura permis de mettre en exergue la faiblesse, non seulement du dispositif institutionnel en termes d'organisation, de gestion et de capacité d'accueil, mais également du dispositif juridique de la formation professionnelle non formelle.

Toutes choses qui constituent un important handicap auquel, s'ajoutent d'autres difficultés liées aux acteurs et à la situation économique du pays, que nous aborderons dans le second chapitre de cette première partie de notre étude.

CHAPITRE II: Les contraintes du système national de la formation professionnelle non formelle

Le système national de formation professionnelle non formelle fait face à des contraintes de divers ordres. Certes, il existe des contraintes propres aux différents acteurs (section 1) mais également des difficultés liées à la situation économique nationale et internationale demeurent (section 2).

Section 1 : Les contraintes propres aux acteurs

La loi d'orientation de l'éducation confère à de multiples acteurs la gestion du système de formation professionnelle, notamment l'Etat à travers ses départements ministériels et les collectivités décentralisées (régions, communes), le secteur privé et les partenaires sociaux, financiers, techniques.

Dans cette section, nous analysons les limites propres aux acteurs en distinguant le secteur public (paragraphe 1) du secteur privé à travers les centres privés de formation professionnelle non formelle et les entreprises privées nationales (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : Les limites propres au secteur public

La position de principal acteur dans le système de formation professionnelle, fait de l'Etat un acteur incontournable du domaine. Assumer une telle responsabilité est une mission bien difficile à plusieurs égards.

A. L'absence d'une coordination efficace des interventions des acteurs

D'autres structures centrales participent à l'offre de formation professionnelle par le biais de leurs centres. Ces centres offrent des formations qui s'apparentent à la formation professionnelle non formelle. Il n'existe pas de structure unique et adéquate de gestion et de coordination de ces institutions en matière de formation professionnelle. Cette situation renferme des limites qui peuvent constituer un frein au développement qualitatif du système. Les problèmes de leadership, d'entente sur les concepts relatifs à la formation professionnelle, l'absence de cursus et de programmes de formation harmonisés, la différence des durées de formation dans des filières identiques, sont autant de difficultés qui peuvent entraver les actions de synergie pour la mise en place d'un dispositif performant. L'une des difficultés des centres de formation est liée à la non maîtrise des durées de formation. Les centres ont tendance à suivre le calendrier scolaire du système formel, qui s'étale généralement sur neuf (9) mois. Cependant, selon les types de formation, les durées ne sont pas les mêmes. En l'absence de cursus de formation bien élaborés, il devient difficile d'avoir une maîtrise parfaite des volumes horaires et par conséquent leur agencement dans le temps et l'espace. Dans les centres, il est souvent fait place à l'improvisation, à l'imagination des fondateurs. Les fins de formations arrivent souvent de façon brutale et ce sont les apprenants qui subissent les désagréments.

La nécessité d'avoir une même compréhension des concepts et expressions utilisés dans les milieux de la formation professionnelle a été maintes fois exprimée et évoquée. A certains moments, les interprétations, les extrapolations ont engendré des incompréhensions, si ce ne sont des écueils qui ont freiné l'entrain au travail et qui ont handicapé la collaboration entre structures, administrations et partenaires5(*).

La grande diversité des acteurs nécessite une coordination. Une coordination des actions des intervenants est d'autant plus souhaitable que la diversité des tutelles technique et administrative des centres de formation ainsi que des agréments et autres autorisations délivrées ne favorise pas un suivi et un contrôle de la qualité de l'offre privée de formation. Actuellement, le MJE est la principale institution étatique en charge de la formation professionnelle non formelle. Nous pensons que cela est un début d'harmonisation des interventions. Cela doit être renforcé en donnant plus d'autonomie et de pouvoir à ce Ministère pour l'organisation et la gestion de la formation professionnelle non formelle.

La politique nationale de l'enseignement et de la formation technique et professionnels s'inscrit certainement dans cette dynamique, en définissant les missions de tous les départements ministériels concernés par la formation professionnelle.

B. Le déficit de personnel formateur et d'encadrement

Le fonctionnement du système de formation professionnelle non formelle nécessite une gamme de ressources humaines qualifiées et adaptées pour l'enseignement, l'encadrement des bénéficiaires de ce type de formation. Le système est actuellement confronté à un déficit de ces types de ressources humaines. Plusieurs raisons expliquent cette situation :

- L'insuffisance de structures adéquates de formation d'enseignants/formateurs selon les exigences de recrutement. L'Etat envoie en formation des enseignants à l'extérieur du pays et ce, à des coûts élevés en partenariat avec la coopération autrichienne dans le cadre du Programme Austro Burkinabé (PAB) qui est à sa huitième promotion ;

- La rigidité du dispositif de recrutement des formateurs a pour conséquence de restreindre le vivier de leur recrutement ;

- L'absence d'un dispositif de formation de personnel d'encadrement pour les centres de formation professionnelle à caractère non formel ;

- Le déficit de formation continue due à l'insuffisance du personnel d'encadrement pédagogique et de structures adaptées.

- L'insuffisance de personnel spécialiste des questions de formation professionnelle et de l'ingénierie de formation. La création du corps des conseillers et assistants en emploi et en formation professionnelle est un atout, mais son caractère récent fait qu'il faut attendre pour avoir l'impact du travail de ces spécialistes sur le système.

C. La reconnaissance des qualifications professionnelles

Le constat actuel est que la majorité des formations qui sont dispensées dans ces centres ne font l'objet d'aucune reconnaissance officielle de la part de l'Etat. Le seul fait de délivrer une autorisation d'ouverture et de gestion d'un CFP ne garantit pas automatiquement la reconnaissance de la qualité des formations dispensées. C'est pourquoi, la plupart des CFP délivre uniquement des attestations de fin de formation. Une fois sur le marché de l'emploi, les promus ont du mal à valoriser leur parchemin auprès des recruteurs et des entreprises qui ne perçoivent pas la qualification à laquelle renvoie ce titre professionnel, encore moins à quel positionnement professionnel et catégoriel.

Des progrès ont été réalisés avec la mise en oeuvre du Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) en 2006. L'existence du CQP comme titre professionnel qui confère à l'individu le niveau d'ouvrier, constitue une base solide de reconnaissance officielle des formations offertes dans les CFP non formels.

Les effectifs des candidats aux examens pour l'obtention de ce titre croissent d'année en année. Cependant, beaucoup de filières et métiers ne sont pas encore touchés (cf. tableau 2 ci-dessous). De plus, d'autres niveaux de qualification restent à explorer, très peu de centres participent aux examens et l'implication effective des partenaires sociaux dans le processus reste toujours un impérieux objectif à atteindre.

Tableau 2 : évolution des inscriptions à l'examen du CQP par métier de 2006 à 2008

Année

Métier

2006

2007

2008

Totaux

Coupe couture

102

155

349

606

Coiffure

-

-

157

157

Mécanique 2 roues

-

58

88

146

Menuiserie métallique

26

99

107

232

Menuiserie du bois

-

37

79

116

Electricité bâtiment

95

185

281

561

Totaux

223

534

1061

1818

Source : MJE, Direction de la Formation Professionnelle et de l'Apprentissage

De 2006 à 2008, les effectifs des inscrits à l'examen du CQP ont doublé d'année en année. Cela traduit la forte demande sociale de ce titre professionnel.

La présentation des contraintes propres à l'Etat nous aura permis de situer la responsabilité de l'administration publique dans le mauvais fonctionnement du système de formation professionnelle en général. Il nous semble logique de situer également la part de responsabilité du secteur privé dans ce retard.

Paragraphe 2 : Les limites propres au secteur privé

Dans le cadre de notre étude, nous entendons par secteur privé tous les acteurs nationaux en dehors de l'Etat, de ses départements ministériels et des collectivités décentralisées. Il s'agit précisément des promoteurs privés constitués des entreprises privées nationales, des centres privés de formation professionnelle, des ONG et des associations professionnelles. Un certain nombre de limites sont liées aux comportements du secteur privé.

A. La non maîtrise du marché de la formation professionnelle

Le secteur de la formation professionnelle au Burkina Faso se caractérise par l'insuffisance de son offre, donc sa forte demande. Il s'en suit une ouverture de structures privées d'accueil car les centres et autres établissements publics n'arrivent pas à satisfaire toute la demande. Le succès de certains centres privés encourage très vite d'autres promoteurs à ouvrir des établissements. Beaucoup d'entre eux ne peuvent pas supporter les coûts de fonctionnement et ferment. La plupart de ces centres, sous équipés, disposent de très peu d'espace et connaissent une insuffisance de compétences surtout pédagogiques et managériales pour faire face aux exigences d'une formation professionnelle de qualité. La gestion de l'offre doit avoir comme base d'analyse la connaissance du marché de l'emploi et du dynamisme du tissu économique, car l'offre doit être fonction de la demande de formation, c'est à dire des besoins des entreprises. Or, de nombreux centres offrent des formations sans juger de l'opportunité de ces formations. Dès lors, l'offre de formation de qualité s'avère insuffisante.

Sur les deux cent cinquante (256) recensés en août 2008 par le programme de renforcement de la formation professionnelle (PRFP), cent soixante huit (168) ne disposaient pas, à cette date, de matériels d'aide aux enseignements théoriques et de démonstration (tableaux muraux, rétroprojecteurs, ordinateurs, maquettes de démonstration)6(*).

