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Les fondements ontologiques de la liberté dans l'etre et le néant de Jean-Paul Sartre

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par Jean-Merci ENDJIKESSE
Grand Séminaire Spiritain International Père Daniel BROTTIER de Libreville - Licence 2009
  

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INTRODUCTION

Lorsqu'on ose réfléchir sur la difficile question de la liberté, il est d'usage de critiquer les

diverses formes de déterminisme. Mais lorsqu'on entreprend d'établir que l'homme est libre, on n'explique pas souvent ce que c'est qu'etre libre. « Bien plus, on suggère, sans y prendre garde, que la liberté consiste dans le simple fait de n'etre pas déterminé »1. Or, la liberté elle-même est un concept complexe et sa définition n'est pas univoque ; elle varie selon les penseurs et les courants philosophiques.

Ainsi, l'existentialisme sartrien, l'un des courants philosophiques qui mettent un accent particulier sur l'existence humaine, place à sa manière la question de la liberté au coeur de son projet philosophique. Le principe selon lequel « l'existence précède l'essence » se trouve être un credo qui rapproche tous les existentialistes. Mais la suppression de la transcendance constitue pour certains le point de désaccord. C'est ainsi que le courant existentialiste apparaît en deux tendances différentes : d'une part l'existentialisme chrétien représenté par Gabriel Marcel et l'existentialisme athée farouchement défendu par Jean-Paul Sartre d'autre part. Avec l'existentialisme chrétien, notamment chez Pascal, l'homme fait l'expérience de l'absence d'un Dieu caché qui laisse encore des signes aux hommes pour les orienter dans leurs actions. Or, avec l'existentialisme athée de Sartre, l'expérience de l'absence de Dieu que l'homme fait est totale. L'homme devient, de ce fait, conscient d'etre lui-même le seul législateur de son tableau de valeurs.

Sartre appréhende l'homme comme une existence sans essence, sans détermination préalable, ni quant à sa constitution, ni quant aux règles de son action. Il est donc absolument libre et responsable de son destin. La question qu'on peut se poser est celle de savoir si ce qui compte chez Sartre c'est de faire de l'homme une liberté ontologique s'arrachant à « l'en-soi » de la réalité, de la situation sociale ou historique ; comment ce projet individuel va s'ériger en principe général pour prendre en compte l'ensemble de l'humanité ? Autrement dit, si c'est chacun qui décide à chaque instant du sens et de la valeur de toutes choses, est il possible de se mettre d'accord sur un projet collectif ?

Quel avenir

pour un homme sans valeur aucune, condamné à l'individualisme par rapport à la dignité de la personne humaine que Sartre déclare en même temps vouloir sauver ? Si être libre signifie absence de toutes contraintes extérieures pouvant déterminer ou orienter l'action de l'homme, en quel sens peut-on parler de morale dans la pensée de Sartre ? Et s'il y avait une

1 J. BARTHELEMY, Structure et dimensions de la liberté, Ed. De l'école, Paris, 1956, p. 7.

morale chez Sartre, sur quoi est-elle fondée ? Ce sont ces questionnements qui orienteront notre réflexion. D'abord, en vue d'établir le point de vue de Sartre selon lequel « la liberté c'est l'être de l'homme », nous devons, dans un premier temps, procéder à l'analyse de ce que Sartre appelle "l'être" dans son rapport avec le "néant" et mettre au jour les caractéristiques de celui-ci ; dans un second temps, nous étudierons les implications des rapports de "l'être" avec "autrui", et nous aborderons, enfin, la question du fondement de "la liberté" qui constitue le point principal de notre travail, question qui nous amènera, évidemment, à examiner la conception sartrienne de la morale.

3

I. LE RAPPORT ENTRE L'ETRE ET LE NEANT

En philosophie, depuis les présocratiques jusqu'aux contemporains comme Heidegger, Sartre, l'rtre n'est pas défini comme une matière brute, comme un étant. Sa véritable nature est une réalité cachée que nous pourrons "présenter et supposer" dans un étant mais dont nous ne pouvons avoir la saisie complète puisque « l'être est au-delà des conditions matérielles de l'existence sensible » dit Heidegger2.

Dans cette perspective, nous comprenons que si nous ne parvenons pas à posséder l'rtre, c'est parce qu'il est fuyant, qu'il nous échappe, autrement dit, il est "négation" c'est-àdire qu'il est en mrme temps absent et présent. C'est cet aspect de l'rtre que nous allons faire apercevoir dans les lignes qui suivent.

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