WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Agrotourisme: une opportunité pour le développement socio-économique du territoire de kabare


par Rodrigue IRENGE NTIBONERA
Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu  - Licence 2019
  

sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
INSTITUT SUPERIEUR PEDAGOGIQUE DE BUKAVU
ISP / BUKAVU

B.P. 854 Bukavu

SECTION D'HOTELLERIE, ACCUEIL ET TOURISME DEPARTEMENT D'ACCUEIL ET TOURISME

L'AGROTOURISME : UNE OPPORTUNITE POUR LE
DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DU
TERRITOIRE DEKABARE

Par IRENGE NTIBONERA Rodrigue

Travail présenté et défendu en vue de l'obtention du Diplôme de licencié en Pédagogie Appliquée

Option : Accueil et Tourisme

Directeur : Professeur USUNGO ULUNGU-K.Jacques Encadreur : Assistant BAGULA KARUMBAJanvier

Année académique 2018 - 2019

I

 
 

IRENGE NTIBONERA Rodrigue
SCIENCES ET TECHNIQUES TOURISTIQUES ET HOTELIERES
ACCUEIL ET TOURISME
DEUXIEME ANNEE DE LICENCE

THEME : « L'AGROTOURISME : UNE OPPORTUNITE DE DEVELOPPEMENT POUR
SOCIO-ECONOMIQUE DU TERRITOIRE DE KABARE »

DIRECTEUR : Professeur jacques USUNGO

PLAN GNEAL DE CRHE

CO-DIRECTEUR : Chef de Travaux Janvier KARUMBA
Tél : +243 999 121 223

E-mail : rodriguentibo20@ gmail.com

PLAN PROVISOIRE DE

RECHERCHE

 
 

Partie Première : Cadre conceptuel de la filière touristique

I

 

II

Chapitre Quatrième : Diagnostic stratégique et enjeux de l'agrotourisme dans le territoire de KABARE

Chapitre Cinquième : Réalisation d'un éventuel projet agrotouristique

II

Chapitre Premier : Généralités sur l'agrotourisme

Chapitre Deuxième : Situation actuelle : KABARE, agriculture locale

Chapitre Troisième : L'agrotourisme à Kabare une pratique émergente pour le

territoire

III

III

COMMENTAIRE

Ce travail, en plus de l'introduction et de la conclusion, nous allons l'organiser en deux grandes parties, chacune divisée en différents chapitres. Un plan a été choisi afin de faciliter la lecture tout en garantissant la logique et l'enchaînement des chapitres.

La première partie visera à présenter le cadre conceptuel de la filière touristique. Elle sera divisée en trois chapitres. Nous partirons d'une approche générale de l'agrotourisme afin de mieux cerner son fonctionnement et ses caractéristiques, pour nous concentrer progressivement sur notre milieu d'étude, ainsi que sur l'émergence de ce milieu via les pratiques agrotouristiques à KABARE. Le premier chapitre, de type introductif, exposera d'une part, une approche historique d'agrotourisme afin de comprendre les éléments de son évolution ainsi que les facteurs qui l'influencent et d'autre part, une approche économique se concentrant sur la présentation des différentes offres agrotouristiques. Ce premier chapitre nous amènera à aborder la principale raison pour laquelle nous voulons intégrer KABARE dans l'agrotourisme. Nous trouvons une réponse dans le deuxième chapitre qui se concentre sur les produits agricoles du territoire de KABARE. Un descriptif se basant sur sa situation actuelle nous conduit à étudier quels changements organisationnels ils occasionnent dans les entreprises touristiques. C'est le troisième chapitre qui nous permettra d'identifier les différents peuvent contribuer à l'émergence de KABARE.

La seconde partie, organisée en deux chapitres, présentera les résultats empiriques et théoriques. Le quatrième chapitre se donnera pour objet de faire le diagnostic stratégique et de définir les enjeux de l'agrotourisme dans le territoire de KABARE, la réalisation d'un projet d'agrotouristique fera objet du dernier chapitre.

IV

IV

EPIGRAPHE

« On ne voulait pas de factice, de scénarisé. Au Barn, on retrouve un environnement naturel, on vit au milieu des chevaux, on mange dehors, on va à la pêche et on fait la cueillette. »

Antoine Ricardou, 2018

V

V

IN MEMORIUM

A mon feu père NTIBONERA BISIKANGWA Odemar dont le recensement céleste nous a fait précocement ôter la bienveillance. Je te dédie mes panégyriques posthumes et d'éloges de ta sollicitude.

Tu as su insuffler un esprit qui vivifie et vitalise en ta famille un savoir être en sus d'un savoir-faire qui illumine un sens aigu de mieux faire. Saches que la mort, cette fatalité, compagne de dernière heure, voyage sans passeport est aussi vie dans l'au-delà. J'en suis fort aise.

Père, acceptes cette oeuvre, fruit d'une indubitable maturité mais surtout l'aboutissement héroïque fournie pernicieusement après un dur labeur.

Acceptes, outre-tombe, ce travail pour mémoire.

VI

VI

DEDICACE

A ma mère SIKUJUWA CIRIMWAMI Ghislaine et à ma soeur Lavie Loraine, sans l'aide de qui cette oeuvre ne serait qu'un simple balbutiement. Votre accompagnement substantiel est sans pareil et seul Dieu, du haut du trône sublime de sa gloire, pourra vous rétribuer à juste titre.

A toutes et à tous engagés dans le développement touristique.

VII

VII

REMERCIEMENTS

Ce travail de deuxième cycle en Accueil et Tourisme, sans prétention encyclopédique, serait resté un voeu pieu n'eut été l'appui de l'Eternel, Dieu, Miséricordieux et Etre-source.

« A tout seigneur, tout honneur » dit-on. Nous adressons nos sincères remerciements aux autorités académiques de l'Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu pour leur formation de qualité.

Une mention spéciale de profonde gratitude est ici adressée au Professeur Jacques Usungo et à l'Assistant Janvier Bagula qui, nonobstant leurs agendas surchargés, ont volontiers accepté de nous accompagner et d'encadrer cette recherche.

Fière chandelle à Bonny KAFUNDWE, à Ariane SIFA MINANI et à la Révérende Soeur Catherine KAVUGHO SAFI pour leurs efforts consentis.

Nous ne pouvons pas rester sans remercier avec un grand accent Nicodème NTAKOBAJIRA, Jacques CIZENGO, Joyeux BAHIDIKA, Claudine BADOSA, Marie-Gorette KIBIBI, Soeur Devota KALERHE, Raïssa CIGOMBA, Robert BIHIGI, Théophile BYADUNIA, Bonheur, Odette, Tafa, Destin, Gustave, Murielle, Diane BINJA, Emmanuela BUTU, Judith MIRINDI, Oscar MIRINDI, Lablonde KABUTELE, Fiston BITULO, Alain MUSHAGALUSA, Paulin MUNYAHU, Yvette NTIBONERA, Claudine MUSIMBI, Corneille.

Nous aurions dû citer toutes celles et tous ceux qui nous sont chers et qui méritent certes une palme dorée en guise d'ultime reconnaissance mais le souci de synthèse nous désoblige.

VIII

VIII

SIGLES ET ABREVIATIONS

AAP : Agence d'Achat des Performances

AT : Accueil et Tourisme

CAID : Cellule d'Analyses des Indicateurs de Développement

CAPSA : Centre d'Adaptation et de Production de Semences Améliorées

CEPGL : Communauté Economique de Pays de Grands Lacs

CRSN : Centre de Recherche en Sciences Naturelles

DIVITOUR : Division Provinciale du Tourisme

FFOM : Force Faiblesse Opportunité et Menace

GLP : Great Lake Plantation

HGR : Hôpital Général de Référence

ICCN : Institut Congolais pour la Conservation de la Nature

IITA : Institut International de l'Agriculture Tropicale ;

INERA : Institut National pour l'Etude et la Recherche Agronomiques

ISP : Institut Supérieur Pédagogique

ISEAV : Institut Supérieur d'Etude Agronomique et Vétérinaire

ISTD : Institut Supérieur de Technique de Développement

ISTM : Institut Supérieur de Technique Médicale

NTIC : Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication

PNKB : Parc National de Kahuzi-Biega

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture

1

1

INTRODUCTION GENERALE

1. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Le choix de ce sujet nous a été inspiré par la réalisation d'un travail pratique dans le cours d'Urbanisme et aménagement du territoire, dans lequel nous avions eu l'occasion de parler de problèmes de l'aménagement du territoire de KABARE. Les activités économiques de celui-ci basées essentiellement sur les activités agricoles nous ont poussésles aborder dans le domaine du tourisme. Voulant étudier ce phénomène basé essentiellement sur l'agriculture et le tourisme, nous comptons saisir l'opportunité que nous offre ce présent mémoire pour identifier et analyser les activités agrotouristiques qui peuvent contribuer au développement du territoire de KABARE.

Ainsi donc, ce modeste travail s'avère-t-il un instrument qui permettra de renforcer, de développer davantage la notion de l'agriculture et de l'orienter dans le tourisme en vue non seulement de conserver les cultures mais surtout attirer les nouveaux touristes (visiteurs potentiels) pour la rentabilité du territoire de KABARE.

Socialement parlant, ce travail sera considéré comme une lampe pouvant éclairer les activités de la communauté locale car les activités agrotouristiques auront un impact positif non seulement sur le développement du territoire de KABARE mais aussi sur le développement de la communauté locale en ce sens que les recettes enregistrées par une immense réservation permettront de financer les différentes activités agricoles de cette communauté locale.

Ce travail sera également un outil de référence pour la communauté scientifique, en ce sens qu'il sera de temps en temps consulté par les futurs chercheurs dans le but d'avoir des informations sur l'agrotourisme en général et sur les activités agrotouristiques qui contribueraient au développement du territoire de KABARE en particulier.

2. ETAT DE LA QUESTION

Plusieurs études ont déjà été menées sur le territoire de KABAREmais aucune recherche d'envergure n'a jamais eu lieu dans le cadre de l'agritourisme. Cela étant, nous nous sommes inspirés de quelques travaux qui ont été réalisés par les prédécesseurs dans les Universités

2

2

européennes et américaines qui avaient mené telle ou telle autre recherche dans le cadre de l'agritourisme. Ces différentes figures emblématiques qui ont apporté une modeste contribution dans le domaine d'agritourisme sont ci-dessous énumérées tout en respectant les idées respectives de leurs contributions :

Faucher Audrey (1998), Valorisation de l'agrotourisme en région : Une stratégie pour un développement durable. L'exemple des Cantons-de-l'Est. Mémoire inédit, Université de Sherbrooke, Département de géographie et télédétection, Faculté des lettres et sciences humaines, 165 p.

Dans son travail, il souligne que l'agrotourisme peut répondre à plusieurs attentes, mais l'aspect économique nedoit pas être la principale raison justifiant ce développement, l'aspect social étant tout autant, sinon plus important.Le développement doit essentiellement passer et provenir des régions mêmes puisquel'agrotourisme vise à valoriser le milieu rural. Toutefois, des outils doivent être développés et mis en place afin d'aider les intervenants dans leurs démarches. Que ce soit par l'embauched'agents attitrés directement au développement de ce secteur d'activité, que par l'élaboration destratégie de développement et de plans d'action adaptés à la région et à leur situation ou par lacréation de centres d'aide, une aide externe devra venir tôt ou tard.

Dans cet ordre d'idées, en termes d'études spécifiques aux régions, dont les Cantons-de-l'Est, ilfaudrait procéder à un sondage complet des retombées économiques des activités etévénements à caractère agrotouristique ainsi qu'à un sondage traitant de la satisfaction de laclientèle. Également, suite à l'adoption d'une planification stratégique de développementrégional, il faudrait réaliser des plans d'actions adaptés à la stratégie ainsi qu'un plan decommunication approprié. Enfin, il faudra prévoir des moyens d'évaluation efficaces tant desactivités que de la satisfaction de la clientèle.

Par ailleurs il faudra, dans un court délai, commencer à structurer le développement del'agrotourisme à l'échelle du Québec. Cela permettra d'unir les efforts promotionnels etcontribuera à doter le Québec d'une « image » agrotouristique.

3

3

Lise CHEVALLIER(2009), Importance socio-économique de l'agritourisme et des circuits courts en région Midi-Pyrénées,Mémoire inédit, Université Lumière-Lyon II, Faculté de Géographie, Histoire, Histoire de l'art et Tourisme, 135p.

Dans son travail, il souligne que la diversification agricole, encore méconnue aujourd'hui, répond aux attentes sociétales et suscite ainsi un intérêt grandissant auprès des pouvoirs publics. La Chambre Régionale d'Agriculture, commanditaire de l'étude, souhaite améliorer sa connaissance sur deux activités en particulier, à savoir la vente en circuits courts et l'agritourisme, afin d'adapter son accompagnement auprès des structures engagées. Les résultats présentés dans ce travail sont issus d'entretiens réalisés avec les différents partenaires régionaux ainsi que des rencontres sur le terrain auprès d'une partie des agriculteurs impliqués dans ces activités. Après avoir dressé un profil des exploitations diversifiées, le poids socio-économique de la vente en circuits courts et de l'agritourisme est évalué. Pour finir, des leviers d'actions sont proposés pour le soutien et le développement de ces activités. Dans son travail, elle a encore mis l'accent sur la méthode FFOM en présentant, d'une manière détaillée, d'une part les forces et les faiblesses d'une entreprise agrotouristique et d'autre part les opportunités et les menaces qui peuvent être liées aux activités agrotouristiques de l'environnement.

Sophie THOMAS (2009), L'agritourisme : une opportunité de développement pour un territoire ? Le cas du territoire Valence Drôme Ardèche Centre, Mémoire inédit, Université Lumière-Lyon II, Faculté de Géographie, Histoire, Histoire de l'art et Tourisme, 178p.

Dans ce travail, l'auteur a voulu montrer que le territoire VALDAC n'a pas d'identité et répond à une logique de projets. Mais, lesdifférents espaces qu'il concentre sont complémentaires. Des liens étroits existent entrel'urbain, le périurbain et le rural de moyenne montagne que ce soit pour le travail, le logementet les loisirs. Même si Valence et son agglomération représentent plus de la moitié de sapopulation, le territoire VALDAC est à dominante rurale. L'agriculture y est encore bienprésente et propose des produits de qualité. A cause des difficultés économiques, certainsagriculteurs diversifient leurs activités vers le tourisme.

