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Impact du réchauffement climatique sur la distribution spatiale des ressources halieutiques le long du littoral français: observations et scénarios

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par Sylvain Lenoir
Université Lille 1 Science - Doctorat 2011
  

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1. Avant-propos

L'impact de la variabilité des facteurs environnementaux et climatiques sur les poissons marins (O'Brien et al., 2000) est régulièrement mis en avant pour expliquer les variations observées des stocks de poissons. Par exemple, le recrutement de la morue de l'Atlantique est affecté par des modifications de la NAO (Brander & Mohn, 2004). De plus, la température est désignée comme étant un facteur clef pour le recrutement de la morue (Sundby, 2000 ; Björnsson et al., 2001 ; Pörtner et al., 2001). Une étude a mis en évidence la vulnérabilité de la morue de l'Atlantique aux changements climatiques, quand celle-ci se trouve en bordure de sa niche thermique (Beaugrand et al., 2010). Cette vulnérabilité climatique est exacerbée lorsqu'elle s'applique à des populations déjà atteintes par les effets de la surexploitation (Brander, 2005). De même, le réchauffement climatique a été à l'origine de la réorganisation biogéographique de certaines espèces de poissons (Parmesan & Yohe, 2003 ; Drinkwater, 2005 ; Perry et al., 2005). En 2003, Beaugrand et al., ont mis en évidence l'impact des variations climatiques sur la morue de l'Atlantique via le réseau trophique et, en particulier, via la communauté des copépodes calanoïdes, proies essentielles aux larves et juvéniles de Gadus morhua Linnaeus, 1758 (Beaugrand et al., 2003). Plus récemment, Beaugrand & Kirby (2010b) ont montré que les fortes probabilités de présence de la morue coïncident avec de forte abondance de Calanus finmarchicus à l'échelle de l'océan Atlantique Nord.

La morue de l'Atlantique est une espèce qui a fait l'objet d'une pêche intensive au 20e siècle (Andrews et al., 2006) jusque dans les années 1980. Après le pic des années 1970, le volume des captures a commencé à chuter et ce malgré un effort de pêche équivalent. Comprendre comment et pourquoi les stocks de morue s'effondraient, constituait un défi de tout premier plan (Myers et al., 1996 ; Cook et al., 1997 ; Myers et al., 1997). Comme pour de nombreuses espèces de poisson, l'impact de la surexploitation sur la morue de l'Atlantique est dénoncée (Pauly et al., 2005).

Dans le contexte du changement climatique et dans le cadre de la mise en place de plans de gestion des ressources marines, il devient primordial d'intégrer les effets du réchauffement, pouvant provoquer la diminution de certains stocks (Rose, 2004 ; Kirby et al., 2009), dans les stratégies de gestion durable des pêches (Kell et al., 2005). C'est pourquoi, de nouveaux outils basés sur la niche écologique des espèces sont développés pour tenter de prédire comment les poissons risquent de réagir, en réponse au réchauffement des océans. Ces modèles utilisent des variables écogéographiques, comme la température, la bathymétrie, la distance à la côte et la production primaire (Kaschner et al., 2006). La disponibilité en proies zooplanctoniques étant une variable critique pour des stades clefs du cycle de vie des poissons, il est essentiel de l'utiliser comme une nouvelle dimension pour décrire la niche écologique.

Dans ce chapitre, le modèle NPPEN est utilisé pour modéliser la distribution spatiale potentielle passée, présente et future de la morue en fonction (1) des trois descripteurs de type environnemental précédemment utilisés (SST, bathymétrie et SSS) ; et (2) d'un quatrième descripteur : la présence du copépode calanoïde C. finmarchicus. L'étude de l'évolution temporelle des probabilités de présence de la morue a été réalisée sur trois zones géographiques, pour lesquelles une activité de pêche est, ou a été, pratiquée : les eaux autours de Terre-Neuve, la Mer du nord (zone CIEM IV) et les eaux islandaises (zone CIEM Va).

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