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Problématique de l'eau et de l'assainissement en milieu scolaire en République du Bénin: cas de la ville de Porto Novo


par Vinassého Olivier AZONNAKPO
Université d'Abomey-Calavi - DESS en décentralisation et gestion des eaux 2007
Dans la categorie: Géographie
   
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2.5 Les principales maladies d'origine hydrique

La mauvaise qualité bactériologique de l'eau est naguère une cause fréquente d'apparition de maladies infectieuses et participe à la propagation d'épidémies (typhoïde, choléra, etc.) que l'on sait bien maîtriser aujourd'hui grâce à la vaccination, à l'amélioration des conditions d'assainissement, de l'hygiène et des techniques de traitement des eaux dans les pays développés.

62 LECLERC et coll., 1989

63 BONTOUX, 1993

Dans les villes des pays du sud en général et à Porto-Novo en particulier où les conditions d'assainissement et d'hygiène ne sont pas encore les meilleures, la population est exposée aux maladies causées par les microorganismes cités cidessus. Beaucoup de maladies sont directement liées aux mauvais comportements d'hygiène et aux conditions environnementales64.

Les eaux stagnantes concentrent de grandes quantités de pathogènes tels les virus, les bactéries, les protozoaires et les oeufs helminthes qui causent la prolifération de divers maux. Nous allons détailler quelques unes des nombreuses maladies liées à l'eau de boisson.

* La salmoneiose

Les salmonelloses sont essentiellement dues à Samonella typhimurium. Elles comprennent la fièvre typhoïde et les salmonelloses non typhiques (ou non typhoïdiques). Dans les Pays en Voie de Développement (PED), l'incidence élevée est liée aux mauvaises conditions d'hygiène et aux risques de transmission fécale. L'homme acquiert les bactéries de l'eau ou d'aliments contaminés.

* La fièvre typhoïde (du grec typhodes, fumée) est causée par Salmonella typhi ou bacille d'Eberth. La période d'incubation est de 10 à 14 jours après l'entrée de la bactérie dans l'intestin grêle. Les bactéries colonisent l'intestin grêle, pénètrent dans l'épithélium et se répandent dans le tissu lymphoïde, le sang, le foie et la vésicule biliaire. Les symptômes comprennent de la fièvre, des céphalées, des douleurs abdominales, de l'anorexie et des malaises durant plusieurs semaines. Les bactéries continuent à se multiplier dans la vésicule biliaire et atteignent l'intestin par le canal biliaire.

Pour les salmonelloses non typhiques, le temps d'incubation est seulement de 8 à 48 heures. Les bactéries se multiplient et envahissent la muqueuse intestinale où elles produisent une entérotoxine et une cytotoxine qui détruisent les cellules épithéliales. Douleurs abdominales, crampes, diarrhées et fièvre sont les symptômes fréquents et remarquables qui durent habituellement de 2 à 5 jours mais peuvent se prolonger pendant plusieurs semaines.

64 FAO/OMS, 1990; FAO, 1992

La plupart des patients adultes guérissent, mais la perte de liquide peut causer des problèmes pour les enfants et les personnes âgées.

Dans les pays en développement, la fièvre typhoïde est endémique et pose un problème majeur de santé publique avec 20 000 000 de cas et 600 000 décès par

an65.

* La shigellose

La shigellose ou dysenterie bacillaire est une maladie du péril fécal. Elle est fréquente en zones tropicales, en particulier pendant la période la plus chaude et la période la plus humide de l'année (AUBR, 2005). La shigellose pose un important problème de santé publique dans de nombreux pays en développement, en particulier du fait de la multirésistance croissante des shigelles aux antibiotiques.

La contamination est féco-orale, directe par contact inter-humain avec des malades, ou indirecte par ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par des Shigella (FRESNEL et coll., 1994). La cible principale est l'enfant de moins de 5 ans, le vieillard et la femme enceinte. La dose minimale infectante est très faible, de l'ordre de 10 à 100 bactéries (groupe de travail scientifique de l'OMS, 1980).

* La dysenterie bacilaire est une diarrhée qui résulte d'une réaction inflammatoire aiguë du tractus intestinal due à quatre espèces du genre Shigella. Les shigella sont des bactéries strictement humaines douées de pouvoirs invasif et destructif pour la muqueuse colique, déclenchant des entérocolites inflammatoires fébriles, pouvant évoluer jusqu'à un syndrome dysentériforme (GRENIER, 1985). La bactérie induit sa propre phagocytose par les cellules mucosales puis détruit la membrane du phagosome. Après multiplication intracytoplasmique, les shigelles vont envahir les cellules voisines. Elles produisent des exo- et des endotoxines mais ne se répandent généralement pas plus loin que l'épithélium du colon. Les symptômes sont des selles liquides contenant du sang, du mucus et du pus ; dans les cas graves, le colon peut être ulcéré (PRESCOTT et coll., 2003).