4

4

L'auteur souligne que le territoire VALDAC compte 101 exploitations agritouristiques, réparties de manièrehétérogène. La partie ardéchoise semble plus propice au développement de l'agritourismenotamment la vallée du Doux qui a un fort potentiel de développement avec le redémarragedu train touristique du Mastrou en 2011. Diverses prestations agritouristiques s'offrent auxtouristes que ce soit l'hébergement, la restauration et/ou les loisirs. Les agriculteurs proposentdavantage de visites alors que la tendance du département de l'Ardèche se centre surl'hébergement à 80 %. L'offre agritouristique en VALDAC doit se démarquer des autresprestations que proposent l'Ardèche Méridionale afin d'attirer une clientèle en toute saison.L'agritourisme a une image positive dans notre société. Authenticité, terroir etpatrimoine séduisent en effet les touristes. Aussi, les exploitants agricoles doivent mettre enoeuvre des stratégies pour diversifier l'offre et être attentifs aux attentes de la clientèle. Toutefois, l'auteur souligne qu'il ne faut pas négliger la demande de proximité, la population locale et les résidentssecondaires. La famille est aussi une clientèle à rechercher puisque les enfants aiment engénéral les animaux de la ferme. Pour eux, c'est un moyen ludique d'apprendre pendant sesvacances.

Face à la crise agricole, l'agritourisme apparaît comme une réelle opportunité dedéveloppement pour les exploitations en perte de vitesse. Il peut être incitatif pour la reprised'exploitations dont les propriétaires vieillissants sont en quête de repreneurs. Cette forme detourisme peut maintenir des couples à la ferme et éviter les emplois d'appoint à l'extérieur del'exploitation. Il permet aussi de rompre la monotonie du quotidien par des contactsrelationnels avec la clientèle, de s'ouvrir au monde extérieur par le biais d'Internet et des'adapter en permanence à l'évolution de son activité principale. Autant de challenges que denouveaux exploitants volontaires doivent pouvoir relever.

Eu égard à ces différents travaux susdits, notre travail met un accent beaucoup plus particulier sur un des territoires ruraux de la province du Sud-Kivu à l'occurrence le territoire de KABARE car l'agriculture constitue l'activité principale de la population de ce territoire dans sa partie Nord et le tourisme est en plein essor via le Parc National de Kahuzi-Biega qui offre à ses clients une multitude d'attraits caractérisés principalement par la visite de Gorilles des plaines orientales qui est une espèce endémique de la République Démocratique du Congo. Vu l'importance accordée à ces deux types d'activités, il nous paraît important de trouver l'élément

5

5

commun de ces activités et l'entreprendre sous diverses formes dans notre territoire dans le souci d'apporter notre contribution à son développement.

3. PROBLEMATIQUE

Pour DONALD LONG, (2004 :5) :« La problématique de recherche est souvent perçue et enseignée comme une démarche systématique qui, une fois suivie, débouche inévitablement sur la formulation d'hypothèses appropriées, pertinentes et logiques ».

Et pour l'équipe d'auteures et d'auteurs dirigée par Benoît GAUTHIER (1986 :6) parlent ainsi de la problématique de recherche : « Par l'expression problématique de la recherche, on réfère généralement à l'ensemble des éléments formant problème, à la structure d'informations dont la mise en relation engendre chez un chercheur un écart se traduisant par un effet de surprise ou de questionnement assez stimulant pour le motiver à faire une recherche ».

Quant à André LAMOUREUX (1995) cité par DONALD LONG (2004 :7), il nous livre sa pensée sur le sujet dans son livre intitulé, Recherche et méthodologie en sciences humaines : « La construction de la problématique consiste à traduire une idée de recherche d'abord vague (et abstraite) en une question précise (et concrète) à vérifier dans la réalité. C'est par un travail de raisonnement logique et rigoureux que le chercheur effectue ce rétrécissement progressif du champ de sa recherche ».

De tout ce qui précède, nous pouvons définir la problématique comme étant un ensemble des questions que se pose le chercheur dans sa quête sur un sujet donné.

Au monde, l'espace rural est caractérisé par la diversité de paysages - notamment façonnés par l'homme et par l'activité agricole -, par la présence d'espaces naturels préservés, de forêts mais aussi par de patrimoine culturel, architectural et gastronomique riche, par des traditions et par les populations qui y vivent.

Actuellement, la société est prête au tourisme vert pour valoriser les espaces ruraux contribuant ainsi à la multiplication des activités récréatives. Parmi celles-ci, l'agrotourisme est identifié comme spécifique aux espaces ruraux, en particulier ceux de ressources naturelles.Ainsi

6

6

l'agrotourisme est devenu un objet de recherche pertinent pour examiner l'originalité des modalités de développement de territoires ruraux.

L'agriculture se présente de façon particulière dans la filière touristique. En effet, l'agrotourisme ne relève pas d'une seule et unique filière économique mais s'inscrit dans au moins deux : l'agricole et le touristique. Cette double inscription soulève des questions dans la mesure où il peut s'agir des différentes formes. Le tourisme est une activité qui s'appuie essentiellement sur la valorisation d'une ressource territoriale qu'elle soit naturelle, artificielle ou culturelle. L'agrotourisme use de même ressort, il est la concrétisation à un moment donné d'un ensemble de motivations liées à la conduite de l'activité principale que la visite.

Toutefois, le développement de l'agrotourisme sous d'autres cieux, s'est depuis étendu à d'autres types d'entreprises agricoles et il connaît un certain essor depuis les cinq dernières années. Pour plusieurs types d'entreprises agricoles, dont la mise en marché collective est inexistante ou en développement, l'accueil de touristes ou d'excursionnistes dans leur entreprise constitue un mode de mise en marché privilégié. Tout en offrant leurs produits agricoles, les producteurs ouvrent ses portes afin que la clientèle puisse se familiariser avec les étapes de la production et de la transformation de leurs produits. La qualité de l'accueil et de la prise en charge du visiteur durant son passage dans l'entreprise agricole est ce qui distingue une entreprise agrotouristique d'une exploitation agricole n'offrant que la vente de ses produits ou de l'auto cueillette de fruits et de légumes.

Bien implanté dans les pays développés, l'agrotourisme permet généralement à des touristes de séjourner dans des fermes, participer aux activités agricoles et interagir avec les communautés locales. Cette forme de tourisme se développe maintenant dans d'autres pays d'Afrique ; comme en Afrique du Sud où elle est en plein essor. Les vacances à la ferme et les visites des vignobles constituent parmi d'autres activités, un moyen précieux pour des agriculteurs sud-africains de générer des revenus dans un contexte agricole et économique difficile. L'agrotourisme est désormais le secteur qui connaît la plus forte croissance de toute l'industrie écotouristique.

7

7

Au Sud-Kivu, précisément dans le territoire de KABARE, alors que l'agriculture reste le principal moyen de subsistance pour la majorité de la population, sa contribution à la valeur économique ajoutée a décliné ces dix dernières années. En revanche, le secteur du tourisme, qui a enregistré une forte croissance surtout dans la partie Nord du territoire, est la force vive de nombreuses économies pour les communautés riveraines du Parc National de Kahuzi-Biega.

Néanmoins, dans l'ensemble du territoire, le tourisme stimule la demande dans le secteur agricole local, favorisant ainsi une alimentation saine et nutritive tout en célébrant la cuisine et la culture traditionnelle. Les tendances mondiales qu'il s'agisse de changement climatique ou d'économie verte, de nutrition, de santé et de conservation du patrimoine, favorisent toutes la croissance de l'agrotourisme. Les études de marché actuelles indiquent que les touristes préfèrent de plus en plus des produits et expériences authentiques en matière de nourriture, de culture et de patrimoine locaux.

C'est dans ce contexte que nous voulons lancer l'initiative pour encourager et développer l'agritourisme dans le territoire de KABARE d'où notre thématique principale : « l'agrotourisme : une opportunité pour le développement du territoire de KABARE ».

De notre question principale, y a-t-il possibilité de valoriser les produits agricoles locaux et l'agritourisme à KABARE ?, proviendra quatre questions qui nous serviront de poteaux indicateurs tout au long de ce modeste travail. Elles sont ci-dessous énumérées :

V' Les cultures du territoire de KABARE peuvent-elles servir de moyen autour duquel on peut monter un produit touristique ?

V' Quels sont les clients potentiels des produits agrotouristiques du territoire de KABARE ?

V' Comment l'agritourisme est-elle une opportunité pour le développement socioéconomique du territoire de KABARE ?

V' Quel moyen peut-on mettre en oeuvre pour promouvoir l'agritourisme dans ce territoire ?

8

8

4. HYPOTHESES

Pour Raymond TREMBLAY et al (2006 :1) ; dans son article « Savoir plus : outils et méthodes de travail intellectuel » :« Une hypothèse est la réponse présumée à la question qui oriente une recherche. C'est une supposition qui est faite en réponse à une question de recherche ».

Et DONALD LONG (2004 :7) de renchérir en ces termes :« Une hypothèse comporte quatre caractéristiques particulières : une énoncé, une prédiction, un outil de vérification et une réponse à une question. Une hypothèse est une énoncé parce qu'elle affirme une idée. Elle est une prédiction parce qu'elle prévoit des résultats à la suite d'une expérience. Elle est un outil de vérification parce qu'elle établit des relations entre des concepts qui demanderont d'être mesurés et évalués. Enfin l'hypothèse est formulée en guise de réponse à la question de recherche ».

En somme, une hypothèse est une proposition de réponse aux questions qu'on se pose à propos de l'objet de recherche, formulée en des termes tels que l'observation et l'analyse puissent fournir une réponse.

Compte tenu des faits décrits, nos hypothèses s'articulent sur quatre réponses provisoires ci-après :

V' Les cultures du territoire de KABARE pourraient servir de moyen autour duquel on pourrait monter un produit touristique qui motiverait les déplacements des touristes ;

V' Les clients potentiels seraient les touristes qui achèteraient les permis de visites pour se rendre au Parc National de Kahuzi-Biega car il semblerait que ces derniers pourraient se rendre d ans la chefferie de KABARE, dans le cadre du tourisme culturel avant d'aller à TSHIVANGA ;

V' L'agritourisme serait une opportunité de développement en ce sens qu'il pourrait générer des revenus insoupçonnés susceptibles de renflouer le budget du territoire, accroître le revenu des citoyens et promouvoir le développement communautaire tout en finançant les activités agricoles de paysans ;

9

9

V' La promotion de l'agritourisme dans ce territoire serait liée au développement d'une série de stratégies innovantes à définir.

5. OBJET DU TRAVAIL

Pour bien mener notre investigation, nous nous sommes assignés les objectifs généraux ainsi que spécifiques.

Globalement parlant, la présente étude vise à développer des connaissances liées à la vente de produits agricoles sur une exploitation agrotouristique et son impact sur l'émergence du territoire de KABARE, à élaborer des stratégies pour promouvoir les produits agricoles de ce territoire à l'aide des pratiques touristiques, à en attirer ceux qui n'ont pas encore visité ledit territoire.

De cet objet découle les objectifs ci-dessous énumérés :

V' Identifier les produits agricoles locaux du territoire de KABARE ;

V' Identifier les potentiels agrotouristiques de ce territoire ;

V' Evaluer le potentiel de développement de cette activité et ses retombées économiques; V' Réaliser un projet agrotouristique.

6. DELIMITATION DU SUJET

Spatialement parlant, notre étude porte sur le territoire de KABARE dans sa partie Nord où l'activité agricole s'est fait remarquer. Toutefois, pour l'explication de certains faits importants, nous serons obligés, quand le besoin se présentera, de parler aussi de la partie sud du territoire de KABARE

Au niveau chronologique, notre étude s'étend sur une période qui va de 2015 à 2018, période pendant laquelle nous avons suivi un documentaire sur le fonctionnement et les caractéristiques de l'agrotourisme au Québec et avons entamé nos investigations sur la question en territoire de Kabare.

10

10

7. METHODOLOGIE DE RECHERCHE

La méthodologie des sciences est un sujet très important dans la mesure où il est très difficile de maîtriser notre monde sans d'abord savoir comment la science nous aide à prendre connaissance de lui. La connaissance parfaite de ce terme nous permettra de bien mener notre travail au bon port. Cela étant, il nous paraît important de signaler que plusieurs auteurs ont apporté un éclaircissement en donnant chacun une définition au terme « méthodologie » en de termes presque semblables malgré les différentes écoles qui les caractérisent.

Pour M.-A. TREMBLAY (1968:92), « La méthodologie scientifique définit les exigences théoriques et opératoires de l'observation. Elle énonce à la fois les principes à respecter dans la préparation du travail et la collecte des faits. Elle est une véritable logique opératoire en ce sens qu'elle précise les différentes étapes du processus de recherche, c'est-à-dire l'ensemble des étapes à franchir et des procédés à utiliser pour obtenir une connaissance scientifique. La méthodologie confère donc aux résultats un fondement légitime parce qu'ils découlent de principes et de procédés rationnels. Chaque science de l'homme possède sa propre méthodologie qui s'inspire, bien entendu, de la méthodologie scientifique générale ».

Quant à Maurice ANGERS (1992 : 353) de renchérir en ces termes :« La méthodologie est un ensemble des méthodes et des techniques qui orientent l'élaboration d'une recherche et qui guident la démarche scientifique »

Et R. QUIVY et L. VAN CAMPENHOUDT (1988 :4) souligne ce qui suit :« Il importe avant tout que le chercheur soit capable de concevoir et de mettre en oeuvre un dispositif d'élucidation du réel, c'est-à-dire, dans son sens le plus large, une méthode de travail. Celle-ci ne se présentera jamais comme une simple addition de techniques qu'il s'agirait d'appliquer telles quelles mais bien comme une démarche globale de l'esprit qui demande à être réinventée pour chaque travail ».

En définitive, le terme méthodologie peut désigner l'ensemble des méthodes, des techniques et des approches utilisées soit pour rassembler les données, soit pour les analyser, soit encore pour traiter les résultats des investigations.

11

11

On comprendra ainsi aisément que la méthodologie de la recherche s'avère incontournable pour celui qui entend s'initier à une science, car elle renvoie à la connaissance des règles, étapes et procédures auxquelles les scientifiques recourent pour faire de la science et expliquer notre univers d'une manière scientifique.

Selon R. PINTO et M. GRAWITZ (2001 :351) : « Une méthode est l'ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre et les vérifie ».

Dans le cadre de notre recherche pour la récolte des informations ou données fiables en vue de la réalisation de ce travail, il nous semble utile de nous appuyer à la méthode analytique. Cette méthode trouvera son opérationnalité dans plusieurs postulats notamment la description, la critique et tant d'autres qui justifient toute analyse et la rendent conclusive. Elle nous permettrad'analyser,à l'aide de la méthode FFOM, les activités agricoles tout en les assimilant aux activités touristiques dans l'unique but de mieux faire connaître et valoriser le monde rural.

Parlant des techniques, Madeleine GRAWITZ (2001:353) : « Les techniques ne sont que des outils mis à la disposition de la recherche et organisées par la méthode dans ce but. Elles sont limitées en nombres et communes à la plupart de sciences ».

Tout au long de notre recherche, trois techniques seront prises en compte : la technique d'enquête par questionnaire, la technique d'observation participante et la technique documentaire.

