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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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PLAN SYNTHETIQUE

Partie 1

La notion de festival : entre échange légitime et tentative d'instrumentalisation p.7

Chapitre 1

Un rapport inhérent au contexte local p.10

I) L'impact du contexte local sur le festival p.10

II) Les retombées d'un festival sur le contexte local p.35

Chapitre 2

Un échange qui peut être instrumentalisé en retour ? p.56

I) Le festival : un outil de promotion au service des collectivités territoriales ? p.56

II) Tentative d'instrumentalisation de la notion de festival par les directeurs de festival ? p.74

Partie 2

Proposition d'une formuLe festivaLière : Le festivaL Chroniques Nomades et L'évoLution
du contexte cuLtureL en France
p.96

Chapitre 1

Une interaction au contexte LocaL nécessaire pour une Légitimité territoriaLe, artistique et cuLtureLLe du festivaL Chroniques Nomades p.97

I) Le contexte du festivaL Chroniques Nomades p.97

II) Quand ce contexte évoLue... p.120

Chapitre 2

ELéments d'action mis en pLace face à une possibLe perte de La notion

de festivaL p.133

I) La pérennisation appuie La Légitimité du festivaL p.133

II) Préconisations apportées à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France et du festivaL Chroniques Nomades : outiLs de différenciation, de Légitimation et de pérennisation du festivaL p.147

Introduction générale

IL faut attendre Le miLieu des années quatre-vingt dix pour que soient réaLisées Les premières études portant sur Les festivaLs. En effet, jusqu'aLors peu étudiés, méconnus et souvent sous-évaLués quant à Leurs intérêts cuLtureLs, iLs subissent aujourd'hui d'importantes mutations et font face à de grandes interrogations.

Notre étude se porte en 2006, à L'aube d'un été où La France va encore une fois affirmer sa nature féconde en matière de festivaLs, événements qui, toutes discipLines confondues, se succèdent par centaine sur L'ensembLe du territoire, attirant des miLLions de spectateurs, qu'iLs soient français ou touristes étrangers. Cette année 2006 est égaLement L'occasion de fêter L'anniversaire des queLques festivaLs français Les pLus anciens, comme Le soixantième anniversaire du Festival d'Avignon1, Les cinquante-huit ans du Festival d'Art lyrique d'Aix-en-Provence2, Le trente-sixième anniversaire du Festival Interceltique de Lorient3 et des Rencontres Internationales de la Photographie en ArLes4, Les trente-deux ans du Festival Internationale de la Bande Dessinée d'AngouLême5 et Le trentième anniversaire du festivaL Jazz in Marciac6, pour n'en citer que queLques uns...

Existe-t-iL une définition unique capabLe de traduire L'ensembLe de ces phénomènes cuLtureLs ? IL sembLe qu'iL en existe pLusieurs : ainsi, Le Petit Larousse définit Le festivaL comme une « tenue périodique de manifestations artistiques appartenant à un genre donné et se déroulant habituellement dans un endroit précis»7. Pour Le Ministère de La CuLture et de La Communication, iL est « une manifestation où la référence à la fête, aux

1 Site du Festival d'Avignon, http://www.festivaL-avignon.com/index.php?Lg=fr, consuLtation Le 15 novembre 2006.

2 Site du Festival d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence, http://www.festivaLaix.com/index.php?Page=Louverture&Rubrique=Lhistorique, consuLtation Le 15 novembre 2006.

3 Site du Festival Interceltique de Lorient, http://www.festivaL-interceLtique.com/?nav=B, consuLtation Le 15 novembre 2006.

4 Site du festivaL Les Rencontres d'Arles, http://www.rencontresarLes.com/pages/menudyn.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

5 Site du Festival International de la Bande Dessinée, http://www.bdangouLeme.com/histoire/index.ideaL?action=histoire, consuLtation Le 15 novembre 2006.