Dans l'offre d'une formation professionnelle, le profil du formateur est déterminant pour assurer une bonne qualité de celle-ci. Or, dans la quasi-totalité des CFP, les formateurs sont des techniciens ou des professionnels avec ou sans qualification reconnue. Quand ils ont une qualification reconnue, en général, c'est le certificat d'aptitude professionnelle (CAP) et quelques fois le Brevet d'Etude Professionnel (BEP) ou le bac professionnel. Ce déficit en personnel qualifié, couplé à l'insuffisance matérielle, constitue un frein à la promotion du secteur à la hauteur des défis socioéconomiques des entreprises et partant du pays.

La performance des CFP passe également par leur capacité à respecter le cadre réglementaire qui régit leurs activités.

B. La faible implication des entreprises nationales

La notion de formation professionnelle doit être employée avec précaution dans les petites entreprises. La formation sur «le tas» y est souvent la modalité privilégiée et adaptée à l'acquisition et à l'entretien de la professionnalité. C'est la forme la moins structurée de l'apprentissage, et pourtant une grande partie des artisans du secteur informel n'ont connu eux-mêmes que ce mode de formation professionnelle. Ce dernier est particulièrement répandu dans les milieux de la petite entreprise artisanale et au niveau des ateliers du secteur informel. Les nouveaux employés sont fréquemment formés au savoir-faire spécifique de l'entreprise, lié à ses produits, à sa clientèle ou à ses outils, par le chef d'entreprise ou par un salarié plus expérimenté.

Les connaissances nouvelles acquises par une personne de l'entreprise (un employé, un membre de la famille), selon des modalités variées (stage, familiarisation avec un nouveau matériel, consultation de documentation technique, relation avec un fournisseur), sont multiples à travers une relation de proximité.

La faiblesse de l'investissement dans la formation des petites entreprises explique le caractère toujours informel de cette formation qui ne débouche sur aucune validation. Cela peut constituer un handicap pour les employés lorsqu'ils sont confrontés à une mobilité professionnelle vers le secteur formel où la compétitivité est rude.

C. La faible coopération des centres privés avec les entreprises

La finalité d'une formation professionnelle est l'insertion professionnelle des apprenants à leur sortie. Pour ce faire, les CFP doivent non seulement inclure dans leur programme de formation l'entreprenariat, mais également développer un partenariat avec les entreprises de la place et pratiquer un suivi professionnel des sortants. L'entreprenariat vise à développer chez les formés l'esprit d'entreprise c'est-à-dire le goût de l'initiative privée en matière de réalisation de projet et d'auto emploi. Ainsi, un apprenant initié en entreprenariat ne compte pas uniquement sur l'Etat et son centre pour trouver un emploi; mais il doit plutôt valoriser ses compétences et aptitudes professionnelles acquises lors de l'apprentissage. Pourtant, la plupart des centres, notamment privés, n'incluent pas ce module dans leurs formations7(*). Cela peut s'expliquer par l'absence de contacts avec les entreprises. En effet, sur deux cent cinquante six (256) centres hors centres ANPE, cent soixante onze (171) centres n'avaient pas de relations avec les entreprises8(*) .

Cet éloignement des milieux professionnels diminue le suivi professionnel des sortants d'autant plus que ce dernier n'est aisé que dans le cadre de partenariat entre les centres et les entreprises. Dès lors, les chances pour les formés de valoriser leurs acquis pédagogiques sont maigres. Ce qui rend difficile leur insertion professionnelle dans la vie économique du pays.

La présentation des limites du système de formation professionnelle non formelle, propres aux acteurs privés étant faite, il convient de cerner les autres types de difficultés, notamment celles liées à la situation économique nationale et internationale du pays.

Section 2 : Les difficultés liées à la situation économique nationale et internationale

Le rôle de la formation professionnelle dans le développement socioéconomique d'un pays n'est plus à démontrer. En retour, la santé financière du pays peut avoir des répercussions sur le système de formation professionnelle.

Dans le cadre de cette étude, nous aborderons ces effets en termes de la capacité d'absorption de l'économie des formés des CFP (paragraphe 1) et des modes de financement de la formation professionnelle (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : La capacité d'absorption des sortants des centres de formation

La formation professionnelle doit aboutir à l'insertion professionnelle des sortants des CFP. Leur insertion ne peut réussir que si l'environnement socio économique national et même international y est favorable. Autrement dit, pour permettre aux formés de s'insérer professionnellement, l'économie nationale doit offrir des opportunités d'affaires, d'investissement, d'entreprises. L'économie serait ainsi capable d'absorber les sortants des CFP. Toutefois, cette capacité peut être limitée par des facteurs exogènes compte tenu de l'ouverture du pays sur le monde extérieur et de la libéralisation. L'absorption des formés pourrait non seulement se faire par leur insertion sur le marché du travail en étant employés mais également elle peut se réaliser par l'auto emploi.

A. L'insertion sur le marché du travail

Malgré l'existence de bassins d'emplois, de nombreuses personnes, en particulier des jeunes, restent sans emploi. Les opportunités de travail se repartissent entre trois grands secteurs que sont le secteur rural, le secteur moderne et le secteur informel.

1. Le secteur rural

Ce secteur qui regroupe 85% de la population active est pourtant celui où le travail est morcelé et largement non rémunéré. Le marché est quasi inexistant. La population active y est principalement occupée dans l'économie agricole de subsistance car elle travaille le plus souvent dans un cadre familial. Environ 25% de cette population pratique l'agriculture de rente dont la rentabilité financière est non seulement tributaire de la pluviométrie capricieuse mais également des accords commerciaux internationaux et des fluctuations des monnaies étrangères notamment le dollar9(*).

L'activité agricole se déroule selon des périodes. Ce qui explique la concentration des 70% de temps du travail agricole sur quatre mois. Les cultures de contre saison permettent de reduire ce sous emploi. Cependant, le manque d'organisation des acteurs et des débouchés défavorise certains initiateurs.

Une meilleure organisation des filières de ce secteur est nécessaire car il renferme de multiples créneaux porteurs d'emplois.

2. Le secteur moderne

C'est le secteur le plus règlementé avec des régulations et des obligations empruntées au Code du travail et aux Conventions entre partenaires sociaux. Il comprend l'emploi dans la fonction publique et l'économie urbaine structurée. Ces emplois n'atteindraient pas les 200.000. Plus de 80% de ces emplois sont concentrés dans les deux grandes villes que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Ainsi, ce marché ne concerne qu'une faible proportion de la population active occupée, celle qui correspond généralement au salariat, soit 2% de la population active totale10(*).

3. Le secteur informel

C'est le bassin d'emplois dominé par l'auto emploi. Il se caractérise par la faiblesse de son organisation et son fonctionnement traditionnel. Avec 70% des actifs non agricoles, le secteur informel demeure le principal pourvoyeur d'emplois en milieu urbain et contribue pour 25% à l'emploi rural11(*). L'emploi féminin y représente plus de la moitié des effectifs. Il est constitué de petites activités et de l'artisanat.

Son faible degré de formalisation rend les emplois peu stables et peu décents.

En matière de formation professionnelle, la qualification des personnes travaillant dans le secteur reste centrale. La meilleure qualification des travailleurs de ce secteur, faisant partie de l'axe 3 du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), vise l'élargissement des opportunités d'emplois et des activités génératrices de revenus.

B. L'auto emploi

On peut définir l'auto emploi comme la situation dans laquelle l'employeur et l'employé constituent la même personne. Le développement de l'auto emploi passe nécessairement par celui de l'entreprenariat et le soutien financier des promoteurs de projet.

1. Le niveau des sortants des centres en entreprenariat

L'une des difficultés des formés à réaliser des activités personnelles réside dans le fait que peu de centres incluent dans leurs programmes de formation l'entreprenariat. Il s'en suit pour la plupart des sortants des CFP une faible, voire un manque de capacité à entreprendre. Ainsi, bien que nantis de compétences et d'aptitudes professionnelles, beaucoup d'entre eux ne peuvent que travailler au compte d'autres personnes et cela empêche souvent l'épanouissement professionnel de certains. Le faible niveau en entreprenariat s'explique essentiellement par l'absence dans les programmes de formation de modules relatifs à l'entreprenariat et par la faible coopération entre les CFP et les entreprises de la place. Pourtant, des actions sont mises en oeuvre pour récompenser l'esprit d'entreprise.

2. Les actions initiées en faveur de l'auto emploi

Les sortants qui ont des projets font face au problème de financement. Pour soutenir les promoteurs de projets, l'Etat a mis en place un certain nombre de fonds. Il s'agit des fonds spéciaux dont la mission première est de contribuer à financer les porteurs de projets, dans la création ou la gestion de leur entreprise :

- le Fonds d'Appui à l'Insertion des Jeunes (FAIJ) chargé de promouvoir l'esprit d'entreprise chez les jeunes et leur offrir des formations appropriées;

- le Fonds d'Appui à la Promotion de l'Emploi (FAPE) créé en 1998, est chargé d'appuyer les diplômés sans emploi dans la conception et la mise en oeuvre de l'auto emploi ;

- le Fonds d'Appui au Secteur informel (FASI) créé en 1998. Son objectif est d'appuyer et financer les activités du secteur informel ;

- le Fonds d'Appui aux Activités Rémunératrice de Revenus (FAARF) a été créé en 1990 ; son objectif principal est de favoriser l'accès des femmes aux crédits pour la réalisation des activités génératrices de revenus ;

L'accès à ces sources de financement est limité compte tenu de la situation financière des jeunes promoteurs. Ne pouvant monter eux-mêmes leur projet, la plupart des jeunes recourent aux services des bureaux d'études, dont le coût des prestations est élevé.