L'incubation dure 1 à 3 jours et les bactéries sont excrétées pendant une période de 1 à 2 semaines. Chez les adultes, la maladie dure en moyenne 4 à 7 jours et guérit spontanément, mais elle peut être fatale chez les bébés et les jeunes

65 OMS, 1992

enfants. Dans le monde, on évalue à quelques 600 000 les décès causés annuellement par cette dysenterie. En Afrique subsaharienne, une première vague de flambée à Shigella dysenteriae a touché l'Afrique des Grands Lacs en 1993- 1994 (OMS, 2000).

Signalons que les conditions de survenue d'épidémies de shigellose sont le surpeuplement, les mauvaises conditions d'assainissement, le manque d'hygiène et l'insalubrité de l'eau.

* Le choléra

Le choléra est dû à la bactérie Gram-négative Vibrio cholerae. La période d'incubation est de 24 à 72 heures après infection de l'hôte.

Le choléra est une diarrhée «toxique» due à l'élaboration par le vibrion d'une toxine, la choléragène, qui inverse le flux hydrosodé au niveau de l'épithélium de l'intestin grêle par activation d'une enzyme, l'adénylcyclase. Cette inversion entraîne la production dans la lumière intestinale d'un liquide très abondant isotonique au plasma, particulièrement riche en potassium et en bicarbonates. La conséquence de cette diarrhée hydroélectrolytique massive est une déshydratation aiguë avec hypokaliémie et acidose (AUBR, 2005). Le malade souffre d'une dépression massive de liquides et d'électrolytes associée à des crampes musculaires abdominales, des vomissements, de la fièvre et des diarrhées liquides. La diarrhée est parfois si importante qu'une personne peut perdre de 10 à 15 litres de liquide durant l'infection. La mort résulte d'une concentration élevée des protéines sanguines causée par un taux réduit de liquide circulant, menant à un choc circulatoire et un collapsus subit66. Le taux de mortalité en absence de traitement est souvent supérieur à 50%; avec traitement et soins palliatifs, ce taux est inférieur à 1% (AUBR, 2005). Signalons qu'il n'y a pas d'immunité naturelle, ni de production d'anticorps contre la toxine.

Des flambées de choléra peuvent se produire sporadiquement dans toute partie du monde où les approvisionnements en eau, l'assainissement, et les pratiques d'hygiène laissent à désirer.

66 PRESCOTT et coll., 2003

En 2000, des cas de choléra et des décès imputables à la maladie ont été officiellement notifiés à l'OMS par 27 pays d'Afrique, 9 pays d'Amérique latine, 13 pays d'Asie, 2 pays d'Europe et 4 pays d'Océanie.

En 2002, à Cotonou au Bénin, 3788 cas ont été enregistrés officiellement par la Direction Départementale de la Santé Publique du Littoral (MSP, 2002).

En 2003, 45 pays ont déclaré à l'OMS un total de 111 575 cas et 1 984 décès (1,69%). Le nombre total de cas déclarés en Afrique a été de 108 067, soit 96% du total mondial.

Actuellement, presque tous les Pays En Développement (PED) sont aux prises avec une flambée de choléra ou sous la menace d'une épidémie de choléra. Au Bénin, on a signalé une épidémie de choléra en 2005 (S.N.I.G.S., 2006).

* Les giardiases dont les parasites responsables sont le Giardia lambia, Giardia intestinalis. Ces protozoaires parasites se développent dans le tractus intestinal.

* Les amibiases qui sont dues au protozoaire Entamoeba histolytica qui se retrouvent généralement chez les hommes et mêmes chez les animaux.

* Les ascaridioses sont des parasitoses intestinales, très courantes dus à Ascaris Lumbricoides qui provoque des troubles intestinaux souvent importants.

* La polyomyélite causée par les poliovirus est une maladie qui attaque les nerfs et cause la paralysie des membres surtout chez les sujets jeunes. Elle est transmise par l'ingestion de l'eau souillée.

* La dracunculose ou ver de Guinée ou Filariose de Médine est une affection parasitaire due à un petit crustacé du nom de cyclops (ver rond) dont le nom latin est dracunculus medinensis que l'on ingère en buvant de l'eau contaminée67.

* le paludisme vient en tête de la pathologie mondiale. C'est un des sérieux problèmes de santé en Afrique au sud du Sahara.

Cette maladie est provoquée par le plasmodium dont il existe quatre (4) espèces, le plasmodium falciparum étant le plus redoutable (ENGREF, 1999).

67 OMS, 2006

Plusieurs autres maladies liées restent à être énumérées, la liste n'est pas exhaustives; cependant les voies de transmissions se ressemblent et sont décrites

sur la figure n°13.

Mains

Mouches

Aliments

Agriculture, Aquaculture

Eaux de surface et eaux usées

Réserves d'eau

Transmission à l'homme

Agents pathogènes

Présents dans les
excrétas

Eaux souterraines et eaux de surface

Déchets solides (incontrôlés/déchargés)

Loisirs (p,ex, natation)

sol

Figure n°13: Voies de transmission des maladies hydrofécales Source: Franceys, 1995

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