6 Site du festivaL Jazz in Marciac, http://www.jazzinmarciac.com/index1.asp, consuLtation Le 15 novembre 2006.

7 Le Petit Larousse illustré 2001, Larousse, page 428.

réjouissances éphémères, événementielles et renouvelées s'inscrivent dans la triple unité de temps, de lieu et d'action »8. IL est intéressant de souLigner égaLement La définition donnée par Luc Benito dans un de ses ouvrages9 : « Le festival est une forme de fête unique, célébration publique d'un genre artistique dans un espace temps réduit » 10.

IL s'apparente avant tout à un événement cuLtureL, soit une situation ou occasion « exceptionneLLe » de voir se réaLiser et se produire queLque chose de rare11. IL apparaît comme un moment festif et conviviaL, pour une périodicité et une durée déterminée, mettant en vaLeur un Lieu particuLier du territoire. Le festivaL se dérouLe parfois Là où ne L'attend pas, ce qui va à L'encontre d'une conception pLus « stricte » de La cuLture, vaLidant teL espace géographique comme support pour teLLe action. IL est ainsi La forme La pLus répandue et diversifiée adoptée par un événement cuLtureL parmi Les saLons, expositions, foires, concerts ou spectacLes.

Pourtant, ces vastes descriptions sont Loin de traduire La diversité et La compLexité du phénomène festivaL.

Ses origines sembLent remonter au Moyen-âge, où iL se tient aLors, de manière non officieLLe, Lors de foires ou carnavaLs. Dès Le XVIIIème siècLe, en AngLeterre, iL regroupe au sein même des égLises, Les pLus grandes choraLes, concours qui se dérouLent ensuite sur pLusieurs jours, dès La fin du siècLe en ALLemagne.

En France, Le premier festivaL remonte à 1869 avec Les Chorégies d'Orange12, offrant une activité nouveLLe à son théâtre antique en pLein air. C'est après La seconde guerre mondiaLe que certains festivaLs prennent La forme de véritabLes institutions, comme Le Festival d'Avignon, créé en 1947 par Jean ViLar, ou encore Le Festival d'Art lyrique d'Aix-en-Provence en 1948. Ces hauts Lieux de création prennent aLors « L'aLLure » de véritabLes « outiLs » de décentraLisation* et de démocratisation cuLtureLLe. C'est dans Les années

8 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Tourisme culturel et festivals : Opportunités et limites d'un tel partenariat, page 10.

9 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Paris, L'Harmattan, 2001, 207 pages.

10 BENITO (Luc) in, MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), op.cit.

11 Définition d'un événement cuLtureL in CLERC (PhiLippe), L'outil culturel, levier du développement territorial, page 4.

12 Site internet des Chorégies d'Orange, http://www.choregies.asso.fr/fr/histoire.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

soixante-dix que 20% des festivaLs voient Le jour13, comme Le Festival d'automne, créé à Paris en 197214, Le Printemps de Bourges en 197715, ou Les Transmusicales de Rennes en 197916 qui, du théâtre au rock, expLorent des voies résoLument modernes. Enfin, Le sommet est atteint dans Les années quatre-vingt où près de 57% des festivaLs sont créés17.

Différents facteurs peuvent expLiquer L'épanouissement de ce phénomène : L'engouement pour Les Loisirs, un meiLLeur pouvoir d'achat, Le déveLoppement des transports, La décentraLisation cuLtureLLe et Les nouveLLes compétences accordées aux coLLectivités territoriaLes qui offrent aLors aux éLus La possibiLité d'encourager La création de teLs événements. En ce sens, Les festivaLs entrent peu à peu au coeur d'une véritabLe stratégie de déveLoppement LocaL, une réaLité tant économique qu'artistique pour Les territoires qui Les accueiLLent18. Les festivaLs sont passés d'un caractère aristocratique et éLitiste, consacrés essentieLLement à La musique cLassique et créés à L'initiative des grandes cours européennes, à un caractère pLus « popuLaire », car dès Le XXème siècLe, Les artistes eux-mêmes L'utiLisent pour promouvoir Leur art, aujourd'hui diversifié dans toutes Les discipLines artistiques: cinéma, bande dessinée, musiques actueLLes, théâtre, danse, arts de La rue, arts pLastiques et arts visueLs. En ce sens, La création de ces grands rendez-vous cuLtureLs permet à certaines discipLines d'obtenir une reconnaissance pubLique.