Ceux qui réussissent à présenter un document de projet, posent le problème de la garantie ou de l'aval .D'où le découragement de certains de recourir à ces fonds qui sont pourtant mis en place pour eux.

Des créneaux d'emplois existent au Burkina Faso. Pour y accéder, les apprenants des centres de formation professionnelle (CFP) devront être formés en entreprenariat, aux techniques de recherche d'emploi.

Après l'analyse de la capacité de l'économie nationale à résorber le chômage des formés des CFP, nous aborderons les difficultés liées aux modes de financement de la formation professionnelle non formelle.

Paragraphe 2 : Le financement de la formation professionnelle non formelle

La capacité du pays à financer la formation professionnelle dépend de sa situation économique. Les sources de financement de la formation professionnelle sont diverses. Alors que les CFP publics bénéficient du soutien de l'Etat, les CFP privés comptent largement sur les frais de scolarité versés par les parents d'élèves pour assurer leurs activités. Les partenaires techniques et financiers accompagnent également l'effort national en faveur de la formation professionnelle.

A. Le financement de la formation professionnelle par la taxe patronale et d'apprentissage (TPA)

La taxe patronale pour l'apprentissage (TPA) a été conçue pour être une contribution des employeurs, à l'exception de l'Etat et des collectivités décentralisées, à la formation professionnelle.

Le Code des impôts du Burkina établit au profit du budget national une TPA à la charge des employeurs dont la base imposable est constituée par la totalité des rémunérations payées aux nationaux et aux étrangers. Sur chacune de ces deux masses salariales, il prélevé respectivement 4% et 8%.

Les recettes prélevées auprès des entreprises par l'Etat au nom de la TPA, ne sont pas spécifiquement affectées à la formation professionnelle en raison de l'unicité de caisse. Le privé qui contribue au financement de la formation, ne bénéficie cependant pas de subvention gouvernementale en la matière.

L'Etat, finance la formation par le biais des budgets de fonctionnement qu'il attribue aux organismes étatiques, structures et fonds publics qui participent à la promotion de la formation et de l'emploi. Dans tous les cas, cette contribution reste en deçà des recettes de TPA.

B. Les frais de scolarité dans les centres

La rentabilité des investissements en matière de formation professionnelle n'est pas envisageable dans un court terme. La construction et l'équipement adéquat d'un centre, avec au minimum trois filières industrielles, coûteraient cinq (5) fois plus cher qu'un collège d'enseignement général12(*). Cela se répercute nécessairement sur les frais de formation proposés aux clients des centres, rendant ainsi la formation chère. Dans un pays, marqué par la pauvreté de la majorité de sa population, cette situation est de nature à rendre inaccessible la formation professionnelle à plusieurs personnes.

Qu'ils soient publics ou privés, les centres de formation professionnelle non formelle assurent leurs dépenses de fonctionnement grâce, essentiellement, aux frais de scolarité versés par les parents d'élèves. Le tableau 3 donne les frais de scolarité pratiqués dans les centres de l'ANPE en 2008.

Tableau 3 : frais de scolarité dans les centres de l'ANPE

Filières de formation

Scolarité (en francs CFA)

Durée

Niveau de base

Menuiserie du bois

45000

3 ans

CEPE

Bâtiment (maçonnerie)

45000

2 ans

CEPE

Bâtiment (dessin)

45000

2 ans

5ème des collèges

Electricité (bâtiment)

45000

3 ans

CEPE

Plomberie

45000

3 ans

CEPE

Menuiserie métallique

45000

3 ans

CEPE

Maintenance de machine de bureau

150000

2 ans

BEPC ou CAP

Mécanique deux (2) roues

45000

7 mois

Expérience professionnelle de 3 ans

Mécanique automobile

45000

3 ans

CEPE

Coupe/couture

80000

3 ans

CEPE

Froid/climatisation

45000

2 ans

BEPC ou CAP

Forge/soudure

45000

7 mois

Expérience professionnelle de 3 ans

Source : centre provincial de formation professionnelle du Kadiogo

C. Les autres sources de financement de la formation professionnelle

Dans le contexte du Burkina, il s'agit du Fonds Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage et des Partenaires Techniques et Financiers (PTF).

1. Le fonds d'appui à la formation professionnelle et à l'apprentissage (FAFPA)

Le FAFPA a été créé par décret n° 2003-337/PRES/PM/MTEJ/MFB du 10 juillet 200313(*). Le fonds d'appui à la formation professionnelle et à l'apprentissage est placé sous la tutelle technique du Ministère chargé de la formation professionnelle et la tutelle financière du Ministère chargé des finances. Il est doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. C'est la structure publique chargée de la mise en oeuvre de la politique gouvernementale en matière de formation professionnelle et d'apprentissage. Dans ce cadre, le FAFPA a réalisé un ensemble d'actions et de soutiens adaptés pour assurer la compétitivité et le développement économique du Burkina Faso. Ces cibles sont entre autres les centres de formation professionnelle, les organisations professionnelles. Ces attributions sont données à l'annexe 4.

2. Les partenaires techniques et financiers (PTF)

Dans le domaine de la formation professionnelle, le Burkina Faso bénéficie de l'appui technique et financier de plusieurs Etats. C'est dans ce cadre que la plupart de ces pays ont des institutions représentatives sur le territoire national, sous forme de coopérations. On pourra citer entre autres :

- le bureau de la coopération autrichienne pour le développement. L'appui de la coopération autrichienne à la formation professionnelle est à l'origine de la coopération bilatérale entre les deux pays. Il s'inscrit dans une logique de création et de développement des capacités des burkinabè pour une participation responsable et de qualité au développement du pays. A travers ces différentes interventions, cet appui vise la professionnalisation de la formation formelle (l'enseignement technique) et la normalisation de la formation professionnelle non formelle ;

- la coopération suisse, par le biais du bureau Swisscontact au Burkina Faso (SCBF), apporte un appui technique et financier à la formation professionnelle dans le secteur de l'artisanat. La mission de SCBF est de contribuer à la réduction de la pauvreté par l'appui d'un système institutionnalisé de formation professionnelle qui répond aux besoins des artisans et des jeunes sans emploi en milieux urbain et rural.

Le pays entretient d'autres types de coopérations, notamment avec la Chine (Taiwan), le Danemark, l'Allemagne. La BAD et la BM soutiennent également les efforts du pays dans plusieurs domaines dont la formation professionnelle.

Bien que les sources de financement soient diversifiées, les interventions des PTF dans le système de formation professionnelle, posent des préoccupations au rang desquelles on peut relever14(*):


· le déséquilibre constaté entre les actions, les mesures concrètes et pratiques à prendre et l'affirmation forte de la volonté politique de donner la priorité à la FP ;


· le problème de l'interlocuteur éclaté à travers une pluralité des Ministères de tutelle;


· la faible organisation et participation des organisations professionnelles dans le processus de formation ;


· la faible visibilité de la formation agricole dans un pays majoritairement agricole;


· les conditionnalités qui touchent quelques fois à des domaines de souveraineté;


· la confusion des rôles entre les différents acteurs de gestion des programmes et projets de développement, y compris dans le domaine de la FP.

Conclusion

Encore embryonnaire, le système actuel de formation professionnelle non formelle au Burkina Faso est face à de multiples contraintes. On retiendra, en plus de son faible degré de réglementation, qu'il est peu structuré. La multiplicité des tutelles de certains CFP rend difficile leur contrôle. Aussi, l'inadéquation du profil des formés avec les besoins des employeurs accentue la faible absorption et réduit considérablement les chances des apprenants de s'insérer professionnellement à leur sortie. La raison principale est que les objectifs pédagogiques restent souvent limités à la seule obtention de diplômes, l'emploi étant pour sa part aléatoire. Et la grande dépendance des financements extérieurs soumet le système aux aléas de la conjoncture économique internationale. Pour optimiser l'usage de toutes les ressources financières, la mise en place d'un véritable mécanisme de gestion financière s'impose.

La formation professionnelle non formelle étant présentée, nous situerons dans la deuxième partie de notre travail, la place de celle-ci dans la promotion des ressources humaines qualifiées.

PARTIE II: LA PLACE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE DANS LA PROMOTION DES RESSOURCES HUMAINES

Tout pays a besoin de ressources humaines qualifiées pour assurer son développement socio-économique et partant le bien-être social de sa population. De là, découle la position centrale que la formation professionnelle devra occuper dans toute politique nationale de promotion des ressources humaines. Si les entreprises tirent profit des qualifications professionnelles de leurs employés, il paraît logique de porter notre regard sur les apports de ces qualifications aux individus eux-mêmes.

Dans cette seconde partie de notre étude, il s'agira particulièrement de situer la place de la formation professionnelle non formelle dans la promotion des ressources humaines burkinabè. En d'autres termes, nous analyserons les canaux par lesquels, cette branche particulière du système national de formation professionnelle, peut permettre une valorisation des personnes qui en font la demande (chapitre 1).

Au regard des difficultés relevées dans la première partie de notre travail, il est opportun de contribuer à l'amélioration de la formation professionnelle non formelle. Cela consistera à présenter des suggestions qui prennent en compte les interventions des acteurs publics ou privés en vue de l'essor d'une formation professionnelle non formelle de qualité conforme aux besoins de l'économie nationale (chapitre 2).

