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Impact du réchauffement climatique sur la distribution spatiale des ressources halieutiques le long du littoral français: observations et scénarios

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par Sylvain Lenoir
Université Lille 1 Science - Doctorat 2011
  

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1.1. Avant-propos

L'écosystème mer du Nord connait depuis les années 1980 de profonds et rapides changements dans sa trophodynamique (Kirby & Beaugrand, 2009) Ces changements, provoqués par le réchauffement climatique, atteignent la phénologie (Edward & Richardson, 2004) et la biogéographie des espèces résidentes (Stebbing et al., 2004 ; Genner et al., 2004 ; Perry et al., 2005). Les effets du réchauffement concernent l'ensemble du réseau trophique tout au long duquel ces effets se répercutent (Frederiksen et al., 2004 ; Kirby & Beaugrand, 2009). Au sommet du réseau trophique, les prédateurs supérieurs sont considérés comme des indicateurs de l'état de l'écosystème marin (Wanless, 2007). Parmi eux, les oiseaux marins nichant sur les côtes de la mer du Nord, types Alcidés et Laridés, ont connu récemment des chutes importantes de leur taux de reproduction. Ces baisses sont liées à des modifications dans la qualité et la disponibilité des proies préférentielles, en particulier le lançon nordique (Wanless et al., 2007). Cette raréfaction du lançon nordique est accompagnée par une augmentation d'abondance d'autres poissons à valeur énergétique bien plus faible comme l'entélure (Wanless et al., 2005, 2007). Cette réorganisation de la composition spécifique du régime alimentaire des oiseaux marins est imputable au réchauffement des eaux de la mer du Nord (Harris et al., 2007, 2008). Les conditions de vie de cette zone deviendront moins favorables à la présence du lançon nordique. En revanche, elles favoriseront d'autres espèces aux exigences environnementales plus en adéquation avec ces conditions de vie, nouvellement disponibles.

Dans cette étude, les distributions spatiales passées, présentes et futures potentielles des espèces de poissons disponibles et capturées par les oiseaux marins, tels que le Guillemot de Troïl ou la mouette tridactyle, ont été modélisées grâce au NPPEN. Ces espèces sont le lançon nordique (Ammodytes marinus Raitt, 1934), le sprat européen, (Sprattus sprattus Linnaeus, 1758) et l'entélure (Entelurus aequoreus Linnaeus, 1758). La possible immigration en mer du Nord de deux autres espèces, plus méditerranéennes, l'anchois (Engraulis encrasilocus Walbaum, 1792) et la sardine européenne (Sardina pilchardus Linnaeus, 1758) a également été évaluée. L'objectif était d'estimer si la substitution de proies à haute valeur énergétique par des espèces de bien plus faible qualité, observée dans le régime alimentaire des oiseaux marins de mer du Nord, allait perdurer avec le réchauffement climatique. Un second objectif consistait à évaluer si les espèces, à la distribution spatiale généralement située plus au sud, et dont l'arrivée en mer du Nord est prédite, peuvent constituer une ressource de substitutions valable pour les oiseaux marins.

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