? L'enquête par questionnaire

Cette technique nous permettra de recueillir les données en posant certaines questions auxquelles nos enquêtés répondront librement.

? La technique d'observation

Elle nous permettra de collecter les données nécessaires à partir d'une présence sur le terrain pendant laquelle nous serons en train de sélectionner les différentes plantes qui peuvent faire objet de notre étude agrotouristique.

12

12

? La technique documentaire

A partir de cette technique, nous aurons à rassembler et à consulter les documents écrits que nous aurions trouvé dans des bibliothèques et les dépôts d'archives de la place. Il s'agit notamment des documents d'archives, des archives, des ouvrages, des travaux de fin de cycle et des mémoires, mais aussi des notes de cours qui nous aideront à mieux cerner notre travail.

8. DIFFICULTES RENCONTREES

Tout travail scientifique expose le chercheur à des contraintes ou obstacles vis-à-vis de ses investigations. La réalisation de ce travail s'est heurtée à de multiples difficultés qui se résument comme suit :

? Les difficultés financières ne sont pas à négliger car il nous arrivait quelque fois de stopper les recherches faute de moyens matériels et financiers ;

? La réticence de certains enquêtés à pouvoir nous fournir des informations relatives à notre étude. Cette difficulté a été contournée par le recours aux enquêtés de bonne foi ;

? L'accès aux données voulues constitue l'épineux problème auquel nous avons eu à faire face. Pour le contourner, nous avions payé le frais de recherche au GLP de MBAYU équivalent à 10$ USD ;

? La maladie.

Tout ceci a été une grande barrière à l'avancement de notre travail. Mais, les faits ci-haut énumérés ne nous ont pas empêchés de poursuivre notre étude et de l'amener à terme faisant usage de nos capacités et de nos relations particulières pour accéder à certaines données auprès de nos enquêtés.

9. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Ce travail, en plus de l'introduction et de la conclusion, s'articule autour de deux grandes parties, chacune étant subdivisée en différents chapitres.

13

13

La première partie vise à présenter le cadre conceptuel de la filière touristique. Elle sera divisée en trois chapitres. Nous partirons d'une approche générale de l'agrotourisme afin demieux cerner son fonctionnement et ses caractéristiques, pour nous concentrer progressivement sur notre milieu d'étude, ainsi que sur l'émergence de ce milieu via les pratiques agrotouristiques. Le premier chapitre de type introductif, exposera d'une part, une approche historique de l'agrotourisme afin de comprendreles éléments de son évolution ainsi que les facteurs qui l'influencent et d'autre part, une approche économique se concentrant sur la présentation des différentes offres agrotouristiques. Cepremier chapitre nous amènera à aborder la principale raison pour laquelle nous voulons intégrer KABARE dans l'agrotourisme. Nous trouvons une réponse dans le deuxième chapitre qui se concentre sur les produits agricoles du territoire de KABARE. Il s'agit d'un descriptif qui se base sur sa situation actuelleet qui nous conduit à étudier les changements organisationnels introduits dansles entreprises touristiques. C'est le troisième chapitre qui nous permettra d'identifier les différentes cultures qui peuvent contribuer à l'émergence de KABARE.

La seconde partie, organisée en deux chapitres. Le quatrième établira un diagnostic stratégique et définira les enjeux de l'agrotourisme dans le territoire de KABARE. Enfin, la réalisation d'un projet d'agrotouristique fera objet du dernier chapitre.

14

14

15

15

CHAPITRE PREMIER : GENERALITES SUR L'AGROTOURISME

Etant le premier chapitre de la première partie de notre travail, ce chapitre mettra un accent particulier sur l'agritourisme tout en se focalisant sur les différents points qui seront développés dans les lignes suivantes, car celui-ci donnera aux lecteurs l'envie de poursuivre la lecture de ce travail tout en enrichissant leurs connaissances à l'aide des éléments clés que renferme ce travail notamment, l'historique de l'agritourisme, son évolution à travers le monde, les différents auteurs qui ont apporté telle ou telle autre contribution quant à la définition de ce terme pour ne dire que cela. Ce chapitre fera aussi un survol du mode de fonctionnement de l'agritourisme, de son offre ainsi que des caractéristiques de l'offre agritouristique.

1. DEFINITIONS DE L'AGROTOURISME

Partout l'on connait l'indéniable apport du touriste en milieu rural et l'on tente de l'attirer et de le retenir en territoire rural afin de générer des retombées économiques dans les régions trop souvent désertes.

Une première tentative de définition de l'agritourisme présente le concept comme étant le tourisme qui amène la personne, la famille ou le groupe à se déplacer pour visiter et découvrir le milieu agricole et qui, par des activités et des services organisés, permettrait de mettre en valeur le territoire agricole, ses habitants, leurs produits, leur mode de vie et leurs valeurs tout en créant un contact étroit entre les visiteurs et les visités » (Laurent BOURDEAU, 2002).

Activité économique en plein essor, l'agrotourisme est souvent confondu avec la pratique du tourisme en milieu rural (BOURDEAU, 2002). L'agrotourisme (ou l'agritourisme) peut représenter pour la profession agricole une source de diversification des revenus alors qu'il représente pour le touriste une occasion de rencontrer directement le producteur dans son milieu. Cependant, on connaît encore peu de chose sur cette activité économique et touristique.

L'agritourisme a été défini par plusieurs auteurs mais nous retiendrons dans les lignes suivantes les différentes définitions qui ont plus traits à notre thématique de recherche.

La définition proposée par le Small Farm Center en 1979 (de l'Université de Californie) obtient l'assentiment de la majorité des intervenants américains : « L'agrotourisme réfère à

16

16

l'acte de visiter une ferme « en opération » ou n'importe quelle entreprise agricole, horticole ou agroalimentaire dans un but éducatif, de divertissement ou pour participer de façon active aux activités de l'entreprise » (BOURDEAU 2002).

Aux États-Unis l'agrotourisme est défini de façon très large et essentiellement du point de vue de la demande, ou selon l'intention d'achat du visiteur. La définition ne fixe aucune balise liée à la portion du revenu de l'entreprise directement issue des activités agrotouristiques par rapport au revenu total de l'entreprise. Ellen RILLA, directrice du Small Farm Center,

mentionne d'ailleurs qu'il s'agit d'un choix délibéré ; l'organisation souhaite ainsi avoir
davantage de latitude pour jeter les bases du secteur agrotouristique. Par ailleurs, la présence du qualificatif « en opération » pour qualifier la ferme agrotouristique tend à exclure les exploitations qui ne retirent pas d'abord et avant tout un revenu de leurs opérations agricoles.

Le Groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec définit l'agrotourisme comme :

« ...une activité touristique complémentaire à l'agriculture ayant lieu sur une exploitation agricole. Il met en relation des producteurs agricoles avec des touristes ou des excursionnistes, permettant ainsi à ces derniers de découvrir le milieu agricole, l'agriculture et sa production à travers l'accueil et l'information que leur réserve leur hôte : (...) Il convient de souligner que ce sont les services d'accueil et de diffusion d'informations à caractère agricole qui en spécifient l'aspect agrotouristique » (BOURDEAU 2002).

Cette définition représente la conclusion consensuelle résultant des discussions tenues par les différents partenaires québécois impliqués dans le Groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec. Elle s'attache ainsi à distinguer l'agrotourisme du tourisme rural et de la vente directe des produits agricoles au public. Elle vise également à cerner l'agrotourisme au plan réglementaire, et ce, afin d'assurer le développement et la promotion des entreprises agrotouristiques en zone agricole. Soulignons que la définition se positionne clairement dans la perspective du producteur agricole.

L'agrotourisme peut ainsi être défini comme : « Une expérience touristique réalisée dans le milieu agricole. Cette expérience repose sur la relation entre une organisation agricole, les services qui accompagnent le produit agricole et le touriste (excursionniste). La demande pour ce type de services est conçue dans une perspective d'agrément » (BOURDEAU 2002).

17

17

L'expérience touristique comporte la notion de déplacement temporaire du touriste vers le lieu agricole. Pour que cette expérience soit agrotouristique, le touriste doit donc se déplacer sur les lieux agricoles. À ce titre, un marché urbain vendant des produits régionaux n'est pas une activité agrotouristique. Le milieu agricole englobe l'ensemble des lieux qui sont attachés à la production et à l'interprétation du monde agricole. Le milieu agricole comprend donc, outre la ferme, le musée, la foire, le festival agricole, le lieu de transformation agroalimentaire, etc.

L'agrotourisme nécessite la participation de l'organisation agricole, que ce soit par la présence du producteur (de sa famille ou de ses employés), ou d'autres entreprises (associations, musées, coopératives, etc.) oeuvrant dans le domaine agricole. Il implique également que le producteur ou l'organisation agricole fournisse plus qu'un produit agricole. La distinction entre le produit agricole ou agroalimentaire et le produit agrotouristique peut en effet se caractériser par le fait que le « produit » - dans son aspect utilitaire - n'est pas l'unique élément recherché lors de la pratique de l'agrotourisme. C'est l'ensemble de l'expérience vécue à travers l'offre du service (qui intègre alors tant le produit agricole que les informations et l'animation) qui lui donne sa caractéristique agrotouristique.

Cette dimension « service » du « produit agrotouristique » permet partiellement de distinguer les activités strictement offertes aux touristes, de celles offertes également aux résidents locaux. En effet, les services que représentent l'hébergement, l'accueil, la restauration et les activités de loisirs sont le plus souvent réservés aux touristes, tandis que la seule vente de produits agroalimentaires s'adresse généralement aux résidents.

Finalement, on peut distinguer le type de demande (locale ou touristique) pour les produits agricoles par le fait que la demande locale est généralement une demande « utilitaire » (visant à satisfaire les besoins utilitaires de base). La demande touristique pour sa part se caractérise par la dimension d'agrément (le touriste ne va pas simplement acheter des produits de nécessité chez le producteur, il va y découvrir les produits du terroir et les produits régionaux, y pratiquer des loisirs, échanger avec les producteurs, acquérir des connaissances à propos des caractéristiques régionales, baigner dans une atmosphère bucolique, etc.). La notion d'agrément comprend à ce titre, non seulement les activités de divertissement, mais également les activités éducatives et culturelle s qui sont réalisées dans un but non utilitaire.

18

18

De notre part, tout en nous focalisant sur toutes les définitions précédentes tirées de Bourdeau, nous disons que l'agrotourisme est une activité touristique qui est complémentaire à l'agriculture et qui a lieu dans une exploitation agricole. Il met en relation les productrices et les producteurs agricoles avec les touristes ou les excursionnistes et permet à ces derniers de découvrir le milieu agricole, l'agriculture et sa production à la faveur de l'accueil et de l'information que leur réserve leurs hôtes.

2. AUX ORIGINES DE L'AGROTOURISME

Le XIXème siècle a amené avec lui un lot de changements quant à la répartition démographique et socio-économique. Suite à l'industrialisation et à l'urbanisation, les campagnes se sont progressivement dépeuplés au profit des villes qui représenteraient la nouvelle voie de l'avenir et qui devraient offrir davantage d'opportunités de travail (Laurent BOURDEAU, 2001).

Que ce soit pour des aspirations économiques, sociopolitiques ou culturelles, le contexte général actuel pousse de nombreuses personnes à s'intéresser d'avantages à l'environnement, au plein air et à la ruralité. A cet égard, plusieurs intervenants touristiques ont cherché à profiter de cette tendance et à se positionner en inventant de nouveaux modes d'évasion d'où découleront de nouveaux vocables, ainsi, des termes tels : Ecotourisme, Tourisme vert, Tourisme rural, Agritourisme, Envirotourisme, etc. sont nés. (Laurent BOURDEAU, 2001).

3. EXPERIENCES DE L'AGROTOURISME DANS LE MONDE

Afin de bien situer le positionnement actuel du territoire de KABARE en matière d'agrotourisme et de se doter d'une vision d'ensemble des offres qui sont mises en avant dans ce domaine, il importe d'examiner de plus près l'évolution des produits offerts à l'extérieur.

Effectuons un bref survol sur la forme que prend l'agrotourisme ailleurs dans le monde en mettant un accent beaucoup plus particulier aux pays européens à l'occurrence la Belgique, la France et l'Espagne ; aux pays américains en considérant l'Etat fédéré du Vermont aux Etats-Unis comme pays type ; aux pays africains, cas de l'Afrique du Sud, de la Tanzanie et enfin, nous parlerons de l'agrotourisme en République Démocratique du Congo, pour nous plonger progressivement au Sud-Kivu précisément, dans le territoire de KABARE.

19

19

3.1. En Europe

3.1.1. La Belgique

L'émergence de l'agritourisme en Belgique s'annonce au début des années soixante-dix. Certaines études affirment que cette activité développait une forme davantage structurée dans ce pays. En 1973, l'alliance agricole belge faisait la promotion du tourisme à la ferme et au cours des années suivantes, les régions vivaient la mise en place de sérieux programmes.

En 1978, va naître un organisme national dénommé « FETOURAG » (Fédération de Tourisme Agricole), qui veillera à la représentation et l'organisation d'un tourisme de qualité en vue de valoriser les potentialités paysannes de tout ordre (touristique, architectural, culturel et humain).

Dans son encouragement au développement de cette forme de tourisme, la Belgique a mis sur pied des systèmes d'aides financières : primes à l'investissement, primes en capital et subventions particulières, (FETOURAG, 2016).

3.1.2. L'Espagne

En Espagne, une forte demande touristique dans l'espace rural provient principalement de la classe moyenne. En effet, dès 1967, l'Espagne a encouragé le développement de l'agritourisme grâce à des aides financières destinées à subventionner l'implantation des structures et l'aménagement des circuits.

Par ailleurs, les Ministères de l'Agriculture et du Tourisme ont collaboré à la publication d'un guide touristique dans le cadre d'un programme médiatique spécifiquement intitulé : « Programme de vacances dans les exploitations agricoles ».

Pilar GALINDEZ CABRADOR, Sociologue de l'Institut Espagnol de Tourisme, soutient que « le tourisme rural se présente sous une diversité de formes qui dépendent principalement du type d'hébergement que choisi le touriste éventuel, dans cette optique, « l'agritourisme serait donc celui qui utilise le logement offert dans des fermes ou des exploitations agricoles ».

20

20

Selon la même spécialiste « ... on constante en Europe la présence de deux modes principaux d'hébergement en milieu agricole : l'hébergement dans la maison du fermier et l'hébergement dans une demeure secondaire de la ferme » (Pilar GALINDEZ, 2017).

En Espagne, on semble donc estimer que le tourisme du milieu agricole, l'agritourisme, doit reposer sur des entreprises flexibles différentes des structures plus rigides correspondant à l'hôtellerie commerciale de masse. La principale mission de l'agritourisme dans ce pays est de contribuer à ce que l'agriculture n'abandonne pas la campagne et que les producteurs agricoles s'enrichissent de nouveaux contacts humains.