CHAPITRE I : La contribution de la formation professionnelle non formelle à la valorisation des ressources humaines

La valorisation des ressources humaines s'entend de leur qualification à travers l'acquisition de connaissances théoriques, de compétences professionnelles et du développement de leur savoir-être et savoir-faire, que la formation professionnelle peut leur garantir. La formation professionnelle non formelle ne saura rester en marge de cette transformation qualitative des individus. Elle ne sera efficace que si elle contribue non seulement à l'insertion socioprofessionnelle des personnes qui en font la demande, mais également au processus de socialisation de celles-ci.

Il s'agira pour nous d'analyser successivement la formation professionnelle non formelle comme un moyen de lutte contre le chômage (section1) et en tant que véritable outil de socialisation des ressources humaines (section2).

Section1 : Le rôle de la formation professionnelle non formelle dans la lutte contre le chômage

Le chômage est un déséquilibre macro-économique caractérisé par une supériorité de l'offre de travail venant des travailleurs et des chômeurs, par rapport à la demande de travail exprimée par les entreprises.

Au Burkina Faso, le chômage concerne majoritairement la frange de la population active la plus jeune : le taux de chômage est de 29,4% en milieu urbain pour les 15-24 ans et de 21,4% pour les 25-29 ans.15(*)

L'inadéquation du système d'éducation et de formation classique avec le marché de l'emploi explique en partie ces taux élevés. La formation professionnelle non formelle qui forme à des métiers, apparaît dès lors comme une porte d'entrée sur le marché de travail aussi bien pour les exclus du système classique que pour tous ceux qui n'ont jamais été à l'école et les néo alphabétisés. Pour notre part, nous envisagerons cette formation comme un moyen de résorption du chômage et du sous emploi, notamment des personnes déscolarisées, non scolarisées ou néo alphabétisées, à travers d'une part le développement de leur employabilité (paragraphe 1) et sa contribution au processus de développement socio-économique national d'autre part (paragraphe 2)

Paragraphe 1 : Le développement de l'employabilité

Le concept de l'employabilité couvre trois (3) dimensions16(*) :

- la première est la possibilité de s'insérer dans une entreprise qui a besoin des compétences professionnelles ;

- la seconde est liée à la capacité du formé de créer son propre emploi et ce grâce aux compétences acquises dans l'apprentissage d'un métier.

- la troisième concerne une plus grande efficacité et productivité dans l'exercice d'un emploi.

Les deux premières se résument à la possibilité pour les formés de s'insérer professionnellement sur le marché de travail et la troisième leur permettra de participer au développement et à la pérennisation des entreprises nationales.

A. La possibilité d'insertion socioprofessionnelle

L'inadéquation entre le système éducatif classique et le système de production explique en partie le faible niveau d'employabilité des jeunes diplômés. L'éloignement de l'enseignement technique du monde de travail rend encore moins employables les sortants de cet ordre de formation.

A la lumière des enquêtes sur les centres de formation professionnelle, menées par le programme de renforcement de la formation professionnelle (PRFP) et l'observatoire national de l'emploi et la formation (ONEF) en 200817(*) , on peut dire que la formation non formelle participe bien au développement de l'employabilité des jeunes. Cela s'explique, en premier lieu, par le fait que la plupart des filières enseignées sont propres à des métiers existants déjà sur le marché de travail. En second lieu, les types de formation mis en oeuvre dans les centres nécessitent le plus souvent un passage dans une entreprise ou un atelier : la formation initiale généralement de type résidentiel et par apprentissage, la formation en alternance, duale et modulaire. La formation résidentielle est celle qui se déroule dans un centre et pour laquelle les apprenants quittent leur lieu d'habitation habituelle durant la période de formation. Elle est pratiquée par les centres de l'Agence Nationale pour la Promotion de l'Emploi (ANPE). L'apprentissage est une formation de longue durée se déroulant pour une part importante dans une entreprise, mais aussi en complément dans un centre de formation professionnelle. La formation en alternance, quant à elle, est un mode de formation dont le principe est d'allier des périodes de formation dans un centre (formation théorique) à des périodes d'activités professionnelles (formation pratique). L'apprenant étant soit inscrit dans un centre à temps complet, soit employé dans une entreprise.

La formation duale se déroule conjointement dans un centre et dans une entreprise. L'apprenant passe plus de temps dans l'entreprise et le reste du temps dans le centre. Dans la formation modulaire, les contenus sont divisés en unité ou combinés de façon à former un programme répondant aux besoins des individus, au développement technique, à l'évolution de l'emploi. Elle permet une adaptation continue du programme de formation et concerne tous les métiers.

Ces types de formation sont de nature à favoriser l'insertion socioprofessionnelle des apprenants car ils sont plus proches du monde professionnel. Ce rapprochement des milieux de travail est susceptible d'accroître l'efficacité et la productivité des apprenants.

B. L'accroissement de l'efficacité et de la productivité

Nous convenons que la formation professionnelle est le processus d'apprentissage qui permet à un individu d'acquérir le savoir et le savoir faire (habiletés et compétences) nécessaires à l'exercice d'un métier ou d'une profession. Liée au monde du travail, elle contribue à la création d'identité professionnelle. La formation professionnelle non formelle ne saurait s'écarter de ces objectifs, d'autant plus qu'elle concerne des filières nécessitant davantage de pratique que de théorie. Ces filières de formation sont en rapport direct avec les métiers développés dans le secteur informel du Burkina Faso. La formation et le perfectionnement sont vitaux pour les jeunes travailleurs de ce secteur qui sont, pour la plupart, non alphabétisés ou peu scolarisés. Le tableau 4 renseigne sur le niveau de recrutement dans les centres et les établissements d'enseignement technique. Les niveaux de recrutement sont très faibles dans les centres, alors que dans les établissements d'enseignement technique, le niveau minimal est le primaire.

Tableau 4 : les niveaux comparés pendant le recrutement

Niveau de recrutement

Centres de formation professionnelle

Etablissement d'enseignement technique

Alphabétisé

14,4

0

Non déclaré

2

0,3

Primaire

30,8

15,2

Sans niveau

38,5

0

Secondaire 1er cycle

11

62,3

Secondaire 2nd cycle

2,9

22,2

Supérieur

0,4

0

Total

100

100

Source : ONEF, enquête sur le rendement externe des centres en 2007

Ce bas niveau de la plupart des acteurs du secteur informel limite leur capacité à améliorer leurs méthodes de production et de commercialisation ainsi que la qualité des produits et services vendus.

Pour acquérir de nouvelles compétences, la majorité de ces acteurs compte sur la formation sur le «tas» par apprentissage. La formation sur le «tas» s'adresse à de nombreux jeunes qui, pour diverses raisons se trouvent exclus du système scolaire classique et qui de ce fait, y font recours en vue d'une insertion sur le marché du travail.

Toutefois, ce type d'apprentissage demeure artisanal et incomplet. De plus, les structures de formation professionnelle formelle sont coûteuses et leurs enseignements ne sont pas conçus pour des personnes faiblement alphabétisées à fortiori non alphabétisées. La formation professionnelle non formelle devient alors un moyen adéquat pour améliorer la productivité de ces ressources humaines qui ont leur rôle à jouer dans la construction socioéconomique du Burkina Faso.

L'employabilité ne saurait être utile que si elle contribue au développement socio-économique.

Paragraphe 2: Le développement socio-économique

Pour contribuer efficacement à l'insertion professionnelle et donc à la réduction du chômage, la formation professionnelle doit être un puissant facteur de développement socio-économique. Pour ce faire, elle occupe une place de choix dans certaines politiques et stratégies de développement nationales.

Dans la politique nationale de développement du secteur privé, la formation professionnelle apparaît comme un axe stratégique pour le renforcement des capacités des entreprises. Dans ce cadre, la formation vise à assurer la qualification des chefs de petites et moyennes entreprises (PME) et des artisans en matière de gestion, d'organisation, de calcul de coût de projet et de connaissance du marché extérieur. La formation professionnelle non formelle est une formation accessible aux agents économiques évoluant essentiellement dans le secteur informel.

L'artisanat, avec plus de neuf cent soixante mille (960.000) actifs, contribue à près de trente pour cent (30%) par an au produit intérieur brut (PIB) du Burkina Faso18(*). En plus d'être un générateur de richesse, il constitue un véritable moyen de fixation des jeunes et des adultes dans les terroirs. Il participe à la valorisation des matières et matériaux locaux. C'est l'un des secteurs économiques où la formation professionnelle par apprentissage est la plus utilisée. La formation professionnelle non formelle, mieux adaptée à ce secteur, contribue à améliorer la stratégie nationale de promotion de celui-ci, en mettant l'accent sur la formation des patrons artisans et des apprentis.

Le maintien des jeunes dans les terroirs et le développement de leur employabilité par la formation professionnelle, sont implicitement pris en compte dans le processus de décentralisation. Le code de décentralisation au Burkina Faso, prévoit le transfert d'un certain nombre de compétences aux collectivités. Parmi celles-ci, il y a l'éducation, l'emploi, la formation professionnelle et l'alphabétisation. Cela permettra de disposer au plan local, de ressources humaines qualifiées, d'exploiter les compétences sur place et d'endiguer l'exode vers les grandes zones urbaines. Le tableau 5 donne une idée du nombre des formés des centres détenteurs du CQP depuis 2006.

