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Agrotourisme: une opportunité pour le développement socio-économique du territoire de kabare


par Rodrigue IRENGE NTIBONERA
Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu  - Licence 2019
  

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CONCLUSION PARTIELLE

Tout en évitant de généralisations abusives, dans ce chapitre il a été question présenter d'une manière succincte notre milieu d'étude car il est dit que la production d'un travail scientifique dépend aussi de la connaissance pure et parfaite du milieu dans lequel la recherche a été menée. Cela étant, en second lieu un bref survol a été effectué sur les différents produits agricoles locaux de celui-ci car ceux-ci constituent l'ossature de notre travail mais surtout dans le domaine touristique.

Dans le chapitre suivant, il sera question d'identifier parmi les produits susdits ceux qui peuvent être considérés comme touristiques dans le but non seulement de promouvoir l'agrotourisme dans notre territoire mais aussi de contribuer à son développement socio-économique.

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CHAPITRE TROISIEME :

L'AGROTOURISME A KABARE UNE PRATIQUE EMERGENTE POUR LE TERRITOIRE

Dans le présent chapitre, il sera question de choisir parmi toutes les cultures cultivées dans le territoire de KABARE, celles qui peuvent être promues pour être transformées en produits touristiques utiles pour attirer la curiosité de visiteurs dans le but de contribuer au développement socio-économique de ce territoire.

Ce chapitre mettra un accent beaucoup plus particulier à deux cultures vivrières à l'occurrence la banane et le haricot et une culture de plantation à savoir le thé. L'aspect touristique sera abordé pour chaque culture pour ne pas nous écarter du thème général et répondre aux objectifs du travail.

1. LES CULTURES VIVRIERES 1.1. La Banane

La banane est une plante présente dans tout le territoire de Kabare et qui a une très grande valeur culturelle que vous trouverez dans les lignes suivantes.

1.1.1. Importance à Kabare

La culture du bananier rêve dans le territoire de Kabare un caractère important aussi bien au niveau alimentaire, économique, socioculturel, cultural et environnemental dans la région.

Au niveau alimentaire, la banane, ancrée dans la société de l'Est de la RDC depuis des générations, est un aliment de base pour toute la population du territoire de KABARE. C'est une banque alimentaire, un aliment énergétique. La banane est riche en vitamines A, B1, B2, B6, C et E, et en sels minéraux Ca, Fe, Mg, P et K. Son faible taux en protéines fait qu'elle nécessite un accompagnement avec les aliments riches en protéine comme le haricot, le petit pois ou le poisson, la viande, etc.

Au niveau économique, la banane constitue une banque agricole par excellence pour les paysans. En effet, elle assure durant toute l'année plus de 60% de revenus des ménages.

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Au niveau socioculturel, Au Sud Kivu la banane est souvent utilisée pour la production de la boisson KASIKSI. Ce vin de banane établit et consolide les liens sociaux. Il a le pouvoir rassembler et de communion entre les gens étant donné son omniprésence dans toutes les cérémonies.

Au niveau cultural, la banane constitue le centre de gravité des systèmes agraires. Le système bananier abrite en association plusieurs cultures vivrières (haricot, maïs, soja, courge, manioc), industrielles (exemple le caféier) et agro forestières. La production de la banane est assurée pendant toute l'année grâce à la position privilégiée et a l'écologie.

Les organes du bananier constituent une source importante de matière organique. La bananeraie restitue au sol des éléments nutritifs exportés lors de sa croissance. Ses feuilles sont utilisées comme paillage avec effets positifs sur la fertilité du sol. Le bananier lutte contre l'érosion du sol en freinant le ruissellement et amortit les rayons solaires évitant, ainsi, l'évaporation des éléments minéraux volatils.

Ses sous-produits sont utilisés pour faciliter la mise en place des pépinières et pour la plantation des certaines cultures comme le caféier. Le système cultural traditionnel du bananier est cependant inefficient (les moyens mis à la disposition de la culture donnent des résultats faibles exprimés par un rendement inférieur comparativement à la moyenne mondiale ou même africaine) et inefficace (la production actuelle du bananier ne parvient pas à résoudre le problème épineux de la disponibilité alimentaire, une des composantes de la sécurité alimentaire). Cette situation est aggravée par la présence du BXW dans le territoire de KABARE.