3.1.3. LaFrance

Selon les références consultées sur Google portant sur l'agritourisme dans le ce pays, la France est sans doute le pays où la littérature est la plus abondante en matière d'organisation du tourisme rural en général et de l'agritourisme en particulier. Plusieurs intervenants y ont longuement réfléchi et pose de nombreux gestes notamment en matière d'organisation et de mise en place des sites des vacances rurales.

Ainsi, en matière d'hébergement, on constante que dès novembre 1948, le label « gîtes de France » était créé. En 1952, cet important réseau comprenait 3 914 gîtes et hôtels qui représentaient un total de 69 919 chambres. Toujours dans le même ordre d'idées, c'est en 1954 que se développe le réseau « gîtes ruraux de France » puis en 1959 celui des « Villages-Vacances-Familles ». Enfin, c'est en 1970 que naît un Organisme National qui vise la concertation et la coordination des partenaires du tourisme rural, soit le tourisme en espace rural.

En France, plusieurs intervenants considèrent que le tourisme rural est une activité qui offre une débouchée aux produits du territoire. Il permet en effet, de commercialiser une partie importante de la production locale. Dans ce sens, certaines régions se sont dotées de point de vente collective de produits des fermes.

3.2. En Amérique du Nord, le Vermont aux Etats-Unis

Bien que beaucoup plus récente, l'expérience nord-américaine en matière d'agritourisme mérite d'être examinée.

21

21

Le 14emeEtat de l'Union Américaine, vivant essentiellement de l'agriculture, de l'élevage et du tourisme, le Vermont, s'agite de créativité et de dynamisme dans le domaine du tourisme rural et celui de l'agritouristique. Sur un territoire fortement agricole, les intervenants de la région s'accordent sur l'intérêt de toute mise en valeur du potentiel de leur économie. Dans ce contexte, le Vermont a développé au fil des ans un réseau regroupant des gîtes et des fermes à visiter. Ce circuit des fermes accueille les visiteurs et leurs offre le gîte et le petit déjeuner.

Après un premier séminaire d'introduction en mars 1936, le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation du Vermont a organisé en mai 1996, un deuxième portant sur le marketing agrotouristique. On y a abordé l'élaboration du plan marketing ainsi que la publicité afin d'initier les entrepreneurs agricoles à développer une brochure ou un communiqué de presse. La notion de mise en marche de produits agricoles s'avère donc central dans la vision des intervenants Agrotouristiques du Vermont.

Il est à constater également que les Américains exploitent diverses avenues de mise en marche certainement intéressantes. Ainsi, plusieurs actions explorées par ces derniers tournent autour du développement du concept d'emballage promotionnel ; une formule qui accompagne le produit d'une fiche qui devient un outil de promotion.

Cette option découle du constat que la mise en marche des produits agricoles sur les lieux de production attire notamment beaucoup d'excursionnistes et permet aux producteurs de diversifier leurs revenus et ainsi de continuer à offrir d'autres activités touristiques. Ces occasions deviennent ainsi des facteurs de renforcement des productions régionales.

Par ailleurs, plusieurs intervenants américains soulèvent le fait que les festivals puissent devenir les leviers économiques importants tant pour le produit d'une région que pour son positionnement touristique. Dans bien des cas, ces événements attirent une clientèle touristique régionale et nationale voire internationale, qui contribue de façon importante, en l'espace de quelques jours, à accélérer le rythme de l'économie régionale, (source : Google consulté le 07 juillet 2018).

22

22

3.3. En Afrique

3.3.1. La Tanzanie

Dans ce pays, l'agritourisme attire les touristes européens et asiatiques.

Pour ce faire, la Tanzanie poursuit les efforts visant à renforcer sa compétitivité touristique en Afrique. Son secteur du tourisme a subi un léger choc en 2017 en raison de la baisse des revenus de l'hôtellerie, mais il compte bien augmenter de nouveau ses revenus. L'agritourisme a la capacité de développer le secteur agricole ainsi que de promouvoir le secteur du tourisme.

Pour ce pays, le tourisme en milieu agricole est le prochain programme prioritaire dans le calendrier du pays afin d'attirer des recettes supplémentaires. Cette opportunité permettrait, selon le Gouvernement, d'éradiquer le taux élevé de pauvreté dans les zones rurales et de changer le statut social et économique des agriculteurs.

Le quartier MONGALA, au Nord de la Tanzanie, où se déroule la plus grande partie de la culture de l'oignon, est un lieu stratégique pour les touristes, car il se trouve dans les escarpements d'Eyasi, en bordure du lac Eyasi. La nouvelle forme Geopark Tourism cherche à augmenter le nombre de touristes visitant le pays avec la Chine considérée comme un marché émergent pour le secteur du Tourisme en Tanzanie. Avec de recettes accrues, la Tanzanie peut continuer à renforcer son statut économique, créer des opportunités d'emploi pour la population et développer le secteur des entreprises (Ali ATTAR, 2018).

3.3.2. La Tunisie

La Tunisie est l'un des plus gros producteurs d'huile d'olive au monde. Un tiers de terres tunisiennes sont recouvertes d'oliviers et cette agriculture s'oriente de plus en plus vers une production haut de gamme. A partir de cette richesse, les Tunisiens voudraient faire naître une nouvelle forme de tourisme, comme il existe un tourisme viticole.

« Inspirés par la popularité de l'agritourisme en Europe et de routes d'huile d'olive en Italie, en Espagne et en Croatie, les producteurs explorent maintenant la manière d'appliquer ce modèle en Tunisie », écrit le Magazine spécialisé Olive Oil Times. En développant

23

23

l'agritourisme, la Tunisie, dont le littoral est déjà pourvu d'une très importante industrie touristique estivale, a lancé une seconde saison, plus hivernale notamment pendant la récolte des olives qui commence en automne. Des régions délaissées par les visiteurs internationaux ont ainsi profité des retombées économiques de cette nouvelle forme touristique.

La Tunisie abrite en effet une vaste campagne dominée par la culture de l'olivier. Certains affirment même que le plus vieil olivier du monde serait tunisien et serait âgé de 2 500 ans. L'olive est présente en Tunisie depuis la nuit des temps. On peut en voir des preuves au Musée du Bardo.

En effet, pour attirer les touristes, les zones de production d'huile d'olive se sont dotées d'infrastructures, cela va des routes aux capacités d'hébergement, aux organisations de visites, ... Le tourisme oléicole constitue, pour ce pays, une opportunité importante pour diversifier l'offre touristique de la Tunisie tout en apportant un développement durable aux communautés rurales.

Pour ce faire, le Gouvernement tunisien est conscient de ce potentiel. Le ministre de l'agriculture et celui du tourisme ont signé le 23 juillet 2018, un accord de partenariat entre les deux départements visant à développer l'agritourisme. De cela, la Tunisie a bien valorisé ses quelque 82 millions d'oliviers. Alors qu'il y a encore quelques années, l'essentiel de la production était exporté en vrac, aujourd'hui la production monte en gamme et des huiles d'olives tunisiennes sont distinguées dans le concours internationaux.

Certains de ces producteurs de qualité, souvent bio, accueillent des visiteurs. Ils ont mis en place des salles de dégustations et des visites guidées ainsi que de cours animés par des experts.

3.4. En République Démocratique du Congo 3.4.1. Au Sud-Kivu

En République Démocratique du Congo, précisément dans sa partie Est, dans la province du Sud-Kivu où la majorité de la population vit de l'agriculture, les activités touristiques sont presque inexistantes. Signalons par ailleurs que plusieurs traits localisables en ce qui concerne le tourisme constitueraient une opportunité qui contribuerait au développement de cette province à

24

24

condition que le Gouvernement Provincial s'y implique comme il a été le cas pour d'autres provinces dans ces pays étrangers. L'existence des Ministères de l'Agriculture et du Tourisme devrait contribuer à la promotion de pratiques agrotouristiques dans ses diverses formes et seule la coopération pourrait être l'unique moyen et stratégie pour y parvenir.

3.4.2. Dans le territoire de KABARE

Dans ce territoire, les activités touristiques sont quasi inexistantes alors que ce territoire nous offre des espaces propices à cette fin. Sa population vivant en majorité des activités agricoles, ses produits locaux sont acheminés vers les centres urbains et périurbains pour la vente afin de permettre aux agriculteurs de faire face à leurs besoins primaires.

Signalons par ailleurs qu'en matière de tourisme pratiqué en milieu rural, quelques mouvements ont été enregistrés au mois de novembre 2018 en matière d'agritourisme au niveau de la chefferie de KABARE dans le groupement de CIRHUNGA, d'autres ont été observées au niveau de Great Lake Plantation à MBAYU dans le groupement de BUGORHE où les touristes ont voulu s'imprégner du mode de production et de la transformation de thé voire même la dégustation de ce produit.

La visite aux Gorilles dans le PNKB, constituant le principal attrait touristique de ce territoire, toutes ces activités susdites ont été considérées par les tenants de ces sites de simples visites. En revanche, ce travail serait pour nous une lampe qui pourra éclairer nos différents sentiers et voies dans le domaine agricole et/ou touristique pour trouver un élément commun qui nous permettra non seulement de promouvoir les activités agricoles et touristiques en accordant des subventions aux agriculteurs, mais aussi et surtout une opportunité pour promouvoir et développer notre territoire.

Avec ses différentes stations bien spécialisées en agriculture, comme l'Institut National pour l'Etudes et la Recherche Agronomique de Mulungu (INERA/Mulungu), la Coordination Régionale de l'IITA, le Centre de Recherche en Sciences Naturelles de LWIRO, la Ferme de MULUMEMUNENE pour ne citer que cela, le territoire de KABARE pourrait générer de ressources touristiques susceptibles de renflouer la caisse de l'Etat en terme de devises, les Ministères de l'Agriculture et du tourisme pourraient combiner leurs efforts dans l'unique soucis de promouvoir le tourisme dans le territoire tout entier.

25

25

4. BUT ET ROLES DE L'AGRITOURISME

Dans les régions offrant un potentiel touristique et une spécificité agricole, l'agritourisme vise le double objectif de diversifier l'offre touristique, d'une part, et de promouvoir le milieu agricole, de l'autre.

L'agrotourisme peut jouer un rôle sur plusieurs plans :

> Sur le plan économique

V' Diversifier les revenus agricoles ;

V' Contribuer à la rentabilité des entreprises ;

V' Faciliter la mise en marché de certains produits et services agricoles ou

alimentaires ;

V' Soutenir le développement et diversifier l'économie des régions, des localités et

des communautés rurales.

> Sur le plan touristique

V' Proposer une expérience touristique nouvelle et diversifiée ;

V' Favoriser la découverte du milieu rural et des produits régionaux ;

V' Mettre en valeur les paysages ruraux.

> Sur le plan social et sur le plan éducatif

V' Sensibiliser le public aux réalités de l'agriculture ;

V' Fournir de l'information sur les productions et les pratiques agricoles ;

V' Offrir des occasions de dialogue entre les producteurs et les citoyens ;

V' Favoriser une meilleure compréhension de l'usage du territoire agricole ;

> Au regard du secteur agricole

V' Accroître la contribution de l'agriculture à l'économie locale et régionale ;

V' Valoriser la profession agricole.

5. DISTINCTION ENTRE TOURISME RURAL ET AGRITOURISME

Écotourisme, tourisme vert, tourisme du pays, tourisme d'aventure, tourisme rural, agrotourisme... les vocables se multiplient au gré de nouvelles orientations conférées aux activités touristiques. On s'entend néanmoins de plus en plus sur la distinction à apporter à chacun de ces termes, essentiellement en regard de leur lieu d'appartenance. La littérature permet

26

26

de constater que la notion de tourisme rural est beaucoup plus englobant que la notion d'agrotourisme.

Pour FIQUET (1992) cité par Laurent BOURDEAU, le tourisme rural est ainsi défini comme : « Toutes les formes de tourisme en espace rural, qu'il s'agisse de tourisme à la ferme, de petite hôtellerie familiale ou de réalisations associatives ou municipales ; il évoque à la fois un tourisme d'activités, de plein air et un tourisme de découverte des milieux naturels, des cultures locales, de la gastronomie... »

Quant à Laurent BOURDEAU (2001 : 3), de renchérir en ces termes :« Le tourisme rural est la pratique de toutes les formes touristiques en milieu rural ».

Et pour la Commission Canadienne du Tourisme citée par Laurent BOURDEAU (2001 : 17), le tourisme rural comprend : « Toute activité axée sur les destinations à la campagne (c.-à-d. fermes, fermes d'élevage, superficies, réserves naturelles et petites villes ou villages) et qui englobe tous les aspects des caractéristiques locales et uniquement propres aux régions rurales afin d'attirer les vacanciers. »

Enfin pour Small Farm Center, le tourisme rural est :« Une Expérience récréative impliquant la visite d'un environnement rural dans le but de participer à des activités, des événements ou de voir des attraits qui ne se retrouvent pas en milieux urbains ; ces activités ne sont pas nécessairement de nature agricole ».

Ajoutons par ailleurs que les termes tourisme à la ferme et agrotourisme : « ... se rapportent à des activités spécifiquement rattachées au contexte agricole, alors que le tourisme rural est moins étroit dans son lieu de déroulement : sentiers de randonnée, parcs naturels, centres d'interprétation, festivals, artisanat et musées locaux. »

Finalement, le tourisme rural, outre l'agrotourisme : « ... inclut un large spectre d'activités qui n'ont en commun que le lieu où elles se déroulent, soit le milieu rural. De son côté, l'agrotourisme n'est restreint qu'à la sphère de l'agriculture : la ferme est son lieu de production, et ses acteurs, les productrices et producteurs agricoles »

Retenons donc que la distinction entre le tourisme rural et l'agrotourisme est maintenant largement reconnue. L'expression « tourisme rural » représente une ombrelle pour les multiples

27

27

formes de tourisme qui se déroulent dans le domaine rural et dont l'agrotourisme est une des constituantes.

6. DU PRODUIT AGRICOLE AU PRODUIT AGRITOURISTIQUE

La question est maintenant de déterminer à partir de quel moment un produit agricole ou agroalimentaire devient un produit agrotouristique. Nous avons à cet égard mentionné l'étude de DONNE (1999) qui y apporte un éclairage fort intéressant. L'auteur s'est notamment attardé à l'extension d'une entreprise agricole à une organisation agrotouristique, et aux formes d'activités touristiques compatibles avec l'assise agricole.

Ainsi, selon Donne (1999), une activité touristique est agrotouristique si elle respecte les conditions suivantes :

V' L'hébergement se limite au gîte touristique, seule catégorie qui mentionne une dépendance familiale ;

V' La restauration se limite au service de type familial et gastronomique permettant de mettre en valeur les produits de la ferme ;

V' L'attraction se limite à une animation touristique avec une thématique agricole à connotation pédagogique ou culturelle (telle que la visite de ferme) et pouvant être approfondie par un centre d'interprétation ou un musée ;

V' Le commerce et les services se limitent à la vente à la ferme des produits de la ferme.