Tableau 5 : l'évolution du nombre des admis à l'examen du CQP de 2006 à 2008

Année

Nombre de centres

Nombre de métiers

Nombre de candidats ayant composé

Nombre d'admis

Taux d'admission (%)

2006

3

3

223

165

73,99

2007

3

5

480

382

79,58

2008

5

6

893

652

73,01

Source : MJE, Direction de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage

On observe particulièrement la progression importante du nombre d'inscrits qui a augmenté de 50% à la deuxième session par rapport à la session précédente et de 100% à la troisième session. Cela traduit l'engouement et l'espoir que la certification des qualifications acquises dans les centres suscite. La conséquence à long terme est le développement économique des zones rurales et partant, la réduction du chômage et du sous-emploi des burkinabè dans ces zones.

La stratégie de développement rural, adoptée en 2003, est orientée dans ce sens d'autant plus que son principe directeur est le développement du capital humain. Elle accorde une attention particulière au renforcement des capacités des producteurs ruraux et de leur organisation à travers l'alphabétisation fonctionnelle, la formation et l'appui conseil.

Ainsi, la formation professionnelle qu'elle soit formelle ou non formelle, est un levier du développement socio-économique national et partant, un instrument stratégique pour la réduction de la pauvreté au Burkina Faso.

Le mécanisme par lequel la formation professionnelle non formelle peut contribuer à la réduction du chômage, étant élucidé, il paraît opportun d'analyser la fonction sociale de cette formation.

Section 2 : La fonction sociale de la formation professionnelle non formelle

En plus de l'acquisition des compétences professionnelle qu'elle assure, la formation professionnelle participe d'une manière générale à la socialisation non seulement des apprenants, mais également, de celui ou celle qui, confronté au problème de chômage, a perdu les points de repère qui définissent son environnement19(*). Ainsi, la socialisation est le fait de développer les rapports sociaux, de s'adapter et s'intégrer dans la vie sociale.

La spécificité des apprenants des centres de formation, liée au faible niveau scolaire de la majorité d'entre eux, renforce davantage le rôle social de cette formation professionnelle.

Nous analyserons la fonction sociale de la formation professionnelle non formelle à travers d'une part ses effets sociaux (paragraphe 1) et le développement des valeurs de travail et relations interpersonnelles d'autre part (paragraphe 2)

Paragraphe 1 : Les effets sociaux de la formation professionnelle

Au delà de ses objectifs d'acquisition de connaissances, d'habiletés, de compétences, la formation professionnelle produit un changement de comportement ou d'attitude chez les apprenants. Elle est un puissant moyen de socialisation et même de protection sociale.

A. La socialisation des apprenants

Le processus de socialisation de l'individu par la formation peut être caractérisé par trois (3) formes20(*)

Premièrement, l'effet de la formation vise à produire des individus selon un certain modèle. L'objectif de la formation est dans ce cas, de préparer les apprenants à jouer certains rôles, à se conformer à des comportements préétablis. Deuxièmement, l'effet recherché est d'outiller les apprenants pour qu'ils s'adaptent eux-mêmes, de façon volontaire, à l'environnement socio-économique. Il s'agit d'en faire des acteurs responsables de leur propre évolution. Ici l'accent est mis sur l'autonomie du formé.

Troisièmement, il s'agit d'inviter l'apprenant à se perfectionner dans le but d'agir sur son environnement et de le transformer. L'objectif poursuivi étant d'amener l'apprenant à évoluer lui-même afin de faire progresser le milieu dans lequel il est inséré. L'accent est particulièrement mis sur les changements que l'on veut provoquer dans l'environnement

B. Un moyen de protection sociale

La formation professionnelle non formelle est un moyen efficace de protection sociale, en particulier contre le travail des enfants. Le travail des enfants est l'une des préoccupations majeures en matière de protection de l'enfant en général, et, de son développement en particulier. Il constitue l'un des plus grands fléaux dans les pays en voie de développement.

Mené dans huit (8) pays francophones dont le Burkina Faso, le projet «contribuer à l'abolition du travail des enfants en Afrique» du programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC) a retenu, en plus de l'éducation, la formation professionnelle et l'apprentissage comme une alternative au travail précoce et aux pires formes de travail des enfants. Les résultats obtenus à ce jour, ont permis de confirmer que la formation professionnelle et l'apprentissage peuvent prévenir et retirer des pires formes de travail les enfants qui ne sont plus en âge d'être scolarisés ou sont déscolarisés. Ces enfants sont, pour la plupart, exclus des voies formelles d'accès à la formation. Dès lors, la formation professionnelle non formelle et l'apprentissage sont adaptés aux besoins des enfants non scolarisés ou déscolarisés, et s'adaptent à leur âge conformément aux conventions internationales. Les enfants de moins de 13 ans sont scolarisés dans le système d'éducation formelle ou non formelle avec des activités ludiques d'initiation à la technique; les enfants de 13 à 15 ans (16 ans selon les législations) ont une formation initiale professionnalisante et les enfants de 15 à 17 ans suivent une formation professionnelle ou un apprentissage avec un enseignement théorique et pratique de métier.

Dans la plupart des programmes d'actions, le jeune formé est soutenu pour trouver un stage, un emploi ou pour créer sa propre entreprise, et dans la mesure du possible, il reçoit des outils nécessaires à son installation en fin de formation.

Dans cette perspective de protection sociale, la formation professionnelle non formelle peut être un moyen d'appui au processus d'insertion sociale des enfants et des jeunes en difficultés sociale, familiale, scolaire ou même comportementale.

Les effets sociaux de la formation professionnelle étant présentés, il est opportun de porter notre analyse sur les valeurs sociales susceptibles d'être développées par la formation professionnelle.

Paragraphe 2 : Le développement des valeurs de travail et des relations interpersonnelles

Une des fonctions essentielles de la formation est la transformation des comportements au travail. La formation professionnelle permet le développement de certaines valeurs de travail. Les valeurs de travail sont des aspirations générales qui orientent les conduites professionnelles à savoir les conduites d'insertion, de changement ou d'adaptation21(*). Ces valeurs sont : la réalisation de soi, le risque, l'autonomie, le climat de travail et le statut social22(*).

Dans le contexte du Burkina Faso, comment la formation professionnelle non formelle peut-elle permettre le développement de ces valeurs chez les apprenants ou les sortants des centres ?

La réalisation de soi est éprouvée dans la créativité, la découverte, l'utilisation des ressources personnelles, l'expression de soi, la persévérance et la participation active. Durant la formation professionnelle dans les centres, les apprenants sont amenés à appliquer ce qu'ils ont appris. De cette façon, ils fabriquent des objets, réparent des machines, des véhicules etc. Ces phases pratiques sont un moyen d'expression, de créativité, de découverte et de participation active. Ils développent ainsi le sens de responsabilité durant leur apprentissage. Le risque ici, renvoie à la recherche de défis à relever, à la confrontation à des situations imprévues ou compétitives, au fait de faire preuve d'audace dans ses projets. Le souci des apprenants est de recevoir une formation de qualité permettant leur insertion professionnelle dans la vie active. Leur désir de réussir est grand. Ils sont alors motivés à affronter toutes les situations formatives. L'objectif premier de la formation professionnelle non formelle étant la promotion de l'auto emploi, la prise de risques s'impose aux sortants qui souhaitent réaliser des projets personnels ou créer leurs propres emplois. L'autonomie correspond à la recherche de l'indépendance notamment économique.

Compte tenu du faible niveau de scolarisation de la plupart des clients des centres, la formation professionnelle non formelle s'avère être le seul dispositif de formation qui puisse permettre leur insertion professionnelle et donc d'échapper au chômage et à la pauvreté. Le climat de travail, qui correspond à l'environnement de travail est très important dans l'insertion professionnelle des sortants des centres. Un climat favorable est celui qui facilite l'application des connaissances acquises et où les relations humaines sont présentes. Le statut social est caractérisé par le fait d'être considéré. Cela n'est possible que si les quatre (04) valeurs précédentes sont réalisées. En d'autres termes, la formation professionnelle non formelle permettra :

- de rendre l'apprenant autonome et confiant durant la formation afin de le préparer au marché du travail;

- de développer son sens des responsabilités après la formation et de valoriser les comportements positifs tels que l'écoule, l'ouverture d'esprit et la créativité face aux difficultés rencontrées pendant leur formation et éventuellement dans la vie courante;

- de connaître, de comprendre et d'appliquer les règles d'éthiques exigées par le métier en apprentissage, en insistant sur le travail bien fait, l'honnêteté et l'autocritique ;

- de favoriser le travail d'équipe, la qualité des communications et des relations interpersonnelles en apprentissage et au travail.

Pour réussir sa contribution à la valorisation des ressources humaines, la formation professionnelle non formelle devra être améliorée davantage.

CHAPITRE II : Les suggestions pour une amélioration de la formation professionnelle non formelle

Le système actuel de formation professionnelle non formelle fait face à de nombreuses contraintes. C'est pourquoi nous ne saurions nous contenter de les mettre en évidence sans faire des suggestions en vue de leur réduction. L'amélioration de la formation non formelle passe non seulement par le renforcement des rôles des acteurs publics et privés (section1) mais également par la mise en oeuvre d'une formation de qualité qui répond aux besoins de l'économie nationale (section2)

Section 1: Les suggestions à l'endroit des acteurs

Au Burkina Faso, les acteurs de la formation sont constitués par un ensemble de personnes physiques ou morales qui participent à la mise en oeuvre de la formation. Ces acteurs peuvent être distingués en acteurs institutionnels (Ministères et Coopérations) et en acteurs opérationnels (centres de formation, organisations professionnelles d'artisans, programmes et projets d'appui etc.)

