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Le discours religieux en Tunisie: L'exemple de la communauté juive

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par Sadek MTIMET
Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis ( Université Al-Manar) - Master en sciences poltiques 2007
  

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A - Critique des fondements du nationalitarisme

S'opposant au discours assimilationniste d'une frange de l'élite juive tunisienne qui prônait l'extension de la juridiction française à toute la Communauté juive en Tunisie, le groupement Les Jeunes tunisiens, avait lui aussi une forte opposition à cette demande et avait proposé un programme de réorganisation de la justice pour l'ensemble des Tunisiens, musulmans et juifs, fondé sur le principe de la séparation des pouvoirs judiciaire et administratif ( 4 ) . Mais toujours est-il , une inquiétude demeurait exprimée par l'élite juive sur leur situation et leur

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(1) Cohen-Hadria E., Du protectorat français à l'indépendance tunisienne , souvenirs d'un témoin socialiste . Nice : Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine , 1976, p.20 . (2) Goldstein D., Libération ou annexion , aux chemins croisés de l'histoire tunisienne -Tunis : MTE, 1978, p.360 (3) Valensi L., "Espaces publics , espaces communautaires aux XIX et XX siècles " Confluences Méditerranée ,1994, n°10, p.104. (4) Bach-Hamba M., La justice tunisienne, Imprimerie Nationale , Genève, 1917, p.20.cité par Rahmouni K., Info juridiques, n°4/5-juin 2006,p.32

statut dans le nouvel Etat à construire où l'islam constitue un tout qui absorbe la croyance, le culte et le droit . Gaston Smaja, un membre de cette élite, affirmait en 1925, s'adressant à un militant tunisien musulman qui lui reproche son francisation : " Que feront-ils donc les juifs tunisiens dans le nouvel Etat musulman ? Puisque nationalité et religion ne font qu'un " ( 1 )

Malgré l'abandon, à travers le Pacte fondamental de 1857 et la constitution de 1861, de la conception classique de la nationalité en droit musulman, considérant comme sujets tunisiens les musulmans ainsi que les juifs résidant dans la Régence, le mouvement national ( le Parti libéral constitutionnel ) adopte en 1920 une argumentation juridique religieuse, basée sur les préceptes de l'islam, pour réfuter la thèse de la naturalisation . Pour l'élite musulmane, nationalité et religion se confondaient pour ne former qu'une seule chose : l'Umma . Alors, ce système de normativité constituait un enjeu de contestation du pouvoir colonial et un levier de lutte nationale ( 2 ) . Mais cette démarche n'a pas été partagé par l'élite juive de l'époque où une partie d'elle s'était jointe à l'élite musulmane pour discuter des revendications à formuler concernant l'avenir du pays .

En dehors des assimilationnistes et des sionistes, l'élite juive éprouve une certaine sympathie vis-à-vis du nationalisme tunisien dans la mesure où il réclame plus de liberté et d'égalité et de participation dans "la gestion des affaires du pays ". Mais elle s'opposait au nationalisme en tant qu'idéologie considérée comme une source d'exaltation des différences . Elle reproche essentiellement au nationalisme tunisien de ne pas être laïc, c'est-à-dire séparant le religieux du politique, et de s'appuyer sur la tradition islamique, revendiquée comme élément d'unité nationale. En effet, " la conscience nationale des Tunisiens se confond avec la conscience religieuse, de sorte que patriotisme et religion ne font qu'un dans le coeur des Tunisiens musulmans "(3 ) C'est précisément en raison de cette fusion que les juifs tunisiens se sentaient rejetés en dehors de la conscience nationale tunisienne. Ce nationalisme tunisien refuse aux juifs le droit de revendiquer la nationalité française et les considère comme des sujets perpétuels du Bey et non comme des êtres libres d'adopter une autre citoyenneté qui les traite sur un pied d'égalité et non comme des protégés, des dhimmi-s

L'attitude des nationalistes tunisiens inquiétaient l'élite juive à tel point que Gaston Smaja, chef de file des assimilationnistes, s'adressa aux nationalistes en ces termes : " Vous réclamez une Constitution ! Affirme-t-elle la laïcité de l'Etat tunisien et l'accès de tous sans distinction de religion à toutes les fonctions de l'Etat, même au poste de Premier ministre, même aux postes judiciaires ? " (4 )

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(1) Journal "L'Avenir social" , Tunis du 26 avril 1925 , cité par Allagui A., op cit, P.207 (2)Allagui A., op cit, p.207. (3) Nataf C., "La tentation de l'assimilation française " in Fellous S., Dir. de , op cit , p.216. (4) (1) Nataf C., op cit , p.226 .

Outre le fondement religieux du nationalisme tunisien et l'exaltation de la haine d'autrui, les juifs anticolonialistes critiquaient le mouvement national dans son action politique

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