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Quel impact a eu l'émergence de la TRAP sur les autres genres musicaux et sur l'industrie musicale ? et dans quelle mesure cette émergence musicale a-t-elle influencé les dynamiques sociales, tant aux états-unis qu'à  l'échelle mondiale ?


par léo lataupe
ESRA - Licence ingénieur du son 2026
  

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2.4 La diversification des revenus pour les artistes et l'ascension de la musique indépendante

Si le streaming a profondément transformé les habitudes d'écoute, comme nous
l'avons vu précédemment, il a tout autant bouleversé la structure même des revenus
que peut percevoir un artiste. Le modèle économique traditionnel, fondé sur la vente
de disques physiques puis de fichiers numériques, repose désormais largement sur
un système de royalties calculées proportionnellement aux nombres d'écoutes
générées sur les plateformes de streaming. Ce système, bien que souvent critiqué
pour la faiblesse de la rémunération versée par écoute individuelle, présente un
avantage pour les artistes capables de générer un grand volume d'écoutes massif et
continu : il transforme un catalogue musical en une source de revenus durable,
capable de continuer à générer de l'argent des années, voire des décennies après la
sortie initiale d'un morceau, sans nécessiter de nouvel investissement promotionnel.
Cette nouvelle structure de rémunération a directement favorisé l'émergence d'un
rapport de force inédit entre les artistes et les maisons de disques traditionnelles.
Auparavant, signer avec une major constituait pour la plupart des artistes l'unique
voie d'accès à une diffusion large, à des moyens de production conséquents et à une
distribution efficace. Désormais, un artiste qui parvient à construire seul une
audience suffisante, grâce au streaming et aux réseaux sociaux, n'a plus besoin de
céder une grande partie de ses droits à un label pour se faire connaître.
Ce basculement profite tout particulièrement aux artistes capables de conserver la
propriété de leurs masters, c'est-à-dire les enregistrements originaux de leurs
morceaux, leur permettant de percevoir l'intégralité des royalties générées plutôt
qu'une fraction négociée dans un contrat de label.
L'exemple de Chief Keef, figure pionnière de la Drill originaire de Chicago, sous-
genre directement issu de la Trap comme nous l'avons vu dans notre première
partie, illustre parfaitement cette dynamique d'émancipation économique. Repéré et
signé par Interscope Records en 2012 pour un contrat avoisinant les six millions de
dollars à la suite du succès viral de son titre « I Don't Like », Chief Keef va finalement
se voir lâché par la major en 2014, son album n'ayant pas atteint les objectifs de
vente fixés contractuellement. Plutôt que de chercher à signer avec un nouveau
label, l'artiste va alors faire le choix de l'indépendance totale, en développant son
propre label, Glo Gang, lui permettant de conserver l'intégralité de la propriété de ses
masters et de ses droits. Cette décision va s'avérer payante sur le long terme :
aujourd'hui encore, son catalogue continue de générer des revenus de royalties
conséquents grâce au streaming, complétés par des revenus issus de la tournée et
surtout du merchandising de sa marque Glo Gang, devenue une véritable identité
culturelle reconnue au-delà du cercle de ses simples auditeurs. Chief Keef incarne
ainsi parfaitement cette nouvelle génération d'artistes capables de transformer une
notoriété acquise en marge des circuits traditionnels en un véritable empire
économique autonome.
Au-delà de ce rapport de force renouvelé entre artistes et maisons de disques, le
streaming a également ouvert des perspectives économiques totalement inédites en
termes de géographie de la fanbase. Avant l'avènement de ces plateformes, la
diffusion d'un artiste restait largement conditionnée par les investissements
promotionnels consentis par son label dans chaque marché national, limitant de fait

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l'exposition internationale aux seuls artistes bénéficiant d'un soutien financier
conséquent. Les algorithmes de recommandation des plateformes de streaming, en
revanche, fonctionnent indépendamment de toute logique de frontière ou de
promotion ciblée : ils peuvent propulser un titre auprès d'un public situé dans un pays
où l'artiste n'a jamais mis les pieds, n'a jamais fait la moindre promotion, sans que la
langue de ses morceaux ne soit toujours comprise par ce nouveau public. Ce
phénomène a permis à de nombreux artistes de la scène trap de découvrir, parfois
avec une grande surprise, l'existence de communautés de fans extrêmement
engagées dans des pays totalement inattendus, loin de leur marché d'origine
américain. Cette audience insoupçonnée, révélée et construite presque
exclusivement grâce aux algorithmes de streaming, va alors justifier l'organisation de
tournées dans ces nouveaux territoires, ouvrant une source de revenus
complètement nouvelle, là où, avant l'ère du streaming, l'accès à ces marchés
internationaux restait pratiquement impossible sans un investissement promotionnel
local conséquent que peu d'artistes, encore moins les artistes indépendants,
pouvaient se permettre.
Enfin, cette diversification des revenus se traduit également par la multiplication des
produits dérivés à l'effigie des artistes, qu'il s'agisse de vêtements, de tasses, de
peluches ou de tout autre objet de merchandising. Cette pratique, encore
relativement marginale avant les années 2010, est devenue depuis lors un véritable
pilier économique pour de nombreux artistes, leur permettant de capitaliser sur leur
identité visuelle et leur communauté de fans pour générer des revenus indépendants
du strict cadre musical, complétant ainsi efficacement les gains, souvent jugés
insuffisants à eux seuls, issus des royalties de streaming.

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Extinction Rebellion







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"L'imagination est plus importante que le savoir"   Albert Einstein