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Impact du réchauffement climatique sur la distribution spatiale des ressources halieutiques le long du littoral français: observations et scénarios

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par Sylvain Lenoir
Université Lille 1 Science - Doctorat 2011
  

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5. Discussion

L'objectif de ce chapitre était d'appliquer le modèle NPPEN pour modéliser la distribution spatiale de la morue de l'Atlantique, en utilisant une dimension supplémentaire pour en définir la niche écologique: la présence de sa proie C. finmarchicus. Cette étude permet d'effectuer une comparaison des performances du modèle, utilisé avec ou sans ce paramètre biotique essentiel pour la survie des larves de morue de l'Atlantique.

Kirby & Beaugrand (2009) ont mis en évidence l'amplification de l'impact du réchauffement climatique le long de la chaine trophique en mer du Nord, depuis les organismes planctoniques jusqu'aux poissons. Les résultats obtenus dans ce chapitre montrent des probabilités de présence de la morue différentes quand le paramètre biotique proie est utilisé. La présence de C. finmarchicus comme descripteur dans le modèle augmente les valeurs de probabilité de présence de la morue au sud de la mer du Nord, en mer de Barents et au nord de Terre-Neuve, mais baisse les valeurs de probabilités le long des côtes norvégiennes et au sud du Québec (Figs. V.2 et V.3). Le phénomène de déplacement biogéographique vers le nord, qui affecte la morue de l'Atlantique, semble atténué ou comme ralenti (Fig. V.3 à V.5) quand est utilisé le facteur proie, pour cartographier et estimer la présence de la morue au cours des décennies 2050-2059 et 2090-2099.

L'examen des cartes de distribution de l'espèce C. finmarchicus modélisées par le modèle NPPEN (décennie 1960-1969 Fig. V.1), révèle une estimation de la présence de ce copépode en mer du Nord inférieure à celle réellement observée (CPR Team, 2004).

Figure V.5 : Évolutions annuelles de la probabilité de présence de la morue, calculée avec C. finmarchicus, à Terre-Neuve (bleu), en mer du Nord (noir) et en Islande (rouge), modélisées par le NPPEN de 1960 à 2006 (a), et en fonction des scénarios d'évolutions du GIEC à Terre-Neuve (b), en mer du Nord (c) et en Islande (d). Comparaison des distributions des probabilités de présence de la morue, entre les périodes 1960-1969/1980-1989, 1960-1969/2000-2006, 1960-1969/2050-2059 et 1960-1969/2090-2099 à Terre-Neuve (e), en mer du Nord (f) et en Islande (g).

Un des objectifs de ce chapitre était d'utiliser le modèle NPPEN pour comprendre les évolutions différentes des stocks de morues dans des régions distinctes de l'Atlantique Nord. Beaugrand & Kirby (2010a) ont montré que des stocks de morues en Atlantique Nord-Est, aux répartitions géographiques bien distinctes (un en mer du Nord et un en Islande) réagissaient différemment au forçage climatique. La différence dans leur répartition géographique correspond une différence dans leur localisation au sein de la niche écologique. Des populations présentes dans les régions comme la mer du Nord, se situant en limite inférieure de la niche écologique (préférendum thermique centré sur des températures entre 9°C et 10°C), seront plus sensibles à de petites modifications de la température de leur environnement. En Islande, les eaux marines plus froides sont en adéquation avec le centre de la niche thermique de la morue, le réchauffement climatique est moins susceptible d'y influencer les populations. Outre-Atlantique, les eaux de Terre-Neuve disposent de conditions climatiques et environnementales restées à la fois stables et favorables à la présence de l'espèce. D'après les résultats obtenus dans ce chapitre, la disparition et la non-reconstruction des stocks au Canada, malgré la mise en place de moratoires de pêche pour limiter les conséquences de la surexploitation (Pauly, 1998 ; Pauly et al., 1998 ; Christensen et al., 2003 ; Worm et al., 2005), ne sont pas dues à un changement de l'environnement occupé par la morue l'Atlantique mais bien à l'exploitation intensive qu'a subit cette espèce. En mer du Nord, la situation est différente, petit à petit, cette zone devient défavorable à la présence de la morue. Ainsi, la chute constatée dans les débarquements (Brander et al., 2006) ne peut être imputée uniquement à l'effet de la surpêche dans cette zone.

DISCUSSION

CONCLUSIONS

PERSPECTIVES

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