Concernant le dernier point, DONNE (1999 : 22) précise que : « Le chiffre d'affaires issu de la vente à la ferme peut être considéré comme un résultat agricole ou touristique. Pour relever le problème, nous poserons que la vente à la ferme permet d'obtenir un chiffre d'affaires agricole tout en représentant une activité touristique gratuite (possibilité, pour les touristes, d'entrer sur la ferme, d'obtenir des explications gratuitement) ».

Dans le même sens, Ohe YASUO (2001) cité par Laurent BOURDEAU, constate l'émergence d'un nouveau type de bien agricole avec la venue de l'agrotourisme. En effet, il considère qu'un même bien agricole, par exemple un panier de légumes, revêt deux dimensions selon qu'il emprunte un canal traditionnel de mise en marché (l'épicerie) ou qu'il est vendu directement à la ferme. Ainsi, pour Ohe YASUO (2001), le transfert du bien dans un cas, et de

28

28

l'acheteur (le touriste) dans l'autre, permet de distinguer un produit agroalimentaire d'un produit agrotouristique. De plus, le bien agrotouristique, plus qu'un simple produit physique, est considéré par l'auteur comme un service.

En résumé, Ohe YASUO (2001) différencie un bien agricole d'un bien agrotouristique en se basant sur les critères de localisation des marchés et de transport (déplacement de la clientèle par opposition au déplacement du bien), de type de marché (de niche par opposition au marché de masse), de type de demande (d'agréments ou de découverte de produits locaux par opposition aux besoins alimentaires de base) et de type de bien (produit incluant les services ou produit seulement).

7. OFFRE AGROTOURISTIQUE

Pour Laurent BOURDEAU (2002 : 2) : « L'offre agritouristique paraît osciller entre une conception large aux contours très flous, qui englobe toute activité touristique qui se déroule à la ferme et une définition plus restrictive qui ne retient que quelques produits labellisés dans le cadre d'une charte nationale. »

Pour être reconnue comme une offre agrotouristique, la prestation doit :

V' Etre produite par un entrepreneur ayant le statut légal de producteur agricole ;

V' Mettre en valeur la production agricole et ses produits dérivés ;

V' Intégrer des pratiques d'animation et d'accueil ;

V' Partager, dans l'harmonie et le respect, le territoire rural avec les autres activités

agricoles et rurales ;

V' Promouvoir une pratique agrotouristique authentique ;

V' S'intégrer au mode de distribution touristique.

L'offre agrotouristique compte un certain nombre de catégories de produits et de services

:

V' Visite et animation à la ferme ; V' Hébergement ;

29

29

V' Restauration mettant en valeur, en premier lieu, les produits de la ferme et, de façon complémentaire, les produits agroalimentaires régionaux, de sorte que ces deux sources de produits participent principalement à la composition du menu ;

V' Promotion et vente de produits agroalimentaires. Il convient de souligner que ce sont les

services d'accueil et de diffusion d'information à caractère agricole qui
caractérisent l'aspect agrotouristique.

Ci-dessous regroupées les différentes offres selon leurs thématiques respectives :

? Produits valorisant l'agriculture :

V' Visites pédagogiques ;

V' Fermes découvertes ;

V' Fermes équestres ;

V' Les différentes cultures du territoire.

? Produits valorisant la production fermière :

V' Transformation et vente directe ;

V' Goûter à la ferme

? Produits valorisant le patrimoine :

V' Cuisine locale ;

V' Chants et danses folkloriques ;

V' Artisanat local ;

V' Ferme musée.

Les initiatives doivent s'adapter au type de territoire, aux motivations, aux productions agricoles

et aux moyens financiers du producteur agritouristique.

Toute offre agrotouristique devrait rencontrer les conditions suivantes :

V' Provenir d'un producteur agricole reconnu en vertu de la Loi sur les producteurs

agricoles ;

V' Mettre en valeur la production agricole et ses dérivés ;

V' Miser sur la qualité de la prestation du service et de l'accueil ;

V' S'appuyer sur les compétences particulières appropriées à l'industrie touristique ;

V' Adopter une formule d'animation et d'accueil où la dimension « communication » doit

être exploitée avec « savoir-faire » et avec le « goût » de transmettre son expérience ;

30

30

V' Coexister dans le respect et l'harmonie avec les activités agricoles et rurales qui se déroulent sur le territoire ;

V' Déployer une stratégie de marketing axée sur un agrotourisme authentique qui propose une expérience unique comportant une haute valeur émotionnelle et sensorielle ;

V' S'intégrer à l'offre touristique par l'entremise de routes et de circuits, de forfaits et de partenariats d'affaires.

8. CARACTERISTIQUES D'AGRITOURISME

Les termes d'une définition raisonnable de l'agritourisme pourraient être les suivants :

V' L'agritourisme s'exprime dans le milieu rural ;

V' L'offre agritouristique met en valeur l'originalité du milieu ;

V' Les activités, les produits et les services agrotouristiques sont offerts par des organismes

représentatifs du milieu rural ;

V' Un produit dit agrotouristique doit être complet c'est-à-dire comprendre des activités,

l'hébergement et la restauration.

V' L'agrotourisme doit être complémentaire d'une agriculture dynamique, saine, vivante et

rentable.

V' L'agrotourisme est un élément de l'offre touristique régionale dont les retombées doivent

profiter pour la plus grande part aux régions et à leurs communautés rurales.

V' L'agrotourisme est un secteur en plein essor dont il faut encourager, soutenir et faciliter

le développement.

V' L'agrotourisme doit tenir compte des réalités du tourisme et doit relever peu à peu ses

standards de qualité.

V' L'agrotourisme doit tenir compte des réalités de la réglementation, de la production et de

la mise en marché collective des produits agricoles et alimentaires.

V' L'agrotourisme doit se développer dans le contexte d'une cohabitation harmonieuse avec les activités agricoles et rurales sur le territoire.

31

31

CONCLUSION PARTIELLE

L'agrotourisme est la forme de tourisme entreprise dans les pays, régions et provinces dont la majorité de la population vit des activités agricoles dans le but de promouvoir non seulement le domaine de l'agriculture mais aussi celui du tourisme avec le souci majeur de permettre aux agriculteurs d'intensifier leurs modes de productions pour le bien-être de la population locale. Signalons par ailleurs que plusieurs auteurs ont proposé telle ou telle autre définition au mot agritourisme. Dans le chapitre suivant, il sera question de faire une présentation succincte de notre milieu d'étude mais aussi un bref survol fera objet du second point que comportera celui-ci.

32

32

CHAPITRE DEUXIEME :
PRESENTATION DU TERRITOIRE DE KABARE,

La connaissance du milieu d'étude est la condition sine qua non pour rendre une recherche effective. Cela étant, dans ce chapitre, nous comptons présenter en quelques lignes claires et significatives, les différents éléments qui nous intéresse pour orienter notre sujet dans ce territoire. Les éléments que vous trouverez dans ce chapitre ont été tiré dans un document publié en 2017 par le CAÏD - Cellule d'Analyse des Indicateurs de Développement - portant sur le territoire de KABARE.

1. DONNEES GEOGRAPHIQUES ET CULTURELLES

1.1. Carte administrative

33

33

1.2. Données géographiques

Le territoire de Kabare est l'un des huit territoires de la Province du Sud-Kivu. Il est situé dans la partie montagneuse de la Province. Le territoire de Kabare fut créé officiellement en 1923 et englobait à l'époque les chefferies indigènes de la tribu « Shi » comprenant les Chefferies de Kabare, Nindja, Buloho, Kalonge, Burhinyi, Kaziba, Luhwinja, Ngweshe ainsi qu'une partie du nord habitée par une poignée des pygmées.

Plus tard, ce vaste territoire sera morcelé en deux territoires et s'est vu soustrait d'autres chefferies pour aboutir à sa forme actuelle. Le premier acte de sa scission fut signé par l'assemblée provinciale du Kivu par l'Edit N° 04 du 10 octobre 1961, relatif à la scission des territoires de Kabare et de Walungu. L'effectivité de ladite scission sera consacrée par l'ordonnance présidentielle n° 67-221 du 03 mai 1967. Le territoire de Kabare tel que consacré par cette ordonnance comprend deux chefferies, à savoir : la chefferie de Kabare (avec 14 groupements) et la chefferie de Nindja (avec 3 groupements).

Le territoire de Kabare est limité au Nord par le territoire de Kalehe par la rivière Nyabarongo. Au Sud, par le Territoire de Walungu à travers la rivière Kazinzi d'une part (Sud-Ouest) et la rivière Lubimbe d'autre part (Sud-Est). A l'Est par la ville de Bukavu, le lac Kivu d'un côté (Nord-Est) et le Rwanda par la rivière Ruzizi d'autre côté. A l'Ouest par le Territoire de Shabunda par la rivière Lugulu.

Le territoire de Kabare est situé entre 2°30' latitude Sud et 28°30'longitude Est. Son altitude varie entre 1460 et 3000 m au sommet de hautes montagnes (l'altitude à MulumeMunene, la plus haute atteint 3000m et la plus basse atteint 1420m). L'altitude moyenne est de 2225 m (CAID, 2017).

1.3.Climat

Dans la basse altitude, il y a un climat chaud tempéré par le lac Kivu et la rivière Ruzizi. Dans la haute altitude vers l'ouest, il y a un climat froid d'altitude. Deux saisons dominent ce territoire, la saison sèche et la saison des pluies. Les pluies débutent dans la première quinzaine du mois de septembre et se terminent au plus tard fin juin. Les trois mois de saison sèche se caractérisent par un temps brumeux accompagnés des brouillards. La température annuelle

34

34

moyenne est de 22.6°C (CAID, 2017). 1.4. Hydrographie

Mise à part la présence du lac Kivu qui longe les cotes de cinq groupements de Kabare Nord (Bushumba, Luhihi, Lugendo, Ishungu, Irhambi) et la rivière Ruzizi qui longe les cotes de deux groupements (Mudusa et Mumosho), il existe plusieurs rivières. Certaines de ces rivières sont entre autre : Nyawarongo à Irhambi Katana, Badibanga à Bugorhe, Mpungwe à Mudaka, Mpombe et Murhundu à Bushwira, Kanzinzi à Bugobe, Lubimbe, Kanoso, Lujimbi, Ndorhole, Chanzuka, Nyakagera à Luhago, Kanoso, Lwenda, Muhimbirhi, Lugulu à Irhegabarhonyi. Notons qu'il existe aussi plusieurs ruisseaux (CAID, 2017).

1.5. Végétation

En dehors des différents marais qu'on trouve dans le territoire de Kabare, la majeure partie de Kabare est une savane avec une végétation naturelle composée des graminées sauvages. Dans les plateaux de Mulumemunene, à l'ouest on trouve la forêt de bambous, un peu des essences forestières et des arbustes et herbes de la forêt primaire. Dans les vallées marécageuses ont trouvé du carex, du papyrus et des roseaux. On trouve aussi quelques galeries forestières au bord du lac Kivu et de quelques rivières (CAID, 2017).

1.6.Sol

Le sol de Kabare est argileux de couleur jaune, rouge et boueuse pendant la saison de pluie (CAID, 2017).

1.7.Particularités et richesses du territoire

Du point de vue physique, le territoire de Kabare est à la fois voisin proche d'un pays (le Rwanda), d'une ville (Bukavu) et de trois territoires (Kalehe, Walungu et Shabunda).

Du point de vue infrastructure, le territoire de Kabare a des spécificités qui lui confèrent une place stratégique :Sa position géographique lui donne l'avantage d'être accessible via trois routes nationales. Il s'agit de la RN2 (tronçon Kazingo-Kabamba), la RN3 (tronçon Miti-Tshivanga) et la RN5 (tronçon Kasihe-Mumosho). En outre, le territoire de Kabare est doté d'un aéroport (Aéroport de Kavumu) qui lui permet d'être en contact avec plusieurs villes du pays

35

35

(CAID, 2017).

Du point de vue énergétique, il existe la centrale hydroélectrique Ruzizi 2 dans le groupement de Mumosho. Ce barrage est une copropriété du Rwanda, du Burundi et de la RD Congo dans le cadre de la Communauté des pays des Grands Lacs (CEPGL). Le territoire de Kabare abrite aussi l'usine de la REGIDESO de Murhundu. C'est cette usine qui permet d'alimenter toute la ville de Bukavu en eau potable (CAID, 2017).

Dans le domaine scientifique, le territoire de Kabare est doté de deux centres de recherche nationaux, à savoir : l'Institut National pour l'Etude et la Recherche Agricole (INERA-MULUNGU) et le Centre de Recherche en Sciences Naturelles (CRSN -LWIRO). A ces deux centres nationaux, il faut ajouter l'Institut International de l'Agriculture Tropicale (IITA) à Kalambo. Ce dernier abrite un bâtiment de sciences, un laboratoire biotechnique, un centre d'exhibition, un centre de fabrication des équipements destinés au centre de transformation du manioc et de nutrition. Ce centre vise la recherche des solutions rationnelles et efficaces face aux nombreux défis auxquels les agriculteurs sont confrontés en Afrique subsaharienne notamment dans la culture du manioc, des ignames, des bananes et du soja (CAID, 2017).

En ce qui concerne le sous-sol, il faut dire qu'il est constitué des pierres à moellon et des pierres plates à Mangozo dans le groupement de Bugorhe,en chefferie de Kabare qui servent à la construction. Dans la chefferie de Nindja, on trouve la carrière de Lukoma où est extrait le coltan et la cassitérite dans les groupements de Irhegabaronyi et de Luhago. Il y aurait aussi la présence de l'or dans le sous-sol vers la partie Nord du territoire mais jusqu'à ce jour aucune prospection réelle n'a encore été faite pour certifier officiellement l'existence de ces minerais (CAID, 2017).

1.8. Données culturelles

La population habitant le territoire de Kabare est composée majoritairement de la tribu Shipour les deux chefferies, une minorité de la tribu de Batembo dans la chefferie de Nindja et une poignée de pygmées au Nord de la chefferie de Kabare dans les groupements de Mudaka, Miti, Bugorhe et Irhambi (CAID, 2017).

Les principaux clans qu'on y rencontre sont les Banyamocha constitués des princes et des

36

36

dirigeants. Les autres clans sont entre autres les Balinja, les Banyintu, les Basheke, les Bashaza,

etc.

Le pouvoir traditionnel est détenu par le « Mwami ». Le patriarcat est le système de parenté sur toute l'étendue du territoire. Pour qu'il y ait mariage entre un garçon et une fille, la famille du garçon doit donner la dot à la famille de la fille. La dot se discute toujours en termes de vache mais il arrive des fois qu'elle soit convertie en monnaie fiduciaire (en dollar américain le plus souvent) et cela, après accord avec la famille de la jeune épouse (CAID, 2017).

Presque tous les habitants pratiquent l'agriculture et l'élevage. Quant à la pêche, elle est pratiquée surtout par les habitants de 5 groupements dont les cotes sont longées par le lac Kivu.

Les langues parlées dans ce territoire sont le mashi, le swahili et leKitembo. Le mashi est parlé par les Shi et par une poignée de pygmées habitant le territoire. Le Kitembo est parlé par une minorité de la population, celle de la tribu de Batembo venue du territoire voisin de Kalehe. Quant à la langue Swahili, elle est parlée par presque toute la population entière (CAID, 2017).

2. ACTIVITES ECONOMIQUES

Les principales activités économiques sont l'agriculture, l'élevage de boeufs, porcs, chèvres, volailles et abeilles ; le petit et le grand commerce ; la pêche et l'exploitation des pierres de construction et des minerais.

2.1. L'agriculture et l'élevage

Ce sont les activités les plus repandues sur toute l'étendue du territoire. L'agriculture est non seulement vivrière mais aussi industrielle. Dans tout le territoire, on compte environ 101 plantations et 82 marais où sont cultivées différentes cultures. Plus ou moins 60 marais sur les 82 existants sont drainés et exploités. Environ 28 ont chacun la superficie moyenne de 5 à 15 hectares. Cependant, les maraîchers se butent aux difficultés d'approvisionnement en semence améliorées, pourtant à l'époque coloniale, le territoire de Kabare avait six CM ou Centres de Multiplication, dénommés techniquement CAPSA ou Centres d'adaptation et de production des semences améliorées dont chacune des superficies variaient entre 5 et 10 hectares. Il faut noter que l'un de ces centres précisément le CM Lwami qui fonctionne encore avait accueilli durant la

37

37

campagne agricole A de 2013 les semences de haricot Bio fortifiant du gouvernement central et 3 ha étaient emblavés. Les autres problèmes auxquels font face les maraichers en particulier et tous les agriculteurs en général c'est le manque de débouchés pour les récoltes, le manque des produits phytosanitaires et les matériels aratoires/drainage (CAID, 2017).

Quant à l'élevage, il est pratiqué dans différents coins du territoire. Notons, cependant, que sur les 52 pâturages communautaires qui existaient dans le temps, la plupart sont déjà spoliés et transformés en champs et parcelles résidentielles. Les quelques pâturages naturels qui restent sont situés dans les montagnes pastorales dénommées Lulamboluli et Kajeje en groupement de Bushwira et Mudaka et c'est là où se pratiquent encore l'élevage extensif des bovins, caprins et ovins. Toutefois, on peut compter 34 fermes dans le territoire de Kabare dans le Bloc Kalubwe-extension MulumeMunene et chefferie de Nindja (CAID, 2017).

2.2. Le commerce

Pour ce qui est du petit et grand commerce, il s'agit principalement de la vente en gros et en détails des produits agricoles, des produits manufacturés (le lait en poudre, le sucre, savons, eau minérale, etc.), de la vente des médicaments (pharmacie), des matériaux de construction (quincaillerie) et des produits de la Bralima ainsi que d'autres boissons. Le commerce est surtout développé dans la partie nord (Mudaka, Miti, Kavumu et Katana) mais également vers le Sud (Mumosho et Nyatende) (CAID, 2017).

2.3. La pêche

Elle n'est pas très développée mais se déroule dans certains groupements dont les cotes sont longées par le lac Kivu et la rivière Ruzizi (CAID, 2017).

2.4. L'exploitation des pierres et des minerais

Elle est concentrée dans le groupement de Bugorhe à Mangonzo où sont extraites les pierres à moellon et des pierres plates.

Notons également que d'autres activités occupent une bonne partie de la population. Il s'agit du secteur d'Hôtellerie, de restaurant, de menuiserie, de scierie et bûcheron, briqueterie, etc (CAID, 2017).

38

38

2.5. Principaux opérateurs économiques et centres de négoce importants

Il s'agit du Centre de négoce de Mudaka et du Centre de négoce de Miti. Les principaux opérateurs économiques sont :Great Lake Plantations Sprl, Muka Kivu Fruits Ets et Plantation Kakondo.

Ces opérateurs économiques s'adonnent à l'agriculture et l'élevage, au petit commerce, dans la constitution des dépôts des produits agricoles, à la vente des matériaux de construction et à l'activité de bar et restaurant (CAID, 2017).

2.6.Les PME/PMI

Elles détiennent généralement des fermes et des plantations locales, des dépôts relais Bralima et autres boissons, des dépôts des produits agricoles tels que le manioc, l'huile de palme, etc., des dépôts de ciment, de matériaux de construction (quincaillerie), des menuiseries, des tanneries, des scieries, des salons de coiffures et des ateliers de couture (CAID, 2017).

Signalons que les activités liées aux fermes et aux plantations sont les plus nombreuses. On peut citer par exemple la ferme MUDUMBI à KAVUMU, la Plantation KANONZI, la plantation KIDUMBI de KASAZA à Mudaka, etc. Pour les dépôts relais, on peut citer TEMS et BABA AFRICA tous à MUDAKA. Les activités liées à la tannerie permettent la fabrication de ceintures, des sacs, etc. (CAID, 2017).

2.7. Les grandes entreprises locales

Pour le service de l'économie de Kabare, les grandes entreprises locales sont: la Cimenterie de KATANA, la Minérale HONGO, l'usine de thé MBAYO, l'usine de thé KAKONDO, l'usine à Chaux ZIRANGA, l'usine à Chaux MUDOGO, la Savonnerie FOMULAC, la Briqueterie CHIZENGA et la Briqueterie de Kabamba (CAID, 2017).

Ces entreprises peuvent être considérées comme les plus grandes du territoire. Malheureusement, il n'y a pas de données disponibles en rapport avec la production, le nombre d'employés pour chacune de ces unités de production. Il faut noter également que certaines de ces entreprises ne fonctionnent plus parce que tombées en faillite ou sont en manque des fonds

39

39

d'investissement. C'est le cas de la savonnerie FOMULAC et des briqueteries (CAÏD, 2017).

2.8. Les principaux produits du territoire 2.8.1. Produits Agricoles

On cultive le haricot, le manioc, la banane (à table et à bière), le maïs et la patate douce. Pour le Haricot et la patate douce, la production est souvent destinée à la consommation locale pour une partie et la vente pour une autre partie. Le maïs et le manioc servent pour la consommation locale une fois transformés. Pour la banane, il y a deux sortes ; la banane à table et la banane à bière. Comme les noms l'indiquent, la première catégorie est souvent consommée comme fruit et la seconde catégorie est souvent utilisée dans la fabrication de la bière locale (CAÏD, 2017).

2.8.2. Produits Non Agricoles

C'est la viande, le lait, le miel, le poisson et les champignons.Les produits alimentaires les plus consommés dans le territoire mais non agricoles sont ceux cités ci-haut.

2.9. Sources d'énergie

Les principales sources d'énergies sont le bois de chauffage et la braise, le pétrole, l'électricité, les groupes électrogènes et les panneaux solaires.

A Kabare, c'est plus le bois de chauffage et les braises qui sont utilisés comme source d'énergie. Principalement pour la cuisson des aliments mais également dans la fabrication de certains produits tels que les briques, le savon, etc. une bonne partie de la population utilise également le pétrole surtout pour l'éclairage. Une minorité de la population a accès au courant électrique. En cas de disponibilité d'électricité, certaines activités seraient envisageables telles que les moulins et les minoteries pour le manioc et le maïs, développement des usines de transformation de certains produits agricoles industriel comme le thé et le café, développement des activités liées à la technologie telles que le secrétariat public, cyber café, la ventes des outils informatiques, etc.

Pour pallier le manque de cette énergie, certains ménages, bureaux quelques institutions font recours aux groupes électrogènes et aux panneaux solaires. Les hôpitaux réhabilités par

40

40

exemple utilisent l'énergie solaire surtout pour l'éclairage (CAID, 2017). 3. SITUATION SANITAIRE

3.1. Les structures hospitalières

On trouve en territoire de Kabare, 10 hôpitaux et 62 centres de santé. Le territoire de Kabare a 4 Zones de Santé (Zone de Santé Kabare, Zone de Santé Nyantende, Zone de Santé Miti-Murhesa et Zone de Santé Katana) avec 10 hôpitaux, 62 Centre de Santé, 45 médecins et 417 infirmiers,(CAID, 2017).

3.1.1. La Zone de Santé de KABARE

Elle dispose d'un seul hôpital, l'HGR de Mukongola. L'HGR a une capacité d'accueil de plus ou moins 130 lits avec un taux d'occupation d'environ 40 à 50%. La Zone de Santé compte également 16 centres de santé. La distance moyenne entre ces infrastructures et les domiciles des patients est d'environ 5km. Le personnel soignant de la zone de santé est composé de 8 médecins et 68 infirmiers. L'Hôpital Général de Référence de Mukongola est vieux et nécessite une réhabilitation. Rappelons qu'il a été construit vers les années 1950 avant l'indépendance.

Deux sur les 16 centres de santé sont en bon état, 3 sont à réhabiliter et le reste est à construire. Dans cette zone, il y a un problème de disponibilité des médicaments. Le taux de disponibilité de médicament variait entre 60 et 70% en 2014. Mais depuis la cessation du partenariat entre la Zone et l'IRC qui oeuvrait dans ce domaine, le taux de disponibilité a sensiblement baissé.

Toutefois, c'est par l'autofinancement que l'HGR et les Centre de Santé parviennent à s'approvisionner pour certains médicaments. Les médicaments tel que le paracétamol sont dans l'ensemble accessibles à la population car avec 500fc, c'est facile de se procurer 40 comprimés. C'est plutôt l'hospitalisation qui est couteuse par rapport au pouvoir d'achat de la population (CAID, 2017).

41

41

3.1.2. La Zone de Santé de Nyantende

Elle a deux hôpitaux et 10 centres de santé. La distance entre ces infrastructures et le domicile des patients est d'environ 4 km. L'HGR est en bon état sauf qu'il faut construire des couloirs pour relier les différents services.

Pour les centres de santé, ils sont en bon état sauf quatre Centre de Santé en mauvais état. Il s'agit du Centre de Santé de Chiragabwa qui est locataire dans un bâtiment en planche délabré, le Centre de Santé d'Ihemba fissuré, le Centre de Santé de Buhozi qui est trop petit et le Centre de Santé de Mudusa qui est inachevé.

La Zone de Santé de Nyantende a une capacité d'accueil de 150 lits dont 124 lits montés. Les services qui sont organisés sont bons en général et les médicaments essentiels génériques sont disponibles pour l'HGR. Pour les Centre de Santé, les médicaments sont aussi disponibles mais les Centre de Santé éprouvent un sérieux problème pour recycler les stocks, ce qui occasionne la rupture de stock des temps en temps. Le ravitaillement des médicaments se fait par autofinancement. Le cout de soin n'est pas très élevé car le cout forfaitaire (comprenant la consultation, les médicaments et le contrôle) est élevé à 2500fc pour un adulte et à 1000fc pour un enfant. Cependant, c'est l'hospitalisation qui est trop chère par rapport au pouvoir d'achat de la population. Le personnel soignant est composé de 8 médecins et 54 infirmiers qui traitent des cas de maladie à caractère général et réfèrent les soins spécifiques à l'hôpital provincial, (CAID, 2017).

3.1.3. La Zone de Santé de Miti-Murhesa

Cette zone de santé compte 5 hôpitaux dont l'HGR à Murhesa avec 100 lits montés, un centre hospitalier à KAVUMU avec 102 lits, une Polyclinique appelée Musamariya avec 15 lits, un hôpital pédiatrique à Lwiro avec 27 lits ; ce qui donne un total de 244 lits dans toute la zone de santé. La Zone de Santé compte également 18 centres de santé. La distance moyenne entre ces structures et le domicile des malades est de 5km. Les services offerts sont bons en général (la dernière évaluation de la qualité faite par AAP dans la Zone de Santé donnait une moyenne de 70% pour les structures sanitaires de la zone de santé).

42

42

Cependant, signalons que le centre hospitalier de Kavumu et la Polyclinique ne parviennent plus à contenir tous les malades venant pour l'hospitalisation. Pour l'Hôpital Général de Référence et l'Hôpital pédiatrique, les taux d'occupation sont respectivement de 70% et 40%. L'état des infrastructures est tel que 5 structures (Centre de Santé) sont non adéquates et donc à construire (construits en bois), 13 CS sont construit en dur mais pas dans la norme et ça demande une forte réhabilitation, le Centre Hospitalier nécessite également une grande réhabilitation. Le taux de disponibilité est tel que sur 100 jours successifs, il s'observe 40 jours de rupture de médicament ; d'où le taux moyen de 60%. Signalons, toutefois, que le ravitaillement se fait généralement par autofinancement pour les structures privées et pour les structures publiques c'est aussi l'autofinancement et l'IHP qui intervient dans le ravitaillement. Disons que le coût en général pour toutes ces structures est assez élevé par rapport au pouvoir d'achat de la population. Le personnel soignant est composé de 20 médecins et 173 infirmiers, (CAÏD, 2017).

3.1.4. La Zone de Santé de Katana

Celle-ci compte deux hôpitaux et 18 centres de santé. La distance moyenne entre ces structures et les domiciles des patients est de 5km. Trois structures sanitaires sont en mauvais états dont deux centres de santé et l'HGR de Katana. Ce dernier est en très mauvais état, déjà vétuste car construit en 1930, il a subi des fissures lors du dernier tremblement de terre et nécessite la reconstruction. Cet état a réduit sensiblement la capacité d'accueil de cette structure qui jadis était de 720 lits avec la clinique. Actuellement, la clinique ne fonctionnant plus (transformée en maison de passage), cette capacité est réduite à 300 lits avec 254 lits montés y compris le bloc maternité.

Le centre hospitalier quant à lui a une capacité de 50 lits. Le personnel soignant pour ces structures est composé de 9 médecins et 122 infirmiers. Il faut noter qu'il n'existe pas de médecins pour les soins spécifiques. Les coûts sont chers par rapport au pouvoir d'achat de la population car le forfait d'hospitalisation pour le cas de paludisme est de 30000fc. Toutefois, les calmants sont plus accessibles car avec 100fc on peut se procurer 10 comprimés. Le gros du lot des médicaments est ravitaillé grâce aux fonds propres des structures sanitaires. Cependant, il y a certaines organisations qui interviennent dans l'approvisionnement des médicaments. Il s'agit par exemple de l'AAP (l'Agence d'Achat des Performances), (CAÏD, 2017).

43

43

3.2. Maladies les plus récurrentes

Il s'agit du paludisme (malaria), des infections respiratoires (pneumonie), des diarrhées, des gastrites et des infections sexuellement transmissibles.