Au niveau environnemental, la bananeraie constitue un des écosystèmes de première importance attirant et abritant de nombreux êtres de toute nature tant pathogènes que non nuisibles vivant dans sa partie aérienne et souterraine.

La disparition de la bananeraie liée au BXW constitue une catastrophe humanitaire et écologique sans précédent étant donné que la présence des bananiers dans le territoire de KABARE atténue tant soit peu l'effet néfaste de la déforestation, par sa contribution à la sauvegarde de l'environnement.

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On reconnait un vieux sage et respectueux par la présence de la bananeraie autour de sa maison. La banane intervient dans toutes les cérémonies organisées car elle est utilisée comme accompagnement, comme fruit mais aussi comme boisson après avoir été transformée en vin par la technique de brassage.

Signalons qu'il existe un repas de base que nous qualifierons de repas coutumier à base de la banane à bière condensé avec le haricot, ce repas est connu traditionnellement sous le nom de KIFUKAMA, qui est une des gastronomies Kabaroises.

La banane via la boisson KASIKSI constitue un élément de réconciliation mais aussi de bénédiction, dans le premier cas, après une mésentente ou une dispute entre deux ou plusieurs personnes ou en cas de problèmes en famille, les concernés se réunissent avec de membres qui peuvent les écouter pour arriver à trancher les problèmes existants et ceux dernier demandent aux personnes concernées de partager un verre de KASIKSI en termes de réconciliation ; dans le second cas, nos grands-parents utilisaient et utilisent la boisson KASIKSI pour bénir leurs enfants mais aussi leurs petits fils en leurs donnant ce qu'on appelle « BWANGA ».

1.1.2. Commercialisation

Dans le territoire de KABARE, la banane est commercialisée sous diverses formes. Elle peut être vendue en gros ou en détaille et le prix est en fonction de milieux de production selon que la banane est produite ou non. C'est de cela que vous vous trouverez que dans quelques parties du territoire la banane coûte cher comme vers KABARE nord où se trouve le bureau de la chefferie où la présence de banane est presque inexistante.

Dans les grands différents marchés dudit territoire disons que la banane est moins chère par rapport au prix de la banane en ville. Après une étude menée dans le village de Mosho, groupement de Bushwira, le prix de la banane est quitté de 3500 francs congolais le régime à 7000 franc congolais soit le double. Le prix de la banane varie aussi en fonction de la catégorisation de banane, selon qu'il s'agit de la banane verte, de la banane à bière et de la banane dessert. Disons que la banane verte n'est plus commercialisée dans ce territoire.

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1.1.3. Promotion

Pour promouvoir la production et la commercialisation de banane et ainsi contribuer à l'émergence du territoire, il nous parait important de sensibiliser la population de ce territoire sur l'importance socio-économique de la banane.

Cela étant, nous comptons saisir la balle au bon pour sensibiliser ladite population sur l'aménagement des espaces qui peuvent accueillir les nouvelles semences de banane car la plus grande partie du territoire est presque vide à cause de la maladie qui avait attaqué nos bananeraies.

1.1.4. Aspect touristique

Sur le plan touristique, il faut dire que la banane constitue un produit touristique du territoire de KABARE en ce sens qu'elle est utilisée pour répondre à plusieurs besoins dans ce territoire. Rappelons par ailleurs que dans le marché classique, ce sont les vendeurs qui se déplacent avec de bananes qui doivent être commercialisées, essayant d'apporter un sens touristique à cet effet, les producteurs réaliseront toutes les activités d'achat dans leurs champs car ce sont les touristes qui doivent se déplacer pour profiter de prestations de ces producteurs. Cela nous pousse à répondre à une question principale celle de savoir comment pouvons-nous transformer la banane en produit touristique ?

Répondre à cette question sera pour nous une opportunité qui nous aide à un certain moment de contribuer au lancement des activités agrotouristiques dans ce territoire ; cela étant essayons de voir quels sont les aspects que nous pouvons retrancher ou ajouter à la banane pour qu'elle soit un produit touristique de qualité et attrayant.

