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Impact du réchauffement climatique sur la distribution spatiale des ressources halieutiques le long du littoral français: observations et scénarios

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par Sylvain Lenoir
Université Lille 1 Science - Doctorat 2011
  

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2. Épilogue

2.1. Conclusions

Cette thèse s'est déroulée dans le cadre des Conventions Industrielles de Formation par la Recherche (CIFRE), entre scientifiques et professionnels du secteur de la pêche : les Collectivités Maritimes Étaploises (CME). L'objectif de ce projet était d'évaluer l'impact du changement climatique sur les ressources halieutiques dans l'océan Atlantique Nord-Est et d'en prévoir l'évolution si le réchauffement global se poursuit. L'évaluation de l'impact du changement climatique s'est fait via une modélisation mathématique qui s'est appuyée sur des nouveaux outils numériques. Cette thèse contribue à une meilleure connaissance (1) de la distribution spatiale des ressources, (2) des conséquences possibles du changement climatique sur les poissons et niveaux trophiques supérieurs et (3) à moyen terme à augmenter la réactivité des pêcheurs face aux changements possibles des ressources pour minimiser les pertes de chiffres d'affaires lors des périodes transitoires (disparitions d'espèces compensées par l'arrivée d'autres). Basé sur le concept de niche écologique au sens d'Hutchinson, le modèle Non-Parametric Probabilistic Ecological Niche (NPPEN) a été développé de façon à cartographier la répartition spatiale des espèces et d'en proposer des scénarios d'évolution dans le contexte du changement climatique. Nous testons pour la première fois la distance de Mahalanobis par un test d'appartenance non-paramétrique et à partir uniquement de données de présence. Ces différents choix et orientations dans les paramètres constitutifs du modèle ont permis de répondre aux questions scientifiques posées durant ces travaux de thèse.

La modélisation des changements de distribution spatiale en Atlantique Nord des poissons marins a montré l'impact proéminant du réchauffement climatique sur la biogéographie de ces organismes. Le modèle prévoit la poursuite des déplacements, déjà observés pour de nombreuses espèces, vers des latitudes supérieures. Nos résultats montrent que plus l'intensité du réchauffement est importante, plus la migration des espèces vers le nord est forte et plus les pertes d'habitats s'intensifient. Le bilan des gains et pertes d'habitats des poissons marins peut se traduire par la disparition d'espèces indigènes par contraction de leur aire de répartition, tel le lieu jaune et par la colonisation de zones géographiques, comme la mer du Nord, par des poissons, habituellement plus méridionaux. Les changements dans les probabilités de présence des espèces, induits par l'élévation des températures, peuvent affecter profondément l'organisation et la structure du réseau trophique ; en causant par exemple une rupture de la relation proie-prédateur, comme celle observée pour les oiseaux marins et causée par la raréfaction de leurs proies préférées. L'écosystème mer du Nord connait actuellement de profonds changements qui risquent de se répercuter à l'avenir sur les ressources marines et par voie de conséquences sur les professionnels qui exploitent ces ressources.

Les cartes de probabilités de présence obtenues grâce au modèle d'habitat NPPEN représentent indéniablement une représentation claire de ce que peut-être la distribution spatiale d'une espèce. A l'avenir, des cartes de probabilités d'absence, basées sur la connaissance de la physiologie des espèces, vont être produites par le modèle NPPEN. Cette méthode permettra de compléter les informations nécessaires à la délimitation des frontières de répartitions des espèces. Une autre procédure envisagée est la conversion des cartes de probabilités de présence en cartes d'abondance par détermination d'une fonction de régression entre les abondances observées et les probabilités prédites par le modèle NPPEN, toujours dans le souci d'optimiser les résultats fournis par le modèle, mais également de rendre ces résultats plus accessibles et explicatifs. À terme, une fonction de prédiction de la biomasse des reproducteurs (SSB) sera déterminée à partir de la régression entre les SSB annuellement observées de 1960 jusqu'à nos jours et les probabilités calculées avec le NPPEN sur la même période. Dans l'idéal, cette fonction de prédiction devra être calculée par zone de pêche commerciale.

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