Les interventions des différents acteurs, peu organisées, éloignent à certains moments, le fonctionnement du système des objectifs souhaités. Il est donc utile, dans une perspective de contribution à l'amélioration des interventions des acteurs, de distinguer le rôle du secteur public (paragraphe 1) de celui du secteur privé (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : Le rôle du secteur public

L'Etat demeure le garant du système national de formation professionnelle. A ce titre, le rôle qui lui incombe en matière de formation, est vaste et diversifié.

A. Les suggestions générales

Au regard des contraintes propres aux acteurs publics, nous préconisons les actions suivantes :

- La mise en place d'un cadre de concertation des différents acteurs. Si tous les dispositifs participent à la qualification de la population burkinabè, ils ne peuvent, en raison de certaines spécificités, être pilotés par une même structure. Il s'avère donc utile de veiller à la coordination de leurs interventions. Ce cadre permettra d'harmoniser les programmes, les contenus et les durées de formations.

- La mise en oeuvre et la vulgarisation d'un dispositif d'ingénierie de formation et d'ingénierie pédagogique. La première consiste à la mise en place de dispositif de formation en vue d'atteindre les objectifs fixés. Elle passe par l'analyse des besoins, la conception, la réalisation et l'évaluation, de la formation. Elle permet une optimisation des actions de formation professionnelle. La seconde vise à développer les outils didactiques et pédagogiques adaptés à un type d'apprentissage donné. Ces deux formes d'ingénieries visent à développer la qualité de la formation initiale et continue.

Avec le soutien des partenaires techniques et financiers, l'Etat devra renforcer le contrôle de la qualité de la formation professionnelle. L'Etat pourra envisager de récompenser des centres assurant une formation de qualité. En plus des métiers appris, les programmes de formation doivent concerner l'instruction des apprenants.

B. Les suggestions spécifiques

Les mesures spécifiques portent sur:

- la réduction de la disparité dans l'offre de formation. Selon l'enquête du Programme de Renforcement de la Formation Professionnelle, en août 2008, les régions du centre et des hauts bassins se repartissent plus de cinquante pour cent (50%) des centres de formation professionnelle (CFP). Cette disparité est de nature à encourager l'exode rural des jeunes en quête de formation ou d'apprentissage d'un métier. Elle rend inexploitables certaines potentialités économiques par les habitants. C'est pourquoi, nous pensons que l'Etat devra réduire la disparité d'offre de formation en ouvrant des CFP dans toutes les provinces et en encourageant les promoteurs privés dans ce sens.

Dans cette perspective, l'Etat devra prendre en compte les besoins exprimés par les populations sur la base des potentialités des différentes régions ou provinces.

- le suivi et l'encadrement des sortants des CFP. A cet effet, le Ministère de la Jeunesse et de l'emploi (MJE) avec l'appui des PTF, devra mettre en place un mécanisme approprié. Le suivi et l'encadrement des sortants des CFP seront aisés d'autant plus que les jeunes formés seront incités à s'organiser pour créer des entreprises collectives.

- la vulgarisation de la réglementation de la formation professionnelle non formelle. Cela permettra de mieux faire connaître l'encadrement juridique de cette formation. L'observation des conditions prévues dans le cahier de charges applicables aux centres privés de formation professionnelle non formelle aura incontestablement pour conséquence la meilleure organisation et gestion des centres. D'où l'intérêt de mettre en place une stratégie d'information des centres privés sur l'existence d'une formation professionnelle non formelle de qualité, respectueuse du cadre institutionnel et règlementaire en vigueur.

Avec l'appui des partenaires techniques et financiers, le Ministère de Jeunesse et de l'Emploi pourra entreprendre la formation des responsables des centres publics ou privés, aux techniques de management des organisations.

Le rôle du secteur privé est tout aussi crucial que celui du secteur public. Il importe donc de l'inclure dans la perspective de résolution des contraintes liées à la formation professionnelle.

Paragraphe 2 : Le rôle du secteur privé

Le secteur privé joue un rôle primordial dans le fonctionnement du système de formation professionnelle non formelle. Les efforts de ce secteur se mesurent aussi bien dans la création et l'ouverture des centres de formation que dans l'accueil des apprenants dans les entreprises privées pour la phase pratique de la formation et dans le financement de la formation par le biais de la taxe patronale et d'apprentissage (TPA). Ce rôle doit être renforcé.

Pour réussir leur contribution à l'insertion socioprofessionnelle des formés, les centres privés de formation professionnelle non formelle devront inclure dans leurs programmes de formation, des modules tels que la gestion d'entreprise, l'entreprenariat, la technique de recherche d'emploi, la législation du travail. Ces modules auront l'avantage non seulement de stimuler l'esprit d'entreprise chez les apprenants, mais également, ils leur permettront de connaître leurs droits et devoirs sur le marché de travail et le fonctionnement de ce dernier.

Le rôle des organismes de crédits est très important dans le processus d'insertion professionnelle des formés. C'est pourquoi, ils devront faciliter davantage l'accès aux crédits. Pour ce faire, ils pourront, comme le FAIJ, accepter la garantie morale. Cette dernière consistera pour le jeune demandeur de prêts, de se faire accompagner par un mentor ou un parrain, c'est-à-dire une personne bien connue, digne de confiance et dont le rôle sera de conseiller, suivre le jeune promoteur dans la mise en oeuvre de son projet et sa gestion.

Le rôle des centres privés de formation professionnelle non formelle devra aussi être la recherche d'une formation de qualité. La formation est un service dont il faut assurer la qualité. Cette question de qualité est aujourd'hui la préoccupation de tous acteurs sérieux de la formation. Si pour les clients, la formation professionnelle apparaît comme un investissement qu'il convient de rentabiliser, pour les centres de formation, la qualité est un critère de différenciation sur un marché de plus en plus concurrentiel.

L'évaluation des effets de la formation est une composante nécessaire de cette recherche de qualité. Il est donc temps que les responsables des centres développent la culture d'une évaluation de leurs actions de formation. Dans cette nouvelle dynamique de la formation, les cabinets d'ingénierie de formation auront un rôle à jouer car il leur revient, d'apporter des conseils aux différents centres qui en auront besoin.

Les entreprises privées ont beaucoup à gagner en participant au processus de formation des ressources humaines. Elles ne doivent plus rester passives et attendre que le système de formation mette sur le marché des profils d'employés dont elles n'ont pas nécessairement besoin. C'est pourquoi, en accord avec les centres de formation non formelle, les entreprises privées doivent mieux participer à la recherche d'une formation de qualité, en accueillant davantage de stagiaires et en proposant aux centres, des filières de formation et des profils d'employés dont elles auront réellement besoin. Pour combler en partie la faible collaboration entre les centres et les entreprises, les responsables de centres privés devront recruter des formateurs issus des milieux professionnels. Le contact avec ces professionnels aura l'avantage de permettre aux apprenants de partager les expériences professionnelles de leurs enseignants et d'être d'avance avisés sur certaines questions de terrain professionnel. Ce partenariat entre les entreprises et les centres de formation sera largement abordé dans la section suivante du présent chapitre.

Section 2: L'amélioration de la qualité de la formation professionnelle

Le Burkina Faso ne pourra relever le défi du développement socioéconomique par le biais du capital humain, que si son système de formation est de qualité et tient compte des besoins de l'économie nationale. Pour réussir ce pari, il importe de renforcer la coopération entre les centres et les entreprises nationales (paragraphe1). Le renforcement de ce partenariat en particulier et le fonctionnement du système en général passent nécessairement par le renforcement des ressources humaines, matérielles et financières (paragraphe 2)

Paragraphe 1 : Le renforcement de la coopération entre les centres de formation professionnelle non formelle et les entreprises nationales

La coopération entre les centres et les entreprises est un gage du rapprochement des apprenants du monde professionnel. C'est en raison de ce constat que nous suggérons le renforcement de cette coopération à plusieurs niveaux.

A. Au niveau de la nature de la coopération

La participation des entreprises à la création des filières de formation professionnelle doit être totale. Il s'avère utile pour les structures de formation de renforcer leurs rapports avec les milieux professionnels qui contribueront à la définition des programmes et procédés pédagogiques en fonction de leurs besoins de formation. La coopération doit également concerner le perfectionnement des formateurs, sous forme de stages en entreprise. La dynamique de cette coopération doit prendre en compte le financement de certains projets des centres par les entreprises partenaires.

B. Au niveau de la conduite des formations

Le rôle qu'une entreprise peut jouer dans la mise en oeuvre d'une formation professionnelle est fort utile. Le centre assure la formation théorique alors que l'entreprise servira de lieu d'application des enseignements reçus dans le centre. Les passages dans ces deux lieux sont complémentaires. Il est donc nécessaire d'instaurer des flux d'échanges entre les professionnels des entreprises et les formateurs des centres, dans la détermination des choix pédagogiques des centres.

C .Au niveau de la conduite des stages

Les périodes de stages sont des phases très importantes dans la formation professionnelle des apprenants des centres car elles correspondent au moment où les apprenants sont en rapport direct avec le monde du travail. Cependant, s'ils sont mal conduits, les stages peuvent entraîner des déconvenues.

Le plus souvent, les responsables des centres négocient avec les entreprises pour le stage des élèves. Il n'existe donc pas dans ces cas, des conventions libellées sous la forme de contrat de partenariat liant les deux parties. Les entreprises n'ont, de ce fait, que l'obligation morale envers les institutions de formation. Le nombre des élèves en formation augmentant et les possibilités d'accueil s'amenuisant, les négociations deviennent difficiles. Pour reduire ces difficultés, nous préconisons la création dans les centres, d'un poste de chargé des relations formation-entreprise dont la fonction principale sera de trouver des stages pour les apprenants et d'analyser les besoins de formation exprimés par les entreprises. Pour donner un caractère obligatoire au stage, il convient de mettre en place des conventions sous la forme de contrat de partenariat entre les centres et les entreprises nationales. Ce contrat définira en fonction des capacités d'accueil des entreprises, le nombre d'élèves à recevoir et la durée du stage.