Se basant sur le niveau alimentaire, il a été dit que la banane est beaucoup plus utilisée dans ce territoire, comme dans les autres pays qui se sont déjà développés à cause de la production de la bière, essayons de montrer aux visiteurs les techniques que nous utilisons pour transformer la banane à bière en KASIKSI et que les visiteurs arrivent à déguster notre bière avant la fin de sa visite, parlons de la valeur culturelles de cette bière dans notre milieu, la gastronomie du terroir est aussi fondée sur la banane car plusieurs repas tiennent compte de la banane.

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1.2.Le haricot

Dans le territoire de KABARE les haricots sont produits deux fois par an dans toute l'étendue du territoire.

1.2.1. Importance

La culture du haricot revêt dans le territoire de Kabare un caractère important aussi bien sur le niveau alimentaire, économique et socioculturel.

Au niveau alimentaire, le haricot est un aliment de base pour toute la population du territoire de KABARE, cultivé pour plusieurs raisons dans ledit territoire, il peut être consommé comme légume ses feuilles et les tous petits jeunes haricots communément connus sous le nom de haricots verts ou MIKENJA mais aussi les haricots peuvent aussi être consommés une foi à maturité accompagné d'autres repas tels que les bananes, les patates douces, les pommes de terre, le riz. Disons par ailleurs que la plus importante gastronomie du terroir résulte de la combinaison de la banane à bière et des haricots.

Au niveau économique, les haricots constituent une banque agricole par excellence pour les paysans. En effet, elle assure durant toute l'année plus de 80% de revenus des ménages. Les paysans cultivent des hectares des haricots qui sont destinés à la vente en trois phases ainsi permettant à ceux-ci de couvrir leurs besoins. La première phase de vente concerne les feuilles des haricots qui sont vendues à un prix aussi bien considérable pour permettre les paysans à désherber son champs, la deuxième phase consiste à la vente des haricots verts à quelques mois prêts avant la récolte finale des haricots mais cette vente à un impact beaucoup plus négatifs car les paysans risquera de ne plus rien récolter à la fin si elle a vendu une grande quantité de ses haricots verts, quant à la dernière phase elle est celle de la vente des haricots secs permettant ainsi aux paysans de satisfaire ses différents besoins.

Au niveau cultural, le haricot a une racine principale non dominante qui est très rapidement complétée de racines latérales. Les racines peuvent atteindre un mètre de profondeur si le sol s'y prête. Elles sont le siège du phénomène de « nodulation ». Les nodules étant des excroissances provoquées par l'infestation par des bactéries du genre Rhizobium. Ces bactéries vivent en symbiose avec la plante. Elles reçoivent par la sève des hydrates de carbone et

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fournissent de l'ammonium synthétisé à partir de l'azote atmosphérique. Les conditions optimales pour le développement des nodosités ont une température de 25°C à 30°C et un pH de 6 à 7. La quantité d'azote fixée peut atteindre 200Kg à l'hectare (Anonyme, 2016).

En RDC, le haricot est une légumineuse plastique dont la productivité dépend en général de certaines conditions édapho-climatiques du milieu et du respect de certaines techniques culturales. Il faut cependant considérer l'altitude de 1000 à 2300m comme étant favorable surtout pour l'Est du pays ou la productivité est la plus importante. La productivité aux basses altitudes, notamment au Bas Congo se fait durant les périodes plus fraiches de la saison sèche dans les bas-fonds. Au Sud Kivu, c'est une culture qui est cultivée sur un sol meuble, riche et profond avec un pH d'au moins 5,5.

Au niveau socioculturel, dans le territoire de KABARE, les haricots sont souvent utilisés pour l'alimentation de la population. Comme le vin de banane, les haricots établissent aussi et consolident les liens sociaux. Ils ont le pouvoir de rassembler et de communion entre les gens étant donné son omniprésence dans toutes les cérémonies.

Les haricots interviennent dans toutes les cérémonies organisées car ils sont utilisés le plus souvent comme légumes. Signalons qu'il existe un repas de base que je qualifierai de repas coutumier à base de la banane à bière condensé avec le haricot, ce repas est connu traditionnellement sous le nom de KIFUKAMA, qui est une des gastronomies du terroir. En cas, de réconciliation, les différentes parties sont appelées à partager un repas à base des haricots sans huile. En outre, le haricot est utilisé dans les diverses cérémonies d'héritage.

1.2.2. Commercialisation

Dans le territoire de KABARE, les haricots sont commercialisés sous diverses formes. Ils peuvent être vendus en gros ou en détaille et le prix est en fonction de la saisonnalité. Cela étant, signalons que les producteurs pour vendre leurs productions ils doivent se rendre au marché pour trouver un grand nombre de acheteurs qui viennent le plus souvent du milieu urbain ou effectuer des échanges inter producteurs de biens que nous pouvons qualifier de « troc ».

Pendant les deux saisons de production les haricots coutent extrêmement moins cher et une mesure value à 1500 francs congolais alors qu'après une longue période de production une

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mesure peut couter 2000 francs congolais. La commercialisation des haricots comme elle a été soulignée dans les lignes précédentes comprend trois phases, la première phase de vente concerne les feuilles des haricots qui sont vendues à un prix aussi bien considérable pour permettre les paysans à désherber son champs, la deuxième phase consiste à la vente des haricots verts à quelques mois prêts avant la récolte finale des haricots mais cette vente à un impact beaucoup plus négatifs car les paysans risquera de ne rien récolter à la fin si elle a vendu une grande quantité de ses haricots verts, quant à la dernière phase elle est celle de la vente des haricots secs permettant ainsi aux paysans de satisfaire ses différents besoins.

1.2.3. Promotion

Dans le but de promouvoir cette culture dans ledit territoire, il nous faudra aménager une grande surface pour cette fin et que les agriculteurs développent de stratégies fécondatrices en se sensibilisant sur les biens fondées de cette culture pour le développement socio-économique du territoire. Les autorités du territoire doivent aussi s'y mettre en aménageant beaucoup plus d'espaces pourra accueillir ladite culture pour de fins touristiques.

1.2.4. Aspect touristique

De sa valeur culturelle, les haricots jouent un rôle plus important dans l'alimentation de la population dudit territoire. Ils joueront aussi un rôle considérable dans des activités touristiques car les touristes assisteront au mode de production, de transformation mais aussi de conservation des haricots. On leur parlera de la gastronomie du terroir qui a comme produit de base les haricots. Une dégustation sera faite à la fin de chaque visite.

2. LES CULTURES DE PLANTATION

Plusieurs cultures de plantations sont cultivées dans le territoire de KABARE, mais tout au long de notre réflexion nous essayerons de parler en long et en large du thé, car cette culture attire beaucoup plus de touristes dans ledit territoire.

2.1. Le thé

Il existe deux variétés principales de thé: Camellia sinensisvar. sinensisou Théier de Chine, cultivé essentiellement en Chine et au Japon pour la production de thé vert. La deuxième

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variété est Camellia sinensisvar. assamicaou Théier d'Assam, cultivé et utilisé essentiellement pour la production de thé noir en Inde, à Ceylan (ou Sri Lanka), en Indonésie et en Afrique. Signalons par ailleurs que c'est cette deuxième catégorie qui est cultivée à MBAYU précisément dans le territoire de KABARE.

2.1.1. Conditions de culture

Pour assurer l'épanouissement optimal du thé, il faut veiller à le cultiver sur un sol acide dont le pH peut varier de 4,5 à 7,1. De plus, le thé exige un sol meuble, plus ou moins riche en sable, potassium et acide phosphorique. Par contre, la présence de calcaire et celle d'argile sont défavorables à la pousse du thé. Le drainage du sol et la couche humifère doivent être suffisants. Chaque nouvelle plantation doit être défrichée et labourée deux fois avant de pouvoir y installer les théiers. La sélection des plantes de théier est très importante pour garantir une homogénéité de la qualité et de la production : on utilisera des semences ou des boutures de théiers sélectionnés.

Dans la première méthode la culture débute dans un germoir, puis continue en pépinière pendant 10 à 24 mois.Pour la deuxième méthode les plantes les plus adaptées au bouturage sont sélectionnées selon plusieurs critères. Après recueil des boutures, celles-ci sont plantées dans un substrat spécifique pendant quelque temps, avant une culture en pépinière de 12 à 18 mois.

A la fin de la période de culture en pépinière les plantes sont introduites dans les « jardins », de préférence avant la saison des pluies, pour favoriser une meilleure implantation des racines.

D'autres conditions de culture sont également importantes :

V' La température: elle doit être située dans un intervalle allant de 10 à 30 degrés Celsius (°C), la moyenne optimale étant en général de 19 °C. Le théier meurt si les températures descendent en-dessous de - 5°C ;

V' La météorologie: une qualité optimale de thé est obtenue si les journées sont ensoleillées de 5 heures en moyenne, et les nuits fraîches. Le stress ainsi généré emprisonnerait la chlorophylle au sein des chloroplastes de la feuille, conférant un arôme plus intense au futur infusé. De fréquentes précipitations nocturnes, supérieures à 1500 mm par an ou 200 mm par mois, sont propices à cet arbre hydrophile ;

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? Les régions: on retrouve les cultures de thé dans les régions tropicales et subtropicales autorisant les conditions de température précédemment citées. Les latitudes rassemblant un maximum de ces conditions climatiques sont situées entre 43° nord et 27° sud. Une altitude de 1000 à 1500 mètres est optimale pour la culture des théiers.

Les plantations de thé, dont chacune porte un nom différent, sont appelées « gardens », « jardins » en anglais. Ainsi les thés les plus réputés sont vendus sous le nom propre de leur « jardin » d'origine. La taille des « jardins » peut varier de quelques hectares à plus de mille hectares. Leur organisation se fait en terrasses, parfaitement géométriques, le long des flancs de montagnes. Chaque terrasse est disposée de façon horizontale, à hauteur des mains en formant ainsi des « tables de cueillette », et subdivisée en zones de cueillettes appelées « jardins ».

Ces tables sont obtenues par une taille des théiers, leur donnant une forme évasée vers le haut s'étendant en plateau horizontal : le nombre de tailles augmente les ramifications et donc le nombre de jeunes pousses.

Les théiers, sensibles aux vents, à la pluie et au soleil sont souvent protégés par de grands arbres au milieu des « jardins », tels ceux de la famille des Fabaceae, dont les racines sont capables de fixer, au niveau du sol, l'azote précieux pour le bon développement des théiers

2.1.2. Technique de la cueillette

Avant de pouvoir cueillir les premières feuilles de thé, il est nécessaire de maintenir l'arbre, par la culture, à une hauteur généralement de 1,2 mètres (m), mais pouvant varier de 1 à 3 m.Cette taille est également effectuée dans un but d'empêcher la floraison et d'augmenter le nombre de bourgeons. La première taille est désignée comme « taille profonde », réduisant le théier à 50 cm. Puis elle est pratiquée régulièrement ce qui permet au théier d'atteindre sa maturité au bout de 5 ans.

La première cueillette a lieu sur un théier âgé de 3 à 5 ans. Généralement cette tâche est réservée aux femmes, la récolte manuelle assurant une qualité supérieure au thé. Certains pays comme le Japon, l'Inde ou la Corée ont mécanisé la technique en plaine.

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Les feuilles de thé doivent être récoltées les unes après les autres, et non pas par poignées ; on récolte uniquement le bourgeon terminal non épanoui, et les premières jeunes feuilles souples, juste au-dessus du rétrécissement pétiolaire. Ce dernier détail confère une qualité supérieure au thé. Il faut également noter que les pousses du printemps, très petites, demandent une grande dextérité pour leur cueillette et nécessitent un volume important pour arriver à la quantité de thé souhaitée.

Pour assurer une cueillette précise, les femmes pincent les feuilles entre l'index et le pouce, les lançant ensuite dans la hotte portée sur leur dos.En fonction de la vitesse de renouvellement du théier, on peut effectuer trois récoltes par an d'une durée de 4 à 14 jours, appelées round, « tournée » en anglais.

Il est nécessaire de savoir, que 30 kg de feuilles fraîches sont nécessaires à la production de 7 kg de thé, et que 1200 jeunes pousses sont nécessaires à la manufacture d'un kilo de thé.

? La cueillette « impériale » ou P+1. On prélève le bourgeon terminal à peine déployé, ainsi que la première feuille qui suit. La qualité est excellente. C'était le thé que les Empereurs de Chine buvaient exclusivement.

? La cueillette fine ou P+2. Lors de la récolte considérée aujourd'hui comme donnant un thé de qualité supérieure, on prélève le bourgeon terminal non épanoui, et les 2 premières feuilles.On appelle ce thé « pekoe » ou « flowerypekoe » ; « pekoe », le bourgeon terminal, dérive du chinois « pak ho », signifiant « cheveux », en raison du duvet blanc à la surface des bourgeons et des jeunes feuilles.

? La cueillette « grossière » ou P+3. Il s'agit de thé de qualité nettement inférieure, composé de la première pousse et des trois feuilles suivantes.

2.1.3. Procédé d'obtention du thé noir

Une anecdote raconte la découverte du thé noir par les Européens : en effet, l'humidité du bateau transportant les caisses de thé vert aurait provoqué le développement de « moisissures ». Le thé ainsi noirci plaisait particulièrement aux Occidentaux.

Les procédés traditionnels chinois d'obtention du thé furent modernisés avec l'arrivée des

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Anglais, à l'origine du déplacement des plantations vers l'Inde. Les six étapes initiales furent perfectionnées et raccourcies en cinq étapes: on parle du procédé « orthodoxe ». L'élément crucial dans l'obtention du thé est le démarrage rapide de la première étape, le flétrissage, assurant l'absence d'un début de fermentation. Pour cela, des « factories », les maisons servant à la préparation du thé, sont installées à côté des plantations.

? Le flétrissage ou séchage

Les feuilles fraîchement cueillies sont étalées sur des plateaux, des toiles, ou des treillis métalliques en couches de 15 cm. Un dispositif de ventilation aspire l'air à travers les feuilles, les privant d'un certain taux d'humidité. Ces appareils sont appelés « flétrissoirs », fonctionnant à une température de 26°C. D'autres enceintes sont constituées de plateaux séparés de 20 cm, sur lesquels on étale les feuilles de thé, en faisant circuler l'air produit par un système de ventilation. La durée du flétrissage dépend des variétés du thé, s'étendant de 6 à 24 heures et conférant à l'infusé un arôme plus ou moins mordant en fonction du taux d'humidité résiduelle.

? Le roulage

Une déshydratation adéquate est nécessaire pour effectuer un roulage efficace, en trois à cinq étapes d'une dizaine de minutes. Ainsi le roulage s'effectue pendant 30 à 40 minutes, pouvant être répété plusieurs fois dans le but d'augmenter la quantité d'huiles essentielles pour accentuer la force du thé. L'opération a lieu dans des cuves cylindriques : lors du roulage les cellules végétales sont brisées, libérant des huiles essentielles ainsi que des enzymes.

Le nombre d'étapes du roulage dépend de l'altitude des plantations :Les feuilles issues de basses altitudes subissent un roulage léger ou light rollingen cinq étapes: des feuilles peu brisées, libérant peu de sucs en sont issues. Les bourgeons ne sont que peu oxydés.

Par contre, les feuilles issues d'altitudes plus élevées subissent un roulage plus fort ou hard rolling. L'opération se déroule en trois étapes, de façon à ne pas trop endommager lesfeuilles: elles libèrent une plus grande quantité de sucs, colorant les bourgeons en jaune paroxydation.

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D'autres thés nécessitent d'abord un roulage léger, puis fort. Ces variétés sont caractérisées par un arôme intense et des feuilles entières.

Pour contrecarrer une fermentation trop rapide et pour séparer les fragments de feuilles brisées et les débris végétaux grossiers, une étape de tamisage ou dhool sépare chaque étape du roulage.

? La fermentation

Cette étape consiste à étaler les feuilles issues du roulage en couches de 5 à 7 cm dans une pièce à hygrométrie de 95 à 98 %, à température de 27°C, à hygiène et à ventilation très surveillées. La durée de la fermentation est tout aussi importante : elle s'échelonne entre 1 et 4 heures. Ainsi la fermentation est presque absente pour le thé vert, moyenne pour le thé Oolong, et la plus longue pour le thé noir.

En effet, un thé amer témoigne d'une fermentation trop courte, tandis qu'un thé trop fermenté perdra son pouvoir à cause de l'oxydation excessive des polyphénols.Le respect rigoureux de ces conditions idéales est nécessaire à l'action des enzymes libérées par le roulage. Parmi ces enzymes, comme on verra plus tard, le polyphénol oxydase est la plus important. Elle est responsable de la transformation d'une quantité plus ou moins importante (allant jusqu'à 50%), en fonction du temps de fermentation, de polyphénols en théaflavines, théarubigènes et théasinensines.

? La dessiccation

La dessiccation est l'étape la plus délicate de la préparation du thé. Son but est de stopper la fermentation, qui trop longue, pourrait anéantir la qualité du produit. Le thé sortant de l'enceinte de fermentation est transféré sur le tapis roulant d'un dessiccateur produisant un courant d'air très sec et chaud de 85 à 90°C. Le taux résiduel d'humidité est de l'ordre de 2 à 3%. Le procédé doit être rapide, mais une dessiccation trop rapide peut rendre la feuille cassante et évaporer le meilleur de l'arôme. Inversement, une dessiccation trop lente ne pourrait pas stopper la fermentation, le but du procédé étant l'inactivation des enzymes responsables de celle-ci.

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? Le tamisage et l'emballage

Le triage des feuilles sèches se fait à l'aide de tamis vibrants ou de souffleries d'air, pour les séparer en fonction de leur taille. Un rouleau de bakélite retient les fibres superflues par son pouvoir électrostatique. Cette étape doit se dérouler très rapidement pour éviter un noircissement ou greying des feuilles. Pour les thés de haute qualité, le tamisage est réalisé manuellement.

Les feuilles sont emballées après un stockage éventuel du thé dans des silos à l'abri de l'humidité. Des caisses en bois d'un volume de 40 kg doublées de feuilles d'aluminium, pour protéger le thé de l'humidité externe et éviter qu'il ne s'imprègne d'odeurs externes, servent d'emballage. Généralement on appose une feuille de riz entre le thé et l'aluminium.

Les sacs en papier, destinés à recevoir de plus petites quantités de thé, sont eux aussi doublés d'aluminium.

Pour la plupart des thés, on mélange les feuilles de plusieurs jours pour obtenir des lots homogènes, car il est impossible d'obtenir un thé de qualité identique deux jours de suite. Par contre, les thés de très haute qualité sont emballés jour après jour, afin qu'ils soient les plus purs possibles.

2.1.4. Commercialisation

Après la cueillette le thé subit une transformation qui respecte des étapes bien connu avant d'être acheminé au marché. Cela étant ils sont beaucoup plus commercialisé en dehors de la ville de Bukavu mais on peut aussi avoir quelques points de vente à l'occurrence de sites touristiques pour attirer bon nombres de clients parmi ces points nous pouvons citer le PNKB et CRSN LWIRO voire la Chefferie de KABARE. Un sachet de thé coute 5$ USD.

2.1.5. Promotion

Toute promotion est le fruit d'une communication, et cette dernière passe par la sensibilisation de la couche concernée sur les avantages du produit que l'on veut promouvoir. Cela étant, la promotion du thé doit être effective à travers des différentes activités qui peuvent être organisées par Great Lake Plantation en faveur de la population environnante de cette

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plantation ainsi que les différents médias à travers de communiqué et des affiches. Cette même sensibilisation pourrait inciter les clients à acheter le thé transformé localement dans notre territoire au lieu de faire recours au thé exporté. Cette promotion passera également par l'organisation d'une journée porte ouverte à MBAYU.

2.1.6. Aspect touristique

Après une longue période d'étude ne dépassant pas une année et après l'échange avec le personnel de GLP, il nous a été dit que le thé de MBAYU fait l'un de produits touristiques du territoire de KABARE et consommé différemment de produits touristiques du PNKB et de CRSN LWIRO pour plusieurs raisons. Juste à l'entrée de l'usine de thé, la verdure nous accueille avec toute une beauté jamais vu ailleurs seulement à KABARE, cette usine donne une opportunité à ses touristes d'assister à la cueillette, à la transformation et arrivent à la dégustation du thé produit après toutes les phases de transformation. Une randonnée pédestre est aussi impeccable.

Culturellement parlant, le thé n'a pas une grande valeur dans notre culture car seuls nos aïeux l'avaient utilisé comme médicament.

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