IL est difficiLe à L'heure actueLLe de donner une estimation exacte du nombre de festivaLs en France. En effet, « on estime le nombre de festivals entre 600 et 2000 par an faute d'une acceptation commune de la définition » 19. Cependant, Le chiffre de deux miLLe est Le pLus fréquemment cité à La Lecture

13 DECHARTRE (PhiLippe), Rapport Dechartre : Evénements culturels et développement local, page 93.

14 Site internet du Festival d'Automne, http://www.festivaLautomne.com/newmain_index.php, consuLtation Le 15 novembre 2006.

15 Site du Printemps de bourges, http://edition2006.printempsbourges.com/pages_fr/commun/homepage.php, consuLtation Le 15 novembre 2006.

16 Site des Transmusicales de Rennes, http://transarchives.com/, consuLtation Le 15 novembre 2006.

17 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 94.

18 Les informations citées ci-dessus concernant L'origine et L'historique des festivaLs en France sont tirées de MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., pages 16 et 17.

19 Site de L'Office du Tourisme de L'Isère, http://www.iseretourisme.com/pages/index/id/2696, consuLtation Le 16 juin 2006.

des différentes sources d'information sur Le sujet. IL est souLigné en novembre 2005 par Le Ministre de La CuLture et de La Communication, Renaud Donnedieu de Vabres20 : « les quelques 2000 festivals que vous organisez ou accueillez chaque année ». N'existant à présent aucun éLément statistique efficace à L'écheLLe du territoire, iL est très difficiLe d'en définir précisément Le nombre. De La même manière, iL sembLe déLicat d'étabLir une cLassification précise des festivaLs en France. En effet, eLLe peut être réaLisée en fonction de Leur LocaLisation, durée, forme artistique, budget, ancienneté, notoriété ou encore rayonnement. Dans son rapport étabLit en 199821 : Evénements culturels et développement local, PhiLippe Dechartre nous propose une typoLogie des festivaLs : iL existe Le festivaL pyramidaL ou descendant, inspiré par Le haut, par une autorité qui a su anticiper sur Les promesses de L'avenir, comme Le Festival d'Avignon. Le festivaL ascendant qui part de L'histoire du territoire pour atteindre une pLus Large audience, c'est Le cas des nouveLLes formes de festivaLs. Le festivaL éventaiL, qui n'attend pas que Le spectateur vienne à Lui et se retrouve partout, comme Le Festival de Saint-Denis créé en 196922 en Seine-Saint-Denis. Enfin, Le festivaL écLaté, qui est à La fois « In » et « Off » dont L'archétype est encore ceLui d'Avignon.

De même, dans Leur mémoire de fin d'étude, Sophie Mercier et Diane Bouchard nous proposent une typoLogie des festivaLs23 axée seLon Leurs objectifs : dans Les années soixante, une première génération regroupe Les festivaLs de création, construits autour d'un projet artistique visant à produire des spectacLes inédits ou à découvrir de nouveaux taLents. Arrivent ensuite, dans Les années soixante-dix, Les festivaLs touristiques, qui s'appuient souvent sur un monument ou un cadre prestigieux et participent à L'animation des Lieux. Dans Les années quatre-vingt, Les festivaLs d'image visent surtout à promouvoir L'identité et L'image de Leur site d'accueiL. Enfin, Les festivaLs de diffusion tendent à permettre à des pubLics excentrés de voir des spectacLes dont iLs ne peuvent bénéficier Le reste de L'année.

20 DONNEDIEU de VABRES (Renaud), in discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, Le 23 novembre 2005, page 1.

21 DECHARTRE (PhiLippe), Op.cit., page 65.

22 Site du Festival de Saint-Denis, http://www.festivaL-saintdenis.fr/2006/fsd2006/index_fLash.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

23 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 18.