Paragraphe 2 : Le renforcement des ressources

Le fonctionnement de tout système de formation nécessite principalement la mobilisation de trois (3) types de ressources dont les emplois sont indissociables : les ressources humaines, les ressources matérielles et les ressources financières.

A. Les ressources humaines

Comme nous l'avons souligné au titre des limites du système actuel de formation professionnelle non formelle, le déficit en personnel formateur et d'encadrement, handicape sérieusement le système. Il est utile de combler ce déficit quantitatif et ce, de façon qualitative. Pour ce faire, les actions suivantes nous semblent opportunes :

- La mise en oeuvre de structures adéquates de formation de formateurs et d'encadreurs pédagogiques. Cela vise à asseoir un dispositif de formation de personnel d'encadrement et de maîtres d'apprentissage pour les centres à caractères non formel. Ces structures pourront également être adaptées à la formation continue ou au recyclage des personnels formateurs des centres afin de leur permettre d'acquérir de nouvelles compétences liées à de nouvelles filières ;

- Il convient aussi de rendre le dispositif de recrutement des personnels flexible car sa rigidité est susceptible de restreindre le recrutement de personnel.

B. Les ressources matérielles

L'absence ou l'insuffisance d'équipements constituent également un véritable handicap des centres de formation professionnelle non formelle. La disponibilité du matériel didactique et technique est très importante pour assurer une formation de qualité. En plus de salles de cours théoriques, un centre de formation doit disposer de:

- équipements didactiques qui constituent des moyens matériels d'aide aux enseignements théoriques et de démonstration. Il s'agit essentiellement de tableaux muraux, de rétroprojecteurs, d'ordinateurs, de maquettes de démonstration ;

- équipements techniques comprenant généralement de gros matériels (machine, appareils divers) et de petits matériels (outillage);

- matières d'oeuvre qui sont des matières transformées ou détruites dans le processus de production de biens consommables. Il s'agit par exemple du bois utilisé dans la menuiserie du bois pour la confection de tables, de portes.

C. Les ressources financières

Les ressources financières sont tout aussi importantes que les deux premières catégories de ressources. La formation des formateurs et des encadreurs pédagogiques et l'achat d'équipements occasionnent une mobilisation de ressources financières.

Dans un pays comme le Burkina Faso, où tous secteurs sont presque prioritaires, les ressources recueillies au titre de la Taxe Patronale et d'Apprentissage (TPA) ne sont pas entièrement affectées à la formation professionnelle. Il est donc nécessaire de mettre en place un véritable mécanisme de financement de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Ce mécanisme doit rompre avec l'unicité de caisse. Pour y arriver, l'Etat pourra mettre en place une structure autonome pour sa gestion, en dehors du trésor public, et chargée de collecter la TPA puis de la redistribuer dans le système de formation professionnelle.

Conclusion

Cette seconde partie de notre étude nous aura permis de situer la place de la formation professionnelle non formelle dans la promotion des ressources humaines au Burkina Faso. Il convient de retenir que divers canaux permettent à ce type de formation professionnelle de répondre à la problématique d'insertion socioprofessionnelle d'une frange importante de la population, constituée essentiellement de personnes déscolarisées ou néo-alphabétisées ou n'ayant jamais été à l'école.

En effet, la formation professionnelle non formelle peut participer à la valorisation de ces ressources humaines, si l'on développe leurs capacités intellectuelles et aptitudes professionnelles, et si l'on lui assure un rôle social à travers l'insertion socioprofessionnelle des jeunes en situation sociale difficile et sans un bon niveau scolarisation.

CONCLUSION GENERALE

La situation économique, très peu favorable à l'absorption des sortants du système classique de formation et d'éducation, entraînera encore plus de chômage au niveau de la frange jeune de la population burkinabè. La faible employabilité des formés, liée particulièrement à l'inadéquation entre le système de formation et d'éducation actuel et le marché de l'emploi, fera que le chômage des jeunes va continuer à se développer. Le chômage, couplé à la pauvreté, occasionne une demande sociale de plus en plus importante de formation professionnelle. Cependant, les contre-performances de l'enseignement technique, dues en partie à son éloignement du monde professionnel, ont fait émerger une nouvelle catégorie de formation professionnelle dite « non formelle », offerte en majorité par les centres de formation de l'Agence Nationale pour la Promotion de l'Emploi (ANPE) et ceux des promoteurs laïcs ou confessionnels

Aujourd'hui, la formation professionnelle non formelle apparaît comme le recours privilégié de qualification professionnelle et donc de valorisation d'une grande partie de la population active et plus singulièrement des personnes exclues du système formel de formation et même des personnes sans niveau de qualification. Elle contribue, à coté de la formation formelle, à la promotion de ces personnes par le truchement de leur qualification professionnelle et à leur employabilité. Dès lors, elle favorise leur insertion socioprofessionnelle et assure leur épanouissement et bien être social.

Ainsi, notre hypothèse principale selon laquelle la formation professionnelle non formelle est un moyen de valorisation des ressources humaines, est avérée. Cet objectif majeur ne saura être durablement atteint que si les nombreux acquis et expériences sont capitalisés et les obstacles à l'émergence d'une formation professionnelle de qualité dégagés.

Notre première hypothèse spécifique, qui admet l'existence d'acquis et d'expériences au plan institutionnel, règlementaire et pédagogique, en matière de formation professionnelle non formelle, est aussi corroborée. Au plan institutionnel, plusieurs acteurs, notamment les coopérations et tous les autres partenaires techniques et financiers ont soutenu et continuent d'appuyer la formation professionnelle en général et la formation professionnelle non formelle en particulier. Le cahier de charges applicables aux centres privés non formels traduit un début à l'encadrement juridique de la formation professionnelle non formelle. Une application rigoureuse des dispositions du cahier de charges permettra au Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi (MJE) d'asseoir une organisation de tous les opérateurs privés de centres, c'est-à-dire les promoteurs individuels, les associations, les organisations non gouvernementale (ONG) intervenant dans la formation professionnelle.

La diversification des modes et des types de formation dans les centres non formels est la preuve d'une certaine expérience du Burkina Faso en matière de formation professionnelle non formelle. Ces acquis pédagogiques sont renforcés par l'émergence de nouvelles filières de formation à travers les treize (13) régions du pays. En outre, depuis la création du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi (MJE) en 2006, le système de formation professionnelle non formelle a connu une avancée considérable dans la reconnaissance et la valorisation des qualifications professionnelles. Aujourd'hui, le dispositif de certification professionnelle demeure un acquis important en matière de formation professionnelle non formelle. Son impact sera d'autant plus grand que si elle concerne un plus grand nombre de filières et de centres de formation. Toutefois, sa mise en oeuvre doit obéir à une certaine rigueur afin d'avoir un dispositif performant.

Les insuffisances qui minent le système actuel de formation professionnelle non formelle sont essentiellement d'ordre institutionnel, organisationnel, pédagogique et financier.

Au plan institutionnel, les limites sont l'insuffisance et la forte disparité de l'offre de formation à travers tout le pays. La gestion de plusieurs centres demeure artisanale du fait de leur faible organisation administrative et matérielle. Les limites pédagogiques sont essentiellement liées au faible développement de certaines filières, notamment sylo-agropastorales et industrielles, qui sont pourtant vitales dans une économie principalement agricole. L'absence de subvention publique des centres privés handicape plusieurs d'entre eux. Face à une demande sociale de plus en plus forte, les structures d'accueil n'arrivent pas à satisfaire les besoins de qualifications professionnelles de tous les demandeurs. Cela nous permet de confirmer la seconde hypothèse spécifique selon laquelle les obstacles à l'émergence d'une formation professionnelle non formelle de qualité sont principalement de type institutionnel, organisationnel, pédagogique et financier.

L'importance de la formation professionnelle en général et de la formation professionnelle non formelle en particulier en tant que levier et moteur de développement économique et social n'est plus à démontrer. Il convient dans le contexte du Burkina Faso, de valoriser le capital d'expériences accumulé grâce aux différents acteurs et partenaires techniques et financiers. Dans un pays comme le Burkina Faso où de nombreux jeunes et adultes sont peu alphabétisés et constituent une population active considérable, la formation professionnelle non formelle demeure mieux adaptée pour leur qualification professionnelle. Sa raison d'être s'avère donc incontestable. Son caractère non formel n'affecte en rien sa capacité de développer une main d'oeuvre qualifiée et compétente.

Il n'est pas question de concevoir l'enseignement technique et la formation professionnelle non formelle comme des secteurs concurrentiels. Ces deux types de formation visent certainement l'insertion socioprofessionnelle des individus qui s'y réfèrent, bien qu'ils ne concernent pas toujours les mêmes cibles et filières : le premier s'intéresse à des jeunes encore dans le système éducatif alors que le second touche un public plus large et pas nécessairement dans le système scolaire.

Les défis majeurs qui se posent à ce sous secteur du système national de formation professionnelle, sont liés à l'extension de son système de certification et la valorisation par les sortants des centres, sur le marché de l'emploi, des titres professionnels qu'ils auront acquis par le biais de la certification professionnelle.

Compte tenu de la demande sociale croissante et pressante de la certification des qualifications professionnelles, il devient impérieux d'être rigoureux dans l'extension du mécanisme de certification afin de lui garder toute sa crédibilité.

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages

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16. Secrétariat général du Gouvernement, journal officiel N° 302003 du 24 juillet 2003

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Mémoires

20. TAPSOBA Hamado, l'encadrement juridique de l'enseignement supérieur privé au Burkina Faso, 2005, cote M-A-2005-45 TAP, mars 2005

21. ZONGO Yolande Marie Cécile, la formation professionnelle comme enjeu de développement des ressources et d'entreprise : cas de l'ONATEL, cote M-A-2004 ZON, mars 2004

22. ONADJA Blandine épouse OUOBA, la formation professionnelle et l'emploi au Burkina Faso : cas du centre de formation professionnelle de Fada, cote M-A-2006-59 OUO, mars 2006

Entretiens réalisés auprès de :

? LOMPO Bernard, chef de centre régional de formation professionnelle du centre

? GUERE Boukary Roger, directeur de la formation professionnelle et de l'apprentissage au MJE

? COULIBALY Jean Martin, chargé de programme et de la formation professionnelle, Coopération Autrichienne

? YOMPONI François Xavier, chef du centre provincial de formation professionnelle de l'ANPE du Kadiogo

? GANOU Gnimby, enseignant vacataire à l'Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature

? NANA Firmin, sociologue à l'ONEF

Table des matières

Avertissement................................................................................................I

Dédicace....................................................................................................II

Remerciement...........................................................................................III

Sigles et Abréviations......................................................................................IV

Liste des tableaux.......................................................................................V

Sommaire 1

Introduction générale 2

PARTIE I: LA SITUATION DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE AU BURKINA FASO 7

Chapitre I : L'encadrement institutionnel et juridique de la formation professionnelle non formelle 8

Section 1 : Le cadre institutionnel de la formation professionnelle non formelle 8

PARAGRAPHE 1 : LE DISPOSITIF INSTITUTIONNEL DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE DANS LE SECTEUR PUBLIC 8

A. les structures centrales 8

B. les centres publics de formation professionnelle non formelle 9

PARAGRAPHE 2 : LE DISPOSITIF INSTITUTIONNEL DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE DANS LE SECTEUR PRIVE 9

Section 2: L'encadrement juridique de la formation professionnelle non formelle 11

PARAGRAPHE 1 : LA RÉGLEMENTATION DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE PUBLIQUE 11

A. Les centres de formation professionnelle de l'ANPE 11

1. Les attributions des centres régionaux de formation professionnelle 12

2. Les attributions des centres spécialisés 12

B. Les commissions chargées de la certification de la formation professionnelle non formelle 12

PARAGRAPHE 2 : LA RÉGLEMENTATION DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE DANS LE SECTEUR PRIVÉ 13

A. Le cahier de charges applicables aux centres privés non formels 13

B. Le cadre législatif de la formation professionnelle non formelle 14

Chapitre II: Les contraintes du systeme national de la formation professionnelle non formelle 16

Section 1 : Les contraintes propres aux acteurs 16

PARAGRAPHE 1 : LES LIMITES PROPRES AU SECTEUR PUBLIC 16

A. L'absence d'une coordination efficace des interventions des acteurs 16

B. Le déficit de personnel formateur et d'encadrement 17

C. La reconnaissance des qualifications professionnelle 18

PARAGRAPHE 2 : LES LIMITES PROPRES AU SECTEUR PRIVÉ 20

A. La non maîtrise du marché de la formation professionnelle 20

B. La faible implication des entreprises nationales 21

C. La faible coopération des centres privés avec les entreprises 21

Section 2 : Lesdifficultés liées à la situation économique nationale et internationale 22

PARAGRAPHE 1 : LA CAPACITÉ D'ABSORPTION DES SORTANTS DES CENTRES DE FORMATION 23

A. L'insertion sur le marché du travail 23

1. Le secteur rural 23

2. Le secteur moderne 24

3. Le secteur informel 24

B. L'auto emploi 24

1. Le niveau des sortants des centres en entreprenariat 25

2. Les actions initiées en faveur de l'auto emploi 25

PARAGRAPHE 2 : LE FINANCEMENT DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE 26

A. Le financement de la formation professionnelle par la taxe patronale et d'apprentissage (TPA) 26

B. Les frais de scolarité dans les centre 27

C. Les autres sources de financement de la formation professionnelle 28

1. Le fonds d'appui à la formation professionnelle et à l'apprentissage (FAFPA) 29

2. Les partenaires techniques et financiers (PTF) 29

PARTIE II: LA PLACE DE LA FORMATIONPROFESSIONNELLE NON FORMELLE DANSLA PROMOTION DES RESSOURCES HUMAINES 31

Chapitre I : La contribution de la formation professionnelle non formelle à la valorisation des ressources humaines 32

Section1 : Le rôle de la formation professionnelle non formelle dans la lutte contre le chômage 32

PARAGRAPHE 1 : LE DÉVELOPPEMENT DE L'EMPLOYABILITÉ 33

A. La possibilité d'insertion socioprofessionnelle 33

B. L'accroissement de l'efficacité et de la productivité 34

PARAGRAPHE 2: LE DÉVELOPPEMENT SOCIO-ÉCONOMIQUE 36

Section 2 : La fonction sociale de la formation professionnelle non formelle 38

PARAGRAPHE 1 : LES EFFETS SOCIAUX DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE 38

A. La socialisation des apprenants 38

B. Un moyen de protection sociale 39

PARAGRAPHE 2 : LE DÉVELOPPEMENT DES VALEURS DE TRAVAIL ET DES RELATIONS INTERPERSONNELLES 40

Chapitre II : Les suggestions pour une amélioration de la formation professionnelle non formelle 42

Section 1: Les suggestions à l'endroit des acteurs 42

PARAGRAPHE 1 : LE RÔLE DU SECTEUR PUBLIC 42

A. Les suggestions générales 42

B. Les suggestions spécifiques 43

PARAGRAPHE 2 : LE RÔLE DU SECTEUR PRIVÉ 44

Section 2: L'amélioration de la qualité de la formation professionnelle 46

PARAGRAPHE 1 : LE RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION ENTRE LES CENTRES DE FORMATION PROFESSIONNELLE NON FORMELLE ET LES ENTREPRISES NATIONALES 46

A. Au niveau de la nature de la coopération 46

B. Au niveau de la conduite des formations 47

C .Au niveau de la conduite des stages 47

PARAGRAPHE 2 : LE RENFORCEMENT DES RESSOURCES 47

A. Les ressources humaines 48

B. Les ressources matérielles 48

C. Les ressources financières 49

Conclusion générale 50

Bibliographie 53

Annexes 58

ANNEXES

Annexe 1 : Les filières ou métiers concernés par la formation professionnelle non formelle

Annexe 2 : Les attributions de la Commission Nationale de la Certification et des Programmes de Formation (CNC-PF)

Annexe 3 : Le cahier de charges applicables aux centres de formation professionnelle non formelle

Annexe 4 : Les attributions du Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage (FAFPA)

* 1 PRFP, état des lieux des centres de formation professionnelle, août 2009

* 2 Guy le Boterf, Paul DUPOVEY, François VIALLET, l'Audit de la formation professionnelle, éditions des Organisations, 1987.

* 3 Définition de l'UNESCO, citée par le lexique de la formation professionnelle du MJE

* 4 Les arrêtés numéros 006, 007 et 008, tous provenant du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi , datés du 13 décembre 2006 et portant autorisation définitive d'ouverture de centres privés de formation professionnelle non formelle, ont respectivement autorisé l'ouverture de douze (12), trois (3), dix sept (17) centres.

* 5 Le MJE, le lexique de la formation professionnelle, décembre 2007

* 6 PRFP, état de lieux des centres de formation professionnelle hors ANPE

* 7 ONEF, rapport de recensement des CFP, mars 2008

* 8 PRFP, état des lieux des CFP hors ANPE, août 2008

* 9 Le MJE, la PNE

* 10 Idem

* 11 Le MJE, la politique nationale de l'emploi (PNE), adoptée en mars 2008

* 12 PRFP, état des lieux des centres de formation professionnelle (hors centres ANPE)

* 13 Journal officiel N°302003 du 24 juillet 2003

* 14 Boubacar KANE, Ambroise Bakyono, rapport de la mission de pre-formulation du projet de la formation professionnelle élémentaire, mandaté par le Lux-developpement, 2005

* 15 Le bilan de mise en oeuvre des actions prioritaires du Cadre Stratégique de Lutte contre La pauvreté (CSLP), le Ministère de l'Economie et des Finances, 2007

* 16 La politique nationale de l'emploi, le Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi, 15 mai 2008

* 17 Recensement des centres de formation professionnelle, ONEF, mars 2008 ; Etat des lieux des centres de formation professionnelle, PRFP, août 2008.

* 18 La Politique Nationale d'Enseignement et de Formation Techniques et Professionnels, commission technique, juin 2008.

* 19 Jeunes chômeurs et formation professionnelle, Jocelyne ROBERT, éditions harmattan, 1996. Page 171

* 20 Guide pratique du formateur, Didier NOYE, Jacques PIVETEAU, éditions INSEP CONSULTING, octobre 2000.

* 21 Management des personnes, Claude LEVY-LEBOYER, éditions des organisations, 2006.

* 22 Conclusion de recherches conduites en France, au Québec et en Italie par Person, Fraccaroli, Corbière, Gelpe en 2004.






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