Ces maladies sont celles qui atteignent le plus souvent la population habitant le territoire de Kabare. Par ailleurs, soulignons que les maladies qui tuent de plus sont l'anémie, le VIH-Sida, la méningite et le diabète. Ajoutons à la liste les épidémies de choléra et du paludisme mais également la malnutrition, (CAID, 2017).

4. EDUCATION

4.1. Enseignement primaire et secondaire

En territoire de Kabare, il existe 482 écoles primaires et 248 écoles secondaires. Le territoire de Kabare a deux sous divisions : la sous division de Kabare I dont le bureau est situé au centre du territoire et Kabare II dont le Bureau est situé à LWIRO vers le Nord, (CAID, 2017).

Pour la Sous division KABARE I, nous avons la situation suivante : 214 écoles primaires et 89 écoles secondaires. Au total 89582 élèves fréquentent ces écoles dont 72682 (dont 35105 filles) à l'école primaire et 16900 (dont 7453 filles) à l'école secondaire.

Pour la sous division KABARE II, on peut compter 268 écoles primaires et 159 écoles secondaires. A l'école primaire, il y a au total 76061 élèves dont 36698 ; soit 48.2% des filles. Pour l'école secondaire c'est 29310 élèves dont 12545 filles ; soit 42.8%. On dénombre également 2003 enseignants au primaire dont 698 femmes, soit 34.8% de l'effectif total. On dénombre aussi 1367 enseignants au secondaire dont 325 femmes, soit seulement 23.7% des femmes sur l'effectif total.

En comparant les deux sous-divisions sur le taux de réussite au test d'étude de fin d'étude primaire, on remarque que la Sous-division KABARE 1 a un taux de réussite relativement élevé (89.8%) par rapport à la sous-division de KABARE II (88%), (CAID, 2017).

4.2. Enseignement supérieur et universitaire

Dans le territoire de Kabare, on trouve une Université et trois Instituts supérieurs :

44

44

? L'Institut Supérieur de Techniques de Développement de Mulungu (ISTD-MULUNGU)

Cet institut a deux filières : Gestion et administration des projets et Gestion de l'environnement. Le corps enseignant est composé de la manière suivante : 4 Professeurs ; 38 Assistants ; 7 chefs de travaux ; 4 chargés de pratique professionnel.

? L'Institut Supérieur de Techniques Médicales de Kabare (ISTM KABARE). Il est implanté dans la localité appelé CIRENDO. Trois filières sont organisées dans cette institution. Il s'agit de : Les Sciences infirmières avec deux orientations (Hospitalisation et Accouchement) ; La Santé Publique avec comme orientation la Gestion des Infrastructures de santé ; La Nutrition et Diététique.

Le corps enseignant est composé comme suit : 5 Professeurs dont 2 à temps plein et 3 à temps partiel ; 6 Chefs de travaux ; 15 Assistants.

Pour cette année académique 2018-2019, cet institut supérieur a en son sein 112 étudiants dont 58 filles. Ils travaillent dans 5 salles dont deux appartiennent à l'HGR de Mukongola. Signalons que les 3 salles ont été construites grâce au fond du gouvernement central. Sur fond propre de l'institution, il a été construit 10 bureaux et une salle des professeurs, (CAID, 2017).

? L'Institut Supérieur d'Etude Agronomique et Vétérinaire de Mushweshwe (ISEAV)

Cet Institut organise deux filières : l'Agronomie générale et la science vétérinaire. Le personnel enseignant est composé comme suit : 6 Professeurs dont 2 propres à l'institution ; 12 Chefs de Travaux ; 49 Assistants. L'institut a aussi deux CPP (Chargé de la Pratique Professionnelle).

? L'Université du Cinquantenaire. Elle est implantée à Lwiro et organise 4 filières que voici : Ingénieur avec 4 départements : le génie civil, le génie informatique, la métallurgie et mine et le pétrole et gaz ; Sciences de l'environnement avec comme département l'environnement ; Médecin vétérinaire ; Ecole de criminologie avec 3 départements : Sécurité intérieure, Criminologie économique et environnementale et Paix et gestion de conflit.

Le corps enseignant est composé comme suit : 34 Professeurs dont 9 permanents ; 6

45

45

Chefs de travaux ; 30 Assistants. Signalons également que de tous les départements cités ci-haut, seuls certains départements fonctionnent normalement. Il y a donc des départements qui n'ont aucun étudiant jusqu'à ce jour.

A ces quatre institutions présentées, ajoutons également le campus de l'Université Catholique de Bukavu au site de Kalambo où certaines promotions fonctionnent. Pour cette année académique, l'UCB organise à ce site les séances d'enseignement pour les promotions de deuxième et troisième graduat, première et deuxième licence des facultés d'économie et gestion, droit, agronomie et informatique. Aucune promotion de premier graduat n'étudie sur ce site (les enseignements pour ces promotions de premières années s'organisent à Bukavu) et les bureaux centraux de l'Université se trouvent également à Bukavu ; et c'est là où toutes les inscriptions des étudiants se font, (CAID, 2017).

5. RESEAUX DE TELECOMMUNICATION

La couverture par les réseaux airtel, orange et vodacom est permanente dans la plupart des milieux du territoire sauf vers la chefferie de Nindja où pour avoir le signal de fois il faut escalader des grandes montagnes ou se positionner à des lieux de haute altitude. La qualité du réseau est généralement bonne pour Airtel et Vodacom. Pour Tigo/Orange, le signal n'est pas du tout bon partout.

Pour la connexion internet, elle est assez bonne surtout pour la génération mobile 2G ; pour la connexion troisième génération (3G), de fois le signal n'est pas bon. Le produit tel que la vente des cartes de recharge (y compris le flash) est disponible presque dans chaque coin de vente (marchés). Seuls sont disponibles à certains endroits (grands marchés surtout), les produits tels que le service de transfert d'argent et la vente des sims blanches, (CAID, 2017).

6. SITUATION SECURITAIRE

La situation sécuritaire est généralement calme dans tout le territoire. Toutefois, quelques points d'insécurités sont à signaler :

A Nindja, par exemple, précisément dans le groupement d'Iregabarhonyi, il y a la présence d'un groupe armé connu sous le nom de RAIYA MUTOMBOKI qui occupe des sites miniers et des zones proches à ces derniers.

46

46

Il faut signaler aussi les cas de vol et pillage de certains lieux stratégiques tels que les hôpitaux et centre de santé. Environ 5 installations sanitaires étaient victimes de cas de vol nocturne par des hommes en arme l'année passée. Plusieurs cas de vol et d'assassinats dans des ménages sont à signaler également, surtout vers la partie Nord du Territoire (Miti, Kavumu et Katana), (CAID, 2017).

7. OPPORTUNITES DE DEVELOPPEMENT

Les secteurs clés porteurs d'opportunité de développement dans le territoire de Kabare sont l'agriculture et l'élevage, le transport, le tourisme et l'immobilier.

7.1. L'agriculture et l'élevage

Dans le domaine de l'agriculture, il est à noter l'existence des plantations et des marais, des espaces propices où plusieurs cultures peuvent être plantées. Seulement, il faut signaler que la plupart des espaces appartient déjà aux privés d'où il faut une parfaite collaboration avec les privés pour relancer ce secteur.

Dans le domaine de l'élevage, la trentaine des fermes qui existent peuvent faciliter l'éclosion des activités d'élevage dans cette contré. La réhabilitation des pâturages qui existaient dans le temps peuvent aussi contribuer à cette éclosion. Il est important de mentionner qu'il existe un projet pour relancer la laiterie du Bushi qui jadis permettait la production du lait pour toute la région. Disons que cette unité de production pourrait relancer non seulement l'économie du territoire et de la province mais aussi de toute la République si on tenait compte des différents dérivés qu'offre le lait et que jusque-là la région ne cesse d'importer dans des zones voisines, (CAID, 2017).

7.2. Le transport

Dans le domaine du transport, il s'agirait de la modernisation de l'aéroport de Kavumu. Pour voyager à l'Est de la République (les entrées et les sorties), des milliers de personnes empruntent les moyens de transport des pays voisins ; ce qui occasionne des manques à gagner énormes pour le pays. La réhabilitation et la modernisation de cet aéroport serait donc un investissement rentable pour le territoire, pour la province et pour le pays, (CAID, 2017).

47

47

7.3. Le tourisme

Avec le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) seulement, le territoire de Kabare peut développer le tourisme. Mais il n'y a pas que ce parc, plusieurs autres sites (chutes d'eau et les sites touristiques) peuvent contribuer au développement de ce secteur dans ce territoire si jamais les installations (y compris les routes) étaient réhabilitées, modernisées et bien entretenues. (CAÏD, 2017).

7.4.L'immobilier

Le secteur immobilier fait allusion à la disponibilité des certains matériaux tels que les moellons, les briques, le ciment, la chaux, etc. Un investisseur qui choisirait ce secteur n'éprouverait pas sans doute de difficultés pour acheter ces matières qui disons-le sont indispensables pour toute construction.

Ajoutons à ces quatre secteurs, le secteur minier (coltan et cassitérite vers la Chefferie de Nindja) qui pourrait relancer l'économie du territoire de Kabare une fois l'exploitation industrielle amorcée, (CAÏD, 2017).

8. PRODUITS AGRICOLES LOCAUX

Pour chaque produit nous essayerons de donner son origine aussi bien que son écologie. 8.1. Le Haricot (Phaseolusvulgaris)

Le haricot vert ou haricot commun, en Anglais : commonbean, french bean est de la famille des Fabaceae. Originaire d'Amérique centrale et du Sud, le haricot a été domestiqué au Mexique, au Pérou et en Colombie, puis introduit en Europe par Christophe Colomb. Ïl est cultivé dans les pays tempérés, tropicaux et subtropicaux pour l'alimentation humaine. Les jeunes gousses sont mangées vertes entières (haricots verts) ; les feuilles peuvent être consommées comme épinards et les graines séchées constituent un aliment très important. La tige est utilisée comme fourrage.

Le haricot est une plante grimpante ou buissonnante, annuelle, légèrement pubescente. Les formes volubiles mesurent de 2 à 3 m de hauteur alors que les formes naines atteignent 20 à 60 cm. Les tiges sont angulaires ou cylindriques et les feuilles, trifoliées et habituellement

48

48

ovales, mesurent entre 7,5 et 14 cm de long sur 5,5 à 10 cm de large et sont alternées. Le pétiole peut mesurer jusqu'à 15 cm. La racine pivotante est bien développée et complétée par des racines adventives latérales. Les inflorescences, axillaires ou terminales, sont blanches, roses ou pourpres. La gousse mesure 20 cm de long, est étroite et souvent courbe. Verte lorsqu'elle est immature, elle devient ensuite jaune, rougeâtre ou pourpre. Les graines varient par leur poids (0,15 à 0,6 g), leur couleur (dominantes noir, marron, violet, rouge ou blanc) et leur forme (réniforme, cylindrique ou ovoïde). La jeune plante a une germination épigée. Deux feuilles simples et opposées sortent d'abord, puis des feuilles alternes et trifoliées.

La récolte des haricots verts s'effectue avant que les gousses ne soient complètement mûres. La récolte commence sept à huit semaines après le semis, pour les cultivars précoces. Les gousses sont ramassées tous les trois ou quatre jours. Le nombre de récolte est supérieur pour des variétés grimpantes. Les haricots verts fraîchement cueillis sont sensibles à la dessiccation et aux moisissures. La production de haricots verts en Afrique est majoritairement expédiée vers l'Europe. Pour l'expédition, on utilise des emballages en polyéthylène aéré qui permettent de maintenir une humidité relative de 95 à 100 %. Le stockage a lieu entre 5 et 8°C. L'utilisation d'avions frigorifiques constitue un des facteurs limitant le commerce de cette culture quand les transports aériens sont saturés. Si la production est trop éloignée des marchés et des aéroports, la transformation en conserve est conseillée.

Les haricots secs sont récoltés dès que la majorité de gousses sont mûres et ont changé de couleur. Certains cultivars ont les gousses qui éclatent. Habituellement, les plantes entières sont arrachées au moment de la récolte puis les graines sont séparées des parties végétatives par battage. Cette culture concerne la grande majorité du territoire de KABARE car elle est pratiquée dans presque toutes les parties de ce territoire mais la plus grande production est observée dans sa partie Nord riche en terre volcanique.

8.2. Le Manioc (Manihotesculenta)

Le manioc (ou cassave : Antilles, Guyane), en anglais : cassava (ou tapioca), appartient à la famille des Euphorbiaceae et au genre Manihot. Il est cultivé pour ses racines qui tubérisent au cours d'un cycle de six à plus de trente-six mois selon les variétés et le milieu. Il est produit en majorité par des petites unités de production avec de faibles moyens techniques, surtout pour

49

49

l'alimentation humaine. La totalité de la plante est parfois utilisée : le bois comme combustible, les feuilles et les épluchures pour l'alimentation animale. Dans certaines régions (Afrique, Amérique latine), les extrémités avec les jeunes feuilles sont cueillies en cours de végétation pour être consommées.

Le manioc est une espèce tropicale originaire d'Amérique. Il a son centre principal de diversification au Brésil. L'origine de l'espèce cultivée M. Esculenta proviendrait soit d'hybridations successives entre plusieurs espèces sauvages, soit de deux sous-espèces : Manihotesculentasubsp. Flabellifolia et M. esculentasubsp. Peruviana. Il reste probable que d'autres espèces telles que Manihotglaziovii aient participé à la constitution génétique de l'espèce cultivée.

Sa diffusion à partir du continent américain s'est faite en Afrique dès le XVIème siècle. Puis elle a gagné l'Asie et enfin l'Australie à la fin du XIXe siècle. L'Afrique peut être considérée comme un centre secondaire de diversification, aidé par l'introduction de M. glaziovii. L'exploitation de M. glaziovii a été tentée au début du XXe siècle pour produire du latex. Grâce à sa bonne résistance aux stress biotiques et climatiques, il a servi à l'amélioration variétale du manioc (croisements interspécifiques).

Le manioc est une plante arbustive pérenne de un à quatre mètres de hauteur. Une ou plusieurs tiges principales se développent simultanément sur la bouture. Il est cultivé dans toute la zone intertropicale avec des régimes pluviométriques à une ou deux saisons des pluies et des pluviosités annuelles variant de 600 mm à plus de 4 000 mm. La température minimale est de 12°C, le taux maximum de croissance se situe entre 25 et 29°C. Seule la partie Nord de ce territoire est bel et bien placée pour cette catégorie de culture car elle demande une terre beaucoup plus fertile pour atteindre un bon rendement. Au Sud, cette culture ne produit presque pas ; c'est le cas d'un village connu sous le nom de Cidjo précisément à KALAMBO où pour avoir un bon rendement il faut 2 à 3 ans.