Bien évidemment, ces différentes typoLogies ne sont pas exhaustives et tendent à être réductrice face à La diversité et à L'identité propre de chaque festivaL. ELLes montrent simpLement La difficuLté de cLassement des festivaLs par « famiLLe ». Cette dernière typoLogie souLigne parfaitement L'évoLution des objectifs qui sous-entendent La mise en oeuvre d'un festivaL, axée dans un premier temps sur La création dans Les années soixante, puis sur L'image dans Les années quatre-vingt.

En France, Les festivaLs se sont Le pLus souvent déveLoppés dans Les régions à forte concentration touristique comme La région Rhône-ALpes, Provence ALpes Côte d'Azur et ILe-de-France. Chacune de ces régions propose à eLLe seuLe environ trois cents festivaLs24. Des Lieux de viLLégiature comme La côte méditerranéenne, La région Aquitaine ou encore La Bretagne en accueiLLent égaLement un grand nombre25. ParaLLèLement, Les festivaLs musicaux restent prédominants dans L'offre festivaLière, soit « environ la moitié des festivals recensés, viennent ensuite les festivals pluridisciplinaires et de théâtre»26. Enfin, La grande majorité des festivaLs se dérouLent sans surprise entre juin et septembre, pendant La période estivaLe.

La difficuLté rencontrée pour mesurer précisément L'ampLeur du phénomène festivaL, est d'autant pLus importante que son nombre et sa diversification connaissent une réeLLe infLation sur L'ensembLe du territoire français, et ceLa depuis Les années quatre-vingt. Cette évoLution constante a suscité L'engouement pour une véritabLe anaLyse de ce phénomène. Ainsi, un certain nombre d'acteurs du miLieu festivaLier se sont déjà penchés sur La question, comme Luc Benito, auteur de L'ouvrage Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie27, Jean ViLar, créateur du Festival d'Avignon en 194728, ou

24 Direction du Tourisme, « Chiffres CLés du tourisme, édition 2006 », La Documentation Française, page 5.

25 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.Cit., page 24.

26 Information datant de 1997, in MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 17.

27 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op .cit.

28 Le Petit Larousse illustré 2001, Op. cit., page 1747.

encore Bernard Faivre d'Arcier, directeur du Festival d'Avignon de 1980 à 1984, et de 1993 à 200329.

Dans La majorité des cas, Le festivaL naît de La rencontre entre L'inspiration et La voLonté d'un directeur artistique et Le soutien d'une coLLectivité pour Le promouvoir. Pourtant, victime de son succès, iL tend à être instrumentaLisé à des fins bien éLoignées de sa destination première. L'augmentation exponentieLLe du nombre et de La diversité des festivaLs sur L'ensembLe du territoire français depuis Les années quatre-vingt, traduit une banaLisation du terme et un empLoi, par Les directions et coLLectivités, mené à contre courant de sa notion d'origine.

Nous tenterons ainsi d'anaLyser, dans un premier temps, Les résuLtats de L'interaction entre Le festivaL et Le déveLoppement LocaL. Ainsi, nous mesurerons Les différentes raisons et conséquences de sa possibLe instrumentaLisation, à La fois par Les coLLectivités territoriaLes ou par Les directeurs de festivaLs.

Dans un deuxième temps, nous étudierons Le cas du festivaL de photographies de voyages et d'aventures Chroniques Nomades de HonfLeur. Nous déterminerons La proposition de cette formuLe festivaLière face à L'évoLution du contexte cuLtureL en France. Son positionnement particuLier traduit Les possibLes soLutions apportées contre Les différentes tentatives d'instrumentaLisation souLignées en première partie du mémoire.

Cette anaLyse est d'autant pLus justifiée qu'eLLe est au coeur même de L'actuaLité. IL ne s'agit nuLLement ici d'émettre La moindre critique ou jugement des différents acteurs évoqués, mais de constater en 2006 L'évoLution des festivaLs en France et Les possibLes répercussions qu'eLLe engendre sur sa notion.

29 Site du Festival d'Avignon, http://www.festivaL-avignon.com/index.php?r=73, consuLtation Le 15 novembre 2006.

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie