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Impact du réchauffement climatique sur la distribution spatiale des ressources halieutiques le long du littoral français: observations et scénarios

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par Sylvain Lenoir
Université Lille 1 Science - Doctorat 2011
  

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1.2. Impact du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique global, induit en grande partie par les activités humaines, marque de son empreinte tous les compartiments ou éléments fonctionnels de l'écosphère (Parmesan & Yohe, 2003; Root et al., 2003; Walther et al., 2005; Parmesan, 2006 ; Rosenzweig et al., 2008; Beaugrand & Goberville 2010). Il affecte naturellement l'océan qui a emmagasiné près de 84% du surplus de chaleur ajoutée au système climatique (Levitus et al., 2005). Cette accumulation d'énergie thermique a eu pour conséquence un réchauffement global moyen de 0,06°C concernant les premiers trois milles mètres de l'Océan, entre 1948 et 1998.

Une des conséquences les plus spectaculaires du réchauffement planétaire est la réorganisation spatiale des espèces. Des preuves évidentes montrent que le réchauffement provoque le déplacement latitudinal des espèces (Hughes, 2000 ; Parmesan & Yohe, 2003; Deutsch et al., 2008; Muthoni, 2010). Cette réorganisation spatiale touche également les espèces de poissons marins, exploitées ou non (Perry et al., 2005; Brander et al., 2003). Les cas d'apparitions d'espèces dites « tropicales » dans les eaux tempérées et tempérées-froides de l'Atlantique Nord-Est (Quero et al., 1998; Stebbing et al., 2002; Beare et al., 2004a) illustrent bien ce phénomène. D'autres espèces, familières des eaux de la mer du Nord telles que l'entélure (Entelurus aequoreus Linnaeus, 1758), ont vu leur abondance exploser et leur limite méridionale supérieure de répartition s'étendre vers le Nord (Kirby et al., 2006; Fleischer et al., 2007; Van Damme & Couperus, 2008). Enfin, certains poissons, déjà durement touchés par l'activité de pêche comme la morue de l'Atlantique, sont repoussés de leur limite sud de répartition, zones où les eaux deviennent trop chaudes (Beaugrand et al., 2003; Mieszkowska et al., 2007).

Les mécanismes, par lesquels le réchauffement climatique réorganise la distribution spatiale des espèces, sont multiples et peuvent agir de façon directe comme indirecte (Brander 2007 ; Stige et al., 2010). L'augmentation de la température de l'environnement a des conséquences directes qui affectent les processus de croissance, de fécondité, et de recrutement (Brander 2007), via notamment la limitation en oxygène des organismes (Pörtner et al., 2001 ; Pörtner & Knust, 2007). Le réchauffement climatique perturbe également la phénologie et les migrations saisonnières de certaines espèces de poissons (Drinkwater, 2005). Indirectement, le réchauffement climatique exerce son impact sur les poissons via le réseau trophique (Beaugrand & Reid, 2003; Edwards & Richardson, 2004), et la composition des assemblages d'espèces de l'écosystème dont ils dépendent pour leurs ressources (Beaugrand et al., 2002b ; Beaugrand et al., 2010). Kirby & Beaugrand (2009) ont également mis en évidence la répercussion et l'amplification de l'impact du réchauffement du climat à travers le réseau trophique depuis le phytoplancton jusqu'aux poissons.

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