8.3. La Patate douce (Ipomoeabatatas)

En anglais sweetpotato, la patate douce est de la famille des Convolvulaceae. C'est une plante vivace, cultivée pour ses tubercules, de forme et de couleur variables. On en trouve ainsi à

50

50

chair blanche, jaune, rouge ou pourpre. Ils contiennent, en plus de l'amidon, des dextrines, des sucres et du bêtacarotène (responsable d'une coloration jaune orangé), en quantité variable selon les variétés. Les feuilles peuvent être plus ou moins découpées, sur des tiges rampantes de 50 cm à plus de 3 m de long.

Comme tous les tubercules, la patate douce peut être cuisinée de différentes manières. Elle est parfois utilisée pour produire de la farine ou de l'amidon, au Japon et en Corée en particulier, pour une transformation industrielle et pour la fabrication de chips. Les feuilles peuvent être consommées en épinards (brèdes) ou données comme fourrage au bétail.

La patate douce était cultivée en Amérique tropicale avant l'arrivée des Européens, ainsi qu'en Polynésie et en Nouvelle Zélande, ce qui indiquerait des liaisons très anciennes entre l'Amérique et la Polynésie. De nombreuses espèces d'Ipomoea sauvages et cultivées existent dans les régions tropicales, dont Ipomeaaquatica (kangkong ou liseron d'eau), très consommée en Asie du sud-est.

La plante supporte mal les basses températures en dessous de 10°C. La végétation démarre à partir de 15°C et la croissance du feuillage est maximale entre 21 et 28°C. La tubérisation est plus rapide en jours de onze heures ; elle est inhibée en jours supérieurs à quatorze heures, ce qui explique que la culture est cantonnée entre l'équateur et le 40e parallèle. La floraison est rare en jours de plus de treize heures, elle survient en jours de onze à douze heures. La patate douce peut être plantée en altitude (jusqu'à 1 200 m) à des latitudes proches de l'équateur ; les cycles végétatifs sont alors plus longs (jusqu'à six mois). Les besoins en eau sont de 600 mm par cycle ; une pluviosité annuelle de 750 à 1000mm est optimale.

Les rendements varient fortement selon les cultivars, les conditions climatiques locales et les techniques culturales. La FAO indique des rendements moyens allant de 5 à 13 t/ha chez les principaux pays producteurs tropicaux ; Israël, qui pratique une cul- ture très intensive, obtient 40 t/ha en moyenne. Les rendements obtenus en station expérimentale sont de 45 t/ha aux Etats-Unis, de 70 t/ha à Taïwan et de 88 t/ha à Tahiti.

La température optimale de conservation est de 13-14°C (à 85-90 % d'humidité relative), avec un risque de détérioration au-dessous de 10°C. Auparavant, il est conseillé de les stocker à 27-29°C dans un local bien ventilé pendant quatre à sept jours pour la cicatrisation des blessures,

51

51

à 85-90 % d'humidité relative. La durée maximale de conservation des tubercules stockés dans ces conditions est en moyenne d'un mois. Les manipulations à la récolte doivent être très précautionneuses afin de ne pas blesser les tubercules, ce qui entraînerait l'installation de pourritures. La durée de conservation des tubercules en terre est de six mois, mais les risques de détériorations diverses sont importants. Cultivée toujours au Nord du territoire à cause de la bonne qualité de terre.

8.4.La Pomme de Terre (Solanumtuberosum)

Dénommée en anglaispotato, la pomme de terre est une plante de la famille des Solanaceae. Elle est cultivée pour ses tubercules, riches en amidon. Ceux-ci sont consommés de différentes manières et subissent parfois des transformations artisanales ou industrielles. On en tire de l'amidon, de la fécule, de l'alcool. Différents sous-produits peuvent être utilisés : pulpe, peau...

Originaire d'Amérique du Sud, elle a été introduite en Europe au XVIe siècle, puis en Asie. Elle est actuellement cultivée partout dans le monde, essentiellement en zone tempérée. Sous les tropiques, elle est cultivée en altitude car elle demande des températures inférieures à 24°C le jour et 16°C la nuit pour tubériser.

C'est une plante herbacée, pérenne grâce à ses stolons qui donnent naissance à des tubercules à leur extrémité ; après dépérissement de la partie aérienne, les tubercules donnent naissance à de nouvelles tiges. Les tubercules, ovoïdes, pèsent de 50 à 500 g. La couleur de la peau change (jaune, rose, violette) selon la variété.

L'optimum de végétation se situe entre 12° et 18°C. La plante résiste bien au froid et ne subit de graves dégâts qu'au-dessous de 4°C. Une pluviométrie de 500 à 750 mm, régulièrement répartie, est nécessaire pendant le cycle de culture ; la pomme de terre tolère très mal une sécheresse de courte durée, particulièrement pendant les neuf dernières semaines de culture. Un apport d'eau irrégulier entraîne une baisse de la production de tubercules, ainsi que leur déformation.

Le zéro de végétation est à 4°C : les tubercules n'évoluent pas si on les conserve à cette température. Au-dessous, ils se détériorent. À 4°C, l'amidon se transforme en sucres solubles ; il

52

52

faut garder quelques jours à 8-10°C les tubercules stockés longtemps à 4°C si l'on veut obtenir la transformation inverse. La germination des tubercules se produit vers 12-13°C, début de la phase d'incubation ; celle-ci est favorisée par l'obscurité. L'exposition à la lumière déclenche un processus de verdissement des tubercules (avec production de toxines). Les tubercules peuvent être conservés à 20°C en clayettes dans un endroit sec et ventilé, à l'abri de la lumière. Seuls des plants sains doivent être stockés. La conservation est possible plusieurs mois dans ces conditions dans des locaux sains. Cultivée toujours au Nord du territoire à cause de la bonne qualité de terre mais aussi au Sud vers MulumeMunene.

8.5.Le Bananier

Du Genre Musa, la banane plantain, en anglais banana, plantain, cooking banana, appartient à lamille des Musaceae.

Le bananier est avant tout une plante alimentaire cultivée pour son fruit consommable frais (bananes dessert) ou cuit (plantains et autres bananes à cuire), qui constitue une source importante d'hydrates de carbone. La banane est un fruit hautement énergétique.

Plus rarement, on consomme la pulpe séchée et réduite en farine ou fermentée comme boisson (bière de banane). Les fruits verts et les gaines foliaires servent parfois pour l'alimentation du bétail. Les feuilles et les longues fibres des gaines foliaires sont utilisées pour l'emballage et la fabrication d'objets artisanaux.

Les variétés actuelles proviennent des bananiers sauvages à graines présents en Asie du Sud-Est (de l'Inde à l'ouest aux Philippines à l'est, de la Malaisie au nord à l'Australie au sud), où se situent la plus grande diversité ainsi que le centre primaire de diversification du genre. Les variétés se sont répandues dans toutes les zones intertropicales humides et chaudes, des plaines jusqu'à 2 000 m d'altitude, débordant parfois dans certaines zones subtropicales. Des centres de diversification secondaire existent en Afrique de l'Ouest et centrale (bananiers plantains) et sur les hauts plateaux d'Afrique de l'Est (bananes à cuire et à bière).

Les bananiers sont des plantes herbacées. La taille du pseudo tronc varie de 1,50 à 8m de hauteur selon les espèces et les variétés. D'une souche souterraine vivace, globuleuse (0,30 à 0,60 m de diamètre) appelée aussi rhizome ou bulbe, naissent d'abord de longues feuilles de

53

53

dimensions croissantes.

Le bananier est une plante exigeante en eau, sensible aux basses températures et aux vents. Les sols doivent être sains, aérés et riches en azote et potasse. Le sol doit être suffisamment pourvu en eau, les racines n'absorbant aisément que le tiers de la tranche dite habituellement utile. En climat chaud et humide, on considère généralement que les besoins sont couverts avec 125 à 150 mm par mois.

L'optimum est voisin de 28°C (température interne). Au-delà de 35-40°C des anomalies surviennent. En dessous de 24°C, la vitesse de croissance baisse pratiquement de façon linéaire avec la température jusqu'à 15-16°C. Elle s'annule complètement vers 10-11°C. Les feuilles jaunissent à des températures de 4 à 6°C, certains cultivars résistant un peu mieux que d'autres. La souche ne meurt que par gel. Sous les 12°C, les bananes sont déformées et se nécrosent. Les fruits subissent aussi des dommages dans le péricarpe, qui présente des tirets noirs en coupe longitudinale (frisure, ou pigmentation). Les échanges gazeux sont ralentis et la maturation est difficile. Le phénomène se produit au champ, mais aussi en cours de transport. Nous signalons par ailleurs l'absence de bananier dans la partie Sud du territoire causée par la mosaïque qui avait rasé presque tous les villages situant au Sud du territoire.

8.6.Le Maïs (Zeamays)

En anglais maize (GB) ou corn (USA), le maïs est de la famille des Poaceae et de la tribu des Andropogoneae. Les utilisations du maïs varient beaucoup selon le niveau économique des pays. Dans ceux à faible revenu, le maïs est surtout réservé à la consommation humaine directe, sous forme d'épis immatures, de farine ou de semoule. En revanche, dans les pays développés, il constitue une matière première pour l'alimentation du bétail, l'industrie de la semoule et celle de l'amidon. Cette dernière est en pleine expansion en Europe et aux Etats-Unis (près de 20 % des utilisations domestiques). Ses débouchés sont très diversifiés : produits alimentaires (isoglucose, pectines), chimiques (biocarburants, plastiques), pharmaceutiques, textiles, papetiers. Les germes de maïs donnent de l'huile qui sert pour l'alimentation humaine, pour la fabrication de margarines, de savons, de vernis, de textiles artificiels, etc. Enfin, on peut cultiver le maïs comme fourrage vert ou pour faire de l'ensilage pour les bovins.

54

54

Le maïs est la seule plante cultivée d'importance dont l'ancêtre sauvage ne soit pas connu avec certitude. Cultivé depuis des millénaires en Amérique centrale, il aurait été domestiqué dans la région centrale du Mexique. La culture du maïs s'est ensuite propagée sur l'ensemble du continent américain, des Andes, au Canada, puis, à partir du XVIe siècle, sur tous les continents, en zone tropicale comme en zone tempérée. Il serait arrivé en Afrique au XVIIe siècle.

Le maïs est une plante monoïque et porte deux types d'inflorescence : les fleurs mâles, groupées sur la panicule terminale ramifiée, et les fleurs femelles, associées sur un ou quelques épis insérés à l'aisselle des feuilles.

En zone tropicale, le maïs est cultivé dans des conditions écologiques ou socio-économiques très diversifiées. Son utilisation alimentaire traditionnelle exige que le produit corresponde aux préparations culinaires et aux goûts des différents consommateurs. Pour répondre à cette diversité de situation, il est nécessaire de disposer d'une gamme de variétés. Celles-ci doivent être adaptées aux différents niveaux d'intensification pratiqués : culture extensive destinée à l'autoconsommation, culture intensive commerciale, culture semi-intensive. Elles doivent être capables de produire dans des milieux très variables. Elles doivent, enfin, être appréciées des utilisateurs : le type et la couleur du grain, les qualités de mouture et de conservation sont des critères essentiels.

Chez le maïs, les différentes phases du développement de la plante, correspondant aux différentes composantes qui conditionnent le rendement final, se succèdent au long de la vie de la plante. Chacune d'entre elles peut, sous l'effet d'un stress, contribuer à diminuer le rendement potentiel. Le rendement réel est donc le résultat d'une série de soustractions à partir du rendement potentiel.

Les maïs actuellement cultivés en milieu tropical sont pour la plupart issus de populations bien adaptées aux conditions locales. Ils sont assez résistants aux maladies. Dans cette territoire, cette culture concerne la grande majorité du territoire de KABARE car elle est pratiquée dans presque toutes les parties de cette territoire mais la plus grande production est observée dans sa partie Nord riche en terre volcanique.

55

55

8.7. Le Théier (Cameliasinensis)

De la famille des Theaceae, le théier, tea en anglais, est décrit en 1712 par KAEMPFER comme une plante stimulante dont on utilise les feuilles pour préparer des infusions. L'action stimulante est due à un alcaloïde, la caféine, chimiquement identique à celle extraite du café. Il a été recensé 82 espèces du genre Camelia mais seul le théier a une importance économique. Le théier est une plante diploïde (2n = 30) mais on trouve des polyploïdes spontanés. Occasionnellement, on peut broyer les graines du théier pour en extraire 30 à 45 % d'huile destinée à la savonnerie. Les tourteaux contiennent de la saponine, molécule toxique.

Le Théier est originaire des régions montagneuses d'Asie du Sud-Est. La zone de culture du théier est extrêmement vaste pour une plante d'origine tropicale : elle s'étend des zones équatoriales chaudes et humides aux zones tempérées froides (latitude 43° Nord en Géorgie et 27° Sud en Argentine).

La croissance du théier est périodique, sans relation apparente avec le climat dans les conditions normales de culture : une phase de croissance végétative (flushingperiod) est suivie d'une phase de dormance (bandjiperiod) pendant laquelle le bourgeon prépare la poussée suivante. Le bandji est un petit bourgeon qui apparaît lorsque la dernière feuille d'une pousse a atteint sa taille maximum. Au cours de la phase de croissance qui dure cinquante à quatre-vingts jours, le bour- geon grossit, forme deux bractées sessiles puis une première préfeuille anormale (fishleaf), suivie d'une seconde (janam) et ensuite deux ou trois feuilles normales et un pekoe formé d'une série de feuilles enroulées sur elles-mêmes (faux bourgeon terminal). La période de grossissement représente 51 % de la phase de croissance, la formation de la préfeuille 30 % et la poussée des feuilles 19 % du temps total. La gestion de la cueillette doit prendre en compte la physiologie de la croissance, de façon à ce que les périodes de dormance ne perturbent pas la récolte.

La culture du théier se répartit entre les grandes exploitations industrielles de 500 ha ou plus et les petites exploitations familiales. Etant donné qu'il faut 500 à 700 journées de travail par hectare, les petites exploitations ne peuvent pas excéder 0,20 à 0,25 ha.

Hormis le cas où la production est traitée de façon artisanale, l'usinage du thé est fait dans de petites unités traitant au moins la production de 100 à 200 ha. Ceci suppose un

56

56

regroupement des exploitations dans un rayon d'une dizaine de kilomètres car les feuilles doivent être traitées au plus tard six heures après la récolte. Compte tenu des besoins en main-d'oeuvre, il est probable que la production familiale va se développer.

Les meilleurs rendements sont obtenus avec des densités de plantation comprises entre 10 000 et 15 000 arbustes/ha selon les zones écologiques. Le rendement est fortement lié à la taille, à la fertilisation et au système de cueillette.

Dans le territoire de KABARE, cette culture est plus développée dans la partie Nord précisément aux environs du Parc National de Kahuzi-Biega à MADAGA et à MBAYU signalons par ailleurs qu'une usine de thé est installée dans ce milieu pour la transformation de cette production.

sommaire suivant










Extinction Rebellion



"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery